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 (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits

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Dino
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MessageSujet: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Jeu 6 Juil à 11:08

Titre : Mourir, c’est pas bon pour la santé 2 – Esprit que t’as peur des esprits
Auteur : Roxanne Daraiche-Bédard
Disclamer : Tout ce qui a été inventé par Claude Legault et Pierre-Yves Bernard (genre les membres d’équipage, le Romano…) appartient à Claude Legault et Pierre-Yves Bernard. Le reste vient de ma tête de disjonctée!
Genre : Action et peut-être un mini-peu drame et comédie, mais ce ne sont pas les bases de la fic
Rating : PG-13
Résumé : Junos a maintenant 17 ans. Lors de sa première mission sur une planète, il apprend que celle découverte par l’équipage du Romano-Fafard est en danger. Ainsi, Luca Bouchard, les jumelles Amélie et Émilie Patenaude-Leclerc et lui-même partirons en douce du Romno-Fafard pour affronter ces envahisseurs qui connaissent bien la mère du jeune Spitfire-Auger.
Spoiler : Absolument aucun, à moins que ça change

Prologue

C’était une grotte souterraine immense, bâtie à la manière d’une cathédrale sans banc. Il régnait en ces lieux une chaleur infernale et des lueurs rougeâtres s’étendaient partout dans la pièce pour renforcer le look fournaise de l’endroit. Il coulait une rivière de lave derrière un petit hôtel au fond de la grotte, puis elle continuait sur le côté gauche de l’antre et pénétrait dans un passage étroit creusé dans la roche. À l’opposé complètement de l’hôtel se trouvait de grandes portes de pierres constellées de runes antiques gravées dessus qui donnaient un air majestueux à la structure.

Sur l’hôtel était disposé une grande boite de verre contenant les ossements d’un cadavre vieux de dix-sept ans. Le corps avait jadis appartenu à une jeune femme sans défense qui avait agis de manière imprudente et qui s’était fait capturé par un dénommé Tricati, maintenant un quasi dieu chez le peuple Latérien.

On s’apprêtait à ramener Tricati des enfers. Après tout, n’était-ce pas lui qui avait permis la libération de cinq autres Latériens? Et grâce à ces cinq Latériens, la race pourrait trouver de nouveaux corps à posséder et enfin sortir de sa prison qu’était le centre de sa planète. Tout ça grâce à Tricati… Il méritait bien qu’on le ramène pour faire parti de l’expédition, non?

Parmis tous les Latériens présents, les cinq seuls à posséder un corps d’accueil se placèrent devant l’hôtel pour procéder à la cérémonie de résurrection. Cérémonie qui ne fonctionnait que lorsqu’au moins quinze mille individus étaient présent et voulaient la renaissance de la personne choisie. Le peuple avait bien répondu à l’appel. Pas moins de vingt-cinq mille trois cent personnes étaient présentes.

Deux des cinq humains discutaient à voix basse tout en continuant les préparatifs pour la cérémonie.
-Héphaïstos?
La première avait l’apparence d’une belle femme début quarantaine aux cheveux bruns et fins ainsi que des yeux presque noirs. Elle s’était adressé à un autre Latérien qui lui avait le corps d’un homme grand et costaud dans le même âge, les cheveux blonds en batailles et les yeux bruns clairs qui avait jadis été à un mercenaire à bord d’un vaisseau terrien.
-Quoi? demanda-t-il à la femme.
-Crois-tu que ça va fonctionner? Je veux dire… le grand Tricati à été tué de la pire manière possible pour notre espèce. Est-ce que le rituel fonctionne aussi quand on a eu une mort aussi terrible?
-Je n’en sais rien, Nuange, répondit le dénommé Héphaïstos. C’est la première fois que j’assise à ce genre de cérémonie et j’ignore comment ça va se passer.
Il alluma des chandelles noires et blanches qu’il disposa à des endroits stratégiques autour de l’hôtel.

Nuange le suivit, des objets pour les préparatifs pleins les bras dont Héphaïstos s’emparait pour les mettre à leur place et les arranger correctement.
-Tu crois qu’on court un risque en faisant ça? demanda Nuange.
-Je t’ai déjà dit que je n’en sais rien. Je n’ai que quatre cent cinquante-trois ans, moi! Je suis tout aussi jeune et ignorant que toi et je n’ai jamais assisté à une telle cérémonie. Tu commence à me taper sérieusement sur les nerfs.
-Mais…
-Tais-toi ou je te jette dans la lave!
Nuange se tue et continua en silence de faire la porteuse pour Héphaïstos.

Tout était en place. Héphaïstos et Nuange étaient dans les rangs silencieux comme tous les autres Latériens. Ils étaient en avant du cortège avec les trois autres « humains » car leur taille inférieure à celle des démons les auraient empêchés de voir. Tous attendaient l’arrivée du grand prêtre Navid qui était chargé de présider les événements.

Les grandes portes de pierres s’ouvrirent alors pour laisser passer Navid. Le prêtre était un Latérien plutôt petit vêtu d’une ample tunique de soie blanche brodée de fils dorés. Le bout des manches, le col et le bas de la tuniques étaient sertis de petits saphirs et d’émeraudes qui brillaient à la lumière de la rivière de lave. Navid avait le dos courbé, signe de son âge avancé. Sa peau brune n’était plus lisse mais bien parsemée de plis.

Le prêtre arriva à l’hôtel entouré de chandelles bénites de toutes les couleurs. Il commença à réciter des mots dans la langue des anciens et parla longtemps, longtemps sans que rien ne se produise. Nuange commençait à s’endormir lorsqu’il se produit enfin quelque chose d’intéressant.

Navid avait commencé à parler dans la langue commune latérienne.
-J’appel de l’au-delà l’esprit du grand Tricati pour qu’il se manifeste parmi nous et qu’il nous aide à conquérir la surface. Tricati, si tu entend ma voix, manifeste-toi au peuple qui t’attend, je te l’ordonne!

Les Latériens dans la salle avaient commencé à entonner un vieux chant en langue ancienne dont ils ne comprenaient pas les paroles pour la majorité. Héphaïstos dû donner un coup de coude dans les côtes de Nuange pour qu’elle sorte de la lune et se joigne au chant.

Au centre du cercle de chandelles, juste devant l’hôtel, une grande masse de lumière blanche commença à apparaître. La masse se modela, se transforma, comme pétrie par des mains invisibles. Elle prenait peu à peu la forme d’un Latérien. Le spectacle était époustouflant à voir. Puis, la lumière se dissipa. Nuange comprit alors pourquoi on avait ramené Tricati à la vie. Ce n’était non pas seulement parce qu’il avait commencé la conquête de la surface, mais aussi en raison de la manière dont il pourrait continuer son œuvre. En effet, la Latérienne n’avait jamais vu quelqu’un d’aussi grand et d’aussi musclé. Il y avait un air féroce sur son visage de démon et il ne semblait pas de bonne humeur.

Le grand Tricati regarda longuement autour de lui. Puis, ses yeux se posèrent sur Navid.
-Tricati! Heureux de voir que vous avez entendu mon appel, fit le prêtre qui ne semblait pas du tout intimidé par l’énorme Latérien devant lui.
-J’attend cet appel depuis dix-sept ans. Pourquoi avoir été aussi long?
-Je comprend votre colère. Mais c’est aujourd’hui que le peuple à besoin de vous pour conquérir la surface. Vous et votre quasi immortalité.
Navid pointa la boîte de verre sur l’hôtel. Tricati prit la boîte dans ses mains et la brisa sur le sol, éparpillant ainsi un peu partout les ossements qu’elle contenait. Grand nombre des gens du peuple sursautèrent, dont Nuange qui, par réflexe, avait saisit la main d’Héphaïstos. Celui-ci s’était libéré en la regardant de travers.

Navid rassembla rapidement les ossements et reconstitua le cadavre sur le sol pour lui redonner sa forme d’origine. Il murmura une formule magique et les os se soudèrent en une plaque rectangulaire lisse et mince. Il releva ensuite la tête vers Tricati.
-Je suppose que vous savez ce que j’entendait par « quasi-immortalité », fit le prêtre. Vous devez dire cinq critères, et toute personne voulant vous tuer devra répondre à cette description. Si vous donnez des critères assez précis, il risque de n’exister qu’une ou deux personnes pouvant vous éliminer définitivement dans tout l’univers.
Tricati sourit.
-Premièrement, cet personne devra être un homme.
Navid tendit une main vers la plaque d’os. Un rayon rouge-orange en sorti et percuta la plaque sur laquelle se grava les commandements du ressuscité.
-Deuxièmement, cet homme devra avoir visité les entrailles de la femme à qui appartenait mon ancien corps.
Navid sourit en gravant l’instructions de nouveau sur la plaque. Juste ce critère éliminait presque l’univers tout entier.
-Troisièmement, cet homme devra parler aux morts. Quatrièmement, cet homme devra avoir une volonté de fer. Cinquièmement, cet homme devra avoir connu la peur. Pas la peur que peut causer une chute de vélo, mais la peur constante et obsédante qui dure plusieurs années. La VRAIE peur.
Navid avait docilement gravé chacun des critères sur la plaque d’os avec un sourire. Non, ça n’était pas n’importe quel homme qui pourrait répondre à cet description et éliminer Tricati une fois pour toutes.


Dernière édition par Dino le Jeu 23 Juil à 20:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Jeu 6 Juil à 16:29

Chapitre 1, Papa et fiston

Depuis quatorze ans que la mission était terminée. Quatorze ans que les terriens habitaient la planète Youkoulélé.* Quatorze ans que le vaisseau spatial Romano-Fafard errait dans l’univers à la recherche d’une planète pour son équipage qui fuyait leur espèce et la destruction qu’elle menait avec elle. Qui fuyait la pollution et la destruction.

Il s’en était passé des choses en quatorze ans. Par exemple, Flavien avait appris qu’il était le fils d’un extraterrestre nommé Richard Cuisse de lion. Serge était rendu au vingtième du nom. Charles et Valence avaient eu des jumelles mais malheureusement, cinq ans plus tard, ils s’étaient séparés. Pétrolia avait beaucoup fraternisé avec son cousin Vivaneslav. D’ailleurs, à eux deux, ils apprenaient le russe au petit garçon que la technicienne avait eut avec Flavien. Le jeune couple allait on ne peut mieux.

Et finalement, Brad… Tous croyaient que la présence de son fils le radoucirait. C’était presque vrai. Non, Brad ne s’attirait plus des coups de poing en plein visage de personne, même pas de Bob, mais peut-être que cela serait mieux pour lui. En effet, cette clémence venait du fait qu’il accumulait dépression par dessus dépression. Il était devenu un peu fou sur les bords. Son regard était absent et il travaillait longuement, souvent en parlant tout seul. On l’entendait rarement donner son opinion. Le plus souvent, lorsqu’il prenait la parole, sa voix sonnait faux un peu. Il prenait moins bien soin de lui et ça paraissait.

Un bon matin de novembre, les quatre seuls adolescents du vaisseau s’étaient retirés dans les cartiers qui leurs étaient alloués.
-On s’en fou de pas avoir de raison, fit Lucas d’un ton enjoué. On a pas besoin d’avoir un bon prétexte pour partir sur le party. En plus, les adultes sont stressés ces temps-ci. Ça les détendrait, surtout si on s’occupe de tout et qu’ils ont juste à s’amuser.
Lucas Bouchard était le fils de Flavien et Pétrolia. Âgé de treize ans, il avait les cheveux auburn et les yeux bruns. Lucas était un mixte parfait entre ses parents, autant physiquement que psychologiquement. Cependant, pour une raison inconnue, sa petite taille le complexait.

Ses arguments furent vites éliminés.
-Lucas, j’te rappel que ça prend du temps à organiser, un party, rétorqua Amélie.
Amélie Patenaude-Leclerc était une jeune fille âgée de quatorze ans. De grands yeux bleu-gris, comme ceux de son père Charles, de longs cheveux blonds-roux, comme ceux de sa mère Valence, elle avait d’ailleurs une queue de cheval haute dans le même style qu’elle. Physiquement, elle était identique à sa sœur jumelle, mais oh combien différente de caractère.
-Même si ça prend du temps, c’est pas grave. Le résultat en vaudra sûrement la peine.
Émilie Patenaude-Leclerc venait de s’exprimer. Pour Lucas, le seul moyen de la différencier de sa sœur, c’était qu’elle n’avait pas une couette mais bien deux lulus.

Le seul qui s’était abstenu de tout commentaire jusqu’à maintenant, c’était un beau jeune homme de dix-sept ans. Cachés derrière des lunettes à la monture argentée, ses yeux pers et sombres fixaient ses amis tour à tour. Ses yeux était le seul trait physique que Junos Spitfire-Auger avait hérité de son père. Il tenait tout le reste de sa mère. Même sa taille et sa carrure n’étaient pas celles de Brad. Il était de taille moyenne, et non très grand, et possédait de larges épaules léguées par sa mère. Enfin, Junos supposait que sa mère devait être bien bâtie pour une femme puisque son père était chétif comme tout. De plus, l’adolescent devait bien être le premier Spitfire blond de l’histoire.

Le garçon soupira avant de donner son opinion.
-Vous devriez peut-être demander aux adultes avant de faire quoi que ce soit.
-Ouen… Ça serait peut-être une bonne idée, admit Amélie.
-Oh, oh! Arrête de faire Monsieur-le-bon-garçon-responsable, Ju, réprimanda Lucas. T’es aussi con que moi pis tu le sais très bien!
Cette réplique arracha un sourire à Junos.
-Non, sérieux, moi je dis qu’on leur fait une surprise. Ça les détendrait, continua le benjamin du vaisseau.
Son ami approuva d’un signe de tête.

Émilie avait le regard songeur.
-Moi, tant qu’il y a de la musique. On va pouvoir s’arranger pour que maman pis papa dansent un slow ensemble, pis, avec un peu de chance, ils vont revenir ensemble.
-Oui! M’man pis p’pa en amuuuurrr! s’enthousiasma sa sœur.
Les deux jumelles se mirent à parler de tous les scénarios possibles pour que leurs parents oublient leur rupture qui avait eu lieu neuf ans plus tôt et qu’ils renouent les liens.

Lucas sourit en les écoutant. Elles sortaient des idées toutes plus saugrenues les unes que les autres. Enfin, il les écouta jusqu’à ce qu’il s’aperçoive l’air renfrogné de Junos.
-Heu… Les filles? Ouen, c’est juste que..
Les jumelles semblaient trop occupées pour entendre Lucas. Elles ne se rendirent compte de leur erreur uniquement lorsque, sans avertissement et d’un geste brusque, Junos se lève et se dirige vers la sortie.
-Désolé Junos! On voulait pas te rappeler que…
-On s’excuse! On avait oublié que… Ben que, là. On y avait pas pensé.
-Bof, répondit le garçon avec un léger sourire. Vivez normalement tant que vous pouvez.
Là-dessus, il quitta le dortoir.

Junos était très sensible sur le fait que lui, il ne verrait jamais ses parents ensemble pour la pure et simple raison que sa mère était morte depuis dix-sept ans. De plus, même si elle aurait été encore présente, son père en constante dépression aurait-il su la combler? Et lui-même, en tant que fils, aurait-il pu faire plus d’efforts pour éviter autant de conflits avec lui? Il ne le saurait sûrement jamais.

Junos avait cherché à en savoir le plus possible sur sa mère. Il savait des adultes qu’elle était capitaine et qu’elle se prénommait Indiana. Et aussi qu’elle était décédée à vingt-et-un ans, peu après lui avoir donné naissance… Malheureusement, personne n’avait connu sa mère sur le vaisseau. Personne ne pouvait donc lui en dire plus. Personne à part son père, Vivaneslav et Pétrolia, qui l’avais connu quelques minutes avant sa mort.

L’adolescent avait déjà tiré tout ce qu’il pouvait de la technicienne : Indiana Auger fut jadis une fille sympa. De Vivaneslav, il avait pu en savoir un peu plus. Il avait appris que sa mère était une excellente commandante qui était très courageuse, un peu comme Charles, leur capitaine à eux dans le fond. Elle était à l’écoute de ses membres d’équipage, mais elle avait un sacré caractère! Cependant, l’ex-technicien radar ne l’avait connu que sous les traits d’une capitaine, et il en savait donc peu sur son passé. La seule personne qui pouvait l’éclairer là-dessus, c’était son père, Brad.

Jusqu’à maintenant, Junos avait réussis à éviter de parler de sa mère devant lui, et il aurait bien souhaiter continuer de le faire. Pour une raison qu’il ignorait, il n’aimait pas se retrouver seul avec lui. C’est en soupirant que l’adolescent se rendit aux dortoirs ou il était certain de trouver son père.

En effet, lorsqu’il arriva, Junos trouva Brad étendu dans son lit. Il fixait la couchette au-dessus de lui avec un air absent. Il devait penser à de belles choses car un léger sourire éclairait son visage.
-Hum… Papa?
Brad tourna la tête vers lui et s’assit sur le bord de son lit. Junos prit place à ses côtés.
-C’est rare que tu viens me voir, fit Brad avec une voit douce. Qu’est-ce que t’as?
-Je voulais savoir si… si tu pouvais me parler de maman.
Brad soupira.
-J’aurais du me douter qu’après Vivaneslav, après le récit de sa mort par Pétrolia pis l’aventure qui l’a précédé par le capitaine, tu finirais par te souvenir que j’existais.
-Peux-tu m’en parler oui ou non, coupa brusquement le fils.
Brad soupira de nouveau. Un léger sourire nostalgique apparu sur ses lèvres.
-Ta mère… Ma belle Indiana. C’était une femme si… si exceptionnelle. Tu lui ressemble comme deux gouttes d’eau. La seule différence, c’est les yeux. T’as les même que moi. Elle était… Belle, c’était pas un mot assez fort pour la décrire. En fait, la déesse Aphrodite devait ressembler à ça. Elle t’avait aussi tout un caractère! C’était une femme très cultivée et très ouverte. Elle se fiait pas à l’opinion des autres pour juger quelque chose ou quelqu’un. Tu peux pas savoir comment je l’aimais.
Junos lui fit un sourire compatissant.

-Tu peux me parler de ce que t’as vécu avec elle?
Brad hocha la tête. Il était heureux de l’attitude soudainement gentille, respectueuse et intéressée que son fils lui accordait, même s’il la savait de courte durée.
-Moi pis elle, on s’est connu à l’école. Elle venait me demander des conseils en math. Moi, j’étais certain d’encore me faire écœurer. Mais non, elle voulait juste de l’aide. À partir de ce jour là, on est devenus amis. Enfin… Pour quelques temps. Ça l’a pas été trop long que je suis viré fou amoureux d’elle. Ça m’a prit beaucoup de temps à le réaliser, pis encore plus à l’accepter. Je lui ait fait comprendre que je l’aimais en l’invitant à notre bal des finissants, en secondaire cinq.
-Pis qu’est-ce qu’elle a dit? demanda Junos, avide de détails.
Le sourire de Brad s’élargit.
-Elle a accepté en m’embrassant. Je sens encore ses lèvres se coller sur les miennes. Si chaudes et si douces… Ce premier baiser là à été magique.

Junos se demanda subitement comment une fille pouvait avoir le goût d’embrasser son père.
-Je me souviens, quand on est revenu du bal, continua le père, je me suis mit à genou devant elle pis je me suis mit à lui chanter Belle. Pas trop fort parce que y’a du monde qui dormait, mais j’ai chanté pareil. Après, je me suis relevé, je l’ai regardé dans les yeux pis je lui ai dit pour la première fois que je l’aimais. Devine quoi? Elle l’a dit, elle aussi! Elle m’aimait! J’aurai tellement aimé lui parler une dernière fois avant qu’elle meure…
-T’aurais sûrement pu faire quelque chose pour la sauver. T’aurais pu rester sur la planète avec elle!
Le sourire de Brad, déjà rétrécit de moitié, s’évanouit complètement.

Cette réplique de son fils avait eu l’effet d’une douche froide sur le scientifique. Comment cet enfant pouvait-il prétendre qu’il était responsable de la mort de sa mère alors qu’il était trop jeune lors de son décès pour se souvenir de quoi que ce soit? C’était le genre de réplique que Junos lançait souvent à l’improviste et qui avait le don de blesser profondément Brad.
-C’est le capitaine qui a prit la décision, fit-il. Pas moi.
-Ben moi, je suis certain que t’aurais pu la sauver si tu l’aurais vraiment voulu.
-Es-tu en train d’insinuer que j’aimais pas assez ta mère pour la sauver?
Brad se sentait tout bizarre. Un mélange de fureur et de tristesse l’habitait.

Junos regarda son père dans les yeux d’un air dur. Il se leva et se dirigea vers la porte du dortoir. Avant de disparaître dans le couloir, il se tourna vers son père et dit :
-J’insinue rien. J’affirme.
Et la porte coulissante se referma derrière lui.

Brad se recoucha, bouleversé comment il l’avait si souvent été au cours des dix-sept dernières années.



*Vive le tit frère à mon amie!
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Mar 11 Juil à 12:54

Chapitre 2, Preuves de confiance

Le capitaine était dans la salle de commandement avec Flavien et Bob.
-Flavien? À quelle distance somme-nous de la planète Julie Snyder? demanda le capitaine.
L’opérateur radar pianota sur quelques touches de son radar avant de se tourner vers son supérieur.
-À environ 20 000 castors, capitaine.
-Bien. Ce qui veut dire?
-C’est à peu près 40 000 ouaouarons.
-Non, en distance normale, Flavien!
-Cinq kilomètres. Plus près que ça pis on est dans son orbite.
Le capitaine hocha la tête et fit signe à Bob de se mettre en orbite. L’opération faite, le pilote parti se chercher à manger et son meilleur ami le suivit.

Le capitaine s’assit sur son siège. Alors qu’il allait sortir ces cartes stellaires de ce coin de l’univers pour les étudier plus en détail, il entendit la porte de la salle de commandement s’ouvrir. Se retournant, il vit Émilie entrer.
-Salut papa, fit-elle.
-Salut ma puce, répondit Charles. Je voulais justement te parler. Tsé que demain, m’a envoyer du monde pour aller chercher des échantillons de sol pis tout ça sur la planète Julie Snyder.
-Ah. C’est cool. Mais en quoi ça me concerne exactement?
-Ben… T’as jamais visité de planète sans adultes pour te surveiller, hein?
-Ouen, pis?
-Ben… Ta sœur pis les garçons non plus. Je me suis dit que vous pourriez aller sur Julie-Snyder tous les quatre. J’ai déjà demandé à ta mère pis aux parents des gars et ils sont tous d’accords.
Une énorme sourire illumina le visage d’Émilie.
-Pour vrai?!? On va pouvoir explorer une planète TOUT SEULS?!?
-Oui, oui. Tout seuls. Es-tu contente?
-Si je suis contente? Franchement, la question se pose même pas! Mets-en que je suis contente! On va explorer tout seuls! Comme Mario sur l’île Delphino!* Je m’en vais dire ça aux autres! Yaouh!!!!!!!!
Charles regarda sa fille sortir de la salle de commandement. En la voyant gambader ainsi, le capitaine sourit.

**********
-Youpi!!!!!
Dans le local de jeux vidéos, Émilie venait de raconter la bonne nouvelle. Sa sœur l’avait écouté avec attention et se réjouissait de leur expérience à venir. Lucas et Junos, eux, étaient beaucoup trop concentrés sur leur course au nintendo pour écouter qui que ce soit.
-Ah! J’ai encore gagné! fit le plus jeune des garçons avec un sourire.
-J’ai gagné la course d’avant, j’te rappel, rétorqua Junos en posant sa manette par terre.
-Pis? J’ai gagné toutes les autres. Tu veux juste pas admettre que je puisse te surpasser à quelque part!
Les deux garçons continuèrent à se disputer sans s’occuper des jumelles.

Amélie finit par s’impatienter et s’éclaircit bruyamment la gorge. Le « hum, hum » qui en résultat lui attira l’attention de Lucas et Junos.
-Vous êtes là vous autres? s’étonna le plus jeune.
-Hein! Pas pour vrai! s’exclama Amélie d’un ton sarcastique.
Profitant du silence passager des gars, Émilie prit la parole.
-Arrêtez de niaiser pis écoutez-moi. Demain, on va aller explorer Julie-Snyder tous les quatre! C’est cool, han!
-Julie Snyder… répéta Junos. Elle était pas déjà avec quelqu’un, elle?
-Franchement Junos, s’indigna Amélie. La planète, pas la fille!
-Ah! Messemblait aussi que ça tenait pas debout ton affaire!
Les jumelles lui firent de gros yeux.

Lucas décida de rompre le silence avant que les gros yeux ne cèdent place aux gros mots.
-On se reprendra pour la fête qu’on voulait faire. En tout cas, moi, je m’en vais. J’ai un cours de russe avec ma mère pis Vivaneslav dans quelques minutes.
Et il quitta la pièce sans dire un mot.

**********
Ce soir là, Brad était toujours dans la salle de commandement en train de faire des analyses et des calculs. Il était désormais dans ses habitudes de travailler plus tard. Il se sentais plus à l’aise pour faire sa besogne dans le calme et le silence.

Le scientifique releva la tête. Il venait d’entendre la porte de la salle de commandement s’ouvrir. Sans même prendre la peine de regarder qui était entré, il replongea le nez dans son travail.
-Je me doutais bien que vous étiez encore ici, Brad.
Une main se posant sur son épaule l’obligea à relever la tête. Il pu alors apercevoir le sourire triste de Valence.
-Salut Valence.
Il s’en alla pour retourner dans ses rapports de sonde mais la psychologue le prit par le menton pour lui tourner la tête vers elle.
-Ça pas l’air d’aller, vous.
-Bof… Ça va pas pire que d’habitude, répondit le scientifique.
-Je parlais pas d’aujourd’hui ou encore de cette semaine, mais bien des dix dernières années. Faites pas votre innocent, Brad. Je sais que ça va mal. Que quelque chose vous gruge le cœur depuis bien longtemps.
Brad regarda longuement la psychologue. Devait-il avouer ses problèmes à la femme? De toutes manières, elle finirait bien par trouve ce qui l’agaçait.

Il décida que ce confier, ça ne pouvait pas le tuer.
-Vous me jurez que vous direz pas rien, han? Surtout pas à Junos?
-Je vous le jure sur la tête de mes filles, Brad. Je vais seulement vous écouter, c’est tout.
-Ben… mon gars, c’est un peu ça le problème. Je suis pas un bon père pour lui. Dans ses yeux, c’est le seul endroit ou je vois pas sa mère. Mais je me vois pas moi non plus, même si on a les même yeux. Ni même ma mère de qui je les retiens. Je vois mon père à moi. Il me regardait de la même manière. Valence… Mon propre fils me déteste! C’est tu assez loser à votre goût, ça? J’aurai tellement voulu lui offrir une plus belle vie. Si Indiana serait encore là, elle aurait su me guider. Mais elle est partie en me laissant un flot dans les bras pis elle reviendra pas! J’en peut pus! Y’a des jours ou je voudrais en finir, mais je pense à la maudite promesse que je lui ait faite à sa mort.
Valence hocha la tête et prit un air désolé.
-Vous êtes loin d’être un mauvais père. J’vous le jure. Vous êtes tout aussi doué là-dedans que Flavien ou Charles. C’est juste que vous avez moins confiance en vous. C’est normal, je suppose. Ça doit pas être évident d’être un père monoparental.
Braf fit un non de la tête. Égale à elle-même, Valence l’attira contre lui. Elle se senti toute de travers en réalisant qu’il pleurait contre son épaule.

Même si elle le savait en dépression répétée, elle fut surprise de voir qu’il acceptait son aide. Elle le fut encore plus de le voir en larmes devant quelqu’un, une femme surtout. Voulant se faire rassurante, elle lui frotta le dos pour le réconforter. Le scientifique se blottit d’avantage sur elle. Le visage au creux du cou de la psychologue, Brad tentait de calmer ses pleurs. Il la sentait lui ébouriffer les cheveux et accoter sa tête contre la sienne. Ça lui faisait du bien de se faire coller un peu et de se sentir apprécié.
-Valence, fit-il, je suis bien dans vos bras. C’est rare que j’ai eu autant confiance en quelqu’un.
La psychologue sourit et retint une exclamation de joie. Ça lui avait prit presque vingt ans et il refuserait certainement tout de même de lui parler de son passé, mais au moins, elle avait réussis à la convaincre de se confier à elle.

**********
Junos se réveilla dans son lit, situé dans le dortoir commun des quatre ados du vaisseau. Tenaillé par la soif, il regarda son cadran aux chiffres lumineux placé sur une table près de lui. Il indiquait une heure du matin.
-Maudit! Pourquoi il faut toujours que je me réveille à cette heure là?
Bougonnant contre lui-même, il se leva et sorti du dortoir.

Junos se dirigea vers la salle de bain. Il fit couler le robinet et mit ses mains sous le jet pour en recueillir l’eau. Ça ne lui tentait pas vraiment d’aller se chercher un verre. Il en but un peu puis s’en aspergea le visage. Le contact du liquide froid sur sa peau le fit sourire en le rafraîchissant de la chaleur qui s’était éprise de lui.

