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 Les Chroniques des catacombe (PG-13)

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Dino
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MessageSujet: Les Chroniques des catacombe (PG-13)   Jeu 18 Oct à 20:49

Titre: Les chroniques des catacombes
Auteur : Rox
Rating : PG-13, mais peut contenir des bouts plus hard et du langage plus dur
Disclamer : Tout l’univers de Dans une galaxie près de chez vous appartient aux Dieux Claudius Legaultus et Pierrus-Yvus Bernardus. Razz
Genre : Fantastique (et non pas Heroic Fantasy), policier, drame
Résumé : À la suite de la découverte d’un étrange journal intime, Flavien et Bob rencontrent le fantôme d’une adolescente leur demandant de retrouver son petit frère, seul survivant de sa famille. Après avoir entendu le récit de l’assassinat sordide de la jeune fille, les deux amis tentent non seulement de retrouver son frère, mais aussi son meurtrier. Seulement, la police est sceptique, et seule une enquêteur débutante accepte de les aider.

Prologue

Je vivais dans une maison immense. J’allais dans une école secondaire aussi réputée que Harvard. J’avais un petit copain génial, des amis incroyables… J’étais jolie, intelligente, fonceuse et je venais d’une classe sociale supérieure à la moyenne. J’avais tout pour réussir, mais j’était malheureuse. Je pleurais pour ma mère, je pleurais pour mon frère. Je pleurais aussi pour moi. Cependant, je ne laissais jamais rien paraître. Ainsi, j’avais l’air totalement décontractée lors de mon entraînement de basket-ball. Je marquais des paniers à trois points les yeux fermés sous les regards impressionnés des autres filles de mon équipe.

Après l’entraînement, le coach nous garda, Mélissa et moi. Cette fille était plus qu’une simple coéquipière, c’était aussi ma meilleure amie depuis que j’étais bébé. C’était également ma confidente, la seule personne à qui j’ai dites toutes les horreurs que je vis.

Nous nous sommes postées devant le coach qui fit un grand sourire.
-Mélissa, Noémi, j’ai une nouvelle plus qu’excellente pour vous! Lors du dernier match, le recruteur de l’équipe provinciale est venu chercher des jeunes talents et il vous a remarquées, toutes les deux. Il vous veut dans l’équipe québécoise pour les prochains jeux du Canada!
Mélissa et moi avons échangé un regard avant de se sauter dans les bras l’une de l’autre.
-Ouah! Mel! L’équipe provinciale!!!
-Tellement No! Tellement! On est hot!
-Trop!
Le coach nous adressa des félicitations et nous fit un long discourt qui devint vite ennuyant sur l’étique sportive avant de nous laisser partir.

Nous avons couru aux vestiaires. Évidemment, les autres filles étaient toutes parties. C’était tant mieux, je ne tenais pas à entendre leurs bavardages à propos du nouveau chum de Joanie ou encore à propos de Kathy Labelle qui se vantait ces temps-ci à qui voulait bien l’entendre qu’elle avait couché avec le plus beau mec de sa classe. Il n’y avait rien de cool à perdre sa virginité à quatorze ans!
-En pleine crise de questions existentielles?
Je relevai la tête vers Mélissa.
-Non, ça va.
Je lui fit un sourire pour la rassurer, mais elle me connaissait trop pour me croire.

Nous sommes chacune entrées dans une des cabines de douche. Elles étaient minuscules, mais elles avaient l’avantage de nous éviter de nous déshabiller devant tout le monde.
-À quoi tu penses? me demanda Mélissa de l’autre côté du mur en céramique bleue nous séparant.
-Bof…
-C’est cool pourtant qu’on fasse l’équipe provinciale, insista Mélissa. Tu devrais être heureuse.
-Je sais, répondis-je, mais l’équipe provinciale, ça veut dire plusieurs compétitions de plusieurs jours à travers tout le pays, et je ne veux pas abandonner mon frère…
Mélissa soupira.
-Écoutes, No. Ton frère est assez grand pour comprendre que tu puisses avoir à partir. Il faut que tu commences à penser à toi aussi un peu. Tu sais, c’est en commençants par cette team là qu’on va finir par faire les Jeux Olympiques.
-Je sais, t’as raison. Mais va falloir que j’en parle avec lui.
Nous sommes sorties des douches.

Un autobus, quatre stations de métro, un second autobus et dix minutes de marche plus tard, j’étais chez moi. J’ai laissé tomber mon sac dans le hall d’entrée et me suis dirigée vers la cuisine. Mes parents et mon frère étaient attablés et mangeaient silencieusement leur souper. Je me suis assise à la place libre où une quatrième assiette avait été préparée pour moi.
-Merci maman.
Elle m’a souri.

Mon père a déposé ses ustensiles.
-T’es en retard, fit-il sèchement.
-Mon coach m’a retenu.
Je n’ai même pas prit la peine de le regarder. J’ai prit ma fourchette et j’ai commencé à manger mon riz.
-J’ai été recrutée dans l’équipe provinciale, fis-je à l’adresse se ma mère.
-Han! Bravo, ma grande!
Elle me fit un grand sourire.
-Y’étaient obligés de te prendre, fit mon frère comme si c’était évident. T’es la meilleure.
J’ai rougit. Mon père aussi a rougi, mais ce n’était pas de modestie.
-Je t’avais dit de lâcher l’équipe, fit-il, furieux.
J’ai lâché mes ustensiles à mon tour, puis, je l’ai fixé droit dans les yeux.
-Je lâcherai pas l’équipe.
-Le basket, c’est un sport de gars…
-M’en fou, coupais-je. J’aime pas ça, moi, le patinage artistique. J’aime pas ça jouer aux barbies pis parler de qui sort avec qui. J’ai l’intention d’la gagner cette année l’ostie d’médaille d’or, pis le jour où je vais marquer le panier de la victoire à la finale des Jeux Olympiques, compte pas sur moi pour te remercier!
Mon père a froncé les sourcils.
-Parle-moi sur un autre ton, jeune fille.
-J’te parlerai comme il faut quand t’arrêteras de me traiter comme un chien!
Un drôle de sourire apparut sur le visage de mon paternel.
-Tu ne manques pas d’audace, fit-il. Tu pourrais aller loin dans la vie. Si seulement tu lâchais le basket… Mais bon, t’es toujours moins pire que ton frère.
J’ai tourné la tête vers mon jeune frère. Il a baissé piteusement la tête.

Beaucoup disent avoir connus des horreurs et des atrocités. Les vétérans reviennent de la guerre traumatisés à vie en disant avoir visité l’enfer. Ils se trompent. L’enfer, c’est ce que mon frère subit depuis sa naissance. Il n’avait que neuf ans et déjà, il était plus mature que bien des hommes qui en avaient vingt. Il avait subi plus d’épreuves en neuf longues années que bien des gens en une vie entière. Il n’avait jamais connu de vraie enfance. Il représentait tout pour moi. Mon avenir, tous mes espoirs et tous mes rêves étaient pour lui. Il me donnait la force de vivre pour mieux le protéger.

Malheureusement, ce que je ne savais pas encore, c’est que j’allais échouer ma mission. J’allais échouer car dans une semaine, j’allais mourir.
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Dino
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MessageSujet: Re: Les Chroniques des catacombe (PG-13)   Sam 20 Oct à 9:24

Chapitre 1 : Beignes à l’érable

-Cause every time we touch, I get this feeling! And every time we kiss, I…
-Bigras!!!!
Le party était fini. Le lieutenant-détective Leboeuf venait de faire son entrée dans le bureau où les agents s’amusaient sans voir le temps passer. Bien entendu, la cause de tout ce remue-ménage était encore la jeune agente Samantha Bigras.
-Bigras, dans mon bureau!
-Mais…
-Et ne rouspète pas!
Leboeuf sorti de la pièce, laissant derrière lui ses agents consternés. Sam descendit de la table où elle s’était perchée pour rigoler. Son frère, Olivier, vint lui donner une tape dans le dos.
-Bonne chance, sœurette.
Sam répondit par un soupir.

L’agente se dirigea vers le bureau de son supérieur. Comme la porte était ouverte, elle y entra en la refermant derrière elle.
-Bigras, ce n’est pas avec une attitude pareille que tu deviendras enquêteur, reprocha Leboeuf.
-On a besoin de se détendre, protesta l’agent. Vous nous mettez des tonnes de pressions sur les épaules sans nous laisser le temps de nous reposer. Vous devriez rallonger les pauses.
-Le bureau, c’est fait pour travailler, pas pour se reposer. Vous vous détendrez en dehors des heures de travail.
-Mais on est au bureau soixante heures par semaine!
-Suffit! Si tu veux garder ton poste, tu es mieux de te calmer.
Sam ouvrit la bouche pour répondre, mais on cogna à la porte, ce qui l’en empêcha.

Leboeuf se leva pour aller ouvrir la porte. Devant lui se tenait une jolie fille rousse aux yeux verts. Elle était plus petite que Sam –comme une grande partie des filles, d’ailleurs- et correspondait sur tous les points à la description de la « bitch » parfaite. Marie-Elle Ladouceur. Sam la détestait. La grosseur des seins de cette femme était proportionnelle au vide total dans sa tête. Cette fille avait dû coucher avec plus d’un homme pour avoir ce poste…
-C’est mon rapport annuel, fit Ladouceur d’un ton mielleux en tendant un dossier à Leboeuf. Je sais que je suis en retard de deux semaines, mais j’espère que je saurai me faire pardonner.
-Bof… Deux semaines de plus ou deux semaines de moins, fit Leboeuf, on s’en fou un peu! De toutes façons, tu sauras toujours te faire pardonner, Marie-Elle.
-Sale traînée, murmura Sam pour elle-même.
Elle, elle n’avait eu que dix minutes de retard pour remettre son rapport et elle avait reçu le savon du siècle! Tout ça parce qu’elle n’était pas jolie… Ce qu’elle pouvait haïr Marie-Elle…

Certes, ses cheveux bruns qu’elle attachait toujours en queue-de-cheval haute n’étaient peut-être pas aussi soyeux que ceux de la rousse, ses yeux noirs n’étaient peut-être pas aussi beaux, mais elle s’en foutait. Non, Sam n’avait pas de jolie taille fine, elle n’avait pas non plus ce beau petit cul rebondit que les hommes recherchaient, elle n’avait pas de gros seins fermes qui nécessitaient un soutient-gorge trente-deux D, mais elle s’en fichait aussi. Elle était peut-être costaude comme un garçon, elle avait peut-être le ventre et le tour des cuisses trop gros mais elle, au moins, elle se respectait. Elle avait sa fierté et, si jamais elle le désirait, elle pouvait se vanter haut et fort d’avoir obtenu tout ce qu’elle possédait grâce à ses efforts acharnés. C’était son travail qui lui avait ouvert les portes, autant dans sa vie personnelle que sa vie d’étudiante et sa vie professionnelle. Jamais son corps ne lui avait permis d’accéder à des postes. Au contraire, il lui avait souvent barré la route. Déjà au secondaire, alors que toutes les filles embrassaient les garçons dans les corridors, elle se faisait insulter et on riait d’elle à cause de son physique. Son nom de famille ne l’aidait pas non plus… Qu’elle idée ridicule pour une fille avec un gros foie de s’appeler Bigras… Les garçons de cet âge ne prenaient pas vraiment la peine de regarder l’âme dans le choix de leur petite amie.

Sam décida de ne pas attendre que Marie-Elle aie terminé d’embobiner leur supérieur.
-Je pense que je vais faire mon bout, moi. J’ai du travail qui m’attend dans mon bureau.
-Ouais, c’est ça, fit Leboeuf. Au revoir, Bigras.
Sam se faufila derrière eux et sorti du bureau sans dire un mot de plus. De mauvaise humeur, elle décida d’aller voir son grand frère. Il était la personne qu’elle respectait le plus au monde et c’était le seul qui avait toujours eu le don de la rassurer.

Lorsque Sam entra dans son bureau, Olivier releva la tête.
-Pis?
Sam poussa un long soupir et se laissa tomber sur une chaise, l’air boudeur. Olivier comprit instantanément que quelque chose n’allait pas.
-Qu’est-ce qui se passe, ma grande?
-Devine qui vient de remettre son rapport annuel avec deux semaines de retard sans même se faire engueuler pas le boss?
-Hum… à en juger par ton air souriant et ton attitude rocambolesque qui démontre ta bonne humeur, je dirais que c’est Marie-Elle Ladouceur. Tu l’aimes tellement, cette fille-là!
-Ouen… La criss de pute! C’est facile d’avoir ce que tu veux quand tu te laisses fourrer par le boss…Pas besoin d’être intelligente, pas besoin d’être compétente, pas besoin de travailler, ni de faire des efforts. Juste besoin de claquer des doigts… Elle a dû se taper tous les gars du service, la salope…
Sam soupira et sourit à son frère.
-Une chance que toi, t’es un gars intelligent pis que t’es encore purifié d’elle!
Olivier rougit, apparemment très mal à l’aise.
-Heu…
-Me dis pas que tu l’as fourrée toi avec!
-Ben là… Regarde-là deux minutes… J’ai pas pu me retenir.
-T’aurais pu me le dire!
-J’avais peur que tu pètes ta fuse, fit le frère. De toute façon, ce que je fais ne te regarde pas, surtout quand ça concerne ma vie sexuelle.
Sam senti ses nerfs la lâcher pour de bon.
-Les hommes! Vous êtes dont ben tous pareils!
-Ça va… Pas besoin d’imiter Priscilla…
-Toi, ferme la!
Furieuse, Sam se leva et quitta la pièce, sans manquer de claquer la porte derrière elle.

Pour une raison qu’elle ignorait, Sam avait prit cette déclaration comme une trahison. Trahie par son propre frère à cause d’une fille qui se comportait comme si elle faisait les trottoirs. Une fille suffisamment jolie pour se servir de son physique comme d’un outil. Une fille populaire qui n’avait pas aucun mal à « pogner » avec les gars.

Le sentiment de trahison de Sam fit rapidement place à celui d’humiliation. Elle avait l’impression de ne plus pouvoir se fier sur personne. Personne, et surtout pas les hommes! Elle senti sa rage s’accroître. Malgré tout, au fond d’elle, dans un coin si reculé de son subconscient qu’elle même avait du mal à s’y rendre, elle était jalouse de tout le succès de Marie-Elle. Dans ce monde cruel, la tête et le cœur ne suffisaient plus depuis longtemps pour trouver le prince charmant. La superficialité avait prit la place, emmenant avec elle Paris Hilton et Britney Spears. Le plastique et le silicone étaient à la mode, tout comme la liposuccion et l’anorexie.

Dans ce monde de poupées Barbies reconstruites de la tête aux pieds par la chirurgie plastique et les implants mammaires, le corps était plus important que la tête pour se tailler une place de choix dans l’histoire du monde. Les filles moins belles avaient beau avoir l’intelligence nécessaire pour gagner les prix Nobels, le talent de jouer dans les plus grands films d’Hollywood, le cœur des plus grandes humanistes, le leadership de politiciennes hors pair, elles n’y arriveraient jamais. Il fallait le corps, et Sam savait pertinemment qu’elle ne l’avait pas.
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MessageSujet: Re: Les Chroniques des catacombe (PG-13)   Sam 3 Nov à 20:12

Chapitre 2 : Retour à la source

-Charles… j’m’ennuie!!!
Dans sa crise de larmes, Valence arrivait à peine à articuler. Le capitaine tentait sans succès de la réconforter.
-Je sais ma belle. On s’ennuie tous mais on doit être forts.
Le reste de l’équipage restait en retrait. Cependant, ils étaient tous d’accord avec Valence. Leurs proches restés sur Tous leurs manquaient. Même Flavien, qui n’avait pourtant pas de famille, s’ennuyait de ses amis qu’il avait quitté à jamais en fuyant Tous.

Ça faisait déjà deux mois qu’ils étaient partis de Tous. En plus de ne pas pouvoir voir leurs proches, ils n’avaient toujours pas trouvé de planète ou s’établir tous les sept. Le stress s’accumulait sur leurs frêles épaules et la menace d’un danger permanent les épuisait. Valence avait été la première à craquer, mais il était clair que les autres allaient bientôt suivre.

Flavien savait bien que Charles ne savait plus où donner de la tête. Lui aussi, il était sur le point de craquer. Il tentait de le cacher, mais il était difficile pour lui de rassurer son équipage alors qu’il partageait les mêmes inquiétudes que lui.

Flavien faisait de son mieux pour aider son capitaine. Un bon soir, il l’avait trouvé seul dans la salle de commandement.
-Ça va, capitaine? avait-il demandé.
-Mouais, avait soupiré Charles.
Mais Flavien savait bien qu’il mentait.
-Vous en êtes bien certain, capitaine? Je pourrais peut-être vous aider.
Charles avait hoché la tête.
-Vous avez raison, Flavien. Rien ne va plus. Depuis que nous avons quitté Tous, tout va mal. Bob mange comme un être humain normal, Valence pleure tout le temps, Pétrolia fait des crises d’angoisse, Serge-3 va avoir très bientôt besoin de nouvelles pièces motrices essentielles que nous n’avons pas sur le vaisseau et Brad est encore plus irritable qu’avant, moins méchant, certes, mais plus irritable. Quant à vous, Flavien, vous tenter de le cacher mais je sais bien que vous êtes épuisé.
Flavien était resté silencieux. Il savait que son capitaine avait raison. L’équipage du Romano-Fafard, habituellement si énergique, commençait à dépérir lentement.

Soupirant, Charles s’était écrasé dans son fauteuil de capitaine.
-Je ne sais plus quoi faire, Flavien. Je commence à me décourager. Plus rien ne vas. Nous avons trouvé une planète pour les terriens, et maintenant que nous n’avons plus de but, nous n’avons plus de raison de persévérer, plus de mission ni de rêves à accomplir. Mon équipage est malheureux. Tout ça est de ma faute… Si je n’avais pas refusé de rester sur Tous avec les terriens, nous ne serions pas ici en ce moment. Nous serions dans des maisons confortables avec nos familles et nos amis en train de fêter notre victoire.
-C’est nous qui avons choisis de vous suivre, capitaine, avait rappelé Flavien.
-Vous m’avez suivis par loyauté, et je vous en suis reconnaissant, avait déclaré Charles. Mais m’avez-vous suivis uniquement par loyauté ou vouliez-vous vraiment faire ce voyage? Aviez-vous vraiment encore soif d’aventures? Vouliez-vous tout simplement me faire plaisir? Vouliez-vous m’accompagner seulement pour que je n’affronte pas seul le danger et que je ne me retrouve pas sans personne à qui parler dans les confins de l’univers? En aviez-vous vraiment envie?
-Bien sûr que l’on en avait envie, capitaine!
-Pour quelques semaines de plus, peut-être. Mais aviez-vous vraiment envie de finir vos vies comme ça? Aviez-vous vraiment envie de mourir dans l’oublis, isolés de ceux qui vous sont chers?
Flavien n’avait pas répondu à cela. En fait, c’est parce qu’il n’avait rien trouvé à répondre. L’idée de mourir seul dans une boîte de conserve volante à des milliers de kilomètres de l’humain le plus proche d’eux ne les enchantait pas du tout, pas même Charles.

