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 [FNT] Mes regretsi ( R)

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M@rie
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MessageSujet: [FNT] Mes regretsi ( R)   Mar 21 Oct à 19:33

Titre : Mes regrets

Auteure : Marie-Ève M.

Email : marie7680@hotmail.com

Rating : R

Genre : Drama, slash

Résumé : Vivre le coeur malmené, essayer de reconstruire le vide du ciel détruit en morceaux, cohabiter la honte et la culpabilité, ça Brad pourrait sans trop de problèmes.

Mais ces souvenirs horribles le hante, l’harcèle. Le secret, tout ce qu’il a pu connaître avant de devenir ce qu’il est devenu, le ronge, le force à se taire encore plus. Pour ne jamais rien dire à personne, pratiquement oublier… Et devenir ‘’un être si pathétique’’…

Et si Stéphane n’aurait pas été l’ami imaginaire de Brad, mais plutôt...

Disclamer : Tout l'univers de Dans une galaxie près appartient à Claude Legault et Pierre-Yves Bernard. Je ne possède rien de tout ça. Cette fanfic n’est pas commerciale, seulement personnelle et je ne fais pas d’argent en écrivant ça.

Note sur la fic :

Partie 2 (Suite logique des événements) de Pardonne-moi. Je pense qu’il est mieux d’avoir lu la première partie pour comprendre celle-ci (Mais j’imagine que c’est pas trop la fin du monde et que c’est pas si forçant de la lire !).

Par contre, là, j’ignore encore la longueur de la fic… Mais j’avertis d’avance qu’il va avoir des scènes assez, comme dire, qui méritent le titre de rating R !


------------------------------------


Citation :
( INDEX DES CHAPITRES)


Prologue

Chapitre 1 : Éperdu…
Chapitre 2 : Se chercher et rechercher

Intermède 1 – Le secret : Comme avant…







------------------------------------

Prologue


Un par un, il les avait détestés – Ou plutôt… Il s’était éduqué lui-même à les détester. Et eux, ils lui rendaient bien la pareille. Comme ça, mutuellement, ils pensaient comprendre la situation. Ils croyaient que le mépriser semblait être la moindre des choses, comme c’était la même chose pour lui.

Qu’est qu’ils ne comprenaient rien...

Parce que derrières ces insultes et ces actes odieux, il les trouvait merveilleux… Mais ça… chutttt ! … C’était bien plus confidentiel que n’importe quel secret d’État…

Oh oui, ils les trouvaient merveilleux, il fallait bien l’avouer… Puisqu’à force de les observer, d’étudier en détails chaque faiblesse, chaque occasion de leur nuire, à n’être qu’avec eux, à travers l’inconnu, on ne pouvait que faire autrement. Et ça, même si on en disait tout le contraire, même s’il leur faisait vivre un calvaire.

Qu’ils ignoraient tout de lui…

Qu’il s’était réfugié, peu à peu, mais sûrement dans toute cette personnalité monstrueuse :

Pour oublier ce qu’il était auparavant.
Pour tourner sa vengeance sur lui, même si les autres devaient en subir inévitablement les conséquences.
Pour espérer avoir un signe, un jour, pour pouvoir passer à autre chose.

En attendant, c’est ce qu’il faisait pour essayer de se faire pardonner l’impardonnable….

En attendant, Stéphane était devenu en quelque sorte son ami imaginaire… Quelqu’un qui le hantait continuellement, que personne sauf lui voyait et ce, jusqu’à temps qu’il puisse avoir le droit de le ranger dans ses souvenirs, dans une période antérieure de sa vie…

Il fallait attendre… juste patienter un peu… il va lui pardonner... il le faut…*


Dernière édition par M@rie le Mar 21 Oct à 19:50, édité 4 fois
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M@rie
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MessageSujet: Re: [FNT] Mes regretsi ( R)   Mar 21 Oct à 19:34

Bon, dans les premiers chapitres, il va pas se passer grand chose, le temps que j'installe l'histoire et tout ça... Alors, le chapitre est pas le plus mouvementé du monde, mais bon.... Smile



Chapitre 1 : Éperdu…


Des carreaux de fenêtre, on apercevait le ciel d’encre des presque dix heures de Montréal*, un soir début juin et on entendait au loin le bruit de la circulation du soir. Le reste de la chambre, quant à lui, n’était qu’éclairée par une petite lampe de chevet… Enfin, si on pouvait appeler ça une chambre, cette pièce qui ressemblait plus à un débarras en ce moment, avec ces cartons posés un peu partout au sol ou sur les derniers meubles à la mode …

Et Brad Spitfire, à ce moment, était couché sur le dos, les jambes repliées, en train d’écrire dans un petit cahier….

D’ailleurs, on pouvait y lire :


‘’05 juin =

Demain. C’est demain que ça se passe.

L’émotion me serre à la gorge, rien qu’à y penser… Peut-être juste un vieux réflexe qui veut remonter, je ne sais pas trop…



(…)


Tout ce qu’on était me manque affreusement.

Stéphane… C’est demain…

Je t’oublie pas. Ne m’oublie pas.



(…)


J’ai fais une crise, tout à l’heure. Ça ne m’était pas arrivé depuis trois semaines, pour couronner le tout… Et là, ça arrive, comme ça, en plein milieu du repas ! Il n’aurait pas du me provoquer comme ça… Ce que je la déteste !

J’ai tout juste le temps de me précipiter aux toilettes pour piquer ma crise… Effroyable… Ça faisait longtemps que ça avait pas été aussi virulent…



(…)


J’ai été idiot, j’aurais dû me contenir.

Le coeur ça se contient plus quand il est lourd… Il fallait bien que je craque…



(…)


Je dois avouer que ça me fait un peu peur tout ce qui m’attend... Je me fais moi-même peur.

Va falloir que je passe au travers… Et de toute façon, qu’est qu’on peut faire pour s’empêcher soi-même ? Avoir le contrôle de soi, c’est si dur.



(…)


Il faut que je sois impassible contre tout.

Maintenant et à jamais, mes cicatrices vont saignées au plus profond de moi…

Parce-que c’est demain, c’est là que tout commence…’’



Il referma le cahier, le posa sur son lit et puis se leva pour aller fouiller dans une boite posée sur son bureau de travail….

Deux ans s’étaient écoulés… Deux longues années qu’il avait conservées dans ce journal…

Il y avait inscrit comment il s’était renfermé sur lui-même comme jamais, lors de ses études collégiales. Comment on aurait pu le prendre pour un muet surdoué tant qu’il ne disait pas un mot et avec ses trois-quatre années de différence avec les étudiants les plus jeunes.

Il y avait inscrit sa perdition, son désenchantement, tout ce qui ne pouvait pas être exprimé à personne. Et ensuite sa résignation pour l’étude des sciences (Il devait bien s’y consacrer pleinement, c’était tut ce qui lui restait à présent) et son plan très élaboré pour se faire du tort (Son ‘’auto-vengeance’’ comme il l’appelait).

Il y avait inscrit l’attitude à vomir de ses parents, l’indifférence de sa mère, la vanité, l’antipathie de son père, ce qu’il avait de nouveau subit en leur présence…

Il y avait inscrit ses moments plus… heureux… comme sa surprise, lorsque David lui avait avoué son amour sans prévenir et qu’il avait laissé son petit ami rien que pour lui*… et ses moment plus… dramatiques… Comme ses crises d’angoisse de plus en plus fréquentes, qu’il détaillait avec un grand réalisme…

Vraiment tout, tout, tout, conservé. Et maintenant, c’était fini, il passait à une autre étape, pénible mais nécessaire à ses yeux.

C’est pour cela que Brad trouva enfin ce qu’il cherchait, soit une paire de ciseaux et s’assit sur son lit en commençant à découper page par page et la couverture de carton. Les dents serrés, le regard brillant, il s’appliqua en faire des petites retailles.

À chaque coup de ciseaux, c’était comme s’il faisait des entrailles perpétuelles entre sa vie d’avant et sa vie du lendemain. Mais la raison qu’il se donnait pour découper son journal intime*, c’était qu’il ne fallait pas que David ou quiconque tombe là-dessus… Jamais…

Sur une page sans aucune date qui vola en confettis, l’écriture propre et stylisée de l’adolescent formait les mots suivants …


’’ Étapes (Scientifiques !) du plan d’auto-vengeance :

1. Changer d’air et de vie. (Bientôt).
2. S’inspirer, tenter de trouver quoi exploiter en moi.
3. Recherche de cobayes + étudier leurs points faibles.
4. Passer à l’action
5. Analyser les résultats.
6. Rester ancrer dans la situation… (Si résultats concluants) jusqu’à temps… ’’



Ça lui faisait un bien fou… Un bien fou à se défouler comme ça, à cracher sur ce qui ne serait jamais plus… Il n’avait plus que ça à faire…

Brad était devenu un adolescent bien étrange et bien imprévisible, c’est le moins qu’on puisse dire…

Celui-ci se sentait étrangement léger, comme si les traces douloureuses de ces deux années seraient volatilisées… Il jeta le nuage de bouts de papier dans une corbeille, plutôt satisfait de son élan artistique.