Alors que le garçon s’apprêtait à fermer la lumière de la salle de bain et a quitter la pièce, il se senti soudainement observé. Pourtant, la pièce était vide. Il regarda autour de lui pour s’en assurer et constata qu’il n’y avait effectivement pas âme qui vive dans les environs.

En se tournant pour être de nouveau face à la porte de la pièce, son regard croisa le miroir. Junos avait eu l’impression de le voir étrangement opaque. Le garçon se tourna vers l’objet et l’observa de plus près. On aurait dit qu’il y avait de la fumée à l’intérieur. Intrigué, il s’approcha. Il regarda le miroir et constata qu’il y avait réellement de la boucane à l’intérieur!

Junos s’avança d’avantage vers l’étrange objet et tenta de voir au travers des volutes de fumée noire. Il s’approcha, s’approcha. Son nez touchait presque la surface lisse du miroir. Apparut soudainement une forme squelettique et dégoûtante qui ressemblait étrangement à un cadavre humain à moitié décomposé. La seconde même ou elle était apparue, la chose poussa un cri a glacer le sang et bondit vers Junos, comme pour sauter hors du miroir. L’adolescent poussa à un tour un cri mêlé de surprise, d’horreur et de dégoût. Il s’éloigna si rapidement de cette horreur qu’il s’enfargea et tomba par terre sur le derrière.

Il regarda le miroir. Comme il était au sol, le comptoir du lavabo lui cachait un peu la vu, mais il s’en serait tout de même aperçut si cette bestiole immonde était sortie. Ce n’était pas le cas, d’ailleurs.

Junos se releva en massant ses pauvres fesses, endolories par sa chute. « Ça devait être mon imagination qui me jouait des tours », se dit-il. Comme il trouvait la vision un peu trop réaliste à son goût, il consenti à regarder le miroir de nouveau pour se rassurer.

La créature immonde avait bel et bien disparue. Malheureusement, elle avait été remplacée par l’image d’un immense cimetière.
-Ok, mon p’tit Junos. Là, tu ferais mieux d’aller te coucher parce que t’es en train de faire un cauchemar éveillé!
Fermant la lumière de la salle de bain, il sorti de la pièce et retourna aux dortoirs.



*Vive Super Mario Sunshine!
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Dim 16 Juil à 9:44

Chapitre 3, « Cime » pour « Cimetière »

Tout l’équipage était réuni dans la salle de commandement. Le seul qui était absent, c’était Serge-20, car il était en recharge de batteries. Les parents avaient tous le sourire aux lèvres, même Brad. Après tout, ce n’était pas tous les jours que l’on voyait ses enfants partir pour leur première mission, même si elle était aussi banale qu’une simple exploration. Le capitaine avait remit une arme à chacun des quatre ados, au cas ou. Il espérait cependant qu’ils n’auraient pas à s’en servir.

Valence et Pétrolia rayonnaient en serrant leurs enfants contre elles. Charles et Flavien souriaient. Même Bob et Vivaneslav semblaient fiers. Après tout, n’avaient-ils pas participé indirectement à l’éducation de ces jeunes gens? Brad, assis au fond de la pièce, contemplait son fils avait un léger sourire sur les lèvres.

Lucas, Junos, Amélie et Émilie se mirent au garde-à-vous devant le capitaine.
-Lucas Bouchard, Junos Spitfire-Auger, Amélie et Émilie Patenaude-Leclerc, fit le capitaine, vous complétez une première mmmission pour le Romano-Fafard. Vous faites maintenant parti de l’équipage à part entière. Pour confirmer cela officiellement, je dois cependant vous donner un poste.
Les quatre adolescents se regardèrent à tour de rôle. On allait enfin leur donner un poste à bord! Junos était le plus impatient des quatre. Étant le plus vieux et aussi le seul né lors de la mission première du Romano-Fafard, il était plus impatient que les autres.

Charles s’avanças vers Lucas.
-Tu as su nous montrer à tous que la curiosité n’était pas un si vilain défaut et que, au contraire, elle permettait de comprendre des choses complexes et d’en créer de nouvelles grâce à cela. Ton grand talent en patentage nous est très utile, Lucas, et il te vaudra le poste d’assistant technicien.
Le jeune Bouchard se tourna vers sa mère le visage rayonnant. Pétrolia le regardait d’un air fier.

Charles alla ensuite voir Émilie.
-Ma petite Émilie. Depuis ta naissance, tu nous a montré le don que tu avais de comprendre les gens. Cette capacité que tu avais de leur donner un coup de pouce et de les rendre à l’aise en tout temps, comme ta mère. C’est pour cela que je te nomme assistante psychologue.
Émilie se tourna elle aussi vers sa mère. Valence se réjouit de la voir aussi souriante.

Le capitaine se posta devant sa deuxième fille.
-Moi et Flavien, nous avions besoin de quelqu’un pour prendre les commandes en notre absence. Nous nous sommes consultés tous les deux. Nous avons décidés de mettre en poste quelqu’un qui a un leadership et un sens du devoir très élevé. Cette personne, c’est toi, Amélie. Tu es notre seconde-second officier.
L’adolescente resta figée, les yeux grands ouverts, comme si elle n’arrivait pas à croire l’honneur qu’on lui faisait.

Junos, lui, avait vu son sourire diminuer. Les trois autres avant lui avaient eu un poste d’assistants auprès de leurs parents. Ors, ça ne lui tentait absolument pas de travailler avec son père, et encore moins de travailler en sciences. Cependant, lorsque le capitaine se mit face à lui, Junos se força à lui faire son plus beau sourire.
-Avec ton sang froid et ton courage, ainsi que ta force psychologique et physique, tu nous as prouvé que tu ferais un redoutable adversaire. Nous avons besoin d’un mercenaire digne de Falbo Gotta à bord de ce vaisseau, et autant de cœur que Terge… Lerge… notre androïde de bord puisse avoir, ses pannes sont trop courantes pour qu’il soit vraiment fiable. Junos, c’est pour cela que je te nomme mercenaire.
Le garçon senti une vague de joie l’envahir. En plus de ne pas être scientifique, il était le seul a ne pas être assistant! En plus, le capitaine lui avait dit qu’il voulait un mercenaire digne de Falbo Gotta, l’homme dont il avait si souvent entendu parler dans les histoires que leur racontaient les adultes quand il étaient plus jeunes. Wow!

Charles regarda les quatre ados à tour de rôle puis dit :
-En route pour votre première mission. Et n’oubliez pas que nul n’est prophète… sauf… sauf peut-être Jésus.
Le capitaine fronça les sourcils, loin d’être certain de ce proverbe étrange.

**********
Sur la planète, Amélie avait prit le contrôle des opérations.
-Ok, fit-elle. Il reste quoi a prendre comme échantillons?
-Rien, répondit sa jumelle en observant la panoplie de sacs Ziploc devant elle. On a tout.
-Cool! On fais quoi maintenant? On rentre sur le vaisseau ou on continue a explorer?
-En théorie, quand votre père pis le mien sont pas là, c’est toi qui commande, Amé, rappela Lucas.
-Ben trop vrai! Alors on explore, décida la seconde-second officier. Qui m’aime me suive.
Sur ce, elle s’éloigna d’un pas dansant, sa sœur sur les talons. Lucas et Junos se regardèrent avant de dévisager les jumelles et de leur emboîter le pas.

La petite troupe marcha longuement en appréciant sa nouvelle liberté. Sur leur parcours se dressa alors une haute grille qui leur bloquait le passage. Derrière elle se trouvait des milliers de stèles étranges alignées en rangées et parfois séparées par un sentier de pierre.
-On dirait un genre de cimetière, fit Lucas en exprimant l’opinion de chacun.
Amélie avait agrippé la grille et commencé à l’escalader.
-Quessé tu fou? s’exclama sa sœur.
-C’est pas une stupide clôture qui va m’empêcher d’explorer.
-Oui, mais Amé, rétorqua Émilie. C’est un cimetière! Y’as des cadavres partout!
Lucas la regarda avec un regard amusé.

Il évalua la grille du regard et commença à l’escalader lui aussi.
-Lucas!
-Émilie, tu l’as dis toi-même : y’a des morts partout. Des morts! Quessé tu veux qui nous fouttent? Qu’ils sortent leurs mains de sous terre pour nous entraîner dans leurs tombes?
-Qu’est-ce que tu fait des Boos, han? Sont morts pis y’attaquent Mario pareil!
Le garçon atteint le haut de la grille en riant de sa propre plaisanterie et de la dernière réplique d’Émilie avec Amélie qui était déjà rendue au sol.

Junos allait les suivre lui aussi avec un sourire aux lèvres lorsqu’il eut un violent flash-back. Il revit la tête immonde dans le miroir le matin même. La vision avait été brève, mais elle avait suffit à le faire hésiter.
-Junos, n’y vas pas. Je t’en supplie, fit une voix derrière lui.
L’adolescent se tourna vers Émilie.
-Pourquoi?
-Pourquoi quoi? demanda son amie d’un ton surpris. J’ai rien dit, moi!
Junos constata alors que sa voix n’était pas celle qu’il avait entendu.

Il secoua vigoureusement la tête.
-Rien. Rien du tout. Juste que j’ai changé d’idée. Finalement, j’y vais pas.
-Chicken! fit Lucas qui avait finit de traverser la grille. Toi, Émi, tu viens-tu?
-Come on, Émi, intima Amélie. Viens.
-Heu… ok, je viens.
Émilie commença à son tour à escalader la grille.
-Revenez, somma Junos. J’ai un mauvais pressentiment. C’est dangereux. Je le sais, je le sens.
-Pourquoi on reviendrait? demanda Amélie. Parce que t’as peur?
-Ouen, chicken! répéta Lucas.
Junos eut beau sortir tous les arguments qu’il trouva, dès qu’Émilie eut franchit la grille, ils s’en éloignèrent en riant.
-Les idiots, marmonna Junos.
L’adolescent était maintenant seul.

En soupirant, Junos alla s’asseoir à l’ombre d’un arbre au feuillage coloré et jeta son matériel d’exploration par terre. Il attendit de longues minutes sans que rien n’arrive. Puis…
-Bou!
-Ah!!!!!!
Junos sursauta et se leva d’un bond. Il se tourna et vit devant ses yeux une femme qui devait avoir à peu près cinq ans de plus que lui. Elle avait de longs cheveux blonds attachés en couette et les mèches rebelles de son toupet lui retombaient sur le visage. Il ressenti quelque chose d’étrange en la voyant, un genre de plaisir à la regarder. N’ayant jamais vu d’autres femmes Valence et Pétrolia, cela lui prit du temps à se rendre compte que cette sensation n’était nul autre que le fait qu’il la trouvait belle.
-Qui êtes-vous?
-Théoriquement, étant morte, je ne suis plus personne, répondit la fille.
-Hein???
-Moi je suis morte et toi, Junos, tu es un médium.
L’adolescent avait les yeux grands ouverts et la bouche bée. Lui? Médium? Comme dans les films, les bonnes femmes étranges qui parlaient aux esprits? La seule autre possibilité s’offrant à lui pour expliquer l’apparition soudaine de la jeune femme étant la folie, Junos décida de considérer la perspective qu’il puisse être médium.

Le garçon fixa attentivement la revenante.
-Ça me dis toujours pas qui vous êtes, remarqua-t-il.
-Je te met au défi de deviner.
Il la fixa encore plus attentivement. Elle lui rappelait quelqu’un… Il s’aperçut alors qu’elle lui rappelait lui-même! À part pour les yeux, ils se ressemblait tous les deux comme de vrais jumeaux de sexe opposés!
-Ma… Maman?
Le fantôme se contenta de le serrer contre elle pour lui répondre.
-Mon p’tit Junos! Si tu savais à quel point j’avais hâte de venir te voir! Tu peux même pas imaginer! Je t’ai regardé grandir d’en haut. Je suis tellement, mais alors là tellement fière de toi! T’es devenu un beau jeune homme gentil et courageux. Et ce même si c’est ton père qui t’as élevé…
Son ton devint nettement chaleureux lorsqu’elle cita Brad.
-Si papa était ni gentil ni courageux, pourquoi t’as sorti avec lui?
-Pas que y’était pas gentil. Au contraire… Y’était super fin. Pas non plus que y’était pas courageux. Y’était juste… Comment dire… Ben, il se laissait marcher sur les pieds pas mal. En tout cas, oublie ce que j’ai dit, ok, fit Indiana en esquissant un sourire forcé.
Junos hocha la tête.

Brusquement, la mère saisit son fils par les épaules.
-Écoute-moi bien, Junos. C’est important. Je suis morte sur Latéral-360.
-Je sais mais…
-Ne me coupe pas, Junos. Je suis morte sur Latéral-360, ne l’oublie pas. C’est pratique de connaître son ennemi. Youkoulélé est en grave danger. Tu es le seul au courrant. Fait quelque chose!
-Hein? De quessé?
Sur ce, la revenante disparue.
-C’est tout? Maman?
Junos regarda autour de lui et se tut en constatant qu’il parlait dans le vide.

Alors qu’il se rassoyait, l’adolescent entendit un cri suraigu au loin. La voix d’une fille.
-Émilie…
Junos se saisit de son arme et, sans même prendre le temps de ramasser son sac de matériel, couru jusqu’aux grilles de ce maudit cimetière.
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Dim 23 Juil à 9:59

Chapitre 4, Terreur sur la ligne (Ou titre de chapitre qui fait hot!)

Junos atteint la haute barrière que formait les grilles de ce cimetière macabre et entreprit de la grimper en vitesse. Il du faire le record mondial d’alpiniste tellement il la traversa vite. Son fusil sous le bras, il se mit à courir en suivant le sentier de pierre sous ses pieds. Il savait ses amis assez responsables pour ne pas en débarquer. Du moins, il l’espérait…

Après à peine une centaine de mètres de course, il se retrouva devant un choix bien embêtant : le sentiers se séparait en trois sentiers qui allaient dans trois directions totalement différentes. Si seulement Émilie pouvait crier une autre fois! Il aurait au moins une petite idée de l’endroit ou aller.

Junos commençait à trouver qu’il perdait du temps à réfléchir. Il décida donc de choisir un chemin d’une manière plus rapide en espérant avoir la chance de tomber sur le bon.
-Ma p’tite vache a mal aux pattes. Tirons-là par la queue. Elle ira bien mieux dans un jour ou deux. Bleu, blanc, rouge.
Son doigt cessa de pointer des chemins différents au rythme de la chanson sur le sentier du milieu. Sans perdre une seconde de plus, il s’y enfonça en espérant ne pas s’être trompé.

Le ciel s’assombrissait à vue d’œil et devenait d’un noir d’encre. Dès lors, Junos fut certain d’avoir prit le bon choix. Dans sa course, il aperçut quelque chose par terre, au beau milieu du chemin. S’approchant, il vit que c’était un corps humain inerte. S’approchant d’avantage, il reconnu Lucas. Il s’empressa d’aller s’agenouiller près de lui et le retourna sur le dos. Il avait une belle poque bleue sur le front. Il remarqua que les pieds de Lucas étaient tout près d’une grosse roche sur le sol. Il avait simplement du s’enfarger dedans et tomber. Mais pourquoi les filles n’étaient pas restées avec lui? En le voyant inconscient en plus?

Inquiet, Junos tenta de réanimer son ami. Il essaya tous les trucs qu’on lui avait montrés pour être certain que quelqu’un était sans connaissance et non tout simplement endormit : Appuyer sur le haut de sa cage thoracique avec ses jointures, peser sur les os qui reliaient son cou à ses épaules… En désespoir de cause, il alla même jusqu’à lui crier dans les oreilles. Il décida donc de vérifier son pouls et sa respiration, qui étaient tous les deux parfaits. Lucas était tout simplement assommé.

Junos se demanda s’il devait rester avec son ami ou tenter de retrouver les filles. Il n’eut pas besoin d’y réfléchir très longtemps car il entendit un gémissement lui signalant que Lucas revenait à lui. Le jeune Bouchard ouvrit les yeux et avait un air un peu perdu dans le regard.
-Ça va? demanda Junos.
-Moi? Oui, oui. Mais j’ai mal à tête!
-On se demande ben pourquoi! Qu’est-ce qui t’es arrivé?
-Heu… Me souviens qu’on t’as laissé à la grille du cimetière. Après, on a marché. Pis là, on a entendu un bruit, un genre de grognement. On s’est retournés pis on a vu une dizaines de bébittes vraiment laides sorties d’on sait pas ou. Elle nous on couru après, on s’est sauvé. Me souviens qu’après, me suis enfargé dans la grosse roche qui est là pis je suis tombé la tête première à terre. Après ça, pus rien. Les filles courraient devant moi, faque elles ont pas dû se rendre compte de rien.
Junos avait écouté son ami sans rien dire.

L’aîné des deux se tourna vers Lucas.
-M’a aller chercher les filles. Toi, appel sur le vaisseau et demande au capitaine de venir nous chercher.
-Pis après ça, c’est moi qui va passer pour un loser?
-Disons que le chicken que je suis a peut-être pas eu tord de pas vouloir venir ici pis c’est pas lui qui s’est retrouvé à terre sans connaissance.
Lucas sourit en voyant Junos utiliser ses propres termes.
-C’est bon. Va, monsieur le héros, fit-il avec un clin d’œil.
Junos sourit à son tour et continua son chemin après avoir donné à son ami sa radio accrochée à sa ceinture.

Pas beaucoup plus loin, Junos trouva les jumelles. Amélie était étendue sur le sol et massait sa cheville qui était très enflée. Émilie était debout et tremblait comme une feuille. Il se précipita vers elles. Dès qu’elle le vit, Émilie lui sauta dans les bras.
-Junos! La prochaine fois que tu diras de pas aller à quelque part, m’a t’écouter c’est promis!!!!
-Émi, serre moins fort, tu m’étouffe.
Émilie lâcha le jeune homme qui se tourna vers sa sœur.
-Ça va Amé?
-J’pense que j’me suis cassé la cheville. Mais ça irait si y’aurait pas ça!
Junos regarda dans la direction qu’elle pointait. Il vit quelque chose qui le stupéfia.

Devant lui se tenait la tête qu’il avait vu dans le miroir. Sauf qu’elle avait un corps. Et qu’elle était accompagnée d’une bonne dizaine de ses congénères. Le garçon ravala sa salive. Il sorti son arme.
-Ça sert à rien, fit Amélie.
Sans l’écouter, Junos leva son fusil, visa et tira. Rien. Il tira de nouveau. Toujours rien.

Le monstre en avant, celui qui semblait être le chef, s’avança vers les trois adolescents terrifiés.
-Baisse ton arme, mon garçon.
Junos fut tellement surpris d’entendre cette bestiole parler sa langue qu’il ne baissa pas son arme, il l’échappa. Elle s’écrasa sur le sol.
-Vous… vous parlez comme moi.
-Oui, fit la créature. N’ait pas peur.
-J’ai pas peur non plus!
-Alors pourquoi trembles-tu, jeune humain orgueilleux?
L’adolescent se rendit compte qu’effectivement, il tremblait de tous ses membres.

Junos ordonna à ses genoux de cesser de jouer aux castagnettes et fit face à cette… chose.
-Que voulez-vous?
-Te mettre en garde, garçon. Tu as vu ta mère, n’est-ce pas?
-Comment… Comment pouvez-vous savoir que ma mère… Ben, qu’elle est venue, là?
-Elle est dans le même clan que nous, garçon.
La créature sourit et s’approcha d’avantage. Junos eu un mouvement de recul.
-Nous sommes repoussants, n’est-ce pas?
-Non, pas du tout, menti Junos. Juste, heu… Différemment constitués?
-Ne cache pas la vérité, garçon. Ce qu’Indiana t’as dit n’était pas très clair, n’est-ce pas?
-Non, pas des masses, en effet, admit l’adolescent.
-Elle est morte comme nous, mais lors de la tombée de puissance des Latériens. Nous, ce peuple mesquin nous a conquit et… voilà ce qui reste de notre magnifique planète… Mort, désert de désolation…
-Mais… C’est magnifique à l’extérieur de ce cimetière!
-Oui, mais nous ne pouvons pas en sortir. Si tu ne veux pas que les Youkouléliens finissent comme nous, pas mieux que mort, vas sur Latéral-360 et détruit le chef des Latériens, Tricati. C’est aussi lui qui a tué ta mère.
Junos ne répondit rien.

À l’évocation du meurtrier de sa mère, l’adolescent senti une bouffée de rage l’envahir. Il se contenta de lever la tête vers la créature.
-C’est bon, je ferai ce que vous me demandez.
-Tu ne le regrettera pas, garçon.
Là-dessus, le monstre s’éloigna avec ses acolytes.

Junos se tourna vers Amélie et Émilie qui semblaient toujours aussi effrayée.
-Co… Comment tu fais pour parler avec… avec… ça! demanda la seconde-second officier.
-Ben… il parle notre langue le ça, fit le jeune homme.
-De quessé?!? Parler notre langue? Ton père dois t’avoir appris le jargon jeune en maudit parce que moi, j’ai rien comprit, répliqua son amie.
-Oh, oui! Ça faisait peur, soutint Émilie. La bébitte, elle parlait avec une langue bizarre, pis toi tu répondais en français pis t’avait l’air de la comprendre, comme Mario qui comprend comme il faut Bowser quand il parle pis que nous, on a besoin de sous-titres pour comprendre!
-Toi, t’as peur de tout, Émi, fit Junos.
-Mais pour une fois, elle avait raison d’avoir peur.
Le garçon regarda les yeux glacés d’Amélie qui ne supportait pas qu’on traite sa sœur de trouillarde.

Alors que la tension entre les deux jeunes gens était à son comble, ils entendirent un appel au loin.
-Amélie! Junos! Émilie!
Les trois concernés se tournèrent vers la source de la voix.
-Tient, v’la Bob, fit l’assistante psychologue. On est sauvés!
En effet, au loin apparaissait peut à peu la silhouette sombre et massive du pilote.
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Mer 2 Aoû à 13:24

Chapitre 5, C’est l’abandon qui nous mène

Pétrolia avait insisté pour faire passer tous les tests possible à Lucas pour s’assurer qu’il n’avait rien à la tête. Après être certaine qu’il allait bien, elle avait examiné la cheville d’Amélie. Elle diagnostiqua une foulure, mais rien de très grave. Elle lui fit un plâtre en affirmant qu’elle serait guérie d’ici deux semaines.

Les quatre jeunes avaient expliqués leur histoire aux adultes qui les regardaient, horrifiés par la description donnée des créatures que les adolescents avaient rencontrés. Cependant, lorsque vient le tour de Junos de donner sa version des faits, il se garda bien de raconter ce que lui avait raconté le mort avec qui il avait parlé. Surtout qu’il ne tenait pas spécialement à provoquer une crise cardiaque à son père… De toutes manière, personne ne l’aurait cru se disait-il.

Au bout d’une heure et demi, le capitaine donna finalement congé aux explorateurs d’un jour et leur ordonna d’aller à leur dortoir pour se reposer. En chemin, Amélie prit Junos à part et demanda à Lucas et Émilie de continuer leur chemin sans eux. Sans poser de question mais ayant tout de même un ait interrogateur dans les yeux, ces derniers obéirent en continuant une quelconque conversation sans importance.

La seconde-second officier s’arrêta et se tourna vers Junos qui l’imita.
-Pourquoi t’as rien dit?
-Rien dit? répéta Junos bien qu’il savait pertinemment de quoi son amie parlait.
-Sur ta conversation avec la bébitte.
-Parce que je trouvait que ça l’avait pas d’importance.
-Junos, rétorqua doucement la jeune fille, tu sais aussi bien que moi que c’est pas normal ce qui s’est passé. Qu’est-ce que ce mort là t’as dit?
-Rien d’important, je te jure.
-Junos… On a grandit ensemble tous les deux. T’es comme un frère pour moi. Tu sais que tu peux tout me dire, hein?
Le garçon hocha la tête.
-J’ai juste une chose à te dire, reprit Amélie. Pend pas de décisions stupides et précipitées.
-Pourquoi tu me dis ça, s’outra Junos. Penses-tu que c’est mon genre de faire ça?
-Oui.
Le nouveau mercenaire sourit, mais le visage de son amie resta de glace, le regard allumé uniquement d’une lueur inquiète. N’en pouvait plus de supporter l’air préoccupé d’Amélie, Junos reprit son chemin, la jeune fille sur les talons.

Au dortoir des jeunes, les deux adolescents retrouvèrent Lucas et Émilie qui semblaient en grande discussion philosophique.
-Non… Elle aurait pas fait ça, fit Émilie, scandalisée.
-Mais oui, j’te jure. Elle a eu un flot avec tout le monde sauf lui. Et son amant préféré à elle, c’est son pire ennemi à lui.
-Non… Tu mens, Lucas Bouchard!
-D’après toi, pourquoi elle se fait « kidnapper » aussi souvent? C’est parce que son amant est en manque!
-Mais c’est même pas un humain!
-Mais oui! C’est un humain qui est en permanence dans un kit de sado-maso. Mais son chum a elle est pas mieux, il part des trip a trois avec sa sœur et sa servante! Sa sœur et sa servante à elle, tu te rend compte!
Émilie avait les yeux écarquillés d’horreur et Lucas affichait un sourire satisfait.

Junos et Amélie échangèrent un regard d’incompréhension.
-De quoi vous parlez? demanda l’aîné de la pièce.
-Peach trompe Mario avec tout le monde. Son amant préféré c’est Bowser, qui est en réalité un humain déguisé en maso et qui ne kidnappe pas Peach. Au contraire, elle veut bien aller avec lui. Mario, pour se venger quand il l’a apprit, il a décidé de tromper Peach avec Daisy et Toadette. *
-Même pas vrai! hurla presque Émilie.
Junos et Amélie échangèrent de nouveau un regard. Cette fois, il affichait non pas l’incompréhension, mais bien l’amusement. Tous deux savaient à quel point Mario Bros. et compagnie étaient importants pour Émilie.

Amélie s’approcha du Lucas et lui donna une tape en arrière de la tête.
-Heille! protesta le garçon en se massant le crâne.
-Ça t’apprendra a traumatiser ma sœur.
Sur cette dernière réplique, les quatre jeunes partirent d’un grand rire, libérant ainsi tout le stress des dernières heures.

**********
Vingt-trois heures tapant. L’heure du couvre-feu. Junos continuait de penser a ce que lui avait dit la créature de Julie-Snyder. Devait-il venger le meurtre de sa mère? Peut-être le voulait-elle. Peut-être étais-ce pour cette raison qu’elle lui était apparu pour rappeler ou elle morte. Quelque chose lui échappait. Mmm…

Bien décidé à tout démêler dans sa tête, Junos se leva de son lit et se dirigea vers le centre de santé. Une fois arrivé, il alla près de la porte au fond de la pièce et cogna trois fois. Il attendit quelques secondes pour qu’elle s’ouvre et que le visage de Valence n’apparaisse dans l’encadrement.
-Junos! Mais qu’est-ce que tu fais ici a cette heure?
-Je voulais te parler.
-Entre, reste pas planté là comme un piquet!
Valence se tassa pour permettre à Junos d’entrer dans son petit bureau rempli de boites, la majorité renfermant des dossiers concernant son père…

De toutes les femme qu’il avait rencontré dans sa vie (c’est à dire la psychologue et Pétrolia), Valence était celle qui avait le plus remplacé le rôle d’une mère pour Junos. C’était son nom qu’il avait prononcé comme premier mot, c’était vers ses bras à elle qu’il avait marché en premier et c’était vers elle qu’il se tournait quand il avait des problèmes. Elle avait toujours été là pour lui, autant qu’elle l’avait été pour ses deux filles.

Maintenant, il avait a parler de sujet autrement plus importants que « j’arrive pas à attacher mes lacets!!! » Il se souvenait le ton froid que le fantôme de sa mère avec eu en parlant son père.
-Valence? Y’était comment papa avant que maman meurt?
La psychologue, surprise par la question, dévisagea le garçon un moment avant de répondre.
-Ben… Sincèrement, je le sais pas. Ton père a toujours été très mystérieux, tu sais Junos. Personne n’a jamais réussis à le comprendre, pas même moi. Il parlait très rarement de son passé. Si tu veux mon avis, cet homme là à vécu des choses horribles dans sa jeunesse.
-Quelles genre de choses? demanda Junos.
-Le genre de chose dont il a sûrement honte mais que c’est pas de sa faute du tout. Disons que son nom de famille lui attirait pas la sympathie des gens pis qu’il n’avait pas non plus réussi à s’attirer celle de son père. Je sais pas ce qui lui est arrivé exactement, désolé.
-Comment il agissait?
-Ben… pas comme aujourd’hui, je dirais. Il aimait pas vraiment à travailler. À moins que ce soit les sciences qui le répugnaient à ce point mais bon… Il était un peu agressif et toujours sur la défensive. C’était vraiment pas compliquer d’avoir une remarque sarcastique de sa part. Il cachait toutes ses émotions, si bien qu’à un moment donné, je me suis même demandé s’il en avait. Il très était intelligent et très têtu.
Junos hocha la tête, le regard perdu dans le vague. Il ne comprenait toujours pas pourquoi sa mère avait réagit comme ça. Avait-elle toujours été si froide avec Brad ou bien s’était-il fait des illusions et mal interprété sa réaction?

