Dug-fanfics

Fanfictions
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 [FNT] Bad Boys (R)

Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: [FNT] Bad Boys (R)   Dim 11 Juin à 23:12

Titre: Bad boys
Auteures: M@rie et caporal_minville
Rating: R
Warning: UA, Yaoi à venir. M.E.S adapté.
Note: Pour Nathalie, maudite fatiguante



Bad boys



Chapitre 1 : La proposition


Les murs gris de la polyvalente St-André vibraient au son du chahut, traduisant le retour des élèves dans l’établissement scolaire. L’école secondaire reprenait vie en ce beau lundi de novembre. Il n’avait rien de bien particulier, on revenait en classe avec un vague demi-sourire pour sourire pour certains, un air refrogné pour d’autres. Partout, il y avait des amas de jeunes se racontant leur fin de semaine. Alcool, sexe et promenades en VTT étaient à l’ordre du jour, la réalité étant très souvent exagérée pour répondre au besoin de sensationnalisme des copains. On se devait d’impressionner, de se faire la compétition à l’attention. L’ambiance, malgré tout, était animée de cette énergie spéciale et contagieuse dont sont porte-paroles les adolescents.

Cependant, isolé et caché dans un escalier, entre les murs de briques blanches, un jeune homme du nom de Brad tentait de tuer le temps avant le début du premier cours. Grâce à son apparence aux traits d’un homme majeur, il pourrait très bien entrer dans tous bars sans crainte d’être carté. Mais, plutôt agoraphobe, Brad n’était aucunement intéressé à sortir son nez de sa chambre le samedi soir. Les foules l’étouffaient et lui faisaient mal en dedans. Elles lui rappelaient trop la détresse d’être seul et méprisé. Il préférait bien mieux d’être solitaire que d’être entouré de gens car il ne risquerait pas d’être rejeté à tout bout de champ comme ça.

Il faut dire que, au début de cette histoire, Brad n’avait aucun compagnon et n’avait pas la moindre idée qu’il irait se caler vraiment profondément dans le merdier. Il ignorait encore ce qui l’attendait pendant qu’il poirotait avec ennui.

Pourquoi est-ce que Brad était rejeté de ses pairs ? Sans contexte, on pourrait croire que ses camarades ne le trouvaient pas beau, mais ce n’était pas le cas. Brad avait une triste beauté androgyne, un visage aux traits doux et douloureux, de jolis yeux bleus, de somptueux cheveux noirs…

La cause viendrait sûrement de sa famille : des bourgeois américains. Son père, Rich est dirigeant d’une énorme entreprise multinationale. L’usine du quartier mettait sans cesse à pied plusieurs vaillants et fidèles employés pour se payer de la main-d'œuvre bon marché au Mexique, en Chine ou ailleurs. C’était pour ça que la famille d’Rich Spitfire était méprisée par toute la ville. Les parents ont prévenu leurs enfants de se méfier du fils unique d’Spitfire, Brad. Sans même donner une chance à ce dernier de prouver sa bonne foi, les enfants ont délaissé le petit garçonnet, à l’époque… et ont continué, sans que Brad soit responsable de quoique ce soit.

Pourtant, Brad n’est pas comme son père Rich. Brad le sait et le croit : la vie riche et bourgeoise n’est pas faite pour lui. Le fils méprise toute valeur monétaire et tout ce qui est superficiel. Les autres le détestait sans même le connaître, savoir ces opinons face à sa situation parentale. Et, il s’était juré, dès qu’il en aurait l’âge, de quitter ce milieu prétentieux sans jamais y revenir. Il restait deux ans et demi ! Songea-t-il. Deux ans et demi avant sa majorité, la liberté… !! Peut-être se trompait-il fortement dans son compte à rebours ?

La foule d’adolescent dans le corridor s’est dispersée, laissant passer délibérément un jeune homme : Charles Lebreux, 17 ans, bad boy jusqu’à la racine de ses cheveux dressés. La démarche du mauvais garçon était très décontractée, son passage laissait une vapeur âcre s’émaner des vêtements de ce dernier. Selon les rumeurs, cet arôme proviendrait de l’herbe de « Marie-Jeanne » dont il abuserait. Malgré le physique peu imposant du délinquant, il semblait que les autres élèves lui devaient un grand respect. On admirait l’arrogance avec laquelle le rebelle répondait au personnel étudiant, valorisait les cours qu’il séchait, ses faibles notes… À vrai dire, Charles est l’inverse total de Brad. Aucune ressemblance à première vue. Le fils richissime craignait fortement les gens du genre de Charles, les trouvant immoraux et peu fréquentables, car ils étaient la catégorie de gens qui se moquait le plus de lui. Celui-ci, quant à lui, avait remarqué Brad dans sa solitude et avait pour but de le sortir de celle-ci. Il avait un peu de bon cœur, au fond.

La journée se déroula normalement pour les deux garçons jusqu’à deux heures quinze. Brad sentait que sa vessie était sur le point d’exploser. En règle générale, il patientait pour se soulager à la maison, car il avait cette phobie totalement légitime et gênante de se retrouver dans les toilettes publiques. Malgré tout, cet après-midi-là, il n’eut d’autre choix que de surmonter sa crainte, car la torture était trop forte. Brad, malgré lui, changea son habitude et demanda à l’enseignante s’il pouvait aller se vider la vessie aux commodités. Celle-ci accepta. Il sortit de la classe et descendit lentement l’escalier qui le menait au rez-de-chaussée sans se douter qu’au prochain tournant, sa vie changerait à jamais. Le destin allait faire son travail.

Il tourna et entra dans les toilettes pour hommes. Brad eut immédiatement un haut-le-cœur. Une odeur forte d’urine emplissait la pièce et ce n’est certainement pas les murs beiges jaunis qui viendraient enlever ce sentiment d’être prisonnier dans un endroit insalubre. Les jambes de Brad se mirent à trembler d’effroi et de dégoût de devoir évacuer son surplus de liquide dans un endroit aussi peu accueillant. Avant d’avoir eu le temps de se choisir une cabine, un autre adolescent fit irruption dans la pièce. Brad le reconnut tout de suite, c’était Charles Lebreux qui avait un immense sourire. Brad, effrayé comme jamais, se dit que l’humiliation de se soulager dans ses caleçons en pleine classe devrait être minime comparée à la crainte qui le saisissait à ce moment même… Surtout que l’autre ado le regardait intensément et Charles vit bien que le pauvre garçon était pétrifié et lui demanda :

« Ça ne va pas, Spitfire ? »

Brad s’abstint de répondre, craignant maintenant encore plus pour sa sécurité. Il était terrassé de terreur et de fortes douleurs au bas-ventre le martelaient. Mais il ne serait jamais capable de se soulager dans de telles circonstances! Charles s’approcha un peu plus de l’autre garçon, assez pour que ce dernier puisse sentir le souffle de l’autre dans son cou.

« Écoute, Spitfire, recommença Charles, se faisait rassurant. Je ne suis pas un ennemi. »

Brad ne le crut pas. Ses jambes reprirent une certaine force et il courut s’embarrer dans une cabine. Il attendit que Charles finisse par partir pour enfin se libérer d’une grande douleur et de son urine. Il se lava les mains ensuite dans le lavabo, étant très dégoûté, qui avait sûrement servi d’urinoir si on se fiait à l’odeur qui s’en échappait.

Brad prit ensuite une grande bouffée d’air frais en dehors de la pièce. C’est à ce moment que Charles revint le voir, sortant de nulle part. L’intrus se fit insistant, mais toujours aussi calme et doux :

« J’vais t’appeler par ton prénom et peut-être que tu vas enfin m’écouter. Brad, il faut que je te parle. »

L’interpellé dévisagea son interlocuteur, incertain. Brad ne pouvait pas voir pourquoi le pire des rebelles voudrait lui parler et il lui répondit sèchement qu’il ne voulait rien entendre et de le laisser tranquille. Charles, toujours aussi pacifique et déterminé, ne baissa pas les bras.

« Brad, tu ne peux pas passer ta vie seul et isolé comme tu l’es là. Ce n’est pas en t’entêtant que tu vas changer ta situation. »

Brad rétorqua instantanément qu’il n’avait besoin de personne. Mais pour qui il se prenait lui ?! Cependant l’humeur et le ton de Charles ne changèrent guère, tentant toujours de prouver qu’il était sincère :

« Tant mieux pour toi, alors. Moi, je te proposais de te sortir de ta solitude, mais tu ne veux rien savoir. Fais comme tu veux et reste coincé. »

Charles lui tourna le dos et commença à s’en aller. Brad eut soudainement des remords. Et si le mauvais garçon était vraiment honnête et qui voulait l’aider? Le riche le regarda partir un bon moment avant que ce dernier partit se griller une cigarette dehors, près de la porte d’entrée de l’école. Brad se chicana un moment avec sa conscience, ne sachant plus s’il devait accepter l’amitié de cet adolescent qu’il craignait ou s’il devait la refuser en continuant sa vie tout seul. Sur ce dilemme intérieur, Brad retourna en classe. La Conquête de la Nouvelle-France était devenue le dernier de ses soucis et écoutait d’une oreille très distante.

Pensif, il avait beau virer et revirer toutes les situations possibles et tout les scénarios inimaginable. Mais c’était le choix le plus irrationnel qui revenait toujours, ça le hantait. Plus les minutes défilaient et plus il y pensait. Il se dit qu’il pourrait bien laisser une chance à Charles, peu importe le dénouement. Il devait bien vivre avec les conséquences de ses choix.

Dès que la cloche annonça la fin du dernier cours, à deux heures quarante-cinq, Brad dévala les marches et courut dans les corridors à une vitesse folle. Il chercha désespérément Charles, mais ne le trouva pas. Alors, Brad se dit qu’il devait déjà être parti d’ici. Notre ami entra à la maison, déçu de ne pas avoir pu accepter sa proposition.

La soirée fut très longue et pénible pour lui. Monsieur Rich Spitfire avait reçu un rapport gouvernemental expliquant les importantes failles environnementales de son usine. Tout y passait, que ce soit les fumées toxiques aux soles contaminés tout en passant par la toilette qui tirait la chasse toute seule. Rich, furax, se défoula sur tout autour, profitant pour blâmer Brad à la moindre occasion, et ce, sans raison valable. Alors, ce dernier alla se coucher tôt, incapable de tolérer ce torrent de rage. Ça lui prit bien du temps à s’endormir, comme à l’habitude, il passa en revue toute la journée dans sa tête, regrettant encore de ne pas avoir accepté l’aide de Charles. Ce qu’il était idiot. Il fallait qui le fasse.


Dernière édition par le Dim 23 Juil à 17:06, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Dim 11 Juin à 23:13

Chapitre 2 : Les découvertes


Le lendemain matin, Brad entra dans l’autobus, avec hâte. Il balaya du regard le véhicule et trouva celui qui cherchait. Charles assis sur un banc à l’arrière, qui regardait dehors par la fenêtre. Brad vint le trouver, nerveux de ce qu’il s’apprêtait à faire, et s’assit à côté de lui. Charles releva la tête et sourit au garçon tout en le saluant. Bryan devint un peu gêné mais se botta le derrière mentalement pour trouver le courage de consentir. Il lui dit, après un moment de silence :

« Euh… Écoute, Charles, j’accepte ta proposition d’hier. »

Le sourire de Charles prit une tournure radieuse et le teint sur ses joues prit une teinte rosée. Nerveusement, il passa la main dans ses cheveux. Il poursuivit en essayant de trouver quelque chose à dire :

« C’est cool! Dis, c’est quoi tes cours, aujourd’hui? »

Brad fouilla dans son sac et sortit son agenda. Il jeta un regard rapide sur son assommant horaire et son visage s’emplit de dégoût à la vue des petites cases qui annonçait son ennui prévu en classe.

« FPS, morale, musique et éducation physique. J’hais tellement cette journée, c’est pas croyable. J’ai l’impression de m’être levé vraiment pour rien. »

Charles se cala plus confortablement dans son banc et rit un peu à cette remarque. Il comprenait tellement, dut qu’il le vivait hebdomadairement. Alors, tout légèrement puis voyant qu’il avait peut-être besoin d’un congé d’école, il lui offrit :

« Dis, ça te tente tu de sécher toute la journée avec moi? J’me sens toujours un peu seul quand je le fais. »

Ce fut alors le premier combat entre la conscience et le désir de plaire de Brad qui s’occasionna en lui. Ce dernier finit par soupirer, en se disant que ce ne pouvait pas être si mal de sécher une seule petite minuscule fois dans sa vie. Il leva les yeux et accepta. En y repensant, se serait aussi l'opportunité rêvée pour mieux connaître son nouvel ami. Ce n’était pas si mal, finalement. Dès que l’autobus arrêta sur la cour d’école, les deux garçons firent volte-face et coururent vers la liberté. Ils atterrirent alors dans un parc tout près ou une brise fraîche et automnale venait les chatouiller à travers leurs manteaux.

Les deux adolescents firent d’avantage connaissance sous un arbre dénué de feuilles. Les deux parlèrent de leurs expériences de vie, totalement différentes. Et leurs chemins se croisèrent alors. Charles était d’un calme apaisant, presque serein et Brad perdit sa nervosité bien vite car Charles faisait tout pour le mettre à l’aise. Après deux longues minutes d’entretient, Charles sortit une cigarette de sa poche et s’en grilla une. Brad le regarda faire, fasciné malgré lui. Jamais il n’avait pu comprendre l’attraction étrange qu’avaient certaines personnes envers le tabac mais comme il était curieux, il voulut vite comprendre en se donnant une réponse lui-même.

« J’peux essayer, Charles? »

« D’accord. »

Le plus vieux garçon prêta sa clope à son nouvel ami. Un peu maladroitement, Brad la prit entre deux doigts et la porta à sa bouche. En tentant de la fumer, il s’étouffa avec. En voyant la maladresse du pauvre, Charles éclata de rire. Brad lui redonna son bâton de nicotine, un peu gêné. Charles reprit la clope et se montra rassurant envers l’attitude de son ami :

« Écoute, ce n’est pas si grave. Il m’est arrivé la même chose la première fois. De plus, t’inquiète pas, je n’t’forcerai jamais à en prendre contre ton gré. »

Brad lui sourit, se sentant mieux, et le remercia de son indulgence. Alors, les gars continuèrent à discuter sans citer l’incident. Brad remarqua très vite que Charles buvait ses paroles, très intéressé par tout ce qui se disait.

Après une quinzaine de minutes, environ, la température extérieure se rafraîchit d’un coup et le ciel se couvrit de gros nuages gris. Brad grelotta soudainement, boutonnant sa veste. Quelques froides gouttelettes se mirent à tomber. Charles se leva et proposa à Brad d’aller se mettre à l’abri chez lui, ce qu’il accepta vonlontier.

Les deux traversèrent quelques rues à la course, évitant de justesse les voitures. En une minute, ils arrivèrent à destination. Charles débarra la porte de la petite maison et laissa entrer son ami. Brad regarda comme il faut cette petite maison ordinaire bordélique être insalubre. Cependant, Brad ne s’était jamais senti aussi chez-lui dans une maison. Le riche sourit à cela. Charles l’amena dans la chambre puis alla chercher quelque chose à boire pendant que Brad choisissait un film pour regarder. Il fut attiré, curieux, par une boîte noire et en regarda son contenu. Il en découvrit des films pornographiques. L’envie énorme d’en mettre un le brûlait mais ne surtout voulait pas passer pour un pervers devant son ami. Il serra la boîte et choisit une comédie avec 7 tatas dans l’espace. Charles revint, avec deux bières.

*********************************

Brad avait un mal de tête immense. Il ouvrit les yeux péniblement. Un arôme âcre emplissait la pièce. Brad fit un rapide examen des lieux et remarqua qu’il était aussi nu que le jour de sa naissance. Il paniqua intérieurement, tentant de retrouver sa mémoire et la chronologie des dernières heures. Déjà 15 heures… 6 heures de néant dans sa tête, n’est-ce pas troublant et alarmant. Mais qu’est qui pouvait bien s’être passé ? Il s’aperçut que Charles était aussi nu que lui, tout près de lui. Devant lui, il y avait arrêt sur l’image d’un film porno où une belle blonde suçait le bâton de chair exposé fièrement devant elle. Les images des dernières heures revinrent toutes instantanément dans l’esprit de Brad. Le joint, l’alcool, le film, les gémissements de l’un étouffé par le baiser de l’autre… Brad se rhabilla doucement, troublé. Charles se réveilla alors sauf que sa mémoire semblait plus fraîche. D’une voix pâteuse, il murmura :

« Brad… m’excuse… »

Brad se retourna, le visage totalement perturbé. Charles tenta de l’apaiser :

« C’est pas moi… j’suis pas comme ça… j’ai un peu trop abusé des bonnes choses. J’t’en prie, excuse-moi. Ça se reproduira plus jamais. »

Brad se rappela, à ce moment, d’un plaisir immense, de la chaleur du torse de Charles contre lequel sa tête se reposait. Brad finit par sourire à son ami, lui pardonnant :

« C’est beau. Les erreurs, ça peut arriver à tout le monde… J’ai faim… »

Charles rit un peu et prit le téléphone tout près :

« J’vais caller une pizza. »

Les deux garçons discutèrent un peu en mangeant et Brad retourna à la maison vers 4 heures, la tête emplie de délicieux souvenirs.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Dim 11 Juin à 23:14

CHAPITRE 3 Une nouvelle vie


Une nuit complète avait passée depuis l’après-midi de vices accomplis par les deux garçons. Charles était en train attendre patiemment l’arrivée de Brad devant le bâtiment de l’école. Quelques minutes plus tard, le riche sortit en boitant de l’autobus, la mine déplorable, ayant de nombreux bleus au visage et aux bras. Charles eut un choc puis accoura vers lui en l’interpellant :

« Qu’est-ce qui t’est arrivé? »

Brad détourna son regard de lui. Puis, il dit, avec peine :

« La direction a appelé mon père hier pour rapporter que j’avais manqué les cours sans motivation. Dès la minute que je suis entré, il m’a giflé. Puis, il a trouvé que je sentais le pot, l’alcool et un autre parfum de gars… le tien. Il a tout compris, je crois bien. Il m’a pris à part, vraiment frustré pis y m’a foutu une terrible correction. J’voulais juste te dire au revoir parce que j’n’ai plus le droit de te voir. »

Charles devint très inquiet pour la situation de son ami. Alors que ce dernier allait s’éloigner, tête basse, Charles le retint.

« Merde ! Il n’est pas question que tu retournes chez toi ! C’est beaucoup trop dangereux! »

Brad haussa les épaules, un air vraiment triste à la figure.

« J’ai pas l’choix. Légalement, c’est lui qui a l’autorité. »

Charles eut immédiatement une idée sous un coup de tête.

« Tu pourrais faire une fugue! »

Brad trouva l’idée totalement idiote. Il répondit ironiquement :

« Bien oui. On pourrait aller au pôle nord pour demander une job au Père Noël!... laisse tomber, Charles, c’est trop con. »

« Non, tu me suis et on va aller voir mon pote Falbo. C’est sur qu’il a une idée, lui. »

Brad se montra un peu réticent à le suivre, encore une fois, mais finit par céder. Sur le bord du chemin, Brad arrêta à un guichet automatique. Charles le regarda faire, intrigué.

« Qu’est-ce que tu fabriques? »

Brad lui fit un grand sourire.

« Si je fuis, j’vais avoir besoin d’argent pour vivre. Profitons-en avant que mes parents ne gèlent mon compte! »

Brad retira une bonne liasse de billets de son compte. Charles n’avait jamais autant vu d’argent liquide de sa vie.

« Wow… tu dois avoir retiré tout ton compte… »

« T’es malade! La machine n’aurait jamais eu assez de jus pour sortir 90 000$ ! Je me suis à peine sortit 2000$... »

Brad appuya sur le ‘’à peine’’ et les yeux de Charles s’écatirent en entendant qu’il puisse posséder d’aussi gros montants. Ils finirent par reprendre leur route et atterrirent dans un quartier un peu défavorisé ou pleins d’itinérants demandaient la charité, sur le bord du trottoir. Brad n’avait jamais vu autant de misère de ses yeux bourgeois et regardait partout, déprimé par la pauvreté qui l’entourait. Le duo prit une ruelle vraiment sombre. Brad eut un frisson d’effroi en y pénétrant.

« On fait quoi ici, Charles? »

« On attend Falbo. »

Une dizaine de minutes plus tard, un petit homme blond, bien emmitouflé dans un chaud manteau, arriva d’un pas nonchalant. Charles accourut vers lui en le saluant.

« Fal’… J’t’amène un copain, tu veux bien l’héberger? »

Le blondinet sourit et s’approcha de Brad. Il l’examina des pieds à la tête et lui demanda :

« Tu fugues? »

Brad acquiesça. Falbo lui fit un autre sourire rassurant et observa ses moindres traits alors. Brad se sentait timide de se faire juger du regard comme ça.

« T’as quel âge ? 19 ans? »

« J’ai 15. »

« Wow. T’as vraiment l’air beaucoup plus vieux, c’est parfait. Ton nom? »

« Brad. »

« Moi c’est Falbo. J’ai 23 ans pis ça fait 8 ans que je suis dans la rue. J’vais bien m’occuper de toi. Pourquoi, au juste, tu as fuis? »

« Problèmes familiaux. »

En entendant cela, Falbo l’examina encore une fois en remarquant ses blessures:

« Je comprends, c’est clair. Moi aussi, j’ai fuis ma famille à cause de ce genre de problèmes. T’es le bienvenu dans ma « maison ». As-tu un boulot? »

« Non… »

« Il va t’en falloir un… j’vais t’en trouver un. »

Charles s’étouffa :

« Un peu d’argent, tu dis? Il se promène avec une véritable fortune! »

Brad rougit. Falbo dévisagea Charles.

« Moi pis toi, Charles, on n’a pas la même vision de fortune, ça l’air. Sais-tu combien ça peut coûter se nourrir et s’acheter vêtements ainsi que des biens essentiels dans un mois? 1500$! »

Charles se tût alors. Falbo alla pousser une poubelle pour révéler un très grand trou contenant un sleeping bag et un sac à dos. Il pourrait contenir suffisamment de place encore trois autres sacs de couchages et sacs. Falbo montra le trou, tout fier :

« Voilà ton nouveau chez-toi, Brad ! Et j’viens de trouver une job pour toi. C’est dans un bar gay non loin. C’est très bien payé, ne t’inquiète pas. J’ai aussi du travail pour toi, Charles, au même endroit. »

Charles se réjouit et Brad aussi. Ensuite, Falbo referma le trou et leur suggéra :

« Il y a un magasin à grande surface en face d’ici, Willmarde. Brad, j’te conseille d’aller te chercher tous les trucs qui vont t’être utiles. Moi, j’dois y aller, j’dois retourner travailler. Je vais être de retour ici à 15 heures. À tout à l’heure ! »

Falbo le salua puis partit d’un pas rapide. Brad et Charles allèrent au magasin s’acheter un tas de cossins, utiles ou pas du tout. Pour Brad, il avait l’impression que c’était une belle vie de liberté qui venait… Quel insouciant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Dim 11 Juin à 23:14

Chapitre 4 : Première soirée


Vers l’heure prévue, les trois hommes se rejoignirent dans la ruelle. Brad avait mis toutes ses nouvelles emplettes dans le trou et discutait tranquillement avec Charles. Le fuyard était tout enthousiaste de ce qui lui arrivait. Falbo fut de retour et entra pour se mettre un gilet plus chaud et revint. Il demanda, en s’adressant au nouveau venu :

« T’es toujours d’accord pour travailler, Brad? »

Brad acquiesça nerveusement. Falbo poursuivit :

« Et j’espère que t’as aucune réticence à aller danser nu…. »

Brad sursauta à l’évocation, le teint rougit. L’alarme venait de sonner dans sa tête, Lui, si pudique, si décent, devrait se trémousser à poil devant des inconnus… Il frissonna de frayeur. Cependant, en même temps, une voix à l’intérieur de lui dictait d’obéir à son hôte car ce dernier l’hébergeait gratuitement, gentiment et avait le droit de le jeter dehors quand il le voudrait, s’il le souhait.

« Non, ça ne me dérange pas du tout. »

Falbo lui fit un grand sourire encourageant, comme s’il avait compris l’angoisse de Brad, et posa la même question à Charles. Ce dernier répondit sincèrement qu’il n’avait aucune opposition.

Falbo les amena donc à un bar nommé « Joystick ». Une luxueuse loge avait été aménagée spécialement pour les danseurs. Falbo se dénuda devant tout le monde pour aller se laver dans les douches communes non loin. Charles fit de même en l’imitant. Brad resta seul avant de lire sur un mur que la douche était obligatoire avant chaque prestation. Brad se poussa, n’ayant pas trop le choix, à les rejoindre, gêné. Il remarqua très vite que l’attitude des deux autres gars étaient la même en dépit de leur nudité. Brad prit un peu plus de confiance en se lavant de la tête aux pieds. Par la suite, il revêtit un costume très sexy de pompier puisqu’il s’agissait du thème de la soirée. Falbo leur expliqua rapidement le fonctionnement de la soirée avant que ce soit le temps d’entrer sur scène.

La procédure était extrêmement simple. Il faillait danser très chaudement sur scène et n’enlever que le haut de son costume pour exciter les clients. Ensuite, quand un spectateur pointait du doigt un danseur, ce dernier devait embarquer sur la table du demandeur, le tout en enlevant sensuellement pour ensuite recevoir un pourboire. Après, on se rhabille. Pas question de laisser un client leurs toucher. S’il y tenait vraiment, fallait prendre rendez-vous avec lui dans la semaine et en règle générale, il n’y a aucun problème. Brad fit tout avec un professionnalisme étonnant malgré que ce fût sa première expérience, oubliant sa gêne après quelques minutes.

Brad fut le chouchou de la soirée. Sa danse un peu timide des débuts, son teint blême, sa constitution fragile… toutes ces choses séduisirent le public un peu pervers. Brad eut même une dizaine d’offres pour aller plus loin mais il les déclina toutes. D’abord, il allait se laisser habituer par son nouveau travail, ensuite, on verra. Quoiqu’il se fit un bon 300$ à la fin de la soirée. Les deux autres récoltèrent un peu moins mais étaient néanmoins très fiers.

À l’heure où Charles aille chez-lui, il les salua et laissa Brad seul avec Falbo. À ce moment, le plus jeune eu un peu peur, se rappelant que Falbo était encore un étranger pour lui. Néanmoins, ils retournèrent au trou d’un pas sur. Brad se dépêcha de revêtir son pyjama et son nouvel ami fit de même avant de féliciter le novice pour sa performance :

« Bravo, Brad, pour ce soir. Tu faisais vraiment bien ça! »

Brad s’empourpra en regarda par terre.

« Merci. »

Falbo devint un peu plus sévère mais son ton de voix était toujours, si ce n’est pas plus, doux et mielleux.

« Je ne te blâme pas mais j’voulais juste savoir pourquoi tu as refusé d’aller plus loin avec les clients. Ce n’est pas gratuit de vivre, tu sais, il faut saisir toutes les occasions. Sinon, en plus, tu vas te faire une mauvaise réputation dans le milieu, dès le début. »

Brad, mal à l’aise, tenta de se trouver une excuse pour motiver ses refus.

«J’avais peur qu’ils me trouvent nul au lit. »

Falbo compatit un peu envers son protégé et se rapprocha de Brad. L’aîné était tout calme, presque séducteur.

« Dis pas ça, ils t’ont adoré ce soir. Même si tes gestes auraient été hésitants, ils auraient aimer pareil car se serait naturel, t’as un don. Je suis sincère… Ou bien, ça peut tu que t’aille peur de ne pas être à la hauteur parce que tu serais encore vierge? »

Brad ne répondit pas, Falbo vit qu’il n’avait pas tort à son mutisme. Brad était toujours puceau, malgré l’autre après-midi. Brad, qui avait recouvré toute sa mémoire, savait qu’il n’y avait rien de plus, entre lui et Charles, qu’un peu de plaisir manuel devant le film. Falbo se rapprocha encore plus, caressa doucement la joue de Brad, et lui demanda :

« Tu veux que je t’enseigne ça? Ensuite, tu n’auras pas de problèmes. »

Brad n’osa pas refuser, craignant de se retrouver à la rue… encore plus à la rue, plutôt, s’il refusait de le faire avec lui. En entendant le « oui » timide du garçon, Falbo sourit. Il approcha son visage de celui de Brad pour que leurs lèvres se joignent dans un doux baiser. Le tout premier de Brad. L’adolescent avait toujours été un tantinet sentimental et avait espéré qu’au moins son premier baiser serait la preuve d’une affection mutuelle envers la personne qui lui donnerait. Cependant, celui qu’il partageait avec Falbo le laissait totalement froid, à son plus grand désespoir.

Falbo déshabilla le jeune avec une grande délicatesse pour ne pas éviter qu’il panique. Chaque tissu enlevé, chaque baisait qu’il recevait, peu importe où, le laissait dans une détresse immense. Le moindre romantisme en lui fut assimilé par ce torrent de chair vulgaire et pornographique, digne d’un film cru. Les caresses vides d’amour le laissaient sur sa faim d’être aimé à sa juste valeur. Il ouvrit ses jambes comme un devoir, accueillant l’autre homme en lui avec un fond de dégoût. Un tel emboîtement empressé lui fut très douloureux. Brad ressentit une machette qui lui déchirait l’intérieur de son corps et de son âme. Falbo s’était transformé en une bête aux yeux brûlants. Lorsque l’animal finit par se relâcher et lui ficher la paix, Brad ferma les yeux doucement et pleura en silence, dans le noir.

Il implora Dieu d’épargner toute la souffrance qu’il pouvait ressentir et demanda un messie, quelqu’un qui viendrait le délivrer.


Dernière édition par le Ven 16 Juin à 18:22, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Dim 11 Juin à 23:15

Chapitre 5 Premier client



Voilà cinq jours que Brad vivait en cavale dans la rue et mis à part la danse, il n’avait pas encore accepté de vendre son corps pour survivre. Falbo faisait preuve d’indulgence et respectait son rythme d’intégration mais subtilement, il lui mettait de plus en plus de pression sur les épaules. Il a fallut donc attendre en ce matin pour que ce dernier finisse par céder, malgré toute sa réticence, son dégoût face à cela. Il avait finit par lui demander, tout bonnement :

« Dis, t’aurais pas un client à me refiler? J’crois que je suis prêt… »

L’adulte eut un grand sourire mesquin à sa demande en fouillant dans ses poches pour en trouver un papier où il était griffonné adresse et numéro de téléphone d’un des ses habitués.