Il vint, par la suite, se recoucher sur son lit pour en regarder le plafonnier pour rêvasser…

Son portable, sur sa table de chevet, vibra presqu’en même temps. C’était un message de David qui disait :

‘’J’ai hâte xxx’’

Il lui répondit rapidement un :

‘’Moi aussi ! <3 ’’

Quel Mensonge ! En réalité… Il n’avait tellement pas hâte… Oh, tellement pas hâte…

Brad se retourna et enfuit sa tête dans son oreiller, détruit … complètement détruit…

Décidément, la légèreté, il la savourait pas très longtemps…


***


Bien évidemment, il fallait que son père passe ses petites remarques déplaisantes sur lui et ce, - surtout - en restant planté devant le camion de déménagement en ne touchant à rien…

-J’espère que t’as bien compris le message que je t’ai dis hier, fils, Râla Rich Spitfire, de mauvaise humeur, les bras croisés. J’ai pas dépensé plus de 350 000$ pour tu sois pas en mesure de comprendre ce que je fais pour tes études et que tu sois pas autonome……

Brad voulu lui écraser la boite identifiée ‘’Livres’’, qu’il tenait dans ses bras alors, sur la tête.

Qu’il parle… Il faisait ça tout simplement pour qu’il continue de se perfectionner et qu’il puisse devenir son chien de poche… Son père pensait à tort qu’il avait finalement retrouvé la raison, mais pour lui, ce n’était qu’une façon de changer complètement qu’il était.

Puis, il réprima tant bien que mal son envie assez tentante et alla porter la boite à l’intérieur du loft très luxueux et spacieux qui semblait vide – Outre les boites, meubles et autres accessoires du déménagement - et sans vie sans sa décoration. Par contre, les grandes fenêtres éclairaient sensiblement tout l’espace d’un soleil de fin d’après-midi, ce qui redonnait un peu de joie à l’endroit.

Furieux, Brad reposa sa boite au sol un peu brutalement et s’assit, les jambes repliés, les poings serrés, contre une poutre, comme pour faire signe qu’il prenait une pause.

David, qui était en train de faire de peinturer une couche de peinture blanche préparatoire sur un des murs, vit son air exaspéré et il lui demanda :

-Qu’est qui se passe ?

Après un instant de silence, David en rajouta pour essayer de le faire parler :

-Brad… Qu’est qui y a ?

-Oh y a rien ! Il m’agace, c’est tout ! S’emporta t-il, en levant la tête vers l’autre. Je le supporte plus ! J’ai hâte qu’il soit plus dans mes pattes !

Son amant vint s’accroupir près de lui, avec un sourire indulgent en coin.

-Justement, c’est bientôt le cas… Laisse-le dire ses conneries sans l’écouter… Il veut juste profiter des derniers instants avec toi… pour te les gâcher ! …

-Ouais, tu as raison… Manquera jamais une occasion pour critiquer, lui, Répliqua Brad, amer.

-On dirait… Et de toute façon, qu’on déménage ensemble, c’est déjà un début… Bon, tu veux qu’on se commande une pizza ? On lui en donnera pas comme il n’a pas levé le petit doigt, évidemment…

Brad sourit, adorant l’idée.

Et il se dit que, à l’avenir, ce serait son père allait être son plus important cobaye de ses idées machiavéliques… Il valait bien mieux y aller avec finesse avec lui, il valait bien mieux frapper sans que ça se sache, au lieu de lui fracasser le crâne avec une boite de bouquins...



*Même phrase que à la fin du prologue de Pardonne-moi, pour faire un lien…
*Bon, je l’ai jamais spécifié comme je croyais que ça avait aucune utilité dans la première partie et là moins, mais j’avais imaginé que Brad et son père également étaient né à Cowansville… Ils ont démangés à Montréal, genre dans Outremont ou Westmount, pour le travail de Rich quand Brad était encore un bébé… Et il est tout simplement revenu à Cowansville pour le pensionnat… Mais bon. C’est un détaaaail ^^
*Flash-back et explications pour le déménagement au prochain chapitre. Il va souffrir le pauvre petit David :/
*Alors, il va s’en faire un autre plus tard… vous allez voir…
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M@rie
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MessageSujet: Re: [FNT] Mes regretsi ( R)   Mar 21 Oct à 19:35

Bon, comme j'ai dis, pour le moment, c'est plus plate, mais ça va moins le devenir quand j'aurais tout placé...

Bonne lecture ! ^^


Chapitre 2 : Se chercher et rechercher


À chaque jour ou presque de cet été-là, il troqua la chaleur écrasante contre l’air climatisé et les rangées de bouquins multicolores à perte de vue de la bibliothèque du quartier. Donc, entre deux boites à défaire, Brad profita de l’absence de David – qui était au boulot à conseiller des gens indécis sur la couleur de leurs rideaux ou de leurs armoires de cuisine – pour y aller. Non pas pour son amour de la lecture, mais pour effectuer l’étape 2 de son plan. Fouiller, bouquiner, réfléchir à ce qu’il pourrait exploiter chez lui pour changer… De toute manière, il préférait que David ne soit loin de lui pendant qu’il établissait la base concrète de ce qu’il allait faire… Brad se disait qu’il allait mieux de pas s’infliger un tracas de plus… Juste lui penser à lui faire du tort, alors qu’il ne lui voulait aucun mal et qu’il l’adorait, était déjà assez douloureux comme ça... Au moins, en passant à l’action, en oubliant l’essentiel, il pourrait y aller instinctivement…

Un de ces jours-là, Brad se promenait dans le rayon des documentaires à la recherche d’un titre intéressant. En se penchant devant une rangée, un titre attira son attention : ‘’L’idéologie du mal, à travers l’histoire’’*….

Un sourire en coin apparut sur la figure de l’adolescent. Le coeur battant de peur et d’envie à la fois, il se dit qu’il avait trouvé le livre parfait.

Il prit le livre où une photo de bucher inoccupé apparaissait sur la couverture. Brad ne prit même pas la peine de quitter le rayon et s’assit en tailleur au milieu de l’allée, feuilletant avec une excitation un peu indescriptible…. Voire un peu macabre…

Il semblait que c’était un ouvrage sur les grandes catastrophes humaines, les exterminations, la discrimination… Sur ce qu’on a pu vivre à travers des pensées religieuses et morales, de la peur de la différence.

En feuillant, il tomba sur trois ou quatres chapitres sur les événements passés au vingtième siècle. Son cerveau fonctionnait à un rythme fou… Fébrilement, il fouilla dans son sac à dos pour sortir papier et crayon.

Un chapitre lui tapa dans l’oeil, puis plus spécialement une photo
noire et blanc… Il prit son cacher spirale avec difficulté – Ses mains tremblaient affreusement – et il nota sur une nouvelle page : ‘’Le mal. Le mal total’’. Il essaya de se calmer, mais rien à faire…. Le choc émotionnel y était. Sonné. K-O.

Plus besoin de chercher, il avait trouvé de A à Z.

Sa tête ballottante s’appuya sur les volumes derrière lui… Ses larmes se remplirent de larmes. Le corps y était, mais plus la tête.

Ses yeux brumeux se posèrent pour une deuxième fois sur le livre.

Non… Il n’allait pas le louer… Il allait l’acheter, ça allait devenir sa ‘’bible’’ à l’avenir…



***



Quelques jours avant la rentrée de Brad à l’université en sciences pures, l’installation fut chose du passé… D’ailleurs, maintenant, ils avaient un chez eux… Et c’était une chose vraiment réjouissante…

Pour son père ça avait été une raison pour lui donner des conditions idéales pour étudier, prendre ses responsabilités… Mais Brad savait pertinemment que c’était tout simplement une manière polie de dire qu’il le foutait à la porte, mais en continuant d’exercer un contrôle sur lui. Bref, son père était un être paradoxalement idiot.