Flavien s’était assis sur le siège de pilote de Bob et l’avait fait pivoter de façon à être face à son supérieur.
-On pourrait aller sur une planète qu’on a déjà visitée et qu’on sait habitable, proposa-t-il. Je sais pas, moi… Barzoti 2? Estétika?
Charles avait soupiré longuement.
-Peut importe où nous irons. Si nous sommes déjà passés par là, il y aura assurément quelqu’un qui voudra tuer Brad et on ne peut pas se permettre de dériver sans destinations dans l’espace sans scientifique à bord.
Flavien avait alors senti une immense vague de rage envers le scientifique l’envahir. Si seulement Brad n’avait pas agit en idiot partout où ils étaient passés, peut-être auraient-ils un endroit où aller.

Charles s’était levé et s’était mit à faire les cent pas dans la pièce.
-Je vous suis reconnaissant de votre loyauté, Flavien. En toutes circonstances, malgré mes mauvaises décisions, vous m’avez toujours soutenu.
-C’est normal, capitaine. C’est mon travail en tant que second officier.
Il avait prit une pause puis, gêné, il avait ajouté :
-Vous êtes comme un père pour moi, capitaine. J’aurais aimé que mon père soit un homme comme vous.
Charles avait sourit.
-Merci Flavien. Je suis certain que votre mère était certainement encore mieux que moi pour mettre au monde un fils si merveilleux.
Flavien avait sourit.

Le capitaine avait cessé de se promener. Il s’était posté devant les hublots et, regardant les étoiles, il avait ajouté :
-Je ne sais plus quoi faire, Flavien. J’aimerais bien retourner sur Tous, mais c’est la peine de mort qui est réservée aux déserteurs. Je nous ai tous condamnés.
Flavien n’avait rien trouvé à dire pour rassurer son supérieur.

C’est en voyant Charles tenter de réconforter Valence qui pleurait toutes les larmes de son corps qu’il trouva enfin quelque chose à répondre à cette conversation passée.
-Capitaine? Peut-être devrait-on retourner sur Tous?
Tout l’équipage se tourna vers le second officier.
-On est des déserteurs, rappela Brad. Retourner sur Tous, c’est comme marcher volontairement vers la potence, imbécile!
Bob leva la main.
-Ça se manges-tu, une potence?
Brad roula les yeux en soupirant.
-Non, fit Pétrolia en jetant un regard noir au scientifique. Mais si tu veux relier ça à la bouffe, je peux te dire que c’est comme boire de l’arsenic pur.
Bob parut déçu.

Une lueur d’espoir apparut dans le visage de Valence. Charles s’était levé et regardait Flavien.
-Flavien, vous êtes mieux d’avoir une très bonne idée derrière la tête parce que sinon, en plus de parler d’une mission impossible, vous nous aurez à tous donné de fausses joies.
Mais Flavien savait parfaitement ce qu’il faisait.
-Avec une bonne histoire, on va être corrects, affirma-t-il. Si on disait qu’on a eu des problèmes avec des extraterrestres ou quelque chose du genre? Ce serait plausible.
-Vous voulez qu’on mente, résuma Charles.
-Oui! C’est pas mon genre, mais on a pas le choix. Si on se monte une histoire solide et qu’on y met le plus de cœur possible, une petite séance d’expression dramatique et on devrait être corrects!
Charles se massa le nez.
-Cha-charles, intervint Valence. Ça pourrait fonctionner.
Le capitaine hocha la tête.
-Oui, mais si on échoue, c’est la mort…
Il esquissa un sourire.
-C’est risqué, mais j’aime ça. On va se préparer un scénario infaillible, se préparer à toutes les questions possibles qui pourraient nous être posées. Oui! Ça peut marcher!
Le capitaine avait reprit son assurance d’autrefois.

Avec un air déterminé, Charles donna ses ordres.
-Bien! Que tout le monde collabore à la création de l’histoire. Je veux que tout le monde prenne son rôle au sérieux.
Il se tourna vers Brad.
-Tout le monde sans exception va collaborer, n’est-ce pas?
Le scientifique hocha la tête.
-Parfait! Alors, commençons tout de suite à penser à tout ça! Questions? Action!
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MessageSujet: Re: Les Chroniques des catacombe (PG-13)   Mar 4 Déc à 12:39

Chapitre 3 : Orlando-Bédard

-C’est vraiment le scénario le plus grotesque que j’aie lu de toute ma vie…
Charles relisait la feuille sur laquelle il avait écrit les idées de tout le monde. Hors, le scénario final était plutôt étrange. Malheureusement, ils n’étaient plus qu’à trois jours de route de la planète Tous et ils n’avaient pas le temps d’échafauder une autre histoire aussi détaillée et encore moins de l’apprendre par cœur.

Le capitaine leva la tête vers Flavien.
-Qu’en pensez-vous, Flavien? J’ai confiance ne votre jugement final.
-Je pense que c’est justement parce que c’est stupide que les terriens nous croirons, capitaine. Les hauts dirigeants de la Fédération savent que vous êtes un homme intelligent et ils sauront que si jamais vous mentiez, vous seriez en mesure de créer un mensonge plausible. Ils savent que vous êtes beaucoup trop sérieux pour inventer quelque chose comme ça.
-Ouais… Et si on est chanceux, personne dans les haut dirigeants ne connaît Naruto…
Flavien ne trouva rien à répliquer à cela. En effet, ils devraient être vraiment chanceux…

Une voix forte se fit alors entendre par les hauts parleurs.
-Alerte vert émeraude avec la croix de l’ordre! Alerte vert émeraude avec la croix de l’ordre!
-Proximité d’un vaisseau terrien identifié dans la base de donnée du Romano-Fafard, traduit Charles.
Il sorti de la salle de briefing pour se rendre dans la salle de commandement, Flavien sur les talons.

Arrivé à destination, Flavien se jeta sur les radars. Bob était déjà arrivé et était assis à son poste de pilotage. Le capitaine prit place dans son siège.
-Quel est ce vaisseau, Flavien?
-Il s’agit du Orlando-Bédard, capitaine.
Bob pivota sur son siège de pilote.
-Le Orlando-Bédard? C’était pas ce vaisseau là, le vaisseau Amiral qui avait été construit pour transporter les grands dirigeants, les hommes les plus riches et leurs familles?
Flavien haussa un sourcil.
-Comment tu te rappelles de ça, toi?
-J’ai été un des pilotes essayeur, répondit Bob, fier.
Charles soupira.
-Bob a raison. Le Orlando-Béchard a été conçu pour transporter les gens les plus importants et les plus riches de la planète Terre sur la planète que le Romano allait trouver. Ça m’étonne… Ça fait longtemps que les vaisseau de guerre sont arrivés… Ce vaisseau là aurait dû être le premier vaisseau de transbordement à arriver… Peut importe. On a la chance inouïe que le premier vaisseau sur lequel on tombe soit habité par le Président de la Fédération Planétaire en personne et de ses fonctionnaires…
Flavien vit Charles se gratter le nez. Dire qu’ils n’avaient même pas eu le temps de faire une pratique générale pour leur super scénario… Il se tourna vers Bob. Le pilote avait beau être son meilleur ami, il était certain qu’il allait tout faire foirer. La potence n’était pas loin…

Flavien se tourna vers son capitaine.
-Est-ce que j’entre en communication avec eux, capitaine?
Charles se massa le nez.
-Non, fit-il sans arrêter son tic. Faites un appel à l’intercom. Je veux tout l’équipage ici dans dix minutes. Bob, allez chercher Serge-3 en recharge. Revenez le plus vite possible, même s’il n’est pas complètement rechargé. On a pas le temps d’attendre. On va laisser les terriens nous appeler en premier. Avec un peu de chance, ils nous ont peut-être pas remarqués. Flavien, coupez le moteur. Si ils ne nous ont pas encore vus, ils passerons peut-être à côté de nous sans nous remarquer.
Flavien et Bob se mirent au garde à vous et obéirent.

Le second officier coupa les moteurs du vaisseau et passa la demande du capitaine à l’intercom. Charles semblait plus que stressé.
-Ça va, capitaine?
-Si notre plan foire, vous mourrez tous par ma faute… On aurait jamais dû déserter… On aurait dû rester en orbite autour de Tous, voilà ce qu’on aurait dû faire.
-Vous pouviez pas prévoir que…
-J’aurais dû prévoir qu’on s’ennuierait! Nous sommes des humains, bon sang! Ce sont des vies qui sont jeu, ici!
-Personne ne vous en voudra si on meure, capitaine, le rassura Flavien. Même pas Brad.
Charles resta silencieux. Flavien fut convaincu qu’il ne le croyait pas.

Valence fut la première à arriver dans la salle de commandement. Elle fut suivi par Brad qui, à en juger par son air satisfait, venait sûrement d’échapper à une partie de sa thérapie. Valence se jeta dans les bras de son capitaine. La lumière était tamisée depuis la fermeture des moteurs mais malgré la faible clarté, elle pu voir toute la détresse dans les yeux de son amant.
-Ça va, Charles?
-Mettons…
Elle le serra dans ses bras.
-Bob va tout faire foirer, fit calmement Brad. Vous allez mourir et pas moi, ajouta-t-il. Quel plaisir d’être l’unique héritier d’un multimilliardaire!
-Brad, fermez là ou je vous montre le plaisir de se faire refaire la face gratis!
Bob venait d’arriver avec Serge-3 et son air frustré laissait clairement entendre qu’il avait entendu ce que le scientifique avait dit.

Pétrolia les rejoints finalement quelques secondes plus tard. L’équipage était entièrement réuni. Il regardait par le hublot l’immense carcasse du Orlando-Béchard se dessiner entre les étoiles.
-C’est énorme, fit Flavien. Si jamais on doit se battre, on ne pourra jamais gagner… On ne pourra même pas résister dix minutes avant de tomber.
-Il est rapide aussi, ajouta Bob qui savait par expérience ce qu’il disait. Le Romano pourra jamais semer le Orlando à la course.
L’air de Charles s’assombrit d’avantage.
-C’est pas grave, fit Pétrolia avec sa naïveté habituelle. Si ils nous capturent, on va leur montrer ce qu’on vaut au combat corps à corps! On va gagner, même si on est sept contre mille!
Valence hocha la tête pour la soutenir.
-Ouais, on est les plus forts! Mais surtout, oubliez pas qu’on a pas encore de raison de s’inquiéter. Peut-être que notre plan va fonctionner et que… Non, pas peut-être! C’est sûr qu’il va fonctionner!
-La majorité des idées là-dedans viennent de Bob et Pétrolia, fit calmement Brad. On va mourir.
-Capitaine, est-ce que je peux le battre?
-Allez-y, Bob, répondit Charles. C’est peut-être la dernière fois, ajouta-t-il dans sa barbe.
Valence, qui l’avait entendu, le serra encore plus contre elle.

En arrière plan, on entendait les coups de Bob et les gémissements de Brad. Flavien avait le goût d’aller aider son ami, mais quelque chose lui disait qu’il aurait des ennuis s’il battait Brad et que le Président de la Fédération Planétaire entrait sur le vaisseau par la suite…

Par le hublot, l’équipage vit l’immense vaisseau s’arrêter. Une voix se fit entendre par l’intercom.
-Capitaine Charles Patenaude? Ici l’Amiral Alexis Deschênes, commandant du vaisseau Orlando-Béchard. Vous me recevez?
Nerveusement, Charles appuya sur l’émetteur de son siège.
-Bien sûr, Amiral Deschênes. Quel est votre message?
-Reliez votre sas au notre et venez nous rejoindre sur notre vaisseau avec votre second officier.
Charles se tourna vers Bob.
-Bob, effectuez la manœuvre.
Le pilote obéit. Le vaisseau se déplaça lentement pour aller à la rencontre de son cousin.
-C’est réussis, capitaine.
-Nos sas sont connectés, fit Charles dans l’émetteur.
-Bien! Maintenant, venez nous voir! Il me tarde de vous voir, vous et monsieur Spitfire!
Brad fronça les sourcils.
-Pourquoi moi?
-Dans sa tête, vous êtes encore second officier, fit Valence.
Brad semblait mal à l’aise. Il avait été dégradé. À moins que Charles n’invente une fausse raison à cette perte de pouvoir pour amoindrir sa sentence, il allait être sévèrement puni pour avoir empoisonné son capitaine…

Charles se leva.
-Bon… Brad, venez, nous allons sur le Orlando-Bédard. Flavien, comme vous êtes mon second officier actuel, vous venez avec nous. Bob, si jamais je vous appelle et que je vous dit de fuir, vous obéissez! Ça voudra dire que notre plan a échoué.
L’équipage se mit au garde à vous alors que le capitaine quittait la salle de commandement, accompagné de Flavien et Brad.
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MessageSujet: Re: Les Chroniques des catacombe (PG-13)   Lun 17 Déc à 19:47

Chapitre 4 : Sandaime et ses Konohamariens

Brad, Flavien et Charles entrèrent dans le sas pour changer de vaisseau. Ils pénétrèrent dans le Orlando-Béchard et furent accueillis par un homme qui portait un uniforme semblable à celui de Brad. Il portait sur ses épaules des grades de second officier. Les yeux bruns et les cheveux blonds, il avait la même taille que Flavien, bien qu’il soit légèrement plus costaud.
-Capitaine Patenaude, je suis Josélito Théodore, scientifique en chef de la Fédération planétaire et second officier de ce vaisseau, fit l’homme d’une voix étrangement aiguë.
Flavien se retint de rire en entendant le nom ridicule de l’officier qui le regarda de travers.
-L’Amiral avait demandé de venir accompagné de votre second officier, pas de votre officier radar. À moins que monsieur Spitfire ne se soit dédoublé et que son clone se soit métamorphosé, je ne voit pas ce que cet homme fait là, fit-il en pointant Flavien.
-Mes motifs ne vous regardent pas, officier Théodore, répondit Charles. Je m’expliquerai à l’Amiral en temps voulu.
Théodore lui jeta un regard noir.
-Suivez-moi.
Il s’enfonça dans un corridor de métal sombre et les trois hommes du Romano-Fafard le suivirent.

Théodore les mena face à une grande porte d’acier et s’immobilisa.
-Je suppose que vous savez à quel point les gens derrière cette porte sont importants, fit-il d’un ton dédaigneux, presque méprisant.
L’attitude de Théodore provoquait en Flavien une profonde aversion. Ignorant ce manque de courtoisie du scientifique en chef, Charles hocha la tête.
-Je vous prierai d’être respectueux envers eux, ajouta le second du Orlando-Bédard.
Flavien fronça les sourcils. Si il y avait quelqu’un d’irrespectueux, c’était bien cet officier…

Brad leva la main, coupant court à ses pensées. Théodore se tourna vers lui.
-Oui?
Brad semblait nerveux. Il ouvrit la bouche plusieurs fois sans qu’aucun son n’en sorte, avant de finalement se décider à parler.
-Est-ce qu’il est là?
-Bien sûr qu’il est là! Pourquoi ne serait-il pas là?
Flavien vit Brad déglutir. Il lançait des regards nerveux à Charles qui ressemblaient presque à des appels à l’aide silencieux. Peut importe la personne qu’il redoutait de voir, il devait s’attendre à de terribles représailles pour sa dégradation.

La porte s’ouvrit. Théodore entra dans la salle de commandement du Orlando-Béchard, Charles à ses côtés. Flavien les suivit. Brad leur emboîta le pas d’un air incertain. La salle de commandement du Oralndo-Béchard était tout simplement immense. Elle devait faire au moins le triple de la superficie du Romano et elle était de loin beaucoup plus luxueuse. Des ordinateurs de autre technologie s’enlignaient sur les murs. Les appareils de pilotage et le radar, situés dans le fond de la salle, étaient beaucoup plus avancés et précis que ceux de leur vaisseau. Situées près de la porte de façon à ne pas gêner les manœuvres de l’équipage, il y avait de longues tables semblables à celles que l’on voyait dans les banquets. Elles étaient du nombre de six et réunissaient chacune environ une cinquantaine de convives mêlant des gens riches, célèbres ou importants à leur conjoint et enfants. Bien qu’elles soient recouvertes d’une nappe blanche, Flavien pouvait voir leurs pieds métalliques s’enfoncer dans le plancher.

En plus de tous ces gens assis, il y avait une délégation de huit personnes debout. Six d’entre eux, dont Théodore, avaient un uniforme comme ceux de Flavien et ses collègues : c’était l’équipage du vaisseau. En tête d’eux, deux hommes dont Flavien pu trouver rapidement l’identité. Le premier devait avoir cinquante ans et ses cheveux châtains étaient parsemés de blanc. Ses yeux bleus clairs, cachés derrière des lunettes rondes à la monture argentée, affichaient un air sévère. Sans être nain, il était étonnamment petit, surtout compte tenu de l’importance de son rôle parmi les terriens. Flavien le reconnu aussitôt : c’était Peter Prewett, le Président de la fédération planétaire. Le second homme était plutôt grand et devait avoir le même âge que le capitaine Patenaude. Ses yeux d’un vert brillant affichaient une vive intelligence tout en reflétant un cœur bon et son visage rond lui donnait un air sympathique. Ses cheveux noirs étaient mi-longs et tout ébouriffés. Flavien ne l’avait jamais vu, mais son uniforme dispensait cet homme de tout besoin de présentation.

L’Amiral Alexis Deschênes leur fit un grand sourire. Il s’avança vers Charles qui lui fit un salut militaire alors que Flavien et Brad se mettaient au garde-à-vous.
-Oubliez ces conventions ringardes et restez vous-même, fit joyeusement l’Amiral.*
Sa voix avait un ton pur comme celle d’un enfant. Si sa voix avait été plus aiguë, on aurait presque pu croire qu’il n’avait pas mué.
-Aujourd’hui est un grand jour, reprit-il, car le Romano-Fafard est revenu au bercail après cinq longues années d’absence!
Flavien et Brad échangèrent un regard étonné. Ils cessèrent leur garde à vous et se tournèrent vers Charles.
-On m’a beaucoup parlé de vous, Amiral, et toujours en bien, le complimenta gentiment le capitaine avec une voix emplie de respect.
-Ce n’est sûrement rien à côté des éloges qu’on me donne à votre égard, répondit le concerné en souriant.
Charles semblait fier d’entendre parler de lui ainsi par l’Amiral Deschênes. Flavien ne le connaissait que par réputation, mais il avait toujours entendu dire que l’Amiral était un homme d’une incroyable bonté qui savait garder son sang froid en toute circonstances. De plus, on racontait que sa clémence était infinie. Ce détail aurait normalement dû rassurer Brad, mais ce dernier semblait toujours aussi nerveux. Peut-être n’avait-il jamais entendu parler d’Alexis Deschênes?