« Tiens. C’est un gars vraiment gentil, tu vas voir. Le rendez-vous est pour dans quarante-cinq minutes, ok ? »

L’adolescent joua avec le papier, les doigts nerveux, un haut-le-cœur profond qui le saisissait. Il n’avait nullement le goût de se donner physiquement à un parfait étranger, mais malgré toutes ses convictions, les arguments de Falbo commençaient à s’encrer dans sa tête. L’argent viendrait bientôt à manquer, disait son hôte, et il ne pouvait pas satisfaire leurs besoins primaires lui seul. Et ce dernier parlait toujours sinistrement d’une énorme dette qu’il devait rembourser sinon il allait se faire assassiner par la mafia, les motards, ou une autre organisation similaire. Il n’était pas précis sur le sujet ni sur qui le menaçait. Il n’avait pas le choix d’accepter et ainsi, Brad ne le faisait car il craignait plus que tout se retrouver encore seul.

Falbo, voyant le désespoir qui emplissait le jeune, lui donna plusieurs encouragements en lui confiant que ce n’était pas aussi pire que ça le paraissait. Les gens faisant appel aux escortes masculines ne ressemblent pas du tout aux mêmes dans la croyance cinématographique. Or, les chances de se retrouver à satisfaire un pervers au comportement violent étaient minimes. Malgré toutes les belles paroles de son proxénète, Brad resta perplexe, ne pouvant tout de même pas tout croire.

Abandonnant toute lutte avec sa crainte, quelques minutes avant l’heure fatidique, il enfourcha son vélo, qu’il venait de s’acheter. C’était une journée assez pluvieuse, ce qui fit pédaler Brad encore plus vite. Il traversa la moitié de la ville pour arriver à l’endroit du rendez-vous. Il arriva devant un petit bloc d’appartements. Brad y entra et monta les marches qui le séparaient du logement du fameux « monsieur Bouchard », celui qui avait demandé ses services. Avec un nom pareil, Brad était sur et certain qu’il aurait à affronter un vieil homme. Il devrait affronter un corps dégoûtant par le temps et un… sexe ratatiné? WASH!!! [1] Une nausée le prit à cette vision horrifiante qu’il s’empressa de chasser de son esprit. Hésitant, il cogna à la porte, prêt à prendre la clé des champs en cas de pépin. Heureusement, il n’eut pas de problèmes. En fait pas du tout.

À sa grande surprise, ce fut un jeune homme ouvrit la porte. Il avait le visage sans aucune ride et semblait avoir environ la majorité. Cependant, la sagesse de ses yeux, sa démarche, sa parole, laissait voir qu’il devait avoir quelques années de plus. Brad fut éblouit par l’apparence douce du jeune homme devant lui et il ne pu s’empêcher de le trouver très beau malgré tout. Bouchard n’était pas une beauté fatale mais il se sentit envoûté par l’homme. L’ado n’avait plus que le désir de mettre ses doigts dans les cheveux noirs et plats devant lui, de caresser doucement le visage rond et d’embrasser le corps tout en rondeur, sans être gros, de son client.

Brad en avait vite oublié la raison qui l’avait poussé à venir et la seule chose qui existait désormais dans la tête de Brad était le bouleversement et le désir qui commençait à le gagner. Brad fut éjecté de ses songes de convoitise lorsqu’il entendit la douce mélodie de la voix de l’homme troublant retentir.

« Bonjour… Est-ce que je peux vous aider? »

Brad sursauta et rougit, sentant que les moindres notes sortant de la divine bouche venaient lui pénétrer dans le cœur. Ce dernier s’emportait dans un crescendo.

« Bonjour… Euh… Est-ce que… je suis bien chez monsieur… F… Flavien Bouchard? »

Brad s’était remit à croire en Dieu lorsque que le jeune adulte devant lui fit un énorme sourire pour acquiescer.

Non, je suis mort et au paradis, c’est sûr, pensa Brad.

« Oui, c’est bien moi, répondit Flavien en lui ouvrant bien grand la porte pour le faire entrer. Vous êtes le protégé de Falbo, n’est-ce pas? Il m’a dit qu’il vous enverrait ou qu’il viendrait. »

Brad sentit les dernières parties de son visage qui n’étaient pas encore rouge les devenir. Il approuva timidement son statut puis entra dans le minuscule appartement. Le logement était tout propre avec une odeur de fraîcheur. Mais Brad ne s’occupait pas du regard de la pièce devant lui mais de l’homme. Flavien était très proprement habillé, chiquement, portant une chemise avec cravate. Brad fondit de joie, en se disant qu’il s’était peut-être fait aussi beau pour le recevoir. Lui. Bouchard était un hôte attentionné, traitant Brad avec une telle gentillesse et politesse que le jeune garçon se retenait pour ne pas pleurer de bonheur. Cependant, sa conscience le ramena à la gravité de la situation ; il était un client et lui un prostitué. Il ne devait pas se faire d’idées, juste faire son travail. Juste l’assouvir de ce qu’il désirait, se faire payer et s’en aller. Point final et rien d’autre.

« Quand voulez-vous commencer?, demanda Brad tout en se rapprochant de l’autre. »

« Quand vous voulez!, Le rassura Flavien toujours avec un sourire aux lèvres. »

L’adolescent se sentit un peu imposteur dans ce métier nouveau, ayant la phobie énorme de ne pas être capable de le satisfaire pleinement.

« J’m’excuse déjà des… fautes… que je vais commettre. Euh, je n’ai pas beaucoup d’expérience et euh… en fait… vous êtes mon premier… client. »

Le sourire de Flavien se fit encourageant.

« C’est un honneur pour moi de vous servir de premier « client ». Je suis certain que vous serez à la hauteur et j’vais tenter de vous aider comme je le peux même si je n’ai que peu d’expérience là-dedans non plus. »

Brad était toujours aussi gêné mais l’autre garçon le prit par la taille pour l’embrasser doucement. Le baiser emplit Brad d’un intense bien-être, lui faisant oublier toutes ses mauvaises expériences par rapport aux relations sexuelles, surtout homosexuelles. D’un geste un peu timide, aux convictions réservées, il enleva la cravate de Flavien et lui déboutonna le haut de sa chemise. Il lâchant sa bouche pour venir lui embrasser le cou, tremblant, emplissant ses poumons du savoureux parfum s’émanant de celui-ci.

« Vous sentez tellement bon, murmura Brad. »

Son « amant provisoire », à son tour, rougit énormément. La chaleur du corps tout près du sien amena Brad dans un voyage sur la lune, mettant de cotés ses soucis. Bouchard vit très bien que Brad avait arrêté de l’embrasser et se reposait que la tête sur sa poitrine. Flavien traduit, avec erreur, ce geste affectueux comme en étant un d’hésitation. Ne voulant pas le brusquer, celui-ci l’embrassa sur le front, comprenant un peu sa peur. Brad se releva et lui enleva la chemise au complet. Il caressa chaque centimètre révélé avec une délicatesse qu’il ne se connaissait pas lui-même. Il embrassait, suçait, torturait les deux pointes de chair roses, suscitant un petit grognement d’appréciation de la part de son partenaire.

Bouchard prit Brad par le bras et lui enleva son gros gilet à capuche ainsi que le t-shirt qu’il portait en dessous. Brad soupira, il avait déjà assez chaud par le désir qu’il se sentait littéralement étouffé sous ses vêtements. Flavien passa lentement sa main sur le torse du jeune avant de lui retirer ses pantalons. Brad ne fit aucun mouvement pour l’arrêter, l’âme rêveuse. Puis, un petit gémissement sortit de sa bouche lorsqu’il sentit une main lui caresser l’entrejambe à travers le boxer. Les lèvres de l’escorte avaient repris celles de son client et ils les mangeaient avec un désir très profond. Flavien le sentit, coopérant en aidant l’autre garçon à lui enlever tout son bas.

Brad fouilla à tâtons dans les poches de son gilet, qui gisait par terre, pour sortir un gel lubrifiant. Il proposa :

« J’fais tout ce que vous voulez que je fasse… »

Flavien le regardait vivement. On pouvait même voir des gouttelettes de sueur germer sur son front.

« Je laisse ça à votre discrétion… mais, faites-moi une faveur… »

« Laquelle? »

« Dites-moi votre prénom pour que je puisse le crier en jouissant. »

Brad se mit à rire en entendant la phrase. Avec embarras néanmoins avec une envie immense le possédant, il lui dit son nom avant de se remettre à l’attaque en poussant l’homme sur le sofa tout près, Il le fit asseoir, jambes écartées. Brad se mit à genoux entre celles-ci, mettant un peu de gel froid contre le sexe de son partenaire qui respirait maintenant fort. La pute déroula alors un préservatif contre la badine avant de mettre en pratique toutes les leçons sur le sexe oral que lui avaient dictées Falbo. Flavien en fondait de plaisir. Quelques minutes plus tard, il arrêta Brad alors qu’il se sentait tendre à un haut niveau. Brad se releva pour l’embrasser puis Flavien lui confia : « J’te veux… ».

Alors, il succomba à son désir et Brad laissa Flavien prendre l’entière possession de son corps. Ils s’emboîtaient parfaitement avec un grand état d’allégresse, comme s’ils étaient faits pour l’autre. Après l’avalanche de plaisir, Brad se blottit la tête contre la poitrine de l’homme, fermant les yeux, dépassé par tant d’émotions. Flavien le serra contre lui en lui demandant :

« Ça te dirait de rester un peu avec moi, je me sens un peu seul ces temps-ci… à moins que tu veuilles faire une activité avec moi?... »

Brad sourit en s’étirant.

« Ça me ferait plaisir. J’vais magasiner des vêtements, tu viens? »

« D’accord. Après ma douche! »

Flavien se leva, tassant doucement Brad. Celui-ci releva la tête, n’ayant pas trop envie de quitter l’homme surtout quand il savait que le temps qu’ils passeraient ensemble était compté. De plus, il éprouvait encore beaucoup de désir envers lui. Il demanda, gentiment :

« Veux-tu que je te rejoigne? Crains rien, je ne te facturerai pas pour ça. »

Flavien eut l’air très heureux de sa proposition et accepta. Brad le rejoint, tout aussi joyeux. Ils passèrent un bon moment sous la douche et seulement eux savaient ce qu’ils avaient bien pu faire pour qu’ils restent aussi longtemps.



[1] : Devinez qui a rajouté « sexe ratatiné »? lol Mr. Green
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Ven 16 Juin à 18:20

Chapitre 6 : Opposition


« J’suis de retour! », cria Brad en entrant au trou. Il avait un énorme sourire plaqué au visage et les bras chargés de sacs, tous remplis de vêtements. L’adolescent se laissa glisser sur son sleeping bag et sortit une peluche d’un d’entre eux. Doucement, il aspergea l’ourson d’un jet de parfum avant de le serrer contre son cœur, rêveur, absent de la réalité. Falbo, un peu surpris de son air radieux, vint le voir.

« Ouais, on dirait qu’ça va bien ici. »

Brad roula des yeux, qui devenus soudainement très brillants, et dit, d’une voix lointaine :

« Ouaaaaiiiissss! »

Falbo comprit pourquoi en le voyant agir, faisant des câlins fervents au petit nounours. Cependant, il reprit vite son expression habituelle et sévère en demandant froidement :

« J’espère qu’c’est pas ton client qui t’as mis dans cet état. »

Brad eut l’impression de sortir de manière précipitée de son rêve, de retomber de son nuage d’un coup en jetant un coup d’oeil à Falbo qui le fixait avec une certaine arrogance. Brad, honteux, se cacha dans son sleeping bag en niant :

« Non… »

Falbo remarqua tout de suite le mensonge et quelques peu fâché, il sortit Brad, par le collet, du sac de couchage pour le forcer à le regarder dans les yeux. Le jeune n’avait jamais eu aussi peur de son protecteur, qu’il en tremblait de peur.

Puis il le gifla fortement en s’exclamant :

« Idiot !! Il ne faut jamais s’amouracher des clients !! Non mais, faut tout te dire, toi, me semble que c’est évident ! Qu’est-ce que vous avez fait?! »

« Rien… on l’a seulement fait une fois, assura faiblement Brad. Il m’a payé, et on est allé au magasin parce-que j’avais besoin de vêtements. Rien d’autre… J’te jure qu’on a juste fait ça ! »

Falbo fut encore plus enragé dans son sermon :

« Tu es fou, criss !! Tabarnark, on ne les connaît pas ces clients-là, faut être prudent avec eux !! Tu fais ta job et tu pars. Ce n’est pas compliqué, innocent! »

« Mais… y’était si gentil et galant, lui… »

« Raison de plus pour te méfier, maudit cave. En plus, Flavien il est pas comme ça pour vrai. Il est super correct au début et, quand la confiance est installée, il veut des passe-droits pour payer moins cher, des pratiques sexuelles vraiment dégueulasses… »

Brad s’étonna de ce qui lui dit, ne pouvant pas le croire. Il le coupa :

« Pratiques dégueulasses ? »

« Ouais, comme uro, nutello… »

« Nutello ? »

« Ouais, s’enduire de nutella et baiser de même. Y a pas honte de souiller cette substance pure ! »

Il fut horrifié par cette vision, ne pouvant pas s’imaginer qu’il était comme ça. Falbo rajouta :

« En plus, il a le fétichisme des coudes. Y aime les mordre, les pincer pis il est pas capable de bander sans en voir un nu »

Traumatisme général chez le jeune garçon.

« Écoute, c’est pour te protéger que je dis ça… »

« Mais…. j.... j… J’l’aime, lui… »

Brad refoula ses larmes quand l’autre joue fut atteinte par la main farouche de Falbo. À ce moment, Charles entra. Voyant la scène, il saisit la main de Falbo avec poigne pour l’avertir :

« Criss, t’es cave, toi ! Laisse-le tranquille ! Si tu recommences à lui faire mal, j’vais t’fendre la tête, ok ?! »

Falbo répliqua pour se défendre :

« J’essaie de lui ouvrir les yeux ! Il s’amourachait d’un client, figure toi ! »

Charles resta de glace.

« Et puis? Fous lui la paix, merde. Il va faire ses propres erreurs et apprendre d’elles. »

Falbo tenta de se calmer, vainement et envoya un regard noir aux deux gars :

« J’savais donc que j’aurais jamais dû accepter que vous viviez ici avec moi. Vous êtes pires que des enfants! »

Falbo ramassa son manteau puis sortit, en colère. Charles vint enlacer le jeune, qui pleurait alors, pour le rassurer :

« Écoute-le pas… yé jaloux… Même si c’est vrai qu’il ne faut pas s’amouracher des clients mais y’a pas à te juger… »

Brad ne répondit pas, nichant seulement sa tête sur l’épaule de l’autre. Ce dernier lui sourit :

« Dis-moi qu’il était gentil et doux… Il était si génial que ça? »

Brad essuya ses yeux du revers de la main et fit un très grand sourire à son ami. En pensant à Flavien, Brad devenait rayonnant de bonheur et semblait un million de fois plus beau. Ses yeux s’illuminaient pensivement et son teint blême devenait plus rosé. Une vraie métamorphose!

« Oh Charles, si tu savais comment il peut être beau et serviable. Jamais personne ne m’a fait autant d’effet que… il est… si doux… il sent si bon… j’aime tellement tout de lui. Il me rend si heureux… Voyons… Charles? Pleures-tu? »

« Ne-Non!... juste une graine dans l’œil… »

Il utilisa cette excuse stupide et passa la manche de son chandail près de ses yeux rougis, soudainement gêné d’avoir versé une larme. Il lui sourit tristement, poursuivant :

« Je te crois… mais ne te fies pas trop aux apparences. Je ne supporterais pas qu’il te fasse du mal. Même si je sais que je ne te ferai pas changer d’idée… »

Brad lui rendit un grand sourire tranquillisant à son ami tandis qu’il le prenait par la carrure.

« T’inquiètes pas! Je ne le laisserai jamais me faire le moindre mal. Ni personne d’autre. Je suis assez grand pour prendre soin de moi, tout de même ! »

Charles le serra plus fort contre lui, le corps frémissant malgré lui. Doucement, il repoussa une mèche rebelle devant les yeux de son ami.

« Fais pas attention à la crise qu’a piquée Fal’. C’est un bon gars, y’était juste un peu défoncé. »

Les yeux de Brad grossirent.

Défoncé de quoi? Pas de ce que je pense, toujours?

Il le repoussa, paniqué. Charles, voyant la frayeur s’installer dans l’autre garçon, tenta de minimiser la situation et d’expliquer l’agissement de l’homme.

« Quoi? T’as jamais remarqué qu’il saignait souvent du nez? C’est un cocaïnomane, ce type… ou héroïnomane… ou les deux… je n’sais plus.

Il n’est pas méchant, il n’a juste pas eut la vie facile et il connaît la gravité de ce qu’il fait. Pour rien au monde il ne ferait tomber quelqu’un dans la drogue comme il l’a fait. T’as rien à craindre. »

Les mots de Charles n’arrivèrent pas du tout à réconforter Brad. Les larmes revinrent dans ses belles perles céruléennes, il réclama :

« J’veux m’en aller ! Je n’en peux plus, il me fout la trouille ! J’l’aime pas, moi, Falbo. »

Charles lui mit la main sur l’épaule, le comprenant très bien.

« J’viens vivre avec vous, ça sera moins pire pour toi. On va voir combien on peut gagner, toi et moi, dans un mois. Si c’est assez suffisant pour prendre un appart’ à deux, on va s’enfuir, ça te va? »

Brad retrouva sa mine joyeuse et se mit à danser de joie. Charles le regarda tristement, sachant trop bien que Falbo ne les laisserait pas filer aussi facilement. En silence, il pria pour que Brad n’ait pas trop à souffrir de cette vie de misère, qu’il réussisse à s’en sortir. Charles regrettait tellement d’avoir amené son ami dans un tel monde. Le plus vieux finit par rejoindre le joyeux dans sa danse, pour s’égayer le cœur, mais n’y parvint pas, trouvant le destin trop cruel.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Ven 16 Juin à 18:21

Chapitre 7 : Coming out non voulu.


L’après-midi passa en un éclair pour l’homme désormais heureux qu’était Brad. À l’idée qu’il quitterait cet endroit méprisant dans un mois, Brad avait repris toute la joie qu’il n’avait pas éprouvée ces derniers temps. Tout joyeux, l’adolescent entra dans la loge du bar qu’il détestait tout autant pour donner la plus belle prestation de sa vie. C’était la soirée « spéciale policiers… on se montre la matraque ! ». Lui et Charles sortirent de la garde-robe deux uniformes à leur grandeur quand Falbo arriva enfin, assez en retard. Charles prit vite de ses nouvelles lorsqu’il s’aperçu qu’il boitait.

« FALBO! Ça va pas? »

Falbo s’assit sur un banc, douloureusement, regardant en paranoïaque et avec cruauté.

« J’viens de pogner un osti d’sado-maso. Quel malade ! »

« Dans ce cas, j’vais dire au boss que t’es pas en état de… »

« Mêles-toi de tes criss d’affaires, Charles Patenaude, interrompit Falbo, en se fâchant contre lui. J’peux encore me foutre à poil, à ce que je sache… alors, j’peux encore travailler. Tes commentaires, tu peux les garder pour toi, imbécile. »

Les deux adolescents furent surpris par les sautes d’humeurs de l’adulte et décidèrent de le laisser tranquille pour qu’il se calme. Ils allèrent tous les deux dans la douche commune et dès que le bruit de l’eau devint assez fort pour masquer leurs voix, Brad lâcha :

« Ouin, monsieur n’est pas dans son assiette ! »

Charles répondit, en blaguant :

« Ne l’écoute pas, c’est un mal-baisé ! »

Falbo, ayant une ouie très fine, capta toute la conversation et gueula :

« Ta yeule, Patenaude, ou bien j’te rentre la matraque qui viens avec mon uniforme dans l’cul. On va voir c’est qui qui va rire ! »

Les deux jeunes se regardèrent un instant avant de pouffer rire comme des fous. Falbo, rouge de colère, claqua la porte, s’en allant donner son show beaucoup en avance, sans s’être lavé. Les deux gars le rejoignirent quelques minutes plus tard.

Brad fit son entrée en scène sous les applaudissements d’un public en chaleur. Comme d’habitude, le petit était la coqueluche du groupe d’hommes qui étaient venus. Brad reconnut, au premier rang, sur la table en face de lui, Flavien. Sans même avoir eu le temps de se trémousser un peu, l’adolescent fut appelé par l’homme qui lui a servit d’amant ce matin.

Flavien semblait très heureux de revoir Brad. Ce dernier lui offrit un strip-tease vraiment langoureux malgré qu’il ne puisse pas s’enlever de la tête l’avertissement de Falbo. Flavien donna un très bon pourboire à Brad, lorsque la danse fut terminée, et lui souffla à l’oreille :

« J’ai pas pu m’arrêter de penser à toi toute la journée. »

Brad rougit totalement pour se mettre ensuite à sourire bêtement. Il avoua :

« Moi non plus. »

Flavien rit un peu, d’un rire plutôt nerveux, le regard un brin gêné, et l’autre semblait tout aussi mal à l’aise que lui. Flavien, rassemblant tout le courage qu’il pu, proposa :

« Si tu veux, tu peux venir prendre un café chez moi après… »

Brad eut toute l’envie du monde d’accepter mais la voix insistante de Falbo ne le quittait pas. Désolé, il dut décliner :

« J’m’excuse, ce ne sera pas possible… »

Brad se releva alors et se rhabilla, triste, il partit rapidement de la table pour ne pas se mettre à pleurer. Soudain, quelques hommes, vêtus et l’air comme des hommes d’affaires importants, appelèrent Brad à leur table. Le jeune eut le pressentiment de déjà les avoir vus mais le souvenir était flou dans sa tête. Brad commença à se dévêtir devant eux comme ils l’avaient demandé. Il en entendit un crier, alors qu’il n’était plus qu’en speedo moulant : « Aye, Jerry, vient voir le beau gars qu’on a appelé! ». Le Jerry en question arriva soudain et Brad figea. Il dansait devant les collègues de son paternel depuis tantôt et celui-ci venait de le voir. Paniqué, Brad voulut s’éloigner mais Jerry le prit par le poignet :

« Voilà donc où tu te caches depuis une semaine. »

Brad se débattit pour s’enfuir mais Jerry le poussa fortement contre le mur tout près et lui asséna un violent coup de poing au ventre.

« Tu me déçois, fils ! Tu n’es qu’un sale pédé !! »

On entendit la foule autour, en majorité homosexuelle, se retourner et regarder Jerry avec des gros yeux tout en chuchotant des insultes sur le businessman à leurs voisins. Brad répliqua :

« T’es pas mieux que moi, merde, t’es venu ici. C’est à toi que j’devrais renvoyer l’insulte ! »

Le public gay applaudit le jeune garçon, fit savoir son appui en l’encourageant. Jerry s’enragea encore plus et se mit à frapper brutalement à coups de pied sur son fils. L’entourage s’indigna automatiquement mais personne n’avait le courage de s’avancer pour l’aider… sauf Flavien. Ce dernier prit Jerry par le collet de la chemise et l’assomma d’un coup de poing hargneux. Un doorman vint récupérer le corps temporairement inerte de Spitfire sénior pour le jeter dehors. Une grande ovation vint féliciter Flavien, le nouveau héros de la soirée. Tout de suite, le patron donna congé à Brad et paya une chère consommation aux deux. Flavien était timide face à un tel honneur mais invita son protégé à sa table. Brad accepta mais, dès qu’il parlait à Flavien, il avait tout de suite dans la tête l’image trouble du jeune homme enduit de nutella. Un peu traumatisé, il demanda :

« Euh… Dis, c’est vrai que tu es nutello? »

Flavien fut surpris, sans comprendre :

« Nutello? »

« Bien oui… enduire le corps de ton partenaire ou le tien de nutella avant de baiser… »

Flavien se marra, riant jusqu’aux larmes, incapable de s’arrêter. Il trouvait ça tellement ridicule comme idée.

« Hahaha… voyons, ça vient d’où cette histoire ? Hahaha »

Brad se sentit soudainement empoté. Il baissa la tête, écarlate.

« Ben… C’est Falbo qui m’a dit ça… il m’a aussi dit que t’étais un manipulateur et un pervers… »

Flavien alla pour rire mais vit que Brad était mal à l’aise. Il le rassura comme il pu.

« Voyons, Brad… j’ai vraiment l’air d’un pervers ? Si j’voulais que tu vienne chez moi, c’est parce que je te trouve sympa… je n’ai pas l’intention de te sauter après et te mordre les coudes ! »

Brad se sentit un peu plus réconforter, souriant à ces paroles.

« Tu sais, ton invitation de tantôt, celle où tu voulais que je vienne prendre un café chez toi… j’crois que je vais l’accepter ! »

Le visage de Flavien devint rayonnant de joie.

« Cool, c’est gentil ! Tu viens quand? »

Brad se leva, tout joyeux.

« Tout de suite. T’as juste à venir me rejoindre. J’vais aller chercher un gilet plus chaud ‘’chez-moi’’. Je me dépêche ! »

« D’accord ! À tout de suite ! »

Les deux hommes quittèrent le bar dans deux directions différentes. Brad courut pour se rendre au trou pour mettre son coton ouaté, il prit aussi son sac, amena du linge de rechange et son ourson aussi, au cas où… Après avoir ramassé ce qu’il avait besoin, il se mit en route vers l’appartement de Flavien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Jeu 13 Juil à 15:59

Chapitre 8 : Néant de blanc
Note : POV



« Docteur… Docteur… il se réveille! »

Ce fut les paroles que j’entendis lorsque j’ouvris les yeux. Autour de moi, tout était blanc. J’avais peine à discerner les ombres des hommes que j’entendais autour de moi. Une seule se découpait, se prévalait entre toutes. Un homme au gilet noir. Après une trentaine de seconde, je pus le voir vraiment avec une certaine précision. Il me regardait fixement, le regard triste. Malgré tout, je pouvais voir un sourire sur ses lèvres que je devinais jolies.

« Enfin… j’ai tellement eu peur pour toi, avoua-t-il. »

J’essayai de lui sourire aussi et j’y parvins. Alors, à mon plus grand plaisir, je vis son visage s’illuminer d’une énorme bonté. Mon cœur s’emplit donc de joie… Plus ma vue devient précise et plus je le trouve mignon. Et son sourire… oh mon dieu… Je suis peut-être mort, ça expliquerait alors tout ce blanc. J’hallucine où il vient de me toucher? C’est tellement doux. J’adore sa main sur ma joue. Il pleure avec un sourire? Je ne comprends pas.

« Brad… »

Brad? Qui est Brad? Euh… qui suis-je, moi? Il me regarde avec insistance. J’vais essayer de parler aussi…

« euh… Qui êtes-vous, un ange? Suis-je mort? »

Ah non, ça y est, je l’ai déçu… Voyons, je me sens bien mal en dedans juste à voir sa mine… souris, allez… ah, c’est mieux. Seigneur que tu es mignon. Encore cette douce main… ahhh.. J’ai l’impression que ta main m’apporte une immense paix intérieure. Tu vas parler?

« Ça va aller, Brad. T’es peut-être juste un peu amnésique à cause du coup que t’as reçu sur la tête… »

Amnésique? Je serais donc en vie… Donc, tout ceci serait réel. Ce blanc… ce doit être un hôpital… mais pourquoi? Je n’en sais rien. Enfin, les hommes blancs partent! J’vais pouvoir être finalement en paix avec ma belle découverte. Je suis sur que tu n’es pas humain. Tu es trop beau et trop doux. Non, tu n’appartiens pas à la race des hommes pour sur. Ah non, je fonds sous ton sourire. J’ai l’impression de m’être réincarné en pop-cycle ou autre…

Tu as une si belle voix. Quel est ton nom, petit garçon? Je dois trop connaître le nom de l’instrument qui produit de si belles notes.

« Brad, c’est moi? Et toi? Qui es-tu? »

« Oui c’est toi… Moi, c’est Flavien! »

« Enchanté! »

Flavien… un si beau nom… J’aime ses syllabes, ce nom… J’adore tellement. Je sais que le temps n’est pas à la rêverie mais je n’arrive pas à m’en empêcher. Tu as l’air d’un brillant chevalier, même si j’ai oublié la définition de ce mot. Tu es viril mais possède encore plus d’amour dans tes yeux que dans celui d’une mère. Tu recommences à parler?

« Tu t’es fais attaquer, hier soir. Je t’ai trouvé inconscient près de chez-moi quand je me suis inquiété. Tu avais rendez-vous chez-moi. »

Ah… c’est donc ça… Mais, je n’en sais pas assez encore sur moi…

« Peux-tu me parler de moi, s’il te plait? »

« D’accord… »

---------------------------------------------------------------------------------

Il semble si vulnérable, si innocent comme ça… si mignon. Ça me chamboule de le voir d’une telle manière, sans se rappeler même qu’il est. Et ça me rassure quand je sais qu’il allait se remettre tranquillement son traumatisme crânien.

Je me racle la gorge, quelques petits toussotements, pour m’éclaircir la voix. Je ne sais pas trop quoi dire, comme je ne savais si peu de lui mais j’essaye d’enterrer l’indisposition en prenant un respire avant d’entamer son histoire :

« Bon, pour te dire, je te connais pas vraiment depuis longtemps mais je vais quand même essayer avec ce que tu m’avais raconté… Bon tu t’appelles Brad Spitfire, tu m’as dit que tu avais 19 ans. T’es un adolescent assez réservé, solitaire. Tu viens d’une famille assez riche et méprisante. Puis euh… ah ouais, t’es homosexuel. »

Je me demandais comment il réagirait au coté sombre de ce qui se passait dans sa vie. Je choisis d’y aller tout en douceur pour la suite. Néanmoins J’essaye d’être plus clair par la suite, sans rien lui cacher. Il faut qu’il se souvienne. Ça m’inquiète de le voir comme ça, avec aucune mémoire pour l’instant.
«Il a quelque temps, t’es tombé dans la rue, t’as fugué de chez toi… j’imagine que ça devait pas aller très très bien et que tu t’y plaisais pas…. et tu vends ton corps depuis pour survivre avec des amis. »

Je m’arrête un moment pour saisir sa réaction. Il a l’air d’avoir mal physiquement, il a une expression charmante d’absence, rêveuse qui lui donne l’air de ne pas comprendre totalement ce que je lui ai dit.

«C’est tout ce que je peux te dire en gros… On s’est connu comme ça... Je le revis encore… c’était trop merveilleux, t’étais trop beau… je sais que c’est mal m’attacher à toi, mais j’y peux rien… »

Il a l’air déprimé alors a finalement compris. Ses yeux, implorant, s’emplirent d’eau. Il s’agrippa à ma manche et me suppliait.