Mais à vrai dire, il se débrouillerait très bien et David était un garçon facile à vivre… Alors, il ne pouvait se réjouir d’être avec lui…



***



Un an auparavant, David venait le voir de plus en plus souvent à Montréal et ils s’étaient beaucoup rapprochés pendant les derniers mois…

Cette soirée-là, ils étaient allés manger ensemble pour célébrer le diplôme de David, puis ils étaient allés prendre une marche silencieuse près du fleuve. Très peu de gens étaient autour d’eux et le crépuscule se dressant dans le ciel…

Ce fut David qui parla en premier :

-Brad…

Il ne continue pas. Brad, pour sa part, se met en mode écoute.

-Hum ?

-Faut que je te dise quelque chose…

Il s’arrêta et s’appuya sur la rambarde d’acier. Brad s’arrêta à coté de lui, le regardant fixement.

-Je…, Commença David, semblant nerveux comme tout.

Silence… Que le bruit presque inaudible des faibles vagues… Brad attends patiemment qu’il continue… Comme il ne continua pas…

À la place, il prit possession de ses lèvres dans un geste carrément impulsif, le plaquant contre la rambarde. Brad fut assez étonné, ne s’y attendant pas pour le moins du monde. Mais il se laissa faire, lui rendant son baiser, ses mains se posant sur les épaules de David… Il ne peut nier que l’autre lui fait de l’effet, qu’il l’appréciait énormément aussi… Et que la chaleur monta d’un cran…

Les conséquences, il s’en fichait pour le moment… Ça lui faisait du bien… Du bien… Et ce, même si personne ne pourrait remplacer ce qu’il avait eu entre lui et Stéphane… L’amour ne l’avait pas complètement quitté, il voulait toujours y goûter…

Lorsqu’ils reprirent leurs souffles, sans se détacher pour autant, David semblait moins nerveux, mais toujours embarrassé…

-Je t’aime… Voilà, tu le sais maintenant…, Souffla le jeune homme, d’une voix peu assurée. Je t’aime, tu peux pas savoir comment… J’ai même laissé Raphael, il y a 3 jours, parce-que j’arrête pas de penser à toi et qu’il y avait plus rien entre nous…

Brad devint rouge pivoine.

-Wah… David… Oulala… J’avoue que tu me prends par surprise… Mais tu me laisse pas indifférent… Et… Eh bien, on pourrait peut-être essayer…

Et ce Peut-être se transforma en Ensemble.



***


David, il l’adorait, il était tout simplement charmant, tout simplement la petite partielle d’humanité qui lui faisait tenir le coup. Sans lui, il serait peut-être probablement mort à son tour… Il n’ose même pas y penser. Ça le trouble rien qu’à évoquer une solitude, un vide, encore plus grands…

Même son père n’avait rien dit contre lui… À vrai dire, il n’avait rien du tout, mais tout de même… Peut-être que Rich Sptifire s’y était fait graduellement à l’idée sur son orientation sexuelle ou ce n’était que Stéphane qu’il détestait. Dès que Brad avait parlé à David de l’idée que son père lui achète un loft, il avait tout de suite souhaité qu’il vienne vivre avec lui… David fut Flatté, mais extrêmement mal à l’aise de se faire offrir quelque chose d’aussi gros, sans rien en retour. Alors, étant donné son métier, il lui avait dit : ‘’Laisse-moi faire la décoration… Tu toucheras à rien… Je te vaux bien ça… Aller, tu le regretteras pas…’’.

Et il ne l’avait absolument pas regretté, nul besoin de le dire. En fait, c’était plus qu’un métier pour David, c’était un véritable don. Même que vers la fin, David l’avait fait coucher plusieurs fois chez ses parents pour lui garder la surprise… Puis, quand il lui a ouvert la porte, en ouvrant les yeux… Une ambiance mixe, à la fois, confortable, enveloppante qu’audacieuse et envoûtante, s’ouvrait à lui… La beauté d’une création…

Chaque mur ou presque avait sa couleur – ou aux deux murs… -, mais elles semblaient curieusement toutes se confondre ensemble. Les tons neutres et les tons chauds s’opposaient, mais s’amalgament bien
C’était la même chose pour les motifs sur les tissus, sur des accessoires… David avaient mis en valeur les poutres en les décorant de petites lumières pour créer une ambiance plus tamisée, alors qu’au grand jour, le loft était illuminé par les grandes fenêtres. David avait choisi avec soin les meubles et électroménagers, payés par Rich Spitfire, qu’ils n’avaient pas. Il avait aussi fait, avec des tissus rayés qui pendouillaient un peu du plafond, des séparations pour chacun des coins du loft… Et l’escalier à étages dans un coin menait à la porte d’entrée et à la salle de bain, décorée de tons de beiges et de bleus relaxant… Dans le coin salon, près d’une des grandes fenêtres, David avait même pensé à lui en lui créant un coin lecture avec un nouveau fauteuil de cuir si confortable, lampe, bibliothèque…

Totalement émerveillé, Brad avait sauté à genoux sur le lit en s’exclamant :

-Oh woooow !! David ! C’est magniiiffiique !!

Et celui-ci, qui observait sa réaction, décroisa ses bras et sourit de toutes ses dents...


***


Donc, quelques jours avant la rentrée, il était à relire, encore et encore, un livre qui exerçait une véritable attirance malsaine sur lui.

Il avait trouvé ce qu’il allait faire exactement et en lisant, les idées pour le concrétiser lui venaient.

Il n’avait pas développé juste un ou deux défauts à l’extrême… Non… En fait, il allait tous les exploiter… Même ceux qu’il ne possédait pas…

Il allait devenir le mal pour s’en faire le plus possible.

Il avait eu cette idée horrible, mais nécessaire… Et il essayait de se convaincre de cela, jusqu’à ce que l’idée soit complètement assimilée.

Soudain, il entendit la porte s’ouvrit à l’autre bout de la pièce et il se dépêcha de cacher son bouquin ni vu ni connu…

-Salut ! Lança David de l’entrée.

Il lança son sac à dos au bas de l’escalier, où Brad vint à sa rencontre, faisant le type normal qui n’a rien fait…

-Salut ! Fit-il.

Il l’embrassa par la suite, comme pour prouver un enthousiasme de le voir, mais au fond de lui, il se sentait coupable de comploter contre lui même pas deux minutes auparavant…

-Ça va ? Demanda son amant.

-Oui et toi ? Mentit Brad, calé dans ses bras.

-Oui, mais crevé… Journée de fou…

Brad l’embrassa à nouveau, exagérant sa prise de pitié :

-Ohhh pauvreee petit Davy battu !! On va te faire un téléthon… Repose-toi, je vais te préparer un bon souper… Ça va me faire quelque chose à faire, je me suis emmerder toute la journée, moi…

-Merci, t’es un amour, fit David, exténué en se laissant tomber dans un fauteuil.

La soirée passa donc lentement, les secondes paraissant des heures… Pelotonnés l’un contre l’autre sur leur lit, avec très peu de vêtements, passant une soirée tranquille…

Brad cherchait le moment parfait dans leur conversation, vu l’état de fatigue de David, pour lui tirer quelques confessions habiles et presque invisible pour en connaître plus sur ses faiblesses – Outre ce qu’il savait déjà.

Et l’occasion se présenta d’elle-même, la brave petite…

-Humm… Je suis tellement bien… Murmura, à un moment, David, la tête contre l’oreiller, ceinturant Brad. Je veux rester comme ça pour toujours, juste l’instant présent…

Brad sourit pour approuver.

Tiens tiens, intéressant…

-Je suis là… Je suis là… Souffla aussi Brad, essayant de l’éviter à en dire plus sans que ça paraisse.

-C’est ça aussi… Je m’attache trop à toi… Je voudrais pas te perdre, Murmura David.

…Très intéressant même…

-Je m’en irais pas, promis. Souffla Brad, en se tournant sur le coté pour lui jouer dans les cheveux. Pourquoi tu dis ça un truc sombre de même, Davy ? T’as peur de quoi ? Que je parte ? Que je te trompe avec un gars moins bien que toi ? Demanda t-il délicatement, comme si rien n’y était.

