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 [FNT] Bad Boys (R)

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M@rie
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MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Dim 15 Juil à 23:56

La voix de Flavien, en deçà du zéro absolu, l’interrogea :

« Tu t’en vas? »

Brad ne démentit pas, prenant de grandes respirations afin d’être apte à dissimuler sa fureur :

« J’vais prendre une marche. »

Flavien s’enragea :

« C’est ça! Abandonne-moi! On dirait que c’est une mode, que tout le monde s’est donné le mot! »

Brad parla entre ses dents, refoulant toujours sa rage mais se montrant plus impatient en détachant ses mots les uns des autres afin de se faire comprendre une fois pour toutes :

« Je ne t'abandonnes pas. Je vais prendre une marche, c'est clair? »

L'interlocuteur resta incrédule:

« C'est ça, tu ne vaux pas mieux que Bob! C'est la deuxième fois que tu l’fais ! »

La moutarde vint au nez du jeune garçon. Mais c'est quoi ce délire? Lui qui voulait seulement recouvrer une partie de son sang froid se faisait accuser à tort? Comme si c'était péché de vouloir se calmer avant d'exploser, après s’être fait lancer à figure des injures !

Il ne put s'empêcher d'élever le ton, rouge de colère, puis de l'engueuler:

« Fous-moi la paix! Tu m'insultes et j'peux même pas aller souffler un peu! C'est quoi ton problème, merde? Ouais, je suis ce que je suis mais ce n’est pas en me diminuant que je vais changer! Il me semblait que tu en avais pu de problèmes avec mon âge et tout ce que tu me reprochais! T'avais juste besoin de moi pour te balader devant ta mère et ta famille éloignée ou quoi ? … Ça va faire… J'vais marcher et on en reparlera comme des grands après! »

Les deux hommes se dévisagèrent, ne comprenant pas la réaction de l’autre.

« Avoue-le que c'est pour ta foutue héroïne ta marche ! »

Visiblement hors de ses gonds, le jeune claqua avec violence la porte pour sortir de l’appartement. Les murs du loyer, qui étaient devenus aussi oppressants que leur locataire en ce moment pour Brad, tremblèrent sous tant de force.


***


Brad avait quitté avec un tel empressement qu’il avait oublié de mettre une tuque, un foulard et des gants, bref tout l’arsenal nécessaire à la survie lors d’une nuit hivernale. Comme il était trop tard pour faire volte-face en sortant du bloc appartement, il se résout à descendre dans la rue, vers 22 heures. Il fut frappé par cette évidence, pourtant anodine : il faisait encore plus frisquet dehors qu’il ne l’avait jamais cru.

Il eut l’impression d’être congelé sur place, ce qui le motiva à marcher davantage pour se réchauffer, en essayant de se cacher le plus possible du froid. Mais en même temps, sa crise se calmait sous l’effet anesthésiant du froid.

Il n’y avait nulle part où aller et il se dirigeai vers nulle part.

À cette heure du soir, les cafés et les restaurants avaient pratiquement tous fermés leurs portes. Ceux qui ne l’avaient pas fait avaient l’encombrant désavantage d’être bondés. Pour un gars détestant faire partie des attroupements de gens, c’était un enfer. Il ne restait que les bars, les clubs, tout aussi bondés. Notre ami n’avait néanmoins pas l’âge d’y accéder et Dieu sait qu’il y risquait d’y faire de mauvaises rencontres. De plus, le magasinage de l’après-midi l’avait laissé sans le sou.

C’était un peu désespérant sa situation…

C’est ce qu’il se disait lorsque qu’un appel dans la nuit silencieuse le fit figer. L’écho de celui-ci lui revint une seconde fois.

Cette voix, cette intonation, cette attention, c’était trop familier.

Charles …

« Héhooo! Brad!! »

C’était effectivement Charles.

Ce dernier courut vers son ami, le souffle un peu court, faisant attention de ne pas se prendre les pieds dans de la glace couvert de neige. Brad sentit son sang se glacer – une chose de plus de gelé, bof… - sauf qu’il se dit que c’était mieux que se soit sur Charles qu’il soit tombé et non Falbo.

Le blond à la coupe en tablette le serra dans ses bras, visiblement heureux de le voir tant que Brad ne sut quoi répondre à une telle manifestation de joie, d’affection et d’attachement. Il se contenta de se séparer de lui quand Charles se chargea de casser la glace :

« J’ai cru que t’étais mort… Ça fait tellement du bien de te voir, de te serrer dans me bras! Si tu savais à quel point ça m’enlève un poids! »

Brad lui renvoya un petit sourire distant tandis que Charles fourmillait de joie en s’assurant, nerveux :

« T’étais ou ? Tu as été bien traité, toujours? Il ne t’est rien arrivé de fâcheux? J’me suis tellement inquiété… »

Brad réfuta les deux questions. À part la précédente chicane avec Flavien, il n’avait pas du tout à se plaindre. En évitant d’en glisser mot à Charles, celui-ci raconta :

« On t’a cherché partout ! Partout, j’te jure ! On se demandait tellement ce qui t’étais arrivé ! … Sinon, je n’ai pas été dansé ce soir parce-que le proprio du Joystick avait besoin d’un minet blond pour sa soirée entre amis et il m’a choisi. Beurk, je me suis fait tripoter par des hommes tous plissés. Une chance que c’était payant … J’dois aller donner à Falbo mon 40% de profits comme d’habitude. Tu rentres avec moi? »

Brad refusa, clair, net et précis :

« Non. La vie de prostitué ce n’est plus pour moi. J’ai trouvé pas mal mieux. »

« Un chum, c’est ça? »

Brad acquiesça et se surprit à avoir pitié de l’autre adolescent. Les yeux bleus du second s’étaient mis à briller. Il semblait déçu :

« J’savais, moi, que t’étais bien… J’suis vraiment heureux pour toi, Brad. Je n’en glisserai pas mot à Falbo, juré. »

Brad se fit rassurant, ne voulant pas heurter son ancien meilleur ami :

« J’oublierai jamais tout ce que tu as fais pour moi, Charles. Tu es important pour moi. Tu as toujours su m’écouter. C’est vraiment précieux. Ne pleure pas, c’est juste une nouvelle vie qui commence. »

Charles tira la langue, moqueur, et frotta le revers de sa main dans le haut de son visage.

« Je ne pleure jamais. T’as oublié, idiot? Bonn, j’ai besoin d’un remontant. »

Sa main glissa dans sa propre poche pour en sortir un sachet rempli d’héroïne et se dirigea vers une ruelle tout près. Il assit près d’un mur de briques couvertes de neige.

Brad, ne sachant pas quoi faire d’autres, le suivit et s’assit à côté de lui, juste pour avoir de la compagnie.

Il observa Charles sniffer, sur une de ses mitaines retirée qu’il tenait dans sa main et couvert de blanc, Et ensuite renifler par la suite, s’essuyer le visage avec l’autre mitaine vierge.

Il observa Charles attendre les effets et ça lui manquait cette attente méritée, hors des crises dans lesquelles ce n’était que pour remplir l’habitude et le manque.

Il savait qu’il ne devait pas mais il observa Charles s’appuyer la tête contre le mur pour se calmer, se rappelant de sa crise de tout à l’heure qui allait revenir si on ne lui donnait pas ce qui voulait.

Il en avait drôlement envie…

« Est-ce tu pourrais m’en donner ? »

Charles sourit niais et dit avec sarcasme :

« J’pensais que c’était plus pour toi cette vie là… Si je suis trop infirme pour môônsieur… »

Brad roula les yeux au ciel, se faisant insistant, le besoin de drogué l’envahissant plus le temps filait :

« J’ai pas parlé de drogue… Aller, s’il te plait… »

« Ookk, si tu veux. »

Il retira encore une fois sa mitaine puis il répandit dessus l’autre dose que contenait le petit sac.

Besoin. Manque… qu’il se dépêche à lui en donner.

Puis enfin, la mitaine lui fit tendue dans un soupir de soulagement de sa part.

Il savait qu’il ne devait pas mais il prit le vêtement et pencha la tête au-dessus.

Il savait qu’il ne devait pas mais quelques instants plus tard, il s’appuya aussi la tête contre le mur…
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MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Mar 6 Nov à 19:09

Chapitre 23 : Rapportez le soleil


La nuit était interminable, insupportable. Le vent gagnait en intensité, tout comme le froid. Lorsque l’organisme de Brad renoua avec sa précieuse drogue, l’adolescent sentit le temps s’apaiser. C’était magique, il flottait, notre ami ! C’était incroyable ! Les nuages s’étaient dispersés et il naviguait dans une mer de confort, le coeur léger. L’eau était chaude et douce à la fois. La légère brise vint lui chatouiller le bout du nez, se laissant bercer par les calmes vagues.

Et puis, la tempête se leva. La mer l’avait trahi sans avertissements. Les vagues faisaient tanguer dangereusement le navire, de plus en plus et il y avat la côte qui n’était plus apparente à l’horizon. On ne pouvait plus faire demi-tour, la boussole brisée ne pointait plus le nord, on avait perdu la trace de ce nord et pour couronner le tout, l’étoile polaire s’était éteinte.

Il n’y avait plus d’autres scénarios possibles. Le naufrage était imminent. Il fallait abandonner l’embarcation et échapper à l’appel invitant de la Grande Faucheuse en s’entassant dans les canots de sauvetage.

Ne trouvant aucune autre solution, Brad s’accrocha à Charles comme à une bouée de sauvetage. Le garçon avait peur de sombrer et luttait pour éviter la noyade.

La traversée de rêve s’était transformée en cauchemar. Ensuite, le barrage retenant ses larmes céda sous la pression pour laisser échapper sur ses joues rosées un ruisseau brûlant de souffrance physique.

Dans la chute de ses yeux, le Niagara de la détresse, il pensait voir une prairie, une Saskatchewan avec aucun vallon droit devant. Mais il avait pris la mauvaise route et s’était conduit lui-même. Il avait avait gaspillé tout son caburant, toute son affection et il s’était retourné perdu dans ce vaste pays, s’enfonçant dans la honte comme dans des sables bitumineux.

Charles avait gardé une partie plus critique à la réalité, étant donné qu’il était accoutumé à la dose inhalée. Ayant les pieds sur terre ou presque, il tenta de ramener Brad sur ce sol moins instable. Du revers de la main, il épongea ce qu’il put de l’inondation, ouvrant ses bras au plus jeune. Ce-dernier ronronna sous les doigts caressant ses cheveux. Le naufragé se blottit contre le jeune adulte, se rassurant à la mélodie qu’il lui offrait.

Brad nicha sa tête contre la poitrine de l’homme. Le tonnerre se faisait toujours entendre. La pluie continuait de battre à tout rompre. Par contre, un rayon de soleil était venu atteindre le voyageur, comme pour lui réchauffer son ciel. Un arc-en-ciel, réveillé par le filet de lumière, orna le ciel. La mer finit par redevenir calme et Brad échoua sur une île déserte. Il s’y sentit bien.

Car la voix de l’autre rescapé, entonnait des murmures relaxant, telle une berceuse.

« Shh… Ça va aller, Brad. Je suis là. Ce n’est qu’un mauvais trip…»



* * * * * * * * * * *



Le temps s’enlisait d’une infinie lenteur.

Les minutes prenaient leurs temps d’avancer, de se succéder.

Tic.
Tac.
Tic.
Tac.

Deux heures. Déjà deux heures… seulement deux heures! Cent vingt minutes, sept mille deux cent secondes! 7201. 7202. Voilà comment s’évalue cette attente interminable, à l’infini.

Éternité pour moi, le temps se suspendait. 7205. Trop long pour une simple marche. 7207. Je ne dois pas y penser.

Mes mains recherchent, en vain, une cigarette à l’intérieur du paquet presque vide, qui était dans mes poches. Manque de chance, je venais de terminer la dernière, il y a de ça une demi-heure. 7214. J’esssaye de garder mon sang froid, essayant de me convaincre que c’était primordial que je me calme et qu’il ne devait pas y avoir mille explications à son retard. 7218. Malgré toutes ses tentatives, je n’ai pas d’autres choix que de constater qu’il devait avoir encore succombé à sa vie instable.

Oh ! Brad… Si tu savais… si tu savais comment j’m’en veux de ne pas t’avoir aidé alors que tout ton corps se livrait un combat intérieur. Tout est de ma faute, encore, comme d’habitude, comme toujours. On ne réinventera pas l’histoire de ma vie… Cette série de désastres et de gaffes n’est pas prête de changer aujourd’hui… 7231.

En même temps, j’t’en veux. Tu dois avoir failli à ta promesse. Je sais bien que tu n’étais pas dans ton état habituel… Mais quand même… Tu m’avais promis… Tu m’avais promis, entends-tu ça… C’est comme si tu m’aurais trahi, en quelle sorte….

Franchement! Y’a pas que ça, dans toute cette histoire !
C’était quoi l’idée de t’attacher à moi, hein? Je suis bien trop faible, trop pitoyable, t’as pas vu?
J’aurais préféré que tu me quittes, me laisse là au lieu de me sentir coupable comme en ce moment.

C’est quoi cette idée de me faire sentir comme le plus minable des hommes quand tu es triste, de me faire sentir démuni quand tu souris.

Tu as tout bouleversé mon monde, tu sais. T’as jeté le feu à la coquille que je m’étais bâtie pour tout garder en place, pour que soit le plus enfouis possible.

J’sais tellement plus quoi faire. Tu me bouleverses tellement…

7258. Vas-tu revenir bientôt? Mon être tangue à s’échouer et moi… moi j’aimerai me jeter sur toutes les rives possibles pour me punir. J’t’avais juré de te protéger, de t’empêcher de rechuter… Je n’ai pas réussi… C’est horrible, non ? Voudras, pourras-tu me pardonner ? 7267. Pourrais-je te pardonner ? … Mais oui, Brad, mais oui espèce d’idiot que je pourrais… 7269. Parce-que, sans toi, sans nous, je comprends plus rien. Je dois m’être trompé quand j’ai cru être l’homme pour toi… Mais reviens… Reviens-moi Brad… 7273 Tout serait plus clair si je pouvais te voir devant moi, te regarder dans les yeux, …peut-être… Comme ça, je pourrais vraiment savoir…

Brad… 7280 secondes d’agonie, tu t’en rends compte? Ne fais pas ton égoïste sadique et reviens.

Arghhh !! J’voudrais tellement une clope…



* * * * * * * * * * *



« Charles, j’m’excuse de t’avoir dérangé. Ça n’arrivera plus. Charles… Je ne sais tellement plus quoi faire. Il va me détester. J’vais m’en vouloir toute ma vie. J’l’aime trop… Charles… »

La nuit avait tellement été chaotique qu’on aurait cru que les ténèbres avaient pris un visa de résident. Le rideau noir avait finit par se lever sur nos acteurs.

Le bad trip avait fini par se dissiper et Charles, à force d’écouter Brad, se sentait pleins de remords, se disant que s’il n’avait pas été défoncé, il ne l’aurait jamais laisser retoucher à cette poudre de merde. S’il avait eu l’esprit à l’empêcher de se noyer dans les problèmes…

Toujours serré contre Brad, il le réconfortait comme il pouvait, ne pouvait pas croire que ce Flavien ne voyait pas la chance d’avoir quelqu’un comme Brad. Qu’il devait bien aveugle, sourd, muet, amputé ou quelque chose dans ce genre.

« Ça va aller, Brad. Parle-lui de ce que tu as ressentit hier, de comment tu l’aimes. Il ne pourra pas résister à toi. Je te le jure. »

Son visage s’éclaira avec une confiance soudaine. Ça enlèva un poids à Charles de le voir rayonner à nouveau et l’aveugler. Il n’était pas protégé aux rayons UV de ses sourires et c’était bien mieux comme ça.

« T’es sur que Flavien m’en voudra pas?, imploras-tu. »

« T’es trop adorable, voyons! Qui pourrait t’en vouloir? »

Le jeune se détacha de son ami après avoir essuyé l’eau sur ses joues, avec un grand sourire qui absorbait à lui seul toute l’attention de Charles. Celui-ci devina qu’il s’était décidé à prendre son courage à deux mains…

Brad lui remercia puis lui recommanda :

« Prends soin de toi, Charles. Tu es vraiment un bon ami. »

Puis il annonça, convaincu :

« Je vais retrouver Flavien. Je ne crois plus que je retournerai dans la rue aussi tard alors je ne sais pas si on va se revoir. Je veux me tenir loin des revendeurs pour ne pas succomber. »

« Prends soin de toi aussi, Brad. Tu es vraiment un ami précieux. Je ne t’oublierai jamais. Bonne chance dans ta nouvelle vie. »

Il lui envoit la main alors que l’autre se met à courir dans la rue.

Charles est resté là, sous le choc, ne bougeant pas. Le coeur contracté, il réalisait qu’il était parti pour de bon. Il a rit pour ne pas pleurer, se disant qu’il allait être sûrement mieux sans lui. Au moins, il lui restait l’héroine, maigre substitut à sa présence.

Il déteste les adieux, il les trouvent toujours trop tôt et trop insupportables.



* * * * * * * * * * *




L’adolescent entra en trombe dans le bloc appartement, montant les escaliers à un rythme effrené, semblant à une fusée prête à tout dépasser.

Il s’arrêta, devant la porte, pour de un, essayer de se calmer et hésiter, de deux, reprendre son soufffle qui halète. Du moins, il fit un effort… Il avança le bras, suspendu dans les airs celui-ci hésite encore. Puis, il cogna fermement sur le bois.



* * * * * * * * * * *



Mon coeur tressaillit lorsque je le vois m’ouvrir. Il se fait une tirade intérieure, débalancé, apeuré… Flavien, oh Flavien… Je m’en veux tellement de t’avoir abandonné. Laisse-moi t’expliquer, amour… Je suis tellement navré…J’ai tout gâché, hein? C’est trop évident.


Par contre, la réalité est beaucoup jolie que prévue et est plutôt drabe :

« Je suis de retour. »

« Entre. »

J’obéis timidement, les mains croisées et le suivit jusqu’à la cuisine.

Il ne me dit rien d’autre, rien de rien…

Je n’étais que l’objet de son attention, sirotant son café appuyé sur le comptoir, moi assis à la table.

Je serai l’avocat. Et lui le jury ou le juge…

Un procès inévitable qui se pointait quand j’eus enfin le calme nécessaire pour dire quoi que ce soit de logique.

« Flavien, faut que j’t’explique pour hier soir… ohh… t’aurais pas un mouchoir? »

Je n’avais rien fait, rien provoqué. Mais cet hypocrite de nez a tout gâché ! Il pissait le sang, du moins je viens de le remarquer en sentant sa chaleur, le filet coulant cotre mes narines. Avoir inhalé l’héroine d’hier a du fragilisé une veine.

J’essaye de le cacher, mais c’est tard. Il a vu. Ou même, il le savait avant que je m’en rende compte moi-même !

Et ça arrivait au nec plus ultra des mauvais moments...

Il me regarde avec haine, l’air insulté, s’exclama :

« Je t’emmerde ! Toi et tes belles promesses! »

J’ai même pas le temps de réagir que je reçois une boîte de mouchoirs bien lancée qui me rase le haut de la tête et atterrit sur mes genoux. Ironiquement, je me dis qu’au moins il ne me laisse pas me vider de mon sang.

Quand même étonné, j’ai peine à la prendre et à dire :

« Flav… écoute-moi… »

J’ai l’impression que tu te fous de moi. J’ai tant de choses à raconter, ne réagis pas comme ça. Il ne faut pas qu’il retourne dans sa torpeur.

Je voudrais panser tes plaies une fois pour toutes mais je n’arrive pas du tout à oublier les miennes. Ça brûle tellement, ça me gruge. Ce n’est pas toi le problème, mais moi! Tu mérites beaucoup mieux que ma faible personne. Tu devrais avoir un homme parfait à tes côtés. Parce que tu le vaux bien.

Il me daigne du regard et sort de la cuisine d’un pas décidé, comme s’il en aurait assez. Je m’apprête à aller le raisonner quand il revient et me donne en guise de réponse, une réponse affreuse, mon sac à dos et mes autres biens dans un sac de poubelle, comme s’il aurait préparé son coup au cas où. Comme s’il voudrait me jeter aux ordures alors que le camion ne passe que le jeudi et que je ne veux pas me faire traiter comme un vulgaire sac vert.

Une confortation s’engage alors qu’il me dévisage, les sourcils foncés, abordant son air impassible.

Je me décide à m’exprimer, à tenter encore une fois de me faire entendre :

« Je… »

Mais il me coupe dans un élan de haine et de frustration inégalée. Un record de froideur. Ça ne change en rien de la température à l’extérieur :

« On s’est tout dit, je crois ! J’croyais que tu serais fort assez pour résister ! Tu étais bien parti ! J’étais fier de toi ! Et là… là ! Tu me laisses seul quand j’en ai besoin, tu t’enfuis, tu me fais une frousse terrible et tu te drogues pendant que je me fais des soucis pour toi ! Franchement, c’est trop ! J’ai eu tort de te faire confiance une deuxième fois. Maintenant, dégage de ma vue. Je veux plus te revoir ! »

Je le trouve si têtu que j’ai envie d’obéir. Juste pour le narguer et terminer cette histoire et ces espoirs qui se noient dans les abîmes. Le narguer parce-qu’en ce moment, je le hais et il m’embête !

Félicitations Flavien Bouchard, quand même. J’avais vraiment besoin qu’on me rappelle que le bonheur me détestait autant que je peux t’en vouloir, en ce moment.

Je ne sais quoi faire et où me tourner, lorsque je me retourne, dépité. Mais, tout de même, j’ai envie d’envoyer promener les gens qui croient que l’amour est le plus beau sentiment du monde…



* * * * * * * * * * *



Allez, ouste! Dégage de ma vie! Je ne veux plus jamais te voir! Se serait si simple, mais pourquoi tout est si compliqué?

Alors que tu me tournes le dos, j’ai juste envie de courir te rattraper. Je voudrais te retenir. Tu as été un oasis dans ma vie, un havre de paix. Je ne peux pas croire ce qui arrive. Autant je te déteste de m’avoir abandonné, de t’être totalement foutu de moi; autant je me hais de te chasser car tu me rends si heureux quand tu souris. J’aurais besoin de tes bras et tout. Brad, je ne sais plus comment réagir quand tu es là. Tu as brouillé le peu de certitudes qu’il me restait. Je t’aime, c’est fou.

Mais j’dois te laisser partir. C’est simple. Tu me fais trop mal… Je ne sais tellement plus quoi penser.



* * * * * * * * * * *



Brad, en marchant furieusement dans la rue, s’était souvenu, tout d’un coup, que dans son sac, il y avait le reste du sachet d’héroïne qu’il n’avait pas pu atteindre durant sa crise d’hier.

Un dilemme apparut dans sa tête. Il voulait résister encore le plus possible mais, dans son for intérieur, il avait tellement besoin d’un remontant pour oublier le drame qui se déroulait à l’instant même. Mais après, après tout, ça servait à quoi de résister s’il n’avait plus de Flavien ?

Ainsi, quelques rues plus loin du bloc appartement, un garçon, rien autour, un petit banc d’abribus, un contenu blanc poudreux déversé en lui d’un coup…



* * * * * * * * * * *




Air Héroïne aimerait souhaiter la bienvenue à tous ses passagers. Le vol jusqu’au paradis est d’une durée indéterminée. Nous vous rappelons qu’il est interdit de fumer, et ce, y comprit dans les toilettes. Nos agents de bord viendront vous servir une boisson et une collation. Air Héroïne vous southaithe de passer un agréable vol.



Nous traversons maintenant une zone de fortes turbulences. Veuillez rester retournez immédiatemment à vos sièges et garder votre ceinture de sécurité bouclée jusqu’à avis contraire. Nous vous demanderons de garder votre calme et de ne surtout pas paniquer.



Nous sommes désolé de vous apprendre que l’appareil est désormais en chute libre vers le sol à une vitesse folle. Une boisson alcoolisée sera servie afin de vous faire oublier que nous plongeons vers une mort certaine. Vous pouvez toujours paniquer, crier, pleurer. Il n’y a plus rien à faire. Vous foncez tout droit vers votre destin. Nous vous remercions d’avoir choisi Air Héroïne..



* * * * * * * * * * *


Brad souffre dans son bonheur artificiel, il croit même refaire un bad trip… Mais en pire, tellement pire.

Ça ne l’importait plus comme la poudre blanche avaient détruite ses dernières couleurs. Elle lui faisait du bien, elle lui faisait tant de mal. Il ne subsistait même plus l’espoir de se relever et affronter l’adversaire. Comme si ce n’était pas assez… Il ne restait plus que le noir, même sous le soleil. Que du poison qui se déversait en lui.
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MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Dim 27 Jan à 22:17

Chapitre 24 : Au nom de la justice, tu ne peux nous briser!



Le corridor était en effervescence, on y distinguait que des gens allant et venant de tous sens. Certains étaient affolés, d’autres pressés, quelqu’uns plutôts blasés. Le corridor était en pleine activité et personne ne se souciait de ce qui se passait autour…

Parmi le bruit des pas résonna un roulement aigu provenant de l’autre bout du corridor. Deux hommes en rouge, à la démarche précipitée, poussa la source de ce bruit…

b]***[/b]


Flavien, entre la nervosité et la colère, faisait les cents pas, clope à la main. Il s’arrêtait momentalément l’instant d’une bouffée et reprenait sa marche. Il ne savait toujours pas comment réagir au coup de téléphone qu’il venait de recevoit, de quel coté se ranger. Maintenant, il avait envie de se culpabiser.

Selon la logique normale des choses, il aurait été probable qu’il s’en fiche… Mais justement, il ne s’en fichait pas…

Il était environ 9 :30 du matin et le téléphone avait retentit il y a 15 minutes… La nouvelle avait fait son onde de choc…

Flavien était prisonnier d’un dilemme intérieur. Devait-il agir ou ne pas réagir en laissant les choses aller ? …


***


Les deux portes s’ouvrient, laissant passer la civère du côté d’une des salles connexe de la salle d’urgence.

On stoppa solidemenet la civière, on alluma plusiuers moniteurs, on vérifa les signes vitaux, on voulait empêcher que son coeur cesse subitement de battre…On fit une prise de sang pour faire une analyse, on commença une dialyse…

On retrouna alors la civère et le patient en salle de réveil…


***


La tension se reportait il y a une heure et quart, sur une certaine rue…

L’abribus était en mauvais état, ses murs étaient couverts de graffitis de toutes sortes.

Et il y avait ce garçon écroulé par terre, inconscient.

C’est à ce moment qu’un bel homme d’affaires traversa la rue et se rendit sur le trottoir transversal. Il passa alors devant l’abribus et y aperçut le jeune homme.

N’écoutant que son instinct pour porter secours, il entra dans la cabine vitrinée et s’agenouilla pour voir ce qu’il avait. Il semblait bien pâle, assez jeune, les traits tirés par la douleur, les yeux fermés. Son souffle était court, comme s’il ne respirait à peine. L’homme, alerté, le secoua en disant :

-Eh, monsieur… monsieur…

Comme s’il agissait d’un effort surhumain, le jeune ouvrit les paupières un peu, semblant dans les vapes. L’homme essaya de le relever, mais le plus jeune s’accrochait au sol, étourdi. Il réussit quand même à le tenir par les épaules, quelques peu levé, pour essayer de pas le laisser sur le sol. Le jeune avait le visage tout rouge – comme ses yeux qui étaient injectés de sang -, éraflé à plusieurs endroits. Dans sa main, il avait un sac vide qui semblait avoir été rempli par une poudre blanche….

-Monsieur… Demanda l’adulte, ne sachant pas trop quoi faire. Vous s’avez besoin d’aide ? Vous voulez que j’appelle une ambulance ?

Dans son état, il ne semblait même plus savoir qu’est que c’était une ambulance…. Il hocha quand même vaguement la tête, comprenant pas trop ce qui arrivait, pourquoi tout tournait…

-Qui… qui t’es… je… sais pas… qui… t’es…, Bafouilla l’adolescent, sans trop de cohérence.

-Je m’appellle Gabriel… Murmura pour le calmer l’homme. Et toi, c’est quoi ?

-Euh… m’en… rappellle… paaass….

Insatisfait de la réponse, il s’assura qu’il était encore conscient avant de fouiller dans le sac qui était tombé tout près de lui. Il y trouvait un porte-feuillle qu’il prispour trouver des informations sur lui, lorsque les secours arriveront…

Il sortit alors son celluaire et composa le 911 avec vitesse. Il donnai les renseignements sur l’emplacement et ce qui se passait d’une voix rapide à la téléphonise. Lorsqu’il raccrocha, sûr qu’on envoyait à l’instant une ambulance, il regarda dans le porte-feuille. Il tomba sur une carte d’assurance-maladie alors…


SPIB0632392
Brad Spitfire
34 - M
04-21
06-06-06



Il trouva aussi dans une pochette, un papier écrit à la main d’une écriture un peu grossière :


<3

Flavien Bouchard
123 ap 2, avenue des pins
(555) 234-7856
Cell : (555) 240-2745



Le dénommé Gabriel s’étonna du jeune âge de ce Brad, qui tenait pourtant fermement le sac aux traces blanches. Et il s’étonna aussi en voyant le papier griffonné, pourtant il avait un amoureux, il devrait être heureux…

-Tu t’appelles Brad ? Dit-il, pour le tenir éveillé en attendant l’ambulance, le tenant plus droitement. C’est ça ?...

-Euh… j’penseee… j’suis pas… sûr…

-Tu as vraiment 15 ans ?

-Ouain… je…

-Tu t’es drogué?

-Juste trop….trop… Ai… mal… au… coeur…..

-Est-ce que c’est la première fois ?

-Non… beaucouuup….

-Est-ce ton amoureux Flavien, il le sait ?

-Hein… savoir… quoaaa..
-Que tu te drogues… Que tu viens encore le faire…

-Oui… non… reviens… de voyage… vient…. de crasher…

-Comment ça un voyage ? Où tu vois ton avion?

-Vent… soufflé…morceaux… moi… seul... avion…

-Tu l’as vu récemment, ton Flavien ?

-Oui… avant… avion…

-Ça fait longtemps de ça?

-Est… quand… là?

-On est tôt le matin….

-Avion… crashé… noir…

-Hier soir ou cette nuit?

-Nuit… noir…

-Ah ouin… c’est clair… Qu’est qui t’es arrivé au juste?

-Pu… m’en rappeller…. Mais… me sentais… mal… et décolléééé…. Avait mal de l’aaaiiirrr…

Gabriel comprit alors le lien entre l’avion que babutiait Brad et son trip de dope… Il espérait qu’il allait s’en rappeller s’il y irait mieux…

Tant quand à entrer dans les idioties de Brad, il ajouta :

-T’avais pas un sac à vomi ?

-Nooon…n’en donnait… pas… sont… trooop… cheeaappp…

Gabriel se retint pour ne pas rigoler et c’est alors que l’ambulance apparut au bout de la rue.


***


Flavien, poussé par un sentiment d’urgence, revêtit son manteau. Il ne prenait pas le temps de bien le boutonner ni de mettre de tuques ou de gants. À la course, il prit les clés de son auto. Il n’avait pas de temps à perdre. Si quelque chose de grave devait subvenir, il s’en voudrait toute sa vie. Il s’était fait à l’idée : il n’était pas question de rester chez lui les bras croisés à attendre que le temps arrange tout. Il devait y aller.

Il ne se soucia guère des limites de vitesse, la vitesse de sa bagnole n’avait d’égal que le rythme auquel son coeur se débattait. Il était nerveux, poussé par l’adrénaline. Il n’arrivait presque plus à conduire de façon concentrée, submergé de scénarios catastrophes qui pourraient arriver alors qu’il était toujours dans l’habitacle de sa voiture.

Il se stationna en double, sans mettre d’argent dans le parcomètre. Tant pis pour la contravention, il n’avait pas le temps de s’en soucier. De toutes façons, l’argent ne pouvait égaler la valeur d’une vie qui pourrait peut-être lui échapper à jamais. La sienne. Et celle de Brad.


***


« Comment ça je ne peux pas le visiter? », cria presque Flavien, insulté.

La pauvre préposée subissait la fureur de Flavien qui venait d’apprendre que Brad n’était toujours pas en état de voir quiconque. Il était toujours trop faible.

« Laissez-moi le voir juste un peu! », ordonna Flavien, rouge.

La moutarde lui montait au nez. Il avait ses mains plaquées contre le bureau, y mettant tout son poids. On aurait pu croire qu’il y laisserait des traces indélibiles après son passage tant y mettait de la pression. Son regard menaçant lançait des couteaux à la préposée dont le seul péché avait été de suivre les sages ordres qu’on lui avait donné.

« Restez calme, monsieur., bredouilla-t-elle, mal à l’aise. Selon les dernières informations, monsieur Spitfire est hors de danger. »

Flavien ne se calma pas. Au contraire, il clama :

« S’il est hors de danger, pourquoi je ne peux pas le voir, CÂLISSE!!! »

La dame rassembla son sang-froid et menaça à son tour :

« Calmez-vous, sinon j’appelle la sécurité! »

« Dans combien de temps vais-je pouvoir le voir, alors? »

« On vous fera signe. Veuillez regagner un banc de la salle d’attente. »

Flavien inspira profondément et alla se rasseoir, résigné.

Le sable ne semblait pas s’écouler dans le grand Sablier du temps.

Il était toujours en train de jongler dans ses pensées quand Marie-Ève, la mère de Brad, arriva dans la salle d’attente. Elle s’informa à la préposée pour savoir si elle pouvait voir son fils. Elle allait prendre le corridor vers les chambres lorsqu’elle remarqua Flavien. Elle le dévisagea et marcha droit vers le jeune adulte. La rage bouillonnait dans ses yeux, on aurait cru qu’elle était sur le point d’exploser. Et c’est ce qu’elle fit.


« FLAVIEN BOUCHARD, CRISS!!! T’es pas mieux que mort, mon homme! Je te confie gentiment la garde de mon fils et, deux jours plus tard, j’apprends qu’il se drogue! En plus, il manque de mourir par overdose! Félicitations! Je me demande ce qui me retient encore d’aller te balancer à la police pour détournement de mineur et proxénétisme! »

Flavien se leva, aussi furieux :

« Je n’ai rien fait!!! Câlisse! J’y ai donné sa chance à Brad mais il m’a laissé tombé pour aller se droguer! J’ai rien fait! J’avais confiance en lui, en sa désintox, et il m’a trahi! »

« Tu aurais au moins pu l’arrêter ou n’importe quoi!! »

« Je n’ai pas eu le temps! Je ne savais pas qu’il le ferait encore! Je n’étais pas dans mon état normal! »

Marie-Ève soupira, découragée de l’attitude très défensive de Flavien :

« Heureusement, il s’en est sorti. J’ai hâte d’entendre sa version… Mais je ne veux plus jamais que tu approches mon fils. J’vais demander à la réception de ne pas te laisser passer pour le visiter! »

Flavien s’indigna :

« Ça doit faire une heure et demi que j’attends! Tu ne peux pas m’empêcher de faire ce que je veux si lui veut me voir!»

« Après tout, pourquoi il voudrait te voir? Après tout ce que tu lui as fais? »

« Je n’ai rien fait de tout ce que tu m’as dit! Tout ce qui lui est arrivé, c’était de son plein gré! Je ne l’ai jamais emmené dans la rue, je ne lui ai jamais donné de drogue – et de toutes façons j’en n’ai jamais pris moi-même-. Et tu crois que ça me plait que le gars qui m’a volé mon coeur s’est fait passer pour un majeur, se drogue, s’est prostitué? Non, je n’aime pas ça! Je ne fais que le subir! »

Marie-Ève se retourne.

« De toutes façons, tu n’as aucun lien légal avec lui. »

Et elle partit, sans laisser le temps à Flavien de répliquer.
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MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Dim 27 Jan à 22:19

***


Une autre heure passa. Flavien se leva à nouveau pour prendre des nouvelles auprès de la préposée. Il n’avait plus réellement espoir de voir Brad. Il avait plutôt l’impression de perdre son temps à attendre pour les stupidités de l’hôpital et de sa belle-mère. À son grand étonnement, le fonctionnaire lui répondit :

« Il vous attend. Il s’est réveillé, son état est désormais stable. Pour l’instant. Il se trouve dans la chambre 108. »

Presque extatique, il monta les marches qui le sépara du premier étage. Il avait perdu l’espoir de voir Brad mais voilà qu’il était revenu. Il traversa un couloir ou deux, presque à la course. L’excitation mais aussi la peur étreignait sa poitrine. Que trouverait-il à dire à Brad une fois qu’il serait entré? Il ne le savait pas mais il courait quand même vers la chambre. Il poussa enfin la porte.

Brad était dans un état lamentable. Il avait toujours eu un teint pâle, certes, mais c’était encore pire. Il avait la même couleur que les drap. Puisqu’il est tombé face contre terre, plusieurs égratignures ornaient son visage. Mais plus encore que tout, le soluté accroché à son bras, ainsi que l’électrocardiogramme, lui donnait un air misérable, faible. Son visage était crispé par la douleur alors qu’il s’accotait contre un oreiller.

Flavien s’approcha et regarda Brad. Il ne savait pas comment réagir. Il était toujours en colère contre lui, mais était touché par ce qu’il voyait. N’écouter son coeur, il l’aurait serré dans ses bras si fort. Mais tout ce qu’il fit, c’est de s’approcher encore et le saluer, presque à demi-mot.

Brad, faible, avait la voix cassée lorsqu’il murmura :

« Flavien… c’est toi?... »

Troublé, Flavien ne trouva à dire que :

« Oui, c’est moi. »

Brad avait un demi-sourire, triste et honteux à la fois :

« Comme tu peux voir, j’ai encore fait l’imbécile… »

« Je vois bien ça. »

« Tu dois trouver que je suis un cas désespéré, non? Moi, je pense que oui. »

« Je sais que c’est dur, mais je crois tout de même que tu peux t’en sortir. Tu dois faire des efforts, cependant. Sinon, je ne crois pas que l’on pourra continuer de vivre ensemble. »

Flavien tira une chaise et s’assit près de lui. Il saisit la main de Brad, à son chevet. Brad ferma les yeux sous le contact pour mieux sentir la chaleur monter en lui, savourant le toucher. Ça lui donnait un peu de bien dans sa souffrance, une force pour l’aider à passer au travers.

« Je ne pensais pas que tu viendrais, avoua Brad. »

Flavien lui caressa un peu le front pour repousser quelques mèches rebelles devant les yeux de Brad, compatissant. Il n’était pas nécessairement tendre, ce n’était un peu que pour prendre soin de lui. En lui, malgré tout, survivait sa colère.

« Je n’avais pas le droit de ne pas venir. »

Brad sourit réellement, plus paisible :

« Je suis vraiment content que tu sois là. »

Flavien s’informa de l’état de Brad, qui lui répondit qu’il allait pas si mal. Qu’il était correct, malgré qu’il n’était pas au meilleur de sa forme. Il y eut alors un grand silence. Alors, Flavien sourit à Brad. C’était un sourire un peu forcé et gêné, visiblement embarrassé. Il réussit à blaguer pour briser le froid :

« Tu sais, tu as oublié ta brosse à dents dans la salle de bain! »

Brad rit de l’absurdité de la déclaration. Il répondit, d’un air faussement déçu :

« Je vais devoir passer chez toi, c’est ça? »

« Je crois que oui, alors. »

Et puis, plus sérieux, l’adulte rajouta :

« Cependant, il va falloir que tu ailles consulter un professionnel, tu comprends? Il saura mieux t’aider que moi. Se serait même mieux que tu ailles en désintox avant… Parce que sinon, ça ne pourra pas fonctionner. Tu vas recommencer malgré tes promesses et on va tourner en rond à se blesser comme là.»

Brad avait le regard plus bas :

« Je m’excuse du plus profond de mon coeur. Je me sentais abandonné, seul au monde à nouveau. Je n’ai pas pu résister, c’était plus fort que ma volonté. On aurait dit qu’il n’y avait plus d’autre solution, que je ne pouvais pas tomber plus bas… »

Il prit une grande inspiration, pour peser ses mots et laisser le temps à Flavien de les digérer. Puis, il poursuit :

« J’irai en désintox, je te le promets. Je veux m’en sortir. Je peux m’en sortir. Je vais y arriver. Tu verras, tu vas être fier de moi! »

« C’est beau de le faire pour moi, mais c’est pour toi qu’il faut que tu le fasses… »

« C’est pour moi aussi. Je ne peux plus passer le reste de ma vie à me droguer et tout… Ça n’a pas de sens… Je veux dire, ça ne m’emmène que du trouble… »

« Ça, oui. »

« Sinon, ils t’ont fait le message que je voulais te voir? »

Flavien ne comprit pas. Brad expliqua :

« Ma mère avait demandé au personnel hospitalier, lors de la dernière heure, de trouver toutes sortes d’excuses pour ne pas te laisser monter. Elle t’en voulait à tort, te croyait responsable de tout. Je me suis engueulé avec elle… Et finalement, elle a fait annuler son ordre. J’avais demandé au beau médecin blond d’aller prévenir en bas que je voulais que tu montes… »

Flavien répondit :

« Elle m’a engueulé aussi. Elle m’a accusé d’être proxénète, de te nuire, de t’avoir entraîné dans la rue. Elle était folle de rage… Elle a rejeté tout le blâme sur moi. Elle voulait m’accuser devant la justice de détournement de mineur.»

Brad éclata de rire :

« Elle a toujours mit la responsabilité sur les autres. Elle m’a toujours cru être un beau garçon, bien élevé. Elle ne pouvait pas croire que je pouvais me les faire moi-même, mes problèmes. Je suis trop bon à ses yeux pour être comme ça. Elle m’étouffe, quoi. Et puis, elle fait plein de menaces en l’air. Ne t’en fait pas, elle ne t’emmènera jamais en cour. Surtout si c’est pour me rebeller davantage.»

Flavien soupira :

« C’est quand même vrai qu’on a un amour impossible. Que ce n’est pas très rationnel, toi et moi… »

« Ça tombe bien! Je n’aime pas être normal, hahaha! »

« Moi non plus! »
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