Son cerveau marchait à cent milles à l’heure, mais plus il emboîtait des pièces dans son puzzle, plus on lui en tendait de nouvelles à placer au bon endroit.
-T’es correct?
L’adolescent leva la tête vers Valence qui semblait inquiète.
-Oui, ça va. Je… Je vais y aller, moi. Bonne nuit.
-Bonne nuit, répondit la psychologue pas du tout rassurée.
Sur ce, Junos se leva et quitta son bureau.

Il déambulait dans les couloirs, espérant de tout cœur ne pas tomber sur le capitaine qui risquait de lui reprocher de ne pas être au lit. Même si Charles était gentil, il tenait tout de même à ce qu’on respecte les quelques règles (dont le couvre-feu faisait parti) qu’il imposait.

Le garçon était obsédé par cette apparition de sa mère. Et s’il écoutait cette créature infâme vue sur Julie-Snyder? Et s’il trouvait le moyen de se rendre sur Latéral-360? Peut-être pourrait-il la revoir? Peut-être pourrait-il lui poser ses questions. Peut-être…



*J’avoue, j’ai eu un peu d’aide pour monter cette histoire que vous devez reconnaître ^_^
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Sam 19 Aoû à 15:48

Chapitre 6, La décision

Junos continuait à marcher. C’était tout embrouillé dans sa tête. Il avait toujours eu de la difficulté à ordonner ses pensées quand il était troublé. C’était une des rares choses qu’il retenait des Spitfire. Il ne savait pas trop quoi faire.

Il s’arrêta soudainement dans ses pas. Il prit une grande respiration. Il devait retourner sur Latéral-360. Il le devait, il le devait! Il devait empêcher que les Latériens ne fasse d’autres victimes. Il avait une idée très précise de ce à quoi ressemblaient les extraterrestres. Depuis qu’il était tout petit qu’il avait l’habitude d’entendre Vivaneslav raconter l’histoire de la fin de l’équipage du Alfonso-Béchard avec des détails étonnants et une précision sans bornes. Il avait vraiment un talent de conteur, Vivaneslav! Et les choses qu’il avait dites pourraient maintenant être très utiles à Junos.

L’adolescent fila en vitesse au dortoir des jeunes. Il sorti une feuille et un crayon d’un tiroir sous sa couchette. Il en retira également une lampe de poche qu’il ouvrit et il griffonna en vitesse un mot sur sa feuille. Le froissement du papier sous la mine du crayon avait du réveiller Lucas car ce-dernier s’adressa à Junos d’une voix endormie.
-Ju, y’é minuit. Quessé tu fou?
-Rien, assura le plus vieux des deux. Rendort toi. M’a aller aux toilettes pis m’a me coucher, okais.
-Mouen…
Lucas enfonça sa tête dans son oreiller et quelques secondes après, il se mit à ronfler.

Junos poussa un soupir de soulagement en le voyant se rendormir. Au moins, il n’aurait pas à s’expliquer. Il finit d’écrire son mot et le mit sur son oreiller, dessous la lampe de poche pour être sur qu’il ne s’envole pas à cause d’un courrant d’air. Il sortit ensuite un sac a dos de son tiroir et quitta la pièce.

Il se rendit dans la salle de commandement. Il prit un CD dans un armoire à côté de l’ordinateur central et l’entra dans la fente prévue à cet effet. Plutôt compétent qu’il l’était en informatique, Junos réussis très facilement à fouiller dans les bases de données de la machine et à y trouver toutes les information sur Latéral-360, Yvon-Potter, la galaxie ou se trouvait la planète ainsi que le chemin pour s’y rendre, les dangers qu’il aurait à affronter et les planètes qu’il allait rencontrer ou il pourrait se réapprovisionner en nourriture et en eau. Il grava les informations sur le CD puis, il l’enleva et le remit dans sa pochette avant de le fourrer dans son sac.

L’adolescent monta dans le poste de défense. Il prit deux armes de poing : Le premier était à charges multiples et le second était plus puissant et ne tirait que des charges destructrices. Il les mit elles aussi dans son sac avant de sortir du poste et de se rendre dans l’entrepôt alimentaire. Arrivé à l’endroit en question, il prit un peu de tout ce qui était comestible et l’ajouta au contenu de son sac, sans oublier de prendre plusieurs bouteilles d’eau.

Son bagage commençant à peser, il mit comme dernier accessoire à l’intérieur son scaphandre. Il se dirigea ensuite vers le sas, y entra et referma la porte derrière lui. Il ouvrit la porte qui menait à l’intérieure de la nacelle de secours qu’il avait l’intention d’utiliser comme un mini vaisseau.

Le vaisseau était fait de manière très simple. Junos en fit le tour. Il faisait peut-être 25 mètre de long pour 4 de large. Il y avait un poste de commandes avec 4 sièges : un pour le pilote, un pour celui chargé de manier les armes et deux autres banc en arrière pour deux passagers. Le pont ne devait pas dépasser dix mètre de long. Le reste de la superficie du vaisseau était pour la salle de bain, tout petite, et pour une chambre contenant 2 lits superposés. Un couloir étroit traversait tout le vaisseau sur sa droite pour partir du pont aux toilettes à la chambre ou vice-versa.

Sa mini-visite terminée, Junos revint sur le pont. Il figea de stupéfaction en y voyant Amélie les bras croisés devant lui.
-Comme ça, c’est une fugue que tu nous préparais. Original.
-Je… je fugue pas. Je vais sur Latéral-360 pour…
-Pour ta mère? On sait.
Lucas sorti de l’encadrement du sas.
-J’ai été voir ce que t’avait écrit sur ta lettre. Quand je l’ai vu, j’ai tout de suite réveillé les filles et on a ajouté nos propres messages en bas pour te suivre sans que nos parents ne pensent qu’on avait disparu.
Junos le regarda avec des yeux ronds.
-Mais… vous pouvez pas venir. Je part le vaisseau tout de suite. Vous avez pas le temps de vous préparer et…
-C’est déjà fait.
Ce fut au tour d’Émilie d’entrer dans le vaisseau. Elle tenait dans ses bras trois énormes sacs qu’elle laissa tomber par terre.
-Mais… c’est dangereux, fit Junos.
-Raison de plus pour pas t’abandonner, dit Émilie.
-Oui mais…
-Arrête d’argumenter Junos, coupa de nouveau Amélie. On est tes amis pis si tu te fou dans le trouble, on va être avec toi pis on va s’en sortir ensemble. Ça sert à ça des amis.
-Oui mais…
-Ça paraît ben que t’es un Spitfire, Junos! s’exclama Lucas. Tu sauras que c’est pas parce qu’on est plus jeunes pis plus petits qu’on est moins courageux pis moins brillants pour autant!
Le garçon savait très bien qu’il réussirais à faire craquer son ami en citant son nom de famille. Et il avait raison.
-C’est bon, lâcha finalement Junos, venez! Mais si vous mourrez, je suis pas responsable!
Les jumelles Patenaude-Leclerc esquissèrent un sourire. Lucas, lui, affichait une mine satisfaite.

L’aîné des quatre s’approcha du poste de commandes. Il avait vu Bob piloter tant de fois, ce devait être plutôt facile. Il s’assit sur le banc du pilote et alluma les moteurs. Amélie prit place à côté de lui, au cas ou que l’utilisation des armes seraient nécessaire. Finalement, Émilie et Lucas s’assirent sur les deux bancs en arrière.

Junos consulta tous les panneaux de pilotage. La nacelle de sauvetage était prête à être larguée.
-Tout le monde est sur de vouloir rester? Parce que je ferai pas de u-turn pour vous ramener si vous changez d’avis une fois partis.
-Junos, ferme ta boîte pis décolle, fit Lucas.
-Okais, c’est bon, j’ai comprit. Mais venez pas vous plaindre…
-JUNOS!!!
-Okais, okais! C’est correct!
Là-dessus, le nouveau mercenaire pianota sur quelques touches pour désamarrer le vaisseau et le libérer dans l’espace. Il appuya sur la pédale de gaz. Les moteurs rugirent. Il y eu un effet d’accélération incroyable, si bien que Junos eut du mal à garder les mains sur son volant.

Les quatre jeunes ne voyaient maintenant plus l’image du ventre métallique du Romano-Fafard par le pare-brise. Ils voyaient l’espace. Du vide habité ici ou la par quelques astres stellaires. C’était magnifique. Alors que Junos restait près du vaisseau pour apprendre à manier les commendes de la nacelle correctement, ils purent voir le Romano-Fafard de l’extérieur pour la première fois de leurs vies. L’endroit ou ils avaient tous grandis. Ce qui était pour eux le nid familial. Ils le quittaient, sans être certains d’un jour y revenir.

Il fallait malheureusement se résoudre à s’en séparer. Le minuscule vaisseau dans lequel ils se trouvaient commença, peu à peu, à s’éloigner du géant de fer. Émilie avait les larmes aux yeux, bien qu’elles ne se mirent pas à couler sur ses joues. Sa sœur jumelle gardait un air impassible. En tant que seconde-second officier, elle se devait d’avoir l’air forte, même si elle était tout aussi chamboulée que les autres. Lucas, le plus jeune de la bande, regardait le Romano qui semblait rétrécir au fur et à mesure qu’ils s’en éloignaient. Il n’était plus qu’un point au loin. Le garçon était avide d’aventures et il était heureux d’enfin pouvoir voler de ses ailes sans que ne lui reproche son jeune âge.

Et il y avait Junos. Lui, il commençait à réaliser tous les risques de l’opération. Sauraient-ils se diriger adéquatement et sans ce perdre dans l’univers? C’était si grand… Et si un seul Latérien avait réussis à mettre en échec l’équipage entier du Alfonso-Béchard (à part Vivaneslav, bien entendu), que feraient-ils, quatre jeunes inconscient inexpérimentés au combat, sur une planète uniquement peuplée de ces monstres?

Il était trop tard pour penser a tout ça, maintenant.
-Par ou on va? demanda Junos a Amélie qui consultait les cartes stellaires.
Elle se leva et, d’un air solennel, elle pointa son bras devant elle en déclarant :
-Par en avant.
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Jeu 7 Sep à 16:26

Chapitre 7, Freakons en cœur!

Vous savez, je suis né dans un vaisseau spatial au beau milieu de l’univers. Je n’ai jamais eu la chance de connaître celle que l’on appelait Indiana Auger et qui était ma mère. Je n’ai jamais pu aller chercher de réconfort dans ses bras, puisqu’elle était morte. Mais j’ai apprit par l’entremise des… hum… e.t., de la planète Julie-Snyder, que ses assassins s’apprêtaient à envahir Youkoulélé. Je pouvais pas laisser faire ça. De plus, je me dois de venger ma mère. C’est mon devoir. Il me semble que c’est ma responsabilité de faire mourir celui qui causa sa mort. Je vous aime, toute la gang. Je sais pas si je vais revenir un jour, je sais pas si je vais m’en sortir. Mais je garderai à jamais un bon souvenir de vous. Vous tous, qui avez toujours été ma seule et unique famille. À bientôt j’espère.

Junos Spitfire-Auger


Brad tenait la lettre a bout de bras devant lui en la lisant, comme si elle était un dangereux colis. Elle glissa de ses mains et tomba par terre et il ne s’en rendit même pas compte. Il y avait en dessous des notes qui semblaient avoir étés faites des mains de Lucas et des jumelles, mais il ne les avait pas lu. La seule chose qui était entrée dans sa tête, c’était que son fils unique était parti. Son seul enfant, la seule chose qui le maintenait en vie, la seule personne qui lui donnait la force de rester… Il aurait pu lui demander de l’accompagner. Après tout, la mort d’Indiana les concernaient autant l’un que l’autre. Mais non, il avait préféré partir seul, accompagné de quatre autres jeunes sans aucunes expériences de vie.

Le scientifique fut prit de nausée. Avait-il vraiment été un si mauvais père? Il avait tout fait pour ne pas être trop dur. Il avait tout fait pour ne pas élever son fils comme lui-même l’avait été. Il avait l’impression d’avoir été trahit. Il savait depuis longtemps que Junos ne le portait pas particulièrement dans son cœur et qu’il n’était pas un héros pour son garçon, mais il ne pensais pas qu’il le reniait au point de partir seul en mission suicide en prenant la peine d’avertir son départ dans une lettre et en prenant bien soin de ne pas ajouter quelques mots de plus à l’adresse de son père.

Brad se rendit soudainement compte que la lettre était par terre. Il sorti de son monde pour regarder autour de lui. Pétrolia et Flavien s’étaient collés, inquiets. Charles, lui, tentait sans succès d’apaiser l’ouragan Valence en plein hystérie.
-J’VEUX MES FILLE!!!
-On va les retrouver, je te le jure, Valence!
-JE ME TAPE DE TES PROMESSES QUE T’ES MÊME PAS SÛR TOI-MÊME DE POUVOIR RESPECTER!!! J’VEUX JUSTE MES FILLES!!!
-Chuis sûre qui leur rien arrivé, hein. Y’ont pas pu aller ben loin, quatre ados qui savent pas conduire dans une nacelle qui atteint même pas Oméga 1.
-PATENAUDE, FARME TA YEULE AU LIEU DE DIRE N’IMPORTE QUOI! PREND PAS NOS ENFANTS POUR PLUS STUPIDES QU’ILS LE SONT!
-Je les prend pas pour…
-JE T’AVAIS PAS DEMANDÉ DE TE TAIRE!?! T’ES BOUCHÉ OU QUOI! J’VEUX MES ENFANTS!!!!!!!!!!!
La psychologue, normalement si calme et confiante, était devenue incontrôlable. Elle criait, hurlait, tempêtait après le capitaine tout en pleurant et était en proie à une véritable crise d’hystérie. Ses pleurs étaient devenus si forts qu’elle ne parvenait même plus à parler. Elle s’effondra sur le sol en proie a une crise de larmes telle que même Pétrolia n’osait pas s’en approcher.

Bob, égal à lui-même, tenta de dire quelque chose pour la réconforter.
-Valence, moi je suis sûre qu’il est rien arrivé ni à Amélie et Émilie, ni à Junos ou Lucas. Si ça se trouve, y’a des caméras partout dans le vaisseau pis on est a surprise sur prise, non?
Le pilote ne parvint pas à faire sourire la psychologue, mais ses pleurs diminuèrent légèrement et elle sembla se calmer un peu. Elle se releva, toute chancelante. Puis, elle lança à Brad un regard meurtrier.
-Heu… Pourquoi vous me regardez comme ça? demanda l’homme de sciences.
-Tout ça, c’est de votre faute!
-Comment ça, de ma faute?
-Si vous étiez resté vierge, ça serait jamais arrivé!
-Hein???
Brad, malgré sa tristesse, n’était pas pour le moins abasourdi. Qu’avait le rapport entre sa perte de virginité et la disparition de leurs enfants.
-Si vous étiez resté vierge, vous auriez pas eu Junos, y’aurait pas grandit, y’aurait pas voulu venger sa mère pis mes filles l’auraient jamais suivit!
-Si vous étiez resté vierge vous aussi, ça aurait réglé le problème, rétorqua Brad, pas trop certain de sa réponse.
Valence ferma les poing sans toutefois les serrer.
-Écoutez Brad. Ma mère m’a élevé et aimé toute ma vie pour que j’élève pis que j’aime mes enfants à mon tour après. Mes filles m’aiment autant que j’ai aimé ma mère. Si votre père a pas été super bon dans son rôle pis que vous l’avez pas super aimé et qu’aujourd’hui, vous êtes pas capable de jouer comme faut votre rôle de parent pis que votre gars trippe pas fort sur vous, j’ai pas à payer pour!
Le scientifique regarda la psychologue dans les yeux.
-Ça, c’est un coup bas, fit-il à voix basse. Un coup bas d’une méchanceté pas croyable que vous m’avez jeté de-même sans raison.
Valence soutint son regard.

Brad fut le premier à ne plus supporter l’air accusateur de l’autre. Il baissa les yeux avant de s’en aller pour rejoindre sa couchette du dortoir dans un silence de mort. Lorsqu’il arriva à destination, il n’y avait évidemment pas un chat. Tous les autres étaient dans la salle de commandement.

Il s’écrasa dans son lit et enfoui son visage dans son oreiller. Il n’avait maintenant envie que de rester là jusqu’à ce que la mort, cette délivrance divine, vienne le chercher. Il n’en pouvait plus de vivre. Il avait été trahit toute sa vie par tout le monde. On l’avait trompé, manipulé, utilisé… Tout ça parce qu’il n’était que le petit bollé de service trop pissou pour se défendre. Pourquoi cela devrait-il changer avec son fils?

Le scientifique tenta de trouver le sommeil. Il eut beau se tourner et se retourner, changer son oreiller de sens, se glisser sous les couvertures et en ressortir, mais toutes ses tentatives furent veines.

Au bout d’une heure de ce manège, Brad entendit la porte du dortoir s’ouvrir.
-Brad?
C’était Valence. Selon sa voix, elle semblait plus calme et ne pleurait plus depuis un petit bout. Le scientifique senti un poids sur son lit indiquant que sa collègue venait de s’y asseoir.
-Écoutez… Pour tantôt, ce que j’ai dit à propos des relations père/fils que vous avez vécues, je… je m’excuse. J’étais sur le gros nerfs, je savais plus ce que je faisait et encore moins ce que je disais. J’aurais jamais du dire ça, surtout que je le pense pas. Je cherchais un coupable à qui me plaindre mais c’est pas vous qui êtes responsable.
Brad s’assit à son tour et hocha la tête, compréhensif.
-Je sais. On dit n’importe quoi sur le coup de la colère. Je vous en veux pas non plus. Je sais bien que c’est sorti tout seul. Ce qui me fait le plus mal, c’est que je sais que vous avez raison. Mon père était vraiment… vraiment pas correct avec moi. J’ai tout fait pour pas être de-même avec mon gars. Apparemment, j’étais pas correct moi non plus même si c’était pas de la même manière. Il me déteste pareil...
-Il vous déteste pas du tout, voyons! Dites pas ça! Vous êtes un bon père pour lui. Il vous aime beaucoup, c’est juste qu’il montre pas ses sentiments. Il est complexe. Il retient de son père. De vous.
Elle esquissa un sourire dans le but que le scientifique l’imite, mais sa tentative fut veine.
-Écoutez Brad. S’il vous aimerait pas, il serait pas venu me voir l’autre hier pour en savoir plus sur vous.
-A moins qu’il aille juste voulu savoir si j’avais déjà été encore plus loser que je le suis en ce moment.
-Brad! Arrêtez donc de dramatiser!
Le scientifique ne daigna même pas de répondre. Il prit Valence et la serra contre lui, comme ça, sans rien faire ni dire d’autre. La psychologue se contenta de se blottir contre lui, savourant la chaleur corporelle que lui conférait son collègue.
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Dim 17 Sep à 11:06

Chapitre 8, Trois mois plus tard

-Trois mois plus tard-*

Junos était assis au poste de pilotage. Il suivait les cartes et les tracés qu’il avait gravé sur CD. Ayant prit une route directe plutôt que d’emprunter les multiples détours que leurs parents avaient fait plusieurs années auparavant, il s’aperçut que Latéral-360 n’était pas si loin que ça. En plus, la nacelle de sauvetage, plus petite et plus légère que le Romano-Fafard, allait bien plus vite que le vaisseau, ce qui faisait que son petit Oméga 1 de puissance équivalait à un Oméga 4 de gros vaisseau. Bref, après trois mois de voyage dans la nacelle, le garçon voyait enfin dans son pare-brise la planète ou sa mère avait succombé à un démon machiavélique.

Un léger sourire illumina les lèvres de Junos. Le voyage avait été long et pénible par bout, mais il était enfin parvenu à destination. Il baissa la tête vers sa montre qui indiquait deux heures du matin. Il était trop tard (ou trop tôt, tout dépend comment vous le percevez) pour aller sur la planète. De toutes manières, ses amis dormaient.

Junos avait sommeil lui aussi et il n’était pas prudent de laisser le vaisseau flotter à la dérive dans l’espace. Il entreprit donc de le poser sur Latéral-360. Une fois la manœuvre terminée, il verrouilla à double tour toutes les entrées du vaisseau et alla se coucher.

Il ne mit pas de temps à s’endormir. Dès qu’il posa la tête sur l’oreiller, il cessa de réfléchir et de penser. Dès que son corps fut confortablement installé sous la tiédeur de ses couvertures, ses muscles s’engourdirent. Il sombra très rapidement dans les bras de Morphée.

********
Junos était dans une pièce. Une chambre à coucher pour être plus précis. Il était debout devant un miroir et tentait sans succès de discipliner ses cheveux rebelles. Il abandonna le combat en soupirant. Il appuya ses mains contre le bureau et continua de regarder son reflet. Il ne pensais pas à rien de précis, mais l’expression faciale qu’il voyait sur le miroir témoignait d’un mal aise certain, comme si quelqu’un plein de complexes se regardait dans la glace au travers lui en contrôlant les muscles de son visage.

Il vit, toujours dans le reflet du miroir, une jeune femme d’une vingtaine d’années qui vint s’accoter contre le cadre de porte et croisa les bras.
-Ça va n’amour?
-Oui, oui, assura le garçon.
-T’as pas l’air d’aller, insista la jeune femme.
-Tout baigne pour moi, voyons.
La fille fit une moue indiquant son insatisfaction et s’approcha de Junos, passant ses bras autour de sa taille et accotant sa tête sur son épaule.
-Sois franc : Qu’est-ce qui a?
Le garçon soupira et se tourna vers elle.
-Mathis**, comment tu le trouve?
-Hum… Idiot? Faut être idiot pour s’amuser à planter les autres. Même si c’est juste toi qu’il plante…
Junos fronça les sourcils.
-Sincèrement Indy, serais-tu portée à… disons… aller vers lui?
La jeune femme fronça les sourcils à son tour.
-Arrête de t’inquiéter avec ça, Brad. T’as pas du tout à te sentir menacer par lui.
« Hein? Brad? Mais qu’est-ce que… »

Toujours en se regardant dans le miroir, Junos vit une expression sceptique apparaître sur son visage.
-Si tu le dis…
Il se défit des bras d’Indy et se laissa tomber dans le lit sur le dos, s’étalant de tout son long.
-Chuis maigre… Faut que je grossisse… Faut que je prenne du muscle aussi…
-T’es parfait comme que t’es, assura la jeune femme.
Elle lui fit un sourire et s’étendit contre lui, la tête sur son torse. La garçon continua à regarder au plafond sans top s’occuper d’elle.
-Chuis tellement faite pas solide que quand tu te met contre moi comme ça, j’ai toujours l’impression que ma cage thoracique tiendra pas le coup… C’est pas normal non plus que ma blonde soit plus costaude que moi… Maudit que je suis loser!
-Mmm… T’es mon loser.
Elle fit un grand sourire. Pas très satisfait de cette remarque, Junos la décolla de contre lui et s’assit.

La jeune femme croisa les bras en prenant un air boudeur. Le garçon se tourna vers la commode à côté de son lit, et, sans prendre la peine de se lever, il fouilla dedans et en ressorti une pierre précieuse rouge comme le sang. Elle avait la grosseur idéale pour qu’on puisse refermer son poing dessus et une forme tout aussi adéquate pour ce geste.

Junos s’amusa à la lancer en l’air et à la rattraper pour la lancer de nouveau.
-Pourquoi tu fais ça? lui demanda Indy.
-Je sais pas… Ça me redonne de la confiance.
La jeune femme fronça les sourcils.
-Pourquoi tu la vend pas? Ça pourrait te faire un p’tite fortune avec ça.
-Es-tu malade?!? rétorqua le garçon. C’est ma mère qui me l’a donné quand je suis entrée au pensionnat à neuf ans. Elle disait que quand je me sentait down un peu, j’avais juste à la prendre dans mes mains pour me remonter le moral. Dans la famille, ils la transmettent de mère en fille depuis vingt-six*** générations. Pis vu que ma mère avait pas de fille…
-Elle s’est dit que tu ferais pareil, termina Indy.
Junos ne daigna même pas de répondre. Il l’ignora consciencieusement en continuant son manège.

Soudainement, tout le décor changea autour de lui. Plus de trace de la chambre, seulement de noir. Et dans ce noir apparut une jeune femme. La même qu’il avait vu apparaître plus tôt dans le cadre de porte.
-Maman!
-Salut mon grand, fit-elle en souriant.
-Que… Qu’est-ce qui s’est passé?
-Tu rêve, tout simplement. Ce que tu as vu par les yeux de ton père, ça s’est réellement passé et…
-Par les yeux de mon père?!? s’exclama Junos. Papa a déjà été si complexé que ça?!?
Indiana Auger sourit.
-Y’a toujours été un peu dérangé par son manque de poids, déclara-t-elle. En tout cas… Comme je t’ai dit, ça s’est réellement passé et je te l’ai montré juste pour te faire découvrir… cela.
Elle sorti de sa poche la pierre rouge que Junos avait sorti de la commode plus tôt.

La capitaine fit un sourire à son fils en lui tendant la pierre. Le garçon la prit sans poser de questions. Cependant, son air perplexe laissait deviner sa soif de détails.
-Ton père avait aucune idée de la puissance que lui donnait cette petite roche de rien là. Je suis certaine que, de toutes façons, il aurait pas su l’utiliser.
-Et… à quoi sa sert? demanda Junos. Et surtout : Comment je m’en sert?
-C’est très simple. Le latérien qui m’a tué s’appel Tricati. Et c’est un malin. Il ne fera pas une deuxième fois l’erreur de sortir sa dague. Et sans avoir accès à cette dague, pas moyen de le tuer. Sauf si… Sauf si tu possède quelque chose qui pourrait contrecarrer cette invincibilité dans ta main. Genre… cette roche.
-Faque dans le fond, je prend la roche dans ma main, je tire une balla à l’autre pis c’est fini, résuma Junos.
-Exactly! Maintenant, réveilles-toi!
Sur cette réplique elle disparu.

Junos ouvrit grand les yeux. Il était dans son lit, couché. Lucas ronflait bruyamment dans le lit dessous le sien. Amélie parlait dans son sommeil.
-Mmm… M’embrasser? Okais… Comment qu’on embrasse?
Le garçon sourit en l’entendant. Il se tourna vers Émilie qui avait les deux yeux grands ouverts.
-Qu’est-ce que tu tient dans ta main? demanda-t-elle.
L’adolescent regarda sa main et fut surprit d’y trouver une pierre rouge comme le sang. Il regarda Émilie et lui sourit.
-C’est une longue histoire. Comme tu dors pas, je peux te la raconter si tu veux. Mais à une condition.
-Laquelle?
-Tu dois promettre de me croire.
Émilie sourit à son tour.
-Je promet de te croire. Maintenant, raconte.



*Avouez que je me suis forcée pour le nom du chapitre!
**Voir le premier Mourir, c’est pas bon pour la santé, chapitre 3
***J’ai vraiment calculé le nombre de génération de 2034 jusqu’à la mort de son ancêtre bien connu qui est… Ah! Je vous le dit pas, vous le saurez plus tard! Muahahahah!
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Mer 27 Sep à 14:30

Chapitre 9, La bonne fée… Gertrude!

-Wouah! S** qui fait chaud!
-Tabar***, Lucas! Surveille ton langage!
-Ben la, t’as dit pire que moi Amé. Moi j’ai dit « s** » et non « ost** » pis toi tu dis ton « Tabar*** » au complet.
-Moi chuis plus vieille.
-De juste un an.
-Ouen pis! Chuis plus vieille pareil!
-Mais…
-Co***! Arrêtez donc de sacrer! s’exclama Junos, ce qui eut pour effet de faire rire tout le monde.
Mais même leurs discutions qui ne menaient à rien ne changeait pas la réalité : il faisait chaud. Très chaud, pour être plus précis.

Tous dégoulinants de sueur, les quatre adolescents déambulaient sans destination précise dans cette forêt au climat tropical. Ils marchaient en espérant découvrir un indice sur l’endroit ou se terraient ces fichus démons.
-Fait CHAUD!!!!!!! se plaignit Lucas pour les vingtième fois au moins.
-Pense que t’as frette pis ça devrait régler le problème, fit Émilie. C’est de la visualisation psychologique qui canalise ton corps à suivre les propriétés dictées par ton cerveau et qui le contraint à ajuster ses conditions mentales et donc à te donner un confort même si tes constituants ne peuvent pas supporter une nouvelle hausse de température.
-Hein?!?
-Ferme-là pis agit : Ça marche.
Lucas ferma les yeux et se fit l’image mentale d’un frigidaire géant et tenta de sentir la fraîcheur qui en émanait, mais sans succès. Il garda l’image en tête : Peut-être cela prendrait-il du temps avant que le truc ne marche?