-Pas nécessairement… Oui… Mais pas nécessairement… C’est juste une phobie… Mon premier chum m’a trompé avec un ancien ami et ça m’a marqué…

-J’comprends… Dit-il en suspens avant de reprendre. Mais t’en fais pas pour moi, c’est pas mon genre…

Non, mais il sentait que ça allait le devenir…

-Fais-moi l’amour… Et tu verras que ça pourras jamais arriver… je t’aime trop pour ça…

Il soupira intérieurement. Il se trouvait exaspérant à le manipuler comme ça…. Même s’il savait bien

il savait qu’il devait éteindre ce malaise s’il voulait arriver à ses fins…

Ensuite, lorsqu’il tomba de sommeil lui aussi, enlacé à David, il se trouvait franchement déjà dégueulasse de lui faire ça. Ça commençait bien…




*Le livre existe pas… enfin, c’est un livre pas encore écrit !
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MessageSujet: Re: [FNT] Mes regretsi ( R)   Mar 21 Oct à 19:40

Alors, cette partie, ce serait pour démontrer vraiment la cupablitié de Brad... Et aussi parce-que je pouvais pas me résoudre à abandonner aussi vite mon petit Stéphane ^^ Ça va être souvent aussi long qu'un chapitre même si ça s'appelle intermède...


Intermède 1 – Le secret : Comme avant…


Quelques bancs et tables à pique-niques de bois blanc et quelques lampadaires par ci par là parsemaient le paysage plutôt joli de ce parc. Une quantité astronomique d’arbres d’une dizaine d’années et plusieurs massifs de fleurs diverses occupaient aussi l’espace. Un sentier cimenté zigzaguait au travers de tout cela et on voyait beaucoup plus loin un lac à l’eau claire et calme…

Brad, vêtu des vêtements qu’il avait porté cette journée-là, était assit sur un des bancs devant le sentier et semblait seul. Il se mit à regarder tout autour de lui pour espérer apercevoir quelqu’un, quelque chose.

Puis…

-Oh, tiens, salut toi !

Brad eut l’impression que son cœur s’était arrêté de battre tellement le choc l’avait pris de court. Terrassé par la surprise et incertain, il porta son regard vers sa droite…

Stéphane lui sourira, son beau regard bleu saphir pétillait. Il était assit en équilibre sur le dossier du banc, éternellement âgé de 16 ans, habillé de l’uniforme dans lequel il était mort, mais sans traces de sang ou de déchirures. Il semblait vivant sans l’être, ce qui était plutôt anormal.

Toujours stupéfait, Brad le regarda fixement et au pris d’efforts considérables, réussit à bafouiller un faible :

-Sa… Salut…

Le sourire de Stéphane s’élargit, l’air amusé.

-Ça fait longtemps, han ? Dit-il d’un ton détaché, comme si c’était une simple rencontre entre vieux amis. Ça fait un moment que je me demandais si tu allais rêver de moi, un jour… On dirait que tu préfères fermer ton esprit pour pas faire des cauchemars…

-Je… Oui ! … Pourquoi tu penses que… ça… ça arrive maintenant ? Dit Brad, maladroitement.

Il ne savait pas trop ce qu’il ressentait… À vrai dire, il était même content de pouvoir réentendre le son de sa voix, de pouvoir à nouveau le regarder dans les yeux… Mais en même temps, sa tristesse voulait prendre le dessus sur ce sentiment de béatitude.

-T’as eu une dure journée, j’imagine que ton esprit était vulnérable et te laisse rêver à ta guise, sans blocage…

-Alors… Tu es un… un fantôme ??

-Brad, ce que t’es idiot, je viens te le dire…. Je suis un souvenir, c’est aussi simple que ça... Et les fantômes n’hantent pas les rêves, ils ne peuvent que lire dans les pensées…

Il eut un sourire à son tour, lorsqu’il le traita d’idiot et devint plus détendu. Après tout, il pouvait bien être lui-même, dans ses rêves, pas besoin de limites ou de faux-semblants….

Il regarda encore une fois autour de lui, puis demanda intrigué :

-Stéphane… On est où ?

-Dans ta tête, mon cher ! C’est pourtant évident, il me semble ! S’exclama le souvenir.

-Non, je veux dire… Ce parc ? Précisa Brad, troublé.

-Ah ça, je sais pas. C’est ton imagination...

-Ça l’air si réel… Tu l’es aussi ?

Pour répondre à sa question, toujours aussi amusé, Stéphane lui prit la main un petit instant comme s’il l’aurait fait dans le réel…

Frisson. Puis un brin de chaleur l’envahissant.

Brad poussa un petit ‘’wow’’, trouvant le moment à la fois si insolite et si émouvant.

Puis, il dit, la voix serrée :

-Tu me manques affreusement, Steph…

Stéphane eut une expression de compassion, puis répliqua doucement, en assoyant à coté de lui :

-Si tu laisserais ton esprit rêver à ce qu’il veut, on se verrait plus souvent, han… Mais je suis là… Je suis là, maintenant, chuuutt….

Brad ne put s’empêcher de laisser tomber sa tête sur l’épaule de Stéphane, mais cela ne dérangea aucunement ce dernier. Il prit des grandes respirations, histoire de se calmer…

Parce-que oui, du calme… Du calme…. C’était rien qu’un rêve, faut ravaler sa peine…

Un rêve. Un rêve, c’est pas la fin du monde…

Brad fixa l’horizon pour essayer de profiter du moment, du contact de l’épaule de Stéphane, au lieu de se morfondre.

Mais tout ça ne marchait pas. Il devait avoir le cœur net…

-Est-ce que tu me vois ? Est-ce que tu sais ce que je deviens, l’horreur de ce que je deviens, Steph ?

-Oui. Et je sais même ce qui va t’arriver, ce qui aurait pu t’arriver… Dit vaguement l’autre.

-Vraiment ?! S’étonna Brad, plus intéressé par la deuxième partie de la réponse. Qu’est qui aurait pu arriver si tu m’avais pas étranglé et que je t’avais pas tué ?

-Je te montrais une autre fois, si tu veux…

-J’aimerais bien…. Dis, tu vas me faire un signe, quand je me serais assez puni ?

-Oui. Mais ça fend le cœur de te voir ce que tu vas devenir et de pas pouvoir t’y empêcher, sale crétin, Murmura Stéphane.

-Je sais, moi aussi ça me fend le cœur. Mais il le faut… Il faut que tu me pardonne…

-Brad… Je peux même pas t’en vouloir, maintenant que c’est fait. Je t’en veux pas. C’est que toi qui t’en veux toi-même en rejetant la faute sur moi… Alors, je te ferais un signe quand tu t’en voudrais plus de tes regrets…

Brad resta interdit.

-Mais…

-Il n’a pas de mais. Détruit-toi si c’est que tu veux, mais je te donnerai un signe simplement quand tu auras fait la paix avec tout ça.

Brad soupira, pensant que ça n’arriverait jamais ce moment…

-Comme tu veux, alors… Mais tu veillerais sur moi, quoiqu’il arrive ?

-Ouais, ne t’en fais pas... Bon, à la prochaine, mon ange…

Mon ange…. C’est plutôt le contraire maintenant… C’était lui maintenant, son ange protecteur, son ‘’ami imaginaire’’

Il n’eut pas le temps de le saluer que le décor s’effaça, les deux aussi…
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MessageSujet: Re: [FNT] Mes regretsi ( R)   Dim 8 Fév à 19:05

Chapitre 3 : Adrénaline et malaise


Septembre 2027…

La pluie clapotait sous ses pieds, ses larmes salées roulaient sur ses joues aussi…

Il courait le plus vite qu’il le pouvait, mais sans savoir comment il s’y prenait… Il sentait son coeur sur le point de dérailler, mais il ne savait pas exactement si c’est parce qu’il est qu’il est essoufflé ou que sa crise d’angoisse gagnait en intensité…

Mais qu’est qu’il a fait… Mais qu’est qu’il a fait…

Il ne sait pas trop où il se dirige dans les rues sombres et résidentielles… Il ne sait même plus où il est… Carrément désorienté…

Il veut juste s’éloigner le plus possible…

Mais qu’est qu’il a fait…


***


Septembre 2027…

Les États-Unis envahissent simultanément la Chine, les alentours de la mer Caspienne et le Canada (Dans sa conquête féroce de l’annexion de l’Ontario à son territoire). Le Moyen-Orient est toujours à feu et à sang… L’Afrique se meurt… Partout sur la planète, chaos, famines, sécheresses, maladies, sévissent. Les tensions interétatiques et guerres civiles en sont les conséquences directes. Le réchauffement climatique atteint de jour en jour des proportions auxquelles on n’aurait jamais pu s’attendre. Au Québec, les températures actuelles grimpent jusqu’à 30 degrés Celsius et la qualité de l’air se dégrade de plus en plus…

Quant à Brad Spitfire, sa situation ressemblait un peu à ce portrait, mais à une échelle réduite. Mais sa mascarade est parfaite et rien ne parait que tout est chaos…

Il fait son entrée en physique*, discipline choisie en l’honneur de Stéphane, en compagnie de personnes plutôt caméristes. Il fait semblant que ô combien ça le passionne les formules compliquées et les expériences. Il travaille déjà fort, il veut performer et devenir un des meilleurs dans tous ses cours. Mais en réalité, la physique, il détestait vraiment ça. L’odeur âcre des solutions lui levait le coeur, qu’est qu’il s’en foutait de la relativité ou de l’électromagnétique (et d’abord, prendre 3 choc électriques par cours, c’est désagréable !) et qu’est que ça pouvait bien lui faire de savoir ce quels concepts Newton avait découvert…

Mais il faisait le bon petit garçon studieux et sans histoire. Alors qu’il se fondait dans la masse comme au cégep, maintenant, il faisait tout pour qu’on voie qu’il était passionné et doué en sciences. C’est sa stratégie du moment, car personne ne pourrait se douter de rien, voir de l’étrange et toturé garçon qu’il est en réalité. C’était mieux ainsi, pendant les tests de son auto-vengeance…

Ce jour-là, après un cours, Brad en profita pour aller travailler à la bibliothèque de l’université avant de retourner chez lui pour se préparer à sortir, même s’il n’avait pas sa majorité.