« J’t’en prie… Dis-moi que je ne suis pas comme ça pour vrai… Je ne peux pas être aussi monstrueux! »

En voyant le désespoir prendre possession de son être, j’ai soudainement envie de le prendre dans mes bras et lui inventer une vie. Une belle vie parfaite où il serait le prince et, moi, le serviteur… ou l’inverse, si ça lui chante. Mais, cette idée est irrationnelle. Je dois lui dire que tout n’est pas perdu, que tout n’est pas trop tard pour se prendre en main!

« Écoute, Brad… Je suis d’accord pour dire que c’est une existence difficile mais rien n’est impossible. Tu peux revenir dans le bon chemin… Saches que je serai toujours là pour t’aider. »

Je crois avoir trouvé les bons mots. À mon plus grand étonnement, il m’attire plus près pour se blottir dans mes bras. Il est tellement mignon… Je sens sa joue se coller contre ma poitrine et je l’étreins fortement. Je pouvais très bien sentir son rapide pouls et ça me rendait dingue, mon désir pour lui s’accroissant. Il me demanda :

« Quand j’vais sortir d’hôpital, est-ce que tu peux me prendre chez toi? J’ai peur de me retrouver seul… J’ai peur de redevenir ce monstre. »

Je lui souris. J’ferais n’importe quoi pour qu’il soit heureux et, de plus, rien ne me rendrait plus joyeux que sa présence à mes côtés. Je lui caresse la joue tout doucement, la plus grande tendresse m’envahissant.

« C’est d’accord. Ça va être un plaisir. »

Il m’envoya un de ses sourires, je vous dis. J’aurais pu en fondre de joie. Or, à ce moment précis, ma montre se mit à sonner. J’ai dû me lever, à regrets, et expliquer :

« Je dois partir travailler… Prend soin de toi. »

Alors, il me prit fortement le bras et le serra contre lui pour arrêter ma marche. Ses yeux grandirent et s’emplirent d’eau. Il me supplia :

« Dis… Tu vas revenir, hein? »

Je lui souris.

« Je reviendrai tout de suite après, quand mon quart de travail au magasin sera terminé. Prend soin de toi. »

Il redevint heureux et je le saluai. En passant devant la réception, j’lui commandai un pot plein de fruits. Je suis sur qu’il appréciera. J’ai tellement hâte de revenir le voir… Voyons, quel genre d’obsession est en train de me posséder? Je suis en train de m’attacher fortement? Est-ce de l’amour?

[/code]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Jeu 13 Juil à 16:00

Chapitre 9 : Un nouveau chez soi


Une journée passée depuis son agression sauvage, l’on fit passer des tests à Brad pour savoir s’il était apte à sortir de l’hôpital. Et puisque que la pénurie de lits faisait rage, en ce période de grippe, on était prêt à sortir vraiment n’importe qui.

L’infirmière ausculta Brad sans porter attention plus qui ne le fallait à son état. Elle avait reçu l’ordre catégorique débarrasser la chambre du patient, peu importe s’il allait bien ou pas. La dame de santé fit mettre Brad sur ses pieds pour vérifier sa marche. Ce dernier était chancelant et s’agrippait à tout afin de ne pas trébucher. Ses jambes étaient encore faibles mais l’employée n’y vit aucun danger et aucun inconvénient pour lui.

« Félicitations, dit-elle, sèchement. Vous avez votre congé de l’hôpital. »

Le ton formel vint blesser le faible Brad. Vacillant, le pauvre regagna son lit lentement, maudissant la nurse car véritablement, il n’était pas près de partir, ses membres inférieurs le lui interdisaient par leurs douleurs. D’une voix aussi faible et incertaine que ses pas, le patient implora :

« Je vous en supplie, gardez-moi encore un peu. Juste un peu. Je n’ai même pas la force nécessaire pour rester debout un petit bout… et je n’ai nulle part où aller. S’il vous plait… »

Le regard impassible de la garde-malade ne devint pas plus tendre et elle refusa la demande désespérée du patient. Celui-ci se leva avec peine, rassemblant ses moindres effets personnels : son petit sac de vêtement. Il eut peine à le mettre sur ses épaules et marcha de sa démarche titubante, de la minuscule chambre blanche lui ayant servie de refuge durant 14, trop courtes, heures. Intérieurement, l’itinérant haïssait le maudit système de santé à deux vitesses, favorisant encore les gens aisés au détriment des classes les plus basses de la société. Le monde n’a pas encore changé. Enfin, il n’avait jamais changé. Brad ravala sa rage intérieure ainsi que toute sa détresse. Il ne voulait absolument pas reprendre sa vie de clochard et de prostitué mais, il n’avait pas d’endroit où s’accrocher et savait que, tôt ou tard, son ancien mode de vie viendrait le reprendre. Brad regardait autour de lui, les lieux ne lui donnaient aucun souvenir mais ils leurs semblaient familiers.

Le cœur de Brad s’emballa de peur alors qu’il tentait de trouver quelques parcelles de mémoires pour lui trouver une solution. Alors qu’il était déconcentré, il fonça directement dans un jeune homme vêtu de blanc comme s’il serait un médecin. Sous le coup, le blessé tomba par terre, l’étranger l’aida à se relever, un peu rouge, tout en s’excusant :

« Désolé, je suis en stage, je suis pressé. »

Un vieil homme, plus loin, appela l’étranger :

« Tu viens, Mathieu? Arrête de flâner! »

Le stagiaire vit que Brad n’arrivait plus à se tenir debout. Mathieu demanda à l’autre de l’attendre et il assit Brad dans la salle d’attente un moment alors qu’il lui cherchait une chambre en vain. Quand il revint, Brad dormait, reposant ses yeux, ses frémissantes jambes. L’inconnu haussa des épaules et retourna au loin.

************

Flavien avait travaillé d’arrache-pied toute la matinée au magasin, tous ses muscles le faisaient souffrir à cause des très lourdes caisses de livres qu’il avait manipulés au magasin. C’était toujours comme ça quand le prodige et mystérieux écrivain à la mode, Stéphane Côté, sortait un livre. La librairie en commandait des milliers d’exemplaires et Flavien se retrouvait avec des courbatures par tout ce poids. En fait, Flavien n’est sensé n’être que caissier dans le magasin de livres mais on le faisait aussi soulever des boîtes d’exemplaires sur de bases régulières.

Un tel travail forçant l’épuisa mais il ne perdit pas de son énergie pour demander à son patron une demi-heure de pause après dîner pour aller voir un ami à l’hôpital. Le boss, compatissant, lui accorda sa demande, alors, le jeune caissier se jeta, après avoir mangé brièvement, dans sa voiture, en direction de l’hôpital. Flavien avait passé la matinée à s’inquiéter pour son protéger. Enfin, il pourrait avoir des nouvelles de lui. En courant dans le stationnement du centre hospitalier, Flavien se mit à craindre que le système avait déjà relâché Brad dans la rue sans aucune ressource juste pour donner un lit à une personne plus fortunée.

En ouvrant la porte, essoufflé, il sentit un soulagement énorme le gagner en apercevant son ami endormit dans la salle d’attente de l’hôpital. Le plus vieux s’émeut un peu devant un tel décor, le trouvant très mignon. Il se dit qu’il ne pouvait pas le laisser retourner dans son monde de souffrance, seul et démuni. Il se devait de le protéger et de l’empêcher de retourner dans la rue. Flavien le réveilla doucement mais Brad sursauta pareil en souriant lorsqu’il vit l’autre garçon qui le salua :

« Bonjour! »

Brad s’étira un peu et lui répondit. Flavien ne se fit pas prier pour proposer :

« J’peux t’accueillir chez moi, si tu veux. Tu y dormiras mieux que sur un banc. »

Brad accepta en se levant, toujours aussi faible. .Flavien le prit par la taille et l’aida à marcher jusqu’à la voiture. En route, Brad, qui avait les yeux fermés, fit un grand sourire et avoua, rougissant :

« Je suis heureux quand t’es là… J’ai l’impression de ne pas être abandonné. »

Flavien s’empourpra, modeste. Ils arrivèrent bien vite à l’appartement et Flavien lui fit faire une visite éclair, question de lui montrer où se situent les toilettes et le garde-manger. Brad figea en voyant la douche ainsi que le salon. Flavien, inquiet de le voir ainsi, lui demanda si tout allait bien. Brad se mit alors à rire nerveusement et avoua, gêné :

« Ça va très bien! J’viens juste d’avoir un flashback assez chaud de nous deux. »

Flavien se sentit alors virer au rouge jusqu’à la racine de ses cheveux, l’effet de sa déclaration. Finalement, il lui montra sa chambre.

« Tiens, tu peux dormir ici, t’aurais la paix. Reste aussi longtemps que tu veux. J’dois retourner travailler alors sers toi si t’as faim ou soif. Enfin… fais comme chez-toi! »

Brad le remercia de tout son cœur et s’étendit sur le lit, rêveur. Flavien le contempla quelques secondes et repartit, le cœur battant fort. Brad entendit la porte se refermer et tenta de s’endormir.

Cet après-midi là, Brad eut peine à dormir, les visions osées qu’il avait, représentant lui et Flavien, l’obsédèrent. Il dut se vider de son surplus d’hormones avant de réussir à s’assoupir un peu, le souffle rapide et le corps refroidi par la sueur.

Lorsqu’il se réveilla, il devait être trois heures du matin. Brad avait un peu la gorge sèche donc il sortit de la chambre pour se prendre un verre d’eau. En passant dans le salon, il vit Flavien profondément endormit sur le futon, en mode lit et qui était aussi grand pour deux personnes. Brad ne put s’empêcher de trouver son hôte magnifique et d’avoir envie de le rejoindre dans ce lit trop immense pour une seule personne. Après s’être désaltéré, Brad ne put résister plus longtemps à la tentation et se glissa tout près de l’endormit, sous les couvertures. Brad rendormit rapidement, bercé par toute cette chaleur s’émanant de l’autre homme, qui lui réchauffait le dedans, ainsi que le parfum que portait Flavien, et qui le faisait rêver à en perdre la tête. Brad fut transporté dans les bras de Morphée, heureux comme il ne l’avait pas été depuis longtemps.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Jeu 13 Juil à 16:00

Chapitre 10 – Vie commune


Tôt, ce matin-là, Brad fut réveillé à cause du cadran qui hurlait. Protestant un peu mentalement et verbalement, l’invité alla cesser l’alarme dérangeante qui venait lui détruire les tympans, puis se recoucha, refermant les yeux, pour tenter de replonger dans son sommeil si douillet. Flavien se réveilla, lui, et rougit instantanément en ouvrant les yeux lorsqu’il constata la proximité de Brad. Ce dernier bafouilla quelques excuses, embarrassé, et tenta la stratégie d’un mensonge :

« Désolé… J’ai pas pu me retenir… J’avais si froid… »

Flavien haussa un sourcil. Pourtant, sa chambre était d’une chaleur étouffante en temps normal mais bon, ça ne le dérangeait pas tant que ça… Il rassura l’autre homme et arrêta de nouveau ce putain de réveille-matin qui avait décidé de sonner, avant de se rallonger tout près de Brad. Celui-ci en fut vraiment étonné :

« Qu’est que tu fais ? »

« Je me recouche… C’est samedi, donc j’ai congé! »

Brad apprécia beaucoup de ressentir le corps de l’autre homme contre le sien, les mêmes flashs rejouaient dans sa tête, mais il avoua, avec timidité :

« Le sofa m’a vraiment marqué, je crois. Il me ramène un tas de souvenirs coquins que je n’arrive pas à chasser. »

Flavien s’empourpra jusqu’à tous les poils de son corps. Il ajouta, avec un malaise, que lui non plus n’était pas capable d’arrêter d’y penser. Les deux se mirent à rire nerveusement, comme pour essayer de briser le poids de l’embarras. Jusqu’à ce que Brad questionna, le teint aussi rougi :

« Dis… On se sent comment quand on aime quelqu’un? »

Les deux cœurs battaient, en même temps, de peur, d’excitation à la fois. Les garçons espéraient, plus fort que tout, de ne pas briser sans le vouloir une belle complicité à cause de la douleur d’un rejet. Flavien se força de répondre le mieux qu’il pouvait, ne sachant pas quoi lui répondre.

« C’est dur à expliquer le béguin, c’est juste indescriptible. À vrai dire, tu te sens tellement bien avec la personne que tu crois aimer, autant que t’en oublie tes soucis et que ton seul vœu devient de te rapprocher d’elle avec le cœur courant un marathon. C’est… intense… »

Il sourit, les yeux fermés, la tête blottit contre la poitrine de Flavien qui n’eut aucune opposition, lui caressant les cheveux avec une infinie douceur. Le silence pesait, personne n’osait gâcher le moment avec une déclaration qui serait sûrement déplacée. Brad ouvrit les paupières pour ensuite déposer un baiser exquis, délicat comme le toucher d’un papillon. Les deux furent étonnés, Flavien par le baiser et Brad par la réponse. Alors ils commencèrent à se dévorer avec une plus grande passion. Cependant l’autre finit par briser le baiser pour souffler, à quelques centimètres du visage de Flavien :

« Je crois que je t’aime, alors… »

Ils repris le geste avec émotion, avec tout l’amour brûlant en eux. Ils remercièrent le ciel de ne pas être rejetés et rien ne vint s'objecter quand la main de Brad vint caresser le bas du dos de l’autre.

Ne suivant que leur désir, les vêtements inutiles tombèrent par terre. Brad dévoilait sans trop de gêne ses blessures encore inconnues, espérant que l’affection les guérirait. Les cœurs consumaient une forte envie de l’autre, de le goûter, de le caresser. Les mains et les lèvres prirent un temps fou pour découvrir la constitution de l’autre, à adorer et gâter chaque petite parcelle de chair.

Ils finirent par s’unir et ce fut les retrouvailles de deux corps qui s’étaient recherchés depuis des années, quand ils cherchaient d’être aimés par une personne aimée, et communièrent avec un grand plaisir. Les souffles étaient chauds, emplis de mots d’amour. Ils furent transportés dans un endroit magnifiquement extasique, croyant avoir atteint un paradis suprême, et c’est enlacés qu’ils revinrent tendrement sur terre, avant de s’assoupir un moment.

Quand Brad se réveilla, il lui prit quelques minutes au moins pour se convaincre qu’il ne venait pas de rêver, que c’était bel et bien la tête de Flavien qui était sur sa poitrine. Le cœur battant de bonheur, l’adolescent se remémora sa première rencontre avec son nouvel amoureux, du sentiment très fort qui l’avait saisi et qui le saisissait encore. Brad, songeur, vint déposer un doux bec dans les cheveux de l’autre homme qui était collé à lui. Celui-là ouvrit les yeux à son tour, lui offrant le plus radieux des souvenirs. Puis il constata :

« J’me suis jamais senti aussi bien. »

Flavien semblait brûler d’un désir fiévreux qui ne semblait pas avoir été consumé entièrement malgré la séance de jambes en l’air qu’ils s’étaient offerte. Brad remarqua, espérant fortement que se soit de l’amour. Il embrassa paisiblement l’homme dans ses bras avant que celui-ci confirme ses espérances.

*******************************

La semaine que Brad passa chez Flavien fut savoureuse. Ils partagèrent plusieurs autres petits bisous sous la couverture, et souvent ailleurs aussi beaucoup de câlins mais peu de copulation pour un jeune couple. Cependant, ça ne dérangeait aucun des partenaires, ceux-ci préférant privilégier une relation plus tendre que sexuelle. Brad n’avait pas retrouvé tous ses souvenirs mais, après tout, il n’avait pas besoin d’eux pour savoir qu’il n’avait jamais été aussi heureux de sa vie. Cette semaine lui a semblé être comme un cadeau. Flavien était vraiment charmant, beau, attentionné, généreux aussi que… sexy. Brad se sentait tellement comblé avec lui et ne lui trouvait aucun défaut. Flavien, de son côté, adorait Brad tout autant.

Voilà, tout se passait comme un conte de fées pour l’hôte et son invité, liés maintenant par de grands sentiments. Cependant, comme dans chaque histoire,
le loup, ou le renard, dépendamment des histoires, rodait pas bien loin. Alors, dans son trou, Falbo rageait par l’absence de nouvelles de Brad. Charles tentait de le contenir mais ‘’le grand méchant Falbo’’ explosait fortement :

« Je suis prêt à gager que ce crétin de Spitfire se trouve en ce moment avec ce criss de Bouchard ! Après tous mes avertissements en plus ! Ils vont voir, j’vais leur rendre une petite visite après souper, quitte à ce que je rate la danse ! »

Charles s’y opposa vivement, tentant de protéger son meilleur ami, mais Falbo le fit taire d’un violent coup de point au ventre. Le tyran poursuivit :

« Je vais les visiter ce soir, j’ai dit ! Tu ne m’en empêcheras pas ! J’irai ramener ce foutu Brad ici. Il a choisi une vie de pute avec nous, qu’il assume ! »

Falbo, furax, partit de ce pas rejoindre un client tout en pestant. Charles fouilla dans ses affaires pour trouver le carnet d’adresses des clients de Falbo et y dénicha celle de l’appartement de Flavien. Charles enfourcha don sa bicyclette et traversa la moitié de la ville.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Ven 21 Juil à 16:34

Chapitre 11 : La pire soirée d’une vie


« Est-ce que j’pourrais parler à Brad, s’il vous plait ? »

« HORS DE QUESTION ! ET IL N’EST PAS ICI ! »

Flavien dévisageait strictement Charles, le reconnaissant. Le petit noir savait que le petit blond était un collègue danseur de Brad. Le jeune homme était prêt à tout pour empêcher Brad de retourner dans l’enfer de la rue. La tension entre Charles et Flavien était palpable, le premier soupira, tentant de trouver les mots pour tenter de convaincre qu’il était allié, contrairement à ce que l’autre pensait.

« C’est super important… Brad est en danger et je dois vous prévenir… »

« EN DANGER À CAUSE DE TOI, OUI ! »

Charles s’écria encore plus fort.

« J’VIENS VOUS AIDER, CRISS ! FALBO VEUT VENIR LE CHERCHER ICITTE ! »

Flavien rétorqua, sèchement :

« Et c’est pour ça qu’il t’a amené ici… »

« NON ! Si j’me fais prendre à te prévenir, j’suis pas mieux que mort. Moi aussi, j’veux m’en sortir de ce milieu parce que c’est loin du rêve qu’on espérait, moi et Brad. J’suis super content que Brad est pu s’en sortir alors j’dois le prévenir pour pas qu’il se fasse prendre ! C’est super important ! »

« Ta gueule avec tes mensonges. »

Flavien claqua brutalement la porte au nez de Charles. Brad arriva dans le salon, en baillant, et demanda :

« C’était qui? »

Flavien lui fit un gros sourire et l’entoura de ses bras :

« Ne t’inquiète pas, c’était juste un témoin de Jéhovah… »

Brad se rassura et embrassa doucement Flavien sur le menton en blaguant.

« Ils n’auraient pas pu nous prendre comme membres, ils n’acceptent pas les homos ! T’aurais dû m’appeler, on l’aurait traumatisé à deux ! »

Ils rirent un moment jusqu’à ce que Brad annonce :

« J’ai quelqu’un d’important à te présenter, Flavien ! »

« Ah oui?! Qui ? »

« Allons dans la chambre… »

Ils partirent les deux dans la chambre à coucher qu’ils partageaient. Brad s’assit sur son lit et déboutonna lentement son pantalon. Lorsqu’il fut dénudé, il désigna son entrejambe :

« Flavien, c’est Charlo. Charlo, voici le merveilleux Flavien. Vous pouvez vous serrer la main ! »

Flavien éclata de rire encore une fois.

« T’as donné un nom à ça ! T’es vraiment comique, pervers ! Oui… je veux bien lui serrer la main ! »

Ils firent alors connaissance. Lorsque Charlo s’était élevé, grand et fier, Brad s’allongea la main pour aller chercher un petit poncho pour Charlo mais remarqua alors :

« Flavien… on est en rupture de stocks ! J’ai pas rien pour couvrir Charlo alors qu’il fait si froid dehors ! »

« Bah, on peut attendre tantôt alors, on ira à la pharmacie après souper. Mais on peut se serrer dans nos bras, les 3 ? »

« Ouiiiiiiii ! »

C’est ainsi que notre trio préféré passèrent la fin de l’après-midi enlacés et affectueux.

Après le repas, Brad alla mettre son tout nouveau manteau, que son compagnon lui avait donné le sien car il était trop petit pour que celui-ci puisse le porter. Flavien alla s’habiller aussi. Il faisait déjà très noir dehors même s’il n’était que 5 heures et une petite neige fondante, typique du mois de Novembre, tombait sur la ville.

Les deux gars se tenaient paisiblement par la taille en marchant, trouvant le décor trop romantique. Et une foule d’amoureux, hétéros ou non, avaient décidé de faire, comme eux, cette soirée là en faisant une promenade. La pharmacie était à peine à 5 minutes de chez Flavien, ils entrèrent après peu. Brad fonça dans l’allée où se trouvaient les préservatifs, Fllavien le suivait lentement, hésitant, avec un petit panier. L’adolescent semblait tout excité… dans le sens de complètement « speedé »…, voyant toutes les sortes qu’il présentait, énergique, à un Flavien assez troublé.

« Dis Flavien, t’en veux aux bananes Check Lui il a une forme étrange ! Ah, les traditionnels et normaux. Tiens, lui il est lubrifié spécialement pour aider la sod… »

« Brad… Franchement… On doit être en train de se faire regarder de travers ! »

« D’accord. J’mets deux ou trois paquets dedans et tu m’diras si ça te plait », répondit-il en mettant un paquet de condoms à saveur de nutella et un pré-lubrifié. Flavien ne les regarda même pas, mettant des antiacides dans le panier, très nerveux.

« Qu’est-ce que tu fais, Flav ? »

« J’veux pas qu’on passe pour des vicieux. »

« Voyons, c’est pas grave… Pleins de monde font ça de venir dans une pharmacie pour s’acheter juste des cond… Ohh! De la crème à massage ! Ça tombe bien, Charlo veut un massage ! »

Brad mit la bouteille de gel avec les autres achats et alla à la caisse, tirant Flavien qui hyperventilait vers la caisse. Brad fit un saut en voyant la caissière et donna de l’argent à l’autre.

« Prends ça… c’est pour payer… »

Brad, tout rouge, se prit un paquet de chewing-gum et la dame le reconnut quand il fut son temps de passer

« Brad! Ça fait longtemps 1,15$ pour ta gomme Comment va ta mère ? »

« Très bien, ma tante. », répondit-il en lui remettant les sous.

Il se dépêcha de sortir, laissant le pauvre Flavien, qui semblait être gêné comme tout, en dedans pour payer les trucs embarrassants. La tante de Brad dévisagea Flavien en voyant les trucs à consonance sexuelle qu’il avait acheté et eu une mine dégoûté en voyant les capotes hyper-lubrifiées pour aider à la sodomie… Flavien avait énormément chaud, se sentant très épié.

« 15,63$. Bonne soirée… »

Flavien paya et prit son sac en sortant à la course dehors. Brad était tout gêné et amena Flavien plus loin.

« Désolé, Flavien… C’était ma tante. J’l’ai reconnue mais je ne sais pas pourquoi. J’ai eu peur qu’elle sache ce que je suis. »

Flavien le rassura en le serrant dans ses bras, tentant de se remettre de ses émotions en même temps. Encore plus collés, ils reprirent la route vers la maison quand un jeune homme vint les aborder. Brad avait l’impression de bien le connaître. Sans prévenir, l’inconnu sauta dans les bras de Brad et l’embrassa sur la bouche, Flavien semblait fâché de ce geste et Brad tentait de le repousser. L’homme finit par le lâcher en lui disant, les yeux pleins d’eau :

« Tu m’as manqué, chéri… J’ai tellement eu peur pour toi, mon petit Brad… »

Brad resta sur le choc.

« Mais, qui êtes-vous? »

« Voyons ! Tu te souviens pas de moi ? Je suis Falbo, ton amour ! »

Brad et Flavien figèrent. Brad avait un chum avant de se faire agressé ? Brad ne comprenait plus rien, serrant fortement la main de Flavien, effrayé de perdre l’homme si cher pour lui. Falbo le vit, semblant déçu, il baissa la tête et poursuivit :

« C’était donc pour ça que tu as disparu… tu ne voulais pas que je sache que tu t’étais trouvé quelqu’un d’autre. Mais j’t’aime si fort, Brad !! Et toi aussi tu m’aimais tellement !! Pourquoi t’es parti ?? On m’a dit à l’hôpital, quand j’ai (Toussotte) rencontré un stagiaire, que t’étais amnésique… Comment t’aurais pu m’oublier, voyons, Brad ! »

Brad se sentait alors mal en observamt Falbo qui pleurait presque devant lui. Il se trouva alors salaud. Sa main quitta celle de Flavien avec regrets. Il expliqua :

« Flavien… J’t’aime tellement… Mais c’est tellement salaud de ma part de le laisser tomber, même si ça me fait mal de savoir que je dois renoncer à toi… J’t’adore… »

Flavien était tout ébranlé en disant alors, d’une voix brisée qui retenait ses pleurs :

« J’te comprends… Fait ce que tu veux… Tu viendras chercher tes trucs demain… »

Brad lui lança un regard douloureux tandis que Falbo l’entraînait plus loin. Il le fixa durant de longues minutes jusqu’à ce qu’il le perde de vue. La ville sembla si sombre, la petite neige s’était transformée en une pluie glaciale qui gelait autant la peau que le cœur. Falbo reconduit Brad dans le trou où ils logeaient normalement et prit possession de son corps malgré les protestations de l’adolescent. Ce dernier pleura alors toute la soirée et, lorsqu’il vit Falbo se droguer non loin, il demanda comme une plainte :

« T’as pas… De quoi pour… Me faire oublier la peine… »

Falbo sourit intérieurement et sadiquement, sortant un petit sachet de poudre qu’il donna à Brad :

« Tiens, j’t’en fais cadeau pour ce soir… C’est de l’héroïne, j’vais te montrer comment en prendre… »

Falbo lui expliqua puis Brad en consomma, oubliant un moment ses problèmes, se sentant planer loin de ses problèmes un moment. Il finit par s’endormir. Charles entra de la soirée au bar et vit son ami ainsi. Il se sentit mal d’avoir laissé l’autre lui faire du mal.

******************

Pendant ce temps, Flavien pleurait chez lui, comme un fou, une lame lui transperça le cœur. Il trouva par terre, comme si Brad l’avait regardée un peu puis rejetée, la carte d’assurance maladie de Brad. Flavien remarqua alors que Brad n’était pas le gars de 18 ans qu’il se disait être mais un adolescent… presque un enfant, de 15 ans… Se sentant doublement trahi, la crise de larmes de l’homme s’intensifia, les sanglots devenant bruyants.

Le vent faisait claquer les vitres et cette nuit de novembre, pleine de douleur, continuait de passer lentement. La nature avait décidée de se plaindre elle aussi, soutenant les deux amants séparés…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Dim 23 Juil à 17:05

Chapitre 12 : De glace devant l’abandon


Brad se leva à l’aube, avec l’impression d’être encore plus déprimé qu’avant sa nuit pénible. Les traits de son visage étaient déformés par l’épuisement, par la douleur… non, il n’était vraiment pas très beau à regarder. Un profond malaise le saisit lorsque qu’il se rappela des événements de la veille qui le rongeait physiquement avant de se remettre à larmoyer. Falbo ouvrit les yeux, réveillé par ses pleurs, et vint le serrer, toujours dans son rôle de l’amoureux. Le blond, semblant attentionné, essuya ses larmes qui coulaient sur les joues du jeune garçon, lui déposa un baiser sur la joue. Il le repoussa pour aller s’habiller et Falbo, plus blessé dans son orgueil qu’autre chose, le dévisagea :

« C’est ça ! Soit méchant avec ton chum ! Euh… Qu’est-ce que tu fais ? »

Brad mit un gilet de laine, sa veste en rétorquant :

« J’vais récupérer mes choses chez Flavien. »

Falbo, alors, se leva et lui bloqua la sortie. Il savait que, si Brad allait voir Flavien, son protégé risquerait de ne jamais revenir pour rester chez Bouchard.

« Pas question que tu ailles chez lui, Brad. Ça risque de te faire mal plus qu’autre chose. J’vais te les racheter, moi tes trucs, t’inquiète pas. »

Brad le tassa pour avoir le chemin libre. Falbo se résigna et sortit à son tour pour lui dire :

« Tu peux partir sauf que tu dois être revenu dans 20 minutes sinon je vais venir te chercher. J’veux pas te perdre, j’t’aime tant. »

Brad avait un air désespéré, endormit par son manque de sommeil. Il demanda, faiblement :

« J’peux en ravoir… de ce que tu m’as donné hier ? J’ai besoin… de courage… »

Falbo lui fit un grand sourire, fier que sa stratégie pour rendre Brad dépendant à lui fonctionne comme il l’avait prévu. Il en sortit un sachet de poudre et confirma :

« Tiens. J’te le fais à moitié prix, donc 35$. »

Brad fouilla dans son porte-monnaie pour lui donner quelques billets, ensuite pouvoir consommer ce remède qui l’aiderait certainement. La tête tournant un peu, il prit la bicyclette de Charles, en route vers chez Flavien.

Il arriva quelques minutes plus tard et monta les marches qui le séparaient du petit appartement, haletant. Il manqua tomber plusieurs fois, son jugement affaibli par l’héroïne, puis il parvenait au palier. Il cogna dans la porte et Flavien alla ouvrir. Il affichait un air impassible, cette froideur gela le sang de Brad. L’homme donna son sac à l’adolescent, presque en le lançant, rudement. Comme s’il ne voulait pas du tout l’effleurer.

« Ton sac. J’ai remis ta carte d’assurance maladie dedans, gamin. »

Flavien appuya sur le dernier, plein de ressentiment caché dans sa voix glaciale. Brad n’avait qu’une seule envie, celle de sauter dans les bras de Flavien et de rester éternellement avec lui, mais il savait qu’il ne pourrait jamais la suivre. Il se mit à trembler légèrement, essayant de garder son calme du mieux qu’il pouvait.

« Merci beaucoup. »

« Tu m’as menti sur toute la ligne ! Tu n’as même pas 18 ans mais 15… Petit pervers manipulateur qui s’est servis de moi ! »

Brad voulut répliquer que ce n’était pas vrai mais sa voix le quitta. Il se rappela pourquoi il avait menti et expliqua, d’une voix piteuse.