À côté de l’Amiral, le Président, qui n’avait toujours rien dit, prit la parole.
-Il y a des mois que vous nous avez envoyé les coordonnées de la planète Tous. Puis-je savoir pourquoi aucun des premiers vaisseau arrivés ne vous a localisé sur la planète?
Brad déglutit discrètement. Flavien regarda le visage de Charles et fut rassuré de voir qu’il n’y avait aucune trace d’inquiétude.
-Nous avons été attaqués par des extraterrestres qui nous ont fait prisonniers et qui ont prit possession de notre vaisseau. Ils nous ont conduit sur leur planète où nous avons été présentés à leur chef, Sandaime.** Sandaime nous a expliqué que son peuple, les Konohamariens, vivait dans une extrême pauvreté et que leur seul moyen de se sortir de ce mauvais pas était de trouver une façon de rehausser les cotes d’écoute de leurs émissions triphériques, des genre de programme télévisés, dans le pays voisin. Ils ont cru que de montrer de vrais terriens durant une émission suffirait pour raviver l’intérêt de leurs voisins face à leurs créations triphériques. Nous avons donc accepté d’assister à un genre de talk show pour les sortir du pétrin. Oh, ça a marché. Cependant, les Konohamariens sont trop nombreux pour que les recettes d’une seule émission puisse les sortir de la misère. Ils nous ont donc proposés de jouer dans une genre de télé-réalité à la Loft Story. Je déteste ces trucs, mais comme ils détenaient notre vaisseau comme monnaie d’échange, nous n’avions pas vraiment le choix… C’est ça… On a fait l’émission et à la fin, Sandaime nous a rendu le Romano-Fafard, comme promis. Voilà pourquoi nous étions absents.
Le Président haussa un sourcil. Il ne semblait pas convaincu, mais il ne posa pas de questions. Alexis Deschênes souriait.
-Ouah! C’est cool, tout ça! Qui a gagné à la fin?
-Oh, c’est Flavien et une E.T., là… Mais ce n’est qu’un jeu, s’empressa d’ajouter Charles. Ils ne sont pas restés ensemble pour vrai! Tout le monde sait que ces trucs sont arrangés, après tout.
L’Amiral sourit. Flavien n’arrivait pas à savoir si il les croyais ou si il faisait semblant, mais il était certain qu’ils n’auraient rien à craindre de lui. Le Président Prewett serait plus dangereux…

Un des hommes assis dans la salle leva la main. Flavien vit Brad trembler.
-Hum… S’cusez. Capitaine Patenaude? fit l’homme. Ouais, c’est genre juste pour vous demander pourquoi vous avez traîné DEUX mecs avec vous alors que vous ne deviez genre traîner que votre second officier. C’est genre juste par curiosité…
Flavien fronça les sourcils. Cet homme s’exprimait d’une drôle de façon pour quelqu’un d’important. L’officier radar ne l’avait jamais vu, mais il lui rappelait quelqu’un. Il avait des cheveux noirs comme l’ébène qu’il portait courts et des yeux tout aussi sombres. Il n’était pas très costaud, mais portait élégamment son habit noir qui lui donnait un air professionnel. Malgré le sérieux dans ses yeux, il ne portait pas de cravate par dessus la chemise blanche qu’il avait mise sous son veston, ce qui était plutôt étrange pour un homme d’affaires ou quelque chose du genre.

Le capitaine se tourna vers l’homme, apparemment aussi surpris que son second.
-Heu… Je peux savoir en quoi ça vous concerne?
-Ouais! Brad, c’est genre mon gars.
Flavien retint un gloussement de surprise. Cet homme à l’air étourdi était le père de Brad?!? Il n’avait pourtant pas l’air aussi chien sal que son fils. Au contraire, en dépit de son regard sérieux, il semblait plutôt sympathique. Bizarre, certes, mais sympathique tout de même, de sorte que Flavien en conclu que l’air terrifié de Brad avait plus à voir avec son poste de second officier qu’avec son père.

Charles se tourna vers M. Spitfire pour répondre à sa question.
-Brad a été gravement malade durant la mission. Il a été attaqué par une bactérie extraterrestre dont nous ne connaissions rien. Durant ce long laps de temps, j’a eu besoin de mon second mais Brad étant au lit, j’ai dû en nommer un autre.
-Mais quand M. Spitfire fut rétablis, pourquoi ne pas avoir destitué M. Bouchard? demanda Prewett.
Pour une raison qu’il ignorait encore, Flavien n’aimait pas le Président. Il tenta de cacher son aversion alors que son supérieur répondait.
-Je trouvais ça chiant de destituer Flavien après le bon travail qu’il avait fait. De plus, vous pouvez vérifier par vous-même, monsieur le Président, il n’y a aucune règle interdisant à un capitaine d’avoir deux seconds officiers.
Flavien vit Brad cesser de trembler.

L’Amiral Deschênes donna une tape amicale sur l’épaule de Flavien.
-Félicitation, garçon!
Il se tourna vers Charles.
-Pourquoi ne pas appeler votre équipage? Installez-vous sur le Orlando, il est bien plus confortable! Nous remorquerons le Romano-Fafard à l’arrière du vaisseau.
-C’est bien gentil, commença Charles, mais je…
-Non, non, non! J’insiste!
Le capitaine Patenaude accepta à contre-cœur l’invitation de l’Amiral et contacta Valence sur le Romano avec sa montre émetteur en lui ordonnant de venir sur Orlando-Bédard avec tout le reste de l’équipage.

Une fois cela fait, Alexis se tourna vers son second.
-Théodore, vous irez accueillir l’équipage du capitaine Patenaude au sas. Vous nous rejoindrez dans la salle de conférence. Il y a trop de monde ici, je n’aime pas ça… Dubé, Dixon, Tremblay, Chen et Cadet, vous venez avec nous. Je suppose que vous nous suivrez avec monsieur Spitfire, monsieur le Président? Bien! Capitaine Patenaude, officier Bouchard, officier Spitfire, veuillez me suivre!
L’Amiral Deschênes laissa passer un Théodore à l’air boudeur devant lui. Puis, il s’avança dans le corridor, suivi du reste de son équipage, du Président et du père de Brad.

M. Spitfire s’approcha de Flavien en trottinant comme un enfant, un sourire amusé sur les lèvres. Dans un murmure presque inaudible destiné à ce que seul Flavien l’entende, il dit des mots qui terrorisèrent Flavien par leur double signification.
-Sandaime Sarutobi? Vous manquez de goût! Moi, je préférais Godaime Tsunade. Elle avait genre de plus gros seins!***



*Au début, l’Amiral devait avoir le caractère de Théodore, lol! Razz
**Dans Naruto, Sandaime est le titre donné au troisième Hokage, soit le troisième chef du village caché de Konoha. À noter que le nom du troisième Hokage.
***Dans Naruto, le 5e Hokage –ou Godaime- est une femme du nom de Tsunade. Sarutobi est le nom de Sandaime.
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MessageSujet: Re: Les Chroniques des catacombe (PG-13)   Dim 30 Déc à 15:22

Chapitre 5 : Pétrolia-sama

-Sandaime Sarutobi? Vous manquez de goût! Moi, je préférais Godaime Tsunade. Elle avait genre de plus gros seins!
Flavien figea. Il parvint tout juste à rester suffisamment calme pour ne pas s’arrêter net de marcher. Un vent de panique le saisit. Il savait! M. Spitfire savait qu’ils avaient tout inventé!

Flavien regarda l’homme d’affaires. Ce-dernier affichait un sourire amusé, prenant visiblement plaisir à stresser le pauvre officier radar. Sous l’effet de la peur, la grande taille du PDG –à qui Flavien arrivait à peine à la poitrine- semblait étrangement menaçante. Le second officier cherchait quelque chose à répondre, mais rien ne venait, absolument rien! Lui qui improvisait normalement si bien n’avait plus rien à dire. Quelque chose dans le sourire amusé du père de Brad, quelque chose dans ses yeux sombres et moqueurs paralysait les sens de Flavien.

M. Spitfire n’était pas arrivé devant lui pour lui dire tout simplement : « Menteurs, vous serez tué. » Non, il avait été plus subtile. Il n’avait rien dit de menaçant, ni rien fait qui ne l’était, mais cet air joyeux lui faisait encore plus peur qu’un regard lourd de menaces. Il ignorait pourquoi, il l’ignorait. Ce qu’il ressentait ne se décrivait pas. C’était comme ça, voilà tout. Il avait l’impression d’avoir été prit par un copain à copier sur quelqu’un durant un examen.

Mais bon… Peut-être qu’il était paranoïaque. Peut-être qu’en réalité, l’homme d’affaires n’avait rien comprit. Peut-être qu’il avait dit ça en se moquant d’avantage des extraterrestres dont le chef s’appelait Sandaime que de l’histoire de l’équipage. Il ne restait qu’à espérer… Avec un peu de chance, même s’il savait quoi que ce soit, il tiendrait sa langue pour aider son fils.

La voix de Charles retentit aux oreilles de Flavien.
-Dites, Monsieur Spitfire. Vous mesurez combien? Vous êtes… comment dire… grand.
Le PDG détourna son attention de Flavien qui remercia intérieurement son capitaine.
-Bof… J’suis comme genre pas si grand que ça… J’fais comme genre quoi… Six pieds huits genre, je pense… Ouais, c’est ça. Six pieds huit.
-Pas si grand que ça, hein? répéta Charles.
Il se tourna vers Brad, qui n’arrivait même pas à l’épaule de son père.
-Votre mère mesurait combien pour que vous arriviez à cette taille là avec un père aussi grand?
-Heu… cinq pieds je crois… Peut-être moins…
Charles fronça les sourcils, comme s’il essayait de se représenter mentalement un couple aussi mal assorti. Flavien s’était fait une image mentale d’un très grand homme assis par terre pour être à la bonne hauteur pour embrasser sa femme, qui était debout, et il eu une soudaine envie de rire.

L’Amiral Deschênes en tête de ligne avec le Président, ils pénétrèrent dans la salle de conférence du vaisseau. La salle ressemblait à celles de la Terre, mais en plus petit. Il y avait des chaises dont les pieds étaient enfoncés dans le plancher et, dans le fond de la pièce, une estrade pour permettre à quelqu’un de parler. L’Amiral se laissa tomber dans un des confortables fauteuils, imité par son équipage et le Président. M. Spitfire s’accota contre un dossier de chaise, préférant apparemment rester debout. Charles, Flavien et Brad ne savaient pas trop s’ils pouvaient s’asseoir ou non. Lorsqu’il s’en aperçut, Alexis leur fit :
-Vous pouvez prendre place sur les sièges, si vous le souhaitez.
Les trois hommes s’assirent. Les sièges étaient chauds et confortables, presque douillets. Flavien et Charles s’installèrent à leur aise dans leurs sièges. Brad s’était calé si profondément dans le sien que ses genoux étaient presque au même niveau que son nez. Il fixait obstinément le dossier du siège devant le sien et était étrangement silencieux.

La porte de la salle s’ouvrit de nouveau et Théodore entra, suivit de Valence, Pétrolia, Serge-3 et Bob.
-Qu’est-ce qui se passe, capitaine? demanda Bob.
Le capitaine se leva, suivit de l’Amiral, de son équipage et de Flavien.
-Tout va bien, Bob.
L’Amiral prit la parole.
-Monsieur Dieudonné-Marcelin, Docteur Leclerc et heu…
Il se tourna vers Serge-3 et Pétrolia. Cette-dernière, qui s’en était aperçut, fit les présentations.
-Moi, je suis Pétrolia Parenteau-Stanislavski! Et lui, c’est mon robot, Serge-3.
L’Amiral fronça les sourcils.
-Parenteau-Stanivlaki, répéta-t-il. Dans le sens de Odile Parenteau et Sergeï Stanislaviriski?
Pétrolia sourit, ne s’apercevant pas des difficulté de l’Amiral à dire « Stanislavski ».
-Wow! Tu connais mes parents? C’est dont ben hot!
L’Amiral parut surpris de l’attitude de la technicienne. Thédore jeta à Pétrolia un regard dédaigneux et Flavien se retint d’aller le frapper.

Charles s’empressa d’expliquer la conduite de la jeune femme.
-Pardonnez la, Amiral. Ses parents sont morts quand elle avait quinze ans seulement. Nous l’avons recueillie il y a quelques années de cela, peu après que Mirabella et Falbo soient disparus sur une planète que nous avions explorés. Je vous expliquerai plus tard ce qui leur est arrivé, s’empressa-t-il d’ajouter en voyant l’Amiral ouvrir la bouche. Enfin, tout ça pour dire que Pétrolia a grandit seule avec ses parents et qu’elle n’a pas eu l’occasion d’apprendre les même règles de prestance que vous et moi.
Deschênes hocha la tête et fit un sourire chaleureux à Pétrolia. Il lui serra la main et fit :
-Bienvenue parmi les rangs de la Fédération Planétaire, Mam’selle Stanasasouki… Stanisonpays… Stancisansoucis… Stanisouvlaki… Heu… Pétrolia-sama.*
À ces mots, le Président Prewett toussota en regardant avec insistance Alexis, qui l’ignora.

L’Amiral invita Bob, Pétrolia, Serge-3 et Valence à s’asseoir. Valence s’assit près de Charles et Flavien retint son souffle, mais personne dans l’assistance ne posa de questions.
-Je suis désolé d’apprendre la disparition des soldats Romario et Gotta, fit l’Amiral, et sachez que nous entreprendrons des recherches pour les retrouver dès notre arrivée sur Terre. Mais pour le moment, concentrons-nous sur ce qui est joyeux. Comme nos deux équipages sont réunis, je propose de vous présenter tout le monde et de renouveler de ceux dont vos quatre membres d’équipage nouveaux venus, capitaine Patenaude, ne connaissent pas le nom.
Charles hocha la tête en silence.

L’équipage de l’Amiral s’avança. S’adressant d’avantage à Pétrolia, Serge-3, Bob et Valence qu’aux autres, il se présenta.
-Je suis l’Amiral Alexis Deschênes, capitaine du vaisseau Orlando-Bédard, et voici mon équipage. Je crois que vous connaissez déjà Josélito Théodore. Il est ironique que les seconds de nos deux vaisseaux soient scientifiques!
Théodore jeta un regard noir à Brad que Flavien entendit gémir.
-Ma psychologue s’avère être elle aussi une femme. Kassandra Cadet. Si vous voulez bien vous avancer, Kassandra.
Le docteur Cadet s’inclina poliment. C’était une femme à la peau noire et au visage doux qui devait avoir autour de vingt-cinq ans. Elle avait les cheveux courts et elle était petite et mince. Flavien ignorait si c’était à cause qu’elle était toute menue, mais elle semblait fragile. Bob se pencha vers lui et lui chuchota à l’oreille.
-Une psy, hein? Elle ressemble pas à Valence. Elle a l’air encore plus douce…
Flavien sourit. Peu de temps après leur départ de Tous, Pétrolia avait laissé Bob sous prétexte qu’il n’était pas capable d’avoir de conversations assez poussées avec elle, ce qui avait grandement étonné Flavien. Il avait apprit par après qu’elle ne l’avait laissé que parce qu’elle l’aimait encore lui. Le technicien radar avait soutenu Bob dans sa peine et avait préféré refuser toute avance de Pétrolia pour ne pas le blesser. Depuis cet épisode, lui et la technicienne ne s’adressaient presque plus la parole.

Kassandra Cadet s’était reculée pour laisser place à un homme dont le costume ressemblait beaucoup à celui de Mirabella, sauf qu’il portait des pantalons comme ceux de Flavien et que son chandail avait été adapté pour un homme. Il avait les yeux d’un bleu brillant et des cheveux longs et bruns qui lui descendaient aux épaules. Pas plus âgé que Pétrolia, il avait l’air blasé que portent les gens que rien ne semble motiver ou intéresser.
-Le docteur James Dixon est, malgré les apparences, le docteur le plus compétent de toute la Fédération, fit l’Amiral avec fierté, et c’est avec un grand plaisir que je vous le présente, aujourd’hui!
Dixon fit un petit salut de la main et recula.

Une jeune femme d’origine asiatique, qui était vêtu d’un uniforme identique à celui de Falbo à l’exception près des pantalons qui étaient des pantalons de femme, s’avança à son tour. Elle avait des yeux sombres qui reflétaient un fort caractère et une insatiable soif d’aventures. Ses longs cheveux noirs étaient rattachés en une queue de cheval haute qui descendait jusqu’au milieu de son dos. Il semblait impossible de lui donner un âge tant elle paraissait exceptionnelle. Elle ressemblait à une héroïne de jeux vidéos du genre Final Fantasy. L’Amiral la présenta à son tour.
-Dragon-Lee** Chen est une mercenaire probablement aussi redoutable que Falbo Gotta. Sa maîtrise des fusils est légèrement inférieure, mais elle est très dangereuse avec un Katana et des shurikens… De plus, c’est une championne au combat corps à corps. Peut-être que c’est à cause de son sang chinois…
Chen pouffa de rire face à l’incrédulité d’Alexis et elle se recula.

Un homme vêtu comme Bob (mais dans des vêtements dix tailles plus petites) prit sa place. Il était petit et mince. De plus, il semblait très jeune. Flavien ne lui donnait pas plus de quinze ans. Le garçon semblait timide et baissa la tête, cachant son visage sous ses épais cheveux noirs. À la place de la tuque de Bob, le jeune homme avait une casquette noire, sans aucun motif ou marque d’inscrit dessus.
-Jason Dubé est la plus jeune recrue de toute la fédération. Il a été recruté à l’âge de quatorze ans pour ses talents de pilote exceptionnels et il a été mandaté à mon équipe dès qu’il eu l’âge réglementaire pour partir en mission, soit dix-hui ans, il y a trois mois.
Jason leva ses yeux vers l’équipage du Romano-Fafard, plus particulièrement vers Bob pour qui son regard azur brillait d’admiration. Flavien remarqua l’air de Bob, qui paraissait tout fier, et il sourit.

Jason se recula humblement pour laisser la place au dernier membre d’équipage du Orlando-Bédard, un homme de grande taille à l’air sympathique. Les yeux d’un bleu si clairs qu’ils semblaient argentés, les cheveux d’un blonds si pâles qu’ils en étaient presque blancs, une peau couleur neige, il affichait un sourire bienveillant et son attitude à la fois leste et humble donnait l’impression qu’il était très intelligent, mais qu’il ne prenaient pas les autres pour des êtres inférieurs pour autant. Il y avait quelque chose dans sa façon d’être qui le rendait attachant. Il était très beau, et son nez légèrement retroussé vers le haut lui donnait un air d’enfant. Il devait avoir le même âge que Valence, mais pourtant, on avait l’impression que son âme était plus jeune. Flavien le reconnaissait. C’était cet homme qui lui avait servis de tuteur à l’Académie, un des meilleurs opérateurs radar au monde.
-Salut Flavien, fit-il de sa voix douce. Quoi de neuf?
-Rien de spécial, Florian,*** répondit Flavien.
-Ouais… Vous avez juste sauvé le monde, après tout…
-Ouais, c’est rendu dans ma routine de sauver les gens.
Florian se mit à rire. Cet homme, qui semblait avoir tous les talents, faisait parti de ces gens chez qui il fallait creuser longtemps avant de leur trouver des défauts.
-Je crois que vous connaissez déjà mon opérateur radar, monsieur Bouchard, fit l’Amiral.
Flavien hocha la tête.
-Moi aussi, j’le connais! fit Bob avec un air content.
-Moi, je veux bien le connaître, ajouta Pétrolia à voix basse. Méchant pétard!
-Aux dernières nouvelles, Florian était marié et sa femme était enceinte de huit mois, fit Flavien, ce qui eu pour effet de calmer les hormones de son ex.
L’Amiral ne semblait pas les avoir entendu. Il se tourna vers Charles et entreprit de lui présenter son opérateur radar.
-Florian Tremblay est le plus fiable de tous les lieutenants du pays. Il est un fin stratège, mais aussi un courageux combattant. Il a formé sous sa tutelle quelques uns des meilleurs opérateurs radars du pays –dont monsieur Bouchard- avant d’accepter gentiment d’entrer dans mon équipage!
Florian adressa à Charles un sourire respectueux.