Foutue solution qui s’équilibre pas, pensa t-il à ce moment précis, en fixant les symboles étalés sur sa feuille, ne trouvant pas ce qui clochait.

Sa tête ballotta et il la laissa ensuite se cogner contre la table de travail…

Allez… On respire un bon coup, se motiva t-il. C’est pas un atome de carbone ou de chlore manquant qui va le pousser à la folie…

Il releva la tête et se dit que c’était probablement que le stress… Le stress ou l’orgueil de vouloir à tout prix réussir… Il ne savait pas trop…

Il se calma et se dirigea aux ordinateurs, voir si la solution se pouvait d’abord, avant de sombrer dans la folie à cause d’un chlore trop malin pour lui….

Il avait à peine ouvrit sa session d’utilisateur qu’une vois l’interpella :

-Eh, est-ce-que tu vou… Euh… Est-ce que t’es Brad Spitfire ?

Cette voix… Lui…

En temps normale, il se serait retourné et aurait lancé ferme ‘’Fiche-moi la paix, espèce d’hypocrite !’’…

Mais non, pas là…

Soudainement, il trouvait la situation alléchante d’opportunités.

Et il comptait bien en profiter…

Ainsi, il fit mine de rien de ne pas le reconnaitre et fit :

-Ouais, quoi ?

-Salut… C’est Jonathan Langlois, tu te rappelles ?… Je savais pas que tu venais ici….

Jonathan Langlois…. Cet ennemi autrefois qui lui avait gâché la vie…
Aujourd’hui, il était différent de l’image qu’il avait gardée de lui. Déjà en apparence, sans ses amis mi-humains mi-gorilles autour de lui, il semblait plus fragile. Ses cheveux étaient teindu en brun chocolat et il avait l’air plus sage, plus mature, si on pouvait dire.

Jonathan devait probablement se dire la même chose à son égard. Grandi, encore plus rachitique, vieilli par la vie et ses détours, encore plus indéchiffrable…

Brad se demanda bien se qu’il lui voulait. Mais alors, il remarqua qu’il tenait dans ses mains une petite pile de feuilles.

-Il y a quand même 40 000 personnes qui étudient ici… On peut pas toutes les connaitre… Répliqua t-il, ironique.

-Han han, mais bon, quand même je savais pas… Tu étudies en quoi dis donc ?

-Physique et toi ? Demanda le jeune homme, rien que pour faire la conversation et trouver ce qu’il pourrait bien faire de ces retrouvailles.

-Pharmacie.

-Ah, cool….

Son ‘’cool’’ ne traduisait absolument pas son désintérêt total de la vie de l’autre, il va sans dire.

-Tant qu’à y être dans le sujet… Je voulais te demander si tu voudrais répondre à un questionnaire quand je t’ai reconnu… Ça te tente de le remplir ?

-J’sais pas… C’est sur quoi ?

-Les habitudes des gens sur les ordonnances.

-Ah… Sauf que je ne prends pas de médicaments à des aspirines ou du sirop pour la grippe.

-Pas grave, invente ce que tu ferais si tu en prenais. C’est qu’un exercice…

-Ok, je te le remplis… Mais en échange, tu dois avoir des cours de physique ou de chimie, non ? Tu voudrais pas me donner ton avis sur une formule qui me donne du fil à retordre, parce-que j’arrive pas à l’équilibrer. J’arrive pas à mon erreur…

-D’accord. Approuva Jonathan, en prenant son cacher en échange d’un un questionnaire.

Brad ne prit son temps à gribouiller des réponses fictives. Il pensa que c’était primordial de le mettre en confiance.

-Merci, Dit Jonathan, quand il eut terminé, en reprenant sa copie. Et ton truc, c’est juste une erreur d’inattention – Il lui pointa dans la formule - t’as oublié un oxygène là et ça a fait un mauvais calcul.

-Ah, j’avais pas vu. Merci aussi…

Jonathan lui lança alors un regard troublé et embarrassé.

-Euh… Faudrait que je te dise un truc… On peut aller à l’écart ?

Brad fonça les sourcils, se demandant bien ce qu’il voulait. Néanmoins, il ne répliqua pas et le suivit dans un local de travail et referma la porte.

-Écoute… Ça va te paraitre idiot ce que je vais te dire… Mais je voudrais m’excuser… À cause de tout ce qui est arrivé… Je voulais te dire aussi que j’ai été consulté, parce-que je me sentais… non, pas responsable… disons, coupable… de… peut-être une cause de sa mort… Et toi, tu m’as renversé… J’ai eu mal à te voir et eut mal moi-même… Je me suis dis que si je t’aurais pas fais la vie dure, peut-être que…

Il l’arrêta immédiatement alors….

-Arrête de dire des bêtises, ça n’a rien à voir.

-Mais on sait même pas le pourquoi du comment.

-Moi, je sais. Affirma Brad, en se demandant si c’était la meilleure façon de l’embarquer dans son manège.

Jonathan sembla frapper par la foudre avec son expression stupéfaite.

-Alors, pourquoi tu ne nous l’a pas dis ?! S’exclama t-il, sous le choc.

-Vous auriez pas supporté la vérité, Mentit Brad en reprenant mot pour mot les paroles de Stéphane. Vraiment pas supporté. Il voulait pas vous le dire, je vois pas pourquoi je l’aurais trahis en vous le disant. Même sa mère ne sait rien. Je voulais pas l’attrister davantage, j’aurais été un sans-coeur.

-C’est si terrible que ça ?

-Non. Enfin… Ça dépend des points de vue. C’est plus dur pour certaines personnes à encaisser.

Il se retourna et fit quelques pas pour atteindre son sac à dos. Il fit semblant de vouloir nier son existence alors qu’il allumait en silence sa caméra à l’intérieur de son sac et la positionna.

Son regard flamboyant, presque rude, aurait plutôt fait en sorte qu’il quitte la pièce. Mais non, à la place, il s’assit, les bras croisés Jonathan en fut déstabilisé :

-Qu’est… Qu’est que tu veux dire par là ? Il me semble que c’était un très bon ami… Il fallait bien que je le prenne comme il était…

-Ah ouais ? Bien on dirait que tu l’as pas appliqué trop trop cette affirmation-là ! … Je sais pas si tu as remarqué, mais ça lui faisait mal de voir son chum roulé de coups et d’insultes sans aucunes raisons… Bizarrement, personne ne s’est questionné sur ses réactions…

Brad sourit tout de suite après avoir parlé. Il avait visé très juste – au figuré, car il n’avait plus trop le sens propre.

-Quoi ?! S’exclama Jonathan, carrément étonné.

-Bien oui… Qu’est qu’il te faut comme preuve ?

Jonathan est sidéré. Totalement sidéré. Il n’ose pas le contrarier…

-Je m’excuse… Je suis vraiment désolé…

-Ah ouais ? Dit-il, sur un ton de défi. Tu penses pas que je le suis pas, moi, désolé ? Tu penses pas que j’ai pas sa mort sur la conscience ? Si j’avais résisté aux idiots qui m’ont pourri l’existence et qu’on serait pas cachés, peut-être qu’il serait encore en vie… Ça aurait fait 7 ans en janvier, lui et moi… Alors, tes excuses, elles me font rien. Rien, t’entends.

-Je te jure que je suis sincère… Je sais que je t’ai fais du mal…

-T’en avais conscience aussi avant et ça t’as pas empêché de le faire… Je vois pas pourquoi ça te dérangerais à présent.