« J’avais peur… que tu ne veuilles pas de moi… si j’te disais la vérité… »

Flavien garda son air impassible, ne le croyant pas. Quelques secondes plus tard, Flavien tenait la porte avec sa main et dit :

« J’crois qu’on n’a plus rien à se dire. Rien du tout. Bye. »

Brad sentit les larmes lui monter aux yeux, son cœur remplit de désarroi, il murmura un « Bye » aussi en regardant la porte se refermer. Sa raison l’abandonnant, il eut un relent de courage et arrêta la porte. Il avoua, avec l’énergie du désespoir :

« J’me sens tellement pas bien. »

Flavien le dévisagea alors en haussant les épaules. Alors qu’il était sur le point de se retourner, Brad dit, la voix tremblante de sincérité :

« C’est toi que j’aime… J’te le jure! »

Flavien n’avait même pas l’impression de sa sincérité, gardant son regard et son air de marbre et répondit très sèchement, avant de fermer la porte pour de bon :

« Je n’en suis plus sur. »

Brad s’effondra en larmes, à genoux par terre. Il attendit de longues minutes à attendre, toujours en pleurant, devant la porte. À la fixer, qu’elle puisse se rouvrit. Il espérait de tout son cœur que Flavien changerait d’idée, qu’il le laisserait rentrer à nouveau dans sa vie. Mais, il en fut tout autre. Chaque seconde semblait une éternité pour l’adolescent, un supplice immense, pire que tout ce qu’il avait pu vivre jusqu’à maintenant. Après vingt minutes, vingt minutes au ralentit, la porte était toujours resté immobile. Falbo se pointa alors dans le hall et vint relever Brad par les épaules.

« Brad ? Tu vas bien ? »

Brad ramassa son sac et se débattit dans les bras de Falbo. Il était prêt à passer des années complètes à rester devant la porte à se ridiculiser s’il le fallait mais il n’avait plus envie de partir avec Falbo, renouer avec la rue. Gotta serrait fortement Brad contre lui pour éviter qu’il ne s’enfuît. Brad demanda, suppliant :

« Falbo… dis-moi qu’il va m’ouvrir, qu’il ne va pas m’abandonner ! »

« J’y conterais pas. Il est assez salaud pour ne pas le faire et te laisser souffrir ici. Il doit s’être recouché, comme si de rien était. »

Brad se débattit encore plus et criait presque son désespoir.

« NON ! J’SUIS SUR QUE NON !!! IL A PROMIS DE JAMAIS M’ABANDONNER !!!! C’est impossible… »

Falbo finit par le tranquilliser, lui démontrant un peu d’affection. Brad pleurait à chaudes larmes dans les bras de Falbo, ce dernier poursuivit :

« C’est pour ça que je ne voulais pas que tu restes trop longtemps… J’voulais pas qu’il te blesse autant… »

« Il ne m’aimait donc pas ? »

« Non… Laisse-le tomber, il n’en vaut pas la peine.»

Les deux gars partirent donc du bloc, retournant à leur maison. Flavien avait entendu toute la scène et pleurait aussi, se maudissant de ne pas avoir eu la volonté de lui ouvrir, de tout lui pardonner. Dehors, une tempête se leva ou la visibilité était presque nulle.

Après une bonne demi-heure à tenter de se repérer dans le blizzard, les deux gars furent au trou. Falbo dut quitter tout de suite pour aller retrouver un client. Charles, qui était non-loin, vint trouver Brad et le serra dans ses bras pour prendre la relève pour le consoler.

« J’ai tenté de le prévenir mais Flavien ne voulait rien entendre… Ça n’aurait pas dû se passer comme ça… »

Brad releva la tête, voyant Charles. Il eut quelques souvenirs vagues de lui, sans se rappeler de son nom. Il se noya à nouveau dans les larmes et les remords. Charles essayait de faire de son mieux pour le pauvre petit corps tremblant mais n’y parvenait pas. Celui-ci poussa, d’une délicate voix :

« Dis… C’est pas vrai… que Falbo est mon chum… non ? »

Charles baissa la tête, avouant :

« Non… c’était parce qu’il voulait que tu reviennes. »

Brad se sentit encore plus désemparé. Il expliqua, la voix détruite par ses sanglots :

« Et Flavien… ne voulait pas me reprendre… »

Charles, compatissant, suggéra :

« Écoute, s’il t’a dit ça c’est peut-être parce qu’il t’aimait pas tant que ça et ne voulait pas te blesser davantage. Il vaut surement pas que tu pleures pour lui. Il ne doit même pas le faire pour toi. »

Brad bût ses paroles avec un goût amer et se relâcha de l’étreinte de l’autre homme. L’héro lui donnait l’impression d’être dans un mauvais rêve. De tout son cœur, il espérait qu’il se réveillerait plus joyeux. Un espèce de grand bad trip.

Le soir, Brad alla danser comme avant dans le bar. Encore une fois, un groupe de Spitfire corporation, sans Jerry cette fois, était à une table, riant. Ils invitèrent Brad à se dénuder devant eux, celui-ci, dans un état second, accepta sans les reconnaître. Il entendit des tas de commentaires comme : « wah… il a le corps de son père ». Brad ne comprenait rien, ne reconnaissant même pas les gens. Il ne faisait rien d’autre que faire son travail avec professionnalisme. Et puis, on lui dit, en riant : « il se remet vite de son attaque, le petit Brad ! Dire qu’il faisait pitié quand on l’a agressé ! ». Il fallut 20 secondes alors pour que Brad quitte leur table, venant de comprendre que c’était les collègues de son père qui l’avait attaqué l’autre soir. Brad les regardaient tous, questionna, troublé :

« Pourquoi, moi... pourquoi m'avez-vous fait ça ?... J'vous ai rien fait !»

Le plus imposant des hommes sourit sadiquement, expliquant :

« Ton père voulait qu'on te donne la raclée du siècle pour s'assurer que tu te la fermes au sujet de ses visites ici ! »

Brad, estomaqué, appela le doorman qui les sortit immédiatement, à sa demande.

Le jeune garçon se recoucha, ce soir-là, épuisé mais toujours incapable de fermer l’œil. En regardant sa liste de client du lendemain, il sut que Charlo allait devoir beaucoup travailler. Les larmes lui revinrent une autre fois aux yeux et la culpabilité le rongea toujours autant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Mer 9 Aoû à 18:31

Chapitre 13


Brad frottait, encore et encore, son corps qui lui semblait répugnant pour tenter d’enlever la saleté qui semblait s’être incrusté. C’était la troisième fois qu’il se lavait dans la douche de son client, monsieur Côté, mais ne se sentait toujours pas nettoyé. Jamais encore, on l’avait traité de la sorte. On l’avait peut-être battu, enchaîné, un peu maltraité mais jamais de cette façon… On ne lui avait jamais fait… ça… Brad se mit à trembler et quelques larmes coulèrent, continuant de frictionner son corps maigrichon avec la débarbouillette savonneuse.

Combien de kilos avait-il pu perdre en un mois ? 10 ? 15 ? Il l’ignorait mais sait que le désarroi avait remplacé sa faim de nourriture par son appétit de drogue. Il ne mangeait désormais qu’une seule fois par jour pour économiser le peu argent qui lui restait. En effet, Brad avait pratiquement tout flambé tout le fric qu’il avait retiré au premier jour de sa fugue et ne pouvait plus le faire, comme son compte a été gelé.

À vrai dire, Brad n’avait pas pu vraiment oublier Flavien. En fait, il pensait souvent à lui. Le souvenir de l’amour qu’ils avaient partagé durant leur seule semaine de vie commune semblait détruire Brad. Il ne s’était jamais remis du fait que tant de bonheur mutuel avait pu être ruiné, ces sentiments conjoints annihilés rien que par une décision stupide, irréfléchie de sa part. Tous les soirs, l’adolescent serrait fort contre lui l’oreiller empreint du parfum de Flavien, s’imaginant à quel point il aurait pu être heureux avec lui en ce moment sans ce choix. Tous les jours, le brun allait vérifier qu’il n’avait pas rêvé à ce bonheur et qu’il avait bel et bien existé. Ouvrant, de ce fait, un bottin téléphonique, il cherchait le nom de Flavien, comme s’il voulait s’assurer qu’il existait vraiment. Le jeune garçon passait même quelques fois devant son appartement, tant il voulait se réconforter… Ses amis avaient remarqué son état. Charles faisait de son mieux pour lui remonter le moral mais Brad niait sa douleur. Falbo, lui, le gavait d’héroïne, l’incitant toujours à en prendre de plus en plus pour calmer cette douleur…

Après 45 minutes de douche, en ce 22 décembre, Brad finit par sortir avec un air imperturbable, une fausse allure qu’il adoptait pour ne pas craquer. Côté avait toujours les mains qui sentait encore ses gestes de tout à l’heure, la pièce empestait aussi mauvais. Brad en frissonna de dégoût, un haut-le-cœur le prenant. Le client s’approcha du jeune, tout en sortant plusieurs billets rouges de son portefeuille ainsi qu’en donna une bonne dizaine à Brad.

« Est-ce suffisant, 500 ? »

Brad resta obstinément aussi distant, détestant l’homme plus que tout. Non, ce n’était pas trop de la haine qu’il éprouvait mais plus le choc d’avoir vécut un cauchemar à cause de ce type étrange avec sa déviance sexuelle dégoûtante. Aucun montant d’argent, aussi élevé soit-il, ne pourrait racheter l’humiliation qu’il venait de subir. Le prostitué revoyait encore les excréments sur sa poitrine, les mains sales de Côté qui le masturbait, et tout qui s’enchaînait d’une façon aussi crasseuse … Le goût âcre à sa bouche alors que le vieillard bandait en contemplant son malheur…

« C’est plus que suffisant, monsieur. Merci beaucoup. »

Côté lui adressa un grand sourire sincère mais honteux, comme s’il avait préféré que l’inhabituel en lui aurait été capable de se contrôler de ses pulsions qu’il retenait depuis si longtemps. Brad, toujours enfermé dans sa tête, prit les billets.

« J’m’excuse, mon gars. Je me fais peur moi-même… J’regrette. »

En entendant les excuses honnêtes du monsieur, Brad fut un peu choqué d’entendre de tels regrets, ayant une féroce envie de l’envoyer « manger de la merde » dans le sens figuré du terme. Cependant, il savait que la remarque aurait fait sourire de nouveau Côté car elle était trop de circonstances. Brad lui dit, à la place :

« Y’a rien là. Au revoir. »

Côté le salua chaleureusement puis Brad se tira rapidement de là, tout traumatisé. La pute avait mal au ventre car son estomac ne semblait pas avoir toléré le nouveau régime auquel Côté l’avait un peu forcé à adopter, cet après-midi. Même la saveur écœurante ne semblait pas partir après une bouteille complète de rince-bouche. En marchant, Brad se mit à renifler sous la douce neige tombant, retenant son mal. Autour de lui, tout le monde semblait si joyeux, rassemblant leurs emplettes pour les fêtes et lui, si malheureux, si en détresse. Il arriva vite tout près du trou, voyant au loin, à l’entrée du magasin Américain à grande surface d’en face, un Père-Noël qui accueillait les enfants. Comme il n’y avait personne au trou, Brad décida d’aller faire un tour au magasin. Il eut l’idée de faire une petite fête pour Noël, entre eux, pour donner un peu de joie.

Celui-ci se promenait dans les allées bondées, errant simplement près du rayon des cosmétiques. Un arôme familier vint lui taquiner les narines et les papilles olfactives. Le jeune, se rapprochant, vit une bouteille de l’agréable parfum que portait Flavien qui était fracassée par terre. Les larmes lui revinrent alors, une autre fois, aux yeux, pris de tremblements. Il n’arrêtait pas de se répéter que s’il n’avait pas été assez stupide pour laisser Flavien, il n’aurait pas eu à tolérer toute cette douleur et les fantasmes du scatophile. Ça aurait tellement différent, il aurait pu vivre heureux et… avec lui. Recroquevillé sur lui-même, il pleura encore une fois un bon coup avant de se faire saluer par une voix qui lui semblait connaitre. Un simple et courtois lancé près de lui :

« Allo. »

Brad releva la tête et n’en crut pas ses yeux. C’était lui, le Rédempteur, le Messie ! Alléluia ! C’était Flavien ! Brad lui sauta dans les bras, pleurant autant mais souriant. Il bénit le ciel d’avoir redonné SON Jésus pour qu’il vienne le sauver. Flavien fut terriblement surpris d’une telle réaction mais n’osa pas le repousser, trop stupéfait. Brad essuya ses larmes du dos de sa main et avoua :

« Tu m’as terriblement manqué ! »

Flavien, lui, avait l’air plutôt terriblement embarrassé et mal à l’aise. Brad le remarqua pour le relâcher en s’excusant :

« Désolé… J’ai réagis un peu trop vite. »

« C’est pas grave. »

« Ça va, toi? »

« Oui… mais pas toi, comme j’peux voir… »

« T’as pigé. Ta vie, elle va bien ? »

« Pas mal. Toi, tu remontes la pente ? »

Brad avait l’air si sombre alors qu’il répliqua :

« Quand je n’suis pas à jeun, on peut dire que c’est moins pire. »

Alors, ne suivant que son désespoir et son cœur, Brad prit la main de Flavien en le suppliant d’un regard très pitoyable :

« Je t’en prie, reprends-moi. Depuis ma décision imbécile, j’me sens tellement mal, j’en peux plus d’être séparé de toi. J’ai le cœur qui se rompt en deux… j’t’aime tellement… »

Flavien se sépara de la main d’un geste rapide, encore plus perturbé.

« Je comprends mais je ne peux pas. Ça me causerait encore plus de problèmes. »

Brad insista :

« Mais, Flavien, s’il te plait… J’vis p’us, j’mange p’us, j’dors p’us ! La seule chose qui me fait vivre un peu c’est l’héro. J’me suis fait chier dessus tantôt pour avoir l’argent qui me permettrait d’oublier, l’espace d’un moment, ce qui m’arrache le cœur. J’t’aime tellement quand j’me déteste tant. Sauve-moi, Flavien, j’t’en prie. »

Les gens autour commençaient à faire des commentaires, à se retourner pour les observer. Flavien en devint rouge, tout gêné d’être épié et jugé, et dit à Brad qu’ils devraient en discuter ailleurs. Cependant, Brad continuait de lui scander son amour sans y prêter attention, le priant encore de revenir avec lui. Soudainement, un gars à la peau noire un peu enveloppé, vint enlacer Flavien par derrière, plaquant ses lèvres dans son cou. Cet homme dit :

« Je suis de retour, chéri… »

Brad devint bouche bée avant de baisser la tête, humilié. Il fit un faux sourire, empreint de tristesse, et leur souhaita :

« J’espère que tu vas être heureux Flavien… Avec un gars plus vieux que moi, plus normal et moins braillard que moi. J’m’en doutais tellement, j’aurais dû savoir qu’il n’existait pas de bonheur et d’amour pour moi dans ce monde… même pas d’espoir. »

Brad s’éloigna et le malaise en Flavien était grandissant. Brad marcha sans s’arrêter jusqu’à ce qu’il fut sortit depuis longtemps de leurs champs de visions. Par la suite, la rage s’empara de lui et, d’un geste tout simplement impulsif, il donna un coup de pied dans une étagère, faisant s’écrouler tout ce qui y était. Un employé, désemparé de devoir tout ramasser, vint le disputer mais celui-là l’envoya promener :

« Criss, tu peux bien chialer ! Tu t’es même pas fait chier dessus aujourd’hui alors ne vient pas dire que ton travail est forçant ! Puis va t’faire foutre, caliss ! »

L’employé fut outré et Brad se défoula sur lui, de toute sa colère, pendant bon moment. Enragé à son tour, l’employé lui montra la porte pour que Brad la prenne bien vite. Dehors, tout le poids de ce qu’il vivait lui tomba dessus. Seul. Il était seul au monde maintenant, sans aucune foi pour le garder en vie. Dans sa tête, la voix de son ancien amoureux repassait sans arrêt : « J’t’abandonnerai jamais, Brad. Je te le jure… Même si on se sépare, j’vais t’aider quand même à t’en sortir… J’t’aime Brad. ». Les sanglots de Brad recommencèrent, il se repliait par terre à nouveau, cédant sous le coup des émotions. La tempête continuait, de tomber et les clients heureux, passaient à côté de Brad sans même se soucier de lui. Bob, en sortant, lança une pièce de 2$ sur la tête de Brad, faisant rire Flavien. Brad recala encore plus dans sa peine. La noirceur tomba très rapidement, le froid devenait insupportable.

« Si seulement, j’pouvais mourir gelé… », Songea Brad. « Au moins, personne ne me regrettera et je serai enfin sorti de cet enfer… »

Ce soir-là, Flavien fit une bonne soupe tandis que son amoureux, Bob, passa la soirée avec lui. Ils mangèrent, collés sur le divan tout en écoutant un excellent film romantique. Flavien souriait de bonheur. Bob était si attentionné et charmant. Avait-il finalement trouvé la bonne personne ? Cependant, lorsqu’il ferma les rideaux de la fenêtre du salon, avant d’aller rejoindre Bob dans le lit, Flavien eut une petite pensée pour Brad, qu’il chassa en vitesse. Il avait espéré, sans s’en apercevoir, que Brad était au chaud et non toujours en train de geler devant l’établissement comme tout à l’heure…


Dernière édition par le Mer 9 Aoû à 18:33, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Mer 9 Aoû à 18:32

Note : La narration du récit passe du passé au présent. Car ça donne un effet tout autre de supense qui fitte très bien avec l’action.



Chapitre 14 : Le plus mal pris n’est jamais celui qu’on pense


La ville était secouée par une vague de flocons. Partout autour, les gens marchaient en couple, collés pour se réchauffer durant cette froide soirée, et semblaient très heureux. Brad, lui, n’avait pas bougé d’un centimètre, ne l’était pas du tout. Il avait commencé à grelotter de tout son corps, ses lèvres étaient devenues bleues et son teint devenait encore plus pâle. Mais toujours personne n’avait réussit à le remarquer dans sa tristesse. Au moins cent personnes, sans exagérément, étaient entrées ou sorties de l’immense magasin à grande surface mais aucune n’avait pris la peine de s’être arrêté devant lui.

22 heures sonnait, la fermeture approchait et le froid glacial devenait de plus en plus insupportable pour son corps engourdi. Les derniers clients partaient vers leur maison au chaud, passer du bon temps avec leurs proches. Mais Brad restait toujours là. Une dame finit enfin par s’arrêter. Ce dernier était dans un état semi conscient et s’en rendit compte que lorsque la femme vint lui donner une boisson chaude pour le réveiller un peu. Brad, avec les yeux pleins d’eau, se demanda pourquoi on le prenait ainsi par pitié, lui qui était si misérable. Il but tout son verre pour ne pas décevoir la madame de se soucier de sa pitoyable personne. Celle-ci qui lui dit :

« Vous ne devriez pas rester assis comme ça avec toute cette neige. Vous allez geler et ça va vous ruiner la santé. »

« Je n’étais pas assis, Rétorqua Brad. J’étais couché ! »

« C’est la même chose … »

« De toutes façons, même si je gèlerais, ça ne dérangerait personne. Ça fait rien. »

« Ne dites pas ça, Demanda la femme avec compassion. »

« Que je le dise ou non, ça change rien au fait que j’ai raison… »

Il y eut un malaise entre les deux après ces paroles tranchantes. La dame finit par proposer :

« Écoutez, je fais toujours trop de bouffe à Noël, pourquoi ne viendrez-vous pas passer les fêtes avec ma famille et moi ? Ça vous ferait oublier vos soucis un moment …»

Brad, étonné, resta bouche bée durant quelques secondes. Cependant, la peur d’être de trop, de se faire traiter que par de la pitié le rebuta. Il déclina l’offre et sans que l’étrangère ne lâche prise, insistante. Tant que Brad n’eut pas le choix d’accepter. Alors, il se leva et l’inconnue le conduit à sa voiture. Brad la remercia gentiment pour tout le trouble que ça allait lui pouvoir lui causer. Après avoir posé les sacs sur la banquette arrière, elle lui débarra la portière passagère. Ils s’assirent dans l’auto et, en quelques instants, furent sortis du stationnement. L’adolescent, durant le voyage, ferma les yeux sous la chaleur du radiateur, la voix rassurante de son hôtesse et la musique calme à la radio qui lui faisait retrouver un certain contact avec la réalité. La dame sourit en remarquant que son invité en bien meilleur état que tantôt. Brad se reposa quelques minutes avant que la voiture se stationna devant un bloc d’appartement. Et lorsque le pauvre Spitfire ouvrit les yeux, il paralysa…

« C’est … c’est … c’est …, Tenta-t-il de commencer mais la dame finit par l’aider. »

« Oui, c’est ici qu’il habite aussi. J’vous ai entendu votre interlocution dans les rayons et c’est pour ça que j’ai hésité à vous prendre avec moi. Ne vous inquiétez pas, même si son logement est en face du mien, on le voit pratiquement jamais. Il est tranquille comme ça ne se peut pas aussi. »

Inconvaincu, avec une envie de ne pas y entrer, il détacha sa ceinture de sécurité.

À l’intérieur, tout les petits détails lui rappelait son ancien amant : l’odeur des corridors, les escaliers interminables, le passage où il avait attendu, désespérément et en vain, que l’homme le laisse entrer à nouveau dans sa vie, Bob qui sortait les ordures… Bob qui sortait les ordures ?? Brad ne put s’empêcher de dévisager le type responsable d’une grande partie de sa peine intérieure. L’autre homme se contenta de l’ignorer d’un air méprisant, retournant dans l’appartement de son amoureux après avoir été jeté ses déchets.

Brad, trouvant l’endroit trop familier avec son trop plein de souvenirs blessants, manqua éclater en sanglots alors qu’il se remémorait tout ce qui avait pu se passer, tout ce qui ne c’était pas passer, tout ce qui c’était passer autrement. Il pila, sans y penser, sur le petit paillasson devant la porte de sa porte. Sur celle-ci même qu’ils s’étaient rencontrés pour la première fois, qu’ils s’étaient échangés leur premier baiser… Brad sentit une grosse boule se loger dans sa gorge à ses pensés en suivant la dame pour sortir de ses vieux démons. Ils entrèrent dans l’autre appartement où les attendait sa fille et son mari. Brad s’efforçait de sourire malgré qu’il fût bouleversé au plus profond de lui-même par sa mémoire accablante.

« Bonjour, Débuta la mère. Je vous présente … euh … »

« Brad… »

« Brad. Il ne va pas très bien et j’l’ai vu, en faisant les courses, faire une scène avec son ancien… chum… Comme Brad semblait vraiment déprimé, quitte à se laisser mourir gelé dehors, j’ai décidé de l’inviter à passer les fêtes avec nous pour lui donner du bonheur en cette période. »

L’adolescente, depuis qu’elle avait sous-entendu que Brad était gay, semblait beaucoup plus intéressée par lui et par ce qu’il était. Elle poussa un petit gloussement retenu en n’en croyait pas ses oreilles, c’était trop beau pour être vrai.

« Je suis heureux d’être avec vous, Avoua Brad, gêné. »

Les autres lui sourirent et se présentèrent. La jeune fille commença, joyeuse :

« Bonjour, moi c’est Valence ! J’ai 16 ans ! »

« Bonjour, Chantal, je suis la mère de Valence. »

« Salut. Je suis Robin, je suis le père de Valence et le mari de Chantal. »

« Enchanté… »


*************************************************


À quelques mètres de là, l’enfer se déroule alors qu’un autre fracas sonore se fait entendre. L’ouragan Bob commence à se déchaîner fortement, fracassant chaque objet fragile qu’il peut trouver pour y déverser sa frustration montante. La vaisselle y passe aussi, dans les armoires ouvertes sauvagement, se retrouve en milles morceaux par terre. Flavien, dépassé, assis à la table, tente de le calmer :

« Voyons, Bob … Arrête … J’te jure que j’ai rien fais ! Rien ! »

Bob brise une dispendieuse bouteille de vin qu’il a saisi dans le mini sellier, qui n’avait jamais été ouverte, et s’avance vers Flavien. Celui-ci se lève pour l'esquiver, se tassant à droite pour éviter qu’il la lance sur lui. Le morceau de vitre tendu vers l’avant, Bob l’attrape par le collet en le menaçant de son arme. Changement complet d’attitude de sa part, Flavien ne bouge même plus, les yeux éteints fixés sur lui, comme s’il se demande s’il allait oser le faire contre lui. Et si oui, quand.

« Avoue que c’est toi qui l’a appelé ! Avoue que tu baises avec comme un malade durant mon absence !! »

« N … non, voyons … lâche-moi … »

Sa voix est lointaine, craintive mais sincère. La main autour de son cou se resserre, Flavien essaye de s’en dégager pour respirer normalement. Sa tentative fut ratée par Bob qui lui enfile un violent coup à la tête avec sa bouteille cassée pour le blesser. Flavien a enfin sa réponse, à moitié sonné, jeté avec force par terre par l’autre. Il atterrit brutalement sur le plancher, un filet de sang qui s’écoule sur sa joue, recevant un crachat en plein visage.

« T’es juste un salaud ! Combien de fois t’a laissé un autre que moi baiser ton cul pendant que j’étais pas là ? Combien de fois ?? Combien de fois tu t’es foutu de ma gueule ?! »

Flavien essaye de se relever mais n’il arrive pas, affaibli par son crâne qui le faisait souffrir, gémissant un simple :

« Jamais … »

Bob ne le croit pas, en lui prouvant avec un coup de pied sur les côtes, cette fois. Flavien émet une plainte, la vue brouillée de larmes qui refusent de couler.

« Osti que j’en ai assez de tes maudites allures de vierges candides qui joue la chatte en chaleur durant mon absence. J’en ai ras-le-bol ! Câliss de pute, tu me dégoûtes ! »

Flavien, presque incapable d’avoir la force de se défendre, voudrait qu’il comprenne qu’il a raison, qu’il a rien fait. Mais il sait aussi, par habitude, que c’est inutile de tenter quoi que ce soit. Bob, toujours aussi enragé, lui lance sa bouteille et les rares pièces de vaisselles toujours en bon état sur le dos. Des cris de douleur accompagnent la porcelaine qui se brise, sabre, lacère contre sa peau. Bob se met alors à jeter les derniers bibelots qu’il peut trouver, saccage une bonne partie de la pièce jusqu’à ce qu’il remarque que Flavien a défailli. Effrayé de se faire prendre en plein crime, Bob ne perd pas une seconde et sort en vitesse vers la cage d’escalier. Il embarque dans sa voiture avant de disparaître dans la ville sombre, en appuyant sur l’accélérateur.

À peine quelques secondes plus tard, Brad entre, angoissé par les sons qui se sont tut. La scène, ni plus ni moins désolante, qu’il aperçoit le laisse dans une grande stupéfaction. Au beau milieu de la pièce, il observe tout en panoramique. Les morceaux de vaisselle et de verre éparpillés, la flaque de vin éclaboussé sur le comptoir, les chaises de la tables renversés, plusieurs objets à l’envers et Flavien. Flavien qui gît, inconscient, par terre. Son corps gisant dans son sang et dans la porcelaine.

Horrifié, le jeune garçon se dépêche d’appeler le 911, répondant avec affolement aux interminables questions de la téléphoniste. Après avoir déposé le combiné, il court à la salle de bain pour prendre la trousse de premiers soins dans la pharmacie. Il retourne auprès de lui, pour lui retirer les débris prisonniers de ses plaies, panse chacune de ses blessures avec une grande délicatesse.

Par la suite, il ne reste qu’à attendre. À genoux, il le regarde tristement, espérant qu’il allait être correct. Il le regarde, ne l’ayant jamais vu dans un état aussi lamentable. Après quelques temps seulement, les ambulanciers arrivent et vinrent transporter le corps inerte vers l’hôpital le plus près. Brad rejoignit Chantal dans la voiture et tente de se remettre de ses émotions, sans trop y arriver.

Rendus sur les lieux, l’attente encore. Et aucune nouvelle de son état. Chantal est assise, patiente mais inquiète. Brad, lui, craint le pire, faisant les cent pas d’un bout à l’autre de la salle d’attente, d’un pas agité. Le temps semble passer avec une extrême lenteur dans de telles circonstances. Les visites sont interdites depuis un bon moment mais, compte tenu des circonstances, Brad espère quand même avoir un passe-droit. Les médecins se promènent sans cesse dans le couloir malgré l’heure tardive. C’est un mauvais présage, songe Brad. J’aime pas ça…

Pour se détendre, il va vers une petite boutique souvenir et achète un immense ourson qu’une infirmière va porter au chevet de Flavien. Le temps passe de moins en moins lentement et l’anticipation se fait. Brad a retrouvé son calme mais au fond de lui a toujours la trouille.

Finalement, un docteur vient vers eux. Enfin.

« Vous pouvez le visiter 15 minutes, pas plus, Dit-il. »

Brad, soulagé, ne se fit pas prier. Il se dépêcha de traverser le corridor vers la chambre 304. Celle qui hébergeait Flavien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Sam 19 Aoû à 14:48

Chapitre 15 : Aveux


Le choc en entrant. Flavien, tout amoché, qui était redressé contre l’oreiller. Un pansement sur sa tempe, ses cheveux en désordre, son regard vide, son dos à moitié caché par la jaquette et son visage empli d’ecchymoses et de coupures. Brad avait bien pansé toutes les lésions mais, sous le feu de l’action, n’avait pas remarqué qu’il y avait autant et d’aussi importantes. Malgré son air lointain et triste, Flavien lui sourit tristement en le voyant s’asseoir. Après de longs instants de silence, reconnaissant, il lança pour briser la glace :

« Brad … tu m’as sauvé la vie … merci. »

L’adolescent rougit et répondit, modeste, que c’était tout simplement naturel de l’avoir fait. Il continuait de regarder toutes les blessures de l’autre homme d’un air étonné alors que celui-ci avoua ce qu’il avait entendu :

« Les médecins ont dit que si tu n’avais pas bien désinfecté mes plaies et ni les avait pas bien bandées, j’aurais pu tomber malade ou bien perdre énormément de sang. Ils n’ont presque rien eu à faire sauf un test sanguin et continuer ce que tu avais fait … Merci … Merci Brad. »

Son teint changea de ton, embarrassé. Dehors, le docteur les chronométrait et surveillait le moindre geste, ce qui était dérangeant et qui le rebutait. Brad commença, après un autre silence :

« C’est dommage pour toi qu’il t’ait fait ça le soir du 23 décembre… Tu risques de passer ton Noël à l’hôpital … »

« J’sais. »

Flavien s’appuya sur le coté avec lenteur, le corps endolorit. Il eut un air très triste, la bouche entrouverte, entourant l’oreiller de ses deux mains, fixant le mur derrière l’autre, les paupières à demi fermées.