Un peu plus loin dans la salle, le Président Prewett s’éclaircit la gorge. Le silence se fit dans la pièce, personne n’osant parler par-dessus le Président de la Fédération Planétaire.
-Bon… Puisque les subordonnés ont finit de se présenter, il faudrait peut-être en venir au plus important, Amiral.
-Heu… Oui, oui…
-Je me présente…
-J’vous connais déjà, fit Bob, ennuyé.
Le Président parut vexé.
-Moi j’le connais pas, fit Pétrolia. On dirait un des nains de Blanche-Neige… Tsé, lui qui boude tout le temps? Grincheux?
Flavien figea, Charles fit de même. Le Président était désormais vraiment furieux.
-Je… heu… Vous devriez faire attention à vos propos, Pétrolia-sama, balbutia l’Amiral. Cet homme est le Président de la Fédération Planétaire…
-Mais il ressemble genre vraiment à Grincheux, compléta M. Spitfire.
-Rich, s’indigna le Président, franchement!
Brad gémit de nouveau et Flavien comprit pourquoi. Des éclairs étaient apparus dans les yeux de son père.
-Mon nom, c’est Jerry! Combien de fois je vais devoir vous le dire! Arrêtez de me faire chier avec un surnom que j’me suis fait donner au secondaire pour me faire niaiser!
Flavien nota qu’il n’avait pas dit une seule fois le mot « genre » dans cette intervention.

La tension était à son comble. Le capitaine Patenaude et l’Amiral Deschênes ne savaient plus quoi dire, Pétrolia semblait indignée, Brad était apeuré, le Président était insulté et Jerry Spitfire était frustré. L’atmosphère était à couper au couteau et Flavien sentait le poids du lourd silence lui compresser la poitrine. Seul Florian souriant.
-Puis-je savoir ce qui vous amuse, monsieur Tremblay? demanda sèchement Prewett.
-Oh, rien, répondit l’ancien professeur. C’est simplement que ma montre s’est mise à sonner durant que vous vous entretuiez. C’est signe qu’on nous demande, Jason et moi, dans la salle de commandement. Nous sommes à portée pour atterrir le vaisseau sur Tous.



*Au travers de vos lectures de manga, vous verrez souvent le nom de quelquunouquelquune-sama Razz C’est parce qu’au Japon, le suffixe « sama » est ajouté après le nom des personnes à respecter, généralement des chefs ou des dirigeants (genre un Hokage Razz ) Ainsi, c’est normalement Pétrolia qui devrait « samater » l’Amiral, pas le contraire! Mais bon, faut croire qu’Alexis est pas un Amiral comme les autres Razz
**En première année, y’avait une fille dans ma classe qui avait ce prénom-là. Je lui parlais jamais et je l’ai plus jamais revue, mais son nom était tellement hot que je m’en suis souvenue. C’est winner comme nom!
***Dans ma tête, Florian ressemble à Fye. Je voulais donc un nom qui sonne doux, mais qui avait aussi quelque chose de magique. Vive les marchants de glace dans Harry Potter!
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MessageSujet: Re: Les Chroniques des catacombe (PG-13)   Ven 15 Fév à 20:17

Chapitre 5 : Une Terre remodelée

Dans la salle de commandement du Orlando-Bédard, l’équipage regardait par le hublot le paysage de la planète Tous se dessiner. Tout d’abord, ils purent apercevoir les contours de la planète et distinguer clairement sa silhouette, ses couleurs. Puis, ils entrèrent dans son atmosphère et purent en admirer les nuages, tout en continuant de descendre. Ils virent de vastes étendues de bleu et de vert, puis les contours des océans, des prairies et des forêts qui se dessinaient. Finalement, les plus hauts gratte-ciels pointèrent le bout de leur nez dans de grandes plaines de béton et de routes asphaltées.
-Vous avez déjà tout reconstruit? s’étonna Charles.
-Nous n’avons rien reconstruit du tout, répondit le Président.
L’équipage du Romano-Fafard tout entier –y comprit Brad que la stupeur avait momentanément fait cesser de trembler- eut la même réaction :
-QUE-OI?!?
-Ç’aurait été bien trop long, intervint M. Spitfire. On a genre décidé de faire autrement. Y’a comme genre des techniciens qui ont genre démolécularisé tous les édifices et toutes les structures publics utiles avant de les rémodarichaser… rémodularosier… rémo… redému… repeser sur le piton à un endroit approprié et adapté à la nouvelle situation géographique offerte par Tous.
Flavien sourit en regardant le père de Brad continuer de marmonner tout seul, dans la Lune, à tenter de trouver le mot approprié pour « remoléculariser ». Il avait l’impression de voir un espèce de Valence masculin, ou un capitaine Patenaude aux cheveux noirs.

Bob, qui avait étonnamment tout comprit, ramena l’homme d’affaires sur Terre et surpris tout le monde, en particulier Flavien, pour la logique et la pertinence de sa question.
-Autrement dit, le Stade Olympique et la rue Ste-Catherine ne sont plus nécessairement dans le même coin de Montréal qu’avant?
Le père Spitfire hocha la tête. Flavien leva la main à son tour.
-Et les édifices privés, eux? Les maisons?
-C’est le propriétaire qui devait s’en charger, expliqua le Président Prewett en prenant la relève. C’était plus pratique pour le transport des biens de chacun. Au lieu de devoir tout paqueter et tout déménager, le mobilier et tout le reste se démolécularisait avec le bâtiment. Le seul désavantage, c’est que parfois, les petits objets qui n’étaient pas rangés et qui traînaient par terre se sont remolécularisés quelques kilomètres plus loin… Une femme de Chambly a retrouvé son porte-feuille, qu’elle avait fait tomber par accident à côté de sa table de chevet avant la démolécularisation de sa maison, à Laval… Mais bon, ce genre de cas est extrêmement rare.
-Et les usines? demanda Valence. Il y avait beaucoup d’usines qui polluaient sur Terre et…
-Elles n’ont pas été démolécularisées, assura Prewett. Leurs propriétaires devront les reconstruire s’ils veulent continuer leurs activités. Les normes de construction sont maintenant très sévères, et les usines se doivent d’être cent pour cent non polluantes.
-C’est une bonne chose de faite, fit le capitaine Patenaude en riant. Comme ça, on aura pas besoin de repartir en mission l’an prochain!
-Au prix que la mission du Romano-Fafard a coûté, ajouta l’Amiral Deschênes en riant lui aussi, ça m’étonnerait beaucoup que le gouvernement s’arrange pour en organiser une autre de ce type!
Prewett le regarda de travers, mais Alexis l’ignora complètement.

Jason, le pilote du Orlando-Bédard, fit atterrir le vaisseau avec l’aide de Florian, entraînant du coup le Romano-Fafard qui y était accosté. Les gens à bord ressentirent une légère secousse lorsque les énormes vaisseau se posèrent sur le sol. Les notables, hauts officiers militaires, riches célébrités et autres représentant du peuple mondain qui constituait les passagers du Orlando ramassèrent leurs affaires en jacassant, les femmes tentant de calmer les enfants surexcités et les hommes se saluant en respectant tous les protocoles de conduite des gens fortunés et importants. On aurait dit qu’ils venaient d’effectuer un vol dans un avion de plaisance et qu’ils débarquaient sur une plage de Punta Cana.

L’équipage de l’Amiral Deschênes se mirent au garde à vous derrière lui durant que les passagers se dirigeaient vers la sortie. L’équipage du capitaine Patenaude les imitèrent. Le Président et M. Spitfire restèrent statiques, ne sortant pas de l’avion avec les autres passagers.
-Il faut se fier aux conventions. Le Président de la Fédération Planétaire se doit de descendre du vaisseau en même temps que son capitaine : en dernier.
-Moi j’ai genre fuuuuuuuuull de paperasse administrative et je suis comme pas pressée de la faire, genre.
Les passagers finirent de descendre et lorsque le dernier fut sorti du vaisseau, Alexis Deschênes décida qu’il était temps d’aller au dehors.

**********
-Quand la nouvelle que vous êtes ici va se répandre, fit le Président, les journalistes vont affluer de partout à travers le monde.
Il semblait ravi que la Fédération passe dans les médias, si bien qu’il ne réussis pas à prendre un air désolé convaincant lorsqu’il ajouta :
-Vous serez harcelés par toutes les chaînes de télé du monde pour passer des entrevues, on vous demanderas dans des talk-shows partout dans le monde, on ne vous laisseras plus tranquilles.
Il sirota son café avec un air envieux.

L’équipage de l’Amiral Deschênes s’était séparé pour la nuit, chacun rentrant chez lui. Seul Florian, Théodore et Alexis lui-même étaient restés. L’équipage du Romano-Fafard avait été emmené dans la salle la plus luxueuse de toute la base : la salle de banquet. Elle était énorme et ressemblait étrangement à la Grande Salle dans les films de Harry Potter. Même les tables étaient disposées de la même façon! Les différences étaient généralement dans le plafond qui était plus bas, dans les piliers de marbre aux quatre coins de la salle et au tapis de velours rouge qui recouvrait le sol.

Le festin servi par les cuisiniers de la Fédération pour souligner le retour du Romano-Fafard était incroyablement délicieux. Flavien ne se rappelait pas d’avoir si bien mangé. Même Bob semblait être en mesure de déceler la finesse des plats soigneusement préparés. Le ventre plein, Flavien avait cessé d’écouter les discussions diplomatiques entre son capitaine, l’Amiral, le Président et le père de Brad. De toute façon, ce genre de conversation l’endormait. Il regardait les détails du lustre suspendu au-dessus de sa tête avec un regard à moitié endormis. Florian devait l’avoir remarqué car il fit :
-Amiral? Vous ne croyez pas qu’il serait temps d’informer nos invités des chambres qui leurs sont disposées?
L’Amiral se tourna vers Flavien et sourit.
-Bien bonne idée!
Charles fronça les sourcils, des points d’interrogation dans les yeux.
-Des maisons vous seront allouées dans une ou deux semaines, le temps de les faire construire, expliqua M. Spitfire. En attendant, vous pourrez loger dans des chambres de la base.
-C’est bon à savoir, fit le capitaine.
-Florian, peut-être devriez-vous indiquer leurs chambres à ceux qui veulent aller dormir tout de suite? suggéra l’Amiral.
Théodore prit un air scandalisé.
-Partir au cours d’une soirée avec le Président de la Fédération?!? Mais ça ne s…
-Je le ferai avec le plus grand plaisir, coupa Florian.
Il se leva et fit signe à Flavien de l’imiter d’un signe de tête. L’opérateur radar du Romano-Fafard obéit.
-Je vais venir moi aussi je pense, fit Bob en baillant.
-Bonne nuit les gars, fit Valence en souriant.
Pétrolia resta silencieuse, sa relation tendue avec Flavien se faisant ressentir. Brad, lui, semblait toujours aussi mal en point, bien que le repas lui aie redonné de ses couleurs.

Florian, Flavien et Bob les quittèrent pour se rendre dans les quartiers d’habitation. Ces-derniers étaient déserts et remarquablement propres. Il y régnait cependant un silence un peu angoissant et les murs métalliques contrastaient avec le luxe de la salle de banquet.
-Il semble sympathique ce Théodore, chuchota Flavien dès qu’il fut sûr d’être suffisamment à l’écart du reste des gens.
Florian se mit à rire.
-Oh! Ne t’en fais pas pour lui! Il est toujours un peu grognon!
Il s’arrêta devant une porte et sorti de sa poche une carte magnétique qu’il tendit à Bob.
-Voilà, vieux. Tu dois savoir comment te servir d’une clé magnétisée?
-Heu…
Florian sourit devant l’ignorance de Bob et lui expliqua calmement qu’il fallait glisser la carte du côté de la bande magnétisée dans le système de verrouillage situé à côté de la porte.
-C’est comme une carte de guichet, résuma Bob.
Florian hocha la tête. Flavien, lui, fronça les sourcils, étonné d’apprendre que Bob savait se servir d’une carte de guichet. Il fut encore plus surprit de voir son meilleur ami parvenir à ouvrir la porte du premier coup.
-On dirait que revenir sur Terre te rends plus intelligent, remarqua Flavien.
Bob s’approcha de lui et lui chuchota à l’oreille :
-Imagine si Kassandra m’avait vue faire!
L’image de la jolie psychologue noire du Orlando-Bédard revint à l’esprit de Flavien qui sourit. Bob et elle avaient eu l’occasion de se parler un peu, mais malgré le temps réduit où ils avaient été ensemble, cela semblait avoir cliqué entre eux. Flavien sourit, heureux de voir que son meilleur ami s’était trouvé une fille avec qui cela pouvait enfin marcher.

Flavien et Florian laissèrent Bob dans sa chambre et se dirigèrent vers une autre porte, identique à la première. Florian fouilla de nouveau dans ses poches et tendit à son ancien élève une seconde carte magnétique.
-Voilà ton royaume!
Flavien ouvrit la porte avec la carte et regarda à l’intérieur de la pièce. Elle était petite, sombre, meublée uniquement d’un lit, d’un tiroir et d’une petite table où se trouvait un vieux modèle d’ordinateur.
-Une vraie maison de riche, plaisanta Flavien.
Florian pouffa de rire et poussa Flavien dans la pièce. Il tâtonna le mut pour trouver l’interrupteur de la lumière. Quand la chambre fut bien éclairée, elle sembla automatiquement plus accueillante.

Flavien parcouru la pièce du regard. Il vit alors sur le meuble de l’ordinateur un petit cahier noir qu’il n’avait pas remarqué au premier coup d’œil. Il s’en approcha et le prit dans sa main. Il ouvrit la première page et en lu les premiers mots : « Cher journal ». Il ne continua pas plus loin.
-On dirait un journal intime, nota-t-il.
-Personne n’est entré dans cette pièce avant toi depuis la remolécularisation de la base, fit Florian. Ça doit faire parti des objets qui sont réapparus ailleurs… Il doit y avoir une gamine à quelque part qui a perdu son journal. En tout cas, selon les lois, si ce n’est rien d’important ou qui rien qui n’a pas une grande valeur, tu peux en faire ce que tu veux.
Flavien hocha la tête, sans lever la tête du petit cahier noir. Voyant qu’il ne répondait pas, Florian décida de le laisser seul.
-Bon, je vais te laisser dormir. A plus!
-Ouais…
Et il partit.

Flavien était curieux de savoir ce que le journal contenait. Sûrement du bavardage inutile de jeune fille… Mais si il y était inscrit quelque chose d’intéressant, voir d’important? Il devait sûrement contenir des réflexions personnelles… Le jeune homme était tiraillé entre sa curiosité et son soucis de ne pas lire quelque chose de privé.

Finalement, ce fut sa curiosité qui l’emporta. Il se décida à ouvrir le journal. Ce qu’il allait y découvrir allait être l’élément déclencheur d’une chasse à l’homme pour laquelle il n’aurait aucun indice…
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MessageSujet: Re: Les Chroniques des catacombe (PG-13)   Dim 17 Fév à 14:31

Chapitre 6 : Les mystères ne viennent jamais seuls…

Le journal était très épais. Il devait bien faire trois cent pages! Flavien l’ouvrit. Les lettres composant les mots avaient une forme un peu grossière, ce qui laissait présager que la personne qui avait écrit le texte était un jeune enfant. Il feuilleta rapidement le cahier pour voir que l’écriture changeait un peu au fur et à mesure que les pages avançaient, comme si le fait d’avoir vieillit avait amélioré la calligraphie de l’auteur. Vers le milieu du journal, les lettres semblaient avoir atteint leur forme plus ou moins finale. L’écriture ressemblait à celle d’une fille, mais certains angles plus pointus laissaient penser qu’il s’agissait de l’écriture d’un garçon. Une seule chose était sûre : la personne qui avait rédigé ce journal, quel que soit son sexe ou son âge, écrivait très petit.

Flavien revint à la première page, découragé par la lecture qui s’offrait à lui. En plus d’être épais, le journal semblait s’échelonner sur plusieurs années. Il décida qu’il valait mieux commencer tout de suite s’il voulait finir un jour. Il se concentra sur les mots écrits à la première page. *

« Cher journal,
Si tu savais comme je suis contente! Papa m’a donné ce cahier en me disant que je pouvais y arriver. Il dit que j’écris très bien pour une petite fille de mon âge. C’est tout joyeux!!! Papa me trouve bonne! Il dit que je suis la plusse jolie de toutes les filles et que je suis la plusse meilleure!!! Maman veut que je m’en aille en première année. C’est vrai que c’est trop facile la maternelle! C’est pour les bébés! Papa, lui, il dit que je pourrais aller en troisième année si je voulais! Il dit que je suis aussi bonne que les grandes filles!!!

Ce qui est encore plusse cool, c’est que je vais avoir un petit frère! Maman elle a un gros bedon et papa dit que c’est normal parsse que y’a un petit bébé dedans. Quand j’ai demandé comment mon petit frère avait fait pour aller dans le ventre de maman, il m’a répondu : «Ça Noémi, c’est parsse qu’on est une famille heureuse et que moi et ta maman, on s’aime très fort et qu’on t’aime toi aussi. »

Mais papa il a changé depuis que maman a son gros bedon. Il est moins souvent à la maison. Maman a l’air inquiète. Ils se chicanent des fois… Je pense que papa voulait pas que j’aie un petit frère. Il dit souvent c’était une niaiserie d’avoir un autre bébé… Il veut pas que je le sache, mais maman me l’a dit. Elle était triste et elle pleurait… Moi aussi, j’étais triste. Mais comme je connais papa, il va aimer mon frère comme il m’aime moi et maman!!! »


Flavien reconnu en ces traits l’innocence d’un enfant. Il était vrai qu’elle écrivait bien pour une petite fille de maternelle. Le seul fait qu’elle sache écrire un texte cohérent était étonnant. Il tourna les pages et en lu quelques extraits. Il s’arrêta sur une page relatant une partie de la vie de la jeune fille s’étant passée quelques mois plus tard.