-Parce-que… Parce-que j’étais jaloux de ta place auprès de toi, même si je savais pas encore que… Il était toujours avec toi, mais il parlait jamais de toi… Et ensuite, je me suis mis à douté de moi …

-Vraiment ?

-Oui… J’ai réalisé à cause de mon psy… que enfin…. j’étais comme toi. Mais que je voulais pas me l’avouer, par fierté, par orgueil. Alors, je te rabaissais le plus possible pour cacher ça…. a me fait bien de la peine pour Steph de lui avoir fait aussi du mal sans savoir… Et je me rends compte de combien ça a été pour toi encore plus dévastateur…

Dévastateur. C’était le mot. Le mot juste parfait…

-Oui… Et il était dans la même situation que toi, il s’aimait pas….

-Ah… Vraiment excuse-moi pour tout…

-Je peux pas t’excuser pour Steph.

-Juste pour toi seulement, dans ce cas… s’il te plait…

C’était le bon moment, allons-y, plongeons ! se dit-il intérieurement…

-T’as un chum présentement ? Lança t-il, brusquement.

-Hein ? C’est quoi le rapport ?

-C’est parce-que je pense que tu me dois plus que des excuses…

-Qu’est que tu veux exactement ?

-T’as un chum, oui ou non ? Insista Brad.

-Non… mais… ? Tenta de dire Jonathan.

-Très bien. Tu me dois rien, mais ça serait simplement pour te montrer qui je suis… Ça te dit ?

-Euh, je suis pas certain de te suivre, Avoua Jonathan,

Rien de mieux qu’une démonstration pour dire ce que veut dire.

Brad le renversa contre la table. Il le fixe pendant un instant pour voir sa réaction. Il semble comprendre et ne pas s’y opposer. Ainsi, Brad scelle ses lèvres contre les siennes, les mains posées sur ses hanches. Il s’ordonna de ne plus réfléchir. Le désir n’était pas présent, mais il l’inventait. Il se convainquait qu’il en avait envie et c’était ce qu’il voulait.

Ce n’était pas si désagréable… Il aimait presque ça… Il ne devait que mimer son désir, ne pas faire de gestes automatiques et il aura l’air crédible….

Il pencha la tête et vint l’embrasser sensuellement dans le cou, une main se baladant sur sa cuisse et l’autre dans la chute de ses reins.

Jonathan s’accrocha à lui, lui caressant le dos. Brad le sentait tremblant de désir - sûrement que tant d’incitative l’avait excité.

Sa main se posa, sans aucun ménagement, sur l’entre-jambes de l’autre garçon, qui poussa un gémissement étouffé.

Se félicitant intérieurement, Brad lui souffla à l’oreille, d’un ton ferme :

-Tu veux que je te baise, maintenant, han ? Avoue.

Il effleura efficacement le tissu durci du jean de son partenaire plusieurs fois de suite pour que l’érection devienne presque qu’inconfortable. En même temps, lui aussi devint excité par ce qui se passait, sans avoir de désir pour autant. C’était simplement la situation qui lui plaisait comme c’était pas possible.

-Oui…

-Quoi ? J’ai pas entendu… Fit par exprès Brad, avec un sourire en coin qui apparut sur son visage.

Sa main dessina des ronds énergiques sur le jean, alors que son autre main s’aventura sur ses fesses plates. Il avait l’impression d’avoir l’autre à sa merci et ça lui plaisait… C’était comme un renversement de rôle total.

-Ouiii… allez… allez…, Le supplia Jonathan, comme si celui-ci aurait l’impression que son corps fondait au soleil.

-Hum, avec joie…

Il ne prit pas la peine de le déshabiller inutilement… Il défit sa ceinture et fit sauter les boutons pour en défaire le pantalon et le caleçon. Par la suite, il fit exactement les mêmes gestes pour lui-même.

Les mains derrière lui qui s’appuyait sur la table, Jonathan rougit en le suppliant presque :

Brad ne se fit pas prier plus longtemps. Il saisit ses lèvres à nouveau et tâtonna, caressa, pompa, l’entrejambe qui s’offrait à lui.

Et sans prévenir, il le retourna contre la table. Jonathan fut totalement déstabilisé, mais ne protesta aucunement en fait :

-….Vas-y… vas-y….

Il savait pas trop pourquoi, mais il aimait bien qu’il le supplie. Toutefois, il ne le fit pas languir…


***


Les deux se détachèrent pour reprendre difficile leur respiration et réaliser ce qui venait d’arriver. Sous le choc, retrouvant ses esprits, Brad jeta son préservatif souillé. Puis il se rhabilla et Jonathan l’imita.

Le silence planait entre les deux, lourdement. Brad pensa qu’il devait se remettre du choc… en quelque sorte.

Pour sa part, même s’il n’était pas très fier de ce qu’il avait fait, il y avait trouvé un certain plaisir sadique à le faire. Il ne saurait décrire avec précision ce que ça lui avait fait, mais il s’était senti puissant, le contrôle total de la situation entre les mains… Et ça lui avait bizarrement plu…

Il jeta un coup d’oeil à sa caméra qui filmait toujours et il se dit qu’il serait mieux d’arrêter l’enregistrement après le départ de Jonathan, question de discrétion….

-Alors ? Dit-il simplement, afin de le mettre mal à l’aise, tout en s’appuyant contre le mur.

Et… Dans le mille.

Ça aussi s’était un petit plaisir coupable…

-Wow…, Marmonna t-il, le teint rosi par la gêne.

Brad lui accorda un sourire insondable, qui était pour lui un croisement entre la satisfaction et la désinvolture.

-J… J’aurais jamais pensé que tu aurais cette… audace… Y… a un tas de monde autour…

-Ah, ça, c’est la preuve que tu me connais pas du tout, Réfuta Brad, son sourire s’élargissant. Mais tu sais à une petite dose ce qu’on a enduré en se cachant…T’es excusé… Tu peux dormir en paix…

En réalité, ça ne pouvait rien pardonné. Rien…

Jonathan se gratta le cou, visiblement mal à l’aise.

-Merci… Je… Je... vais y aller, ok ? Bafouilla Jonathan. Je suis supposé travailler et…

-Ça tombe bien, moi aussi.

Il ramassa ses affaires, avec une timidité qui ne lui jamais vu. Comme si chaque chose qu’il prenait dans ses mains semblait être un dérangement excessif.

-Bon… Euh… À un de ces jours…

-Ouais, c’est ça… Répondit-il vaguement, alors que l’autre sortit.
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MessageSujet: Re: [FNT] Mes regretsi ( R)   Dim 8 Fév à 19:06

***


Aussi incroyable que cela puisse paraitre, il avait réussi à passer. Une fois à l’intérieur, il fut franchement étonné. Il s’était falsifié une carte d’identifié afin d’aller pour mieux appliquer le plan qu’il avait pour David, mais il n’avait même pas eu à l’utiliser. Le portier – mignon en plus - l’avait fait rentrer comme si rien n’y était, lui avait même lancé un sourire accueillant à lequel il avait répondu. Tandis que le couple devant lui avait du prouver leurs âge. Disons que ça avait des avantages paraitre plus âgé qu’il ne l’était !

Ce soir, il ne faisait que se familiariser à l’endroit et avoir du plaisir bien entendu. Voulant avoir toutes ses capacités et voulant se fondre dans la masse le plus possible, il resta sobre et commença un travail d’observation minutieux. Alors qu’il se déhanchait au rythme de la très forte musique trance, il en profitait pour mémoriser tout, observer tout.

Ça allait du décor moderne et aux couleurs chaudes des lumières qui reflétaient sur le mobilier, à la clientèle majoritairement masculine qui mêlait différents types de gens dans la jeune vingtaine qui se massait dans la piste de danse, en passant par les employés et par les différentes sorties et l’emplacement intérieur en général…

La soirée avançait et Brad évaluait les clients : leur physique, leur actions, ceux qui semblaient en couple ou pas, leur inhibitions ou pas, leur comportement qui changeait par la faute de plusieurs gouttes d’alcool de trop…

Avec une agréable surprise, il se rendit compte que ses aptitudes rien qu’à se déhancher attira pas mal de regards intéressés, alléchés. Et parfois quelques un étaient assez aventureux pour venir danser avec lui. À vrai dire, ça lui faisait plutôt plaisir, d’autant plus qu’il pouvait voir de plus près leur profil… Alors, il se donnait presque en spectacle, partagé entre une certaine gêne, mais aussi une certaine envie de le faire.