Brad, ne supportant pas de voir Flavien sombre comme il ne l’avait jamais vu l’être, le rassura :

« Ne t’inquiète pas! J’vais venir fêter avec toi … À … À moins que tu ne veuilles pas… »

Flavien reprit quelque peu l’air enjoué, dans sa voix, que Brad avait toujours connu :

« Bien sur que je veux ! Ça va me fera sûrement du bien de voir quelqu’un … »

Brad lui sourit, content qu’il accepte.

« Si tu le dis ! »

Le médecin vint couper la discussion et leur dit, pointant sa montre :

« Le quinze minutes est écoulé, vous continuerez demain. »

Brad salua Flavien en se levant pour partir, ayant déjà hâte au lendemain.

Flavien lui resta couché sans bouger, des larmes avaient enfin coulé sur ses joues, lâchant un soupir désespéré.

Ce ne fut qu’après le départ de l’adolescent que le blessé remarqua l’immense ours en peluche qu’il y avait sur sa table de nuit. Il étira le bras pour le prendre, ébahit de trouver ça. Enfantin, le jeune homme eut son premier vrai sourire en lisant la note qui l’accompagnait, suspendue sur la patte poilue :

Est-ce que tu me pardonnes pour tout, Flavien ? Maintenant que nous sommes quitte… Brad.


*********************************


« Qu’est-ce qui s’est passé, ensuite ? Demanda Valence avec des étoiles dans les yeux, les poings plaqués dans son cou. »

« Pas grand-chose après que le docteur est venu nous dire que le temps était écoulé, continua Brad. Je vais retourner le voir demain matin. »

La jeune fille sautillait presque sur son lit tant elle semblait excitée par tant de joliesse. On aurait dit une vraie histoire, à saveur homosexuelle, tant le drame était présent ainsi que l’amour, tellement elle ne croyait pas se qu’elle vivait. Elle demanda, intéressée :

« Tu vas faire quoi, alors ? »

Brad haussa les épaules, regardant le dessin à teneur fortement gay qui était peinturée sur un mur.

« J’en sais rien. Ça m’étonnerait qu’il me demande, tout cru, comme ça, si je veux revenir avec lui et de recommencer notre histoire… »

Valence réfléchit un moment, parmi ses connaissances en la matière, et proposa :

« Montre-lui qu’il est spécial à tes yeux ! »

Brad leva un sourcil, trouvant l’idée curieuse :

« Comment ? »

« J’en sais rien ! Fais quelque chose d’unique à laquelle il sera charmé et qu’il ne pourra pas résister ! »

« Mais je lui ai acheté un nounours immense … »

« Oui, et c’est bien pensé pour pas qu’il se sente trop seul le soir ! Sauf que maintenant, il faut que tu lui fasses savoir à quel point tu l’estimes, que tu l’aimes … Il faut le reconquérir ! »

« Ça en reviens à la première question … Comment je fais ? »

« Je sais pas, fait une folie… Comme Shuichi qui se déguise en femme dans Gravitation parce qu’il croyait que Yuki ne voulait rien savoir de lui parce que c’est un homme … ou dans Haru wo Daiteita quand Kato provoque vulgairement Iwaki … ou comme da… »

Brad la coupa, essayant de lui faire voir la réalité :

« Écoute, Valence. Faut que tu comprennes que ma vie n’est pas un manga yaoi avec des beaux mecs musclés qui s’embrassent autour de petites fleurs bleues. Elle est beaucoup moins réjouissante que ça... »

« Je sais mais bon je te dis que tu dois le reconquérir ! C’est la solution ! »

« J’aurai plus l’air d’un fou qu’autre chose, Se plaignit Brad. »

« Oui, et il va adorer. C’est sûr que tu vas le faire craquer ! Assura Valence. »

« J’vais réfléchir là-dessus. »

Brad sortit de la chambre, remerciant son amie, et se coucha sur le divan-lit dans le salon. Il voulut dormir mais la situation de Flavien l’obsédait en même lui foutait la trouille, n’arrêtant pas d’y penser. Alors, incapable de fermer l’œil, il sortit de l’appartement de Chantal et alla faire du ménage dans celui de Flavien, qui n’avait pas la porte barrée à cause des récents événements. Maintenant que la police avait photographiée la scène du crime, Brad pouvait tout ramasser. La vaisselle en morceau fut toute jetée, le comptoir nettoyé, les choses et le jeune garçon passa une bonne partie de la nuit à tenter d’effacer toutes les taches de sang sur le tapis. Il y parvint après quelques heures de travail intense et tomba endormit sur le sol, épuisé.


*****************************************


Il fut réveillé, le lendemain, par la voix de Valence qui l’interpellait. Après le petit déjeuné et s’être changé, ensemble, ils allèrent acheter un nouveau et peu dispendieux set de vaisselle orné de fruits pour Flavien. Au retour au bloc, Ils lavèrent et rangèrent les nouveaux morceaux, en riant et jasant. Ils finirent juste à temps pour le début de l’heure des visites.


*****************************************


Brad marcha rapidement dans le corridor en vérifiant les numéros de chambre inscrit sur le haut des cadres.

Dans la 304, où Flavien l’attendait en jouant un peu avec l’ourson, le faisant marcher, faire des pirouettes, il semblait aller davantage mieux physiquement que mentalement. Brad ne put s’empêcher de le trouver vraiment beau comme ça, quand il pénétra dans la pièce. Le blessé lui sourit en le voyant.

«Salut, merci Brad ! Lança-t-il. Merci pour l’ourson ! Il est vraiment mignon ! »

Brad rougit et bredouilla quelques paroles en guise de justification :

« C’était un peu … ma manière de m’excuser pour t’avoir fait paraître pour un fou hier … dans le magasin … »

Flavien, compatissant, dit gentiment :

« Ce n’est pas grave. C’est plutôt moi qui devrait m’excuse pour t’avoir abandonné… »

« T’as pas à t’excuser, ça m’a juste mit la vérité en face… »

« Quelle vérité ? »

Brad prit une grande inspiration avant de continuer avec peine pour lui expliquer :

« Ça m’a vraiment démontré que je suis le seul responsable de ma tristesse et que j’aurais dû y penser que t’allais te trouver quelqu’un d’autre au lieu d’espérer que tu m’attendais encore. Et aussi, j’ai pu voir à quel point j’m’étais trompé l’autre soir quand j’ai … prit la mauvaise décision … C’est inexcusable, en fait. »

« C’est pas ta faute, Le rassura Flavien. Tu ne savais pas… ce que tu faisais… ce que ça ferait… »

Brad commençait à avoir la voix serrée :

« J’ai quand même perdu la personne la plus chère à mes yeux … »

Il y eut un silence lourd. Très lourd. Se sentant vraiment de trop et trouvant que la réalité dépassait trop la fiction, Valence s’excusa et sortit de la pièce, laissant les deux hommes seuls.

Flavien ne fit que le regarder pendant un moment, pensant puis proposa, un peu troublé :

« Tu sais, tu m’as pas totalement perdu de ta vie… On peut être amis, si tu veux… »

Le cœur de Brad cessa de battre en entendant le mot « ami ». Plus que n’importe quoi, c’était le cœur du jeune homme qu’il voulait… Le mot ami signifierait donc que leur aventure était reliée au passé, sans que jamais ils ne pourraient s’aimer comme antérieurement. Brad essuya même quelques larmes qui commençaient à perler autour de ses yeux et se força de lui faire un sourire :

« Ok. »

« J’me sens un peu seul, j’peux avoir un câlin ? »

Brad s’avança pour accomplir sa demande, même si ça lui faisait mal de le coller quand en lui, il n’avait que l’envie de sangloter, trouver son réconfort dans ses bras. Flavien, lui, semblait aller mieux durant l'étreinte de son nouvel ami. Il lui révéla, en se détachant de lui :

« T’es un très bon gars pareil, Brad. »

« Toi aussi. »

« Et bon, si ça peut te faire plaisir, moi et Bob c’est d’l’histoire ancienne, comme t’as pu constater, Annonça Flavien. »

« J’vois pas pourquoi ça me ferait si plaisir. On n’est plus ensemble, non. »

« J’croyais que ça te aurait pu te rendre mieux, toi qui était si affligé de voir que je m’était remis en couple. »

« Bof, après tout, c’est normal, Déclara Brad, comme s’il n’avait rien là. Ça aurait été idiot de rester avec un salaud qui t’a fait ça ! »

Flavien baissa le regard à sa remarqua. Brad prononça la suite, honteux de la dire :

« Comme ça aurait été idiot de rester avec un gars qui t’a abandonné. »

« Idiot, pour ça, tu dis ? Répondit Flavien, croyant le contraire. T’es sur ? »

« J’ai été stupide, oui. »

Se sentant très mal pour lui, Flavien tenta de comprendre plus en profondeur en demandant, avec une once de curiosité :

« Qu’est-ce qui s’est passé, après que tu sois parti sans moi ? »

Brad renifla, sa voix était devenue mélancolique :

« J'ai pas dormi de la nuit tant tu me manquais, Falbo, lui, était redevenu si distant, j’ai même dû m'droguer pour oublier ma peine, tenter de me reposer. Quand j'suis allé chercher mon sac, j'voulais tant te demander de me reprendre pourtant… j'avais trop de fierté pour le faire pis… T’étais si froid... Quand tu m'as fermé la porte au nez, me disant que tu n'étais plus sur que tu m'aimais, j'étais sur que t'allais te faire à l'idée, que tu allais me laisser entrer, peu importe le temps que ça prendrai. J'ai attendu, attendu, attendu mais la porte ne s'est jamais ouverte. J'm'en suis jamais remis puis Falbo m'a vite obligé à reprendre la job et … Et je suis devenu ça : Une sale pute qui doit supporter tout les caprices de ces clients pour s'payer sa drogue pour étouffer son désespoir quelques minutes par jour … J'suis devenu le mal en personne ... »

Flavien, assez perturbé par sa démoralisation et sa véritable descente en enfer, tenta de le consoler en assurant l’inverse.

« T’es pas autant le mal que tu le prétends… »

« Oui… Oui je le suis…, Protesta le garçon. Même en ce moment, mon corps réclame en me torturant pour obtenir encore de cette maudite poudre. »

« Tu sais, moi, ce jour-là, j’ai beaucoup hésité à t’ouvrir la porte. J’n’savais plus comment réagir à tout ça, ma tête et mon cœur était en désordre. Quand j’t’ai entendu partir, j’ai pu qu’effondré comme une fillette. »

« Ah, j’me suis tellement trouvé salaud par la suite. J’pensais à tout ce qu’on s’était dit : qu’on ne se lâcherait jamais, qu’on serait toujours là pour se soutenir... J’y repense encore tellement et ça m’donne le goût d’mourir. Confessa t-il, en baissant la tête. »

« Tu n’est pas salaud, Brad, c’est pas vrai. Enlève-toi ça de la tête..., Répliqua Flavien, attrister de comment il se trouvait. Moi après, j'ai voulu plus y penser, tout effacé. Alors, je me changeais les idées. Puis quelques jours après, dans un bar très normal, je l'ai rencontré pis je l’ai ramener chez moi à la fin de la soirée. J’ai peut-être essayé de me prouver de quoi ou je sais pas trop. Je voulais peut-être passer à d'autre chose mais ça pas marché, parce que tu sais quoi ? T’étais aussi présent dans mon esprit, toujours là en moi. Ajouta t-il, sincèrement. »

Brad fut étonné, releva le regard. Il s’exclama, avec chagrin ce qu’il avait su :

« J’voulais pas t’abandonner ! J’voulais pas ! Je me suis fait embobiné dans un de ses complots. Jamais été son amoureux, il m’a jamais eu un petit sentiment pour moi… Je l’ai tout de suite compris dès la première soirée, que je m’étais fait avoir. »

« Mais pourquoi tu restes avec lui alors ? Ça sert à rien de rester avec un type pareil… C’est comme…. Moi et Bob… Le raisonna Flavien, en ayant compris qu’il n’avait rien fait pour se sortir de là. »

« Parce que j’ai nulle part où aller et que la rue est mon seul refuge. »

« J’vais te soutenir, moi. Mes promesses tiennent toujours, cependant faudrait que tu y mettes du tien, aussi, pour aider ta cause. »

Brad se sentit rayonné, tout d’un coup, lui promettant, le cœur emballé :

« Je vais faire de mon mieux, donner mon maximum. Je vais faire d’énormes efforts. Promis. Si jamais Falbo revient me chercher, j’l’envoie promener comme l’employé hier ! »

Flavien l’attira près de lui, rigolant :

« Et je suis t’es ma propriété, à partir de maintenant, tu ne partiras certainement pas ! »

Brad rit un bon moment avec lui jusqu’à temps que Flavien eut le courage de dire :

« Écoute… Tu sais quand je t’ai dit que je n’étais plus sur de t’aimer... Je le retire… J’suis sur que c’est faux, même aujourd’hui. »

Jusqu’à ce qu’il sentit les lèvres du jeune homme, impulsif, reprendre possession des siennes, ses mains sur chaque côté de son visage. Brad fut tellement abasourdi, mais ne rouspéta pas tant il avait rêvé de ce moment pendant des nuits et des jours.

Jusqu’à qu’il en ait la preuve avec la langue qui chatouillait la sienne. Jusqu’à que Flavien lui souffla qu’il était prêt à lui donner une autre chance à ce niveau finalement. Jusqu’à que Brad l’embrasse à nouveau, le cœur battant la chamade.

Valence, dans la porte, regardait la ravissante scène, bavant sauvagement en voyant les deux hommes s’échanger un fervent baiser … Enfin un Noël de sauvé !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Mar 7 Nov à 21:25

Chapitre 16 : Ne quitte pas mes bras


C’était viscéralement vif comment certains bras, après avoir été apprivoisés, réconfortants puis perdus, convoités plus que tout, pouvaient lui apporter un immense bien-être physiologique. Brad s’était aperçu combien il s’était ennuyé d’y être réfugié. Jamais encore il n’avait passé autant de temps contre quelqu’un ainsi enlacé, songea t-il depuis qu’il l’avait remarquer son désir. Il se serait regardé, et s’aurait probablement trouvé étouffant d’affection, trop cajoleur. Mais loin de ça pour Flavien, tant de câlins étaient bien loin de lui déplaire pour satisfaire son besoin, qui semblait bien en avoir besoin.

À tous point de vue, l’adolescent lui était plaisait malgré ses faiblesses, dénichant en un semblant de jeunesse qu’il avait connu de la mauvaise façon. Une jeunesse épanouissante, libre et heureuse. Même si le plus jeune était dans un manège étourdissant d’horreur, avec lui, il se sentait rajeunir de quelques années mentalement. Et en plus de sa bonne humeur qui le contagiait, le bouleversait à petit feu. C’était fou comme ce jeune garçon lui procurait une stabilité mentale à toutes épreuves, un amour solide.

Flavien sentait que sa vie venait de changer pour le mieux… et ça ne faisait que quelques heures qu’ils avaient recommencé à « sortir ensemble ».

En écho, il pouvait entendre les pas de celui qui était redevenu, officiellement, une part entière de son existence pendant que le blessé rêvassait joyeusement dans son lit d’hôpital.

La porte s’ouvrit, laissant entrer le garçon aux bras chargés d’un appareil électronique. Il la déposa sur le support fait pour ça afin de la brancher.

« Flav! Ils ont accepté de me prêter une télé! »

« Super! »

Lorsque tout fut correctement installé, Brad vint se coucher, télécommande en main, auprès de son amoureux qui lui fit de la place. Il ouvrit le téléviseur tout, avec un sourire gai.

« On écoute un film? »

Flavien acceptant, Brad zappa un moment, cherchant le canal spécialisé aux nouveautés cinématographiques. Il changea une vingtaine de fois de postes avant de tomber, stupéfait, sur un visage trop familier. Il figea, incapable de réagir.

À l’écran, il y avait une femme, au tout début de la quarantaine, qui pleurait. Entre deux sanglots, elle implorait en gesticulant :

« Si tu entends ça, Brad, je t’en prie! Reviens à la maison!! Au moins pour Noël… Je vais préparer un grand goûter à ton honneur, nous allons te chérir mais reviens! S’il te plait… »

Flavien comprit immédiatement la situation, devinant qui était la femme larmoyante. Voyant son trouble apparent, il se rapprocha de lui, humant ses cheveux.

« Écoute, si tu ne veux pas maintenant les revoir, c’est correct. Tu vas pouvoir rester chez moi, le temps que ça te chantera, autant que tu veux. Le contraire aussi est pareil, si tu veux reprendre contact avec eux, fais-le. Je veux juste que tu sois bien avec ta décision. »

Brad prit une grande inspiration et avoua :

« Je ne sais pas si j’ai vraiment envie d’y retourner. Mon père doit sûrement m’en vouloir encore énormément pour ma fugue et pour l’autre soir, dans le bar. Il est du genre rancunier… »

Le jeune homme l’avait écouté religieusement, tout en lui caressant la joue. Ça n’avait l’air de rien mais un geste aussi banal rassurait énormément l’adolescent. Ça apaisait un peu ses craintes. Maintenant, plus que jamais, Brad se sentait avec un port d’attache et on le retenait à son appartenance à se monde, par Flavien, avec poigne, par moments.

« C’est comme tu le désires, Brad. »

« Mais, en dedans, Poursuivit le mineur, j’ai tellement envie de revoir ma mère. C’est pas vraiment de sa faute tout ce qui arrive et elle doit pas avoir de la peine à cause moi… »

Flavien hocha la tête, compréhensif. Brad se colla un peu plus confortablement contre son amoureux, frémissant de bonheur lorsque les bras de celui-ci l’encerclèrent.

Dans le fond, pensa t-il, pourquoi devrait-il prendre le risque de perdre la vie confortable qu’il pourrait mené avec Flavien et être dans la tranquillité pour la première fois de son existence. Mais, même une si sage pensée ne sut enlever à Brad le sentiment d’ennui qui le saisissait. La voix, qui interpellait, voire même suppliait, de sa mère le prenait au cœur.

« Je crois peut-être agi trop vite quand j’ai fugué… en même temps, j’éprouve le besoin d’y retourner mais je n’y parviendrai jamais seul. J’ai besoin de force… Quand tu vas avoir ton congé d’hôpital, vas-tu pouvoir m’accompagner? »

Flavien blêmit en entendant cette remarque, devenant plus distant en se détachant légèrement de lui. Il voulait tant l’aider mais une partie enterrée le lui en empêchait, ayant si peur de revivre, encore une fois, les images qu’il tentait de chasser depuis des années. Commençant à avoir des sueurs froides, Flavien se chercha une excuse débile, balançant la première qui lui passa par la tête, espérant qu’elle fonctionne :

« J’vais être de trop… »

Les yeux de Brad étaient devenus brillants, faisait encore plus pitié qu’un chiot.

« Ben non, Flavien… T’es quelqu’un de vraiment important pour moi et, si je compte tant que ça pour eux, ils vont t’accepter… »

« Et s’ils me jugent? »

« Je ne les laisserai pas te faire du mal, Ajouta Brad avec conviction. S’ils le font, j’disparais à tout jamais de leur vie car tu ne mérites aucune reproche ! »

Flavien, malgré tout ce qu’il éprouvait en lui, ne put résister au regard intense de Brad. L’homme savait que son âme souffrirait après la rencontre avec ses beaux-parents mais, pour le moment présent, le bonheur de son amoureux comptait plus que son état d’esprit.

Un baiser sur le bout du nez, une caresse sur la nuque. Ses lèvres sourirent à l’adolescent et laissèrent sortir, d’un ton rieur, une entente; un compromis :

« C’est d’accord. Je vais venir, mais promets-moi une chose. »

« Quoi? »

« Que tu ne fasses pas de scène quand je vais te présenter à ma mère à Noël! »

Ils éclatèrent de rire à cette promesse que Brad approuva.

Pour Brad, apprendre qu’il sera présenté aux Fêtes était un grand honneur, gage qu’il avait sa place assurée en lui. Le plus vieux vint lui voler un baiser sur ses lèvres. Brad riposta et l’échange devint de plus en plus lascif… jusqu’à ce que la porte s’ouvre.

Sursautant, le couple se sépara pour apperçevoir un jeune médecin accompagné d’un plus vieux entrer. Le moins âgé se présenta :

« Bonjour, je suis Mathieu Demers, stagiaire, et je vais vous examiner, monsieur Bouchard, pendant que je serai évalué par le docteur Bélanger. »

Brad les regarda faire pendant que Flavien était docile. Le jeune Demers, malgré son rang de stagiaire, semblait très professionnel, même plus que certains médecins. Ce dernier fit subir quelques tests de routine au patient avant de déclarer, avec conviction et assurance :

« Monsieur Bouchard, j’ai l’honneur de vous annoncer que vous passerez Noël chez-vous. En cas où votre ex reviendrait vous harceler, n’hésitez surtout pas à appeler la police. Et puis, je crois que je ne me trompe pas en disant que le p’tit (il désigna Brad de la tête) va garder un œil sur vous. Bonne vacances! »

Les deux hommes se préparèrent à quitter tandis que Demers se faisait tapoter le dos par son supérieur fier de lui. Heureux comme tout, Brad sauta presque au cou de Flavien :

« C’est trop cool! »

Flavien ne put réprimer un bon rire en voyant Brad si joyeux. Ensembles, ils finir de ramasser les simples effets personnels de Flavien qui traînaient pour ensuite prendre un taxi pour retourner à la maison.


***


Lorsqu’ils pénétrèrent dans l’appartement, Flavien eut un pincement au cœur, se remémorant les tragiques évènements s’étant déroulés l’autre soir. En même temps, il devait avouer que la propreté des lieux lui était vraiment surprenante.

« Wow, Brad… t’as dû pas mal frotter! »

« Pas tant que ça. Faut que je te montre quelque chose! »

Flavien se retourna pour voir que l’autre avait ouvert le panneau d’une des armoires. On pouvait y voir toute la nouvelle vaissellerie. Flavien fut touché par cette attention délicate de la part de Brad :

« T’as acheté ça pour moi? T’es vraiment trop gentil! T’aurais pas dû! »

Brad l’enlaça encore une fois, satisfait que Flavien apprécie son geste en répondant :

« Prends-le comme un cadeau de Noël, si ça te gêne tant!»

L’hôte l’embrassa maintes et maintes fois en guise de remerciement. Il coucha son invité sur le divan en possédant toujours ses lèvres. Le majeur suggéra, entre deux baisers :

« Devrait-on essayer à nouveau le divan avant d’aller chez tes parents? Question de voir s’il est résistant ou cassant comme une assiette…»

Une étreinte, un baiser passionné comme réponse… Et c’est ainsi que le couple entreprit des galipettes sur le sofa !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Mar 7 Nov à 21:26

Chapitre 17 : Les vautours rodent toujours



Quelques heures avaient passées depuis que Marie-Ève*, la mère de Brad, ait fait son annonce larmoyante au plus grand média télévisuel. La brave dame vaquait à ses activités normales, c’est-à-dire se mettre belle. Or, la pauvre n’arrivait pas à se concentrer et allait, à toutes les cinq minutes environ, jeter un coup d’œil barbouillé de mascara mal étendu à l’entrée du manoir. Jerry, âgé d’une dizaine d’années de plus qu’elle, remarqua le comportement de son épouse, assis dans le salon à lire les cotes boursières. Il enleva sa cigarette de ses lèvres, le temps de lui dire :

« Que fais-tu, à la fin, Marie ?»

La dame soupira, exaspérée de d’entendre le blâme camouflé et d’encore respirer la fumée âcre et nocif du tabac, et admit :

« J’espère qu’il a entendu, qu’il va revenir. Je m’ennuie tant de lui! »

Jerry haussa les épaules, s’en foutait presque.

Parce qu’il n’avait jamais osé dire à sa tendre moitié quel gagne-pain Brad exerçait dans le Joystick et par-dessus tout. Il ne voulait pas éviter l’angoisse dans laquelle sa femme pourrait être plongée en apprennent cela, il voulait simplement sauver sa peau en passant à coté de questions telles que : « où as-tu appris ça? », « t’as une preuve de ce que tu avances? ». et « quoi ! tu le savais et tu me l’as pas dit avant. pourquoi ? ».

Le quinquagénaire balaya la pièce du regard, un peu froid, les sourcils se froncer. À peine quelques secondes plus tard, un domestique entra, annonçant, les mains croisées :

« Monsieur, madame, j’ai eu l’information que votre fils vient de pénétrer le domaine. »

Marie-Ève, n’y croyant pas, accourut vers le hall d’entrée, si excitée à l’idée de revoir son fils unique. Elle sortit dehors pour accueillir son garçon bien-aimé, fixant la voiture qui venait de se garer près de la porte d’entrée puis la portière coté conducteur qui se referma. D’abord un étranger sortit pour aller ouvrir la porte à l’adolescent, les cheveux mi-longs, un début de barbe… Marie aurait reconnu son enfant parmi mille, malgré sa métamorphose. Elle accourut enlacer, ou presque étouffer, le jeune homme qui lui rendit son étreinte.

« Mon petit Brad ! Tu m’as tellement manqué ! »

« Moi aussi, maman… »

Les retrouvailles furent chaleureuses comme toutes. Flavien regardait la mère et son fils en souriant, attendrit, se remémorant sa relation avec sa propre mère. Jerry qui s’était enfin décidé à aller à l’extérieur, regardant la scène d’un œil sévère. Flavien se sentait juger dans les moindres détails. Le paternel vint briser le moment :

« Brad. Qui est-ce? Je ne l’aime pas. »

Brad remarqua qu’il parlait de Flavien, alors il rassura son amoureux d’une voix basse :

« Ne t’inquiète pas, il est toujours comme ça. »

Brad haussa le ton, ses yeux défiaient ceux de son père, il avoua :

« C’est mon chum. Je te demande de l’accepter comme un membre de la famille, comme tu m’acceptes. »

Jerry le dévisageait, sachant qu’il n’avait vraiment pas le droit de protester et que Brad n’allait pas se gêner à le dénoncer sur ses penchants cachés s’il désobéit à son avertissement. Aussi, Jerry n’était pas dupe, il avait reconnu Flavien, le gars qui avait protégé Brad au bar mais il était convaincu que la supposée relation entre les deux n’était qu’une provocation créée de toute pièce.

Marie, elle, les invita à passer au salon. Elle était soulagée, heureuse de savoir que Brad avait trouvé une personne qui l’adorait et qu’il était logé, nourrit pendant un temps qu’elle pensait sombre et miséreux. Marie fut très cordiale avec les garçons, engageant la conversation jusqu’à ce que Jerry brise l’harmonie.

Décidément., il a besoin d’une plus sévère éducation que je lui ait déjà donné,, songea-t-il.

« Brad, tu vas revenir ici et tu es privé de sortie jusqu’à ta majorité. Tu vas apprendre à te comporter convenablement. Pas comme un … »

Brad protesta immédiatement en le coupant :

« Non, je vendrai pas vivre ici à nouveau. Je suis chez Flavien, maintenant. »

« Il n’en est pas question ! Tu feras ce que tu veux quand tu auras 18 ans, s’ici là, t’as besoin d’un sacré bon renforcement de caractère. Tu est sous mon autorité et tu vas m’obéir ! »

« Oublie ça ! T’es pas bien placé pour m’empêcher de fréquenter un homme… »

« Moi, au moins, j’ai jamais eu un emploi aussi dégueulasse. Raconte-donc à ta mère comment tu gagnais ton argent ?! »

La femme ne comprenait plus rien… ou avait peut-être peur de comprendre. Brad rétorqua, ironique :

« Tu peux crissement bien parler! Monsieur est marié et va dans un bar gay pour draguer des jeunes prostitués et voir des danseurs nus! »

On vit qu’elle avait compris alors par la rougeur de son visage pris par la colère. Jerry avait beau la traiter comme inférieure, être macho et cruel quelques fois cependant toutes les années d’union qui les reliaient, elle avait cru naïvement en la fidélité de son époux.

« Brad… Emmène ton ami visiter ta chambre. Je DOIS parler à ton père IMMÉDIATEMENT! »

Brad obéit, savant ce que ça signifiait. Sa mère ne piquait que très rarement une crise de colère, mais lorsque ça se produisait arrivait, ça pouvait être épouvantable.

Brad et Flavien entrèrent dans la grande pièce, stupéfaits en regardant autour deux : Brad parce que tout, même la propreté extrême, avait gardé sa place depuis son départ et Flavien par la grande superficie des lieux. Tout était bien meublé, avec tout ce qu’il aurait voulu avoir. Cependant, une fois de plus, on pouvait voir que l’argent et les biens matériels ne faisaient vraiment pas le bonheur, la fugue de Brad le justifiait.

Ne sachant quoi dire, Flavien brisa le silence :

« C’est joli, ici. »

Brad haussa les épaules alors qu’un grand malaise les parcourait.

Flavien se sentait vraiment de trop dans toute cette maison, les larmes aux yeux en revoyant tous les souvenirs que la colère de Jerry avait été cherchée en lui. Il les chassa immédiatement, bien habitué de se ressaisir. Non, il n’avait pas le droit de flancher devant Brad, alors qu’il était sensé être venu pour le soutenir.

Il avait beau avoir son visage impassible mais Brad remarqua son trouble. L’ado serra son amoureux contre lui, rassurant :

« Merci d’être là, tu me supportes, me réconfortes que par ta présence. Désolé de t’avoir entraîné dans tout ça. »

En remerciements physiques, le jeune couvrit son cou de baisers. Flavien retrouva le sourire sous toutes les attentions de Brad.

« Toi aussi. Toi aussi, merci de m’aider. »

Tous les deux se donnaient l’affection dont ils avaient tant besoin en ce moment précis, leurs lèvres communiaient ensembles amoureusement. Ils se complétaient, trouvant en l’autre la force qui leur manquait. Il n’y avait rien d’autre qu’amour et réconfort entre eux, emportés par une marée de baisers.

Brad se leva, après cinq minutes.

« J’reviens, le rassura-t-il. Je vais à la salle de bain. »

Brad sortit alors de la chambre, ne remarquant pas que Jerry n’attendait que ce moment pour entrer dans la pièce pour se venger de l’autre soir et des cris qu’ils venaient d’endurer. Le vautour Spitfire avait trouvé sa cible, il ne la laisserait pas partir de si tôt se dit-il en entrant dans la chambre, verrouillant discrètement la porte derrière lui. Ses yeux malicieux étaient fixés sur Flavien.



* Bien sur, il va avoir une Carolyne plus tard
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Lun 30 Avr à 23:49

Chapitre 18 – Confrontation de décadence, cacher ses faiblesses


Dans un geste débordant de malice, Jerry s’assit à coté de sur le lit, croisant les jambes.