Le silence s’était installé entre les jeunes gens. Après une quinzaine de minutes de marche, Lucas tomba sur le sol, tout tremblant. Croyant qu’il s’était fait attaquer ou quelque chose du genre, Junos et les jumelles accoururent.
-Ça va?
-T’es correct?
-Qu’est-ce qui a?
Lucas, toujours tout tremblotant, s’assit tant bien que mal.
-J… J’ai… J’ai FRETTE!!!!!!
Le mercenaire échangea un regard amusé avec Émilie.
-Je pense que tu peux arrêter de penser au froid, Lucas, fit cette dernière en riant.
Amélie, elle, affichait un air frustré. Sans que personne ne s’y attende, elle donna une puissante gifle au fils Bouchard.
-Fait moi pus jamais peur de-même! ordonna-t-elle avant de le serrer contre elle.
Lucas afficha un air légèrement étonné, mais il ne la repoussa pas.

Alors que Junos riait avec Émilie de l’expression faciale de l’assistant-technicien, il remarqua quelque chose qui brillait d’une étrange lumière verte dans les bois, non loin d’eux. Il cessa de rire et pointa la lumière aux autres. Silencieusement, il se levèrent tous les quatre et s’approchèrent de la source lumineuse. Il ne leur suffit que de quelques pas pour la rejoindre. Il s’agissait d’une fleur fermée qui semblait sur le point de s’ouvrir aux rayons matinaux du soleil Latérien. La lumière verte qui l’entourait lui donnait un air légèrement radioactif.

Ses pétales continuaient de s’écarter et les jeunes gens regardaient ce spectacle magnifique avec une admiration certaine pour la nature. Puis, au milieu de la fleur, ils virent une petite créature qui ressemblait à une femme miniaturisée, à la différence de ses deux ailes translucides et de ses petites oreilles pointues. Elle avait des cheveux verts lime qui flottaient derrière elle au rythme du vent. Elle s’étira et ouvrit ses yeux dont les iris étaient d’un vert émeraude si pur qu’il en était presque hypnotique. Sa peau avait un teint de pêche pas trop rosé, de sorte qu’il ne jurait pas avec sa chevelure. Bref, elle était d’une rare beauté.

Elle bailla longuement et regarda enfin les quatre jeunes qui la contemplaient avec admiration mais aussi une certaine curiosité.
-Qui êtes vous? demanda-t-elle.
-Heu… répondit Amélie, hésitante. On est…
-Une gang de flots perdus sur une planète inconnue, termina Junos.
-C’est à peu près ça, approuva la seconde-second officier.
-Vos noms? demanda la petite créature verte.
-Ben moi c’est Amélie, l’autre gars qui a parlé c’est Junos. Elle c’est ma sœur jumelle, Émilie, et le mec à côté d’elle c’est Lucas.
Les trois adolescents nommés par la jeune fille firent en cœur de timides salutations.

Émilie se dégêna un peut et demanda à la « mini-fille » ce qu’elle était avant même de lui demander son nom. La concernée fut un peut étonnée de l’attitude de l’assistante-psychologue mais répondit tout de même.
-Moi? Je suis une fée, bien sûr!
-Une fée?!? répéta Lucas. Cool! Ça, ça veut dire que vous devez avoir un nom full cute et gentil du style Clochette ou Barbotine?
-Pantoute, m’appel Gertrude!*
Les quatre ados échangèrent un drôle de regard.
-Gertrude, hein? fit Amélie. Vous avez un nom plutôt… beau.
-Vous savez, vous pouvez me tutoyer. Et vous pouvez aussi me dire que mon nom est weird pas mal.
-Non, c’est pas weird, c’est… heu…, balbutia Émilie.
-Neutre? proposa Gertrude.
Les enfants de l’équipage du Romano-Fafard échangèrent un regard mal à l’aise et préférèrent ne rien ajouter.

Ils baissèrent les yeux vers Gertrude et Junos eut la brillante idée de changer de sujet.
-Ouais, heu… On cherche des genres de démons fuckés sur cette plan…
-Oh! Eux! Ah, les maudits! Ils détruisent tout sur leur passage. Si ça continue, j’aurai plus de fleurs pour dormir! Qu’est-ce que vous leur voulez?
-Ben… y’en a un qui a tué ma mère pis j’aimerais genre ça lui parler dans le toupet.
-Ah! Je vois! Et je suppose que vous savez pas pantoute ou ils sont ni ou aller.
Junos échangea un regard avec ses amis avant de hocher la tête.

Gertrude agita ses petites ailes pour s’envoler à la hauteur des visages des jeunes gens.
-Je peux vous conduire à eux. Je les observe depuis quelques temps dans l’espoir que quelqu’un possédant la puissance nécessaire pour les éliminer passe dans le coin pour que je puisse l’aider. Cependant, je veux quelque chose en échange.
Junos, Émilie et Lucas se tournèrent vers Amélie. Celle-ci répliqua d’un regard meurtrier avant de répondre à la fée.
-Que veux-tu?
-Je suppose que vous allez quitter la planète après avoir accompli cette tâche?
-Ouais, pourquoi?
-Je veux que vous m’emmeniez! J’ai toujours rêvé d’aller dans l’espace!
De nouveau, on se tourna vers Amélie dans l’attente d’une réponse. Celle-ci soupira. Assumant son rôle de seconde-second officier, elle répondit de nouveau.
-Moi j’y vois pas d’inconvénient.
-Marché conclut? demanda Gertrude.
-Marché conclut, approuva la jeune fille.
La fée s’envola dans les airs et fit quelques acrobaties aériennes en poussant des gloussements de joie. Les adolescents assistèrent à la scène avec un air incertain sur le visage, échangeant des regards mi-amusés, mi-« coudonc est tu folle? ».

Gertrude cessa de valser en l’air et s’immobilisa à la hauteur de Junos. Comme il était le plus grand de la bande, ses compagnons durent lever la tête un peu pour la voir.
-Venez, c’est par là-bas!
Elle pointa le nord du doigt avant de filer dans cette direction, ses petites ailes s’agitant gracieusement dans un léger bruit de carillon.



*C’est hot, Gertrude! J’ai déjà passé 15 minutes crampée en deux à terre devant le frigidaire en répétant ce nom là! Quoique c’est laite pareil…
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Dim 1 Oct à 13:04

Chapitre 10, Les critères

Gertrude voletait dans un rythme rapide et de manière saccadée. Elle montait, descendait, faisait des zigs et des zags, tout ça en allant par en avant. Les jeunes avaient du mal à la suivre, surtout qu’ils devaient courir pour ne pas la perdre de vue.

La fée s’arrêta finalement devant une grotte.
-C’est là, fit-elle.
La grotte était sombre et semblait très profonde. On pouvait voir à l’inclinaison du sol qu’elle descendait sous terre. Junos entra, suivit de Lucas et des jumelles. Émilie, dernière de la file, se tourna vers Gertrude.
-Tu viens pas?
-Moi? Non! Je reste ici et je vous attend.
-Non, tu viens, somma calmement Amélie.
-Le marché disait que je vous menait aux Latériens, pas que j’allais les combattre avec vous.
-Je m’en fou, tu viens. Tu nous as mené ici, je n’ai plus rien à attendre de toi et j’ai maintenant le choix de respecter le marché ou non. Sois tu viens, sois j’annule tout.
La fée murmura une série de mots incompréhensibles et agita à contre cœur ses petites ailes pour rejoindre les adolescents.

Ce fut bientôt le noir total dans la grotte. Les rayons du soleil ne parvenaient plus à vaincre l’obscurité oppressante qui dominait les lieux.
-Vous… Vous êtes ou? fit Émilie d’une voix craintive.
-Nous? On est un peu partout, fit sa sœur.
-On devrait peut-être faire une conversation pour être certains de pas se perdre? suggéra Lucas.
-Bonne idée, fit Junos. Quelqu’un a une idée de sujet à aborder?
Silence.
-Parlez surtout pas tous en même temps pour faire des suggestions, fit l’aîné, sarcastique.
-Moi ça me fait peur ici, fit Émilie avec une toute petite voix. C’est vrai, c’est toujours dans des endroits sombres et humides comme ça que Bowser se cache pour essayer de décapiter Mario.
-C’est aussi toujours là que la princesse Peach se cache, rappela Lucas, on est près du but.
-Quoique ça nous aide pas gros si on voit rien… rappela Amélie.
Junos entendit Gertrude soupirer. Il entendit ensuite un claquement de doigt et de la lumière émana de la paume des mains de la fée. Ce n’était pas assez pour voir à cent pourcent, mais c’était environ l’équivalent d’une lampe torche.

Le décor gris de pierre à l’entrée était toujours de la même couleur. Cependant, les murs même de la grotte (qui s’était avéré être en réalité un long tunnel) étaient sculptés. On y voyait des monstres à l’allure sanguinaire, des créatures qui ressemblait étrangement à des dragons chinois, des êtres étranges à l’allure humanoïde qui pouvaient être des dieux latériens ainsi que des massacres entiers qui devaient être les récits de tueries de guerres passées transcrites dans le roc. Le tout devait servir à effrayer d’éventuels intrus et de les faire fuir. Mais pour des curieux comme nos explorateurs en herbe, c’était plus fascinant qu’épeurant.
-Ouen, j’te dit que l’accueil est chaleureux, fit Lucas en s’accotant sur la gueule d’un des « dragons ».
Amélie l’imita.
-Ouais, ils sont bons en décorati… Ouah!!!!
La statue faite à même le mur du tunnel sur laquelle la jeune Patenaude-Leclerc se tenait venait de disparaître, comme par magie, et Amélie était tombée par en arrière dans une pièce annexée à l’endroit ou ils se trouvaient.

Rouge de gêne, la seconde-second officier se releva sous les rires de Gertrude.
-C’est peut-être bien décoré, mais c’est pas solide, s’extasia la fée.
Une lueur assassine dans le regard, Amélie se calma avant de se tourner vers ses amis.
-Qu’est-ce que j’ai fait?!?
-T’as sûrement touché à une commande cachée qui a fait disparaître le mur qui cachait un pièce secrète très certainement sacrée, raisonna Junos.
-Meuh! On est pas dans un film d’action franchement! Junos Jones et l’abbaye sacré, se moqua Lucas. Je sais pas vous, mais messemble que ça sonne mal.
Alors qu’il riait, Junos lui montra le décor autour d’eux. Le garçon cessa de rire en considérant les sculptures qui appuyaient les dires du mercenaire plus qu’autre chose.

Les trois jeunes et la fée rejoignirent Amélie dans cette nouvelle pièce. Cette dernière avait réellement l’air d’un endroit sacré ou quelque chose du genre. C’était immense! Si grand que le plafond était difficile à voir. Il faisait très chaud, et les murs étaient rougis par une rivière de lave qui coulait derrière un petit hôtel, au fond de la grotte. Elle continuait sur le côté gauche de la caverne avant d’entrer dans un passage étroit creusé dans la roche. À côté d’eux se trouvait la porte d’entrée de ce genre de temple. Elle était double et très grande, couvertes de runes étranges qui lui donnaient un air majestueux. Lucas s’en était approché et avait posé ses doigt sur la pierre pour y enlever la poussière et mieux lire. Il retira à la seconde même ou il l’avait posé. Son index dans la bouche, un air douloureux sur le visage, il se tourna vers ses compagnons et dit :
-C’est chaud.
Junos ne put s’empêcher de sourire.

Tous les cinq, ils s’avancèrent vers cet étrange petit hôtel. Sur le dessus était posé une plaque rectangulaire lisse et mince. Elle était blanche et couverte de runes elle aussi. Junos posa doucement un doigt dessus, et, après s’être assuré qu’il ne se brûlerait pas, la prit dans ses mains. Elle avait une drôle de consistance. On aurait dit…
-Des ossements! fit-il avec horreur. Cette plaque, c’est des os soudés ensemble!
Lucas lui enleva la plaque des mains alors qu’Émilie s’était mise à trembler dans les bras de sa sœur et que Gertrude voletait au dessus de lui avec un air curieux.

Il observa la plaque un moment avant de pousser un cri de triomphe.
-Ah! Je savais bien que mes cours de russe avec maman et Vivaneslav me serviraient à quelque chose un jour!
-C’est quoi le rapport entre tes cours et… ça? demanda Émilie.
-C’est écrit en alphabet russe! expliqua le garçon en riant.
-T’es capable de le lire? demanda Amélie.
-Ben là! J’espère!
-Qu’est-ce que ça dit? demanda Junos.
Lucas regarda la plaque, la lue au complet une fois avant de la relire à voix haute en la traduisant en français.
-Pour vaincre Tricati le grand, il vous faudra du cran. Beaucoup de naïveté vous aurez besoin pour l’affronter, ainsi que ces cinq critères vous devrez combler. En premier lieu, il vous faudra être un mâle, un homme fort pour espérer triompher. En second lieu, il vous faudra avoir déjà visiter les entrailles de la femme ayant servit d’hôte à notre chef Tricati. En troisième lieu, l’homme désirant vaincre Tricati devra savoir parler aux morts. En quatrième lieu, cet homme devra avoir une volonté sans pareil. En cinquième lieu, cet home devra avoir connu la vraie peur,. Tel est celui qui pourra vaincre Tricati.
Lucas termina sa lecture avec un air perplexe.

Junos mit sa main dans sa poche et serra très fort la pierre que sa mère lui avait donnée.
-C’est moi, fit-il à voix basse. C’est moi.
Toutes les têtes se tournèrent vers lui.
-C’est vrai! Je suis du genre masculin. Ma mère a été enceinte de moi, alors j’étais dans ses entrailles. Je suis capable de parler avec les morts et je pense que j’ai une assez bonne volonté.
-Oui, mais t’as jamais connu la peur, rappela Amélie.
-Mais oui! Quand j’étais petit, on a exploré une planète rempli de beubites ben épeurantes et j’ai fait des cauchemards pendant des mois!
Amélie n’en semblait pas si sûre.
-Si c’est pas moi, qui d’autre a « déjà visité les entrailles de la femme ayant servit d’hôte à leur chef »?
-Mouais… personne, t’as raison.
Junos décida dignorer son air peu convaincu. Il savait qu’il avait raison, et Lucas et Émilie semblaient penser la même chose. Quand à Gertrude, qui s’était montrée très silencieuse durant le voyage, il était impossible de défricher quoi que se soit sur son visage furieux.

Les visiteurs décidèrent de quitter le temple et de chercher ailleurs. Après tout, ce complexe souterrain devait avoir d’autres pièces, non? Ils s’avancèrent vers la porte de sortie lorsqu’ils entendirent :
-Attendez!
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Sam 14 Oct à 15:07

Chapitre 11, Les dires du prêtre

-Attendez!
Junos, Lucas, Amélie et Émilie se tournèrent la tête. Ils aperçurent devant eux un démon Latérien qui s’approchait d’eux d’une démarche lente et chancelante. Il devait avoir environ la grandeur du père Spitfire mais son dos courbé lui enlevait quelques pouces de hauteur. Ce signe ainsi que sa peau brune parsemée de plis, comme des rides, laissaient supposer qu’il était plutôt vieux. Il était vêtu d’une tunique ample de soie blanche, brodée de fils dorés qui lui donnait un air de royauté. Le bout de ses manches, son col et le bas de sa tunique étaient décorés de petites pierres brillantes bleues et vertes que Junos reconnu comme étant de saphirs et des émeraudes. Ce Latérien devait être plutôt important pour être habillé de la sorte.

Cependant, quel que soit son grade hiérarchique, cela n’empêcha nullement les adolescents de dégainer leurs armes et de le mettre en joue. Le Latérien leva docilement les mains en l’air, signe qu’il ne désirait pas se battre.
-Qui êtes vous? demanda Amélie en s’exprimant pour le groupe.
-Je m’appel Navid, fit le Latérien. Je suis le prêtre de cette communauté et…
-Une prêtre Latérien?!? s’exclama Gertrude. Tuez-le! Les prêtres sont des hauts dirigeants Latériens! Si vous le tuez, vous empochez une victoire facile! Tuez-le! Tuez-le! Tu…
-Ferme-la! intervint Lucas. Laisse-le parler.
La fée se tut, choquée par l’attitude du jeune garçon.

Amélie se tourna vers Navid et le somma de finir de parler.
-Heu… oui. Alors je suis le prêtre et… enfin, j’étais le prêtre. En tout cas, je suis avec vous, jeunes gens. Je désire vous aider.
-Et pourquoi devrions-nous vous faire confiance? demanda Émilie d’une voix tremblante.
-Et surtout, pourquoi voulez-vous nous aider alors que nous tentons de détruire votre race, fit sa sœur en allant droit au but.
Le prêtre baissa la tête.
-Les Latériens ne sont plus sur cette planète, les informa Navid. Nous n’étions que quelques centaines. Les miens se sont confectionnés des vaisseaux spatiaux d’après les récits d’anciennes invasions latériennes sur d’autres planètes. Cependant, comme ils n’avaient pas assez de place, au lieu de faire deux voyages, ils ont décidés de tuer les vieux, les faibles, les blessés et les malades. Bref, tout ceux qui seraient incapables de se battre. C’est un miracle si j’ai réussis à me cacher et survivre.
-Et en quoi cela nous concerne, vos petites histoires personnelles? remarqua Junos.
-C’est simple. J’étais le prêtre suprême de mon peuple et maintenant, ils me remplacent par un jeune sans aucune expérience en me condamnant à une mort certaine. Je veux me venger. Et la meilleure façon de le faire, c’est de vous prêter main forte.
Amélie hocha la tête.

Lucas fronça les sourcils, suspicieux.
-Vous avez dit que les Latériens avaient construits des vaisseaux spatiaux et qu’ils avaient tués des gens parce qu’ils manquaient de place. Je suppose qu’ils sont allés envahir une planète. Mais laquelle?
-Bien, notre souverain Tricati avait jadis employé le corps d’une jeune femme –jeune femme dont j’ai transformé les os en la tablette des critères sous sa demande- et il avait trouvé que l’espèce de cette femme avait d’excellentes capacités physiques et a décidé d’envahir cette race dont la planète se nomme Terre. Il a donc emmené tous les Latériens sur cette Terre pour…
TSIOU!

Le prêtre ne pu jamais finir sa phrase. Il avait désormais un trou fumant entre les deux yeux et son corps sans vie bascula par en arrière avant de s’effondrer sur le sol. Junos tremblait de rage si fortement que l’on pouvait voir son fusil bouger au rythme de ses convulsions. Les dents serrés, la respiration forte, le garçon n’avait jamais ressenti autant de mépris pour qui que ce soit.
-Tu… Tu l’as tué! s’exclama Émilie, outré.
-Relax, c’est juste un démon, fit le garçon. En plus, y’était sensé être mort que y’a dit.
-Tu l’as tué pareil!
Junos tremblait encore de rage, les dents serrées et les doigts crispés sur la crosse de son arme.
-Ce monstre là à transformé le cadavre de ma mère en une plaque d’os!
La jeune Patenaude-Leclerc commençait à avoir peur de son ami. Elle murmura quelques mots dans sa barbe en baissant la tête.

Sa sœur jumelle posa la main sur l’épaule de Junos.
-De toutes façon, notre tâche, c’était de les éliminer les Latériens, lui il va juste être mort plus vite, continua l’adolescent.
-Écoute Junos, je te comprend, fit Amélie. C’est normal que tu rage, mais il faut pas que ta colère altère ton jugement, parce que sinon, tu vas rester en arrière quand on va aller affronter leur chef.
-Quoi?!? Mais tu peux pas m’empêcher…
-Oh oui que je peux, coupa-t-elle. Je te rappel que c’est moi la seconde-second-officier, et que pendant l’absence de mon père et de Flavien, c’est moi qui commande. Tu as le choix entre obéir à ce que je te dis ou prendre ton scaphandre et aller prendre une marche dans l’espace. À moins que tu veuille rester sur Latéral-360, bien entendu.
Junos baissa lentement son fusil et le rangea.
-S’cuse, fit-il d’un voix basse et piteuse.
Amélie le serra contre elle. Il appuya sa tête contre son épaule et se mit à pleurer.

La jeune femme lui donnait de petites tapes dans le dos. Lucas, s’approcha de son ami et lui dit, certain de lui remonter le moral :
-Wow! Junos! Je pensais bien te connaître, mais tu m’as jamais dit que t’avais des glandes lacrymales!
Comme il l’avait prédit, les pleurs de son amis se calmèrent, du moins juste assez pour lui permettre de produire un petit rire nerveux.

Gertrude regardait la scène avec une impatience qu’elle ne tentait même pas de cacher.
-On peux-tu passer à autre chose, là? demanda-t-elle d’un ton sec.
Amélie regarda Junos qui hocha la tête.
-Ouais, en route jusqu’au vaisseau, approuva-t-elle.
Elle prit les devants pour sortir de la grotte.

**********
Nos quatre explorateurs et la fée s’installèrent confortablement dans le minuscule dortoir de la navette pour faire le point.
-Bon, les Latériens sont plus ici, fit Amélie. On fait quoi?
-Le prêtre a dit qu’ils étaient partis sur Terre, rappela sa sœur.
-Oui, mais c’est peut-être un piège. Y’a plus personne sur Terre, pourquoi les Latériens y seraient allés? intervint Lucas.
-Quand le chef Latérien a prit contrôle du corps de ma mère et qu’il a eu accès à sa mémoire, les terriens étaient encore sur Terre et Youkoulélé n’avait pas encore été découverte, fit Junos.
-Alors on va sur Terre, tout simplement, fit Gertrude.
-Ouais, tout simplement…
Amélie avait approuvé d’un signe de tête. Elle se leva, adressa un signe de tête à ses amis et quitta la pièce.

La jeune fille se rendit dans le poste de pilotage et fouilla parmi ses cartes stellaires pour en trouver une portant les coordonnées de la Terre. Après une bonne dizaine de minutes, elle trouva ce qu’elle cherchait et, satisfaite, entra les données dans l’ordinateur de bord avant d’enclencher le pilote automatique.

Amélie s’assit sur le siège du pilote et regarda les étoiles. C’était beau, très beau même. Les étoiles scintillaient et on pouvait apercevoir la Lune de la planète au loin ainsi que son soleil, une étoile immense d’un jaune brillant.

La jeune fille regardait le vide infini en se disant que quelque part là-dedans se trouvait la planète ou ses parents étaient nés. Cette planète ou elle-même aurait dû grandir si ça n’avait pas été de toute la pollution que les humains y avaient faite… Et maintenant, elle allait se rendre à cet endroit. Elle allait voir l’état de décrépitude ainsi que la destruction que les êtres de sa propre espèce pouvaient causer. Destruction que son père avait décidé de fuir pour l’élever dans la paix qu’il y avait dans le Romano.

Un bip sonore retentit. Amélie sorti de ses songes en soupirant et regarda l’écran de bord. On pouvait y voir inscrit le temps du voyage. Dans un mois, ils seraient sur Terre…
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Sam 18 Nov à 10:06

Chapitre 12, Dégénération

La petite nacelle des quatre adolescents entra dans l’atmosphère de la planète qui avait vu naître leurs ancêtres. Ils se posèrent au sol, au beau milieu de ce qui semblait être une ancienne ville selon les données du radar. Ils vêtirent leurs scaphandres et prirent leurs armes, au cas ou.

Les jeunes sortirent du vaisseau. Ils s’attendaient à se retrouver dans un endroit désolé et totalement dévasté, mais quelle ne fut pas leur surprise en s’apperçevant de la beauté des lieux! La nature avait reprit ses droits au cours des années d’abandon des humains. De jeunes arbres se dressaient au travers de l’asphalte crevassée, des plantes grimpantes recouvraient les murs des maisons, le gazon avait poussé sur les terrains et était si haut qu’il arrivait jusqu’à la taille des adolescents, les fleurs embaumaient l’endroit de leurs parfums exotiques… C’était magnifique.
-Ouen han, fit Lucas. Ça ressemble plus pantoute à ce que nos parents nous décrivaient!
-Mazzant! Heille, c’est beau en mautadine ici, approuva Émilie.
Junos regardait autour de lui, hypnotisé par la beauté des lieux. Amélie, elle, conservait un air plus neutre, mais ses amis se doutaient que c’était uniquement parce qu’elle était seconde-second officier. Gertrude, elle, admirait le paysage en voletant joyeusement. Elle fit un looping avant de se tourner vers la bande de jeunes et de déclarer :
-Peut-être que ça serait une bonne idée de commencer à chercher les Latériens?
Amélie leva la tête vers elle.

La fille Patenaude s’avança devant ses camarades, et, en bonne leader, divisa les tâches.
-Y’a personne ici, alors on peut se permettre d’explorer individuellement. Je veux un contact radio constant entre nous. Si quelqu’un trouve quelque chose ou a un problème, je veux qu’il appel immédiatement les autres. Donc, moi, j’explore la partie est de la ville. Émy, tu prends l’ouest, Ju’ le nord et Lucas, le sud. Gertrude, si ça te dérange pas, j’aimerais que tu suive Émilie, parce que tout le monde ici sait que c’est toujours Princess Peach qui se fait kidnapper.
Cette dernière phrase causa l’hilarité générale et Émilie rougit, un sourire gêné sur les lèvres, tout de-même reconnaissante que sa sœur n’ai pas dit à Gertrude la suivre parce qu’elle était peureuse.
-Je veux que vous soyez ici à cinq heures cet après-midi. Tout le monde à comprit son rôle? Nice! Question? Action!
Sur ce, Amélie sur tourna et se dirigea seule vers l’est.

Lucas et Junos échangèrent un regard entendu.
-Ouen, j’te dit qu’à prend son rôle au sérieux, mam’sel Patenaude!
-Quessé tu veux, Lucas. C’est une femme.
Les deux garçon éclatèrent de rire et se séparèrent pour partir explorer chacun de leurs côtés.

**********
Junos marchait dans une longue rue qui semblait sans fin depuis près de deux heures. Un secteur résidentiel, tout plein de grandes maisons qui devaient être magnifiques dans leurs temps fort mais qui, maintenant, étaient plus délabrées qu’autre chose. Les pelouses trop hautes, des mauvaises herbes en grand nombre… Ici aussi, la nature avait reprit l’espace auquel elle avait droit. Le garçon avançait nonchalamment dans ce décor sans rien trouver d’anormal. Il y avait quelques fois du bruit dans des feuillages, mais c’était généralement un chat ou un rongeur. Il faillit ne pas remarquer la fumée qui s’échappait de la cheminée d’une des demeures. Lorsqu’il la vit, il s’arrêta pour être certain que ces yeux ne lui jouaient pas des tours. Mais non, il y avait bel et bien de la fumée qui s’échappait d’une des cheminées!

Le garçon regarda le domaine devant lui. Une belle maison à deux étages, pas trop en ruines, faite d’une brique de couleur brune et d’un toit de tuiles noires. Il y avait aussi un garage intégré à la demeure dont la porte était ouverte, laissant entrevoir une pièce presque vide, avec juste une petite voiture rouge dedans.

Intrigué, Junos s’approcha de la maison. Il se planta devant la porte et se demanda quoi faire. Une idée stupide lui passa par la tête. D’un geste hésitant, il cogna à la porte. C’était idiot, personne ne viendrait lui répondre. Quoique…

Le garçon fit si surpris de voir la porte s’ouvrir qu’il ne réagit même pas lorsqu’un homme apparu dans le cadrage.
-Tiens! Je savais pas qui avaient gardés des jeunes sur Terre!
Junos secoua la tête pour se remettre les idées en place et fit :
-Heu… Je… Je suis pas terrien… Je suis né dans l’espace et c’est la première fois que je vois un humain qui est pas dans l’équipage du Romano.
-Hum… Tes parents sont sur le Romano-Farfard?
Junos hocha timidement la tête.
-Entre garçon!
L’adolescent obéit et entra timidement dans la demeure.

Junos s’attendait à voir des couleurs, des photos et des décorations s’harmonisant parfaitement un à l’autre, comme il l’avait vu dans les films. Il s’était trompé. L’endroit semblait être les vestiges d’une demeure fort luxueuse, mais n’était pour le moment que poussiéreux.

Le garçon suivit son hôte jusqu’au salon. Il remarqua que ce dernier boitait. L’homme remarqua que Junos fixait sa jambe et fit :
-Une simple foulure. Ça devrait s’arranger tout seul un moment donné…
Il se laissa lourdement tomber sur un fauteuil près de la cheminé.
-Ben… assis-toi, proposa-t-il à Junos.
L’invité obéit de nouveau et s’assis en tailleur sur le sol. Il regarda l’homme devant lui. Ce-dernier avait le visage d’un homme dans la fin soixantaine, mais ses cheveux étaient toujours d’un noir de jais, parsemé de seulement quelques mèches grises. Junos se rappela que le capitaine disait toujours que son grand-père n’avait eu les cheveux totalement blanc que lorsqu’il fut rendu dans sa neuvième décennie de vie, peut-être en serait-ce de même pour cet homme? Il avait les yeux bruns très sombres et un air fatigué sur le visage. Il était plutôt maigre (Junos soupçonna que l’âge allié au mode de vie qu’il devait mener ne devait pas l’aider) et était à peu près de la taille du garçon. Ce-dernier se demanda si c’était la taille réelle de son hôte ou s’il avait rétrécit avec le temps…

Un silence habitait les lieux, rendant Junos mal à l’aise. Le maître des lieux se tourna vers lui et répéta :
-Tes parents sont sur le Romano-Fafard, hein?
-Heu… Ben juste mon père, ma mère est morte quand j’étais bébé. Lui, il est le scientifique de bord, et elle, elle était capitaine sur le Alfonso-Béchard.
Junos senti le regard sombre de son interlocuteur se poser sur lui, comme pour essayer de sonde ses pensées, et sans savoir pourquoi, ça lui foutait la chair de poule.
-C’est quoi ton nom?
-Ju… Junos. Junos Spitfire-Auger.
-Spitfire, hein?
-Ou... Oui. Mon père s’appel Brad. Vous le connaissez?
Le vieil homme sourit au jeune garçon. Un sourire mystérieux, qui semblait cacher quelque chose.
-Oui, je le connais. Je le connais comme si je l’avais fait. Je l’ai vu naître ce gars-là, pis je l’ai vu grandir jusqu’à ce qu’il parte sur le Romano-Fafard.
-Pour vrai?
-Ouen… Maudit que y’était pissou! Pis incapable! Pis pas fort! Pis… y’était à l’image de sa mère, finalement…
-Vous avez connu ma grand-mère?!?
-Ouais. Une très belle femme qu’elle était. Ben fine, pis elle avait pas l’habitude de se laisser marcher sur les pieds… quand elle était jeune. Elle a changé.
Junos hocha la tête.
-Et… mon grand-père? Avez-vous connu mon grand-père?
-Bien sûr. C’était un adolescent pas mal bollé qui aimait bien niaiser pis qui se faisait pas mal planter. Mettons que y’était un peu loser. Mais, apparemment, ta grand-mère l’aimait de-même parce qu’elle a accepté de l’épouser. Mettons que lui avec y’a changé. Quand elle est tombé enceinte de ton père, deux ans plus tard, il voulait tellement pas de cet enfant-là que y’é devenu pas mal bête avec tout le monde, même sa femme, pis ça l’a aussi rendu un peu agressif. Disons que son gars, on peu pas lui reprocher de l’avoir laissé faire n’importe quelle niaiserie, parce que y’était pas mal sévère.
Junos écoutait tout en hochant de la tête.

Le garçon était passionné d’entendre parler de sa famille. Son père n’en parlait jamais. Junos posait plein de questions et le vieil homme lui répondait avec un plaisir apparent. L’adolescent se sentait maintenant parfaitement à l’aise avec son hôte et il ne voyait plus le temps passer. Lorsque son regard croisa sa montre, il fut surpris et déçu à la fois de constater qu’il était quatre heures trente, et qu’il devait partir tout de suite s’il ne voulait pas arriver en retard et s’attirer les foudres d’Amélie. Il informa le vieil homme de son départ imminent. Ce dernier lui demanda d’attendre quelques instants. Il se leva, quitta la pièce et revint quelques instants plus tard avec une enveloppe dans la main.
-Tiens, tu donneras ça à ton père. À la prochaine peut-être. Et surtout, n’ouvre pas l’enveloppe, c’est à Brad de le faire.
Junos promit d’obéir et se pressa, à contre cœur, à retourner auprès de ses amis.
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Dim 17 Déc à 20:51

Chapitre 13, Le début du commencement

-Ou est-ce que t’étais calvette!?!
-Heu…
Amélie semblait furieuse et Junos n’osait pas dire quoi que ce soit de peur de la frustrer encore plus. Les mains sur les anches, le teint légèrement rougit et les sourcils si froncés qu’ils semblaient ne former qu’une seule et unique ligne au dessus de ses yeux, la seconde-second officier n’entendait pas finir de donner la morale de si tôt.
-J’avais dit cinq heures! Il est six et demi! Tu sais ça fait combien de temps de retard, ça??? Et bien sûr, monsieur n’appel pas avec sa montre pour nous avertir qu’il sera en retard, non, non! Il nous laisse nous inquiéter à chercher partout et à se demander s’il ne lui serait pas arrivé quelque chose de grave! Tu cherchais quoi comme ça? Te faire remarquer? Si oui bravo, t’as réussis!
Junos ne répondit rien, se contentant de soutenir le regard de cette fille plus jeune et plus petite que lui et qui ne l’impressionnait nullement.

Amélie allait ajouter quelque chose à ses réprimandes, mais Gertrude l’en empêcha.
-Moi et Émilie, on a trouvé un accès au réseau des Latériens. Il semblerait qu’ils aient encore privilégié le monde souterrain. Si vous voulez, on peut vous montrer ou c’est.
Amélie semblait avoir reprit son calme. En tout cas, sa voix elle était plus douce.
-Ouais, c’est bon. On vous suit
Gertrude agita ses petites ailes et s’en alla vers l’ouest.

Émilie affichait un sourire fier. Elle prit la tête du groupe, marchant au rythme que Gertrude voletait. Lucas et Amélie leur emboîtèrent le pas. Junos remarquait que leurs mains se frôlaient à un intervalle assez régulier. Le jeune homme les suivis, un air amusé sur le visage.

**********
L’accès que Gertrude et Émilie avaient trouvé était en réalité une ancienne station-service en ruines qui semblait sur le point de s’effondrer.
-Pas question que je rentre là-dedans! fit Lucas.
-Si j’ai pu tu peux, affirma Émilie avec un sourire supérieur qui ne lui ressemblait pas.
-Come on, fait moi pas croire que t’es plus peureux que ma sœur, le taquina Amélie en s’engouffrant dans la bâtisse derrière sa jumelle et la fée.
-Ouen, faudrait pas faire la poule mouillée devant la belle Amélie, ajouta Junos en chuchotant lorsqu’il passa à côté de lui.
Lucas rougit et lui emboîta le pas.

L’intérieur du commerce était délabré et semblait pourri par endroits. Le plancher était mou et des pousses de mauvaises herbes le couvraient par bouts. Dans le fond de la pièce, on pouvait observer un énorme trou qui semblait former un tunnel et qui s’engouffrait dans le sol. Des escaliers avaient été grossièrement travaillées dans le roc du chemin et le tout dégageait une odeur d’humidité et une autre beaucoup plus pestilentielle dont Junos devinait parfaitement l’origine mais dont il préférait n’avoir aucune confirmation visuelle.

Le terrain était plutôt cahoteux et le simple fait de marcher sans se fouler une cheville consistait un exploit. Les explorateurs étaient silencieux, à l’affût du moindre son pouvant trahir la présence de l’ennemi. Après près d’une heure de descente, ils débouchèrent dans une petite salle qui ne contenait rien d’autre qu’un hôtel. Ils virent plusieurs portes, toutes plus neutres et ternes les unes que les autres.
-On va ou là? demanda Amélie.
Émilie et Gertrude haussèrent les épaules.

Amélie poussa un cri de rage.
-Good! On a une bonne vingtaine de portes devant nous autres et on sais pas laquelle est la bonne!
Elle se mit à faire les cent pas, ne sachant apparemment pas quoi faire. C’est alors que Lucas proposa une idée tout aussi loufoque et stupide que brillante et simple à réaliser.
-Et si on faisait les portes une par une jusqu’à ce qu’on trouve ce qu’on cherche?
Amélie cessa de marcher d’un bout à l’autre de la pièce.
-Tu sais que t’es un géni, toi?
-Heu… Oui.
Cette réplique eut pour effet de faire sourire tout le monde.
-Bon, fit Amélie en cassant l’atmosphère joyeuse qui avait imprégnée les lieux. On prend laquelle?
Sa jumelle s’avança devant les portes et chantonna :
-Boules de gommes, boules de gommes, combien veux-tu de boules de go…
-T’espère que la porte va te répondre, peut-être, coupa Lucas.
-T’as une meilleure idée peut-être, le géni?
-Oui. On abandonne tout, on prend nos pattes et on s’en va chez nous.
-Je vais prendre ça pour un non, conclut Émilie.
Lucas croisa les bras, laissant l’assistante psychologue faire ce que bon lui semblait.

Junos regarda les portes à son tour. Il allait avancer pour les examiner de plus près quand il entendit une voix derrière lui :
-Je vous conseille de prendre la troisième à partir de la droite.
Le garçon se retourna et reconnu la cascade de cheveux blonds devant lui.
-Maman!
Indiana sourit, mais Amélie vint casser le bonheur de l’adolescent.
-C’est parce que… ta mère est morte.
-Oui, mais son fantôme est là!
Il se fit regarder de travers, et seul Lucas osa faire un commentaire.
-Toi, tu commence à être vraiment aussi fucké que ton père!
-Mais je vous jure que c’est vrai! insista Junos.
Gertrude fronça les sourcils.

Elle agita ses petites ailes et décolla de la roche sur laquelle elle s’était posée plus tôt. Une fine poudre verte et brillante s’échappa de son corps, lui donnant un air de fée Clochette. Lorsqu’elle passa au-dessus d’Indiana, le spectre sembla s’illuminer de l’intérieur.

Quand la lumière se dissipa, Junos se tourna vers ses camarades qui avaient les yeux ronds et la bouche ouverte.
-Hé bien… t’avais raison, fit Émilie d’un ton légèrement apeuré.
Amélie hocha la tête, tout aussi impressionnée. Lucas, lui, semblait d’avantage magnifié par la beauté de l’apparition que par l’apparition elle-même.

Junos regarda Gertrude avait un air interrogateur.
-Je suis une fée, faut ben que j’aie des pouvoirs.
-Ah, ben oui.
Le garçon secoua la tête et se tourna vers sa mère.
-Quelle porte tu disais?
-La troisième à partir de la droite, répéta Indiana.
Amélie regarda la mère de son ami (ou plutôt son fantôme) avec un air méfiant. Elle n’avait aucune preuve que cette apparition n’était pas une tentative de manipulation des Latériens. Mais avant même qu’elle ne puisse divulguer ses soupçons, la porte indiquée par la revenante avait été franchie par chacun de ses compagnons. À contre cœur, Amélie leur emboîta le pas.

Ils étaient dans un tunnel brillamment éclairé. Ils arrivèrent devant une intersection.
-Par ou va-t-on, maintenant? demanda Lucas en se tournant vers Indiana.
-À droite.
-Non, on va à gauche, coupa Amélie qui avait encore des doutes, en particulier parce que la mère de Junos leur indiquait le chemin le plus sombre des deux.
Amélie avait hérité du superbe sixième sens de son père, qui avait toujours été pour tous les deux presque infaillible. Et pour une raison qu’elle ignorait, elle ne faisait pas confiance au spectre.
-Il n’y a rien à gauche.
-S’il n’y a vraiment rien, nous reviendrons sur nos pas et iront dans le chemin de droite. Mais pour le moment, on va à gauche.
Sur ce, sans laisser le temps à son interlocutrice d’argumenter, Amélie se dirigea dans la voix qu’elle avait choisie.

Lucas, Émilie et Gertrude se consultèrent du regard.
-Ou Amélie va, je vais, fit solennellement Lucas. Imaginez qu’elle tombe sur quelque chose et se blesse? Non, c’est pas prudent de la laisser aller là seule.
-T’as raison, approuva Émilie. On y vas…
Accompagnés de Gertrude, ils suivirent la seconde-second officier. Junos alla pour faire de même, mais sa mère l’empoigna par le bras.
-On devrait peut-être les suivre…
-Non, coupa Indiana. Suis-moi. On va les éliminer une fois pour toutes ces Latériens. Mais tout d’abord, on doit aller voir mes poissons.
-Hein???
-Ferme-là et suis moi!
Junos ne contredit pas sa mère d’avantage et la suivit dans le chemin de gauche.
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Ven 2 Mar à 15:42

Chapitre 14, « D » pour « Danger »

Amélie marchait d’un pas rapide et furieux. Elle se retourna et constata que Junos manquait à l’appel.
-Ou est Junos? demanda-t-elle rageusement en prenant bien soin de séparer chacune de ses syllabes.
La jeune fille ressemblait tellement au capitaine Patenaude quand il était de mauvaise humeur que ça faisait peur.
-Il nous as pas suivi, fit sa jumelle avec une toute petite voix.
La seconde-second officier semblait sur le point de perdre son calme.
-Bien… Très bien… Très, très bien… Si jamais on ressort d’ici en vie, il est mieux d’être déjà au vaisseau, car ce n’est pas sur moi qu’il peut compter pour l’attendre!
Lucas s’était approché et avait doucement posé sa main sur son bras.
-Calme-toi Amé. C’est sa mère, c’est normal qu’il la suive. Mets-toi à sa place.
-T’as raison et ça m’énerves, lui répondit Amélie d’une vois plus calme.
Elle se blottit dans ses bras et enfouis son visage dans son cou. Trop surpris pour faire quoique ce soit d’autre, Lucas se contenta de la serrer contre lui.

Il marchèrent un bout avant d’attendre une passerelle de pierre qui surplombait une rivière de lave. Le seul et unique problème était que la passerelle était étroite et qu’elle n’avait aucun rempart pour les empêcher de tomber. Émilie regarda la mer bouillonnante en tremblant.
-On… On es-tu obligés de traverser?
-Y’a sûrement quelque chose l’autre bord, répondit sa sœur en s’engageant sur la passerelle. On y va un après l’autre pour pas que notre poids la fasse s’effondrer, capiche?
Ses compagnons hochèrent la tête craintivement. Gertrude, elle, ne perdit pas son temps à attendre et s’engagea à traverser la rivière en voletant au-dessus d’Amélie, surfant sur les thermiques que lui conféraient la chaleur étouffante des lieux.

Lorsqu’elle furent toutes les deux de l’autre côté, Amélie s’adressa d’une voix forte à Lucas et Émilie, de l’autre côté de la passerelle.
-Okais! Y’en a un de vous deux qui vient, l’autre passe après.
Émilie se cacha derrière Lucas, signe qu’elle le laissait passer d’abord.
-Dans Mario, y’a toujours des monstres de cachés dans la lave, dit-elle comme explication d’une voix apeurée.
L’assistant-technicien ne prit même pas la peine de lui répondre et s’engagea à son tour sur le chemin de pierre.

Le roche craquait sous chacun des pas du garçon, ne le rassurant nullement. Il entendit un bruit sourd, comme un grognement. Il ne s’en préoccupa pas trop. Lorsqu’il arriva au milieu de la passerelle, il vit des bulles dans l’eau, comme si quelqu’un –ou pire encore : quelque chose- respirait là-dessous.
-Hum… Amé? Je pense que… Ahhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!
Le minuscule pont fut secoué d’une violente secousse. Lucas faillit tomber sur le côté, ce qui lui aurait valu une chute fatale dans la lave. Heureusement, à l’aide de grands mouvements de moulinets fait avec ses bras, il réussis à contrôler comment il tomba et atterrit sur les fesses.

Lucas se massa le coccyx qui s’était douloureusement cogné contre le sol de roc. Il senti un choc sous son derrière. Puis un autre. Un autre. Tous les coups étaient plus violents les uns que les autres. Le cinquième fut si fort que Lucas se senti décoller du sol. Le huitième fut si puissant que la passerelle céda. Le garçon se retrouva suspendu au-dessus de cette met bouillonnante avec seulement son bras droit pour se tenir contre la passerelle dont la roche commençait à s’effriter dangereusement. Au prix de maints efforts, il réussis à accrocher son autre main sur la passerelle.

Il allait se hisser hors de cette pénible situation quand il entendit un grognement sourd.
-Émiliiiiiiiiiiie!!!
La jeune fille accouru, tremblotante comme jamais.
-Émilie? Qu’est-ce qu’il y a derrière moi?
-Veux-tu savoir la vérité?
-Non.
-Alors c’est un joli petit chien.
Elle l’agrippa par les poignets et l’aida à se hisser en lieu plus sûr.

Lucas se tourna pour voir ce qu’il savait qui n’était pas un beau petit chien. Il ravala sa salive en se mordant l’intérieur de la joue. Submergé jusqu’à la taille par la lave qu’il ne semblait pas du tout trouver chaude, un Latérien à l’air mauvais le fixait. Il poussa un autre grognement.
-Je t’avais dit que c’était toujours dans la lave qu’ils étaient les méchants, le nargua Émilie.
-Oh, toi pis tes gogosses de Mario! C’EST PAS LE TEMPS!!!
Émilie sursauta à cause du ton sec et rude du garçon. Les deux compagnons atteignirent le « rivage » et se retournèrent.
-Oh non! Amélie! Est prise l’autre bord!!! Amé!!!! AMÉÉÉÉÉÉÉÉÉ!!!!!!
Lucas semblait en état de panique pure et Émilie n’osait pas dire un mot, de peur d’empirer la situation.

Gertrude arriva en volant à grande vitesse au-dessus de leur tête.
-Émilie, Lucas, Amélie fait dire de sortir.
-QUE-OI!!! Pis la laisser crever ici toute seule?!?
-Elle fait dire que c’est un ordre.
Lucas lui lança un regard mauvais. La fée se posa sur son épaule.
-Écoutes, Lucas. Je sais que tu tient à elle comme à la prunelle de tes yeux, mais on peut pas rien faire à par mourir. Viens.
Lucas se mordit la lèvre inférieure et prit Émilie par le bras.
-On y va, dit-il sans entrain.
Il entraîna avec lui l’assistante-psychologue vers la sortie, laissant à contre-cœur Amélie face à son triste destin.

********
Junos suivait sa mère dans ces sombres souterrains. La noirceur était totale, mais Indiana semblait connaître parfaitement son chemin. Après une dizaine de minutes de marche, le garçon aperçut une lumière au bout du tunnel. Une étrange lueur dorée qui était rassurante pour lui.

Tous les deux, ils arrivèrent à l’entrée de cette crypte baignée de lumière. À l’intérieur, il n’y avait rien. Rien, sauf deux humains. Vêtus de bleu et de noir. Un homme grand et blond, les yeux bruns clairs ainsi qu’une femme qui semblait toute délicate et qui avait les cheveux et les yeux sombres. Ils affichaient tous deux une mine soumise. Junos vit l’homme et la femme se raidir à leur arrivée.

Indiana se tourna vers son fils. D’un ton doux, elle lui dit :
-Junos, je te présente Nuange et Héphaïstos, deux latériens.
-Je… Je pensais que les latériens étaient les méchants, s’étonna le garçon.
-Pas eux.
-Je pensais pas qu’ils ressemblaient à des humains, ajouta-t-il.
-Oublie le fait que ce sont des latériens et concentres-toi plutôt sur celui qu’ils vont nous aider, répliqua sa mère.
Junos, trop confus pour répondre quoique ce soit, se contenta de hocher la tête.

Finalement, il releva les yeux vers sa mère.
-Mes amis… Je peux pas laisser mes amis!
Indiana se retourna et le colla contre elle.
-Tu es avec moi, tu n’as rien à craindre mon grand.
-C’est pas pour moi que j’ai peur, c’est pour eux.
-Attend trente secondes.
La capitaine lâcha son fils et se dirigea vers les deux latériens.

Arrivée à leur hauteur, elle leur dit, assez bas pour être certaine que Junos ne l’entende pas :
-Retrouvez les trois gamins qui se promènent dans les galeries et tuez-les.
-Mais… ce ne serais pas très gentil, s’indigna Nuange.
-Niès ze ne zeyais pas tiès zentil, répéta Indiana avec une voix de bébé. Je m’en contre-fou! J’ai besoin de mon garçon et je ne veux pas de gêneurs qui pourraient influencer sa confiance envers moi. Je veux ma revanche sur ce foutu maître latérien de Tricati et je l’aurai, peut m’importe le prix. Camouflez les meurtres en accidents. Je ne veux pas que le gamin ne se doute de rien sinon, ce sont vos têtes à tous les deux qui rouleront sur le sol. Comprit?
Nuange échangea un regard avec Héphaïstos. Il baissa la tête. Ils hochèrent finalement la tête ensemble, signe d'assertion.
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Mar 20 Mar à 19:47

Chapitre 15, Les retrouvailles sans Claire Lamarche

-Oh non… on fait quoi maintenant?
Nuange regarda Héphaïstos avec crainte. Ils avaient fait s’écrouler le pont que les jeunes intrus devaient emprunter pour se rendre jusqu’à eux pour les forcer à rebrousser chemin. Malheureusement, une jeune fille avait eu le temps de traverser le pont en toute sûreté. Les autres s’étaient dirigés vers la sortie de la grotte à contre-cœur, mais celle-là…
-On ne peut tout de même pas tuer une enfant!
-Je sais, soupira le latérien dans le corps du mercenaire. Mais on est quand même pas pour laisser l’autre fille nous tuer…
-On a qu’a aller la voir et lui demander gentiment de sortir, proposa Nuange.
Héphaïstos la regarda de travers, puis il soupira.
-On aura pas vraiment le choix…
Il prit les mains de Nuange dans les siennes et la fixa droit dans les yeux.
-On laissera pas personne tuer personne, comprit?
La latérienne hocha la tête avant de se blottir dans ses bras en tremblant.

********
Lucas pleurait toutes les larmes de son corps contre Émilie qui n’était guère en meilleur état. Gertrude voletait au-dessus d’eux, sans trouver le moyen de leur remonter le moral. Ils étaient à l’extérieur de cette foutue grotte, devant l’entrée. La fée, n’en pouvant plus de voir les deux adolescents si tristes, décida d’aller un peu plus loin pour ne pas fondre en larmes elle aussi.

Elle s’éleva dans les airs, surfant sur les thermiques qui lui évitaient tous les efforts nécessaires au vol. Du ciel, elle vit une chose bien curieuse : des humains. Quatre humains pour être plus précise. Le premier, qui marchait devant les autres, affichait un air déterminé. Ses cheveux blonds étaient placés comme une tablette sur sa tête et ses yeux bleu-gris fixaient droit devant lui. Le second était plutôt petit et avait les cheveux bruns en bataille. Son visage affichait une certaine fatigue qu’il tentait en vain de cacher. Le troisième était également petit. Des lunettes étaient posées sur son nez au bout rond et ses cheveux auburn reflétaient le soleil comme un projecteur. Le dernier, plus grand que les autres, affichait le même air déterminé que le premier. Ses cheveux étaient tout ébouriffés, mais une séparation bien nette sur le côté de sa tête avait survécu à ce remue-ménage capillaire. Il avait dans le visage une barbe de deux ou trois jours qui durcissaient ses traits.

Avec méfiance, Gertrude s’approcha d’eux. Restant assez haut dans les airs pour être hors de portée de tir, elle s’adressa aux quatre hommes.
-Hey, vous! Qui êtes-vous?
Les humains relevèrent la tête. Le blond prit la parole au nom des autres.
-Je suis Charles Patenaude, capitaine du Romano-Fafard. Nous cherchons nos enfants.
Rassurée par le nom de Patenaude, Gertrude baissa son altitude jusqu’à arriver au niveau de leurs visages.
-Seriez-vous parent avec des jumelles prénommées Amélie et Émilie, par hasard? demanda-t-elle au capitaine.
Les yeux des quatre hommes se remplirent d’espoir.
-Oui! Ce sont mes filles! Vous savez où elle se trouvent?
-Bien sûr! Suivez-moi!
Gertrude s’enfonça dans les bois, le capitaine Patenaude et ses hommes derrière elle.

La fée les conduisit le plus rapidement qu’elle le pu à Lucas et Émilie dont les pleurs s’étaient calmés. Les deux adolescents relevèrent la tête à son arrivée. Quand ils virent les hommes derrière elle, ils se levèrent en vitesse.
-Papa!
-Émy!
Émilie se jeta dans les bras du capitaine Patenaude.
-Papa! Mononcle Vi!
Lucas prit Flavien et Vivaneslav par le cou et les serra contre lui. Les deux hommes affichèrent un air surpris, mais ils passèrent tout de même chacun un bras autour du garçon pour le serrer à leur tour.

Brad regarda autour de lui, l’air de chercher quelque chose.
-Où est Junos?
Charles releva la tête, puis prit sa fille par les épaules et la fixa dans les yeux.
-Et Amélie? Émy, dis-moi où est ta sœur!
Les yeux de l’assistante-psychologue se remplirent de larmes.
-Ils sont en-dedans.
-Où en dedans? Dans la petite grotte là? demanda Brad.
Émilie hocha la tête et enfoui son visage dans l’épaule de son père.

Lucas s’empressa de raconter aux adultes ce qui s’était passé, de la séparation d’avec Junos à l’ordre d’Amélie de quitter la grotte. Quand il eut terminé, le visage de Charles exprima une douleur si profonde à cause de la peur d’avoir perdu sa fille que Gertrude senti son cœur se serrer dans sa poitrine. Quand à Brad, ses traits s’étaient tellement durcis qu’il aurait presque pu faire peur s’il avait été plus costaud.
-On va aller chercher Amélie, fit le scientifique d’une voix remplie d’une rage contenue.
-Et Junos? s’informa Lucas.
-Qu’il s’organise avec ses troubles. Si Indiana est aussi sainte qu’il semble le croire, elle s’en occupera. De toute façon, c’est lui qui vous a traîné ici…
-C’est tout de même votre fils, rappela Vivaneslav avec son charmant accent russe.
-Il a pas prit la peine de se dire « c’est tout de même mon père » quand il est partis. Pourquoi les autres auraient prit la peine d’écrire un message a leurs parents et pas lui? S’il a le droit de ne pas me considérer comme son père, j’ai le droit de ne pas le considérer comme mon fils.
Personne ne répondit rien à cela. Ils savaient tous que les rapports entre Junos et Brad étaient tendus, ma pas au point qu’ils se renient mutuellement.

Un silence lourd régnait devant l’entrée de la grotte du repère latérien. Impatient et conscient d’être la cause de ce malaise, Brad croisa les bras.
-On y vas-tu où on attend qu’il neige?
Charles lui lança un regard rempli de tristesse.
-Vous êtes certains de votre choix?
-J’ai tu l’air d’un gars qui regrette ce qu’il a dit?
-Non.
Soupirant, Charles fit signe à Lucas et Émilie de les guider à l’intérieur de la grotte.

********
Amélie avait regardé avec horreur le pont que Lucas traversa s’effondrer.
-Non! Lucas! Lucas! Luuuuuuuuuucaaaaaaaaaaaaaaaaaaas!!!!!!!!!
En pleurant de panique, la seconde-second-officier vit sa sœur tirer le jeune garçon sur la partie du pont qui tenait encore debout.
-Amélie?
La concernée releva la tête et aperçu Gertrude voleter au-dessus d’elle.
-Gertrude! Dis leur de partir!
-Quoi?!? Et te laisser ici? Mais il n’en aie pas question!
-Partez!
-Non.
Amélie sortie son arme de sa ceinture et la pointa sur la fée.
-Si tu leurs dis pas de partir, je te tire dessus.
Pour appuyer ses dires, elle tira à côté de la fée qui fut déséquilibrée et qui fit quelques tonneaux dans les airs avant de reprendre son équilibre.
-Gertrude…
La fée hocha la tête.
-C’est bon. Je leur dirai.
Gertrude prit de l’altitude et retraversa la rive.

Amélie se dissimula derrière les parois du tunnel qui s’étendait au-delà du pont et regarda la fée convaincre ses amis de partir et de la laisser là, même si cela signifiait très certainement sa condamnation à mort. Mais la seconde-second-officier n’avait pas peur. C’était une Patenaude doublée d’une Leclerc et elle était donc par conséquent très forte. Ce qui lui brisait le plus le cœur, c’était de quitter sa sœur jumelle qu’elle aimait tant. Et Lucas… Un drôle de pincement au cœur s’éprit d’elle. Ce garçon avait beau être son cadet d’un an, il avait su lui ravir son cœur depuis bien longtemps. En fait, même sa colère envers Junos s’était éclipsée. Après tout, ce garçon avait une vie compliquée pour un gars ayant grandit dans l’espace, il ne fallait pas lui en vouloir. Quand à Gertrude, elle s’était attachée à elle bien qu’elle ne la connaisse pas beaucoup.