C’est ainsi que vers… enfin, il ne savait pas trop quelle heure il était, mais l’établissement était plein à craquer… bon bref… Un jeune homme, peut-être fin vingtaine, dans un stade avancé d’ivresse, vit se frotter à lui, voire même un peu trop…

Mais étrangement, il se laissa faire. Une idée lui passait par la tête et il avait bien envie de l’expérimenter. Brad doutait fort que le mec avait conscience de quoique ce soit dans cet état. Autant en profiter, se dit-il.

Le mec n’était pas particulièrement attirant… Le visage rongé par l’ivresse, barbe de quelques jours, les cheveux noir un peu trop long... Mais il n’eut pas à faire grand-chose pour faire semblant qu’il lui plaisait. Il approchant davantage vers lui au son de la musique plutôt sensuelle qui passait et le jeune homme semblait littéralement aux anges …

Brad trouvait ça assez comique, puis sans même pas la peine de lui demander son prénom, il l’entraina dans ses propres mouvements assez charnels … Malgré la mollesse de ses gestes, il le suivait, un sourire bêta à la figure…

De plus en plus, il devenu plus insistant dans ses gestes, ses mains qui le parcouraient le démontrait… Le rythme de la musique avait ralenti depuis peu d’ailleurs, mais ce gars s’en foutait…

Il semblait ne pas vouloir rentrer seul… Mais oh pauvre lui, il allait le faire…

Pourtant, Brad l’entraina à travers la foule. Il fallait mentionner qu’il le trainait plus qu’autrement, étant donné qu’il titubait en tentant de le suivre.

Ils sortirent discrètement – Brad le fit sans bruit, comme il ne voulait alerter l’attention de personne - à l’extérieur par une sortie d’urgence qui donnait sur une ruelle avec les murs arrières de d’autres commerce derrière l’établissement.

À l’extérieur, il pleuvait très fort et on entendait la pluie s’écouler du toit et l’écho sonore de la musique s’entendait. Brad attendit quelques instants, pour voir si personne ne venaient les avertir, mais rien. Pendant ce temps, il caressait un peu son torse, le scrutant.

Ensuite, il le plaqua sauvagement contre le mur de béton. Son crâne s’écrasa et il poussa un gémissement (ou un grognement, c’est selon). Il devait croire qu’il avait envie de lui.

Mais non. Soudain, sans s’y attendre, le type encaissa un puissant coup de poing en plein visage. Sa tête s’écrasa à nouveau contre le mur sous le choc et son nez se mit à saigner. Brad esquiva un sourire, ayant trouvé ça si défoulant, mais il ne s’arrêtait pas à ce nez cassé.

Le mec émit une plainte, comme s’il ne savait plus ce qui se passait autour de lui. Brad plaqua sa main contre sa bouche, mais en lui laissant un espace pour respirer et commença à lui administrer des coups à maintes reprises. L’adrénaline battait dans ses veines et il faisait que se défouler.

Il ne savait pas pourquoi il faisait ça. Il avait l’impression que l’instance de ce type lui avait pété les plombs. Qu’il devait se venger. Se venger sur lui. Parce-que même s’il allait briser le coeur de David, il ne le ferait pas avec la volonté de le faire.

Le mec semblait être perdu dans sa tête, confus, mais il affichait tout de même une expression de douleur.

Lui aussi, il était dans les vapes. Son cerveau ne semblait plus répondre à la lucidité et il ne voulait que frapper encore et encore. Le mec tomba à genoux, mais il continuait à le rouler de coups de pieds bien placés.

Puis, il s’arrêta, comme un artiste qui admirait son oeuvre.

Cette fois, ce n’était qu’un triste spectacle macabre qui se jouait devant lui.

L’homme était adossé contre le mur, étant de tout son long, son corps tremblant de douleur. Il n’était pas blessé à la tête – ou il avait frôlé la commotion cérébrale comme ses yeux se perdaient dans le vide. Son visage et ses vêtements étaient maintenant couvert de sang et Brad aussi d’ailleurs.

Soudain, le mec eut un haut-le-corps, n’eut que le temps de pencher la tête et vomit. En même temps, le sang s’y mêla…

Brad recula de quelques pas.

La lucidité le retrouva.

Il avala sa salive.

Il recula encore d’un pas…

L’homme toussa, après avoir exproprié un peu de son ivresse.

Il semblait très mal en point.

Les vannes des yeux de Brad menaçaient de céder d’une seconde à l’autre…

Il réalisa ce qu’il avait fait…

Il recula encore de plusieurs pas.

L’effroi l’envahit.

Puis, il se mit à courir. Vers nulle part.

Comme dans tout bon délit de fuite qui se respecte.


***


Dans une rue déserte, le jeune homme arrêta de courir, n’en pouvant plus. Il tomba à quatre pattes sur le trottoir, n’arrivant plus à respirer comme s’il avait couru deux marathons d’affilé. Il sanglotait toujours, secoué par la douleur d’une crampe intense au côté droit et d’un poids d’une tonne dans le ventre.

Brad tenta de se relever pour mieux respirer, mais ses mains égratignées tremblaient comme des feuilles et refusaient de le soutenir.

La rue était silencieuse, mais lui, tout ce qu’il entendait dans sa tête s’était deux ‘’bang!’’ assourdissant. Ses yeux embrumés ne voyaient que le béton du trottoir, mais dans sa tête, l’expression du pauvre mec lui revenait, comment il l’avait laissé inconscient dans la ruelle…

Il resta dans cet état épouvantable pendant plusieurs longues minutes, pendant lesquelles il eut l’impression d’étouffer et d’être incapable de reprendre son souffle…. Il toussait profondément plusieurs fois même….

Ses larmes mouillaient son t-shirt, déjà taché du sang de l’homme… Mais il était encore plus mal en point mentalement, égaré dans ses flash-blacks.

Brad n’était pas inquiet, car il savait que cet homme ne se souviendra pas de lui lorsqu’il se réveillera et que personne n’a aperçu la scène… Mais qu’est qu’il a peur de lui-même et de ce qu’il a commencé à faire… Le fait de perdre contact avec la réalité, qu’il ne pensait plus une seconde en s’exécutant, lui glaçait le sang… Il avait tellement peur de lui, même plus peur que toutes les phobies du monde réunies…

Il finit par se calmer après un moment qui paru une éternité… Il sécha ses larmes et se rendit compte qu’il était frigorifié et complètement trempé.

Il avait perdu la notion du temps, il ne savait plus quelle heure il est… Il ne savait même plus où il est, en regardant au loin la pancarte de l’intersection des rues…

Toujours mal en point mentalement, Brad ouvrit son sac pour prendre son cellulaire et appela David pour qu’il vienne le chercher…
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MessageSujet: Re: [FNT] Mes regretsi ( R)   Dim 8 Fév à 19:06

***


David l’avait aidé à se relever et n’avait pas passé de commentaires dans l’auto - ce qui plu grandement à Brad -, ne faisant que monter le chauffage puisqu’il n’arrêtait pas de grelotter. Il avait même pas osé allumer la radio pour combler le silence qui pesait. Le cadran lumineux indiquait 1h45 et la pluie tapait sur les vitres.

Brad accota son crâne pris d’une douleur lancinante contre le siège, pensant mot pour mot à ce qu’il pouvait bien lui raconté de plausible. Il savait bien qu’il devait devoir s’expliquer, en rentrant ou demain…

Le non-verbal trahissait toujours David, il l’avait appris avec le temps.

Et cette fois-ci, c’était flagrant. David se mordait la lèvre inférieure pendant presque tout le trajet, montrant bien qu’il brûlait d’envie de lui faire un interrogatoire complet, mais qu’il se retenait.

Ça Brad le sentait, le voyait et il n’allait pas y avoir moyen d’y échapper.

Une fois au loft, il se dirigea automatiquement vers la salle de bain pour suspendit ses vêtements mouillés et tachés de sang, prendre une douche rapide et chaude (Question de se débarrasser de l’odeur dégueulasse d’alcool et de parfum bon marché que l’homme avait laissé sur lui). Il enfila un pyjama chaud et avala deux aspirines pour calmer son mal de tête.

Puis, il s’examina longuement dans le miroir, se voyant ébranlé et vidé de toute énergie. Il se dit qu’il avait été idiot, il s’était mis dans un beau pétrin. Surtout que David ignorait qu’il était victime d’angoisse… Il ne pouvait plus se permettre de laisser ses sentiments prennent le dessus quand il allait poser des gestes sadiques … Il devait enfermer à double-tour ses sentiments… Quoiqu’il arrive… Quoiqu’il fasse…

Lorsqu’il redescendit enfin, David leur avait préparé des tisanes fumantes et l’attendait bien installé sur le sofa.