« Dis-moi combien cet idiot t’a payé pour que tu acceptes de le suivre jusqu’ici ? »

Le pauvre Flavien se sentait déshabillé par les yeux froids de Spitfire qui ne cessait de se rapprocher. Un malaise le prit et lui serra la gorge. Il semblait incapable de répondre, la question le laissait incompréhensif. Dans sa tête, c’était Brad l’escorte et non le contraire, d’ailleurs il n’irait jamais vendre son corps.

Le quinquagénaire, impatient, recracha, à quelques dizaines centimètres de lui :

« Combien !? »

Flavien se déplaça plus loin pour prendre ses distances du vieux. Machinalement, comme s’il avait toujours reculé. C’était aussi la confrontation visuelle féroce. Confortation physique fermée comme signifiait les bras croisés du jeune. Confortation verbale ou Flavien s’indignait alors, craquant sous la pression du regard imposant de Spitfire.

« Il est pas aussi idiot que vous. Il n’a pas besoin de me payer ; on s’aime, c’est tout. »

Jerry eut un rire gras, probablement forcé, qui insulta le nouveau gendre qui voyait bien qu’on se foutait de sa gueule. Cela paraissait qu’il n’attachait aucune crédibilité à la dernière allégation. Il réfuta le tout, avec du ressentiment pour l’adolescent.

« Tu sais que t’es un petit marrant, toi? Qui pourrait – et voudrait - s’attacher à une telle feluette ? Hahaha. Tu sais, entre toi et moi, il ne fera pas long feu dans l’milieu, ça se voit. Ils vont se lasser d’entendre ce pleurnichard, sans le moindre sex-appeal ni beauté.»

« Vous êtes dur, moi je veux de lui. »

Une envie instantanée de frapper se manifesta dans les poings serrés du jeune adulte, insulter devant lui son amoureux de ce façon, son propre fils de cette façon.

« Arrête de mentir, tu sais que je suis réaliste. »

Il mis toute son énergie à se contrôler, atténuer la rage, comparaison efficace avec une flèche montante, impérialiste, surtout lorsque Jerry lui saisit soudainement le poignet pour le forcer avec brutalité à s’approcher de lui. Le resserrement contractait son muscle, arrêtant presque la circulation sanguine par les rougeurs qui apparaissait. Trouvant cette tentative de blessure désagréable, il s’en plaignit :

« Lâchez-moi, merde, ça fait mal ! »

De son autre main, sans trop de dextérité, il fouilla dans son portefeuille, sorti de sa poche de pantalon, pour en retirer une bonne liasse multicolore de billets. Spitfire senior tenta de le rassurer mielleusement,

« Calme-toi, tu dois supporter ça à la journée, c’est pas un de plus qui va faire mal. Quel est ton tarif ? »

Il n’y avait pas une once de violence dans la voix de Jerry mais ses paroles l’étaient dans un sens que Flavien décoda pour s’enflammer de rage comme de l’amadou qu’on met pour allumer de la braise, dégoûté qu’on le prend jusqu’au bout pour un prostitué.

« Non ! Il n’en est pas question ! Je ne suis pas comme ça ! »

Jerry ne toléra pas son refus catégorique, attirant le jeune homme plus près de lui, sans trop être brusque. Mais sa poigne restait la même et son ton devenait un peu moins assuré :

« Juste une fois, personne le saura. »

« Hors de question ! Je ne serais pas infidèle à Brad ! »

Il était devenu peu tremblant et cherchait ses mots. Ses mains cherchaient une autre poignée de billets. Personne, avant Flavien, n’avait refusé ses avances grassement payées. Il sortit plusieurs papiers de grande valeur et les déposa dans la main de Flavien. Incapable de supplier cette fois

Puis Jerry qui lâcha son portefeuille, l’empoigna par sa main libre pour se coller.

Vouloir de liberté, débattement. Contrôle plus emprisonnant. Possession des mouvements qui se resserrait.

Jerry ne tolérait pas qu’on lui refuse ce qu’il voulait, que ça soit au travail que personnellement. Ces interdictions le rendaient fou, le faisaient se sentir moins que rien. Il avait tout en son pouvoir pour obtenir ce qu’il voulait ainsi que de réprimer la frustration en lui qui manquait d'éclater d’un moment à l’autre. Le Joystick avait été longtemps son échappatoire où il se payait de beaux hommes pour le libérer de ses pulsions, son stress, nier pour toute sa vie cette partie de lui.

Écrasement sur le dos, incapacité de bouger. Des mains insolentes ses hanches. Des lèvres humides qui le pris par surprise.

Néanmoins, depuis que l’accès au Joystick lui était interdit, que la communauté presque entière le regardait de travers, il s’était retrouvé seul face à lui-même, devenu jaloux de son propre fils. Jaloux que celui-ci puisse, seulement en levant le petit doigt, attirer tous les regards. Jaloux de celui qui était devenu la coqueluche de ce bar miteux. Jaloux du fait qu’il avait appris à ne pas avoir honte avec son prostitué menteur.

Sous lui, sans pouvoir rien faire qu’être à la merci. Savoir que les visions d’horreur allaient apparaître. Répulsion de pas pouvoir s’échapper.

Jerry s’était rendu à l’évidence même pendant ses longues périodes de réflexion : il n’avait pas ce don, qu’ont certains, d’être désirables. Quand on venait vers lui, même amicalement, ce n’était que pour son argent. Rien d’autre. Et il n’avait jamais voulu l’admettre. Parce que l’argent gouvernait son esprit. Même dans sa jeunesse, hormis Marie-Ève, on ne l’avait jamais aimé ou désiré, jamais voulu être sincères dans leurs présences. Était-ce pour cela qu’il s’était rabattu en égoïste sur la jeune femme ? Était-ce pour ça que l’argent était devenu si important à ses yeux, parce qu’il s’en servait pour arriver à ses fins? Était-ce pour ça qu’il n’avait jamais éprouvé la moindre honte, avant aujourd’hui, d’avoir lâchement trahi sa femme pour se sentir désirer?

La manipulation par cette somme sale, colossale et Brad emplissait son esprit. Flavien eut peur, il senti sa fermeture éclair de son pantalon descendre, sa ceinture débouclé. Il ferma les yeux, refusant de se voir déshabiller contre son gré.

Au moment où le bas allait être ôté, Marie-Ève, visiblement toujours en colère de la chicane qu’elle avait déclenchée, entra, voyant son époux assez intime avec son gendre. Elle vit l’envie dans les yeux de son mari, la crispation dans le visage de Flavien. La rage lui monta aux poumons, l’humiliation les fit s’avancer pour les éloigner l’un de l’autre.

« T’ES VRAIMENT UN SALAUD, JERRY SPITFIRE!!! Essayer de ENCORE me tromper dans la chambre de TON PROPRE FILS avec son CHUM !! (Elle vit les billets éparpillés sur le sol) avec ton CRISS D’ARGENT en plus ! Sale porc !! »

Jerry n’eut pas le temps de se défendre, seulement de se rasseoir que la main de Marie-Ève le percuta en pleine figure. Violement. Pour le désarmer de ses arguments, incapable. Il avait été infidèle des milliers de fois, blessant la seule personne qui l’aimait inconditionnellement pour autre chose que son argent. Oui, et c’était insultant pour les porcs.

Marie-Ève respirait bruyamment, écumant de colère. Flavien n’osait pas bouger de sa position, les pupilles folles miroitantes.

Puis ce fut le tour de Brad de revenir. Il constata la scène, ses parents, Flavien comprit tout. Il vint le serrer, se sentant coupable.

« J’m’excuse, Flavien, chut, c’est terminé, j’aurais pas dû t’emmener dans un tel cirque. »

Flavien le serra fort en retour, dans un moral piteux. Brad l’aida à se relever pour qu’il puisse arranger son pantalon et ses cheveux et pour sortir de la chambre. Maire-Ève les suivit, laissant Jerry seul.


***


Quelques minutes passèrent, la femme avait fait sa valise prête à aller s’installer chez sa sœur, pharmacienne, qui allait venir l’emmener loin des restes de désolation et de brisures de la tempête.

Marie-Ève avait déjà fait sa valise, prête à partir. Sa sœur, qui travaillait à la pharmacie, viendrait la chercher. De la tempête, il ne restait que la désolation et une famille brisée. La mère fut la première à prendre la parole, dans le silence funèbre :

« Écoute, Brad. J’suis désolée que vous ayez eu à confronter tout ça cet après-midi, ça… été un choc. Et aussi, j’t’interdis de vendre ton corps. C’est dangereux. Si j’apprends que tu continues de danser au bar, j’vais venir personnellement te chercher chez Flavien et tu vas venir vivre avec moi et ta tante. »

Brad baissa la tête, assis contre l’autre sur le sofa, il n’aurait voulu ne plus en entendre parler par ses parents. Dans le bar, il ne faisait que survivre. Il ne faisait pas cela par plaisir. De toute façon, il savait que ça allait plus se reproduire. Il souffla un petit honteux :

« D’accord…»

La mère libéra son fils des bras de Flavien pour serrer son ‘’petit’’ garçon. Elle le garda contre elle assez longtemps. Brad sentit, dans son impuissance de tapoter à petits coups le dos de la femme, contre son épaule, des larmes s’écoulées, comme la poussière retombante,


***

Audrey, qui semblait beaucoup moins sophistiquée qu’elle, arriva dans le hall d’entrée, son manteau beige couvert de neige. Sachant qu’elle n’aimait pas patienter trop longtemps, Marie fit ses recommandations habituelles et lassantes à son garçon :

« Tu viendras me voir des fois, Brad, si jamais il arrive quelque chose avec Flavien, tu viens chez ta tante, ne parles plus à ton père, la drogue c’est mal, les études c’est important, rebaisse le couvert du bol de toilette quand tu as finis, n’acceptes pas de bonbons d’étrangers, regarde des deux cotés avant de traverser, sois sage, protèges-toi quand tu fais des gouzi-gouzi … »

Brad s’écria, outré :

« MAMAN !! »

« J’veux pas te perdre du sida et surtout si tu exposes ton zouin-zouin à tout le monde !! Je veux plus de ça et c’est pour ça que je… »

« Mamannnnnnnnnnnnnnn! Arrêteee !! »

« Bon, ok, j’arrête. Bye bye mon Bradibounouchet»

Elle donna un dernier baiser sur le front de son fils, qui était mort de honte, et lui souhaita un joyeux Noël.

Ils se suivirent jusqu’à l’extérieur, où ils prirent deux routes différentes. Brad et Flavien filèrent vers l’appartement, tentant de se remettre de leurs émotions.

Les deux amants avaient peu parlé depuis qu’ils avaient quitté le manoir Spitfire. Brad s’était excusé quelques fois mais son amoureux ne s’était contenté d’acquiescer, distant. En simple hochement de tête ou quelques grognements. Aucune véritable phrase n’avait été prononcée. L’air lointain qu’affichait l’homme inquiétait l’adolescent. Il avait tenté de lui parler, de lui tirer les vers du nez, mais il en fut incapable. Il en vint à la conclusion qu’il devait laisser la poussière retomber.

Brad décida alors d’aller prendre un bain pour relaxer, se changer les idées, réfléchir et dit de faire la même chose à Flavien. Il fit couler l’eau qui devint savonneuse avant de se dénuder et d’entrer en elle. Il prit place dans la mousse tout en fermant les yeux et le jeune se laissait bercer par les petits mouvements de l’eau. En même temps, il tenta de faire le vide.

Inutilement parce qu’il était préoccupé, voulant s’éclairer.
Plus que tout, il voulait le bonheur de son amoureux et cherchait une solution pour le sortir de son mutisme.

Notre jeune héros n’avait pas voulu l’entraîner dans un merdier du genre. Il n’avait pas prévu que son père en viendrait à ça avec son gendre ? Brad avait essayé de ne pas y penser mais c’était plus fort que lui. Comment attendre, l’atteindre, les bras croisés, pendant que l’homme qu’il aimait semblait se torturer?

TOC TOC TOC.

Brad manqua se noyer tant il avait sursauter.

C’était la voix de Flavien qui s’éleva à travers le bois peinturé de la porte.

« J’peux te parler, Brad ? »

« Euh, oui, bien sur …»

Flavien entra et s’assit sur le bord de la baignoire, tournant en diagonale sa tête pour avoir l’autre dans son champ de vision.

Brad avait cessé de barboter et regardait intensément son bel amour. Brad eut besoin de toute la volonté du monde pour ne pas se laisser déconcentrer par les belles cuisses moulées par son jean.

Flavien prononçait lentement, sans une once de tristesse, comme s’il pesait chacun de ses mots avant de parler.

«Quand tu m’a dis de réfléchir … Et bien, il y avait rien à penser .. .Écoute, je peux pas parler… pourrai peut-être jamais en couple ... »

Brad buvait ses paroles, intéressé et, en même temps, effrayé. Il avait peur, craignait une tragédie ou n’importe quoi. Flavien ne mérite que le bien. Pas autre chose. Mais il voulut le rassurer en priorité.

« Ne te force pas, prends ton temps »

« Brad, J’t’en supplie, ne me laisse pas tomber parce que je suis sensible.ou que j’ai peur… »

Il renifla. Il semblait avoir un contrôle extraordinaire de lui.

Brad s’assit tout près du bord du bain et entoura la taille de Flavien, se sentant mal pour lui.

« J’serai là si tu en as besoin, je ne te laisserai jamais tomber. »

Flavien pouvait voir, dans les yeux de Brad, une compassion et de la tristesse pour lui. Pour une des rares fois, le grand ne se sentit pas seul avec sa peine, appuyé.

Flavien fit un petit sourire à son amoureux qui lui rendit.

Et il coupa court à l’accolade en se levant, brusque.

« Bon. Je te dérangerais pas plus. J’vais commence à faire la bouffe pour ce soir. Si ça te chante de venir m’aider … »

Brad sorti du bain et s’essuya pour le suivre.


***


Ils se firent un bon petit festin de Noël. Ils passèrent une bonne partie de la soirée du 24 décembre à regarder des films romantiques, dans l’énorme collection vidéo de Flavien, tout blottis contre l’autre. I

Brad avait tellement hâte d’être présenté à sa belle-famille le lendemain, pensa t-il, naif, en se couchant.


*Cadeau pour Rox.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Lun 30 Avr à 23:51

Chapitre 19 : La belle-famille – partie 1


Brad avait dormi comme un roi, cette nuit-là. Il était au chaud, dans un vrai lit. L’adolescent s’était… évidemment… blottit contre son amoureux. C’était tout simplement un geste d’affection même si les dernières semaines, lorsqu’il s’était rapproché de quelqu’un avant de dormir, c’était car le froid était insoutenable. Il n’avait plus le choix, c’était une question de vie ou de mort. Dans le minable trou à rats, la température ambiante pouvait descendre assez bas et l’humidité, causée par la présence des trois garçons, rendait le froid encore plus intense. Mais tout cela était du passé comme une voix la rappela à l’ordre. .

« Réveille-toi, Brad… c’est l’heure. »

Brad fut tiré de son sommeil par la mélodieuse voix de Flavien. L’éphèbe sourit, soulagé qu’il ne soit pas dans un rêve, ouvrit les yeux délicatement avant de se lever brusquement sur le lit… Pour y sauter allégrement.

« C’est Noël! C’est Noël! Youppppppppiiiiiie! C’est aujourd’hui Noël! »

L’adulte ne put s’empêcher d’éclater de rire en voyant son protégé agir ainsi, pour lui il trouvait cela attachant et adorable. Avant que son rire se transforme en un drôle de sourire, pensif. Au moins, il semblait aller mieux que la veille. Brad
continua et continua, son taux d’enfanterie atteignant des records, son enthousiasme aussi.

« Allez, mon p’tit garçon! T’as besoin d’un bon déjeuner et d’une bonne douche. Ensuite, on va aller te présenter à ta belle-famille. »

« Yéééé! »

Flavien prit un cartable et un crayon sur son bureau d’ordinateur en

« Attends un instant. J’vais t’accompagner. J’dois arranger quelques petites choses avant, ça serait dans pas long ! »

Il sortit de la chambre pendant que, Brad se laissa retomber en position assise sur le matelas aux couvertures entortillés, un sourire aux lèvres.


********************


« Flavieeeen»

« Quoi? »

« J’n’ai pas de vêtements vraiment « propres » pour me présenter! J’vais avoir l’air d’un clochard! »

Brad paniquait, vidant son sac et examinant ses vêtements les l’uns après les autres. Tous étaient trop rebelles ou sales pour être acceptable, Il voulait faire une bonne impression auprès de sa belle-famille et ils n’avaient que des bouts de tissus inconvenables.

Après tout, la première impression est fondamentale. On dit que ça prends 12 bonnes impressions pour effacer une première ayant été moins bonne. L’invité voulait vraiment passer pour le chum idéal : attentionné, affectueux, beau et PAS pour un garçon crasseux.

« Attends, j’vais essayer de te prêter des vêtements… Mais, j’te jure pas que ça va être de ta taille… Tu risques d’avoir les chevilles à l’air! J’suis assez petit. »

« Ça m’dérange pas mais tant que ça soit propre ! »

Flavien ouvrit sa garde-robe, cherchant des vêtements fait pour l’occasion. Brad hérita d’une chemise blanche un peu trop large pour lui car il était très mince et une paire de pantalons trop petits comme l’avait prédit l’autre. Le jeune tenta de les descendre du mieux qu’il le pouvait pour cacher le défaut. Pour agrémenter, il revêtit une veste noire assortie.

« Flav’, comment tu me trouves? »

Flavien lui fit un clin d’œil très coquin :

« Pas mal du tout, mais j’ai juste hâte de t’arracher tes vêtements! »

« Hahaha, mais je ne serais pas trop avancé! J’ne crois pas que ta famille va me considérer normal si j’arrive flambant nu! »

« J’comprends! Ils vont être gênés de l’immensité de ton boyau! »

« FLAV!!!! ARRÊTE!!! Tu me gênes! Pourquoi TOUT LE MONDE ARRÊTE PAS DE ME GÊNER ! »



*****************************


« Flav’, j’trouve pas mon peigneuh!!! »

« Idiot, tu l’as dans ta poche de derrière! »

« Oups, désolé! »


******************

« Bon, ça y est! C’est le temps de partir. T’es tu prêt, Brad? »

Flavien avait à peine posé la question que Brad s’était réfugié devant le miroir le plus près. Il examinait son propre reflet, critique.

« Attends… j’ai une couette qui dépasse! »

Flavien soupira, désespéré, et tira Brad par l’avant-bras.

« Allez, on sort! Tu vas avoir assez de temps dans la voiture pour te peigner! On va rouler pendant 1h30! »

« Okidou! »

********************

Le trajet avait été parfait. Brad avait passé une bonne partie de celui-ci à chantonner, se peigner, à se remettre de l’after-shave, à regarder le paysage, à se repeigner et à exaspéré Flavien à force de s’examiner dans le miroir au dessus de son banc.
.
Flavien, malgré l’insécurité du garçon à coté de lui, avait mené la voiture à bon port. Les conditions routières avaient été excellentes et ils semblaient être dans une ville de taille moyenne, en banlieue. La maison devant laquelle ils s’étaient garés était très bien décorée, avec plusieurs automobiles étaient stationnées non loin, aussi. Brad regarda subtilement dans la vitre de la maison et ça semblait fourmiller de monde. Timide, Brad se tint derrière le dos de son amant Ils montèrent les marches qui les menaient vers le perron. Flavien prit une grande respiration, bizarrement, et cogna. Une dame au visage chaleureux, de taille moyenne, vint leur répondre.

« Bonjour Flavien! »

« Salut, maman. Joyeux Noël. »

« Toi aussi, mon grand! »

Il y avait un espèce de climat étrange entre eux. Pourtant, la dame, dans la quarantaine, faisait du mieux pour être accueillante et Flavien avait un sourire scotché en apparence. Voulant aussi contribuer à briser la glace, il désigna le grand adolescent derrière son épaule.

« Maman, j’te présente mon chum ; Brad. »

Brad se montra un peu plus et Ginette le regarda, lui serra finalement la main, toute pleine d’entrain :

« Oh, je suis enchantée, Brad! Bienvenue chez nous! Moi c’est Ginette »

Brad trouva la dame fort sympathique. Le trio entra puis les invités se turent pour regarder en leur direction. De partout, Brad sentit les regards des autres le scruter, l’examiner. Quelques chuchotements se firent entendre.

« T’as vu? Ses pantalons sont trop petits, y a l’air d’un clochard … »

« J’le trouve trop jeune pour Flavien. »

« Son visage m’est familier, je pense que je l’ai vu quepart »

Brad se sentit vraiment mal. Un des oncles de Flavien s’approcha du couple. Il parla un peu à son neveu, prenant des nouvelles de lui. Chose que Flavien fit, sans broncher de son sourire. Ensuite, blagueur, il demanda :

« C’est qui la femme dans votre couple? »

Silence.

Brad pâlit.

Flavien dévisagea son oncle, perdant sa fausse joie, et dit d’un ton grave.

« Voyons, tu sais bien que c’est des stéréotypes. On n’a pas de rôles comme ça pour vrai! »

Ce fut au tour de l’oncle, visiblement mal informé, de prendre un teint de couleur neige. Tout autour, il eut quelques rires. Lui qui était toujours à faire des blagues s’était fait piéger. On a été plus malin que lui. Malgré tout, il se présenta :

« Moi, c’est Jean Coutu. J’suis l’oncle de Flavien et, comme t’as pu voir, j’adore faire des blagues… d’habitudes, elles sont bonnes! »

Brad devint la cible d’un tas de mononcles et de matantes se présentant, un à la suite de l’autre. Le pauvre n’arrivait pas à retenir tous ces nouveaux noms. On voulait tout savoir de lui-même que le nouveau venu dans la famille ne parvenait pas à entendre toutes les questions qu’on lui posait, mélangées.

.On finit par le laisser tranquille au bout d’un moment.

Ginette revint voir son fils et son nouveau gendre. Elle avait toujours sa bonne humeur. Brad lui causait poliment, elle l’écoutait religieusement et lui posait des questions :

« C’est intéressant. Je n’veux pas paraître indiscrète, mais ça m’intéresse : comment est-ce que vous vous êtes rencontrés? J’trouve toujours ça cute! »

Brad, ne sachant quoi inventer, appel au secours du regard. Ils ne pouvaient pas dire la vérité, c’est sur.

Ginette considérait Flavien comme un garçon parfait. Ils n’étaient quand même pas pour dévoiler le fait que Brad n’était qu’une ancienne escorte, d’à peine 15 ans.

Le jeune adulte prit les devant, même avec une facilité étonnante d’inventer si rapidement, pour protéger son amoureux et, en même temps, sa propre image :

« Ça c’est passé devant la librairie où je travaille. Il venait souvent acheter quelques bouquins et j’le trouvais vraiment pas laid. Mais je me contentais de le servir en client. »

Brad prit la relève, essayant à son tour mais avec moins d’aisance :

« Un jour… j’suis tombé sur la glace. Alors, Flavien est venu à mon secours…C’est comme ça qu’on a vraiment fait connaissance. »

La nouvelle belle-mère, toujours curieuse, demanda encore :

« Et, quel âge as-tu, Brad? »

Flavien répondit à sa place, rapide, avant qu’il puisse ouvrit la bouche :

« Brad a 18 ans. »

Brad tenta de se racheter de cette intervention :

« À cause de mon accident sur la glace, j’ai eu des problèmes avec ma mémoire à long terme… »

Flavien le prit par la taille, amoureusement, et poursuivit, en mentant :

« Mais, il se rattrape beaucoup. J’suis fier de lui! »

Il l’embrassa sur la joue pour en rajouter.

Ginette les regardait avec admiration. Ils étaient vraiment mignons pour elle.

« C’est vraiment une belle rencontre et tout… Flavien est vraiment chanceux de t’avoir, Brad. Ça me rassure vraiment de vous voir heureux. »

Brad renchérit, attendrit :

« C’est moi qui suit chanceux de l’avoir. Je ne lui ferai pas de mal, juré. »

« J’espère. Mon garçon ne mérite aucun mal. »

Brad lui prit la main doucement, regrettant toute la peine qu’il avait infligée à Flavien à cause des récents épisodes. La main de l’adulte se détacha immédiatement.

Ginette confia un petit travail aux garçons, ne voulant pas gâcher rien.

« Bon, j’aurais besoin de vous deux, beaux hommes jeunes et vaillants, pour m’aider à mettre la table! »

Brad et Flavien s’offrirent, volontiers. Ils aidèrent Ginette à mettre plusieurs petits plats sur la grande table. Flavien dût se retenir de ne pas se moquer de Brad.

Le pauvre luttait tellement contre la tentation de ne pas dérober une petite bouchée de tous les mets qui passaient devant lui. Ayant connu, pendant plus d’un mois que l’arôme fade et le goût vraiment ordinaire des fast-foods, qui n’étaient que la seule gastronomie qu’il pouvait se payer une fois par jour. Et il n’avait jamais connu, auparavant, les grands réveillons de Ginette et ses spécialités toutes les plus savoureuses les unes que les autres. Brad avait les yeux très grands, se demandant s’il allait pouvoir tout déguster.

Ginette, le voyant si impressionné, se chargea de lui faire tout découvrir. Elle commença par les entrées sur la table. Elle lui fit tout goûter, lui demandant ses impressions. Brad avait à peine le temps d’ouvrir la bouche pour commenter qu’elle lui montrait un nouveau plat. Elle finit même par l’emmener près de la cuisinière pour lui faire juger la qualité du pâté, de la dinde et des autres parties du repas principal. Brad avait beau être plein, presque saturé, mais Ginette le nourrissait toujours :

« Mange, mange!, insistait-elle. Tu es si mince, ça te fera pas de mal de t’emplir le ventre aujourd’hui. Et puis, ça se voit que t’adore. J’te nomme mon goûteur officiel! »

Flavien vint les rejoindre, enlaça par derrière son amoureux. Il ne semblait plus en froid.

Ginette s’extasia devant eux :

« Vous êtes vraiment trop mignons ensembles! Ça parait tellement que vous vous entendez bien! »

Son fils répondit, fier :

« Oui, beaucoup. »

« Alors, je suis vraiment heureuse que tu t’es enfin trouvé quelqu’un qui t’apprécie, Flavien. Quelqu’un de ton âge, pas seulement de cette famille. »

Flavien la rassura, souriant, disant rapidement :

« Mais c’est du passé, allons… Maintenant, j’ai un tas d’amis! En passant, il faut que je te les présente, Brad! Y’a Maxime, Guillaume, André, Justin, Jeff, Gabriel… »

Brad écouta, intéressé, il ne savait pas que celui-ci avait autant d’amis proches. Il n’avait connu que le Flavien avec qui il était. Le Flavien qui disait avoir besoin d’escortes pour se satisfaire. Mais c’est vrai qu’ils ne se connaissaient vraiment pas tant que ça. Il ne l’avait jamais vu ailleurs que chez lui et il nu pas le choix de lui accorder toute sa confiance.

Ginette, elle, se réjouissait beaucoup en entendant tout le réseau de contact de son fils.

« T’as raison, c’est du passé. J’suis vraiment contente pour toi! Bon, vous pouvez-vous asseoir, j’vais commencer à servir le souper! »

Tous prirent place autour de la table. Brad était entre Flavien et Jean Coutu. Les assiettes furent vite servies. On parlait et on riait. C’était vraiment convivial. Brad regardait son chum agir.

Il sentait, depuis qu’il était venu ici, que Flavien cachait quelque chose au sujet de sa vie. Le non-verbal comptait pour beaucoup. L’adolescent n’était pas dupe, il voyait très bien que la mère et son enfant gardaient pour eux un immense secret. Malgré eux, leurs gestes les trahissaient. Décidément, Flavien Bouchard n’est pas aussi blanc que neige, songea Brad. J’espère qu’il ne voile pas en lui quelque chose de grave. Ça me ferait vraiment de la peine qu’un gars aussi bien que lui ait pu souffrir fortement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Lun 30 Avr à 23:54

Chapitre 20 : La belle famille, partie 2


Chaque assiette regorgeait de milles et uns petits plats, tous aussi savoureux les uns que les autres, on voyait bien que Ginette avait su mettre à profit ses talents de cuisinière. Ça ressemblait, à quelques détails près, à un grand réveillon traditionnel comme on en voit à la télévision. Dans la pièce, un arôme de tourtières, de dinde et de mets inconnus rodait. C’était une odeur inimitable.

Autour de la table, Jean Coutu affichait fièrement ses couleurs politiques, débattant avec politesse avec son frère qui avait des idéaux contraires. On suivait la conversation, des remarques par-ci par là. Flavien acquiesçait, sans même écouter, était plus discret qu’autre chose. Il jouait si bien le jeu que Coutu s’adressa à lui pour lui demander son avis. Sursautant, l’interpellé bégaya, se grattant nerveusement la tête :

«… en fait, je crois que… que tu as raison, mononcle… »

Jean Coutu fut fier d’avoir l’appui de son neveu et relança le débat encore plus loin. Flavien poussa un soupir de soulagement que seul Brad entendit.

La soirée avançait et, plus le temps filait et plus ce dernier sentait que quelque chose de louche. Il avait l’impression d’être dans un show de théâtre contemporain, assit au milieu de la scène, les comédiens autour de lui jouaient leur jeu, voilant intentionnellement un mystère. Tant de chose l’agaçait, tout semblait être une mise en scène. Aucun des protagonistes n’évoquait de souvenirs de famille ou des histoires de plus de trois ans. L’adolescent trouvait ça de plus en plus étrange, ça le rendait perplexe. Même s’il ne s’était jamais retrouvé dans une telle fête de famille, il remarquait bien que celle qui se déroulait en ce moment était bizarre. On préférait regarder son assiette plutôt que de regarder l’hôtesse ou son fils. Même la discussion entre Coutu et son frère était totalement superficielle, sans but. Par-dessus tout, Brad ne comprenait pas pourquoi, à nulle part dans la maison, aucune photo de Flavien enfant n’était affichée.

« Tu n’aimes pas ça, Brad? S’inquiéta Ginette. ».

Le jeune n’avait pas encore prit la moindre bouchée de son souper, trop songeur. Il avait seulement martelé sa nourriture à coups de fourchette, inconsciemment. De plus, il n’avait plus faim à cause de la dégustation de tout à l’heure.

Dans sa tête, à la vitesse de l’éclair, il sortit une excuse pour expliquer sa torpeur :

« Ahhh… excusez-moi, j’étais un peu dans la lune… probablement une autre séquelle de ma chute sur la glace. C’est vraiment délicieux, vous en faites pas, madame. »

Coutu releva la tête, surpris qu’on interrompe son discours sur les bienfaits de la potentielle souveraineté de la province. Il ne rata pas l’occasion de faire une blague, pas mauvaise cette fois :

« J’sais pourquoi ! Il voyait Flavien dans sa dinde ! »

Il y eut un éclat de rire général. Comme par magie, un peu de « normal » revint parmi les convives. Rassurée de l’attitude de Brad, la dame retourna manger, l’âme en paix, le cœur plus léger. Flavien, pour sa part, sourit bêtement, légèrement cramoisi.