« Cher journal,
On est allés à l’hôpital aujourd’hui. Le docteur est venu nous voir et il a dit plein de choses compliquées que j’ai pas comprit. Il m’a expliqué que ça voulait dire que maman était malade à cause de son bébé qui venait de sortir de son ventre. Il a pas voulu m’expliquer plusse, mais je pense que maman est plusse que malade. Quand j’ai demandé à papa si elle pouvait mourir, il m’a pas répondu. Il disait plein de gros mots et il disait que si maman avait pas voulu que j’aie un petit frère, elle serait pas à l’hôpital. J’ai jamais vu papa comme ça. Il était fâché et il arrêtait pas de dire des tas de trucs pas gentils. On est sorti dehors parsse qu’il a dit que c’était pas bien d’être fâché dans un hôpital et là, il s’est mit à crier contre maman, même si elle était pas là. J’étais triste. J’avais même peur un peu. Papa avait jamais fait ça avant. Quand il a vu que j’avais commencé à pleurer, il s’est calmé. Il m’a serré dans ses bras et il m’a dit que tout irait bien. Il s’est excusé et il a dit que on allait aller voir maman et mon petit frère quand les docteurs allaient dire oui. Finalement, il m’a emmené au McDo. Il était plusse calme, mais je comprend pas pourquoi il a été aussi fâché. Quand je lui ai demandé, il m’a dit que c’était des choses de grand et que j’étais trop petite pour comprendre. Lui qui disait tout le temps que j’étais une grande fille… »


Flavien fronça les sourcils. La mère de la jeune fille avait faillit mourir en accouchant? Il voulu en chercher la confirmation dans le journal, mais une voix le stoppa net dans ses recherches.
-Non, elle n’est pas morte à ce moment. Ne t’en fais pas pour ça.
L’opérateur radar sursauta et le journal lui échappa des mains, tombant sur le sol. Il se tourna pour voir qui avait parlé. Il vit alors une adolescente d’une quinzaine d’années. Elle avait les yeux d’un noir charbon, ce qui contrastait de façon inhabituelle avec ses cheveux d’un blond clair. Elle était de taille moyenne, mince et incroyablement jolie. Comment avait-elle pu entrer dans la chambre? Si on oubliait sa propre présence, la pièce était pourtant sensée être déserte lorsque Florian l’avait quittée. Et les portes à verrouillage magnétique se barraient normalement de façon automatique.

La jeune fille semblait pourtant si pure que Flavien n’avait pas aucune crainte face à elle. Sa peau était pâle, ses lèvres rosées, son visage était rond et innocent. Il n’arrivait pas à détacher ses yeux d’elle. Il était comme hypnotisé.
-J’avais oublié que je faisais cet effet aux garçons, plaisanta la jeune fille.
-Je… que… qu’est-ce que… comment tu…
-Tu veux savoir qui je suis et comment je suis entrée ici?
Flavien hocha la tête, se sentant ridicule de ne pas arriver à articuler une phrase cohérente. Cette fille semblait si intelligente! Pourtant, sa sottise ne semblait pas l’énerver. Au contraire, elle semblait amusée.

L’adolescente s’assit sur le lit à côté de lui. Elle ramassa le journal sur le sol et le lui tendit. Il le prit et elle se présenta.
-Je m’appelle Noémi. Le journal intime que tu tiens dans tes mains est le mien.
-Pas pour de vrai?!? s’étrangla Flavien, mal à l’aise. Je… désolé d’avoir lu…
-C’est pas grave! J’espérais que quelqu’un tombe dessus.
La jeune fille –Noémi- sourit à Flavien. Pour ce dernier, le mystère ne cessait de s’épaissir.
-Comment es-tu entrée ici?
-Quand tu as commencé à lire mon journal, je suis apparue.
Les yeux de Flavien étaient maintenant ronds comme des pièces de deux dollars.
-Je suis morte, expliqua Noémi. Ce journal est en quelque sorte une partie de moi-même. C’est pour ça que mon âme y aie attachée. Et c’est aussi pour cela que quand tu y as touché, je te suis apparue en tant que fantôme.
Flavien fronça les sourcils.
-Si j’ai bien comprit, ça voudrait dire que ton journal est hanté?
-En quelque sorte… C’est comme un espèce de Death Note, sauf qu’au lieu de tuer les gens, il permet de voir les morts! Il n’est pas rare que lorsque quelqu’un rédige un journal intime en s’y confiant corps et âme et que cette personne meurt sans avoir la conscience tranquille, son esprit reste attaché aux vivants par son journal. C’est un peu le même principe que les maisons hantées…
Elle s’installa plus confortablement sur le lit, assise en indien. Elle se mordillait le pouce en fixant le vague, apparemment perdue dans ses pensées.

Flavien ne savait pas trop s’il devait la croire ou non. Elle semblait dire la vérité. Il regarda le journal dans ses mains. Levant la tête vers elle, il décida de rompre le silence qui les unissait.
-Tout le monde peut te voir?
-Bien sûr que non! Il faut quand même posséder certaines aptitudes parapsychiques…
Flavien supposa que ces aptitudes lui venait de ses dons de demi E.T. Il se dit qu’il pourrait consulter Bob le lendemain. Après tout, il était médium! Et si jamais le capitaine ne voyait pas Noémi, cela corroborerait les dires de l’adolescente.

Noémi pencha la tête sur le côté et posa ses mains sur ses genoux. Ainsi positionnée, elle ressemblait presque à un manga…
-D’autres questions? demanda-t-elle.
Flavien se sorti la vision fantaisiste de la jeune fille en train de faire des mimiques de dessin animé japonais de la tête et approuva.
-Oui. Je veux savoir pourquoi tu n’es pas morte la conscience tranquille.
Le visage de Noémi s’assombrit. Elle ramena son pouce à sa bouche et se mordilla le bout du doigt de nouveau. Elle semblait angoissée. Finalement, elle prit une grande respiration.
-Mon père m’a tuée.
Flavien ouvrit grand les yeux, horrifié.
-Que… quoi?!? Pourquoi est-ce que…
-Il a aussi tué ma mère, coupa Noémi. Et le plus jeune de mes frères. De ma famille, il ne reste plus que lui et mon frère le plus vieux en vie. Shika a cinq ans de plus jeune que moi… J’en ai seulement quatorze. Il ne peut pas se débrouiller seul dans tant d’horreur! J’avais juré de toujours le protéger, mais maintenant…
Flavien avait comprit où Noémi voulait en venir.
-C’est lui qui fais que tu n’as pas la conscience tranquille, devina-t-il.
Le spectre hocha la tête.
-S’il te plait! Trouve Shika et protèges-le! Il ne faut pas que mon père le tue lui aussi!!!
Flavien la prit par les épaules et la regarda dans les yeux.
-Faut croire que j’ai le don de tomber sur les missions impossibles, mais j’accepte!
-Oh, merci!!!
Elle se jeta dans ses bras, rassurée.

Tout en serrant le fantôme dans ses bras, Flavien tenta d’en apprendre le plus possible pour avoir des bases solides pour commencer ses recherches.
-Comment tu m’as dis qu’il s’appelait ton frère, déjà? Shija?
Noémi se défit de son étreinte et le regarda en rougissant.
-En fait, quand on meurt, une partie de notre mémoire s’efface, de sorte que seuls quelques visages restent dans nos mémoires. De plus, ce sont des informations partielles qui subsistent sur ces personnes. Autrement dit, je me rappelle uniquement du nom que je donnais aux gens… Je ne me souviens pas du nom de ma mère ni de celui de mon père –à moins que tu considères que « papa » et « maman » soient des noms- et je me rappelle uniquement du surnom de mon frère parce que c’est comme ça que tout le monde l’appelait dans la maison…
Flavien fronça les sourcils.
-Alors Shiva…
-Shika, corrigea Noémi. Shika pour Shikamaru.** Mon père l’a surnommé comme ça parce qu’il savait déjà parler normalement à six mois…
-Okais… Alors Shika, c’est le surnom de ton frère.
-Oui.
-Mais tu ne te rappelles plus de son prénom?
-Non.
-Et ton nom de famille?
-Non plus!
Flavien soupira.
-Ça va VRAIMENT être une mission impossible…
Noémi eut un rire nerveux.
-Dis-toi que sinon, c’était trop facile…
Flavien soupira de nouveau.

Finalement, il décida de se coucher. Après tout, ne disait-on pas que la nuit porte conseil?
-Demain, j’en parlerai à Bob, au capitaine et à Valence, fit Flavien.
Noémi hocha la tête. Elle resta assise au pied de son lit, sans broncher.
-Tu t’en vas pas?
-Oh! Je peux pas. Tant que ma conscience ne sera pas en paix, je serai obligée de rester vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec celui qui m’a trouvée!
Flavien se coucha et ferma les yeux. Dans quel bourbier s’était-il encore enfoncé?



*À noter que j’ai écrit les mots relativement sans faute pour faciliter la lecture, mais aussi pass je connais pas les fautes standard d’un enfant de 5 ans Razz
**Dans Naruto, Shikamaru est un géni qui a plus de 200 de QI. (même si ça paraît pas pass il était trop paresseux pour soulever le crayon pour répondre aux questions des ses examens Razz )
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MessageSujet: Re: Les Chroniques des catacombe (PG-13)   Sam 19 Avr à 16:43

Chapitre 7- Les répercutions à briser les règles

Le lendemain matin, Flavien se réveilla doucement dans son lit. Les événements flous de la veille dans sa mémoire lui laissaient penser que tout cela n’était qu’un songe, mais la voix moqueuse de Noémi retentit à ses oreilles, confirmant qu’il n’avait pas rêvé.
-Ouah! Tu dors longtemps toi, dis-donc!
Les yeux mi-clos, Flavien s’assit dans son lit en bougonnant.
-Une nuit de sommeil normale, c’est huit heures, maugréa-t-il. Les morts ne dorment pas ou quoi?
-Oh si! Bien sûr qu’on dort! C’est juste que moi, j’ai suffisamment dormi après seulement quatre ou cinq heures.
Flavien sourit. Cette fille était vraiment étonnante.

Il se leva et prit la direction des douches. Lorsqu’il entra dans la salle de bain, Noémi le suivit.
-Heu… Je vais me laver.
-D’accord.
Elle ne broncha pas d’un pouce.
-Je dois me déshabiller, ajouta-t-il.
-Je ne regarderai pas, promis.
Elle se tourna, dos à lui, mais resta dans la pièce.
-Tu veux pas juste… sortir, dix minutes?
Toujours dos à lui, elle secoua la tête.
-Non. Je t’ai dit hier que je dois rester en tout temps avec celui qui m’a trouvée.
Flavien tenta tant bien que mal de cacher son agacement. Après tout, ce n’était pas elle qui décidait des règles auxquelles elle était soumise.

Mal à l’aise, il se dépêcha à se laver. Il attendit de s’être complètement rhabillé avant de sortir de la douche.
-Tu as fini? demanda Noémi, toujours sans le regarder.
-Ouais…
-Cool! On fait quoi maintenant?
-Déjeuner, tu connais?
-Bah ouais!
-Alors c’est ça qu’on fait.
Il sorti de la salle de bain et l’adolescente le suivit en trottinant derrière lui.
-Tu disais bien hier qu’il fallait avoir des aptitudes parapsychiques pour te voir, hein? demanda Flavien.
L’idée que tout le monde puisse voir que la fillette le suivait partout, y comprit dans la douche, l’effrayait un peu.
-T’en fait pas pour ça, le rassura Noémi.
Elle allait ajouter quelque chose, mais une voix retentit derrière eux, la stoppant net.
-Hey, Flav!
Flavien se tourna pour voir Bob arriver en courant derrière lui.

L’opérateur radar attendit son meilleur ami qui le rejoint. Arrivé à leur hauteur, Bob se tourna vers Noémi.
-Salut! T’es qui, toi?
Le visage de Flavien devint bleu de panique. Il ne laissa pas répondre la jeune fille, qui semblait très surprise, et répondit pour elle.
-C’est ma cousine! J’te jure, ma cousine!!!
Il jeta un regard meurtrier à la concernée.
-Heu… D’habitude, c’est vrai que les gens ne peuvent pas me voir…
Elle se tourna vers Bob.
-Tu serais pas un médium par hasard, toi?
-Bah oui, répondit Bob, joyeux.
-Et bah voilà la clé du mystère!
Flavien ne semblait pas rassuré pour autant. Il entreprit donc de dire la vérité à Bob pour ne pas qu’il s’imagine des mensonges. Ce dernier cru Flavien sans poser de question, ce qui rassura l’opérateur radar.
-Bon, Bob, tu dois me promettre de ne jamais rien dire à personne à propos de Noémi. On me prendrait pour un fou…
-Promis mon Flav! Zip!
Il passa ses doigts sur ses lèvres, comme pour clore une fermeture éclair.

Accompagné de Bob, Noémi toujours sur les talons, Flavien se dirigea vers la cantine pour y déjeuner. Il avait faim, et son ventre commençait à gronder.
-La p’tite manges-tu elle i too? demanda Bob.
Flavien haussa les épaules et se tourna vers Noémi en recherche d’une réponse.
-Oui, je dois aussi manger, mais ce n’est pas une nécessité pour moi comme ça l’est pour vous. Je peux passer des jours sans bouffer et sans avoir faim. Cependant, je t’avertis : Je ne mange que du cent pourcent bio.
Flavien soupira. Pour qui elle se prenait, cette fille? Une princesse? Il avait beau réfléchir, il n’arrivait pas à savoir s’il l’aimait bien ou si elle lui tapait sur le système…

Une fois arrivés à la cantine, ils virent une file de soldats attendant pour se faire distribuer leur déjeuner.
-Y’en a du monde, soupira Bob.
-Mouais…
-Les gars? Je pense que la fille là-bas vous appelle, nota Noémi.
Elle leur pointa une femme aux cheveux bruns qui leur envoyait la main.
-C’est Valence, fit Bob.
-Elle a pas l’air dans son assiette, ajouta Flavien.
Les gars se regardèrent et haussèrent les épaules en cœur avant d’aller rejoindre leur amie.

Ils s’assirent en face de Valence qui n’avait ni assiette, ni breuvage devant elle. Noémi resta debout derrière eux.
-Toi, t’as pas l’air de feeler, constata Flavien.
-Le Président a apprit que moi et Charles on sort ensemble… On lui a expliqué que c’est parce que l’article 147 avait été aboli qu’on avait pu se le permettre, mais il est certain qu’il y avait quelque chose avant… Flavien, tu dois nous aider!
Flavien ouvrit des yeux ronds.
-Et qu’est-ce que je peux faire?
-Ben je sais pas, moi! N’importe quoi!!! Faut pas que Charles soit dans merde à cause de ça!!!
-Ben là…
Il soupira. Il ne savait absolument pas quoi faire, mais le simple fait que Valence aie prononcé le mot « merde », ce qui ne lui ressemblait pas du tout, suffit à le motiver.

Flavien se leva et se tourna vers Valence.
-Je vais voir ce que je peux faire.
-Mais Flav! On a même pas déjeuné!!!
-Je sais Bob, mais je sais pas j’ai combien de temps devant moi. Reste ici avec Valence.
Bob hocha la tête.
-Et la p’tite fille?
Flavien se crispa.
-Quelle p’tite fille? demanda Valence.
« Oh non… Pas devant Valence en plus… »
-Rien de bien important, répondit Flavien d’un rire nerveux.
-Ben non, c’est important, rétorqua Bob. C’est une affaire de meurtre!
-Un meurtre? répéta Valence. Mais qu’est-ce que ça veut dire tout ce cirque?
Flavien jeta un regard noir à Bob qui avait un air confus. Le pilote ne dit rien, et Flavien jugea qu’il était temps de s’éloigner de Valence.
-Bon ben… Je vais y aller, moi!
-Flavien? C’est quoi cette histoire de meurtre? Flavien, répond!
Mais l’opérateur radar était déjà parti.

Noémi devait presque courir pour le suivre, mais Flavien ne ralentit le rythme que lorsqu’il fut sûr que Valence ne tenterait pas de le rattraper.
-Cette fille à… à l’air plus perspicace que… que Bob, nota le fantôme, essoufflée, lorsqu’elle eut rejoint Flavien.
-Oui. Elle est trop perspicace, même…
Flavien soupira et continua sa route d’un pas un peu moins rapide pour que Noémi puisse le suivre.
-Où va-t-on? demanda la jeune fille.
-On va au bureau du Président.
-Et où se situe ce bureau?
-Heu…
Flavien regarda sur les murs, à gauche et à droite, en espérant trouver à quelque part un plan de la base. Bien évidemment, il n’y en avait pas…
-Bon ben… je suppose qu’on attend que quelqu’un arrive…
Il s’adossa contre le mur et se laissa glisser sur le sol.

Ils furent chanceux, car peu de temps après leur arrivée, Flavien entendit des bruits de pas.
-Quelqu’un arrive!
Il se releva en vitesse au moment même où la tête blonde de Florian se faisait voir au tournant du couloir.
-Florian!
L’opérateur radar du Orlando-Bédard releva le nez des cartes stellaires qu’il étudiait pour regarder son ancien élève.
-Ah! Salut Flavien!
Flavien remarqua que Noémi le regardait comme s’il était une apparition céleste.
-Qu’est-ce qu’il est beau, murmura-t-elle sans détourner ses yeux de lui.
-Qu’est-ce que tu regardes?
Flavien se rappela alors que Florian ne pouvait pas voir la jeune fille et qu’il devait trouver étrange qu’il fixe un mur avec tant de curiosité.
-Heu… Je croyais avoir vu une araignée, mais c’était juste un ombrage, se justifia Flavien.
-Ah!!! Ces sales petites bêtes sont répugnantes, mais fascinantes, n’est-ce pas?
Florian lui adressa un sourire joyeux et Flavien hocha la tête.
-Au fait, Florian, tu saurais pas où se trouve le bureau du Président par hasard?
-Bien sûr! Tu prends le couloir juste là et puis tu tournes à droite et…
Florian lui énuméra un dédale de couloirs que Flavien était certain de ne pas se rappeler. Il le remercia tout de même et prit le début du chemin qu’on lui avait donné alors que Florian partait en sens inverse en se replongeant dans ses cartes. Noémi le suivit du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse de son champ de vision en répétant « Ce qu’il est beau! Qu’est-ce qu’il est beau! »

Flavien et Noémi débouchèrent dans un couloir moins gris, plus large. Le plancher était recouvert d’un tapis de velours rouge, l’endroit était mieux éclairé, les portes et leurs cadres étaient en érable ou en chêne, les murs en marbre…
-Je crois qu’on est dans le bon coin, nota Noémi, l’air toujours un peu envoûtée.
Flavien hocha la tête. Les noms sur les plaques d’or clouées au mur et les titres qui les accompagnaient étaient de plus en plus prestigieux. Plus ils avançaient, plus le couloir semblait luxueux.
-C’est… comment dire… weird, fit la fantôme. On dirait que la déco a été faite par un nouveau riche qui voulait montrer à tout le monde qu’il a gagné à la loto…
-Mouais… Les terriens sont un peuple très modeste… Ah! Tient, j’ai trouvé.
Il pointa la dernière porte du couloir qui portait la mention « Peter Prewett, Président de la Fédération Planétaire ».

Flavien toqua trois fois à la porte. Il fut surpris de voir le capitaine Patenaude lui répondre.
-Capitaine??? Que faites-vous ici?
L’air sombre sur le visage, le capitaine rétorqua :
-Et vous, Flavien? Que faites-vous ici?
-Heu… Valence m’a parlé pour l’affaire d’article 147, là…
-Vous arrivez pile, monsieur Bouchard.
Flavien regarda dans la pièce et vit le Président assis sur un divan à l’air confortable où il buvait une tasse de thé.
-Mais qu’attendez-vous? Entrez, que le capitaine Patenaude puisse refermer la porte.
Flavien obéit et Charles referma la porte derrière lui.