-Ça va mieux ? Lui demanda David, bienveillant. Viens t’asseoir.

Le jeune homme obéit et se cala à coté de lui, en prenant la tasse que David lui tendit.

-Han han… Fit-il, avant de prendre une gorgée, embarrassé.

Brad resta figé pendant un instant. Il sentait que l’interrogatoire se mettait en marche… vraiment inévitable…

-Alors, qu’est qui s’est passé ? Tu m’as fais une de ses frousses, Brad…

David, les sourcils haussés, attendant qu’il parle. Il n’avait pas l’air en colère, il n’était plus inquiet, il voulait simplement en avoir le coeur net.

Il aurait pu être policier et ça aurait été la même stratégie, franc, direct, voulant à tout prix la vérité.

Brad soutenu son regard, avec difficulté, mais il le soutenu. Il voulait fixer ses prunelles pers comme un point d’ancrage, pour ne pas flancher et lui balancer impulsivement la vérité la plus cachée.

Il se mit à se traiter intérieurement d’imbécile et de toutes les insultes possibles en repensant à ce qu’il avait fait avec Jonathan le jour même et à ce qu’l allait encore faire avec des dizaines d’autres personnes… Mais surtout parce-que son amoureux ne mérite absolument pas ce qu’il lui réservait.

-Je t’aime, David, ok ?... Arriva t-il à prononcer, la voix ponctuée par l’émotion, comme si ça voulait tout dire ce qu’il ne pouvait pas dire.

-Chuuttt… Moi aussi, mon coeur… Mais voyons… Dis-moi… Dit l’autre, médusé.

Il prit plusieurs profondes respirations, chassant les pensées désagréables qui s’étaient logées dans son esprit.

Il récita l’histoire qu’il s’était inventé comme justification, en insistant sur une voix troublée – pas très difficile, vu les circonstances :

-Je suis sorti dans un bar, parce-que j’en avais envie… Un mec m’a trainé de force aux toilettes… Il a essayé de… d’abuser de moi… Je me défais de son emprise, je m’en pris à lui pour me défendre… Je lui ai cassé le nez, je crois, sous le coup de l’adrénaline … Ensuite, je me suis sortit du bar et je me suis sauvé, mais j’étais sous le choc…

David prit un instant avant de répondre, assimilant ce qu’il venait d’entendre et qu’il croyait être la vérité :

-C’est vraiment… Je comprends que tu étais bouleversé… Une chance que tu n’as rien… Tu as l’intention de porter plainte ?

Brad n’avait pas pensé à ce détail, parce-que tout à l’heure, la tête dans un étau, il n’avait pas toutes ses capacités intellectuelles. Ainsi, il fut un peu raide et vif quand il protesta, en repassant sa tasse à moitié-pleine sur la table basse :

-Non ! Non !! Ça va… Il a rien fait… J’ai juste eu peur…

- D’accord, comme tu veux, Soupira son amoureux Je disais ça comme ça… Il me semble que tu n’as pas de cours le vendredi, non ? Je vais prendre ma journée demain et on va oublier ça ensemble, d’accord ?

-Oh, Davy, c’est pas nécessaire… Dit Brad, mal à l’aise de la proposition, puisqu’il ne voulait plus revenir sur les événements de la soirée. En plus, tu avais pas une entrevue pour essayer d’entrer au conseil d’administration de la boite ?

-Oui, mais le C.A attendra un an de plus… J’appellerai et je dirai que je suis malade comme un chien ou quelque chose comme ça… Et puis, t’es plus important que n’importe poste…, S’objecta David, en lui caressant la joue.

-Non… Voyons, je vais correct maintenant…

-Je sais, mais te changer les idées, passer du temps ensemble, ça va te faire du bien…

Brad roula des yeux, le trouvant trop insistant et lourd. Toutefois, il s’abstenu de tous commentaires et finit par céder :

-Bon, d’accord… Si tu y tiens… Mais je veux pas que je, que ça te soit défavorable pour ton travail…

Son copain passa son bras autour de son cou, comme une manière de lui dire de ne pas s’en faire.

-J’trouverais une excuse… C’est pas plus grave qu’il faut… Mais écoute, tu aurais du me le dire que tu sortais… J’aurais même pu t’accompagner, si tu aurais voulu…

-Fais pas ton jaloux ! Ronchonna Brad. J’ai pas besoin de ça en ce moment, han…

-J’fais pas mon jaloux… Je veux juste pas que ce genre de choses se reproduise ! Tenta de se justifier David, en ôtant son bras autour de son cou, se rassoyant normalement.

-Oui, tu le fais, je le vois bien. Et j’ai pas à te dire obligatoirement mes allées et venues !

-Brad, tu te rends compte, ce type aurait pu…

-Ben, il l’a pas fait !! Coupa t-il, commençant à devenir un peu irrité. Une chance, oui. Mais j’ai quand même pas à me justifier sur ce que je fais, parce-que j’avais l’intention de rien de mal, c’est tout. Je veux que ça soit clair, ok ?!

-Ok, ok, t’énerve pas !

-Je m’énerve si je veux si t’es pour réagir comme ça….

-Oh et puis laisse tomber…

Un froid s’installa, glacial et mordant à souhaits. Un ange passa très lentement, se gelant même les ailes.

-… Je vais aller me coucher, bonne nuit. Se contenta d’ajouter David pour mettre fin à la conversation.

David se leva et se mit au lit, sans une parole de plus. La colère battant dans ses veines, Brad se mit en position foetale sur le sofa.

N’ayant pas envie de dormir malgré sa fatigue extrême, il ouvrit la télévision. Il savait bien en l’ouvrant qu’il n’allait pas la regarder, mais ça lui prenait un bruit de fond.

Ainsi, la présentatrice du téléjournal relata d’une voix nasillarde :

-…. Désireux de regagner son ancien titre de puissance mondiale, raflé par le Canada en 2023, en ce jour 3 des offensives, les États-Unis sont maintenant à assiéger Toronto. Le premier ministre canadien, lors de la période des questions, s’est dis convaincu qu’Ottawa et que le reste de l’Ontario tienne le coup. Les troupes canadiennes sont fortement massées sur les frontières terrestres pour empêcher la progression des États-Unis…

Brad ruminait ses pensées, mais presque dans un état second… Il se sentait déboussolé et si mal à l’intérieur.

Il ne savait pas combien de temps il allait tenir la pression de ce qu’il était en train de s’infliger ? La pressons serait-elle si impressionnante qu’il devrait tôt ou tard abandonner ?

Il aurait tout donné pour arrêter, mais il ne pouvait plus faire marche-arrière. Il fallait reconnaitre qu’il avait un esprit masochiste plutôt bien développé.

C’était le fait qu’il était carrément quelqu’un d’autre, quelqu’un de totalement maléfique, quelqu’un dépourvu de coeur, quelqu’un qui n’avait plus conscience que de l’action posée. C’était ce qui le terrifiait le plus, puisque ce n’était tellement pas lui et il avait peur de s’y plonger jusqu’à un point de non-retour.

Il avait si peur, mais il savait que ça allait arriver un jour ou l’autre. C’était ça le pire…

Après de très longues minutes, il fit par sombrer dans un sommeil agité, la tête posée contre l’appui-bras du sofa…

La télévision continua de jouer faiblement, cassant le silence nocturne :

-… Le ministre de l’environnement s’est d’ailleurs dit attristé de la situation critique dans l’extrême-sud du Chili et a dit qu’il allait tout mettre en oeuvre pour faire parvenir une aide humanitaire d’urgence. On n’a toutefois pas encore annoncé le montant qui sera accordé… Dans un tout autre registre, les affaires roulent sur l’or au club med de Natashquan*, qui accueille des centaines de visiteurs par jour, en quête d’un chaud soleil. Les propriétaires se disent très satisfaits et.…


À suivre...



*Dans la genèse, étant donné que Boris Spasky est diplômé de l’université de Rawdon en physique et que Brad dit de lui ‘’Spasky… Mais il est beaucoup plus compétent que moi !’’, j’en ai déduis pour ma fic que Brad aussi était physicien, mais moins diplômé que lui.
*Je voulais mettre Fermont, comme je trouve cette ville très cool, mais comme il n’a pas vraiment de plan d’eau pour faire un club med, je me suis rabattue là-dessus… XD En 2034, ils vont inaugurer celui de Sept-Iles
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