Lorsque Lucas et Émilie eurent disparus de son champ de vision avec Gertrude et qu’Amélie fut certaine qu’ils ne reviendraient pas, elle sorti de sa cachette et regarda la passerelle totalement détruite qui lui interdisaient la sortie par cet accès. Elle devrait en trouver une autre… Le cœur serré, Amélie s’engagea dans la galerie non loin d’elle. Elle marcha un long moment avant d’entendre des voix. Des voix humaines. Convaincue d’avoir retrouvée les adultes du Romano, elle couru en se laissant guider par les sons. Elle déboucha dans une salle de pierre plus grande et vit un homme et une femme vêtus de bleu et de noir qui lui étaient inconnus. Ils se tournèrent vers elle, l’air rassurés.
-Je t’avais dit que personne ne mourrais, Nuange, fit l’homme avec un sourire.
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Sam 28 Avr à 17:46

Chapitre 16, Trios Infernaux

Amélie regarda l’homme et la femme devant elle.
-Qui êtes-vous? demanda l’adolescente.
-Question réciproque, répondit l’homme.
Amélie garda le silence un moment. Puis, elle répondit :
-Je suis Amélie Patenaude-Leclerc, seconde-second officier du vaisseau terrien Romano-Fafard. Je suis perdue. Je dois absolument sortir d’ici et retrouver mes amis.
-Nous t’aiderons, assura l’homme. Mais nous devons tout d’abord faire croire à ta mort.
Amélie pâlit.
-Pourquoi?
L’homme sembla mal à l’aise.
-Je vais t’expliquer. Mais tu dois tout d’abord me promettre de ne pas paniquer et de ne pas prendre tes jambes à ton cou.
-C’est promis.
-Bien. Assied-toi.
Amélie obéit.

S’adossant contre le mur de pierre chauffé par la mer de lave non loin, la jeune fille vit les deux adultes l’imiter. D’une voix douce, l’homme commença son récit.
-Je m’appel Héphaïstos et elle, c’est mon amie, Nuange.
Il marqua un moment d’hésitation avant de continuer son récit.
-Nous sommes Latériens.
Amélie se raidit, mais, fidèle à sa promesse, ne tenta pas de s’enfuir ou bien d’attaquer.
-Les corps que tu vois sont ceux de Steven O’connor et de Angelina Anniston. Deux des membres de l’équipage du Alfonso-Béchard qui était dirigé…
-…par Indiana Auger, termina Amélie. C’est vous qui avez détruit l’équipage de la mère de Junos!
-Nous n’avons pas choisi d’être assignés à des corps humains, se pressa de répondre Nuange. Chez les Latériens, il n’existe pas de liberté de penser, pas de choix. Nous faisons ce qu’on nous fait faire, c’est tout. Cependant, nous faisons parti de la grande quantité de Latériens qui croient que les organismes vivants ne devraient pas être infestés. Nous croyons que le mieux pour nous et pour tout le monde serait de créer des robots, ou quelque chose du genre, que nous pourrions ensuite contrôler à notre guise. Malheureusement, notre chef suprême, Tricati, n’est pas d’accord. Il doit être stoppé avant d’envahir la planète Tous.
Amélie était bouche bée. Peut-être les Latériens n’étaient-ils pas tous si méchants, en fin de compte.

La jeune fille considéra les deux latériens du regard.
-J’ai un ami qui s’appel Junos qui est lui aussi à quelque part dans ces galeries. Pouvez-vous m’aider à le retrouver?
Héphaïstos secoua frénétiquement la tête de gauche à droite.
-Non! Il est avec la capitaine Auger. Elle ne doit absolument pas savoir que tu es en vie sinon, nous sommes morts tous les trois!
-Pourquoi donc?
-Elle nous a demandé de nous débarrasser de vous, fit Nuange, la tête basse. Si jamais elle apprend que nous ne vous avons pas tués… Nous ne ferons pas long feu moi et Héphaïstos. Toi non plus d’ailleurs…
-La mère de Junos a voulu nous tuer???
Cette fois, c’était « l’affaire fuckée » qui faisait déborder le vase. La jeune fille ne comprenait plus rien.
-Et… Et lui? Est-il en danger?
-La capitaine est certaine que son fils est le seul qui peut venir à bout de Tricati, expliqua Héphaïstos. Elle ne lui fera rien. C’est quand même son fils après tout.
Amélie poussa un soupir de soulagement.
-Est-ce qu’on peut faire quelque chose pour l’aider?
Les deux Latériens se consultèrent du regard. Les yeux de Nuange croisèrent ceux de l’adolescente.
-Prier, ma chérie. Nous pouvons toujours prier.

**********
-J’en reviens pas à quel point ces couloirs sont sales et poussiéreux. Beurk!
-Maman?
-Ils font pas le ménage, ces foutus extraterrestre?
-Maman?
-Vraiment, ils devrait penser à renouveler la déco. Le rouge, c’est passé mode depuis…
-MAMAN!
Indiana s’arrêta et Junos lui fonça dans le dos. Le garçon recula de quelques pas en se massant le nez.
-Quoi mon chéri? demanda la mère.
-Qu’est-ce que tu attend de moi au juste?
-Bah… qu’est-ce que je peux bien attendre de toi? Attend un peu… On est dans le sous-sol d’une planète explosée, à l’intérieur du repère de la plus grande menace de la planète Tous, tout près de celui qui commande tout ça. D’ailleurs, ce commandant est le mec qui m’a tuée… Ah! Et j’oubliais. Tu as une arme, tu répond à chacun des critères pour détruire Tricati et en plus, tu possède la pierre Philosophale!
Junos mit sa main dans sa poche et empoigna fermement la pierre rouge sang que sa mère lui avait donnée.
-Laisse-moi réfléchir un peu, continua Indiana, sarcastique. Je pourrais te demander de faire des rénovations, mais je pense qu’il serait peut-être plus utile de te demander d’en finir pour de bon avec le chef des Latériens. Qu’en penses-tu?
-Ben heu… je sais pas…
-Moi je dis que c’est une perte de temps, fit une voix rude.
Junos se tourna. À sa plus grande surprise, il vit son père debout derrière eux, son fusil dans le poing.
-Mais qu’est-ce que…
-Cherche pas les autres. On s’est séparés pour retrouver Amélie. Mais vu que t’es là, veux-tu nous aider ou tu veux rester ici avec… elle?
Il prononça le mot « elle » avec un certain dégoût.

Indiana avait attrapé son fils par le bras et le serra contre elle avec force.
-Il reste avec moi. Je saurai en faire un héros qui sera reconnu partout sur Tous!
-Tu veux faire de lui ce que t’as pas pu devenir? Je vois, fit Brad. C’est pathétique, tu fais presque pitié. Tu mets la vie de ton fils unique pour une tâche qu’il sera même pas capable d’accomplir.
Junos remarqua l’accentuation du « ton fils » et se demanda pendant un moment s’il devait se sentir blessé par la remarque.
-Qu’est-ce que tu entends par là? demanda Indiana en coupant le cours des pensées de l’adolescent. Si ce n’est pas lui, qui est-ce? Toi peut-être?
Brad sourit. Le même sourire méchant qu’il abordait toujours avant de faire un mauvais coup à l’époque où le Romano-Fafard était encore en mission.
-Non, mais je doute grandement qu’un garçon même pas encore majeur puisse venir à bout d’un monstre sanguinaire violent.

Le scientifique se tourna vers son fils.
-Pis? Tu viens-tu trouver Amélie avec moi où tu vas te faire tuer avec elle?
-Heu… Maman connaît bien les souterrains. On va pouvoir retrouver Amélie ensemble, hein?
-Mais oui mon grand, assura Indiana qui n’avait pas du tout l’intention de tenir sa parole.
Le garçon hésita un moment. Il regarda les yeux pleins de tendresse de sa mère, puis ceux étrangement durs de son père. C’était lui qui l’avait élevé, lui qui lui avait apprit les choses de la vie. Mais n’était-ce pas aussi lui de ses deux parents qui était le plus faible, le moins intrépide? N’était-ce pas lui qui passait tant de temps en silence, le regard vague à fixer le vide? Il aurait certainement plus de chances de s’en sortir en suivant sa mère.
-Je… Je reste avec maman.
Brad hocha gravement la tête.
-Bien. Dans ce cas là m’a y aller, Junos Auger.
-Écoute papa…
-Économise ta salive pour te garder la gorge hydratée quand tu crieras parce que tous les chiens de l’enfer seront à tes trousses, jeune homme.
Junos senti sa gorge se nouer. Il l’avait appelé Auger. Pas de Spitfire. Juste Junos Auger.

Le garçon vit ses deux parents s’échanger un regard froid et vide d’expression. Sans prononcer un mot de plus, Brad tourna les talons. Junos devina qu’il allait rejoindre le capitaine. Lui dire qu’ils devaient partir et qu’il n’avait rien trouvé. Il allait sûrement raconter qu’il avait vu le cadavre de son garçon ou quelque chose du genre pour éviter que l’on cherche à le retrouver après avoir sauvé Amélie. Les jumelles allaient pleurer sa fausse mort. Valence et Pétrolia aussi. Lucas se retrouverait seul sur le vaisseau, sans aucun autre garçon de son âge avec qui faire les quatre cent coups. Le capitaine se sentirait coupable de cette mort prématurée. Vivaneslav, Flavien et Bob tenteraient sans succès de remonter le moral des autres. Tout le monde serait triste. Puis, peu à peu, le deuil passerait. La joie reviendrait à bord du Romano-Fafard. Ils trouveraient une jolie petite planète où vivre en paix juste entre eux. Amélie, Lucas et Émilie deviendraient adultes. On allait fini par l’oublier totalement. Junos Spitfire-Auger ne serait plus qu’un souvenir vague. Brad, lui, tenterait de refaire sa vie, chassant de sa mémoire toutes traces de son fils. En voyant son père s’éloigner dos à lui sans aucun remords et pressentant ses intentions, Junos dû faire un grand effort pour retenir ses larmes.
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Dim 6 Mai à 9:25

Chapitre 17, Le retour d’Amélie

Indiana serra son fils contre elle.
-Ne pleure pas mon grand. Ton père est un raté.
-Je pleure pas! s’outragea Junos.
Il se dégagea de l’étreinte de sa mère.
-C’est quand même lui qui m’a élevé…
-En constante dépression nerveuse?
-Oui! Ben… mettons que les autres membres d’équipage ont aidés là… Mais c’est mon père pareil!
Indiana soupira.
-Vient, qu’on en finisse une fois pour toutes…
Elle prit le garçon par le bras et le tira derrière elle.
-Où va-t-on?
-Je te l’ai dit Junos. On va en finir une fois pour toutes. On va au cœur même de cette foutue caverne souterraine. C’est là que Tricati doit se situer.
Junos senti un frisson le parcourir. Il fourra sa main dans sa poche et serra sa pierre rouge le plus fort possible.
-Comment je dois faire pour le tuer?
-J’en sais rien, fit la mère. Tue-le, c’est tout. Tu trouveras bien comment.
Cette phrase n’avait rien pour rassurer le garçon. Au contraire, cela le stressait encore plus de savoir qu’il allait se retrouver devant un monstre sanguinaire avec rien d’autre que son ridicule petit fusil et une pierre rouge sang dont il ignorait tous les pouvoirs.

La capitaine Auger traîna son fils dans un vrai labyrinthe de couloirs obscurs. Plus ils avançaient, plus la chaleur devenait insupportable. Junos suait à grosse gouttes. Après un dernier tournant, il arrivèrent devant un mur de pierre qui leur bloquait la route.
-On a quand même pas fait tout ce chemin dans cette chaleur infernale pour arriver dans un cul-de-sac! s’exclama le garçon.
-Bien sûr que non!
Indiana montra à son fils un trou dans le mur tout juste assez grand pour laisser passer un être humain de taille moyenne.
-Ça va te mener dans la salle ou devrait normalement se trouver Tricati.
-Comment ça, ME mener? Et toi?
-Moi? Ben je reste ici, répondit la mère comme si c’était évident. Je suis morte. Comment veux-tu que je me rende utile?
Junos fronça les sourcils. En effet, il était difficile d’être un spectre et de se battre en même temps…

Le garçon regarda le trou sombre avec appréhension.
-Je dois vraiment entrer là-dedans?
-D’après toi, répondit sa mère d’un ton sarcastique.
Le garçon soupira.
-Bon… puisque tu ne me laisses pas le choix…
À contre cœur, le garçon prit son courage à deux mains et se glissa dans l’étroit conduit.

********
Amélie suivait Nuange et Héphaïstos qui la guidaient vers la sortie. Le cœur lourd, elle repensait à Junos qui risquait peut-être la mort. Soudain, à sa plus grande surprise, au tournant d’un couloir, elle entendit Nuange, qui était en tête, pousser un cri de stupeur effroyable. Un homme vêtu de rouge était apparut dans son champ de vision. Ce-dernier semblait tout aussi surpris sinon plus encore que la Latérienne. En posant ses yeux sur Amélie, il sourit.
-Toi, ton père va être content de te revoir!
-Brad?!?
Abasourdie, la seconde-second officier se jeta dans les bras, heureuse de revoir un des adultes avec qui elle avait grandit.
-Qu’est-ce que vous faites ici? Mon père est avec vous? Et ma sœur? Et Gertrude? Et Lucas? Est-ce que Lucas va bien?
-Ils vont très bien, assura le scientifique. On les a retrouvés à la sortie de la grotte.
Amélie poussa un soupir de soulagement.

Brad releva les yeux vers Héphaïstos qui tenait dans ses bras Nuange qui semblait sur le point de s’évanouir.
-Qui se sont, eux? demanda-t-il.
-Des amis, assura Amélie.
Puis, d’une vois craintive, elle demanda :
-Et Junos? Vous l’avez retrouvé, lui aussi?
Brad la lâcha. Son visage prit une grande dureté, tout en blêmissant.
-Oui. Il est avec sa mère.
-Il va bien?
Le scientifique secoua la tête.
-Il est en danger…
-Il faut le sauver.
-Non. On vas tout d’abord te ramener à ton père.
Il se tourna de nouveau vers les deux latériens.
-Vous devriez rester à l’écart. Si Vivaneslav voit deux de ses anciens collègues zombifiés, il va vous tirer dessus, c’est certain.
Les deux latériens hochèrent la tête, compréhensifs et coupables.
-On va prendre de l’avance et tenter d’aider votre garçon, fit Héphaïstos.
Nerveusement, Nuange hocha la tête pour approuver. Le scientifique fit un sourire reconnaissant. Malgré sa colère, malgré sa déception, malgré son sentiment d’humiliation profonde, Brad aimait et aimerait toujours son fils.

L’homme prit Amélie par les épaules et la tira doucement vers un autre couloir. La jeune fille suivit le pas. Bien vite, elle entendit des voix familières. Sans attendre Brad, elle se mit à courir en direction de ces voix. Après seulement quelques mètres, elle aperçut une tête blonde familière.
-Papa!!!
Le capitaine Patenaude ne termina pas la phrase qu’il disait à Flavien. Il se tourna, le visage figé. Puis, finalement, il réagit. Tendant les bras, il s’écria :
-Amélie!
La jeune fille couru se réfugier dans les bras de son père. Elle se laissa étreindre tout en le serrant elle aussi.
-Ah! Salut Amé! Contente de te voir!
La jeune fille releva la tête et sourit à Flavien de qui venait la réplique.
-On croyait t’avoir perdue pour de bon, ajouta une voix avec un accent russe très marqué.
Vivaneslav fit un grand sourire à la jeune fille.

Alerté par tout ce bruit, Gertrude, qui était partie sur une patrouille différente, arriva en voletant. Derrière elle, Émilie. Et aussi…
-Lucas!!!!! T’es pas mort!!!!
-Je suis tought de nature, blagua le garçon.
Ils se jetèrent dans les bras un de l’autre et se serrèrent de toutes leurs forces.
-J’ai eu si peur pour toi, avoua Amélie.
-Imagine la frousse que toi tu m’as donnée, répliqua le garçon.
Émilie se planta à côté d’eux.
-Et nous, fit-elle en se désignant elle-même ainsi que Gertrude, on compte pour du beurre pour les deux amoureux?
Rougissant, Amélie lâcha Lucas et sauta dans les bras de sa sœur jumelle qui souriait de toutes ses dents, se moquant un peu d’elle. Tout en serrant sa sœur, la seconde-second officier leva la tête vers Gertrude.
-Merci pour tout ce que t’as fait.
-Bof… Je pouvais pas laisser des jeunots se faire tuer par des gros méchants, fit la fée, modeste.
-C’est elle qui nous as guidés jusqu’à Lucas et Émilie, intervint Vivaneslav.
Charles acquiesça d’un signe de tête. Gertrude rougit à son tour, gênée.

Le capitaine se tourna vers Brad.
-Avez-vous vu Junos?
Le scientifique ne répondit rien, alors Amélie se pressa de le faire à sa place.
-Il est en danger. Sa mère veut l’envoyer se battre contre Tricati.
-Mais elle est folle! s’exclama Charles. Comme si un humain pouvait venir à bout d’un Latérien, tout seul. Le plus fort des Latériens en plus…
-Life is not a dream, mais il a fait comme si c’était le cas en se fiant à un fantôme qu’il n’avait vu qu’en rêve avant aujourd’hui, raisonna le scientifique. Il s’est mit dans la merde lui-même.
Charles se mit à faire les cent pas en se frottant le nez. Il réfléchissait.
-On doit tout de même faire quelque chose, déclara-t-il.
-Je sais, fit Brad. Mais on a pas la force de frappe pour tuer un latérien immortel en cas de besoin.
Il plongea la main dans sa poche de veste. Charles devina qu’il tenait la crosse de son fusil. Mais il se trompait.

En réalité, c’était Brad qui possédait la vraie pierre philosophale. Et si c’était Junos qui devait mettre fin à tout ce carnage, il en aurait besoin. Mais, plus que tout, le scientifique devrait trouver le moyen d’expliquer au garçon comment l’utiliser parce que sinon, elle lui serait inutile…
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Sam 12 Mai à 9:18

Chapitre 18, Steven O’connor et Héphaïstos

Junos avait du mal à se glisser dans l’étroit passage. À plusieurs reprises, il crut rester coincé dans ce tunnel obscur qui ne semblait pas avoir de fin. Et dire qu’il était claustrophobe… Mais comme le disait si bien la chanson, « après la pluie le beau temps mais l’orage peut durer longtemps ». Autrement dit, au bout de ce qui lui sembla être une éternité, Junos senti le tunnel dans lequel il rampait depuis en réalité seulement dix minutes remonter vers la surface. Après quelques derniers efforts, le garçon se cogna la tête sur ce qui ressemblait à un plafond mais qui était en réalité une trappe fermée.

Avec précaution, il l’ouvrit tout juste assez grand pour pouvoir regarder en dehors. Il ne vit rien. Rien sauf deux murs de bois situés à peine quelques centimètres plus loin de chaque côté de la trappe. En regardant vers l’avant, il pu voir une toute petite section de la pièce dans laquelle il se trouvait. Elle ressemblait étrangement aux salles du trône des châteaux royaux de la fin du moyen-âge. Des tapisseries aux couleurs vives ornaient les murs et au fond de la salle, une immense porte double dont il ne voyait que le bas se dressait dans toutes sa splendeur. Bleue et brillante, elle devait très certainement mesurer plusieurs mètres de haut et semblait sculptée dans du roc. Remarquant que la lumière s’y reflétait avant d’éblouir la pièce comme un énorme diamant bleu, Junos fit un examen visuel le plus minutieux qu’il le put de la porte et dû revoir son jugement. Ce n’était pas simplement dans de la pierre que cette porte avait été faite, c’était dans du saphir!

Sortant de son émerveillement, l’adolescent cessa de regarder la porte et se concentra plutôt à sortir de son trou. La pièce étant désertée, il tenta d’ouvrir la trappe au grand complet pour évaluer l’espace qu’il possédait. Il réussit. C’était plutôt bon signe. Le vide n’était pas trop bas et allait relativement loin en arrière. Il tourna la tête et constata que derrière lui aussi, le passage était bloqué par une planche de bois. La seule et unique sortie se situait donc devant lui.

Junos mit ses mains de chaque côté de la trappe et se hissa en dehors d’elle en poussant avec ses bras, ne manquant pas de se cogner la tête au passage sur le haut de cet étrange abris de planches de bois.
-Aïe! Qui est l’idiot qui a mit un plafond aussi bas?
Grognant et se massant le derrière de la tête, le garçon referma la trappe et s’accroupi dans ce nouvel espace clos le temps que diminue la migraine qui lui martelait le crâne.

Tout à coup, le garçon vit les portes de la salle s’ouvrir. Quelle chance qu’il ne soit pas sorti! Il recula le plus possible dans son petit trou pour ne pas se faire voir. Un immense Latérien pénétra dans la salle, accompagné de deux humains vêtus de bleu : un homme et une femme.
-Mais on vous jure, ô grand Tricati, que nous avons vu une énorme invasion de cafard! plaida la femme.
Junos se raidit. C’était donc ce Latérien, Tricati? Mais comment allait-il pouvoir le vaincre? Il était énorme!
-Nuange dit la vérité, m’sieur, ajouta l’homme.
-Vous ne vouliez pas plutôt me sortir de cette salle? demanda le démon.
Les deux humains s’immobilisèrent.
-Nous ça?
-Bien sûr que non!
-Pourquoi on aurait fait ça?
-Qu’est-ce qu’on y gagnerait?
-Les humains! coupa Tricati. Vous vouliez sauver les humains!
-Des humains? Quels humains? T’as vu des humains, toi? demanda l’homme à sa copine.
-Bah non. Pourquoi j’en aurait vu.
-Alors voyez, m’sieur Tricati, y’a pas d’humains ici et…
-Cesse de faire le malin avec moi! tonna le démon en empoignant l’homme par le cou.
Ce-dernier se mit à étouffer. Sur le point de fondre en larmes, Nuange s’écria :
-Héphaïstos!
Le maître Latérien ne relâchait pas son étreinte sur le pauvre homme qui étouffait. Junos, de sa cachette, se mit à trembler. Sa mère était définitivement folle à lier!

Finalement, Tricati lâcha Héphaïstos qui retomba lourdement sur le sol.
-Sors de là, cracha le démon.
-Mais…
-Sors de là!
Junos ne comprenait pas très bien ce qu’entendait le maître Latérien par cette phrase. Il ne le saisit que lorsqu’il vit le corps d’Héphaïstos se couvrir d’une lumière blanche éclatante. Le Latérien allait sortir de son corps d’accueil. Une masse blanche se forma effectivement devant l’homme assis par terre et se modela jusqu’à prendre la forme d’un Latérien qui était beaucoup plus petit que Tricati.

La lumière blanche disparue. Steven O’connor, libre de ses mouvements pour la première fois depuis dix-sept ans, se releva tant bien que mal.
-Wouah! J’avais oublié la loi de la gravité avec le temps!
Il tentait de blaguer, mais Junos le voyait trembler. Il savait le sors qui attendait Héphaïstos et le sien qui y était relié.

Nuange regarda le Latérien et l’humain, désormais séparés, à tour de rôle. Puis elle regarda Tricati faire apparaître dans sa main une dague à l’allure plus que luxueuse. « La dague qui a servi à tuer ma mère par l’intermédiaire de ce foutu démon », songea Junos. Les yeux de Nuange s’ouvrirent tout grand.
-Non! Vous ne pouvez pas faire ça! Ce serait idiot d’éliminer un des seuls Latérien avec un corps qui résiste au soleil!
Tricati se contenta de sourire. Il regarda Héphaïstos qui se faisait le plus petit possible puis, Steven qui venait de sortir une arme. À la plus grande surprise de Junos, l’ex-mercenaire du Alfonso-Béchard lança l’arme dans sa direction. Il l’avait vu! Le fusil glissa et s’immobilisa à quelques mètres à peine du garçon qui retint son souffle, priant tous les dieux de toutes les religions qu’il connaissait pour que Tricati ne s’aperçoive de rien.

Le démon regarda l’arme glisser, puis s’arrêter. Il se tourna vers Steven.
-Tu viens de signer ton arrêt de mort, humain!
-Non, je ne crois pas, moi.
Avec un courage insensé, Héphaïstos attrapa le bras de Tricati qui tenait la dague et tenta tant bien que mal de lui faire lâcher son arme. Bien entendu, il n’avait aucune chance, le pauvre. Le maître Latérien était bien plus gros et bien plus fort que lui. En moins de deux, il l’attrapa par le cou et le jeta au sol. Il s’approcha du Latérien vaincu et avant même qu’il ne puisse se lever, lui enfonça la dague dans le cœur. Héphaïstos poussa un cri de douleur, Nuange une exclamation d’horreur et Junos retint un vomissement.

Le cruel maître Latérien retira sa lame du corps de sa victime. Le corps d’Héphaïstos s’affaissa sur le sol. Sa vie liée à celle du Latérien mort, Steven, dans un dernier regard haineux envers Tricati, s’effondra sur le sol, vide de toute vie. Nuange avait les mains sur la bouche et les yeux remplis d’horreur. Elle jeta un coup d’œil et direction de la cachette de Junos. L’avait-elle vu ou avait-elle tout simplement tiré conclusion du dernier acte de Steven? Peu importait la raison de ce regard vers lui, Junos se poussa le plus loin qu’il le pu dans sa cachette de bois.

Sa lugubre besogne terminée, Tricati se tourna vers Nuange.
-C’est le sors qui t’attend si tu me mens une autre fois. Je sais que ces sales humains sont ici!
La femme se mit à trembler.
-Si tu ne me dis pas tout de suite où ils sont, je te tuerais!
Elle ne répondit rien. Junos admira son courage. À sa place, il aurait détalé comme un lapin!
-Ils sont tout près, n’est-ce pas?
À nouveau, Nuange s’abstint de toute parole. Tricati l’empoigna par la gorge et la souleva dans les airs. Elle se débattit. Son teint virait au bleu. Elle suffoquait!
-Je peux te donner une mort lente et douloureuse comme je peux te laisser vivre. Où sont ces humains?
-…pas… ils… ont…
La pauvre essayait de parler, mais elle en était incapable. Tricati la laissa tomber sur le sol et elle se massa la gorge.
-Que disais-tu? demanda calmement Tricati.
Pleine de courage, Nuange se releva mais garda la tête basse pour ne pas montrer le ton de défi dans ses yeux au maître Latérien. Autant ne pas l’énerver pour rien…
-Je ne sais pas où sont les humains, fit-elle d’un ton ferme.
Tricati poussa un cri de rage. Puis, il remarqua que Nuange regardait avec espoir le fusil lancé par Steven. Il la laissa, puis s’approcha de la cachette de Junos. Trop près. Il était beaucoup trop près!

Le Latérien laissa l’arme sur le sol et huma l’air. Il devait très certainement sentir l’odeur de la peur habitant le garçon. Oui, il l’avait sentie, car Junos senti le plafond de sa cachette s’éloigner. Il vit alors ce qu’était sa cachette. Un trône? Il s’était caché sous un trône?!? Tricati lança l’immense chaise derrière lui comme si elle était aussi légère qu’une poupée de chiffon. Tout tremblotant, Junos se releva. Il se savait perdu, mais tant qu’à mourir, il voulait mourir debout, la tête haute. Comme sa mère… « Désolé de te décevoir maman. Je te promet de ne pas te faire honte en plus et de mourir dignement. »
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Dim 13 Mai à 17:04

Chapitre 19, La porte de saphir

Debout devant le « gros méchant », Junos avait l’impression d’être Harry Potter devant son immense dragon lors du tournois des trois sorciers. Sauf qu’il n’avait pas de balais magique. Ni de baguette. Ni de dizaines de dresseurs et de sorciers expérimentés pour l’éloigner de la menace en cas d’urgence.

Tricati se tourna vers Nuange.
-Pas d’humains, hein?
La femme se contentait de fixer Junos avec des yeux ronds, surprise. La maître Latérien soupira et reporta son attention sur le garçon.
-Écoute gamin, je te donne un choix. Sois tu donnes ton corps pour le bien de notre peuple, sois je te tue.
-Je choisis de mourir, fit bravement l’adolescent.
Le Latérien regarda sa dague dans sa main. Il la leva pour la planter dans le cœur du garçon avec le même air ennuyé que prend l’adolescent moyen en saisissant le ballai que lui tend sa mère pour faire le ménage de sa chambre. Junos ferma les yeux et prit une grande respiration. Il tremblait de tout son corps.

Soudain, une odeur de pierre brûlée se fit sentir. Avec une moue consternée, Tricati se tourna vers la porte de saphir et constata avec étonnement qu’elle était en train de fondre! Junos sourit. C’était l’équipage du Romano-Fafard. Ils utilisaient leurs armes pour faire fondre la porte et se créer une entrée. Son père ne l’avait pas abandonné!

Profitant de cet instant d’inattention du Latérien, Junos dégaina son fusil et lui tira en plein milieu du creux entre les deux omoplates. Tricati poussa une exclamation de douleur et Junos senti l’odeur putride de la chair rôtie lui chatouiller les narines. Le Latérien se retourna, une expression de rage défigurant son visage.

Le garçon regarda la porte et constata avec soulagement qu’un tout petit trou commençait à se former. Un mélange de fumée et d’étincelles dorées se dégageait des rayons brûlants qui faisaient fondre la pierre précieuse. Il priait pour avoir des renforts suffisamment rapidement pour pouvoir s’en sortir indemne. Mais il en doutait grandement... Si Tricati décidait d’en finir en vitesse avec lui, deux secondes et il était mort. À la plus grande surprise de Junos, Nuange avait sorti son arme et aidait l’équipage de l’intérieur à faire fondre la porte. Heureusement pour elle, Tricati n’avait rien remarqué de son petit manège.

Junos reporta son attention sur le monstre enragé devant lui. Maintenant, la partie se jouait entre lui et Tricati. Levant son arme, Junos tira une seconde fois, atteignant le Latérien en pleine poitrine. Un gros trou fumant sur le torse, plus enragé que jamais, Tricati leva sa dague et la lança en plein sur le garçon. Par chance, Junos se tassa juste à temps pour ne pas la recevoir en pleine tronche, mais une douleur aiguë à son épaule lui fit savoir que la lame s’y était enfoncée. La douleur l’empêchait de bouger le bras droit. Lui qui était droitier, ça l’avançait beaucoup… Seule chose positive, Tricati n’était plus armé maintenant. Cependant, il possédait toujours de très grandes mains et Junos, un très petit cou…

Dans un éclair de géni, Junos eut la brillante idée d’utiliser la pierre philosophale que sa mère lui avait donnée. Il fourra sa main dans sa poche et en ressorti la pierre rouge sang. En la voyant, Tricati eut un mouvement de recul.
-Comment… Où as-tu trouvé ça?
Le garçon lui fit un sourire mauvais. S’il était méfiant, il y avait fort à parier que cette simple roche était plus puissante qu’elle n’en avait l’air. Malheureusement, Junos ignorait totalement comment l’utiliser. Il la regarda un moment. Aucun miracle ne survint. Elle ne s’alluma pas, ne se mit pas à flotter toute seule, ne grossit pas, n’explosa pas… Rien.

Le garçon fronça les sourcils. Voyant qu’il ne savait pas quoi faire de la pierre, Tricati reprit confiance.
-Ta dernière heure à sonnée, mon garçon!
Sur ce, il empoigna Junos par la cou. Le garçon se mit à suffoquer et à se débattre. Comprenant qu’il ne servait à rien de s’énerver, il se calma pour économiser son air. Puis, un ingénieux plan dans la tête, le jeune homme se mit à remuer des lèvres, comme s’il parlait. Trouvant son attitude étrange, Tricati lui desserra le cou.
-Mais qu’est-ce que tu fais, sale gamin?!
-Je fais ma prière, répondit Junos en profitant du relâchement de pression sur sa gorge pour prendre une grande bouffée d’air frais. Selon les croyances de mon peuple, tu es obligé de me laisser faire ma prière avant de me tuer.
S’il aurait eu des sourcils, Tricati les aurait sûrement froncés. Il était en train de tuer ce gosse et la seule façon dont il réagissait, c’était en priant?!?

Comme Junos ne représentait pas vraiment une menace pour lui puisqu’il ne semblait pas savoir se servir de la pierre, Tricati le déposa sur le sol.
-Fais la, ta prière. Mais dépêche-toi!
Le garçon se mit à marmonner n’importe quoi sans articuler, fier d’avoir réussis à gagner du temps aussi facilement. D’un geste mouvement, il prit la pierre philosophale de sa main gauche et la colla sur la bouche du canon de son fusil. Puis, d’un geste très cérémonial qui avait pour but de faire croire à Tricati que cela faisait parti de la prière, il approcha la crosse de son fusil vers son bras blessé. Une chance que les doigts de sa main droite bougeaient encore. Finalement, il termina son petit jeu d’un mouvement si brusque et si rapide que le maître Latérien ne l’avait pas vu venir. Il empoigna la gâchette de son fusil de sa main libre et tira en plein dans le visage du Latérien.

Le rayon du fusil se transforma en un immense éclat de lumière rubis. Junos ferma systématique les yeux, mais Tricati, qui n’avait pas réagit assez vite, s’était retrouvé aveuglé par la lumière éclatante. À part ça, il ne semblait pas blessé. D’ailleurs, il secoua la tête pour reprendre ses esprits et ricana.
-Ha! Ha! Je savais bien que tu n’étais pas dangereux. En plus de ne pas savoir te servir de la pierre philosophale, tu ne possède même pas la vraie! Tu es plus que pathétique, mon pauvre garçon.
-Pas la vrai?!? répéta Junos avec horreur.
-Non, pas la vrai.
Le garçon regarda la pierre rouge. Sa mère devait l’ignorer. Elle ne l’aurait pas conduit dans cette situation délicate par choix. Elle n’aurait tout de même pas cherché la mort de son propre fils, non?

Junos senti ses forces l’abandonner à cette simple déclaration. Il regarda le démon aveugle flairer l’air pour situer sa position exacte. Finalement, il serait peut-être plus simple de mourir assis, se dit-il alors que les immenses griffes du Latérien se dressaient au-dessus de sa tête.

********
Charles avait appelé Bob et Serge pour qu’ils viennent chercher les enfants. Une fois qu’ils eurent assurer qu’ils viendraient chercher Lucas et les jumelles dans les plus brefs délais, il se dépêcha, avec Brad, Flavien et Vivaneslav, de rejoindre l’endroit que Nuange et Héphaïstos avaient indiqué au scientifique lorsqu’il avait retrouvé Amélie. Ils s’étaient rapidement retrouvés bloqués par une immense porte bleutée. Après examen, il s’était avéré qu’il leur serait absolument impossible de l’ouvrir par un moyen conventionnel.

Embêtés, les quatre hommes échangèrent un regard.
-Et on fait quoi maintenant? demanda Flavien.
Vivaneslav toqua à la porte, un peu comme s’il avait l’espoir saugrenu que quelqu’un vienne lui répondre.
-Elle est solide, constata-il. On ne pourra pas la défoncer.
Brad effleura la porte de sa main pour en examiner la texture.
-C’est du saphir. La porte est faite en saphir pur!
-Parce que vous êtes un expert en saphir, maintenant? rétorqua Charles.
-L’alliance de ma mère était faite avec cette pierre là, répondit le scientifique. De toutes façon, je vous rappel que j’ai étudié la structure des minéraux à l’école en même temps que vous, vous appreniez à multiplier cinq et cinq.
Le capitaine se renfrogna.
-Ce serait plus simple si c’était un banc de neige, fit Flavien, désespéré. On pourrait le faire fondre…
Le capitaine tapa dans ses mains, faisant sursauter tout le monde.
-Flavien! Vous êtes un géni!
-Pour vrai? Ah… Si vous le dites, vous devez avoir raison…
-Mais bien sûr que j’ai raison! Il nous suffit de faire fondre la porte, s’exclama Charles.
-Il va falloir une très haute température, raisonna Brad. C’est quand même de la roche, pis c’est pas de la pierre ponce…
-Je sais bien, mais si on tire tout les quatre en même temps au même endroit, les quatre rayons de nos fusils devraient finir par faire une chaleur assez intense pour faire fondre du saphir, non?
Brad fit une moue en croisant les bras, signe qu’il réfléchissait.
-Je sais pas capitaine, fit-il finalement. Mais ça vaut la peine d’essayer…
Il ne semblait pas très convaincu du bien fondé de ses propres paroles, mais cette réponse laissant voir une lueur d’espoir était tout ce qu’il fallait au capitaine.
-Alors faisons tomber cette porte et sauvons Junos!
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Sam 26 Mai à 17:51

Chapitre 20, La fin d’un règne

Charles, Brad, Flavien et Vivaneslav étaient parvenus à faire un trou dans la porte. Tricati, alerté par le bruit, détourna son attention de Junos qui recommença à respirer. Le démon poussa un cri de rage.
-Nuange! Tu aurais dû les empêcher d’entrer!
-Ça, jamais!
Le démon aveugle huma l’air pour la retrouver. Il tourna la tête vers elle. Aussitôt, Vivaneslav bondit. Il se posta entre la Latérienne et le démon.
-Fait pas de mal à Angelina, sale bestiole! fit-il.
Tricati s’élança et Vivaneslav lui tira en plein visage. Le démon s’effondra sur le sol. Junos se dépêcha de saisir son arme et couru à la rescousse de l’ex technicien rada alors que le maître Latérien se relavait. Nuange, que Vivaneslav avait poussé plus loin, les rejoint et se mit à tirer.

Flavien et Charles échangèrent un regard. Le capitaine s’adressa à son subalterne.
-On y va?
-Oh oui!
Les deux hommes se jetèrent dans la mêlée. Même à cinq, les blessures qu’ils causaient au démon n’étaient que superficielles. Brad les regarda s’essouffler et profita du fait que Tricati était occupé à se défendre pour réfléchir sans risquer de se faire trancher la tête par les énormes griffes du Latérien. Il sentait que la poche dans laquelle il avait mit la pierre philosophale commençait à chauffer. Il fourra sa main dans son pantalon et en retira la pierre qui brillait de milles feux. Il la regarda un instant, émerveillé. La pierre semblait briller de l’intérieur et diffusait une étrange lueur rubis. Sortant de sa torpeur, il leva la tête vers Tricati. Si seulement les autres pouvaient le blesser suffisamment…

De son côté, voyant que les tirs au hasard ne fonctionnaient pas, Charles décida de procéder autrement.
-À go, on lui tire tous sur le cœur, ordonna-t-il.
Vivaneslav, Flavien, Junos et Nuange hochèrent la tête.
-Trois… Deux… Un… GOOOOOO!!!!!!
D’un seul geste, ils pressèrent tous les cinq la détente de leurs fusils et atteignirent le démon en pleine poitrine. Ce-dernier poussa un cri de douleur. Furieux, il donna un coup de patte en direction de Nuange qui fut propulsée dans les airs.
-Angelina!
Vivaneslav se précipita sous la latérienne et l’attrapa lors de son atterrissage qui les propulsa tous les deux au sol.

Tricati leva la patte pour frapper de nouveau mais soudainement, un projectile rouge et brillant vint se poster dans le trou de sa poitrine. Le démon poussa un cri de douleur et s’effondra au sol, prit de convulsions. Charles, Flavien et Junos gardèrent leurs armes levées jusqu’à ce que le maître Latérien cesse de bouger. Le capitaine s’approcha prudemment du cadavre gigantesque, puis, se tourna vers Brad.
-Bien visé!
Le scientifique sourit, fier de son tir.

Hors de danger, le capitaine, Brad, Junos et Flavien rejoignirent Vivaneslav qui tenait toujours Nuange dans ses bras. Cette-dernière était gravement blessée à la hanche et saignait abondamment. Elle semblait sur le point de s’évanouir.
-Allez-vous bien, mademoiselle? demanda Charles.
Pour seule réponse, elle poussa un grognement incompréhensible. Vivaneslav la serra contre lui. Jamais le capitaine ne l’avait vu si bouleversé.
-Capitaine Patenaude? Est-ce que vous pourriez me laisser seul avec elle?
Charles le fixa droit dans les yeux et fut surpris de toute la douleur qu’il y vit. Il hocha la tête.
-Bien sûr, accepta-t-il. Venez, ajouta-t-il aux autres.
Il se leva, imité par Flavien, Brad et Junos.
-Vous n’aurez qu’à nous rejoindre dans le vaisseau, fit Charles d’une voix douce.
Vivaneslav hocha doucement la tête et se baissa vers Nuange.

Lorsqu’il fut certain d’être seul, l’homme posa un baiser sur le front de sa belle.
-Angelina… Si seulement tu m’avais écouté quand nous sommes allés sur Latéral-360 il y a dix-sept ans… Si tu t’étais méfiée de notre capitaine, tu ne serais pas dans l’état où tu te trouves.
Des larmes coulaient sur ses joues. Nuange, toujours dans ses bras, prit ce qui lui restait de force pour parler.
-Tu l’aimes, n’est-ce pas?
-Je l’ai toujours aimé, fit le technicien radar.
Elle ferma les yeux.
-Si tu me promet de ne pas me tuer, je te promet de te la rendre, affirma la Latérienne.
-Si je te tue, je signe l’arrêt de mort d’Angelina, rétorqua Vivaneslav.
Prenant cette réponse comme une approbation, Nuange sourit. Son corps s’entoura d’une lumière blanche et brillante, comme pour Steve O’connor et Héphaïstos un peu plus tôt. Une masse brillante commença à se former près des deux humains avant de prendre une forme latérienne. Nuange était sortie du corps d’Angelina.

Vivaneslav leva la tête vers la Latérienne.
-Elle va mourir si elle est séparée de toi, rappela-t-il.
-Pas si elle me tue de ses propres mains, fit Nuange.
Elle prit le fusil qu’il avait laissé tomber en la rattrapant quand Tricati l’avait lancé en l’air et le lui ramena.
-Donne-le lui. Dis lui de me tirer dessus, fit simplement la latérienne.
-Qui me dis que tu ne me racontes pas de mensonge?
-Si je mentais, elle serais condamnée de toutes façons alors pourquoi je me casserais la tête pour inventer un mensonge plausible?
Vivaneslav dû s’avouer qu’elle avait raison. Doucement, il se pencha vers Angelina et lui tapota la joue pour la réveiller.
-Angie?
La femme ouvrit les yeux.
-Hum… Vivaneslav? C’est bien toi?
L’homme sourit de toutes ses dents.
-Oui! C’est moi!
Elle se blotti contre lui.

Vivaneslav savoura ce contact un moment avant de la décoller de lui à contre-cœur.
-Écoutes Angie. Pour survivre, tu dois tirer sur la Latérienne qui te contrôlait. En as-tu la force?
Angelina hocha la tête. Son collègue lui donna son fusil. Pour lui faciliter la tâche, Nuange mit sa tête juste au-dessus de celle de la blessée. Vivaneslav leva les yeux vers elle.
-Merci.
-Je ne peux pas effacer mes erreurs, mais je peux tenter de les réparer, fit simplement la latérienne.
Nuange fixa Angelina droit dans les yeux. Celle-ci était si faible qu’elle était incapable de bouger. La latérienne lui prit le poignet et posa le canon du fusil sur son cœur. Angelina se concentra, puis pressa la détente. Nuange n’eut même pas le temps de ressentir de douleur. Elle s’effondra sur le sol, vide de vie.

La blessée lâcha le fusil.
-Vi… t’aime…
-Moi aussi je t’aime, Angie!
Il posa ses lèvres sur celles de la femme de sa vie, celle de qui il avait été séparé pendant dix-sept longues années par les Latériens. Il senti une chaleur qu’il croyait disparue depuis longtemps envahir son cœur. Tout était fini. Angelina était là. Il allait la ramener sur le vaisseau. Pétrolia la soignerait. Ils vivraient heureux. Ils auraient des enfants. Ils feraient tout ce qu’ils n’avaient pas pu faire à cause de la destruction du Alfonso-Béchard.

Quand Vivaneslav détacha enfin ses lèvres de celles de sa belle, elle lui fit un sourire.
-Vi…
-Oui ma chérie?
-T’dois cinquante piaces…
L’ex officier radar se mit à rire. Il avait complètement oublié cette vieille gageure ou il avait parié cinquante dollars avec elle qu’il était dangereux de suivre la capitaine Auger près du lac de Latéral-360.

Vivaneslav souleva Angelina puis se leva. Il se dirigea vers le téléphax en la portant. Durant le voyage, la femme perdit connaissance et il pressa le pas de peur que la perte de sang causée par sa blessure ne la fasse mourir. Lorsqu’il atteint enfin le téléphax, il monta dans le vaisseau avec elle. Tout de suite, sa cousine se précipita vers lui.
-Vivaneslav! Le capitaine m’a dit qu’il y avait un blessé. Il a installé le matériel dans le centre de santé, reste plus qu’à la transporter.
-Merci beacoup, Pétrolia.
-Ben là! Voir si j’allais laisser mourir quelqu’un à qui mon cousin tient sans essayer de le sauver!
Vivaneslav lui jeta un regard reconnaissant et Pétrolia répliqua par un sourire bienveillant.
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Sam 2 Juin à 10:07

Chapitre 21, La rancune d’un père

Dès qu’il fut entré sur le vaisseau, Brad traîna Junos au centre de santé pour soigner les écorchures qu’il s’était faites en combattant Tricati. Pas une fois durant le trajet il ne regarda son fils. Il ne lui adressa encore moins la parole. Un silence lourd régnait entre eux.

Quand ils atteignirent leur destination, Junos se décida enfin à ouvrir la bouche.
-Papa?
-Hum?
Brad ne se tourna même pas vers lui et continua de fouiller dans l’armoire pour y trouver les bandages et les désinfectants.
-Ben heu… Sur Terre, j’ai croisé un monsieur qui te connaissait pis il m’a demandé de te donner ça.
Junos sorti de sa poche la lettre que lui avait remit le vieil homme qu’il avait rencontré. Intrigué, Brad cessa ses recherches et prit l’enveloppe des mains de son fils. Il l’ouvrit et en sorti une lettre qu’il s’empressa de lire :

À toi mon garçon,

J’ai demandé à ton beau-père de te remettre cette lettre à ton retour. Pourquoi ne pas le faire de moi-même? Je ne sais pas si je serai encore en vie quand tu reviendras. Cela fait déjà trois ans que tu es parti et je ne sais pas combien d’années je devrai encore attendre. Si tu reviens, bien entendu… On m’a diagnostiqué un cancer du sein. Trop avancé pour me soigner. Je vais mourir, Brad. N’ait pas peur, je te promet de t’attendre le plus longtemps possible, de ne pas laisser la mort m’emporter tout de suite. Cependant, je ne prend pas de chances et t’écries cette lettre tout de suite.

Je voulais simplement m’excuser. M’excuser d’avoir attendu si longtemps avant de divorcer. M’excuser de t’avoir fait subir ton père pendant vingt longues années. M’excuser d’avoir attendu qu’il décide de t’envoyer dans l’espace pour réagir. J’espère qu’un jour, tu sauras me pardonner.

Je veux que tu saches que pour le moment, ton beau-père s’occupe très bien de moi. Il me traite aux petits oignons comme si j’étais déjà sur mon lit de mort! Bref, ne t’en fait pas pour moi. Je souhaite de tout mon cœur qu’un jour, tu sauras trouver le bonheur.

Je t’aime mon chéri
Ta maman, qui veilleras toujours sur toi, même d’en haut


Brad termina sa lecture et plia la lettre avant de la remettre dans son enveloppe et de la foutre dans ses poches. Il ne lui en avait jamais voulu à sa mère! Comme si s’était de sa faute à elle si son père était si indifférent et si cruel…

La voix de son fils sorti le scientifique de sa bulle.
-Qu’est-ce que ça dit?
-Rien qui te regarde.
Junos croisa les bras.
-Ça vient de qui alors?
-De ma mère.
Le garçon fronça les sourcils.
-Ça n’est sûrement pas elle qui me l’a donnée! C’était un homme qui…
-Mon beau-père, coupa Brad. Un ami d’enfance à mon père. Il a fini par se marier avec ma mère. C’est ce gars-là qui a été pour moi ce qui s’approche la plus d’un père…
Le scientifique soupira et retourna dans l’armoire. Junos le regarda.
-Comment ça se fait que t’as réussis à battre Tricati? Messemblait qu’il fallait répondre à des critères bien précis.
-Ça ben l’air que je les remplissais tous, fit Brad.
-Ben… t’es un homme pis c’est vrai que t’as quand même beaucoup de volonté, mais depuis quand tu parles aux morts?
-Depuis toujours.
-Pis tu peux pas avoir visité les entrailles de maman! Moi elle m’a porté, mais toi…
Brad se tourna vers Junos.
-Tu penses quand même pas que t’as été conçu par l’opération du saint esprit, j’espère?
Le garçon rougit. Puis, il reprit ses revendications.
-Pis la peur, hein? La vraie peur? Moi aussi j’ai vu des extraterrestres dangereux et épeurant! On est sur un pied d’égalité là-dessus aussi! Pourquoi j’ai pas pu tuer Tricati?
Les yeux de Brad s’assombrirent.
-Tu ne sais pas c’est quoi la vraie peur.
L’adolescent fronça les sourcils.

Après avoir trouvé ce qu’il cherchait, Brad rejoignit Junos et pansa ses blessures qui étaient heureusement toutes plus légères les unes que les autres. Quelques écorchures au bras, sans plus. Toutefois, le scientifique était furieux et agissait de façon plutôt brusque. Peu lui importait que le désinfectant fasse mal à son fils. Qu’il arrête de geindre, bon sang!
-Papa! Sert moins fort, tu me fais mal!
Brad obéi, puis leva les yeux vers son fils.
-Tu ne me reprochais pas d’être trop mou, toi? C’est pas pour ça que t’as suivi ta mère?
Junos baissa la tête.
-J’ai juste fait une erreur. Ça arrive à tout le monde…
Le scientifique posa la bouteille de désinfectant à côté du scanner.
-Écoutes-moi bien, p’tit gars. Je t’ai nourri, j’ai changé tes couches, je me suis occupé de toi, j’ai passé des nuits blanches à t’écouter pleurer et à te donner le biberon et qu’est-ce que t’as fait pour me remercier, hein? T’es parti dans l’espace sans même prendre la peine de m’écrire un mot pour me rassurer. Tout ce que j’ai eu de ta part, c’est du mépris! Dix-sept longues années à me tuer à t’élever pour qu’après, tu partes avec ta mère qui s’est toujours complètement foutu de toi! Peut-être que si je t’avais élevé comme je l’ai été, tu m’aurais donné un peu plus de respect.
Le garçon baissa la tête.
-Je pense que c’est ça que je vais faire, reprit Brad. Il me reste un an avant ta majorité, ben m’a te traiter comme mon père me traitait. Ça va peut-être te mettre une peu de plomb dans la tête!
Junos ne répondit toujours rien. Sans le moindre avertissement, Brad le gifla de toutes ses forces.
-Ayoye!
-Regarde-moi quand je te parle!
Le jeune homme leva les yeux vers son père. Les traits du scientifiques étaient crispés par la rage.
-Dégage, fit Brad. Dégage avant que je me mette à fesser pour de vrai. Je veux plus te revoir à moins d’y être obligé. Pis adresse-moi plus jamais la parole. Comprit?
-Mais…
-Je t’ai dit : FAIS DE L’AIR!!!
Junos se massa la joue et se dépêcha de quitter le centre de santé. Brad le regarda partir sans dire un mot et sans tenter de le retenir de peur que la colère ne le pousse à faire quelque chose qu’il regretterait par la suite.

Junos était désemparé. Il ne savait pas quoi faire ni où aller. Il ne savait pas s’il devait pleurer ou non. Il ne savait pas s’il devait rester là et attendre que les choses s’arrangent par elles-mêmes ou s’il devait attendre que la colère de son père soit passée pour le confronter. Toutes les questions se bousculaient dans sa tête. Il entendit alors une voix qui le ramena à la réalité.
-Junos? Est-ce que ça va?
Le garçon se tourna et vit Valence. Il secoua la tête. Non, ça n’allait pas. La psychologue le prit dans ses bras.
-Tu veux me raconter ce qui se passe?
Junos hocha la tête. Il avait confiance en Valence.

La psychologue traîna le garçon dans son bureau. Elle lui adressa un sourire compatissant tout en le gardant collé contre elle. Junos lui expliqua tout ce qui s’était passé. Sa mère qui ne lui avait même pas donné la bonne pierre. Les reproches de son père. La gifle qu’il lui avait donnée. Son ordre de partir, de ne plus lui reparler. Valence l’écouta tout en lui caressant les cheveux comme une mère l’aurait fait avec son propre fils.
-Qu’est-ce que je dois faire? demanda le garçon.
-Ton père n’est pas un homme cruel, répondit Valence. Tu l’as blessé. Son cœur était déjà brisé quand il t’a eu et au lieu de le réparer, tu en as éparpillé les morceaux. Je ne pense pas que Brad pensait ce qu’il a dit. Il n’a jamais été heureux et ça le frustre que son propre fils n’ait pas tenté de lui donner un peu de chaleur. Tout ce qu’il veut, c’est de l’amour. Tu comprends?
Junos hocha la tête.
-Il ne me pardonnera jamais, hein?
-Je vais lui parler, assura la psychologue, mais tu devras lui laisser un peu de temps.
Après avoir donné un dernier câlin à Junos, elle se leva pour aller voir son père.
-Valence? Veux-tu être ma maman?
Le psychologue sourit.
-Oui, je veux bien, répondit-elle. Sois sage, ajouta-t-elle en quittant la pièce.
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Ven 8 Juin à 15:28

Chapitre 22, Mensonges et trahisons

Brad regarda la porte du centre de santé se refermer sur son fils.
-Allez, fit-il en s’adressant au vide. Montre-toi maintenant que j’ai fini ma leçon, mon espèce de salope…
Le scientifique se tourna vers les lits superposés de la pièce. Sous ses yeux, le fantôme d’Indiana, furax, se matérialisa.
-Je te prierais de surveiller ton langage quand tu m’adresses la parole, tonna-t-elle.
-Une fille qui trompe son chum à tour de bras en étant assez épaisse pour penser qu’il se doute de rien, c’est quoi si c’est pas une salope?
Le teint d’Indiana vira au rouge.
-Pff! T’étais tellement idiot! Si faible, si naïf, si maigre… Voir si j’allais rester fidèle à un garçon comme toi alors que les plus beaux mecs de l’école me faisaient la cour!
-Mais j’étais le plus riche, rappela Brad, calme. C’est pour ça que t’es restée avec moi, han? Parce que j’étais le plus riche.
-Ton père était bien le seul membre de ta famille à être respectable, fit Indiana. Le poste de capitaine qu’il n’a pas pu te donner, c’est à moi qu’il l’a offert.
-Oh! Et combien de fois t’as dû coucher avec lui pour qu’il te rende ce service?
Indiana ne répondit pas à cette question. Brad n’était peut-être qu’un idiot, mais il savait pourtant très bien attaquer verbalement les gens.

Indiana senti les larmes de rage monter à ses joues.
-Et Junos, hein?
Sa voix gagna un ton d’agressivité à cause de la douleur causée par son fils.
-Tu m’as menti sur toute la ligne! Tu ne m’as donné qu’une pierre plaquée en me faisant croire que tu m’offrais la pierre philosophale et j’ignorais encore tout ça quand je l’ai donnée à Junos! Je l’ai envoyé dans la gueule du loup en le pensant bien armé, et toi, tu n’as même pas prit la peine de lui dire que ça n’était pas ma faute! Tu as tout fait pour qu’il me prenne pour une… pour une…
-Pour ce que tu es, dans le fond, fit calmement Brad.
La capitaine ouvrit la bouche pour répliquer, mais le scientifique ne lui en laissa pas le temps.
-T’as quand même pas sérieusement pensé que j’allais te laisser un objet de valeur que ma mère m’avait donné et qui était transmis de génération en génération dans sa famille depuis sept-cens ans! Tu ne m’as quand même pas cru aussi stupide que ça, j’espère?
-Tout ça ne change rien au fait que c’est Junos qui a faillit payer pour!
Brad ferma les yeux et croisa les bras. Il prit une grande inspiration. Les yeux toujours clos, il répondit :
-J’ai toujours tout fait pour que Junos pense que t’étais une femme responsable. J’ai été jusqu’à faker des crises de larmes pour te vouer un minimum de respect. Je me suis dis que c’était injuste de dire qui t’étais réellement à ce garçon. Même la terrible Indiana Auger à ses qualités. Mais toi… Toi, tu n’as pas prit la peine d’être aussi délicate. Tu t’es empressée de dire le plus de mal possible sur moi à Junos. Tu as réussis à le persuader que j’étais bel et bien le loser qu’il voyait chaque fois qu’il me regardait et que je n’avais jamais été rien d’autre. Pourquoi j’aurais prit la peine de continuer à être gentil envers l’image qu’il avait de toi? Pourquoi je lui aurais dit que tu ignorais tout à propos de la fausseté de la pierre?
Indiana ne répondit pas de nouveau.

Le scientifique ouvrit les yeux. La capitaine était rouge de rage.
-Tu serais surpris des pouvoirs que possède un spectre, fit la fantôme. Et si je montrais à ton fils toutes tes humiliations à l’école, hein? Comme la fois où Mathis t’avait drogué et qu’il t’avait ensuite ligoté nu comme un vers sur une table de la cafétéria, hein? Tu ferais quoi pour m’en empêcher, hein?
-Je serais obligé de demander à Valence de lui dire des choses beaucoup plus compromettantes pour toi.
Indiana fronça les sourcils.
-Comme quoi? Qu’est-ce que tu veux que cette psy à deux sous dise à mon fils et qu’il la croit ELLE plutôt que MOI?
Brad sourit.

Il s’enfonça dans le bureau de la psychologue, annexé au centre de santé, puis revint quelques instants plus tard avec un dossier dans les mains.
-Tu n’as pas répondu quand je t’ai demandé combien de fois t’avais couché avec mon père, fit-il.
-Quel rapport?
-À part moi et Valence, y’a personne qui sait ça, reprit Brad. Regarde.
Il sorti du dossier des résultats d’analyse d’ADN et les tendit à Indiana.
-Je suppose que tu serais capable de les lire seule, mais je vais tout de même te les expliquer, dit sèchement le scientifique. Quand j’ai eu Junos après ta mort, je me suis juré de m’en occuper comme si c’étais mon propre fils. Je venais tout juste de l’avoir, je pensais être réellement son papa. Mais quand il a vieillit, il avait si peu de traits semblables aux miens que je ne pouvais pas me fier à son visage pour être certain à cent pour cent que c’était mon fils. Me fiant sur ta fidélité légendaire, j’ai donc demandé l’aide de Valence pour recueillit l’ADN de Junos sans qu’il ne s’en rende compte et j’ai passé un test de paternité. Il avait cinq ans à l’époque. J’ai constaté qu’il n’était pas mon fils, mais on avait tout de même une étrange similitude génétique. J’ai séparé l’ADN mitochondrial -lui qui donne le code génétique de la maman- et j’ai constaté que le reste de notre code génétique, celui du père, était identique.
Il se tut un instant pour laisser à Indiana le temps d’assimiler ce qu’il venait de dire. L’horreur se dessinait sur son visage. Savourant sa vengeance, Brad termina son explication.
-Ce serait un choc pour Junos de découvrir que c’est pas son père mais son frère qui l’a élevé, non?
Indiana laissa tomber les analyses sur le sol. Elle avait la bouche ouverte. Elle semblait pétrifiée par la terreur.
-Non… Tu ne vas pas… Tu me mens!
-C’est drôle, mais ça ne m’étonne pas que je vienne tout juste de t’apprendre tout ça.
-Tu n’as pas le droit de faire ça, souffla la capitaine d’une voix aiguë et terrifiée.
Brad prit un regard dur.
-Je n’ai pas l’intention de le faire, assura-t-il. Je suis plus fair-play que toi. Maintenant, pars et ne t’avises pas de revenir sur ce vaisseau parce que sinon, je risque d’oublier de tenir ma langue.
-Tu me paieras ça, Brad Spitfire!
-Je n’en doute pas, répondit ce dernier avec un sourire mauvais, toujours aussi calme. Mais je ne suis pas dû pour descendre en enfer maintenant, alors au revoir!
Le visage vaporeux de la capitaine, défiguré par la rage, pâlit peu à peu jusqu’à disparaître complètement. Brad la regarda s’évaporer. Même lorsqu’elle se fut évanouie, il continua de regarder l’endroit où elle se trouvait quelques secondes auparavant.

Soudain, une voix se fit entendre derrière le scientifique.
-Tu vas vraiment cacher ça à Junos?
Brad se retourna. Devant lui, un autre spectre. Une femme tout aussi blonde et belle qu’Indy mais qui était beaucoup plus âgée et dont le visage exprimait beaucoup plus de bonté.
-C’est sûrement mieux pour lui, fit Brad. T’es pas d’accord, maman?
Depuis sa tendre enfance, l’homme avait toujours eu le pouvoir de parler aux revenants. Tout cela avait commencé par le fantôme de son grand-père Jack qui venait le terrifier la nuit alors qu’il n’avait que trois ans. Depuis lors, il avait pu communiquer avec les esprits qu’il voulait, même s’il avait toujours caché ce don par peur des possibles représailles de son père. Ainsi, dès que sa mère était morte, elle s’était empressée de traverser le royaume des morts pour venir le voir et elle lui avait raconté tout ce qu’il aurait normalement dû apprendre dans la lettre que son beau-père avait donnée à Junos.

La mère Spitfire s’approcha de son fils. Elle lui arrivait à peine à l’épaule, mais elle s’empressa de passer ses bras autour de lui pour le serrer contre elle.
-Si tu penses que c’est la meilleure solution pour Junos, je te fais confiance.
Brad se pencha pour poser sa tête sur l’épaule de sa mère. Il ferma les yeux. Ce contact maternel avait toujours eu le don de le rassurer. Peut-être était-ce parce que sa mère était la seule personne sur qui il avait pu compter depuis sa naissance.

Le scientifique eut alors un remord de conscience. Sa mère lui avait pourtant toujours tout dit de son vivant, alors pourquoi ne lui avait-il pas fait part de ses doutes à propos de la fidélité de son père avant de partir sur le Romano? La peur n’était certes pas une excuse valable!
-Maman? Tu le savais avant ta mort que papa pis Indy y’avaient… ben…
Le rire cristallin de sa mère le rassura aussitôt.
-Brad! Penses-tu vraiment que je savais pas que ton père me trompais avec tout ce qui bouge? Au nombre de secrétaires avec qui il a fait des heures supplémentaires, j’aurais vraiment été idiote de penser qu’il ne se passerait rien en te voyant ramener une belle jeune fille à la maison!
La mère cessa d’étreindre son fils et ajouta :
-Je dois y aller, Brad, dit-elle, triste. Je suis désolée mon chéri, mais je dois partir. Je pense que Valence arrive, ajouta-t-elle avec un sourire. Cesse d’avoir peur d’être heureux, Brad. Vie ta vie, tu n’en as qu’une. Si tu fais cela, j’aurai accompli ma mission sur Terre et je pourrai enfin reposer en paix.
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Dino
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Lun 18 Juin à 20:56

Chapitre 23, Après la pluie le beau temps, mais l’orage peut durer longtemps

Brad regarda sa mère disparaître sous ses yeux, sans pouvoir rien faire pour l’en empêcher.
-Maman! Maman, reviens! J’ai besoin de toi! Je t’aime, maman! S’il te plait, reviens!
Rien. Le scientifique savait pertinemment qu’il criait dans le vide. Il s’assit dans le lit superposé collé au mur et, pour la première fois depuis le début de sa mission de sauvetage, il craqua. Il accota ses coudes sur ses genoux, enfoui son visage dans ses mains et pleura. Il se sentait seul et il avait peur. Il craignait que sa mère ne revienne plus le voir et qu’il se retrouve réellement seul au monde. Il avait peur de ne plus avoir personne sur qui compter. Il voulait aller la rejoindre, quitte à devoir mourir.

Brad entendit la porte du santé s’ouvrir et il se dépêcha sécher ses larmes.
-Brad?
Il leva les yeux vers Valence qui venait d’entrer.*
-Est-ce que ça va?
-Oui, oui…
Elle s’assit à côté de lui. Sans même y penser, Brad la prit dans ses bras et la serra contre lui. Valence enfoui son visage dans son cou.
-Tu sais que tu peux me parler si ça va pas, Brad. Je t’aime.
Le scientifique fut incapable de répondre quoi que ce soit. Il se contenta de serrer Valence encore plus fort contre lui.

La psychologue se dégagea de son étreinte juste assez pour le regarder dans les yeux.
-Je t’aime, répéta-t-elle.
Brad avait du mal à assimiler le message. Il entendit la voix de sa mère dans sa tête qui disait : « Cesse d’avoir peur d’être heureux, Brad. Vie ta vie, tu n’en as qu’une. Si tu fais cela, j’aurai accompli ma mission sur Terre et je pourrai enfin reposer en paix. » Il était tout mélangé dans ses sentiments. La rage, la tristesse, l’amour… Tout cela remuait dans sa tête en le mêlant d’avantage. Sa raison n’était tout simplement plus capable de comprendre son cœur. Doucement, sans même s’en apercevoir, il s’était approché pour l’embrasser. Ah, Valence… Ses lèvres étaient si douces. Il sentait émaner d’elle et de ce baiser une chose qui était un étrange mélange de force, d’énergie, de compassion et de compréhension, mais aussi un sentiment puissant qui parvenait à lui réchauffer un peu le cœur. De l’amour… Il n’avait jamais ressenti cela d’Indiana. Pourtant, qu’est-ce qu’il avait pu l’aimer dans sa naïveté de jeune adolescent en manque d’affection!

Leurs lèvres se séparèrent.
-C’est bien, fit Valence, tu acceptes tes sentiments.
-Je les caches depuis trop longtemps, répondit Brad.
-Hum… Là-dessus, sur ce point là en particulier, cette situation précise où nous nous trouvons en ce moment, je suis pas vraiment mieux que toi.
Elle sourit et l’embrassa à son tour. Pour la première fois de sa vie, Bras se sentait bien et à l’abris de tout souci. Il se concentrait sur le moment présent sans penser à autre chose. Son cœur, qui avait été toujours si malmené, se réparait un peu grâce à cette femme. « Est-ce ça être heureux, maman? », songea-t-il.

********
-Ouen… Y’é vite en affaire, monsieur Spitfire!
-J’avais pas trop le choix, tu m’a quasiment violé!
-Pff! Mais quel menteur!
Valence sourit et posa un baiser sur les lèvres de Brad avant de se blottir contre lui. Il la serrait contre lui, s’accrochant à elle comme à une bouée de sauvetage… ce qui était un peu le cas, d’ailleurs.

Ils restèrent longtemps en silence, collés ainsi comme s’ils étaient seuls au monde. Enfin, jusqu’à ce que Valence décide de reprendre son rôle de psychologue.
-Brad, t’as fait pas mal de peine à Junos, fit-elle.
Le visage du scientifique perdu toute son expression de calme pour prendre un air contrarié.
-Il m’en a pas fait de la peine, lui, je suppose?
-Il est certain que t’étais sérieux en disant que tu ne voulais plus le revoir.
-Qui te dis que je l’étais pas?
-Brad…
-Valence, j’veux pas parler de ça, surtout pas maintenant. On peux sûrement s’en occuper plus tard.
-Mouais… T’as raison.
Le scientifique sourit et la ramena contre lui en souriant.

Valence se laissa coller, mais son cerveau continuait de marcher à vive allure.
-N’empêche que…
-Bon, j’ai comprit le message!
Contrarié, Brad se rhabilla à toute vitesse.
-Je savais que tu m’écouterais, sourit la psychologue. Tu vas voir ton fils?
-Pantoute. M’en va me coucher dans mon lit… M’a pouvoir dormir en paix!
-Mais Brad…
-J’t’ai dit que je voulais pas en parler!
Valence s’assit et croisa les bras.
-On va quand même pas se chicaner pour ça, non?
Brad la regarda et soupira.
-Non, ça n’en vaut pas la peine.
Le scientifique se pencha et embrassa sa belle sur le front.
-Bonne nuit, Valence.

********
La première chose que Brad vit en ouvrant les yeux le lendemain matin en se réveillant, c’était le visage du capitaine qui le regardait, l’air suspicieux.
-Hum… V’nez me péter la gueule pour avoir coucher avec votre ex?
Charles sourit.
-Nan, du tout. J’étais venu vous demander de m’analyser ceci.
À la plus grande surprise de Brad, Charles lui tendit des rapports de sondes.
-Qu’est-ce que…
-Ben… Vous êtes le scientifique à ce que je sache, non?
-Oui, c’est juste que je m’attendais pas à avoir du travail aussi tôt après toute cette aventure, avoua l’homme de sciences.
Le capitaine esquissa un sourire.
-Pour être honnête, moi non plus!
Brad s’assit dans son lit, bailla un bon cou puis, il analysa les rapports.
-Heu… C’est un rapport de la planète Mars, ça…
-J’espère bien, on est à côté de la Terre.
Le scientifique fronça les sourcils, puis il releva la tête vers son capitaine.
-Capitaine, faites-moi pas croire que vous êtes venus ici à me fixer de-même jusqu’à ce que je me réveille juste pour me donner un rapport de sonde d’une planète qu’on connaît déjà par cœur depuis quarante ans.
-Heu… J’savais bien que ça tiendrait pas debout longtemps, mon affaire…
Le capitaine toussota, mal à l’aise.

Charles s’assit à côté de son scientifique et lui exposa la vraie raison de sa visite.
-Émilie est venue me voir, ce matin. Elle a été voir Junos et elle dis que depuis hier soir, il arrête pas de pleurer, il ne boit plus et ne mange plus et refuse de parler à qui que ce soit. Lucas et Amélie ont même consentis à arrêter de se frencher deux minutes pour aller le voir, mais ça n’a rien donné. Elle s’inquiète pour son état.
-Une brave fille, Émilie, fit Brad. Toujours à l’écoute des autres, toujours gentille. À l’image de sa mère…
-En effet, elle retient beaucoup de Valence, soupira Charles.
Brad posa les rapports de sonde à côté de lui et fit :
-Parlant de Valence… Ce serait pas elle, par hasard, qui vous aurait demandé de venir me raconter tout ça?
-Heu… On dirait, oui…
Le scientifique sourit.
-Vous tenez toujours à elle, n’est-ce pas.
-Je tient à elle autant qu’à mes filles, mais pas de la même façon que je l’ai déjà fait, avoua Charles. Je l’aime énormément, mais je ne suis plus amoureux d’elle. C’est sûrement mieux ainsi. Les enfants sont arrivés, on a eu moins de temps pour rester seuls ensembles mais aussi moins de temps pour rester seuls chacun de notre côté. L’amour s’est envolé, tout simplement, et on a préféré se séparer et devenir amis plutôt que de se chicaner et de se détester après. C’est mieux ainsi.
Ile capitaine poussa un long soupir puis, il releva la tête vers Brad.
-Prenez bien soin d’elle.
Brad baissa la tête.
-Elle mérite mieux que moi…
-Je suis pourtant certain que vous saurez la rendre heureuse, Brad. Arrêtez de vous servir de votre tête et écoutez votre cœur.
Le scientifique regarda son supérieur.
-À vos ordres, capitaine.
Charles sourit.
-Ça n’était pas vraiment un ordre, mais si vous tenez absolument à en avoir un, je peux vous donner celui d’aller parler à votre fils.
Brad soupira, puis il se leva.
-C’est bon… M’a y aller…
Il quitta la pièce et Charles sourit, fier de l’avoir persuadé.

********
Brad se rendit dans le second bureau de Valence pour y retrouver son fils. Lorsqu’il entra dans la pièce, il le vit, couché sur le côté, ses lunettes sur une table un peu plus loin, une couverte lui recouvrant le corps et les yeux en larmes. Émilie était encore près de lui, les yeux rougis par la fatigue.
-Je peux lui parler? demanda Brad en désignant son fils.
-Oui, oui. Z’êtes son père, tsé.
Brad la vit retenir un bâillement.
-M’a y aller, ajouta-t-elle en se levant.
Quand elle passa près de lui, le scientifique lui souffla à l’oreille.
-Merci pour ta force.
Elle sourit, flattée, puis quitta la pièce.

Brad se retrouva seul avec son fils unique.
-Junos, l’appela-t-il d’une voix douce.
Le garçon saisit ses lunettes et les remis sur son nez. Il s’assit, tout en restant sous ses couvertures. Brad s’assit à côté de lui et le serra dans ses bras. Junos se blotti contre lui et se mit à pleurer. Le scientifique mit du temps à s’en apercevoir, mais il pleurait lui aussi.
-Je t’aime papa, hoqueta le garçon.
-Moi aussi je t’aime, lui souffla Brad à l’oreille en lui caressant les cheveux. Je m’excuse d’avoir dit que je voulais plus te voir. J’étais fru.
-C’est de ma faute, rétorqua Junos. J’ai pas été correct avec toi. Je t’ai jamais traité comme il faut pis j’ai jamais été gentil avec toi. J’ai juste un père pis j’ai réussis à lui briser le cœur. C’est moi le méchant, là-dedans.
Brad serra son fils encore plus fort contre lui. « Ah, Junos! Si seulement tu savais la vérité! »

La porte du bureau s’ouvrit et Valence entra dans la pièce. Elle sourit en voyant le père et le fils ainsi enlacés et elle s’approcha d’eux. Brad lui tendit un bras et elle s’assit près d’eux. Il la serra contre elle et son fils et sourit. Enfin, il était parvenu à être heureux.

Du fond de la pièce, un spectre pâle observait la scène. Les yeux fantomatiques de la mère Spitfire semblaient étrangement lumineux. Brad était enfin heureux. Il n’avait plus besoin d’elle. Elle avait accompli sa mission dans le monde des vivants. Elle sourit et, juste avant de disparaître pour la dernière fois, elle prononça les mots suivants :
-Je peux enfin reposer en paix.



*Oui, je sais. Valence apporte Junos dans son bureau puis Brad va chercher un dossier dans ce même bureau, ça fite pas. Mettons que lui du centre de santé est trop plein de paperasse et qu’elle a dû en avoir un autre!
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MessageSujet: Re: (FT) MCPBPLS 2 -- Esprit que t'as peur des esprits   Jeu 21 Juin à 17:35

Épilogue

-Quinze ans plus tard-

-Jennifer Bouchard! Veux-tu ben arrêter de courir?
-Mais papa! Elle court même pas!
-Étienne, arrête de me chialer après quand je chiale après ta grande sœur!
-Mais papa! Il fait rien de mal!
-AMÉÉÉÉÉÉÉÉLIIIIIIIIE!!!!!!!
Lucas cessa de courir après ses enfants. Après tout, il n’y avait que leur mère qui savait les calmer.

L’équipage du Romano-Fafard était installé depuis maintenant treize ans sur la planète Fye-Flowright* et ils y vivaient une vie plus ou moins normale. Au début, les habitants de la planète, les Fyens, les avaient craints sous prétextes qu’ils étaient terriens. Maintenant, on avait appris à les aimer et à oublier leur race. Les Fyens ressemblaient beaucoup aux terriens. Certes, ils avaient les oreilles plus pointues, les cheveux et les yeux qui portaient parfois des couleurs exotiques et certains possédaient quelques dons magiques, mais les différences s’arrêtaient là.

Aussitôt arrivés sur la planète, Pétrolia et Flavien s’étaient bâtis une maison. Ils possédaient un grand potager et étaient devenus les hommes à tout faire officiels du village, et ce même si Pétrolia n’était pas un homme. Serge, maintenant le trente-quatrième du nom, habitait avec eux et les aidait dans leur travail.

Charles s’était remarié avec une Fyenne nommée Stella. Ses grands yeux bleus et sa chevelure rosée avaient fait craquer le cœur du capitaine dès qu’il l’avait vue. Ils avaient ensemble une petite fille de neuf ans qui s’appelait Katrina. La jeune fille était aussi leader que son père, aussi brillante et jolie que sa mère et maîtrisait à merveille ses dons magiques de guérisseuse. Elle adorait ses grandes sœurs et aimait aider les autres.

Vivaneslav et Angelina s’étaient mariés. Ils rattrapèrent tant bien que mal toutes les années qu’ils avaient perdues ensemble et décidèrent de fonder une famille. Certes, ce n’était pas l’idéal pour avoir ses premiers enfants au début de la quarantaine, mais c’était mieux que rien. Ils avaient malheureusement étés dans l’incapacité d’enfanter, le système d’Angelina ayant subit des séquelles permanentes du passage de Nuange. Déçus, ils se tournèrent vers l’adoption qui leur fourni le petit Félix, un Fyen rebelle de quatre ans qui avait un caractère de cochon mais qui était incroyablement attachant et qui faisait la fierté de ses parents.

Bob était resté célibataire. Il s’était fait ami avec un Fyen gastronome prénommé Adeste. Bob faisait goûter à Adeste le moindre plat terrien, partant du vin et des fromages fins à la poutine et aux hot-dog et le Fyen faisait de même de son côté. Après quelques années à savourer des plats ensemble, ils décidèrent d’en créer et de fonder un restaurant. Leur cuisine avait le prix d’un fast-food mais la qualité du Hélène-de-Champlain et il était reconnu pour être un des meilleurs de tout le pays!
Dès que Lucas eu atteint sa majorité, lui et Amélie se marièrent enfin en suivant toutes les traditions Fyennes. Ils étaient encore ensembles, amoureux fous l’un de l’autre et toujours aussi enjoués que durant leur adolescence. Quelques mois seulement après leur mariage, Amélie annonça aux parents qu’elle était enceinte d’une jolie petite fille, Jennifer, maintenant âgée de cinq ans. Un mois à peine après avoir accouché, elle vit grandir en elle Étienne, un petit garçon qui fut seulement dix mois de plus jeune que sa sœur. Les deux enfants étaient admirablement courageux et débrouillards, faisant la fierté de leurs parents.

Émilie n’était pas en reste elle non plus. Elle avait eu un petit copain, bien entendu, mais ils s’étaient laissés à peine quelques mois plus tard. Elle n’avait pas trouvé l’âme sœur et ne le cherchait pas particulièrement. Après tout, « tout vient à point à qui aime son steak bien cuit », comme le disait si bien Amélie. Émilie adorait s’occuper des enfants de sa jumelle et de sa demie-sœur. Elle s’entendait très bien avec la petite Katrina et consacrait le peu de son temps libre à jouer avec elle et les autres enfants. D’ailleurs, elle s’était aussi beaucoup occupée de son frère Jérémie à sa naissance. Elle l’adorait, et ce même s’il était un Spitfire. L’assistante-spychologue avait perdu son titre d’assistante pour gagner celui de véritable professionnelle. Elle se consacrait corps et âme à son métier et était considérée comme la meilleure, à la plus grande fierté de Valence.

Parlant de Valence… Elle était toujours avec Brad. Ils avaient d’ailleurs eu un garçon ensemble, Jérémie. Le jeune garçon avait treize ans et était aussi calme que ses parents. Il possédait la détermination et la perspicacité de sa mère ainsi que la sagacité et le talent de résoudre les problèmes compliqués de son père. Brad, maintenant vraiment heureux, avait laissé sa joie guider sa vie et avait fait un excellant père pour le jeune garçon, étonnant tout le monde -lui-même en premier, d’ailleurs-. Il passait beaucoup de temps avec son fils et Valence. D’ailleurs, cette dernière était très étonnée que le scientifique fasse un aussi bon mari.

Ce matin-là, tout allait bien sur Fye-Flowright. Amélie s’empressa de rejoindre Lucas pour l’aider à calmer les enfants. De sa galerie, Valence regardait la scène en déjeunant, un sourire aux lèvres.
-Regarde comme ils sont cutes!
Brad sourit.
-Presque autant que toi, chérie.
La psychologue rit, puis, elle se tourna vers Jérémie.
-Tu vois mon grand, voilà ce que tu devras faire plus tard pour faire plaisir à ta blonde quand elle va être toute vieille et toute ridée.
-Meuh! Ridée?!? T’as des rides, toi?
Brad avait les yeux grands ouverts d’étonnement.
-Il faut la regarder au microscope pour les voir, fit Jérémie. Je sais, j’ai essayé.
Valence se mit à rire à cette réplique de son garçon, le revoyant s’approcher d’elle un bon matin avec son microscope et beaucoup, mais vraiment BEAUCOUP de temps à perdre. Bien entendu, Brad ne l’aidait pas à reprendre son sérieux. Il lui prit le visage à deux mains et approcha son nez à deux pouces du sien.
-Où ça, des rides?
-À côté de mes yeux, fit Valence en prenant une voix toute triste.
-C’est pas des rides, ça! C’est le lit du Nil!
-Niaiseux!
Valence le repoussa et il retomba sur sa chaise.
-Je suppose que ça, c’est à ne pas faire, nota Jérémie.
-Exact, fit la mère.
-Quessé j’ai fait?!? demanda Brad en prenant un air incompréhensif.
-Va donc voir ton archéologue, toi, avant qu’il parte.
-C’est que ça ressemble presque à une bonne idée, ça!
Brad sourit et embrassa Valence avant de poser un baiser sur la tête de Jérémie. Le garçon le regarda en souriant. Il avait les yeux de son père mais le regard de sa mère ce qui était très étrange.
-Est-ce qu’on va pouvoir venir vous rejoindre tantôt, papa?
-Bien sûr mon grand. À tantôt. Arrange-toi pour pas que ta mère inonde le salon avec son fleuve.
-Promis papa!
-Pars donc avant que je te foute mon pied où je pense, intima Valence avec un clin d’œil.
Brad lui sourit et quitta sa demeure.

Le scientifique s’enfonça sur le petit sentier menant à la maison de Junos. La vie sur Fye-Flowright avait réservé bien des surprises au jeune homme. Tout d’abord, il y avait bien entendu eu la naissance de Jérémie, son « demi-frère ». Puis, il avait rencontré Chely, une Fyenne aux longs cheveux violets et aux yeux saphirs clairs. Un espèce de coup de foudre les avait tous les deux frappés et ils se fiancèrent quelques mois à peine après s’être rencontrés. Chely avait ensuite transmis à Junos sa passion : l’archéologie. Junos était devenu un vrai expert en matière d’histoire fyenne et partait souvent en voyage de fouilles avec sa fiancée et d’autres accros aux monuments historiques. Récemment, Chely était tombée enceinte, et ce même si le couple avait préféré ne pas avoir d’enfants. Elle avait gardé le bébé mais après sa naissance, elle et Junos avaient prit des précautions pour que le petit Antoine soit leur seul enfant.

Junos et Chely partaient pour leur premier voyage depuis la naissance du petit, maintenant âgé de un an. Ils avaient voyagés un peu partout sur la planète et jugeaient que malgré son jeune âge, il serait bon pour Antoine de les suivre dans leur course au travers le monde.

Le conflit entre Brad et son fils aîné était entièrement terminé. Plus de froideur, leur relation allait on ne peut mieux et Junos avait tout fait en son pouvoir pour se racheter, même si son père lui avait souvent cité que c’était inutile et qu’il était pardonné. À chaque fois que le jeune homme partait faire des fouilles, son père venait le voir en compagnie de Valence et Jérémie. Cette journée ne fit pas exception à la règle.

Brad voyait maintenant la maison de son fils du haut de la colline où il était posté. De loin, il vit Junos courir avec Antoine dans les bras au plus grand damne de Chely qui lui criait d’arrêter.
-Junos Spitfire! Tu te rends compte que si tu tombe, Antoine tombe avec toi?
Oui, seulement Spitfire. Junos n’avait même jamais mentionné à sa fiancée qu’il portait aussi le nom de Auger. Pas nécessaire, avait-il dit à son père. D’ailleurs, il continuait de courir avec son garçon dans les bras, ignorant consciencieusement la jeune mère qui lui criait après.

Brad regarda la scène en souriant.
-Onh! C’est tu pas genre cuuuuuuuuuuute rien qu’un peu, railla une voix d’homme.
Le scientifique se retourna. Devant lui se trouvait un homme d’un certain âge dont les cheveux noirs portaient de nombreuses mèches grises et dont les yeux sombres le fixaient sans exprimer aucune émotion. Ses lèvres s’étiraient dans un sourire moqueur qui n’avait rien de gentil. Brad dégaina son fusil à la vitesse de l’éclair et le pointa sur le nouveau-venu.
-Mais quel bel accueil que tu fais à ton papa!
Brad ne prit même pas la peine de répondre à son père.
-Ça sert genre à rien de me pointer ça sous le nez, Brad. Je suis genre déjà mort. **
Le scientifique ne réagit pas.
-J’te rappel qu’on peut genre pas tuer un spectre, espèce d’imbécile!
Il commençait à perdre patience, mais Brad ne réagit pas pour autant.
-Baisse ton hosti d’gun ou j’te le fait avaler!
Sachant que son père était parfaitement capable de mettre ses menaces à exécution, Brad rangea son arme.

Le père et le fils échangèrent un regard noir.
-Qu’est-ce que tu veux?
-Surveille le ton de ta voix quand tu me parle, jeune homme.
-Qu’est-ce que tu fais ici?
-Ben… J’suis genre mort y’a genre… une semaine.
-Y’était temps…
Le père Spitfire jeta un regard haineux à son fils.
-Comment tu t’es fait ça? demanda Brad en restant impassible.
-Me suis genre fait tirer. Je sais pas par qui… En tout cas, m’en fou pas mal, j’ai genre rien senti. C’est le fun se faire tirer. Tu tombes pis tu t’en rend genre même pas compte!
-Ça l’air de quoi en bas?
Jerry Spitfire fit un sourire étrangement macabre.
-T’es vraiment encore assez stupide pour croire à l’enfer et au paradis? T’es drôle, toi!
-En tout cas, tu serais certainement pas retourné rejoindre maman au paradis, fit Brad.
Le scientifique jeta un regard noir à son père.

Brad entendit alors des voix familières. Celles de Valence et Jérémie. Il les vit déboucher sur le sentier menant à la maison de Junos après un tournant camouflé par les arbres.
-C’est drôle… On a pas croisé ton père en chemin, constata Valence.
-Il doit être déjà chez Junos, avança Jérémie.
Brad se mit au travers de la route et ouvrit la bouche pour lancer une réplique du genre : « Ben je suis là, moi! » Cependant, son père coupa court à ses pensées.
-Ça sert genre à rien, imbécile! Je suis un spectre. Si je décide que tu reste ici et que personne vient nous déranger, ben tu reste ici pis les autres passent sans nous déranger!
Le scientifique l’ignora.

Se postant devant sa belle et son fils, il dit :
-Youhou! Je suis là! Pas obligé de m’ignorer!
Valence ne semblait pas avoir entendu et elle continuait de parler à Jérémie.
-Pourtant, messemble que y’avait pas tant d’avance sur nous que ça. On aurait dû le voir.
-Y’a dû marcher plus vite, c’est tout.
-T’as sans doute raison…
Valence continuait de regarder son garçon, les bras croisés et l’air inquiet. Lorsqu’elle arriva devant Brad, plutôt que de s’arrêter et de lui parler, elle passa carrément au travers de lui, sans même remarquer sa présence. Elle l’avait traversé comme on traversait un nuage de brouillard!
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