Le reste du souper continua sur le même ton. La conversation politique avait repris, meublant l’ambiance.

Bientôt, on sortit de table et on sortit des disques de Noël. Des rigodons, des gigues, en veux-tu? En v’la! Coutu sortit de sa «pharmacie», en fait c’est comme ça qu’on appelait sa glacière, de la boisson qu’il offrit à tout le monde. Brad était sur le point d’en accepter une bouteille quand Flavien la lui prit des mains. Le cadet le questionna du regard. Flavien lui répondit d’un ton réprobateur:

« Tu viens d’arrêter tes « médicaments », je ne crois pas que se soit bon tout de suite pour toi ! »

Effectivement, Brad cachait ses mains tremblantes dans ses poches. Elles tremblaient, obéissant au message de tout son corps, réclamant une dose d’héroïne. Désirant penser à autre chose, il prit l’homme de sa vie par la main et dansa avec lui sous le son de la musique. Flavien se laissa faire, se surprenant à rire des folies du garçon. On les regardait, on s’émouvait. Ginette essuya une petite larme au creux de son œil, heureuse de le savoir avec un type aussi sympathique.

Par la suite, se fut le traditionnel échange de cadeau. On se sentit mal pour Brad, l’invité surprise qui allait devoir seulement regarder l’échange, sans rien recevoir. Mais l’étranger rassura tout le monde, aucunement dérangé. En fait, il déclarait fièrement avoir tout ce qui lui faut pour vivre : un toit, un chum formidable, de quoi à manger.

Flavien, le dernier à avoir ses cadeaux, reçut une pile de films format DVD et des produits pour le corps, de la part de ses oncles et tantes.

Ginette, elle, tenait un petit paquet, emballé avec soin, contre elle, fière. C’est qu’il avait été dur à dénicher, le présent ! Des semaines d’angoisse en attendant son retour, d’innombrables téléphones pour informer de sa transmission. Toute la pression qu’elle avait dût faire au secrétariat pour y arriver. Et le colis était revenu, comme elle l’avait voulu. Le soulagement total.

Elle le tendit vers Flavien, avec les meilleures intentions du monde, comme dernier cadeau :

« Voilà, mon grand. Je me suis dit que ça te ferait chaud au cœur, que ça t’aiderait alors j’ai tout fait pour l’avoir …»

Flavien lui sourit, prenant dans ses mains le paquet. Il pouvait lire toute la tendresse dans les yeux de sa mère quand il la remercia chaudement.

Il découvrit, derrière tout l’emballage, un livre. Il figea en le voyant, reconnaissant un livre très célèbre. Blême et tremblant, il ouvrit le bouquin, lisant la dédicace de l’auteur qu’avait griffonné.

« Sois fort. Puisse mes mots raviver tes voiles pour que tu navigues vers la paix intérieure.

Sincèrement,

Stéphane Côté. »


Flavien feuilleta nerveusement le livre, avec des froides sueurs. Il bredouilla quelques autres remerciements, visiblement embarrassé. Il avait de la misère à tenir sur ses pieds, vacillant. Souriant furtivement, visiblement mal à l’aise, il se leva. Il bredouilla quelques excuses rapides par la suite.

« Veuillez m’excuser. »

Il quitta la pièce comme ça, sans regarder personne dans les yeux, comme un ouragan. Le malaise revient rapidement. Brad se sentit con parmi un groupe qui lui cachait, et cachait entre eux, un truc qu’il n’arrivait pas à discerner.

Quelques murmures discrets se firent entendre timidement. Brad arriva à en comprendre quelques uns seulement, les autres étant inaudible car prononcés trop loin.

« Ça fait déjà 5 ans… »

« Le pauvre, il ne s’en est pas remit, ça l’air... »

« Qu’est qui se passe avec lui…»

Ginette parlait de ses propres passe-temps pour ne pas que Brad entendent les mots, qu’il ne se doute de rien. C’était peine perdue. Le jeune, intrigué, ne put s’empêcher de demander :

« Je suis peut-être indiscret mais qu’est-ce qui s’est passé il y a 5 ans? Ça a l’air grave… ça n’a pas rapport avec Flavien, toujours? »

La dame fut embarrassée. Tout le monde s’était tu. Le malaise était palpable.

On se maudissait intérieurement d’avoir parlé trop fort, d’avoir mit la puce à l’oreille à l’étranger. Plus que tout, on redoutait que cet inconnu se fasse une mauvaise opinion de la famille, qu’on sorte les poubelles de la famille devant lui. C’était tout simplement honteux.

Ginette, comprenant le sentiment général, se fit rassurante :

« Ce n’est pas à moi de t’en parler, Brad. Flavien le fera quand le moment sera venu. Ne t’inquiète pas. S’il te plait, ne lui dit surtout pas que tu es au courant qu’il y a quelque chose, ça lui briserait le cœur. Sinon, est-ce qu’il a une attitude normale dans la vie de tous les jours? »

Brad haussa un sourcil. Est-ce que c’est normal pour un homme de se prendre des escortes mâles, de finir par tomber en amour avec un et de l’héberger? Son gros bon sens lui dit que non, ce l’était l’étais pas. Mais à part cela, Flavien était un adulte comme tous les autres, à première vue du moins.

« Ouais… »

Ginette lui conseilla :

« Alors, ne te fait pas de sang d’encre pour lui. »

Ginette lui envoya un regard doux en lui tapant dans le dos. Puis, elle disparut dans la cuisine.

Mais Brad s’en fit.


*******************************************


Ses pieds qui repoussait la couche de neige le plus loin possible. Son dos appuyé sur le capot gelé de sa voiture, presque assis. Le bouquin qui avait été jeté peu avant sur la banquette arrière, en ayant eut marre de le fixer sans arrêt. Sa main agitée qui serra dans sa poche de pantalon quelque chose de spiralé. Qui prit une cigarette dans le paquet dans sa poche de son manteau. L’allumer, la porter à sa bouche, aspirer une première fois la fumée, la relâcher.

État de nervosité qu’il l’accablait. Les bras qui se croisèrent. Un juron qui sortit, en murmurant :

«Ils veulent me faire craquer… mais ça va aller… »

Inconvaincu, Flavien regardait la rue, les maisons d’en face illuminées de leurs lumières. Il se sentait plus flipper que ça allait.

Il soupira, faisant encore plus de vapeur d’eau qu’avec son souffle, la bouche entrouverte.

« C’est rien, c’était pas voulu, c’est absolument rien…»

Encore moins sûr de ce qu’il venait de se dire pour essayer de se rassurer, il prit une bouffée de sa cigarette. Tellement nerveux. Il n’entendit même pas les bruits de pas proche.

Puis une voix qu’il ne voulait pas entendre en ce moment parla :

« Ça a pas l’air de rien.»

Flavien se refrogna à ce moment. Il regarda par terre, voulant pas voir Brad qui s’était approché. Il ne répondit rien, froissé de sa présence pour sa crise.

« Qu’est qui se passe ?»

Le silence de Flavien se manifesta encore alors qu’il prit une autre taffe agitée de sa clope.

Brad voulait vraiment le forcer à lui parler, au moins, peut-être lui dire quelque chose pour calmer la perplexité qu’il ressentait devant l’homme qu’il voyait sous un jour étrange, compulsif.

Intrigué, il le questionna :

« Tu fumes ?»

« Occasionnellement.» Dit froidement Flavien.

-J’savais pas, je t’ai jamais vu le faire. »Se força à dire Brad pour entretenir le début de conversation.

« Juste pour deux situations précises.»

« Ah… Flavien, tu veux pas me dire qu’est qui y a ?»

Il ne broncha pas, il regardait encore le sol blanchi, agacé.

« Laisse-moi… »Grogna t-il, entre ses dents.

« Flavien, s’il te plait.»

« J’AI DIS DE T’EN ALLER, OK ?! Je veux la paix, je veux pas en parler là, c’est clair !» Tonna t-il, poussant un autre juron.

Ça laissa Brad abasourdi, ce nouveau jour n’était pas très beau à voir.

En état avancé de nervosité et voulant retenir ses émotions pour pas exploser encore plus, Flavien n’attendit même pas que Brad réagisse, il tourna rapidement les talons pour aller dans la rue.

Brad, quant à lui, retourna à l’intérieur, découragé par l’attitude étrange de cette famille…

*******************************************
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Lun 30 Avr à 23:55

Pour changer les idées de Brad, Ginette était partit cinq minutes puis elle revient avec une boite fraîchement emballée qu’elle tendit à Brad avec un grand sourire.

« Tiens, c’est pour toi. Ce n’est pas grand-chose mais comme tu semblais aimer, je me suis dit que je ne te laisserai pas partir les mains vides ! »

Il remercia sa belle-mère et il jouait avec le papier jusqu’à ouvrir. Il s’y trouvait des milliers de petites gâteries, des galettes, des petits gâteaux, un peu de tout! Elle y avait mit une bonne partie des desserts qu’il restait de ce soir, de bon cœur. Brad se sentit vraiment flatté. Il savait qu’elle avait passé beaucoup de temps à tout préparer. Il lui fit la bise poliment, sincèrement ravi.

« Merci. C’est vraiment très gentil de votre part. J’aurais aimé vous donner quelque chose… »

Flavien venait de rentrer de dehors, visiblement calmé. Il interrompit son amant, désignant un grand sac qu’il avait rapporté. Il semblait vouloir trouver un moyen de se faire oublier de son attitude avant de quitter la maison.

« Joyeux Noël, maman. Ça vient de moi et Brad. »

Flavien l’inclus tout de même, sans que l’autre n’ait participé. La dame ouvrit le sac, en extrait le papier de soie avant de découvrir une bouteille de vin de la sorte qu’elle préférait.

« Ohhh, c’est vraiment gentil, les garçons. Joyeux Noël ».

Il y eut une accolade entre mère et fils comme si Flavien voulait démontrer que ça le touchait quand même qu’elle ait fait ça même si c’était un mauvais choix.

On dansa jusque tard. Flavien ne parla pas beaucoup, un peu distant, restant assis cette fois. Mais ça lui faisait chaud au cœur de voir Brad s’amuser, s’intégrer.


*******************************************


Il était dépassé deux heures du matin quand les deux hommes regagnèrent leur appartement, exténués. Brad l’était beaucoup plus physiquement et Flavien mentalement. L’éphèbe retira promptement ses chaussures, prenant immédiatement le chemin de la chambre.

Il était sur le point de s’endormir, déjà en pyjama, quand Flavien fit irruption à son tour. Il venait de prendre une douche rapide. Il sentait tellement bon, il venait de se mettre son parfum caractéristique.

Brad ne pus s’empêcher de le fixer, se demanda s’il allait mieux.

Flavien, lui, regardait bas, son corps vacillait, tout comme sa voix. Il s’assoit à genoux sur le matelas, en face de lui.

Ça avait l’air que non Comment ça pourrait aller.

Il confia, tout bas, comme une confidence muette :

« Brad… il y aurait tant de choses que je devrais t’avouer, te dévoiler. Mais j’ai la chienne, voilà tout. Je n’en ai presque jamais parlé à quelqu’un, ouvertement. J’ai tellement peur qu’on me regarde de travers par la suite, qu’on s’en serve encore pour me faire de la peine. Une voix en moi me rend hésitant. Je ne sais même pas si je devrais t’en parler comme on se connaît depuis si peu. Je vais te le dire quand même que la base parce que tu dois savoir et que tu aurais su d’une manière ou d’une autre comme tantôt. Je met ma confiance sur toi, j’t’en supplie, ne me juge pas. »

Brad acquiesça sans dire un mot, ouvrant grand son cœur et ses oreilles. Il allait savoir probablement ce qu’il se tramait d’étrange dans cette famille mais, en même temps, ça lui faisait peur. Peur de la révélation qui allait probablement suivre. Peur d’être impuissant, de ne rien pouvoir faire.

Il se fit quand même rassurant. Il lui promit une énorme discrétion, que jamais il ne se servirait des futurs aveux allait être retourner contre lui, peu importe la circonstance. De plus, Brad lui jura son plus grand respect, sa plus grande écoute.

Un pacte, un serment de respect à travers l’attachement de leurs doigts, à travers l’approchement des deux, à travers des yeux fades et des yeux brillants.

Flavien est en train de se mortifier sur place, à cet instant. Il en crève tellement il a la trouille.

Lorsque la main de Flavien quitta celle de Brad, sans qu’elle soit certaine de son coup, elle vint se poser sur le nœud qui retenait fermée sa propre robe de chambre. Elle le dénoue, celui-ci fut détaché presque instantanément. Il suit la chute du vêtement sur la couette verte. L’adulte se retrouva nu comme un ver, vulnérable à tout. Il devait avoir puisé en lui une grande part de courage et de volonté pour s’exposer ainsi, dans un moment pareil.

Tout bêtement, sans cérémonie, il réattrapa la main de l’autre, la guida dans son dos pour désigner une cicatrice peu voyante à l’aide de ses doigts.

Il attira, du coup, le regard intrigué de Brad, par delà son épaule, sur la blessure. Celui-ci détacha ses doigts des autres.

La lumière tamisée préservait un minimum de pudeur qu’il restait au pauvre Flavien, masquant les larmes qui coulaient à flot sur sa joue. Il admit, ébranlé, la misère à parler, bafouillant par endroit :

« Ça me hante depuis tout le temps, fort ou pas, en flash, en lien ou en cauchemar. Ça me quitte pas même si je voudrais que ça s’arrête…. J’ai jamais compris ce que j’ai fait. Mais j’étais … toujours trop comme si, trop comme ça, trop cela… Je le méritais ? Je sais pas mais j’ai fini par le croire. Croire aussi que je pourrai jamais changer ce qu’il clochait avec moi…. Brad, en fait, ce que, j’essaie de dire c’est… euh… mon… mon père… dès qu’il prenait un coup… dès qu’il se faisait engueuler au travail… dès qu’il était fâché…dès que je faisais quelque chose de mal à ses yeux ou que j’étais trop ci à son goût.. il se servait de moi comme punching bag. »

Il y eut un choc qui passa en Brad. L’adolescent ne savait pas quoi lui dire, tout bouleversé pour son amoureux. Tant de mots se bousculaient dans sa tête. Il ne parvenait pas à en capturer d’assez bons pour les offrir comme on offre des fleurs, cesser l’hémorragie de souvenirs brûlants de honte de Flavien.

Flavien continua son témoignage, chaviré :

« Ce fut ainsi toute la fin de mon enfance et de mon adolescence… jusqu’à mes quinze ans… jusqu’à ce que qu’il se fasse condamner et emprisonner. »

En ce moment, l’adolescent se sentait inutile, impuissant, comme il ne l’avait jamais été auparavant. Il se trouvait affreusement imbécile de ne pas savoir comment réagir.

Mais il tenta, pour montrer de la sympathie et pour réagir :

« Tu es tellement merveilleux et… tellement fort. Tu mérites le meilleur de ce monde, et c’est encore plus vrai après tout ce que tu as vécu. Je suis là, avec toi, pour toi.»

Flavien sembla incapable d’être lucide, sa mémoire est une bête monstrueuse qui l’attaque. Il s’accrochait à son amoureux comme à une bouée de sauvetage des larmes noyant ses yeux.

C’est le premier depuis le procès à en entendre d’autant personnel sur lui. Même si c’est partiellement. Et ça, il ne sait plus quoi en penser, c’est malsain comment il s’en fait.

Envie de pleurer qui se réalise totalement, envie de liberté d’esprit qui ne fait que squatter, inutile.

À ce moment, il ressemble à un blessé profond de la vie tellement le combat, pour ne pas revoir encore et encore les mêmes images, se poursuit. Il se sent détruit comme il ne l’a jamais été. Que le passé engloutit le présent comme un simple encas, à cet instant.

S’en ai trop pour lui. Il en pleure, il en souffre physiquement pendant des minutes totales. Il ne peux que faire ça parce qu’il n’y à plus rien à dire.

Puis, sans prévenir, ça se calme, la plaie se referme comme ayant trop rejetée de sang. Ça se refermer pour le moment du moins.

Malgré tout, il est soulagé de la réaction posé et attentionnée de Brad.

Oui, ensembles ils se battraient. Ils quitteraient cette froide mare de tristesse et de douleur vers des eaux plus chaudes, plus tropicales, où ils seraient accueillis. Ça, Flavien le savait.

Brad le berça contre lui encore un bout de temps, lui faisant sentir son soutien, sa présence. Flavien finit par se retirer de l’étreinte, idée en tête. Il pris le livre qu’Il avait posé avec ses autres cadeaux sur son bureau d’ordinateur.

Le regard fuyant, il donna le roman à son amoureux, retrouvant la nervosité que le livre lui engendrait. Il ne sait pas comment s’exprimer, on dirait qu’il cherche ses mots qui se perdent dans sa tête :

« Tiens, il est à toi. C’est un best-seller que j’avais déjà, j’en ai pas besoin de deux copies et surtout pas celle-là en particulier… Heum… tu vas voir, l’histoire me ressemble un peu… j’crois que… tu devrais le lire… tu comprendrais peut-être mieux. … ce que j’ai… même si ça me gêne… »

Brad le saisit et le serra contre son cœur. Il savait que ce petit tas de papier semblait être très important pour Flavien, ainsi que les mots que celui-ci contenait. Il y ferait honneur. L’autre avait raison, il pourrait sûrement mieux le comprendre en lisant ces mots écrits par une personne qui était passé par environ la même situation.

Il se mit à lire ce fameux livre nommé Confessions, parcourant les lignes et les phrases de la première page.

Flavien retourna s’asseoir en petit bonhomme, le regardant lire, sur le gros nerf tellement qu’il se sortit une autre cigarette. Il ne supportait pas de penser qu’on était en train de dire ce livre à la signification personnelle mais ailleurs, il en serait encore plus préoccupé.

À peine dix pages de lues, Brad avait déjà la gorge serrée et Flavien ne supportant déjà plus le silence avait mis une musique d’ambiance calme et planante pour le combler entre le bruit des pages tournées.

La nuit leur fut blanche. Le livre, contenant à peine 200 pages et des poussières, fut dévoré pour le finir aux petites heures, probablement 5 heures. Mais qu’elles étaient intenses et poignantes, ces pages! Brad ne pouvait s’empêcher de relever les yeux et observer discrètement l’homme de ses rêves, tellement attristé qu’il ait pu vivre un truc d’aussi horrible. Il comprenait mieux ses sentiments, ses réactions et tout. Il venait de connaître un Flavien plus profond, humain. Ça le bouleversait.

Un peu avant, à deux chapitres de la fin, Flavien, étant tombé dans la déprime et avait avalé des somnifères, qu’il prenait parfois pour atténuer les cauchemars qui hantaient ses sommes. Il voulait dormir un peu. Ce qu’il fit, le visage qui affichait cette tristesse qu’il avait avant de tomber endormi.

Brad déposa un baiser sur son front, se couchant à ses cotés, voulant le protéger de tout en posant ses mains sur ses hanches. Avant de succomber a Morphée, même si c’était en mauvais rêves.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Lun 30 Avr à 23:57

CHAPITRE 21 : Un baume, un couteau


Depuis la nuit des temps, on dit que la nuit porte conseil. Qu’elle repose les esprits et permet à ceux-ci de voir plus clair la situation problématique, d’être mieux éclairés sur des actions à prendre. À peine eut-il ouvert l’œil que Brad se mit à maudire cet adage.

La lueur du jour, qui frappait l’oreiller, l’aveugla. Constatant à tâtons qu’il était bel et bien seul dans son lit, l’adolescent remonta toutes les couvertures afin de se cacher complètement des rayons. Et peut-être qu’alors Morphée pourrait le consentir de retomber dans le pays des songes un moment. Sans détour par celui des cauchemars.

C’est qu’il était épuisé, le pauvre. Son semblant de nuit avait été pénible, étouffé et le peu qu’il avait pu fermer l’œil, fut cauchemardesque. Ses lourdes paupières traduisaient fidèlement leur désir de se refermer, de rester couché et de s’occuper des problèmes plus tard. Quand son esprit répondrait à l’appel. Après que l’oreiller ait arrêté de faire du charme monopolisant. Maintenant, le moment n’était guère choisi. Mieux vaut avoir l’âme reposée avant de s’attaquer à un truc aussi délicat et pour ne pas glisser un truc blessant entre deux mots. Brad suivit ses propres conseils et se rendormit presque aussitôt.

Quelques minutes plus tard, il fut à nouveau extirpé de son état de semi conscience. Ses poumons se nouèrent alors qu’un arôme nauséabond et âcre les pris d’assaut. Ses oreilles, hypersensibles dues au réveil, percevaient un martèlement rapide au rythme irrégulier qui cessait et reprenait sans cesse. C’était comme une mitraillette mais avec un bruit sourd. État de panique. Brad, en sueurs froides, rechercha une issue de sa caverne de tissu. Il aurait pu faire un contre azimut et se sortir de cette cavité envahissante qui l’étouffait. Qui s’abattait de tout son flanc sur lui.

Brad émergea sa tête hors de la couverte d’un geste triomphant. Il prit une grande respiration, libéré. Ça puait toujours mais la teneur en oxygène de l’air ambiant était plus supportable qu’en dessous de la literie. Le claquètement n’avait pas cessé, lui. Plissant les yeux, car les perles céruléennes n’étaient pas habituées à la lumière, il fit une rapide inspection visuelle des lieux plus embrouillés qu’à l’ordinaire. Il distingua à peine une ombre floue derrière le bureau d’ordinateur… enfin …. Où le bureau se trouve en temps normal et où l’ombre serait sensée se trouver. Tout d’un coup, il se sentit étouffé alors qu’une nouvelle vague de fumée vint à lui. L’air lui manquait. Et il toussa.

Et puis, plus aucun martèlement, un bruit de bois qui résonne d’un petit coup. L’ombre moins noire s’était interrompue pour le regarder, relever la tête, le fixer et Brad sentit son regard se posait sur lui. Elle déposa à quelque part sur son bureau quelque chose de petit. Sa masculine mais douce voix s’adressa au garçon :

« Je t’ai réveillé?... Oh, j’m’excuse… »

Depuis quand une ombre ça parle et ça a des yeux, des mains ??

La silhouette s’était métamorphosée en un bel homme que Brad reconnut immédiatement. L’esprit encore confus, le jeune répondit en baillant, souriant :

« Pas grave… s’tu fais? »

Flavien fit signe à Brad de patienter. Le clavier avait recommencé sa mélodie, comme s’il était indifférent à l’interrogation. L’écran lui tournant le dos, Brad ne pouvait même pas entrevoir ce qui obtenait autant l’attention de son petit copain. La réponse se mit attendre durant de longues minutes. Assez de temps, certes, pour que Brad se sente vraiment ignoré. Il mit son document sur une disquette et il s’exclama, visiblement fier :

« Enfin terminé ! Il était temps !! »

Brad se réjouit pour lui tout en levant un sourcil, perplexe. Il ne comprenait pas. Non rectification ; absolument rien. Qu’est-ce qui pouvait être important à ce point pour Flavien ? Qu’est-ce qu’il pouvait bien être en train de faire ? L’adulte lut dans son visage les questions qu’il se posait. Il prit place sur le lit à ses pieds. Il prétexta, comme ça :

« Ohh, ce n’est rien. Je devais terminer un truc important pour l’uni’. Voilà pourquoi j’étais sur l’ordi! »

À la plus grande déception de Brad, le parfum si caractéristique que portait l’autre homme avait été remplacé par la forte odeur du tabac – Il l’avait trouvé cette fameuse deuxième occasion. Tout de même, il était heureux de le voir un peu mieux ce matin. De partager avec lui un petit moment de réjouissances. Cependant, une question venait chatouiller sa curiosité :

« Tu vas à l’école? »

L’homme lui sourit chaleureusement, se trouvant un peu idiot de ne pas l’avoir dit à Brad avant. Et Brad se trouvait un peu idiot de ne pas lui avoir demandé plus tôt. C’est que toutes les circonstances dans lesquelles ils se sont retrouvés les deux n’ont pas été propices à en parler, probablement.

« Ça m’a sorti de l’idée, j’avais totalement oublié de te le dire. Je suis étudiant à l’université, tu sais, celle qui est à 20 minutes de marche d’ici? Eh bien, c’est là que je vais ! »

Brad fut étonné mais se fit à l’idée. C’est vrai qu’il ne connaissait que peu de choses au sujet de l’homme partageant sa vie. Il ne connaissait pas ses autres occupations que le travail et qu’une pat insignifiante de son passé. Il n’avait aucune idée de quels genres de gens son amoureux fréquentait, ce qu’il préférait comme activités, ses goûts, ses rêves. C’était contradictoire d’être si proche et si méconnu en même temps.

« Ah wow! Dis Flavien, tu étudies en quoi? »

« Je fais un BACC en Littérature française contemporaine. C’est très intéressant et… »

Brad l’admira, en cette seconde précise. Flavien étudiait à l’université dans un cours qui lui semblait assez difficile. Wow. Simplement quand il avait cité le nom du programme, l’étudiant avait eut les yeux qui brillaient de passion. L’adolescent, lui, nageait dans les eaux nébuleuses alors qu’il songeait à son avenir. Il rêvait d’être, comme le futur bachelier, en train d’étudier un cours qui le fascine fortement. Sauf qu’il n’avait aucune idée de ce en quoi il voudrait se diriger plus tard et l’idée même de reprendre ses études secondaires lui levait le cœur…

Et Flavien gela. Laissant tomber ce qu’il voulait dire. Pas de suite au Et. Il fixait terne, longuement le bouquin qu’il avait offert à son protégé, la veille. Le livre traînait comme ça, sur la table de chevet, tout à fait innocemment.

Les révélations qui y avaient eu lieu lui revinrent clairement à l’esprit durant son attention portée sur l’objet. Brad remarqua et lui avoua en lui faisant sa critique :

« Je l’ai terminé cette nuit, ce roman… ça m’a tout chamboulé, il est impressionnant. »

Le majeur avait reprit une partie de l’air impassible des derniers jours, celui qu’il affichait quand il voulait cacher sa peine, cacher sa faiblesse et son impuissance aux gens qui l’entourent. Il se contenta d’acquiescer d’un simple ‘’Ah’’ en hochant la tête. Brad lui fit un triste sourire et poursuivi :

« Tu sais, il y a de ses sentiments que j’ai reconnu là-dedans, en plus. Tant de choses que moi aussi je devrais t'admettre. Je ne me rappelle pas, à cause de ma mémoire qui me joue encore des tours, si je t’ai dit pourquoi je m’étais enfui de chez moi. Ce pourquoi je m’étais accroché à Charles pour quitter la vie que je menais… »

Brad lui raconta le début de ce qu’il l’avait entraîné à devenir ce qu’il était devenu, qu’il s’était senti comme le personnage principal par moment, comme un moins que rien, sa détresse dans la rue, auprès des deux garçons. Flavien suivait religieusement le récit de son invité. Flavien écoutait, comme si on lui racontait le début d’un film qu’il avait loupé et dont il ne connaissait que la fin. Il savait que ce dernier avait dû traverser de durs moments pour se retrouver ainsi démunie dans la rue et il était à son tour dépassé par les événements et les aveux. C’était un revirement de la situation. Il était hésitant et triste pour son copain. Il n’aurait jamais pu imaginer une telle horreur qui aurait pu arriver à Brad, lui qui semblait toujours si enjoué maintenant !

« Je ne savais pas tout ça, Brad. Je suis vraiment désolé pour toi. »

Brad essuya les larmes qui s’étaient formées autour de ses yeux brillants. Il prit une grande respiration en tremblotant :

« Ce que j’essaie de te dire, Flavien, c’est que je serai toujours là pour t’aider, t’écouter, te comprendre. Que je suis près à tout mettre en œuvre pour que tu puisses passer au travers, comme tu m’aides à oublier les trucs horribles qui me sont arrivés ces derniers mois. Moi aussi, je sais ce que c’est que de se sentir rabaissé tellement profond, de se sentir moins que rien. Mais, quand je suis avec toi, tout ce que j’ai vécu semble être si lointain, presque irréel tellement tu me rends heureux. Merci de toujours être là. J’t’aime tellement. »

Flavien essuya les perles humides qui se reformaient encore une fois sur le visage de Brad. Il le fixait, voyant sa propre détresse se refléter.

« Ça me fait du bien de savoir que j’aide quelqu’un, Brad. Et j’sais que nous serons le baume pour les blessures de l’autre. Parce que, quand je suis avec toi, je retrouve ce que je semblais avoir perdu : l’espoir, je recommence à espérer à une vie où rien ne me blesserait plus autant que mon adolescence.»

Le jeune homme, sans prévenir, se leva et tendit la main à Brad.

« On va où? »

« J’ai envie de te gâter, de nous gâter. De nous changer les idées et de vivre. Là, en ce moment, j’ai besoin de changer d’air. Juste, être ailleurs. Tu viens? »

À quoi bon continuer de s’enliser dans la peine, ils ne pouvaient pas s’en sortir avant un bon moment ?

Ils se sourirent, comme pour enlever l’ambiance triste qui régnait. S’encourager, se soutenir, faire savoir sa présence à l’autre. Faire savoir qu’à deux, ils surmonteraient cette montagne.


************


Le soleil faisait savoir sa présence, timidement mais fièrement, faisant scintiller les légers flocons qui tombaient toujours du ciel. On aurait dit des étoiles qui resplendissaient. La ville grise et morose retrouvait de sa magie en cet après-midi de fin décembre.

Devant les magasins à grande surface, des gens s’entassaient, se compressaient, comme des sardines. Les soldes d’après Noël étaient très prisées, en ce jour de célébration capitaliste. Les consommateurs semblaient plus enthousiasme à fêter ce jour de grands rabais que la Nativité elle-même.