Par réflexe, Flavien s’était mit au garde-à-vous. Le capitaine, lui, semblait tellement désespéré qu’il ne prit même pas la peine de se tenir droit.
-Flavien, lui chuchota-t-il à l’oreille. Si vous devez mettre quelqu’un dans le pétrin, que ce soit moi.
Flavien ne répondit pas. Il ne voulait pour rien au monde mettre son héro dans le pétrin.

Toujours assis, le Président bu une gorgée de thé avant de lever la tête vers eux.
-Monsieur Bouchard, le capitaine Patenaude m’a dit que vous aviez abolis l’article 147 du code des règlements à l’intérieur du Romano-Fafard. Pouvez-vous m’expliquer pourquoi vous avez fait ça, et surtout comment vous avez pu le faire?
-Heu…
-Qu’est-ce que t’es nul en impro, ricana Noémi.
Flavien se retint de lui jeter un regard noir car dévisager le « vide » aurait pu être mal vu par le Président.
-Hé bien, reprit l’opérateur radar, le capitaine est… heu… tombé malade! Ouen, une grosse gastro… Pi il l’a donné à Brad aussi, alors un comme l’autre, ils ne pouvaient pas commander. C’est moi qui s’est retrouvé capitaine –Valence voulait pas du poste, je sais pas pourquoi…- mais je sortais déjà avec Pétrolia à cette époque. L’article 147 m’empêchait de continuer de sortir avec elle, et même si c’était pour pas longtemps, elle ne l’aurait pas prit, alors j’ai décidé d’abolir cet article là… Et puis, quand le capitaine fut guérit, il a reprit ses fonctions.
-Tu t’es pas si mal débrouillé finalement, l’encouragea Noémi avec un sourire.
Flavien se retint d’esquisser un sourire.

Le Président Prewett regarda l’opérateur radar par-dessus ses lunettes rondes.
-Et vous n’avez eu connaissance d’aucune relation intime, quelle qu’elle soit, entre le capitaine Patenaude et mademoiselle Leclerc avant l’abolition de cet article?
-Non monsieur.
-Certain?
-Oui monsieur.
-Et si je demandais son avis à monsieur Spitfire?
Flavien se retint de crisper son visage. S’il montrait un signe de manque de confiance envers une potentielle version différente des faits dite par Brad, son mensonge serait démasqué.
-Il vous dirait la même chose, monsieur.
Le Président Prewett hocha la tête.
-C’est bon. Je vous croie. Vous pouvez disposer.
Charles parut rassuré. Il se dépêcha de sortir, Flavien –et par conséquent Noémi- sur les talons.

Une fois dehors du bureau, Flavien se tourna vers Charles.
-Capitaine? Qu’est-ce qui arrive si jamais le Président interroge Brad et qu’il dit que j’ai menti?
-Il a déjà demandé à Brad s’il avait eu connaissance d’une relation entre moi et Valence.
-Et Brad a dit non?!
Le capitaine haussa les épaules.
-Faut croire… Au fait, où est Valence? Maintenant que ce petit contretemps législatif est réglé, je dois lui parler.
-Elle était à la cafétéria avec Bob quand je l’ai laissée, capitaine, répondit Flavien.
Charles accéléra le pas en direction de la pièce indiquée. Flavien se mit à jogger pour le suivre. Noémi dû courir.
-Ouf! Si j’étais encore mortelle, je perdrais au moins vingt livres à vous suivre comme ça!
Flavien la regarda. Mentalement, il se demanda où le corps de l’adolescente, si mince et si svelte, pouvait bien avoir suffisamment de graisse pour qu’elle puisse perdre vingt livres…

Les deux hommes –et le fantôme- atteignirent la cafétéria. Valence, l’air triste, était toujours attablée devant Bob qui savourait un sandwich aux saucisses et au smoked meat. Le pilote les aperçut et fit signe à Valence de leur arrivée. La psychologue lança un regard plein d’espoir à Charles, qui lui répondit d’un sourire. Elle parut rassurée, mais son visage se rempli d’inquiétude lorsqu’elle vit Charles se mettre à genoux devant elle, l’air solennel, et lui prendre la main.
-Ne me dis pas qu’on va être obligés de se quitter? T’as pas été destitué toujours?
Charles secoua la tête de gauche à droite. L’inquiétude sur le visage de Valence augmenta.
-Mais qu’est-ce qui se passe, d’abord? Arrête de tourner autour du pot!
Le capitaine releva la tête vers elle.
-Valence? Veux-tu m’épouser?
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MessageSujet: Re: Les Chroniques des catacombe (PG-13)   Sam 26 Juil à 22:28

Chapitre 8 : Une Valence résolue

-Valence? Veux-tu m’épouser?
La psychologue ouvrit grand les yeux.
-Quoi???
Le capitaine, calme, répéta sa phrase.
-Est-ce que tu veux m’épouser?
Les yeux de Valence se remplirent d’eau. Des larmes de joies.
-Oh! Charles!!! Je sais tellement pas quoi dire!!!
-Heu… Je pense qu’il faut dire oui, lui souffla Bob.
-Ah ben… OUI!!!!!
Un petit attroupement de curieux s’était emmené autour d’eux. Lorsque Valence sauta dans les bras de Charles et qu’ils se mirent à s’embrasser, les soldats se mirent à applaudir avec joie jusqu’à ce que…
-Ahem! Je peux savoir ce qui se passe ici? Retournez à vos affaires!
Flavien reconnu immédiatement la voix de Brad.

Les soldats se dispersèrent et le scientifique les rejoints, un air supérieur sur le visage.
-Tient, fit Charles en se séparant de Valence, Brad… Depuis quand les scientifiques donnent des ordres?
-J’ai été promu capitaine, répondit le concerné, tout fier. Il y avait un poste à combler. Ça prenait un homme intelligent pour y accéder, alors on éliminait Flavien d’avance!
Il réfléchit un moment, puis il ajouta :
-Il y a aussi un poste d’amiral de libre si ça vous intéresse, capitaine. L’Amiral Deschênes vous a beaucoup vanté à l’Amiral-Chef de la fédération. Vous auriez des chances.
-Ah… Merci bien de me passer le message, répondit Charles en fronçant les sourcils, intrigué.
-De rien, répondit Brad. Maintenant, tout le monde au boulot!
Il fit un petit sourire en coin, ravi de donner des ordres, puis tourna les talons pour partir.

Bob, Charles, Valence et Flavien échangèrent un regard.
-Eh bah… Capitaine Spitfire, fit Valence. Souhaitons qu’il n’aie pas de mission importante...
-Je ne crois pas que le Président soit assez stupide pour lui donner une mission humanitaire, nota Charles.
Flavien soupira.
-M’enfin… Je crois que j’ai plus très faim, moi, finalement… Je vais alors voir si Florian a du travail pour moi.
Il quitta la pièce, Noémi sur les talons. La jeune fille semblait réfléchir.
-Cet homme… Ce Brad… Il a l’air étrange… Il a l’air intelligent, mais stupide en même temps… Comme une espèce de bolé naïf…
-Crois-moi, répondit Flavien, Brad est tout sauf naïf. C’est un pas fin.
-Un pas fin??? Wow! L’insulte!!!
La jeune fille se mit à rire et Flavien sourit.

Cependant, quelque chose effaça le sourire de l’opérateur radar.
-Flavien? Je peux savoir à qui tu parlais?
L’homme s’arrêta net. Il se tourna pour voir devant lui une Valence suspicieuse.
-Heu… T’étais pas avec le capitaine?
-Non. Ton histoire m’intrigue trop. De quoi Bob parlait tantôt?
Flavien tenta tant bien que mal de jouer aux innocents.
-De quessé?
Valence mit ses poings sur ses hanches.
-Joue pas au plus fin avec moi. Bob a parlé d’une petite fille, puis d’une affaire de meurtre. Pis là, j’te trouve à parler tout seul, à avoir une conversation structurée avec… le vide!!! Qu’est-ce qui se passe?
Flavien eut un petit rire nerveux.
-Heu… J’ai des crises de folie?
Valence lui jeta un regard qui lui fit clairement comprendre qu’il ne pourrait pas s’en sortir si facilement. Il décida donc de lui raconter toute la vérité. Il lui parla du journal, de ce qu’il y avait lu, puis de Noémi qui devait le suivre partout jusqu’à ce qu’elle ait retrouvé son frère, le fait que Noémi, sa mère et son plus jeune frère aient tous les trois été tués.

Lorsque Flavien eut terminé de raconter son histoire, Valence le regardait avec des yeux ronds.
-Mais il faut appeler la police!
-Et la police va nous croire, peut-être? demanda Flavien.
-Ben… Je sais pas, mais faut au moins essayer! C’est un meurtre! Un triple meurtre, même! Peut-être que y’a déjà une enquête qui a été mise en cours mais qui a été arrêtée faute d’indice. Tu peux les aider à résoudre ce crime là! Pis il faut retrouver le frère de cette fille là!
-Elle se rappelle même plus de son nom. Comment veux-tu qu’on trouve un p’tit gars de neuf ans perdu dans la nature avec juste son surnom?
-Il avait neuf ans quand je suis morte, mais j’ignore je suis morte il y a combien de temps, le corrigea Noémi.
-Génial… Ça veut dire que le p’tit gars en question est peut-être à sa pension de vieillesse, si ça se trouve…
-Quoi? fit Valence.
-Oh rien… Noémi dit qu’elle ne sait pas ça fait combien de temps qu’elle est morte pis que ça veut dire qu’elle sait pas si son frère a encore neuf ans…
Valence regarda à la gauche de Flavien.
-Noémi?
-Elle est de l’autre côté, Valence.
-Ah!
Elle se tourna vers la droite de Flavien.
-Noémi?
-Tourlou! fit la concernée.
Valence s’adressa à ce qu’elle voyait comme étant du vide.
-On va appeler la police, pis on va retrouver le pourri qui t’as fait ça, promis!
Noémi eu un sourire triste. Après tout, le « pourri » était tout de même son père…

Valence fouilla dans ses poches et se saisit de son téléphone cellulaire, qu’elle tendit à Flavien.
-Bon, ben fait ta job, maintenant!!!

********
Flavien était assis dans la cafétéria de la fédération en compagnie de Valence, de Noémi et d’une demi-douzaine de policiers.
-Et vous dites que vous n’avez aucune preuve qu’un meurtre à été commis, si ce n’est que de ce fantôme qui vous a parlé, fit le chef des policiers, l’air suspicieux.
-En effet, Sergent Leboeuf, affirma Flavien.
-Et vous ignorez l’identité de ce petit garçon, ni même son âge actuel.
Flavien hocha la tête, mal à l’aise. Il voyait bien que ce policier ne le croyait pas. Et ses subalternes ne semblaient pas plus intéressés par l’affaire…
-Bon… Puisque vous êtes un représentant de la Fédération, je suppose que je suis obligé de mettre un agent à votre disposition pour fins d’enquête… Sergent Bigras, ce sera vous!
Une jeune femme, une brunette dont les cheveux étaient coiffés en chignon dans son cou, sursauta.
-Quoi? Pourquoi moi? Pourquoi pas Marie-Elle à la place???
-On dit le Sergent Ladouceur, corrigea la policière à côté d’elle. Et puis, c’est parce que moi, je suis déjà en train de faire une enquête. Tu sais, l’affaire sur les trafiquants de drogue de New-Island?
Elle avait beau avoir l’air méchante, Flavien ne pouvait s’empêcher de trouver cette Marie-Elle Ladouceur très belle. Quoique comparée au sergent Bigras, qui était à côté d’elle, la majorité des filles auraient soudainement l’air plus belle…

Le sergent Leboeuf se tourna vers Flavien.
-Je vous confie pour cette affaire le Sergent Samantha Bigras. Elle n’en a pas l’air, mais elle est très efficace.
Il se leva et fit signe aux policiers de l’imiter. Le Sergent Bigras, elle, semblait insultée.
-Ravi de vous avoir rencontré, officier Bouchard, fit le chef des policiers. Si jamais vous avez besoin de renforts, vous n’aurez qu’à nous contacter.
Flavien se leva pour lui serrer la main, plus par politesse que par sympathie.
-Merci…
Il regarda de nouveau la policière que le sergent lui avait relégué –la seule qui était restée assise- et se dit qu’on lui avait très certainement donné le menu-frottin car l’affaire Noémi-le-fantôme était considérée sans intérêt.

Le sergent Leboeuf fit un signe de tête à Valence, avant de quitter l’endroit avec ses hommes. Le sergent Bigras était restée assise. Flavien s’assit en face d’elle.
-Heu… Comme ça, c’est vous qui va m’aider, sergent Bigras?
La policière releva la tête vers lui et esquissa un sourire. C’était un sourire forcé, dénudé de toute joie, mais elle tentait tout de même d’avoir l’air heureuse d’avoir le dossier.
-Oui! Mais je préférerais que vous m’appelliez Sam, si ça ne vous dérange pas. Je n’aime pas mon nom de famille…
-Cette policière a l’air bien fragile, mais gentille, fit Noémi en souriant. Je l’aime déjà!
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MessageSujet: Re: Les Chroniques des catacombe (PG-13)   Dim 12 Avr à 17:57

Chapitre 9 : Santa-Lucia

Samantha avait demandé à Flavien de lui montrer le fameux journal intime de revenante.
-Si ça ne vous dérange pas, bien sûr, avait-elle aussitôt ajouté.
-Oh heu… Non, tenez!
L’officier radar sortit de sa poche le journal de Noémi et le tendit à la policière, qui l’examina attentivement.
-C’est quand vous avez ouvert ce truc que le fantôme vous est apparut?
Flavien hocha la tête.
-Vous l’avez lu?
-Pas au complet, seulement des bouts.
La policière réfléchit en se grattant le nez, probablement inconsciemment.

Valence et Flavien restaient silencieux. Samantha feuilleta le journal et s’arrêta sur la tranche de la dernière page, qu’elle leur montra.
-C’est elle?
Pour la première fois, le jeune homme remarqua qu’une photo de Noémi y était collée. Sur l’image, elle portait une veste bleue foncée et un chemisier blanc à col marin. Le tout était complété par une jupe à carreaux, elle aussi bleue foncée, et des bas blanc qui lui arrivaient aux genoux. Probablement un uniforme scolaire de collège privé. Elle souriait de toutes ses dents blanches et parfaites. Un garçon blond aux cheveux en bataille, vêtu de la version masculine du même uniforme, la tenait par la taille et souriait lui aussi à la caméra. Flavien fut particulièrement troublé de voir une photo de la vraie Noémi, à l’époque bien vivante. Peut-être était-ce parce qu’il n’avait encore jamais vraiment réalisé que cette gamine avait des amis, une famille, et peut-être même un amoureux avant de mourir.
-C’est… c’est elle, souffla Flavien à la policière.
-Oh! s’exclama Valence. Comme elle est jolie!!!
Samatha lui lança un regard qui signifiait clairement : « On s’en fou qu’elle soit belle ou non! ». Mais elle n’en dit rien.

À la place, elle fit plutôt :
-Je reconnais cet uniforme. C’est celui d’un pensionnat de sciences de Sorel, l’académie Santa-Lucia.
-Vous y êtes allée? s’informa Flavien.
-Non. Mais j’habitais tout près quand j’étais petite.
Elle prit un air songeur.
-N’entrait pas qui veut dans cette école. Les garçons étaient tous beaux et intelligents, les filles brillantes et minces. Et surtout, peu importe le sexe, ils étaient tous riches. Et puis, dans le même bâtiment, il y avait aussi bien des élèves de maternelle que de secondaire cinq.
-Cela signifie donc que le nombre d’élève ayant fréquenté cette école étant assez petit, ce devrait être assez facile avec une photo de retrouver l’identité complète de Noémi, s’enquit Valence, heureuse. C’est une chance que vous ayez reconnu l’uniforme!!!
Samantha haussa les épaules.
-Bah… Ce n’est qu’une hypothèse. Ça ressemble vraiment à Santa-Lucia. Mais tous les uniformes de collège se ressemblent, et je n’arrive pas à bien voir le logo sur sa chemise… Je n’ai aucune certitude sur ce que j’avance…
Elle eut l’air embarrassée, comme si le fait de ne pas être sûre d’elle était un blasphème.
-Vous en voulez pas pour ça, la rassura Flavien. Ça nous donne quand même une piste pour commencer nos recherches! Et si c’est pas ça, on trouvera bien d’autre chose!
Noémi avait gardé le silence jusque là. Elle s’adressa à Flavien en se mordant la lèvre inférieure, apparemment anxieuse.
-Il y a peut-être une solution pour s’assurer de tout ça…
-Ah bon? Quoi?
Valence et Samantha échangèrent un regard, surprises de voir Flavien s’adresser au « vide ».

Noémi ne s’en formalisa pas et se contenta de continuer d’exposer son idée.
-Il y un truc qu’on appelle la « visualisation mémorielle ». En gros, je peux vous faire visualiser les souvenirs de mon vivant, y comprit ceux des événements que je ne me rappelle même pas, et ce même si Valence et Samantha n’ont aucune capacité à voir les spectres. Comme ça, vous pourriez peut-être retrouver le nom de l’école, ou même mon propre nom de famille.
Flavien fronça les sourcils.
-Pourquoi tu ne nous as pas dit tout ça plus tôt? On aurait pu régler toute cette affaire depuis longtemps!
Noémi se mordilla la lèvre avec plus de force et commença à tortiller autour de son index droit une mèche de ses longs cheveux blonds.
-Le problème, c’est que je n’ai aucun contrôle sur les souvenirs que vous allez voir, ni sur le temps que vous disposerez pour voir chacun. Autrement dit, si vous êtes chanceux, vous allez tomber sur quelque chose d’utile. Sinon, vous ne verrez que des flashs de dix secondes chacun, ou encore des souvenirs plus long mais dans lesquels je ne fais que regarder la pluie tomber. Tu comprends? Rien ne garanti que ça nous sera utile. Je sais qu’il y a un temps limite de temps que vous aurez dans ma mémoire, mais je ne le connais pas. Et puis, je ne peux utiliser ce truc qu’une seule fois.
Flavien croisa les bras, réfléchissant.

Il décida finalement d’exposer l’idée de Noémi aux filles, qui furent toutes les deux du même avis.
-On doit tenter le coût, fit Samantha. C’est stupide de ne pas essayer, on pourrait perdre des indices cruciaux.
-Et c’est peut-être notre seule chance de résoudre ce crime, ajouta Valence.
-Je sais mais… Ce ne serait pas mieux de garder cette solution comme preuve devant un jury? demanda Flavien.
Samantha secoua vigoureusement la tête.
-Non. Étant donné qu’on ne sait même pas quelles scènes nous pourrons voir, ce serait trop risqué de présenter ça à un jury en risquant de ne montrer que des souvenirs inutiles. Ça ne ferait pas très crédible non plus.
Flavien approuva son point de vue. Finalement, Samantha était beaucoup plus professionnelle que ce qu’elle avait l’air!

Noémi se tourna vers Flavien.
-Donc… Vous le faites?
L’officier radar transmis le message aux deux femmes devant lui.
-Bien sûr qu’on essaie! répondit Samantha, soudainement très enjouée.
-Ce serait idiot de passer à côté de cette chance, ajouta Valence.
Elle prit une pause, puis elle ajouta.
-En plus, je serai la première psy du monde à vraiment voir, au sens propre, le passé de son client! Vous vous rendez compte!
Flavien fronça les sourcils.
-Noémi n’est pas ta cliente. Ben… pas à ma connaissance, en tout cas…
Il se tourna vers le spectre en espérant obtenir un appui, mais il se rendit compte que le décor avait soudainement changé.

Flavien ne s’attendait pas à ce que la visualisation mémorielle soit un procédé aussi direct et rapide. Il s’attendait à ce que Noémi prononce une incantation, qu’elle leur masse les tempes, qu’elle exécute une danse tribale ou, à tout le moins, qu’elle fasse quelque chose! Mais non, le temps de cligner des yeux, il s’était retrouvé transporté dans la mémoire de la jeune fille. Il n’éprouvait aucune sensation physique. Apparemment, seul son esprit s’était déplacé. Il ne voyait pas non plus Valence et Samantha, mais il pouvait ressentir leur présence.

Devant leurs yeux, une jeune fille qui devait avoir à peine dix huit ans était assise sur un banc de parc et regardait en riant un garçon du même âge qui courrait dans le sable à la poursuite d’une fillette qui le fuyait en riant aux éclats. La fillette ne devait pas avoir plus de deux ans, et ses nattes blondes flottaient derrière elle au rythme de ses mouvements.
-Court plus vite Mimi! fit le garçon. Sinon, j’vais t’attraper!!!
La fillette – probablement Noémi elle-même – couru vers la jeune fille assise sur le banc et sauta dans ses bras.
-Tu m’attraperas pas!!! Maman va me protéger!!!
Maman??? Cette gamine était donc… sa mère???
-Oh que non qu’il t’attrapera pas! fit la – très – jeune mère, tout aussi blonde que sa fille. Je vais bien te cacher!
Le garçon mit sa main en visière sur son front, tout en prenant bien soin de baisser sa casquette devant ses yeux au passage. Il regarda autour de lui, l’air affolé. Il semblait parfaitement idiot… ce qui était d’ailleurs probablement le but.
-Mimi??? Mais t’es où? Je te vois pas!
-J’suis cachée! indiqua la fillette.
-Mais où ça??? J’pense que t’es trop bien cachée! C’est pas cool de se cacher comme ça de son papa!
Flavien fut encore plus surpris. Ce garçon, à peine majeur, était le père de Noémi? Le jeune homme qu’il voyait se retourner sur lui-même comme un imbécile en faisant semblant de ne pas savoir où se cachait sa fille était donc un futur tueur? Il fallait vraiment le savoir, car rien dans son attitude ne pouvait l’indiquer. Au contraire, il semblait être un père – ou plutôt un frère, étant donné son âge – très gentil.

La scène changea. Flavien voyait maintenant un appartement plongé dans le noir. Il vit Noémi, maintenant âgée d’environ quatre ans, accroupie à côté d’un cadre de porte. De l’autre côté de l’encadrement, Flavien devina, plus qu’il ne la vit vraiment, une chambre à coucher. Il parvint à entendre deux voix distinctes qui semblaient se disputer.
-Je pense que c’est vraiment pas le moment d’en avoir un deuxième, fit une voix d’homme.
-Ben voyons Jay, rétorqua une voix féminine. On a fini l’école! On peut en masse…
-J’ai même pas fini mon DEP! Je travaille pas! On a du mal à arriver avec un enfant, imagine avec deux! Imagine que… que ce deuxième là soit malade!!! Tu te rends compte de tout ce que ça nous coûterait en soins!
-Soit pas si pessimiste, renchérit la femme. Rien nous dit que cet enfant là sera malade.
-On est encore jeune! On a toute la vie devant nous! Écoute… je t’aime, et je veux avoir une grande famille avec toi. Mais pas maintenant! C’est pas le moment! Attend qu’on se soit sorti du trou! À quoi ça sert d’avoir un autre kid si c’est pour lui en donner encore moins que ce qu’on donne déjà à Noémi? Je sais que tu vas me dire : « Ah! Mais tu vas l’aimer pareil, ton p’tit dernier! ». Et c’est vrai! Mais c’est pas une question d’amour! C’est plus une question de : « Est-ce qu’on va arriver à le nourrir ce mois-ci sans devoir hypothéquer la voiture? » On a ni le câble, ni Internet. On peut même pas couper là-dedans! En plus, ça va nous prendre un appartement plus grand et…
-Il est pas question que je me fasse avorter, coupa la femme. C’est notre bébé! Et puis, on était pas mal plus dans le trou quand on a eu Noémi qu’on ne l’est en ce moment! Je sais que c’est pas l’idéal d’avoir un bébé maintenant, mais c’est comme ça!
L’homme soupira.
-T’as raison. On trouvera bien le moyen de s’arranger…
S’il ajouta quelque chose, Flavien ne pu pas l’entendre parce que la scène avait à nouveau changé.

L’officier radar voyait maintenant devant lui le même parc dans lequel la Noémi de deux ans s’était cachée dans les bras de sa mère. Sauf que cette fois, il ne vit pas les parents de la jeune fille nulle part. Flavien repéra la frimousse blonde de l’adolescente dans les traits d’une gamine de sept ou huit ans. Elle était assise dans le sable avec un garçon de son âge, lui aussi blond. Ses grands yeux bleus étaient concentrés sur un petit château de sable.
-Elle est fine ta maman de nous emmener au parc, fit Noémi au garçon.
Ce-dernier hocha la tête.
-Bah, c’est normal, t’es ma meilleure amie.
Il se tourna vers un autre gamin, pas plus vieux que ne l’était Noémi dans la première scène de parc. Il avait les cheveux châtains clairs, un regard incroyablement vif pour son âge et il était étrangement calme. Il restait près des deux plus vieux sans chercher à les déranger, se contentant de s’amuser silencieusement avec une voiture en plastique.

Le garçon blond, continuant de regarder le bambin, ouvrit la bouche de nouveau.
-D’habitude, j’aime pas les p’tits frères ou les p’tites soeurs de mes amis, mais le tient, il cherche jamais à nous déranger. Si j’étais pas un gars, je dirais même qu’il est cute!
Noémi haussa les épaules.
-Shika est toujours comme ça. C’est pas pour rien que ça me dérange pas qu’il me suive partout.
Le garçon blond ria aux éclats.
-Avoue le donc que si tu le laisses te suive partout, c’est juste parce que tu veux le protéger.
Noémi haussa les épaules de nouveau.
-C’est mon p’tit frère.
Elle se tourna vers lui.
-Tu veux nous aider à faire notre château?
Le bambin leva les yeux vers elle. Il semblait gêné.
-Allez, viens! l’encouragea sa soeur.
Le garçon sourit, puis il s’approcha des deux plus vieux pour les aider.
-Fait attention à pas le briser, fit le garçon blond.
Le frère de Noémi hocha la tête.
-Oui! Ça va être le plus gros château du monde, han Mimi!
Alors que Noémi hochait la tête à son tour, le décor se transforma encore une fois aux yeux de Flavien, qui avait fini par s’y habituer.

L’officier radar reconnu le bâtiment de la photo collée sur le journal de Noémi. Ils étaient sur un terrain gazonné près de l’école – hypothétiquement Santa-Lucia – et les jeunes portaient tous des uniformes identiques à ceux de la photo. Les benjamins devaient avoir quatre ou cinq ans, alors que les plus vieux devaient en avoir seize ou dix-sept. Certains préparaient un mauvais coup en groupes, d’autres jouaient au football ou au soccer, des groupes de filles parlaient de potins, des groupes de gars regardaient les groupes de filles… Les activités dépendaient de l’âge de chacun, et tout ce brouhaha était joyeusement mélangé.
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MessageSujet: Re: Les Chroniques des catacombe (PG-13)   Dim 12 Avr à 17:57

Flavien repéra Noémi avec une bande d’adolescents qui riaient aux éclats. Il reconnu également le garçon blond qu’il avait vu dans le souvenir précédent. Flavien remarqua qu’ils se tenaient la main.
-Come on, Mel! fit Noémi. T’es la seule fille célibataire de la gang!
-Ouais, il faut te trouver un mec, approuva une autre fille.
Une troisième fille, petite celle là, mit un doigt devant sa bouche, l’air surpris.
-Quoi??? Mais je croyais être mariée à Florian!
Elle se tourna vers le garçon blond en prenant un faux air mi-étonné, mi-scandalisée.
-Florian Tremblay! Tu me trompes avec ma meilleure amie!!!
-Ouais, salopard, ajouta un garçon arabe avec un sourire en coin. T’as pas honte de toi?
Le groupe entier se mit à rire alors que la dénommé Mel faisait semblant d’étrangler le garçon blond. Flavien ne portait plus attention à la scène, trop consterné. Ce garçon blond s’appelait… Florian Tremblay??? Était-ce le même Florian qu’il connaissait? Probablement… Florian n’était pas un prénom très courant.

Une jeune fille rousse s’approcha du petit groupe en courant.
-No…émi, haleta-t-elle lorsqu’elle les eut rejoints. Ton frère… est dans la… la grosse merde!
La jeune fille fronça les sourcils.
-Encore la gang à Campeau?
La fille rousse hocha la tête avec vigueur. Noémi se tourna vers la dénommée Mel, qui avait cessé de faire semblant d’étrangler Florian.
-Amène-toi, Mélissa!
Cette dernière hocha la tête et toutes deux se tournèrent vers la fille rousse, qui entreprit de les reconduire là où elle avait vu le frère de Noémi. Florian échangea un regard avec le garçon arable.
-Mehdi?
Il hocha la tête, et tout deux s’excusèrent auprès de leurs amis avant de suivre les trois filles.

La rousse avait conduit Noémi et Mélissa à l’autre bout du terrain, près du mur de l’école. Flavien vit le frère de Noémi adossé contre l’école et entouré de cinq autres gamins. Ses cheveux avaient foncés en vieillissant, passant du châtain clair au brun foncé. Il aurait dû être terrorisé, mais son regard était las, comme si ce qui lui arrivait n’était qu’une perte de temps dans sa vie.
-Allez, montre le nous, fit un des cinq garçons l’encerclant.
-Je l’ai laissé à la maison, répondit le frère de Noémi, exaspéré, comme s’il répétait la même phrase pour la millième fois.
-Come on, fit un autre gamin. Le trip d’avoir un iPod Vocal, c’est de le montrer à tout le monde, pas de le laisser dans son tiroir à bobettes!
Shika haussa les épaules.
-J’me demande comment des imbéciles comme vous ont pu être acceptés à Santa-Lucia…
Flavien aurait poussé une exclamation ravie s’il avait eu un corps physique. Cette école était bel et bien Santa-Lucia!!!

Un des garçons, cependant, ne semblait pas très ravi de se faire traiter d’imbécile.
-J’vais t’apprendre à…
-Lui apprendre à quoi? s’interposa Noémi.
Le gamin s’arrêta dans son élan pour frapper Shika et se tourna vers sa soeur, qui la surplombait d’une bonne vingtaine de centimètres en hauteur.

Une foule d’élèves s’était rassemblée autour d’eux. Un adolescent plutôt grand et baraqué s’avança vers Noémi.
-Lui apprendre les bonnes manières, peut être?
Noémi le regarda avec un air dédaigneux.
-Oh, salut Campeau…
-M’adresse pas la parole, coupa Campeau. J’aime pas parler aux putes dans ton g…
Avant qu’il n’aie pu finir sa phrase, Florian lui avait foutu son poing sur le nez.
-Ostie d’trou d’cul! M’a t’en faire de traiter ma blonde de pute!
Deux des amis de Campeau voulurent intervenir, mais Mehdi se jeta sur le premier alors que Noémi et Mélissa se chargeaient du second.

Les deux petits frères ainsi que la bande du cadet Campeau regardaient les grands se battre, le regard remplis à la fois d’inquiétude et d’intérêt.
-Fuck, souffla Shika. Papa va me tuer…

La cours d’école disparue du regard de Flavien pour faire place au décor du salon d’une petite maison bourgeoise. L’officier radar remarqua le père de Noémi assis par terre, adossé au meuble de la télévision. Il avait vieillit, mais semblait encore très jeune, trente ans tout au plus. Il avait les yeux grands ouverts et tremblait de tout son corps. Il marmonnait pour lui-même, les yeux grands ouverts, comme prit de démence. Ou au bord des larmes, un des deux.
-Pas encore… pas un troisième… Je survivrait pas… pas de patience… pas encore… tout recommencer… non…
Noémi et son frère étaient assis sur un divan, à l’autre bout du salon.
-Est-ce qu’il est devenu fou? chuchota Shika à sa soeur.
-On dirait…
-Il me fait peur.
Noémi semblait tout aussi effrayée que lui, mais elle tenta tant bien que mal de ne pas le laisser paraître et serra son frère contre elle, comme pour lui donner un peu de force.
-Je crois qu’il prend pas que maman soit enceinte. C’est comme s’il l’avait pas encore réalisé, avant. Mais maintenant qu’elle est partie faire son écographie, il a pas d’autre choix que de l’accepter… Et apparemment, ça passe pas.
Shika haussa les épaules, comme si la raison de cette soudaine crise de panique ne lui importait absolument pas. Il se contenta de se coller d’avantage contre sa soeur aînée.

Flavien entendit le bruit de clés cliquetant dans une serrure, puis celui d’une porte qui s’ouvre. Des bruits de pas se rapprochèrent, puis la mère de Noémi apparut à l’entré du salon, le ventre légèrement arrondit, un sourire sur le visage.
-Et alors? demanda l’adolescente.
-C’est un garçon, se réjouit la mère en posant une main sur son ventre.
Elle se tourna vers son mari, assis sur le sol.
-Jay?
Il ne se retourna pas.
-T’approche pas! ordonna-t-il.
Il tremblait. Sa voix était brisée.

Sa femme ignora son avertissement et s’approcha de lui.
-Est-ce que ça va?
Elle posant sa main sur son épaule. Soudain, il se retourna et donna à sa femme un coup dans le ventre. Flavien vit le sang couler. C’est alors qu’il vit dans les mains du père un tournevis, probablement empoigné au hasard parce qu’il trainait à portée. La femme eut le souffle coupé, oubliant même de pousser un cri de douleur.
-On peut pas en avoir un autre, tu comprends? On peut juste pas. On peut pas, on peut pas, on peut pas!!!
Des larmes coulaient sur ces joues. Flavien se demanda s’il s’était aperçut que sa femme saignait. Il se demanda aussi s’il avait vraiment voulu lui faire du mal où s’il avait seulement frappé au hasard, comme pour rejeter sa crainte et sa colère sur le foetus, sans penser au ventre de sa mère.

Noémi s’était relevé d’un bond. Shika avait voulu l’imiter, mais elle le poussa sur le sofa.
-Reste assis, intima-t-elle.
Le garçon obéit, les yeux écarquillés de terreur, alors que sa soeur s’approcha doucement de leur père. Elle fit l’erreur que sa mère avait faite juste avant elle. Elle s’accroupit près de lui et posa sa main sur son épaule.
-Calme toi, papa.
Il se tourna vers sa fille, probablement par réflexe, et la repoussa avec sa main qui tenait encore le tournevis.
-Noémi! s’écria sa mère, paniquant, sans même se soucier de sa propre blessure.
Elle avait perdu beaucoup de sang, sa voix était faible et son teint, pâle. Flavien ne mit pas de temps à comprendre pourquoi elle paniquait ainsi. Le tournevis s’était malencontreusement planté dans l’oreille de sa fille, qui s’écroula sur le sol.

La scène se brouilla de nouveau. Cette fois, cependant, Flavien vit la cafétéria dans laquelle il se trouvait. Valence et Samantha étaient devant lui, tout aussi ébranlées que lui. C’était don ainsi qu’était morte Noémi? Par un accident résultant d’un geste qui n’était probablement rien d’autre qu’un simple réflexe? Parce que Flavien en était pratiquement sûr, maintenant : son père n’avait jamais eu l’intention de la tuer.

Noémi les regarda tous les trois à tour de rôle, amusée. Bien évidemment, elle ne savait pas ce qu’ils avaient vu.
-Et bah! On dirait que vous avez vu un fantôme!
Flavien ne répondit pas. Valence et Samantha non plus (évidemment, puisqu’elles ne l’entendaient pas).
-Est-ce que le p’tit gars blond s’appelait vraiment Florian Tremblay ou j’ai rêvé? demanda Valence.
-Non, c’était bien son nom, répondit Flavien.
-Qui est Florian Tremblay? demanda Samantha.
Flavien se tourna vers elle.
-Viens. On va te le présenter.
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MessageSujet: Re: Les Chroniques des catacombe (PG-13)   Sam 20 Juin à 16:42

Chapitre 10 : Petit frère deviendra grand

Valence, Samantha et Flavien étaient tous les trois plantés devant un plan de la base.
-Mouais… Il est où, Florian?
Cette question de Flavien formulait la pensée des deux filles. Ils avaient exposé à Noémi ce qu’ils avaient découvert, bien évidemment sans parler de la scène de meurtre. La jeune fille était partante pour retrouver Florian. Cependant… personne ne savait où il se trouvait.
-Vous cherchez quelque chose?
Flavien se retourna, imité de Valence et de Samantha.
-Ah, fit l’officier radar. Salut, Brad.
Le scientifique se tenait devant eux et fixait Flavien avec une moue indifférente.

Samantha –qui ne nourrissait bien évidemment aucune haine envers Brad puisqu’elle ne le connaissait pas- décida de répondre à sa question à la place de Flavien.
-On cherche Florian Tremblay, vous le connaissez?
Brad se tourna vers elle et la considéra du regard un moment avant de répondre.
-Vous êtes policière? Ce doit être important, alors.
-Si, c’est que Monsieur Tremblay est un potentiel informateur pouvant nous donner des informations permettant de résoudre un meurtre commis il y a… heu… un certain temps…
Le scientifique hocha la tête. Flavien le vit tourner la tête vers l’endroit où se tenait Noémi. La jeune fille le regardait avec un intérêt marqué.
-Bonjour, fit-elle avec un sourire.
Bien évidemment, Brad ne l’avait pas entendue, il n’avait pas la moindre capacité de médium. Mais on aurait dit qu’il SENTAIT la présence de la jeune fille, comme s’il savait qu’elle était là, sans pour autant pouvoir dire où exactement, ni comment.
-Brad?
-Hein? Quoi??
Il secoua légèrement la tête, puis se retourna vers l’officier radar.
-Désolé, j’ai comme eu l’impression que… Ah pis non, rien…
Il poussa un long soupir, puis ajouta.
-Florian doit être dans la salle de réception militaire, tout le monde y est.
Valence fronça les sourcils.
-La salle où on a soupé le jour de notre arrivée?
-Ouais.
-Pourquoi tout le monde est là-bas? s’étonna Flavien.
Ce fut au tour de Brad de paraître surpris.
-Le capitaine Patenaude va être nommé Amiral, vous ne le saviez pas?
Valence et Flavien firent signe que non, estomaqués d’apprendre de la bouche du scientifique quelque chose qu’ils auraient du apprendre du capitaine lui-même.
-Bof, ça n’a rien d’étonnant, ajouta Brad. La décision à été prise par l’Amiral Deschênes et l’Amiral-Chef il y a à peine une vingtaine de minutes. Ça s’est passé très vite. L’équipage de l’Amiral veille à ce que la salle soit prête pour la cérémonie de promotion.
-Quand aura lieu cette cérémonie? demanda Valence.
-Ce soir.
-Et on était pas au courant? s’outra Flavien.
-Bien sûr que non. Si je suis au courant, c’est uniquement parce que j’ai croisée mademoiselle Cadet, la psy du Orlando-Bédard, en venant ici. C’est elle qui me l’a dit. La nouvelle est tellement récente, le capitaine doit être encore occupé à serrer des mains et à se faire féliciter en avance.
Il soupira.
-M’enfin, comme je vous ai dit, l’équipage du Orlando-Bédard est chargé de superviser les préparatifs dans la salle de réception. Florian doit y être.
Sur ce, il lança un dernier regard mal à l’aise vers l’endroit où, même s’il ne la voyait pas, Noémi se trouvait, et il tira sa révérence.

Flavien et les trois filles le regardèrent s’éloigner en silence. Lorsqu’il eut tourné à l’angle du couloir, Samantha fit :
-C’est cool que votre capitaine ait été promu!
-C’aurait été encore plus cool de l’apprendre de la bouche de quelqu’un d’autre, marmonna Flavien.
Valence haussa les épaules.
-Brad a raison. Si ça ne fait que vingt minutes que la nouvelle est sortie, le capitaine doit encore être trop occupé à serrer des mains et tout le tralala de protocole merdique des militaires pour avoir pu nous en informer. Je suis certaine qu’il le fera dès que possible!!!
Elle semblait très certaine de ce qu’elle disait, et Flavien se dit qu’elle avait probablement raison.

Ils se mirent tous les trois –tous les quatre en comptant Noémi- en marche en direction de la salle de réception.
-Et si on faisait un détour par les bureaux administratifs? proposa Valence. On croiserait peut-être Charles?
À l’adresse de Samantha, elle ajouta :
-Si cela ne vous dérange pas trop, bien entendu!
-Bof, répondit la policière. J’ai tout mon temps… Si mon boss m’a mit ici, c’est qu’il considérait cette enquête comme étant… heu… « poche »… Ils vont en baver quand ils vont savoir à quel point c’est un cas unique!!! On ne travaille pas avec des fantômes à tous les jours!!!
Flavien sourit de la voir si enthousiaste, elle qui semblait si déçue d’être mise en charge de l’enquête à peine quelque temps auparavant.

Ils suivirent la proposition de Valence. Ils eurent la chance de trouver le capitaine seul, en train de se commander quelque chose à la machine à café. Il ne semblait pas avoir remarqué leur présence car il se battait avec les boutons de la machine en grommelant quelque chose du genre : « Veut un noir!!! C’est pas compliqué messemble, un café NOIR!!! »

Pour signaler leur présence, Valence s’éclairci la gorge.
-Charles?
Le capitaine abandonna sa lutte contre la machine et se tourna vers eux.
-Valence! Flavien! Et heu…
Il se tourna vers Samantha.
-Samantha Bigras, je suis de la police.
-Ah! Enchanté, mademoiselle Brigras.
Il lui serra la main en souriant.
-Je suis Charles Patenaude, capitaine du vaisseau spatial Romano-Fafard et…
-Je sais qui vous êtes, le coupa Samantha en rougissant, visiblement impressionnée. Tout le monde connait Charles Patenaude!
Le capitaine sembla surpris sur le coup, mais il afficha rapidement un sourire flatté.
-Je suis très honoré de l’apprendre. On a travaillé très fort pour accomplir notre mmmmission!
Il lâcha la main de Samantha, qui avait sur le visage l’air de quelqu’un qui ne se laverait plus les mains pendant un bon moment!

Flavien regarda son capitaine, son héros, son guide, et fit :
-Brad nous as apprit que vous allez être promu amiral ce soir.
Le capitaine parut déçu.
-J’aurais préféré vous l’apprendre moi-même. Mais effectivement, je vais être promu amiral.
Il esquissa un grand sourire.
-Oh! Mais c’est génial, Charles! le félicita Valence. Toi qui rêve de cette promotion depuis si longtemps!!!
Et, bien évidemment, elle l’embrassa. Samantha eu l’air très étonnée. Noémi, toujours invisible, riait gentiment de son ébahissement.

Valence et Charles se séparèrent, puis, le capitaine se tourna vers Samantha.
-Je peux savoir ce qu’une policière fait ici, demanda-t-il poliment.
-Une affaire de meurtre, répondit la concernée.
-Oui, et on allait justement voir Florian, fit Valence. Il a peut-être des infos qui pourraient nous aider.
Elle fit un clin d’œil au capitaine.
-On célébrera ta promotion plus tard.
Le capitaine acquiesça avec un sourire amusé. Flavien se mit au garde-à-vous, le capitaine lui fit un salut.
-Valence a raison! On va organiser un gros party pour fêter votre promotion!
-Merci beaucoup Flavien! Je suis certain que si c’est vous qui l’organisez, ce sera le plus beau party du monde!
L’officier radar ressentit une grande fierté face à la confiance que son commandant lui accordait.

Comme le capitaine avait beaucoup à faire avant le soir, ils le quittèrent pour aller à leur destination première : la salle de réception. Une fois entrés, ils cherchèrent immédiatement Florian des yeux. Flavien repéra rapidement Bob qui parlait avec Kassandra Cadet. Le courant semblait très bien passer entre eux, et l’officier en armement en était très heureux pour son meilleur chum. Il repéra également le Président Prewett qui marchait au travers des soldats qui s’affairaient à décorer la salle en passant des commentaires sur leur incompétence. Jerry Spitfire le suivait nonchalamment, en lâchant de temps à autre un : « Yo Prewett, relax… C’est genre intense pas leur job, décorateur intérieur, à ces soldats là. Fallait engager des designers intérieurs si tu voulais la perfection! » L’homme d’affaire sembla voir le petit groupe de Flavien lui aussi car il leur adressa son habituel sourire moqueur. Noémi le regardait intensément.
-Il… est vieux.
Flavien fronça les sourcils.
-Bah non… Il a quelque chose comme quarante-cinq ans, ce gars là! Il est pas vieux du tout!
Le spectre ne semblait pas convaincu.
-Non… je veux dire… J’ai l’impression de le connaitre… Mais il est trop vieux!
Voyant que Flavien ne comprenait pas ce qu’elle voulait dire, elle secoua la tête en marmonnant un « oublie-ça » frustré.

C’est Valence qui repéra finalement Florian, qui aidait des soldats à installer une banderole dorée. Flavien le héla et son ancien professeur lui fit signe d’attendre une minute. Il termina d’installer sa banderole, sauta en bas du tabouret où il était perché et s’empressa de les rejoindre, un sourire aux lèvres.
-Flavien! Ça me fait plaisir de te voir!
Flavien lui rendit son sourire.
-Il est vraiment pétard ce gars, souffla Noémi. C’était vraiment mon chum? Je suis trop chanceuse!
« C’est bien ce qu’on va voir », songea l’officier radar.
-Dis Florian, fit-il, je peux te demander quelque chose?
-Bien sûr! C’est à quel sujet?
-T’as pas déjà connu une fille qui s’appelait Noémi et dont le petit frère était surnommé Shika?
L’éternel sourire de Florian disparut à la vitesse de l’éclair. Pour la première fois de sa vie, Flavien le vit, lui habituellement si calme et serein, complètement troublé.
-Je… je… si, j’en ai connu une. C’était ma blonde au secondaire. Mon amie d’enfance. Mais quand on était en trois, elle… enfin je veux dire… elle a disparut. Plus de nouvelles. Son frère n’a jamais voulu me dire ce qui lui était arrivé. On a retrouvé son corps et celui de sa mère trois jours plus tard, enterré dans un fossé. La police a enquêté et on n’a jamais retrouvé le coupable… Son petit frère devait en savoir plus que ce qu’il ne le laissait croire, car il était carrément démoli. Même quand je l’ai revu, une fois adulte, il n’était plus lui-même.
Flavien ouvrit grand les yeux, surpris.
-Tu veux dire que… Son frère est devenu… un adulte?
-Brad? Bien sûr…
Ce fut au tour de Valence d’écarquiller les yeux.
-B…Brad???
-Bah ouais, répondit Florian.
Il marqua une pause et fit :
-Vous… Vous parlez bien de Noémi Spitfire, n’est-ce pas?
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MessageSujet: Re: Les Chroniques des catacombe (PG-13)   Mer 22 Juil à 22:25

Chapitre 11 : Une longue cérémonie

-Vous… Vous parlez bien de Noémi Spitfire, n’est-ce pas?
-Wow!, fit Noémi, réjouie. Il me connait! C’est Spitfire mon nom de famille, alors? C’est ben cool comme nom!
L’adolescente était toute heureuse de savoir QUI elle était. Flavien, lui, était troublé. Son petit frère serait donc… Brad? Non… Il ne pouvait tout simplement pas le concevoir… Il se tourna pour voir Jerry Spitfire, dans le fond de la salle, qui tentait de calmer le Président avec son habituelle moue amusée. Flavien avait beau se forcer, il ne l’imaginait pas tuer une enfant, même par accident. Et il imaginait encore moins que Brad, même un tout petit Brad, ait pu assister, impuissant, à un tel drame.

L’officier radar réussit enfin à parler.
-Noémi Spitfire dans le sens que… son frère c’est… notre scientifique?
Florian hocha la tête.
-Dans le sens que son père, c’est Jerry Spitfire?
Nouveau hochement de tête.
-C’est si étonnant que ça? demanda le blond en fronçant les sourcils.
Flavien ne répondit pas. Il n’attendit pas non plus de voir les réactions de Valence et de Samantha. Il se contenta de se diriger d’un pas rapide vers le PDG, toujours à l’autre bout de la salle.

Lorsqu’il l’eu rejoint, l’officier radar se planta devant l’homme d’affaires, plus sérieux que jamais, ignorant les remarques indignées que lui lançait le Président Prewett.
-Monsieur Spitfire, je dois vous parler.
-Il est occupé pour le moment, remarqua le Président d’une voix glaciale.
Jerry Spitfire lui lança un regard méprisant si subtilement que même avec sa vision extraterrestre, Flavien faillit ne pas le remarquer.
-Je peux répondre tout seul, genre, fit l’homme d’affaires.
Puis, il se tourna vers Flavien et son habituel sourire moqueur réapparut.
-Le Président a cependant raison, j’ai genre des trucs à gosser. N’empêche, officier Bouchard, vous pouvez me dire brièvement de quoi il s’agit tout de suite et…
-Je dois vous parler en privé, souligna Flavien.
-Oh! Alors on devrait genre pouvoir régler ça plus tard si…
-Tout de suite.
Le ton pressant et résolu de Flavien réussit à effacer le sourire du père de Brad un bref instant. Il haussa un sourcil, curieux, et s’excusa auprès du Président avant de demander à Flavien de le suivre. Il était redevenu à nouveau souriant.

Les deux hommes quittèrent la salle bondée pour aller dans un couloir non loin et peu achalandé. Le PDG poussa une porte et invita Flavien à entrer dans la pièce, avant de faire de même et de refermer la porte derrière lui. Le jeune homme fut plus que surpris de constater que la pièce en question était…
-Une salle de toilettes???
Jerry Spitfire parut plus amusé que jamais.
-Vous vouliez me parler en privé, non? Alors, c’est genre quoi le problème?
L’officier radar fut tellement déstabilisé qu’il en oublia presque la raison première de sa présence en ce lieu plutôt déconcertant.
-Je vous écoute, fit le PDG en s’accotant contre un lavabo.
Flavien reprit aussitôt ses esprits. Cependant, maintenant qu’il était seul avec l’homme d’affaires, il ne savait plus trop quoi dire et, surtout, comment le dire. Il prit donc une grande respiration et lança, presqu’à l’improviste :
-Vous aviez une fille qui s’appelait Noémi, je me trompe?
Le sourire de l’homme d’affaires disparut instantanément et Flavien s’en voulu aussitôt de s’être montré aussi direct. C’était maintenant le tour du père Spitfire d’être troublé. Et il l’était probablement beaucoup plus que Florian ne l’avait été un peu plus tôt.
-Je… comment… vous… je…
Il se mordilla la lèvre inférieure et dirigea son regard vers un urinoir, silencieux.
-J’ai raison? continua Flavien en se disant qu’il n’avait plus rien à perdre. Vous en aviez une, n’est-ce pas?
Le PDG hocha la tête. Puis, d’une voix basse et terne que Flavien ne lui connaissait pas, il avoua :
-Elle est morte.
L’officier radar hocha la tête.
-Vous l’avez tuée.
Il vit l’autre homme se raidir, se mettre à trembler, et il se reprocha de nouveau son manque de tact.

Néanmoins, toujours aussi ébranlé, Jerry Spitfire réussit à hocher la tête.
-Vous… comment vous…
Sa voix n’avait plus rien de celle de l’homme d’affaires puissant et assuré qu’il était. C’était la voix d’un enfant séparé de ses parents. La voix de quelqu’un en qui on vient de casser une barrière pourtant incassable.
-On veut seulement comprendre ce qui s’est passé, tenta Flavien d’une voix douce.
Il savait bien qu’il n’avait pas sous les yeux un tueur impitoyable, mais simplement un père qui avait commis une erreur mortelle. De ce fait, ses sentiments se partageaient entre l’horreur et la compassion, la pitié et le dégout.

M. Spitfire s’obstinait toujours à fixer l’urinoir comme s’il s’agissait de la plus belle des œuvres d’art. Après un lourd silence, il fit finalement :
-Après… Après la cérémonie du capitaine… À mon bureau. Venez me voir.
Flavien hocha la tête.
-Seul. Sans la policière. Sans la psy. Je… suis… pas prêt. Pas encore.
Flavien hocha de nouveau la tête. Il comprenait parfaitement la raison de ces instructions. Il allait sortir de la pièce lorsque la voix du PDG parvint à nouveau à lui.
-Emmenez… Emmenez Brad. S’il vous plait.
-C’est d’accord.
Flavien le quitta pour de bon. L’homme d’affaire semblait sur le point de craquer et il ne voulait pas le voir pleurer. D’ailleurs, c’était probablement l’orgueil plus que d’autre chose qui permettait au PDG de ne pas verser de larmes devant le jeune officier.

Une fois la porte refermée derrière eux, Flavien se rappela enfin de la présence de Noémi.
-Ce gars là, c’est mon père, hein?
-On dirait bien, répondit Flavien.
Elle ne semblait ni troublée, ni triste, ni heureuse. Juste… indifférente. Le jeune homme aurait été bien incapable de découvrir ce qu’elle ressentait en ce moment. Et ce n’était pas faute de vouloir.

********
Flavien avait parlé à Valence et Samantha de son « rendez-vous » avec Jerry Spitfire après la cérémonie de promotion du capitaine. Il avait également prit soin de mentionner qu’il voulait y aller seul, sans toutefois parler de Brad. Valence avait d’abord protesté, mais Samantha parvint à la raisonner.
-Précipiter les choses n’est jamais rentable, avait-elle dit.
Valence n’avait pas eu d’autre choix que de lui donner raison.

Normalement, les cérémonies de promotion n’étaient jamais très palpitantes. Elles étaient plutôt longues et ennuyantes. Trop impatient d’aller écouter l’histoire du PDG, Flavien trouvait celle-ci particulièrement interminable. Il avait déjà présenté au capitaine dix mille félicitations et au moins le double d’excuses lorsqu’il avait dit devoir s’absenter après la cérémonie. Charles avait paru déçu, mais disait comprendre et au grand soulagement de son second officier, il ne lui avait pas demandé de se justicier. Bien évidemment, il ne connaissait pas l’existence de Noémi, et il était inutile de lui « péter sa bulle » avec une histoire de meurtre le jour où il était gradé Amiral.

L’officier radar fit un tour rapide de la salle des yeux. Sur la scène, l’Amiral Deschênes vantait haut et fort les exploits d’un Charles qui, modeste, soulignait que le succès de la mission du Romano-Fafard ne relevait pas uniquement du capitaine, mais bien de l’équipage entier. Le Président Prewett était également sur scène, à l’écart. L’équipage du Orlando-Bédard était assis juste devant celui du Romano-Fafard. Bob et Cassandra Cadet échangeaient des regards gênés. Florian semblait avoir retrouvé sa bonne humeur, bien qu’un voile sombre ne continue de recouvrir son visage. Valence semblait tiraillée entre son bonheur de voir son chum ainsi promu et son inquiétude vis-à-vis la rencontre future de Flavien avec Jerry Spitfire. Brad, qui ignorait tout de l’enquête sur sa sœur, s’ennuyait ferme. Noémi, elle, assise aux pieds de Flavien et toujours invisible aux autres, ne disait rien, perdue dans ses pensées. N’étant pas militaire, Samantha était bien évidemment absente. Flavien avait promis de la tenir au courant de ce qu’il allait apprendre plus tard dans la soirée. M. Spitfire, lui, brillait par son absence, ce qui semblait irriter le Président Prewett au plus haut point. L’homme d’affaires se préparait mentalement. Tout comme Flavien.

Perdu dans ses pensées, l’officier radar fut surpris lorsque Serge lui donna un coup de coude dans les coudes pour le ramener à la réalité. La cérémonie était enfin terminée et tout le monde était debout pour applaudir le nouvel Amiral qui, rayonnant, descendait de la scène. Valence fut la première à sortir des rangées de chaises pour aller le voir. De loin, Flavien croisa le regard de l’Amiral Patenaude, qui lui fit un salut militaire. L’officier radar lui répondit de la même façon. Il était temps de partir.

Flavien repéra rapidement Brad, qui s’était rassit sur sa chaise dès que l’assistance eut cessé d’applaudir. Il n’avait pas l’air plus passionné par la vie qu’il ne l’était durant la cérémonie, au contraire. Personne ne lui prêtait vraiment attention, et cela semblait plutôt l’arranger.
-C’est le temps d’y aller, fit Flavien à Noémi.
L’adolescente hocha doucement la tête. Elle ne semblait pas plus pressée d’aller voir son père que de se faire arracher une dent.

Flavien s’approcha de Brad et dut lui taper sur l’épaule pour que le scientifique daigne de le regarder.
-Quoi! Pas moyen d’avoir la paix?!
Il semblait irrité. Son regard se posa sur Noémi, qu’il ne voyait pas mais dont il semblait ressentir la présence. Son agacement se changea alors en malaise et il reporta aussitôt son attention sur son collègue.
-Ils vont bientôt sortir le champagne, nota-t-il. Après cinq ans de sobriété responsable, j’ai bien l’intention de me saouler un peu!
L’officier radar dut très surpris d’entendre le scientifique tenir de tels propos, mais il se ressaisit rapidement.
-Brad, j’ai un… heu… rendez-vous, si on peut dire, avec votre père. Et il souhaite que vous soyez présent.
Brad se crispa instantanément.
-J’ai encore fait une connerie?
Sa voix était devenue désagréablement aigue.
-Non, non, le rassura Flavien. Il veut seulement nous parler.
Le corps de Brad se détendit, bien qu’il restât dans son visage de nets signes d’inquiétude. Il concéda enfin à se lever et fit :
-Bon ben… Allons-y…
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