Brad et Flavien marchaient dans le quartier, se tenant par la taille alors qu’ils erraient. Ils n’avaient pas pensé qu’on était le 26. Très vite, ils constatèrent l’attroupement. Brad souligna, un peu agoraphobe :

« Ah ouais, ça m’avait sorti de l’esprit. C’est le boxing-day, aujourd’hui. »

« C’est vrai… et moi ça me rappelle que je ne t’ai toujours pas acheté de cadeau pour Noël. »

Flavien s’était tourné vers Brad. Le malaise était en grandissant chez le second qui craignait de se faire reconnaître par un ancien client ou par ses comparses d’infortune. Il n’était pas sorti en public depuis. Le premier su détecter son angoisse - parce-que Brad regardait partout d’un air craintif et fuyant -, le rassura :

« Viens avec moi. Allons dans les boutiques plus petites à l’autre bout de la ville. Je suis près à parier qu’elles sont moins prises d’assaut. Nous n’aurons pas à affronter une tonne de gens. »

Brad acquiesça, ayant tout de même une envie de magasiner. Le couple prit alors l’autobus pour aller dans un secteur de la cité où il ne semblait pas y avoir de grandes surfaces. Que de petits magasins. Un endroit qui semblait sympathique avec son aspect mignon, son architecture, les gens souriants qui marchaient dans la rue. Brad, lui, n’était jamais venu par ici. Il y avait une rue de boutiques et, autour, des tours à bureau où on trouvait n’importe quoi. Ça passait du siège social d’une multinationale à une agence de voyage, en passant par une maison d’édition et un petit comptable de quartier. Au centre de la rue, il y avait une grosse horloge et des bancs. Flavien regarda l’heure :

« Il est treize heures quinze… on se rejoint ici vers quinze heures? J’vais faire quelques petites emplettes pour ton cadeau. »

Brad examina les infrastructures autour, mémorisant mentalement l’endroit pour pouvoir mieux y revenir.

« D’accord, ça me va. À tantôt! »

Déjà prêt à flamber ses économies, Brad salua brièvement son homme avant de lui tourner le dos rapidement. Flavien l’arrêta tout de suite en lui mettant une main sur son épaule pour le retourner. Et il lui tendait un papier tout en scrutant les moindres traits de l’adolescent, méfiant, comme s’il voulait déceler quelque chose.

« Promets-moi que tu vas être à l’heure, que tu ne retourneras pas te droguer ou te prostituer. Sinon je… En tout cas, j’te donne mon numéro de cellulaire, s’il y a quoique se soit, appelle-moi. »

Brad le rassura avec son visage d’angelot aux yeux de chiens battu, insistant sur le fait qu’il comptait à ses yeux. Un passionné baiser vint sceller leur temporaire séparation.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Lun 30 Avr à 23:57

****************


Brad arriva au pied de l’horloge avec au moins dix bonnes minutes d’avance. Il avait un gros sac à cadeau emplit de papier de soie coloré. Et il devait avoir quatre sacs de vêtements en plus. Essoufflé, il se demanda comment il allait faire pour tout rapporter à l’appartement et comment les filles faisaient pour ne pas être aussi fatigué que lui après une journée de magasinage. Il prit place sur un banc. Et il attendit. À peine quelques minutes plus tard, il aperçut Flavien. Il sortait d’une des tours à bureau avec un sac. Avant de traverser la rue et de rejoindre Brad. Le jeune alla à sa rencontre, content de le voir.

« Tu vois, je suis là comme je te l’avais promis ! »

Flavien, remarquant tous les sacs que transportait le jeune, fut estomaqué :

« J’vois bien ça… Ohhh… On dirait que tu n’as pas chômé, toi. »

« J’ai fait le tour de tous les magasins de la rue ! Je suis bon, non? »

« Oui, oui. (Flavien rougit) Ce n’est pas tout pour moi, j’espère? »

Brad secoua la tête, fier de ses acquisitions :

« Ne-non. C’est surtout des vêtements que je me suis acheté pour pouvoir jeter ceux que je me servais dans la rue. Ils sont presque tous brisés ou tachés ou sales… Tu veux un bec esquimau? »

Enfantin comme tout, Brad s’approcha de l’homme qui partageait sa vie pour frotter son nez contre le sien. Flavien ne put s’empêcher de rire gaiement. Un rire que Brad n’avait pas entendu depuis longtemps et ça lui fit chaud au cœur. Puis, il remarqua que son amoureux avait un très grand sac blanc, sans aucune identification dessus.

« Et toi, tu as bien magasiné Flavien? »

L’interpellé acquiesça.

« Oui. J’ai eu peur car ce que je voulais t’offrir comme cadeau souvent en rupture de stock. Alors, j’ai été voir à la bonne place pour l’avoir. »

Flavien semblait vraiment plus détendu que ce matin et la veille. Cela réjouit Brad à un grand degré. Ils marchèrent collés, luttant contre le froid. Ils reprirent l’autobus jusqu’à l’appartement, heureux de regagner la chaleur du loyer.

Et ils se mirent à réchauffer les plats qu’ils avaient préparés le soir du 24 décembre. L’appartement fut vite envahi d’un appétissant arôme de fêtes. Brad, désirant gâter son maître, lui conseilla de s’asseoir à la table. Flavien le laissa faire, rêveur, une once de malice dans les yeux. Brad revêtit le complet – Ouais, bon, il avait PEUT-ÊTRE exagéré dans ces achats mais bon il n’avait pas pu se retenir en le voyant…. - qu’il venait de s’acquérir et, d’un air hautain, voire même snob, il vint porter une assiette à son « client ». Imitant l’accent british, il demanda :

« Monsieur désire autre chose avec son plat de dindon? »

Flavien embarqua dans le jeu, se retenant pour ne pas rire :

« Je prendrais du thé, serviteur! »

Brad, toujours dans son rôle de majordome, acquiesça et se retourna pour aller vers la cuisine. Flavien lui tapa une fesse au passage, se marrant de l’air que se donnait son chum. Les pitreries de l’adolescent avaient le don de le faire rire et d’oublier tout le reste.

Le repas se déroula très joyeusement et fut très convivial. Il n’y avait que joie et détente autour de la table. C’était comme si le temps c’était arrêté.

Puis, après le dessert, Brad se leva pour aller dans la chambre. Il en revint avec un immense sac de papier, rouge et vert, emplit de papier de soie. Il semblait vraiment lourd, ce sac. L’adolescent le transportait en courbant le dos, le visage déformé par l’effort physique. Il posa avec difficulté le sac sur la table :

« Tiens, mon bébé. Joyeux Noël en retard! »

Flavien rougit. « Il m’a vraiment offert un cadeau immense!, songea-t-il. ». Embarrassé d’être visiblement aussi gâté, il se gratta nerveusement la nuque en le remerciant. Le jeune lui mit le sac en face de lui, sur la table. Flavien enleva le papier de soie. Il découvrit en dessous… d’autre papier de soie! Et puis d’autre! Ayoye… Et puis, tout au fond, caché, il y avait une minuscule boîte. Voilà, Brad l’avait dupé! Flavien s’était attendu sauf à ça. Il ouvrit une petite boîte et y découvrit une jolie bague.

« Wow… c’est vraiment gentil, Brad. Je te remercie de tout mon cœur. »

Flavien la mit à son doigt, enchanté de son cadeau. Ce fut à son tour de se lever pour aller chercher le cadeau de Brad. Il avait été soigneusement emballé dans une boite de taille moyenne. Il la tendit vers son amoureux :

« Voilà, c’est pour toi mon trésor. Joyeux Noël à toi aussi. »

Brad, très curieux, déballa avec empressement la boîte. Il y trouva quelque 6 livres, tous du même auteur : Stéphane Côté. C’était aussi le même auteur que le livre que Flavien lui avait donné la veille. Brad fut surprit.

« T’as acheté tous ces bouquins pour moi? »

Flavien acquiesça, en rougissant :

« M’ouais. J’veux que tu me dises ce que tu en penses, d’accord? Euh… c’est comme mon auteur préféré. »

Brad s’avança pour l’embrasser, reconnaissant. Puis, lui faisant un clin d’œil, il se leva :

« Monsieur aime prendre du thé après les repas? Monsieur désire-t-il que j’aille en préparer? »

Flavien rit en acquiesça, puis laissa partir le garçon. La gaieté avait reprit le cœur de l’adulte.

Jusqu’à ce qu’on le dérange.
Qu’on cogne à sa porte…

Toc…

Toc…

Toc…

Trois coups lents mais convaincus vinrent transformer toute la soirée.

Brad étant affairé à préparer le thé en sifflotant un air des fêtes, Flavien se leva pour aller répondre. Il s’attendait à quelqu’un qui faisait du porte à porte, un témoin de Jéhovah... Dans les faits, l’homme qui se tenait sous le cadre de la porte n’avait pas l’air d’être là que pour prêcher une quelconque bonne nouvelle ou vendre quelconque appareil.

Il arborait un air piteux, probablement inventé de toutes pièces parce que l’autre ne se laissa pas attendrir selon son cassant :

« Je n’ai rien à te dire, Bob. Va-t’en. »

En fonçant les sourcils, il dévisagea le mulâtre devant lui. Le visiteur, tenait dans l’une de ses mains une bouteille de vin, et dans l’autre, un bouquet de fleurs.

Pourtant à l’intérieur, il s’en faisait, il gardait son malaise pour lui. C’était loin d’être le bon moment, enfin, ça ne l’aurait jamais été. Ça n’existait pas de bon moment pour cela. Anéantis, ses efforts pour retrouver une stabilité mentale.

Bob avait les yeux mouillés. Alors que le propriétaire des lieux allait pour lui claquer la porte au nez pour éviter une confrontation interminablement malsaine, il l’arrêta. Il fixait intensément son ex qui faisait tout pour reprendre l’air impassible qui le caractérisait.

« Flavien, je suis venu pour te dire que je suis désolé. J’aurais pas du, je t’aime tant, j’ai pas su me contrôler. Je t’en supplie, excuse-moi, mon pinson. »

Ne pas craquer, songea Flavien. Je ne dois surtout pas paraître faible car il va s’en de ça contre moi.

Pour cela, Flavien en demeura froid devant la voix mielleuse et enjôleuse derrière ses excuses préfabriqués et qu’il connaissait par cœur au nombre où on les lui avait sortit. Il croisa les bras et répondit d’un ton blasé :

« J’aurais pu mourir, selon les médecins, à cause de ta crise de jalousie injustifiée. Il n’est pas question que je revienne avec toi, après ça. »

Bob baissa la tête. Peut-être était-il sincère en partie ? Il était tout tremblant, sur le bord des sanglots, remarqua t-il, sans changer d’attitude.

« Flavien, j’vais plus recommencer, ça arrive plus … j’te jure. »

« Tu as changé en si peu de temps? Qu’est qui te fais dire que tu pourrais ? Que tu lèveras pas la main sur moi dès que t’auras une raison à tes yeux de le faire ? Répondit Flavien calmement mais clairement. Écoute. Toi et moi, c’est terminé. C’est pas vrai que je veux pas être dans une relation où je me ferais démolir, à toujours souffrir. »

Bob mit la bouteille de vin par terre et, de sa main libre, il voulut caresser la joue de son ex, essayé de lui faire changer d’avis par la tendresse.

« Je serai sage comme un agneau, mon pinson. »

Flavien repoussa la main de Bob comme si elle était enduite d’un corps graisseux et répugnant. Comme on lève le nez à un vieux bas sale, il avait dit en même temps :

« Ma confiance en toi est brisée. Plus jamais, on retournera ensemble. Fais-toi à cette idée, Bob. »

Bob ne se résigna pas, s’accrochant à lui pitoyablement, près à se jeter à ses genoux pour sauver l’existence de son ancien couple. Comédie ou pas, c’était rendu pathétique pour l’homme convoité qui soupira.

C’est à ce moment que Brad passa derrière Flavien en allant porter la théière, sans regarder vers l’entrée de l’appartement. Bob se mit à voir rouge en l’apercevant, il laissa tomber les fleurs en beuglant :

« J’avais raison de me méfier, Flavien Bouchard ! T’es un CHRISS de COURAILLEUX ! »

Les poings du colérique se resserraient avec rage. Il se retenait visiblement pour ne pas déraper cependant c’était plutôt perdu d’avance.

Car il explosa lorsque Flavien lui fit remarquer, sèchement, sourire aux lèvres :

« Tu vois, tu perds encore le contrôle… »


***


La suite des événements se déroule à toute allure. Tout bascule. D’une violence inouïe, Bob projette Flavien sur le mur le plus près, soit celui du minuscule halle d’entrée derrière lui, d’une extrême force. Il le retient contre le mur, en le tenant par le cou. La scène n’a duré que 4 secondes, tout au plus, mais semble avoir duré qu’une demie.

Il a les yeux noirs. Sombres comme il ne les a jamais eu. On dirait qu’il a le regard d’un tueur.

Il a les yeux aussi vides d’émotion que l’expression qu’il affiche sur son visage, sans une once de malice ou de défiance, rien, rien. Il garde un sang froid déconcertant, malgré la situation, malgré qu’il ait sûrement eut mal sous le choc. Il regarde son agresseur droit dans les yeux.

Un tel calme rend Bob fou, ne comprenant pas comment il peut réagir comme ça, comment il peut lui faire croire qu’il ne l’aime plus après si peu de temps, comment il a raison de dire qu’il a perdu le contrôle encore une fois. Inarticulé, ce dernier crache des mots confus. Les larmes ruissèlent sur ses joues comme une chute, mais en même temps il reste aussi enragé :

« J’t’aime Flavien ! Pourquoi tu me fais ça?! ... tu n’as pas le droit ! Reviens !»

À travers la main qui lui dessine une rougeur sur la blancheur de sa peau, une phrase plus cruelle, plus agacée, fut sa réponse :

« Tu n’es plus dans ma vie donc je n’ai plus aucun compte à te rendre. »

Bob prend de l’élan avec son poing, prêt à le frapper, menaçant, ne pouvant gober ce qu’il venait d’entendre.

Flavien, pratiquement indifférent comme il ne peut bouger ni le corps ni sa tête, attends.


***


C’est alors que Brad, ayant entendu la fin de l’altercation violente, fit son entrée, à la droite de Bob. Il pointa son arme qu’il a haut dessus de l’épaule vers le noir. Oui ! Brad est armé d’un…

Euh… d’un téléphone ?

« Laisse Flavien tranquille, salaud ! Sinon, j’appelle la police ! »

Bob figea, comprenant équation et sa réponse perdante.

Bob se libéra finalement de son emprise sur Flavien.

Flavien ne réagit aucunement, emprisonné dans sa tête.

Bob réalisa les conséquences lourdes en cas de plainte.

Brad a toujours son… euh… arme improvisée en l’air, pas content du tout .

Bob fait demi tour, abandonnant ce qu’il était venu faire, sa tentative de persuasion.

Brad referme – ou claque à en défoncer le cadre - la porte et la barre à double clé en cas où l’agresseur reviendrait.

C’est à ce moment que Flavien s’effondre mollement par terre. Cède finalement, en sanglots, rattrapé ce qu’il a vécu.

Brad le laisse se relève mollement, le laisse aller se coucher sans dire un mot. Il s’installa sur le divan, inquiet, trop inquiet.

C’est à ce moment que le démon de l’héroïne vient abuser de Brad.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Dim 15 Juil à 23:55

Chapitre 22 : Accro à quel prix ?


Tout allait mal…

Indéniable. Certain.

En cette fin de décembre, depuis dix-sept heures, environ, les ténèbres ont envahi le cœur de l’un et le corps de l’autre.

Cela s’était déroulé au même moment où le soleil s’était éclipsé complètement en faisant place à une nuit glaciale où la lune semblait charbonnée par les nuages l’avoisinant.

La complainte du vent se faisait entendre, éclatait dans le silence de la nuit. Sa mélodie d’agonie gagnait en intensité à chaque rafale qui balayait la neige, heurtait la vitre, du salon plongé dans le noir. Éole s’en donnait à cœur joie pour exécuter un concerto digne de ce nom mais l’indifférence de cela était au rendez-vous.

Cruellement, inlassablement, le même cercle vicieux avait repris sa ronde. Fatalement. C’était un engrenage d’où il était difficile, non impossible, de ce soustraire. Qu’il le veuille ou non, il ne pouvait pas lutter contre. Il se sentait de retour à la case départ, désillusionné et blasé par sa propre inaptitude.

Déjà submergé par ses propres problèmes, Brad était loin de se douter qu’un démon était en train de le surveiller. Les yeux de vipères de ce dernier scrutaient le juvénile depuis quelques jours déjà, attendant le moment opportun pour l’enlacer. Avant de l’attaquer de plein fouet. Saisissant l’occasion, il le fit sans tarder.

Évident. Incontestable.

Voilà comment c’était.


***


La lumière lui avait fait mal aux yeux. Elle lui avait fait perdre patience à attaquer ses yeux, à les transpercer comme de vulgaires cibles.

Alors, qu’en réalité, il n’avait que la pénombre et la lueur terne des lampadaires qui jaunissait les fentes entre les stores du salon. Il n’avait que la forme des meubles qui se distinguaient.
Ses imbéciles d’esprit et de corps lui échappaient totalement, hors de son contrôle.

Alors qu’en réalité, vulnérable, il tremblait et tremblait, claquait des dents, recroquevillé sur lui-même.

Sa foudroyante détresse monopolisait tout son être, il souhaitait pouvoir avoir ce qu’il désirait ou que Flavien face volte-face pour lui venir en aide.

Alors qu’en réalité, Brad fixait, sans faire preuve de lucidité, la porte de la chambre. Soupirs, sanglots y provenaient. Mais bizarrement, il ne pouvait pas s’en faire pour l’instant, il avait ses propres problèmes plus urgents…

L’adolescent, aux aguets, entendit ce maudit rapace, ce diable martelait son intérieur. Il l’entendait de sa voix enjôleuse et malicieuse :

« Tu seras délivré, mon Brad. Je te le jure. Écoute-moi bien. Tu sais comme moi que tu en as besoin, d’héroïne. Alors, n’hésite pas. Vas-y, fais-le pour toi! »

C’était insoutenable, carrément insoutenable. Il était sur le bord de soit craquer, de pleurer ou crier et ou tous en même temps.

«Laisse toi succomber au plaisir de cette poudre. Viens planer avec moi, comme avant. Elle ne te laissera pas tomber. Elle sera toujours avec toi, en toi, pour t’aider. Braaaaddddd. »

Sa tête tournoyante, Brad se leva avec difficulté, bouchant ses oreilles pour espérer taire cette voix intérieure qui en même temps voudrait tant écouter.

Haletant, de ses mains instables, il dût prendre appui sur les meubles autour pour ne pas perdre l’équilibre, pour essayer de stopper tout ça sans y arriver.

Le plancher, le plafond, les murs, le mobilier, tout se déformait, se à vive allure avec distorsion alors qu’il décuplait ses tentatives de s’accrocher, ses gestes rapides et maladroits. Il avait besoin d’héroïne… ça lui révélait ça.

Il avait besoin d’héroïne.

Il avait besoin d’héroïne!!

Reste encore LA question : Mais où donc s’en procurer? Chancelant, le jeune mit une croix sur un quelconque plan impliquant la course à un revendeur dans la rue. Dans l’état instable dans lequel il se trouvait, il risquait fort probablement de tomber dans les escaliers. Pas question de se retrouver par terre, le popotin fracturé après avoir tombé et pas plus avancé! Non, il devait trouver une idée qui surmonterait l’handicap infligé par ses jambes flageolantes.

Il en avait besoin MAINTENANT!!! Oui! Maintenant! Dans cet instant précis, dans cette seconde précise! Peu importe les conséquences! Il avait besoin d’héroïne…

Demander à Flavien de descendre à sa place? Non, l’homme si opposerait. Il ne comprendrait rien. Il est si… straight… Et puis, c’est dangereux, la rue! Une organisation malsaine quelconque pourrait l’entraîner dans le vol, la prostitution, la dope… Ce n’était définitivement pas l’idée du siècle comme il y était déjà...

Il avait besoin d’héroïne !! Il avait besoin d’héroïne! Parce que ça le rendait détraqué. Il fallait faire cesser ce cirque sans plus tarder. Se délivrer de la tentation en y cédant.

Puis, comme une illumination. En y repensant, il devait bien lui en rester un peu dans son sac à dos, dernier vestige de sa vie dans la rue. Il lui semblait en avoir gardé un peu ! Oui c’était ça la solution !

Le jeune garçon était à bout de souffle et à bouts de nerfs. Il lui fallait cette foutue héroïne !!

La sueur froide coulant sur son front, il chercha à tâtons la lumière. Il ne trouva pas, à son plus grand désespoir.

Et puis, son cœur arrêta de battre, l’espace d’un instant. Son sac et son très précieux contenu se trouvaient dans la chambre à coucher. C’était trop beau pour être vrai. Il n’avait pas le choix, il fallait s’y rendre. Il ne pouvait pas se contenter d’abandonner ayant été si près du but…

Il avança quelques pas vacillants puis son genou se cogna contre la petite table du salon. En jurant contre la douleur, sa démarche s’était encore plus amollie. Presque sur le point de tomber et de ramper jusqu’à la direction approximative de la chambre.

Il fut soulagé alors que sa main réussit enfin à chercher à tâtons la poignée et de s’y poser.

Mais elle demeurait immobile, bloquée. Héroïne…
C’est vrai, ce Flavien c’était embarré, c’est vrai. Héroïne…
Merde… Ce foutu Flavien s’était embarré dans la chambre égoïstement, sans lui laisser sa foutue poudre. HÉROIIINEE !

Brad se mit à avoir chaud et froid à la fois et se fut ses jambes l’abandonnèrent pour de vrai, cette fois, et son corps se heurta à la porte dans un grand fracas.

Plus rien n’existait pour l’adolescent, à part ce sentiment d’avoir été défait par une poignée verrouillée. Et ce manque qui le rognait, le détruisait. Il était même pas capable de se relever…

Son corps était totalement insensé et malmené par son envie de drogue qu’il semblait perdre peu à peu conscience avec la réalité. Non, c’était fatal à ses yeux s’il ne pouvait pas avoir sa drogue.

Brad gisait par terre, tremblant de tout son être.

Héroïne…


Dernière édition par le Dim 15 Juil à 23:56, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
M@rie
Fanfickeur(euse)
Fanfickeur(euse)
avatar

Nombre de messages : 294
Age : 27
Localisation : Perdue dans mon imagination
Date d'inscription : 12/02/2005

MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   Dim 15 Juil à 23:55

***


La porte de la chambre s’ouvrit et se referma sans que Brad, encore affaissé par terre, ne le remarque avec lucidité. Une puissante voix menaçante s’éleva :

« ARRÊTE DE FAIRE L’IDIOT ! J’T’AI DIS DE ME FOUTRE… »

Flavien s’interrompit de, remarquant que Brad n’avait pas l’air d’essayer de l’avoir, ni de rigoler, ni faire semblant.

La scène pathétique s’offrant au plus vieux étonna ce dernier. En dépit de l’avoir jamais vu dans un tel état, cet inconnu lui foutait la chienne.

Au point où il oublia ses propres problèmes, l’espace d’un moment, il s’accroupit pour relever Brad, sans succès comme il s’accrocha au tapis. Plus, à la manière d’un enfant, il réussit à le souleva dans ses bras tandis que le jeune garçon battait des bras et des jambes pour ne pas prendre de la distance. Il le fit asseoir sur le divan où Brad glissa un peu, dans les vapes, le visage en sueur.

Penché vers lui, l’homme scrutait son regard, comme pour découvrir la source de son mal. Ne pouvant pas la deviner comme ça, aussi facilement, il dût lui demander verbalement :

« Brad… Qu’est qui se passe ?... T’as besoin d’aide ? … »

Une réponse inarticulée mais tout de même explicite en ressortit :

« inutile… héro… sac… héro… »

Son compagnon regardait un peu partout, dans son état second où il était martelé par ses démons. Flavien, pour sa part, serra les dents, on pouvait lire l’anxiété et la colère. La colère prédominait.

Pour lui, garder de l’héroïne à portée de main alors qu’on est sensé être en réhabilitation, c’était une trahison, quoi ! C’est un outrage à tous les efforts qu’on puisse faire afin de redonner une nouvelle chance au junkie qui nous servait de copain !

Flavien jongla avec ses pensées orageuses avant de vérifier s’il avait bien interprété :

« T’as de l’héroïne dans ton sac, dans la chambre? »

Brad acquiesça, son regard se portant nerveusement (et un peu follement…) sur le bois de la porte.

C’était comme si on lui avait planté une machette dans le dos.

Enragé, il récita un dictionnaire de blasphèmes et de sacres, en oubliant pas de les conjuguer à tous les temps, toutes les personnes et tous les genres grammaticaux. Une fois qu’il eut fait le tour, il en réinventa un nouveau.

L’autre ne semblait pas être assez conscient pour se préoccuper de sa colère. Il semblait peut-être un peu dérangé dans son délire mental pour se demander quelle était la provenance de tous ces cris. Son visage pâlot, fiévreux, se crispait parfois à un plus fort que les autres. Ses paupières semblaient lourdes, il ne semblait même plus comprendre pourquoi il était là, sans héroïne.

Si Flavien en faisait autant un cas, c’était que lui aussi avait cru en la bonne foi de Brad. Il y avait vraiment cru …

À son arrivée, il y avait trois jours de cela, l’ancien itinérant avait juré qu’il se surpasserait pour devenir sobre. La volonté était là, il ne pouvait que s’y rattacher, se dire qu’il allait le supporter dans sa démarche. Et là, il était sur le point de tout foutre en l’air. Non pas à cause de sa crise de désir ténébreux de poudre mais parce qu’il lui avait menti, qu’il n’avait que lancer de belles paroles en l’air. Des paroles qui le mettait à l’envers à présent, qui étaient devenues stupides et sans fondements.

À force de se vider le cœur dans son monologue enflammé, Flavien avait la voix irritée. Lui qui était si fâché constata que cette façade qu’il s’était érigée depuis tout à l’heure venait de flancher.

Maintenant que cet instant de folie était passé, malgré que la colère ne s’était pas réglée, il restait les pots à recoller, il fit tout ce qu’il pu pour redressée cette façade.

En face de lui, il avait toutes les raisons du monde de s’y enfermer qui venait de sombrer dans un sommeil agité.


***


Après le noir, le vent, c’était la tempête qui faisait rage. Le blizzard, même. C’était à vous glacer le sang. Il n’y avait pas de mots doux, pas d’explications. Il n’y avait que hurlements et colère. Colère et hurlements. Et qu’une âme à nouveau trahie.


***


Alors qu’Éole avait depuis longtemps monopolisé à nouveau le spectacle auditif, il put reprendre une bonne partie de sa conscience, se rendant compte qu’il était couché en fœtus sur le divan.

Brad ne savait pas trop combien de temps, il s’était écoulé entre sa divagation et cet instant.

Ce qui était sûr, c’était que l’héroïne n’avait eut aucune pitié. Elle n’avait pas hésité pas à frapper, à réveiller l’héroïnomane en lui-même quand il était lamentablement et déjà à terre. Peu importe si c’est déloyal, c’était un coup de grâce de la part de ce démon pour essayer de catapulter le toxicomane en repentir au plus profond de l’enfer. Brad s’était juré de ne plus se laisser prendre au dépourvu, de résister et c’est ce qu’il voulait toujours faire. Même si c’était pour vivre un moment pénible comme il avait vécu.

Quand il se rassit et regarda en face, il vit que Flavien n’avait étonnamment pas regagné sa chambre. Celui-ci occupait le fauteuil, fixant la télévision qui n’était même pas ouverte. Sans vouloir de l’écouter, juste pour fixer un point, pour ne pas craquer. Ses genoux étaient ramenés contre son menton.

Ce qui faisait le plus peur, dans tout ça, c’était son regard. C’était comme si on avait éteint la lumière dans ses yeux. Ils ne brillaient plus d’amour ni même de peine : la douleur y était absente. C’était un pauvre garçon que Brad touchait visuellement. Un pauvre garçon dépassé par tant de douleur, de tristesse, qui ne savait plus sur quoi se raccrocher. Et qui s’enfermait dans sa tête.

Devant un tel scénario, d’où il venait de graver une chute plus profonde, Brad ne put refouler le sentiment d’impuissance s’agrippant à ses tripes. Il se botta les fesses mentalement, se rappelant que, puisqu’il était la source de l’élément déclencheur, il ne pouvait qu’être la clé du dénouement. Il était à la fois l’obstacle, l’objet de la quête et peut-être, le resta de l’histoire le dira, l’adjuvant.

Usant de toute sa compassion, il se leva pour aller plus près de lui. Sa gorge ne savait quels sons libérer pour faire reculer un morceau de malaise à sa vue. Il commença par des excuses, bredouillées :

« Désolé, Flavien… Je n’aurais vraiment pas dû m’emporter comme ça… j’pouvais pas me contrôler… »

Ce dernier, impassible à ses implorations de pardon, lançant aigrement :

« Pour ça que tu gardes ta drogue ici… »

Déstabilisé qu’il le sache quand lui-même l’avait complètement oublier, il essaya de se rattraper :

« M… Mais… T’as fais la bonne chose en m’empêchant d’y toucher ! J… J’avais pas eu l’occasion… ni le courage… de me débarrasser de la seule dose qu’il me restait… Excuse-moi… »

« Pfff… sûrement au cas où t’aurais une petite envie comme là… »

Brad ne su pas quoi répondre, ne sachant pas de quelle façon lui faire comprendre qu’il se trompait.

Un temps défila devant leurs yeux. Puis une éternité, un siècle ! On aurait cru qu’il y avait un arrêt sur l’image, à l’exception que les protagonistes, eux, étaient perdus dans leurs pensées, dans leurs attentes, dans leurs sentiments.

Puis, l’image revint, acérée comme une hache. Un gémir d’un homme réfléchissant tout haut qui, tout d’un coup, bouleversa tout :

« Pourquoi… pourquoi j’n’arrive pas à aimer normalement? Le menteur, l’hystérique violent, la pute junkie… j’ai fait quoi pour mériter ça? Pourquoi je n’arrive pas à aimer des gens qui ne me blesseront pas à tout bout de champ ? Pourquoi je ne peux pas aimer quelqu’un d’affectueux qui s’inquiète vraiment pour moi, qui m’aime vraiment ? Pourquoi j’me ramasse toujours avec les restants comme chums… J’en ai assez d’aimer des gens qui sont des moins que rien dans le fond… »

Pour le jeune, c’était pire qu’une gifle, qu’un coup bas. La réalité s’estompa, que les mots restaient, qui faisaient viscéralement mal.

La réaction du drogué en question ne se fit pas attendre. Sa fureur au garde à vous, il se leva, serrant les poings.

« J’dois prendre l’air, songea-t-il. J’dois penser à autre chose sinon ça va être pire... »

Il se dirigea vers le portemanteau tout près de la porte d’entrée. Ses jambes avaient repris leur stabilité normale. Il revêtit son manteau d’hiver car, à l’extérieur, tout indiquait que la température était bien plus froide que le point de congélation.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [FNT] Bad Boys (R)   

Revenir en haut Aller en bas
 
[FNT] Bad Boys (R)
Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Boys bands, and another one... and another one
» The Lost Boys : The thirst (Generation perdue 3)
» Abingdon Boys school
» [scan] Fine Boys
» Beastie Boys

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dug-fanfics :: La planète Fanfic :: La bibliothèque de Serge-
Sauter vers: