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 (FT) The Tigers Come at Night [R]

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Ja_aveccheveux
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MessageSujet: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Ven 10 Mar à 18:43

Titre: The Tigers Come at Night
Note sur le titre: scusez le titre anglais Razz
Genre: Drame
Disclamer : L’univers de Galaxie appartient à Claude Legault et Pierre-Yves Bernard (Pour vrai? XD )
Spoilers du film : nah!
Auteur : Moua, Ja_aveccheveux
Rating : R…très R, frisant le NC-17, alors j’vous ai averti!!!! Pis c la faute à Mel!


Chapitre 1

"But the tigers come at night
With their voices soft as thunder
As they tear your hope apart
And they turn your dream to shame
I had a dream my life would be
So much different from this hell I'm living
So different now from what it seemed
Now life has killed
The dream I dreamed."
-The Dream I Dreamed, Les Miserable


Pourquoi?

Pourquoi avais-je accepté de la suivre dans son vaisseau?

Elle s’approcha de moi, une seringue à la main. Je tentai de me libérer de mes chaînes, mais je ne réussis qu’à m’entailler légèrement les poignets. Je ne voulais pas être ici, je ne voulais pas savoir ce que cette femme me voulait.

Mais je le savais trop bien au fond de moi.

Elle s’agenouilla près de moi, me caressa le visage de l’envers de la main. Je tentai de m’éloigner mais elle me retint. Elle saisit mon bras et y enfonça brutalement l’aiguille. Je sentis le liquide emplir mes veines, se répandre dans mon corps sans défense. Je tentai de me débattre, mais ça ne servait à rien. Il était déjà trop tard.

-Vous allez ressentir l’effet enivrant de cette drogue dans quelques instants, Me dit la jeune fille avec un sourire malicieux.

Je n’étais pas sûr de vouloir connaître cet effet. Elle continuait de me fixer, son sourire diabolique pendu aux lèvres. Après quelques secondes, elle se mit à se déshabiller devant moi, comme ça, sans gêne. Elle enleva son blouson, puis le reste de ses vêtements. Je tournai la tête, et fermant les yeux avec force. Je savais trop bien ce qu'elle allait me faire, trop bien ce que j'allais subir dans quelques instants.

Je sentis sa main se poser sur mon torse, et glisser lentement vers mon nombril. Mon pouls s'accéléra. La main descendit plus bas, sous le niveau de la ceinture. Le toucher me répugnait au plus haut point. J’en avais mal au cœur. Je tentai de m’imaginer ailleurs, de prétendre que ce n’était pas en train de m’arriver.

Ce n’était pas moi, ce n’était pas mon corps. Mon cœur se serrait, ma peau blêmit.

La main abandonna son attaque vicieuse et se posa sur mon visage.

- Regarde-moi.

Je fis semblant de ne rien entendre.

Une gifle. Forte.

Mes yeux s’ouvrirent sous la surprise, embrumés de larmes. Elle était penchée au-dessus de moi, et son sourire revint aussitôt qu’elle vit mon regard effrayé. Elle s’inclina encore plus, près de mon oreille, ses cheveux cuivrés caressant ma joue encore endolorie. Elle murmura d’une voix presque douce :

-Personne ne peut savoir…Et tu le sais…

Et elle avait raison.

En posa ses lèvres sur les miennes et m’embrassa farouchement, se complaisant dans ses avances forcées, meurtrissant ma peau qui refusait ses propositions brutales.

Ses mains redescendirent plus bas, et je retins mon souffle pour ne pas échapper un sanglot. Je ne lui laisserais pas le plaisir de me voir pleurer.

Elle parcourut chaque centimètre de mon corps avec son toucher qui me laissait de pierre. J’essayai de ne pas bouger, de ne pas frissonner de dégoût. La nausée me prit à la gorge mais je restais figé, immobile. Sa peau effleurait la mienne, son poids me forçait à rester collé au sol glacial. Elle ferma les yeux et ses mains se posèrent sur mes hanches.

Son corps sembla se fondre sur moi, et je retournai la tête. Je ne pouvais plus regarder cet affreux spectacle, mon propre viol.

Les larmes coulaient en silence, mon corps tremblait de froid, de peur, de honte.

Je tentai d’ignorer les signaux que m’envoyaient mon corps. Je serrai les dents et agrippai les maillons de mes chaînes avec force. Mon visage se tordit sous l’humiliation et l’aversion. Je me sentais terni, souillé. Mais je n’avais pas le choix. Je devais endurer

Je me mis à réciter silencieusement.

Je répétai encore et encore, un mantra pour oublier l’acte forcé, une récitation pour se perdre dans l’abîme, s’abandonner aux illusions qui font abstraction du réel.

Si je pouvais endurer, la race humaine serait sauvée.

Si je pouvais endurer…

Pouvais endurer…

Endurer…


Dernière édition par le Ven 17 Nov à 19:50, édité 2 fois
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Ja_aveccheveux
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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Sam 11 Mar à 14:53

Chapitre 2

“There was a time when men were kind,
And their voices were soft,
And their words inviting.
There was a time when love was blind,
And the world was a song,
And the song was exciting.
There was a time when it all went wrong...”
-The Dream I Dreamed, Les Miserable


La porte se referma derrière Sulayaa, et elle soupira. Flavien n’avait parlé, pas crié, pas même supplié. Mais elle avait la patience d’un maître, elle savait observer la peinture sécher sur une toile. Il finirait bien par craquer. Elle voulait qu’il l’implore, qu’il la supplie d’arrêter. De ce qu’elle voyait, cela prendrait du temps, mais elle finirait par le briser, et cela serait son plus grand accomplissement.

***

J’attendis que Sulayaa ferme la porte derrière elle pour respirer encore. Elle avait défait mes chaînes mais je n’avais pas fait le moindre mouvement pour attraper mes vêtements. Et si elle revenait…

Pourquoi moi? Pourquoi m’avait-elle choisi?

Pourquoi?

Une fois le silence installé dans la petite cellule, je m’asseyais lentement. Je pris machinalement mes vêtements et les enfilai. Puis je me rendis jusqu’à la porte et collai mon oreille au métal glacial.

Silence.

Je lâchai un soupire silencieux, et je retournai dans le coin le plus éloigné de la porte, et je m’y blottis, les genoux ramenés sous mon menton et mes bras autours de mon corps. Des larmes s’échappèrent de sous mes paupières et je les laissai couler. Elles étaient mon seul moyen de soulager la douleur qui me rongerait.

Je me sentais mort, étranger à moi-même.

~Pourquoi m’avait-on demandé de venir ici? ~

Durant les dernières heures, je maudis plusieurs fois les événements qui m’avaient emmenés ici, cette *stupide* raison pourquoi c’était moi qui avais été désigné pour l’accompagner sur son vaisseau. Oh bien sûr, je ne pouvais pas blâmer l’équipage du Romano Fafard, ils n’avaient aucun moyen de savoir la vérité à propos de Sulayaa.

Mais ici, dans ce vaisseau inhospitalier, je mourais à petit feu.

~Pourquoi le Capitaine ne venait-il pas me chercher maintenant? ~

***

*UNE JOURNÉE PLUS TÔT*

Le Capitaine avait reçut un message en fréquence subspatiale. Il était question d’une jeune femme qui avait entendu parler de notre mission, et qui possédait une planète correspondante à nos besoins. Elle expliquait ceci :

« Capitaine Patenaude,

J’ai en ma possession une planète qui, je crois, correspondrait à ce que les Terriens recherchent. J’ai entendu parler de votre mission dans le journal galactique et je serais intéressée à faire un marché avec les Terriens. Si vous êtes intéressés, veuillez me joindre à la même fréquence subspatiale.

Bien à vous,

Sulayaa Henquu »


Le Capitaine avait décidé de se renseigner. Brad était surexcité par cette nouvelle, et les autres attendaient avec anticipation des nouvelles de cette extra-terrestre sympathique. Il n’y avait que moi qui éprouvais un malaise face à cette lettre. Je le sentais dans mon «guts». Nous aurions des problèmes avec cette femme.

Pourtant, le Capitaine semblait bien confiant malgré les inquiétudes que je lui avais confiées. Pour ma part, elle ne m’inspirait aucune confiance. Ça avait juste été un sentiment, mais lorsqu’elle apparut sur le vaisseau en réponse à notre invitation, personne ne m’avait plus écouté.

Il était vrai qu’elle était charmante, ravissante même. Elle avait des cheveux cuivrés, des yeux verts comme deux billes de jade, un teint délicat, des lèvres rosées et une silhouette parfaite.

Pourtant…

Elle avait semblé être intéressée à moi à cause de ma moitié extra-terrestre, ou du moins, c’est ce qu’elle prétendait. Elle disait qu’elle n’était pas sure de faire confiance aux Terriens, mais moi, elle pouvait peut-être plus se risquer.

-Pourquoi ne venez-vous pas à bord de mon vaisseau, je voudrais discuter des détails du contrat.

Tous les yeux se retournèrent vers moi.

-Je sais pas si je…

Mais le Capitaine m’interrompit :

-Allons allons Flavien, elle est inoffensive. Vous avez entendu, elle nous l’échangerait contre quelques tonnes d’aluminium et d’acier pour construire son deuxième vaisseau. Ça ne se refuse pas.

Sulayaa acquiesça.

-Oui vous savez, moi j’en ai rien à faire de cette planète, je l’ai obtenu dans un pari.

Je ne savais pas pourquoi, mais j’eut l’impression qu’il y avait du faux dans chacune de ses paroles. Mais les autres semblaient penser autrement.

Je tentai de refuser à nouveau, mais l’équipage ne me laissa guère le choix. Le Capitaine insista même en disant que c’était très important, que le sort de l’humanité reposait entre mes mains.

Je n’eus pas le choix et j’acceptai à contrecoeur.

***

Je sentis un frisson parcourir mon dos. Je me souvenais trop bien lorsque j’avais été téléfaxé dans son vaisseau. Tout était tellement étrange…indéfinissable. Elle me guida vers un couloir, et je regardai l’architecture insolite, métallique et fluide.

Je ne vis jamais son pistolet et elle m’envoya une charge directement entre les omoplates. Je m’écroulai sans toutefois perdre connaissance. Elle me traîna jusqu’à cette petite cellule où elle me dévêtit, et m’attacha solidement au mur avec des chaînes.

-Si tu dis à qui que ce soit ce que je te fais, Cracha-t-elle, Le Deal est off. Ce que je veux c’est toi. Toi contre la planète.

Lorsque je repris le contrôle de mes moyens, elle était déjà partie.

J’entendis un son étranglé, un petit cris qui sortit de ma gorge en repensant aux événements. Le Capitaine avait eut tellement tort à propos de cette femme. Elle n’était pas inoffensive, c’était le diable en personne.

Mais ce qui était fait était fait. Et si j’arrivais à le supporter, nous pourrions enfin sauver la race humaine.

Alors j’allais supporter.

J’enfouis ma tête sur mes genoux et je pleurai silencieusement pour me libérer de cette douleur affligeante.

***

Derrière la porte, Sulayaa laissa un sourire se dessiner sur ses lèvres. Elle avait entendu Flavien émettre un petit gémissement. ~Alors, elle avait réussi à lui causer un peu de détresse… ~ Sulayaa sentit son sourire s’amplifier.

Il était si parfait. Elle s’était sentit presque bénie quand elle l’avait vu. Comment pouvait-elle être si chanceuse? Et tout était si simple : Quelques sourires, quelques battements de paupières, un peu de chantage et bien sûr la planète pour appâter le reste de l’équipage. Ça avait été tellement facile de les charmer.

Sulayaa rit doucement pour elle même. Le jeune officier avait était si bien berné. Un peu de chantage et il perdait toute confiance en lui. Il avait mordu à l’hameçon et maintenant elle le tenait dans le creux de sa poche, à sa mercie.


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Ja_aveccheveux
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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Dim 12 Mar à 18:16

Chapitre 3

“In my life,
There are so many questions and answers
That somehow seem wrong
In my life
There are times when I catch in the silence
The sigh of a faraway song
And it sings
Of a world that I long to see
Out of reach
Just a whisper away
Waiting for me.”
-In my Life, Les Miserables



Après un moment, Sulayaa entra dans ma cellule et me força à me mettre debout. Elle me poussa avec force dans le couloir tortueux du vaisseau, jusqu’à la salle de commande, devant ce qui lui servait de téléfax.

Elle me tourna face à elle mais je ne pu la regarder dans les yeux. Je baissai la tête, abattu.

-Il ne s’est rien passé, M’avertit-elle d’un ton menaçant, Tu as compris?

Je hochai seulement la tête. Je savais que si je disais le moindre mot sur ce qui s’était passé, la planète serait perdue.

-Pas comme ça!! S’écria-t-elle, furieuse.

Elle sembla prendre une pause afin de se calmer, puis elle reprit avec un sourire et une voix douce, comme si elle parlait à un enfant :

-Si tu ne veux pas qu’ils aient des doutes, il faut aussi que tes gestes aient l’air normaux.

Sulayaa tendit le bras et du revers de sa main, caressa ma joue comme on caresse un petit chien effrayé. Je ne pus m’empêcher de reculer en réprimant un frisson.

-Non…non…

Elle insista, et je me laissai faire sans égard pour ma dignité. Je l’avais déjà perdue de toutes façons. En dedans, j’avais la nausée, j’étais transi par la terreur, mais je restai figé.

Finalement, sa main retomba.

-Bien… Maintenant, installe-toi sur le téléfax.

Je fis comme ordonné, et elle contacta le Romano Fafard pour les avertir de notre arrivée. J’avais vraiment hâte de rentrer, mais en même temps, j’en étais terrifié. Comment allais-je faire face aux autres, et prétendre que rien ne s’était passé? J’espérais seulement que j’allais tenir le coup, au moins jusqu’après que le contrat soit finalisé. C’était tout ce qui comptait.

Sulayaa reçut la confirmation du Romano, et elle me téléfaxa sur le vaisseau.

Une fois à bord, le Capitaine, Brad, Bob et Valence accoururent vers moi, le sourire aux lèvres. Je fis de mon mieux pour imiter leur expression.

Sulayaa se téléfaxa immédiatement après moi, et tout le monde l’accueillit à bras ouverts.

-Alors! S’exclama le Capitaine, Comment se sont passées les négociations?

-Très bien, Dis-je en essayant de sonner enthousiaste.

-Flavien est un excellent négociateur, Me vanta Sulayaa, Vous pouvez être fier de lui.

Si c’était possible, le sourire du Capitaine se serait élargit. Il empoigna mon épaule et dit :

-Je n’en doute pas! Vous êtes un as Flavien!

Je tressaillis involontairement à son toucher, mais je me repris aussitôt, espérant qu’il n’ait rien remarqué.

-Merci Capitaine, Dis-je en souriant.

-On est parvenus à un accord, Annonça joyeusement Sulayaa, Laissez moi vous montrer…

Elle sortit un papier et les autres s’approchèrent pour voir de quoi il s’agissait. Je profitai de l’occasion pour m’éclipser et je sortis discrètement de la Salle de Commandement.

Je me dirigeai lentement vers le dortoir. Je ne savais pas trop quoi faire de moi-même, alors je décidai d’aller m’étendre un peu.

Lorsque la porte s’ouvrit, je vis que l’endroit était désert. Je soupirai de soulagement. Je grimpai l’échelle de mon lit et m’allongeai sur mes couvertures.

Mon oreiller avait son odeur familière et je me sentis soudainement plus détendu. Je m’enroulai dans ma couverture moelleuse et je fermai les yeux. J’expirai doucement.

Bientôt, le contrat serait signé, et Sulayaa ne serait plus qu’un mauvais souvenir. Tout serait terminé, et je pourrais enfin respirer…


Chapitre 4


-Flavien?

Au son de mon nom prononcé d’une voix très douce et féminine, je relevai la tête et j’aperçus Pétrolia au pas de la porte du dortoir. Elle me regardait du bas de mon lit, joyeuse.

-Flavien, le Capitaine aimerait te parler.

Je repoussai me couvertures, un peu déçu de devoir abandonner la chaleur réconfortante de mon lit.

-J’arrive.

Je sautai en bas de mon lit et atterris à côté d’elle. J’essayai d’avoir l’air naturel mais je ne pouvais pas me résoudre à la regarder en face.

Pétrolia me regarda un instant, son sourire s’effaçant peu à peu.

-Ça va Flavien? T’as l’air malade…

-Non non, ça va…

-T’es sûr? Ça a été avec Sulayaa?

Je relevai la tête brusquement à la mention de ce prénom. Mes yeux croisant les siens quelques secondes avant je ne fuies son regard à nouveau.

~Savait-elle? ~

-Ça va, elle est correct…j’veux dire ça a été correct…

Je sentis mes mains se mettre à trembler.

-Est-ce que Brad a encore fait son chien sal? Me questionna encore Pétrolia.

Je secouai la tête.

-Brad a rien faite… pour une fois.

Je forçai un sourire. Il ne devait pas être très convainquant car je vis le froncement de sourcil qui plissa son visage délicat.

~S’il te plait Pétrolia, laisse tomber. ~ Je ne voulais pas mentir à ma bien-aimée, mais si je le devais, alors je le ferais.

Elle s’approcha de moi mais je me dépêchai d’avoir l’air pressé.

-Écoute Pétrolia, j’vais aller voir ce que le Capitaine me veut… J’te vois plus tard…

Et je sortis du dortoir.

***

Aussitôt sorti du dortoir, je me retrouvai face à face avec Sulayaa. Je n’avais pas besoin, et surtout pas envie de la voir, mais elle s’avança vers moi. Je baissai les yeux.

-Sulayaa, Murmurai-je doucement, espérant que ma voix ne craque pas trop.

Elle me sourit de façon exquise. Elle savait qu’elle me causait de l’embarras, et cela l’amusait.

-Comment vas-tu Flavien?

-Bien.

~Faites qu’elle s’en aille! ~

-Tu ne veux pas venir avec moi, me faire visiter le reste du vaisseau? Demanda Sulayaa d’une voix presque innocente.

-Je… je ne pense paa-as…

En entendant ma voix se briser, je sus que je ne pouvais plus rester une seconde de plus en sa présence. Il fallait que je m’éloigne d’elle.

-Excusez-moi, le Capitaine veut me voir.

Je partis sans attendre sa réponse.

Une fois que j’eus tourné deux coins de corridor, je m’adossai au mur et je fermai les yeux. Je pris une grande inspiration qui sembla vibrer comme l’écho d’un frisson déchirant. J’essayai de reprendre un peu mon sang froid. Je n’avais jamais pensé pouvoir être aussi agité. L’obscurité me poursuivait, partout. Elle était l’obscurité. Pourquoi me pourchassait-t-elle? Pourquoi me suivait-elle? Qui étais-je maintenant? Un fantôme… un spectre vidé de tout sens de ce qu’est la vie. Il ne restait plus rien. Survivre pour les autres. Il fallait que je reste droit encore quelques temps, le temps qu’il faudrait. Je ne devais pas m’effondrer.

Je pris encore quelques longues respirations afin de me détendre. Je devais me maîtriser.

Une fois mon contrôle bien repris, je me dirigeai vers la Salle de Commandement.

***

Sulayaa regarda le couloir vide. Elle sourit. Elle savait qu’il ne voudrait jamais revenir sur son vaisseau volontairement, mais elle savait déjà ce qu’elle allait faire…

Flavien était un jeune homme délicieusement adorable. Elle se félicitait d’avoir suivi son plan ; Ce n’était pas une besogne à accomplir mais bien un plaisir à prendre. Son propre doute le rendait encore plus facile à leurrer. Elle l’entortillerait dans ses filets jusqu’à ce qu’il se brise comme du verre, jusqu’à ce qu’il ait tellement enduré que ses propres cris feraient écho dans sa tête et alors même le silence lui serait insupportable.


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Ja_aveccheveux
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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Ven 17 Mar à 22:04

J'me sens d'humeur particulièrement méchante ce soir... Razz

Chapitre 5

“Can I conceal myself for everyone?
Pretend I'm not the man I was before?
Must I lie?
If I speak, I am condemned.
If I stay silent, I am damned.”
-Who Am I, Les Miserables


J’entrai dans la Salle de Commandement où je trouvai le Capitaine assis sur son fauteuil comme à son habitude. Il y avait aussi Bob, à son poste de pilotage, qui discutait avec Serge. Ils semblaient bien s’amuser.

J’approchai du Capitaine et me mis au garde à vous.

-Capitaine, vous vouliez me parler?

Il me fit un signe de la main et je me mis au repos. Je le regardai. Il avait le coude appuyé sur le bras de son fauteuil et le poing sous son menton. Il paraissait rayonner en quelque sorte. Je savais que la promesse d’une planète habitable le rendait particulièrement heureux. C’était après tout l’aboutissement de la mission, son plus grand rêve. Cela renforça mon désir de ne rien dire sur les derniers événements. Je ne pouvais pas lui faire ça, pas à lui, l’homme que j’admirais tant. De toutes façons, ça aurait été égoïste de ma part. Pas seulement pour toute la population terrienne, ou ce qu’il en restait.

-Je vous ai fait venir, Commença le Capitaine avec un grand sourire, Pour vous dire que nous organisons un souper demain soir pour notre invitée, Sulayaa, en gage d’appréciation de l’effort qu’elle a fait pour nous permettre de sauver notre civilisation.

Je me sentis pâlir. Un souper en compagnie de Sulayaa? Demain soir??

Le Capitaine dut se rendre compte de ma pâleur soudaine car son sourire s’effaça quelque peu et il fronça les sourcils.

-Vous allez bien Flavien?

Il étira le bras et prit le mien délicatement, mais je me dégageai rapidement, ayant repris mes esprits. Je feignis de m’étirer et de bailler.

-Oui, oui, juste un peu fatigué, Dis-je en me frottant les yeux, J’ai eu affaire à une très bonne négociatrice.

Je me mordis la lèvre. Je détestais mentir de la sorte, mais que pouvais-je dire?

-Vous devriez vous coucher tôt ce soir, Dit le Capitaine en se levant.

Il passa à côté de moi pour aller se chercher un café. Je le regardai, complètement abattu.

-Oui Capitaine.

Je m’éloignai vers la porte, et jetai un dernier regard au Capitaine, qui me sourit en humant son café. Je retournai les yeux et sortis.

Une fois la porte fermée derrière moi, mes jambes devinrent tellement molles que je dus m’appuyer au mur pour ne pas m’écrouler. Comment allais-je passer au travers de toute une soirée en compagnie de Sulayaa ET le reste de l’équipage?

Je priai silencieusement qu’on me donne la force traverser la prochaine soirée.

***

J’errai dans les couloirs du Romano Fafard pendant un moment. Je n’avais pas envie d’aller me coucher, mais je savais que le Capitaine m’avait ordonné de me coucher tôt. Je décidai de faire un dernier tour du vaisseau pour essayer de trouver le sommeil qui m’échappait.

Peut-être que si je trouvais Pétrolia, je pourrais bavarder un peu et me changer les idées. Je décidai d’aller voir dans la Salle des Machines voir si elle y était.

Je marchai encore un peu, puis j’entrai dans la Salle des Machines et comme je tournai le coin du réacteur, et je fis collision avec Sulayaa. Je reculai rapidement, terrifié.

~Non! Pas elle! ~

-Tiens, bon soir Flavien, Me dit-elle d’une voix malicieuse.

Je reconnus cette voix.

~Non… ~

Je reculai encore. Le feu brûlait dans ses yeux, et elle avança.

Je reculai…

Reculai…

Reculai…

Mon dos frappa le mur.

Des mains m’entourèrent.

Pris au piège.

Elle s’approcha de moi. Mon souffle devint rapide, saccadé.

Peur.

Angoisse.

Effroi.

Mon uniforme se fit enlever.

Des mains sous mon chandail.

Un souffle chaud sur mon cou.

Un murmure.

-Tu n’as pas le choix…Tu le sais

~Non! Je ne veux pas…Non… ~

Des mains sur mon pantalon.

Des lèvres clamant brutalement les miennes.

Son corps pressé au mien.

Mes poings se serraient, mon cœur comprimait ma poitrine. Mes jambes ramollirent. Le monde semblait tourner autours de moi, j’avais mal…

Le bruit d’une porte.

J’ouvris les yeux d’un coup sec. Je regrettai presque ce geste.

Au milieu de la porte se tenait Pétrolia, les yeux grands ouverts, qui nous dévisageant. Elle semblait en choc.

Quelques secondes passèrent.

Des larmes se mirent à perler de ses beaux yeux, et quelques unes roulèrent sur ses joues rosées. Je voulais lui dire que ce qu’elle voyait, ce n’était pas ce que je voulais, ce n’était pas ce qu’elle croyait, mais ma voix se bloqua dans ma gorge.

-Flavien, Murmura-t-elle, Comment as-tu pu…

Il n’y avait aucune colère dans sa voix, seulement un chagrin immense. Elle avait le cœur brisé, c’était plus qu’évident.

-Comment as-tu pu…

Sa voix se brisa.

Ma Pétrolia…

Elle me regarda encore un instant, puis partit en courant. La porte se referma doucement derrière elle. Je fixai la porte, stupéfié.

Ma belle Pétrolia…

Un murmure se fit entendre.

-Personne ne peut savoir…

Je fermai les yeux. Je voulais crier, je ne pouvais pas, les mots ne sortaient pas, ils restaient dans ma tête, comme les larmes dans mon cœur.

J'avais du mal à respirer.

-Souviens-toi…

Je sentis des mains se glisser vers des endroits interdits. Le sourire effacé, elle me regarda.

-Toi contre la planète…

Je fermai mon esprit au monde extérieur.

-Tu es à moi…

Je ne suis plus rien.

-À moi…

“Bound at every limb by my shackles of fear
Sealed with lies through so many tears
Lost from within, pursuing the end
I fight for the chance to be lied to again”
-Lies, Evanescence


À suivre…


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Dim 19 Mar à 22:11

Chapitre 6

“There's a grief that can't be spoken.
There's a pain goes on and on.
Phantom faces at the window.
Phantom shadows on the floor.
Alone I wait in the shadows
I count the hours till I can sleep”
- Empty Chairs At Empty Tables, Les Miserables


Sulayaa sortit de la Salle des Machines en souriant. Elle se félicita d’avoir autant de chance. La venue de Pétrolia était une bénédiction. Elle avait vraiment crut que Flavien agissait selon ces propres désirs, et la relation de Flavien avec la jeune fille était maintenant détruite. Il ne pouvait pas lui expliquer, et donc, Sulayaa gagnait un autre pas sur l’extermination du technicien radar.

Elle serra les poings. Elle avait hâte de savourer sa victoire finale, lorsqu’elle pourrait enfin le tuer, assouvir sa soif de vengeance. Il payerait très cher pour ce qu’il lui avait fait. Chaque fois qu’elle y pensait, elle tremblait de rage. Il lui avait enlevé ce qu’elle avait de plus précieux, et pour son crime, elle lui enlèverait aussi tout ce qu’il avait. Elle le traînerait dans la boue, elle lui arracherait tout ce qu’il possédait, elle l’humilierait, le briserait, et finalement le mettrait à mort.

Mais la vengeance est un plat qui se mange froid. Il lui fallait encore attendre. Il fallait qu’il souffre des pires afflictions du monde avant qu’elle lui enlève la vie.

Quelques gémissements brisés provenant de l’autre côté de la porte lui parvinrent à l’oreille. Son sourire réapparut. Elle avait réussi à briser son esprit. Maintenant, elle pouvait continuer son plan.

Elle s’éloigna en se réjouissant de la suite des événements.

***

Le vide. Plus rien. J’étais vide de toute émotion. Je voyais le plancher tout près de mon visage, mais je ne le remarquais pas. Je sentais l’obscurité m’envahir. Elle était toujours là, toujours sournoise. Je mourais mais je ne pouvais pas me laisser mourir. Je devais choisir entre mourir ou être souillé. Mais tout ce que je voulais, c’était dormir… Qu’une envie… doucement partir me réfugier dans les bras de Morphée et ne plus jamais en sortir. Ma tête était devenue lourde, très lourde, j’avais ce sentiment qu’à tout instant elle aurait pu s’effondrer…Ma conscience errait… Une fois l'innocence bafouée, les larmes ne cessent de couler...

Je restai par terre je ne sais combien de temps. Ma tempe reposait sur le métal froid du plancher de la Salle des Machines, mes membres semblaient lourds, sans vie. Mon corps était secoué par la douleur qui me poignardait le cœur. J’avais mal, tellement mal. Et pourtant, c’était comme si j’étais engourdi. Je ressentais la douleur et le vide à la fois. Le froid m’envahissait.

Ma tête se remplit de questions, de culpabilités, de remords. Mon ventre se tordait de spasmes, le sang coulait sur mes jambes. J’avais envie de hurler, envie de courir, envie de fuir, n’importe où mais très loin d’ici.

Et ma Pétrolia… Elle m’avait vu avec ce monstre. Elle avait cru que… mais comment aurait-elle pu faire autrement? Ce qu’elle avait vu était bien assez pour la mener à penser que je lui étais infidèle. Dans des conditions normales, je ne me serais pas laissé faire, mais présentement, je n’avais pas le choix. Et j’avais déjà ma veste de retirée, Sulayaa était pratiquement collée sur moi…

Juste à y penser, un frisson de dégoût me transperça le corps. Je me demandai si ça valait la peine de retourner au dortoir pour la nuit… Est-ce que j’allais vraiment pouvoir dormir? Est-ce que je pourrais vraiment me tenir dans la même pièce que Pétrolia, et prétendre que je ne désapprouvais pas les gestes qu’elle avait vus?

Je me relevai péniblement sur mes mains et genoux, puis je m’assis, adossé au mur. Je pris une grande inspiration. Je devais faire face au reste de l’équipage comme s’il ne s’était rien passé. Je devais le faire, je devais y arriver.

En m’appuyant contre le mur d’une main, je me mis debout. J’arrangeai mes vêtements afin qu’ils aient l’air normaux, et je passai le revers de ma main libre sur mon visage, essuyant les dernières traces d’humidité.

Elle… C’était des cicatrices qui ne s'effaceraient jamais, c’était un vol de mon innocence pour la transformer en un tas d'immondices, des mains brûlantes de dégoût qui pénètrent l’intimité, des baisers avides et glacials, suintants de plaisir. Elle… qui s’était vautrée sur moi, ses yeux pervers s’étaient posés sur des endroits interdits, ses caresses forcées qui enserrent, qui dévorent, qui déchirent et qui meurtrissent. Jeux immondes qui, dans un vertige indécent, fauchent le fil des illusions.

Je me rendis rapidement à la salle de bain où je tombai à genoux, devant la toilette, et j’agrippai le bol fermement. Mon estomac se révulsa puis, pendant plusieurs moment je fus transpercé de nausées qui me laissèrent plié en deux sur les dalles froides de la petite pièce.

-Flavien, Fit la voix de Serge derrière moi, Ça va?

Je me retournai avec précaution.

-O…oui oui Serge… ça doit juste être… probablement quelque chose qui passe pas bien…

-Veux-tu que je te passe un scan juste au cas?

Je ne voulais pas qu’il sache. Et surtout, je voulais être seul, me cacher pour laisser mes blessures saigner sans que personne ne me voie. La nausée me reprit à la gorge mais je réussis à la calmer.

-Non ça va Serge, merci.

-Ok.

Serge s’éloigna en un grincement de bruits mécaniques et je m’adossai lentement au mur.

Je n’avais plus la force de me lever, mais il le fallait. Il fallait que je puisse sourire alors que je pleurais en dedans. Il fallait que je me tienne droit alors que je me brisais lentement. Il fallait que je garde le silence alors que je voulais hurler. Souffrir pour eux, c’était tout ce qu’il me restait. Plus de vie, plus de droits. J’étais mort mais mon corps continuait à vivre. Tout devenait flou, les formes s'estompaient, les bruits devenaient sourds, mais moi, j’étais encore là. Petite boule de misère dans un monde qui s’effondre.

J’expirai lentement, me mis debout puis je sortis.

J’avais l'esprit embrouillé. La peur me prenait au ventre, un malaise perpétuel. La vie me quittait mais personne ne voyait rien. Personne n’entendait rien. Personne ne savait. Personne ne devait savoir.

Et pourtant, j’aurais voulu qu’ils sachent. Qu’ils m’aident. J’avais besoin d’une caresse, d’une étreinte, de quelqu’un qui m’aimait… Mais le bonheur fait si mal quand on ne peut l'atteindre. Le bonheur des autres, il ne serait atteint que s’ils ne pouvaient pas me voir. Rester invisible. Pour moi, il était déjà trop tard.

Je fis mon chemin jusqu’au dortoir, et y entrai.

J’arrêtai brusquement.

La vue qui m’accueillit me bouleversa. Elle s’imprégna sur ma rétine et j’eus l’impression que je ne pourrais plus jamais l’oublier.

Pétrolia était assise sur le lit, complètement brisée. Elle pleurait sur l’épaule de Bob, assis à côté d’elle, qui l’entourait de ses bras en une étreinte réconfortante. Lorsqu’il me vit entrer, il murmura quelque chose à son oreille, et se leva. Il me jeta un regard tellement noir que je m’en sentis transpercé. Je regardai par terre. Il savait…

-Toi Flavien, Me cracha-t-il, Si t’avais pas été mon meilleur ami depuis 15ans, j’te déferais la figure tout de suite!

Il s’approcha de moi, menaçant.

-C’que t’as fait à Pet, c’est pas juste méchant, c’est pitoyable! T’es rien qu’un courayeux Flavien Bouchard!

Il me regarda, écoeuré, puis me tourna le dos, se rasseyant prêt de Pétrolia qui pleurait toujours.

Je les regardai un instant, puis je tournai les talons. Je ne pouvais rien dire, alors je préférais ne pas rester dans la même pièce qu’eux. Non seulement la femme que j’aimais ne voudrait plus jamais me parler, mais mon meilleur ami me détestait aussi. Peut-être était-ce mieux ainsi. Qui voudrait de moi après ce que j’avais subi? Je n’étais plus que des vestiges de ce que j’avais été, un spectre qui ère dans un seul but, accomplir sa dernière tâche avant de disparaître.

Je me réfugiai dans la Salle de Visionnement. Je savais que personne n’allait aller là ce soir. J’y entrai, et m’accroupi dans un coin, les genoux ramenés à ma poitrine. Est-ce que cet enfer allait enfin finir un jour?

Je remarquai le faible éclairage des appareils vidéo. Des ombres s’étendaient jusqu’à moi, m’englobant dans leur obscurité. Si seulement je pouvais me confondre avec eux, que personne ne me retrouve jamais…

Il y avait une douleur en moi qui ne cessait jamais. Elle me traquait, elle ne me lâchait plus. J’avais mal mais je ne pouvais pas fuir. Où étaient passées les joies, les petits plaisirs de la vie? Comment tout ce qui semblait agréable avait-il soudainement disparu? Je me retrouvais dans le noir, sans plus personne vers qui me tourner.

J’étais seul. Je ne pouvais pas parler. Je ne pouvais pas briser le silence, mais le silence me brisait, lentement.

L’engourdissement se mêlait à une torpeur extatique et je me pris dans une contemplation sans but. Je restai dans l’obscurité, regardant les heures défiler à travers un voile léthargique, comme on voit sa vie s’écouler sans pouvoir la retenir, comme disparaissent les illusions et les rêves lorsque la vie s’échappe à petit feu. L’âme pouvait réellement mourir sans que le corps s’éteigne, mais pour combien de temps?


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Mer 29 Mar à 0:50

Chapitre 7

“Hide my head I want to drown my sorrow
No tomorrow, no tomorrow
And I find it kind of funny
I find it kind of sad
The dreams in which I'm dying
Are the best I've ever had.”
-Tears for fears, Madworld


La porte s’ouvrit brusquement, et un jet lumineux inonda la Salle de Visionnement, noyant l’obscurité et blessant mes yeux habitués à la noirceur de la pièce.

-Flavien?

C’était la voix du Capitaine. Peut-être me cherchait-il? Après tout, je n’avais pas dormi dans le dortoir avec les autres.

-Qu’est-ce que vous faites ici?

Je tentai de me relever rapidement, prenant un air tout à fait usuel.

-Je…Je voulais juste… hum… penser un peu et je me suis endormi…

C’était lamentable comme excuse, mais je n’en trouvais pas d’autre.

-Ah…, Fit le Capitaine, J’ai vu Pétrolia tantôt, ça va pas vous deux han?

Il me parlait tout doucement, comme s’il s’inquiétait pour moi, comme s’il pensait que je m’étais chicané avec Pétrolia. Si seulement il savait…

-Hum, oui… J’veux pas vous déranger avec ça.

Il me sourit aimablement. J’avais horreur de jouer ce jeu avec lui, mais je ne pouvais faire autrement. Il mit une main sur mon épaule, et je dus forcer mes muscles à rester détendus.

-Vous savez, Me dit-il, J’ai remarqué que vous n’étiez pas dans votre lit hier soir, mais j’ai deviné ce qui se passait. Ne vous inquiétez pas, tout va rentrer dans l’ordre… Et puis, que diriez-vous de prendre un peu de repos aujourd’hui? Après tout, c’est grâce à vous si on a trouvé la planète.

Je me sentis faible à ces paroles. Tellement faible. Oui, grâce à moi, mais à quel prix? J’aurais préféré ne jamais trouver cette planète, ne jamais avoir eu à rencontrer cette femme, et surtout, surtout ne jamais avoir eu à faire semblant d’être digne de tous ces éloges de la part d’un si grand homme. Si seulement il savait… Il serait sûrement moins fier.

-Capitaine… C’est gentil de votre part…euh… J’peux tu aller prendre une douche?

-Bien sûr, faites.

Je lui fit un salut, et m’éloignai en direction de la salle de bain.

Je voulais seulement m’éloigner de tout, m’isoler, chercher un endroit où tout est plus calme. Je ne voulais plus penser, juste exister. Subsister en attendant que les autres soient sauvés, et ensuite je pourrais m’effondrer.

Je me sentais perdu dans le gouffre de la souffrance, je perdais pieds... Je n’étais plus fait pour ce monde. J’étais différent. Pourquoi moi? Pourquoi mon corps? Pourquoi? Cette question revenait sans cesse, mais elle restait sans réponse.

Parfois je ne savais plus quoi dire, ni penser. Les mensonges me consumaient. Tout était en désordre dans ma tête. Tout était vide et trop rempli à la fois. Trop, pas assez, je ne savais plus…

J’entrai dans la salle de bain et me déshabillai machinalement.

Je tournai le manche métallique du robinet, et l’eau jaillit sur mon corps fatigué. Je remarquai sans émotion les traces que les seringues avaient laissées sur ma peau, mais je n’en fis rien. Il n’y avait rien à faire. Elles m’avaient souillé, et plus rien ne pourrait me laver de ce que j’avais enduré.

Je me lavai lentement. Je me sentais comme dans un brouillard, un rêve distant de la réalité.

Après un temps, sans savoir combien de temps s’était écoulé, je sortis de la douche, m’essuyai et m’habillai.

Alors que je fermais mon casier, j’entendis un son derrière moi, un pas sur le pont métallique. Ma respiration devint rapide, mon pouls s’accéléra.

Sulayaa?

Je me retournai rapidement.

Brad.

-Vous avez bientôt fini oui? Me demanda-t-il, arrogant, J’ai une douche de 45minutes à prendre moi!

Je remarquai sa pile de livres et soupirai.

-J’vous la laisse, la douche.

-Bonnnnn… J’espère que vous avez pas trop laissé votre saleté dedans.

Je lui jetai un regard qui se voulait méprisant, mais je n’avais pas l’esprit à frapper Brad. Je sortis simplement.

Je marchai comme dans une transe, sans savoir où j’allais, sans même voir où mes pas me menaient.

J’avançai, sans but, sans penser.

Je me retrouvai dans le dortoir. Bob était assis sur le lit de Pétrolia, et grignotait un pogo. À mon arrivée, il me lança un regard noir, mais ne dit rien. Je montai machinalement sur mon lit et m’étendis. Je ne savais plus quoi faire de moi-même, de la douleur qui me rongeait de l’intérieur. Je ne pouvais ni parler, ni pleurer, ni même crier. J’avais mal. Trop mal.

Je saisis mon oreiller, et le serrai contre moi, comme pour apaiser la douleur qui me tenaillait à l’intérieur, qui me déchirait les entrailles.

-Quessé que t’essaye de faire? Me cracha la voix de mon ami assis plus bas, Tu rêves que ton oreiller, c’est Sulayaa?

Je frémis à ce nom, me ne dis rien. Je ne pouvais pas.

J’entendis un sifflement exaspéré. Bob prenait sûrement mon silence comme une confirmation à ses propos.

-J’te croyais mieux que ça.

Je l’entendis se lever, puis la porte s’ouvrir et se fermer.

Je respirai aussi profondément que mes poumons comprimés me le permirent. Le visage enfoui dans mon oreiller, j’essayai de penser à rien, au néant, mais même le vide était insupportable. Je me retournai le plus possible, me dissimulant encore plus profondément dans mon oreiller, et je sentis mon visage se tordre, mon corps se replier, ma gorge se resserrer.

Mes mains étaient glacées, tout comme mon sang. En fait je mourais à l’intérieur. Lentement, mes yeux se remplissaient de noir, je ne voyais plus… Je fixais le néant, les personnes chères à mon cœur s’éloignaient maintenant. Alors que toute ma vie se suspendait plus qu’à un fil, la chute approchait rapidement… Si seulement l’ombre ne m’avait pas enchaîné, si seulement j’avais appris à tomber…

Je devais traverser le souper avec Sulayaa et les membres d’équipage.

Ma respiration devint irrégulière, douloureuse et mes traits se plissèrent encore plus. Des larmes mouillèrent mes joues et transpercèrent le tissu caressant mon visage. Ma tête se vidait, il ne restait qu’une seule pensée.

Je devais y arriver.

À tout prix.


“When we collide we lose ourselves.
When we collide we break in two,
And as we push and we shove and we hurt the ones we love,
It's a hard mistake.
When we collide,
We break.”
-Collide, Dishwalla


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Ven 7 Juil à 10:32

Vu qu'on me demandait une suite, ben la voilà! Razz

Chapitre 8

"There are secrets which we hide
from those we love the most
secrets which we lie for
secrets we could die for."

Je ne saurais dire combien de temps je suis resté là, recroquevillé sur mon lit, serrant mon oreiller contre moi. Je dus m’endormir très vite, car je ne me rappelai pas du temps qui s’écoula. Cependant, lorsque je m’éveillai, je mis quelques secondes avant de me rappeler les derniers événements, quelques secondes de repos, de pure insouciance, où j’étais inconscient des atrocités qui m’avaient été faites.

Puis, comme un raz-de-marée, les souvenirs remontèrent d’un seul coup dans ma tête. Je fermai les yeux fermement un instant, puis je repris le dessus. Je jetai un coup d’œil à ma montre : 16h43. Je devrais me rendre à la Salle de Commandement très bientôt pour assister au souper organisé par le Capitaine. Juste à y penser, j’en eu la nausée.

~Sulayaa serait là~

Je frissonnai.

~Sulayaa… ~

La seule mention de ce nom me faisait frémir. Je m’assis sur le bord de mon lit et je tentai de réchauffer mes bras en les frictionnant avec mes mains, Je savais pertinemment que ce n’était pas le froid qui me faisait trembler, mais j’aimais mieux faire semblant que de confronter la réalité. Je soufflai dans mes mains en un dernier effort de faire cesser les tremblements, puis je sautai en bas de mon lit. Le Capitaine s’attendais à ce que je sois présentable pour l’événement, alors je n’allais pas le décevoir.

Je me dirigeai vers le lavabo et je me passai un peu d’eau au visage. Je passai une main dans mes cheveux, puis j’allai mettre mon uniforme au complet et je fis luire mes bottes. Je me regardai dans le miroir et je soupirai. J’étais prêt mais je n’arrivais pas à me décider à franchir la porte.

Finalement, ce fut le bruit du communicateur qui me fit bouger.

-Flavien? Fit la voix du Capitaine.

-Oui?

-Il est 17h05, tout le monde vous attend.

Il semblait joyeux. Qui aurait pu le blâmer? La planète était à portée de main, et son rêve se réalisait. Le mien s’effondrait… mais je devais garder ça pour moi.

-Oui, oui, j’arrive.

Je fermai la communication et je me dirigeai vers la Salle de Commandement.

***

Lorsque la porte s’ouvrit, je constatai que tout le monde était déjà assis à la table. Le couvert était mis et les plats fumants dégageaient une odeur fort appétissante. Du moins, pour les autres. Moi, je n’avais pas faim.

Puis, à mon grand désarroi, je vis que la seule place libre était celle entre le Capitaine et Sulayaa. Je restai figé un moment. Mes yeux tombèrent sur Pétrolia, qui détourna le regard. Bob faisait semblant de ne pas me voir.

Lentement, je me dirigeai vers la chaise vide, et j’y pris place machinalement. Le Capitaine prit la parole :

-Mes amis, aujourd’hui est un grand jour, car nous avons enfin la possibilité de déménager la race humaine sur une nouvelle planète habitable. Cette planète, nous la devons à Sulayaa.

Il souleva son verre de champagne en l’honneur de leur invitée. Tout le monde l’imita et je dus me résigner à en faire de même. Je levai mon verre puis je le portai à mes lèvres.

À ce moment précis, je sentis une main effleurer ma cuisse sous la table, et le verre glissa de mes doigts, se cassant en mille morceaux qui atterrirent autant sur moi que sur le Capitaine et Sulayaa. Tous deux se levèrent d’un bond pour éviter une douche de verre.

-Flavien!! S’exclama le Capitaine.

Je murmurai un « désolé » et je ramassai du mieux que je pu avec les serviettes de table.

~Pas très fort pour avoir l’air normal~

Je finis de nettoyer en évitant le plus possible les regards posés sur moi, puis je repris place à la table.

-Je suis désolé pour cet incident, Saluyaa. Flavien n’est normalement pas aussi maladroit.

Entendre le Capitaine s’excuser à ma place me fit baisser le regard encore plus.

La conversation s’entama, ainsi que le repas, et je gardai le visage dans mon assiette. Je ne pus cependant pas éviter le sourire que me lança Sulayaa. On aurait dit qu’elle me narguait en feignant l’innocence.

Soudain, elle prit la parole.

-Vous savez Capitaine Patenaude, votre second officier a eu une merveilleuse idée.

Je me redressai à la mention de mon grade.

-Il veut venir dans mon vaisseau pour étudier le fonctionnement de mon radar.

Je tentai de ne pas avoir l’air abasourdi, mais je ne pus m’empêcher de la dévisager.

~Quoi??~

-Mais, Répondit le Capitaine, Votre technologie est beaucoup plus avancée!

-C’est ce que je lui ai dit!

Sulayaa posa la main sur mon épaule. Je sentis le regard noir de Pétrolia et Bob me transpercer en même temps que ma propre détresse. Je voulais qu’elle enlève sa main de là, je voulais m’éloigner, courir, me trouver à cent lieux de là.

Mais je fis semblant de rien. Sulayaa continua.

-Mais il veut quand même apprendre. Si ça ne vous dérange pas bien sûr.

Je voulais crier « Non!! » et ne jamais plus entendre parler d’elle mais Sulayaa était rusée. Je savais ce qu’elle faisait, et je devais entrer dans son jeu.

-Oui, Capitaine, si ça ne vous dérange pas.

Je priai pour qu’il dise non, mais il acquiesça, et avait même l’air fier de moi. J’aurais voulu fondre sur place et disparaître à tout jamais.

***

Lorsque que ce fut le temps de clore le repas, je décidai d’aider Serge à desservir la table afin que je puisse quitter la Salle de Commandement le plus rapidement possible. Je me penchai pour prendre le bol de salade lorsque je sentis encore une main sur moi. Je trébuchai, créant une pluie de laitue et de légumes qui retombèrent sur Sulayaa.

-Flavien!!! S’écria le Capitaine *encore*.

Je ramassai rapidement. Le Capitaine se tenait tout près de moi, les mains sur les hanches, attendant que je m’excuse auprès de notre invitée, mais je ne pouvais faire sortir les mots de ma gorge.

-Flavien…

Je connaissais ce ton de réprimande. Je ne l’avais pas entendu souvent, mais je savais que le Capitaine était très contrarié. Je me mis au garde-à-vous, mais gardai le regard sur le sol.

-Excusez-vous tout de suite auprès de Sulayaa.

J’avais l’impression d’être traité en gamin, mais je fis tel qu’ordonné.

-Désolé… Murmurai-je lentement.

Le Capitaine soupira d’agacement.

-Flavien, votre attitude ce soir est inacceptable. Je vous demande de vous excuser convenablement à notre invitée sur le champ.

Je pris une grande inspiration et m’exécutai.

-Je suis désolé de ma maladresse ce soir, Prononçai-je à haute voix et fixant Sulayaa.

Je voulus me retourner pour sortir de la pièce, mais le Capitaine agrippa mon bras.

-Et de quoi d’autre être-vous désolé?

Je sentis son regard me pénétrer, et je me retournai vers Sulayaa.

-Je suis désolé de mon impolitesse et de mon comportement inacceptable.

Je me dégageai de l’emprise du Capitaine et sortis avant qu’il ne puisse rien ajouter. Avec mon ouie, j’entendis le Capitaine présenter ses excuses à son tour et Sulayaa l’assura qu’elle voulait encore me montrer son radar. En ayant assez entendu, je courus jusqu’à l’autre bout du vaisseau, où mes jambes se dérobèrent et je me laissai m’écrouler au sol, à genoux contre le mur, la tête entre mes mains.


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Sam 8 Juil à 22:58

J'ai fini un chapitre à soir!! Yay!! Very Happy


Chapitre 9

Pourquoi la présence de plusieurs personnes autour de soi magnifie-t-elle la solitude intérieure? Pourquoi lorsqu'on se retrouve enfin seul, ce sentiment ne fait-il que croître? Je ne le savais pas. Je ne l'avais jamais su, et pourtant, j'avais vécu l'expérience bien trop souvent. Peut-être que je ne le saurais jamais. Et, seul au fond du vaisseau que j'avais appelé ma maison, qui me semblait désormais si étrange et inhospitalier, j'attendais. Ce que j'attendais, je ne le savais pas non plus. J'agrippais mes genoux avec mes bras et je laissait la douleur se dissoudre peu à peu au fil du temps. Le temps n'est rien. Chaque instant qui s'écoule est aussi transparent que le verre. À chacun de ces instants, j'aperçois une infinité de moments identiques qui se déroulent et se succèdent les uns après les autres, me laissant froid et vide. Vaut-il la peine de vivre quand on sait que notre futur se résumera seulement à des milliers d'instant tous aussi identiques que douloureux? Peut-on espérer se relever lorsqu'on vous a traîné dans la boue jusqu'à ce que vous ne puissiez même plus relever la tête?

Le retour sur le vaisseau de Sulayaa me semblait encore plus infernal que tout ce que j'avais pu endurer jusqu'à maintenant. Je ne savais pas si j'aurais la force de continuer. Si je n'y arrivais pas, je condamnais toute la civilisation humaine à s'éteindre à jamais. Si j'y arrivais, ce serait moi qui ne survivrais pas. J'étais épuisé, exténué autant physiquement que mentalement. Ma vie ne se résumait plus qu'à survivre. Pouvait-on même appeler cela une vie? Le devoir que je devais accomplir justifiait mon existence, mais au bout de ce chemin, je ne distinguais plus la raison qui m'aurait obligé à vivre. La vie était parfois étrange. Elle pouvait vous faire croire qu'il était possible d'être heureux. J'avais eu la naïveté de croire que tout s'arrangeait, que j'avais finalement eu droit à un peu de bonheur. Quelle cruelle illusion! C'était étonnant comme tout pouvait ressembler à un merveilleux rêve, puis tourner au pire cauchemar en un seul instant. Un cauchemar sans dénouement, un piège sans issus, dans lequel on se meurt à petit feu.

Déjà, la douleur qui me prenait à la poitrine flambait sans cesse, m'étouffant peu à peu. J'avais la tête qui tournait, comme quand on sort du lit trop vite et qu'on a le vertige à cause du sang qui s'est écoulé trop vite. Je repensais sans cesse au souper organisé par le Capitaine. Avait-il un doute? S'il en avait un, il ne l'avait pas montré. Il m'avait obligé à présenter des excuses à ce monstre. Juste à y penser, j'en avais mal au coeur. Ces caresses qu'elle m'avait faites m'avaient complètement glacé le sang. Je frissonnai. Je ne savais pas combien de temps je pourrais endurer toutes ces manigances. Le souvenir de son toucher me hantait. Et demain, ce serait encore pire.

Je me forçai à respirer normalement et je fermai les yeux. Il n'y avait pas un endroit sur le vaisseau où je me sentais en sécurité. Pas un endroit où les souvenirs dans ma tête ne pouvaient cesser de me tourmenter.

Soudain, je sentis deux mains m'empoigner les épaules et me forcer à me mettre debout. Adossé contre le mur, je fus terrifié de voir Sulayaa, les yeux brûlants d'une furie irraisonné.

-À qui tu as parlé?? Me cria-t-elle en empoignant mes épaules douloureusement.

-À... À personne, Réussis-je à balbutier.

-Ils soupçonnent quelque chose, ils commencent à se douter...

Elle murmurait à mon oreille, menaçante. Elle me donna un coup, me pressant sur le mur brutalement, et ma tête s'y frappa durement.

-Le Capitaine m'a confié que Valence s'inquiétait pour toi, Continua-t-elle, Elle lui a dit que tu semblais dépressif.

-J... J'lui ai rien dit...

J'essayais de me défaire de son emprise, mais c'était difficile avec les étoiles qui m'apparaissaient devant les yeux à cause du coup.

-Personne ne peut savoir, tu le sais!! Personne!!

Elle me gifla violemment. Je la regardai, étourdi. Et si quelqu'un venait à passer?

-Je t'avertis, Menaça-t-elle en pesant ses mots, Si quelqu'un découvre à propos de nous deux, ce sera de TA faute! Compris?

Elle me gifla encore une fois. Je baissai la tête, défait.

-Oui, Soufflai-je en un souffle.

Je me mordis la lèvre, essayant de ne pas craquer.

-Non je ne comprends pas, Fit une troisième voix sortant de l'ombre, Sulayaa, pourriez-vous m'expliquer ce que vous tenez tant à garder secret?


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Lun 31 Juil à 15:25

Un autre chapitre!!! Celui là je l'avais d'écrit sur une feuille, mais fallait juste que je trouve le courage de le taper Razz

J'me trouve méchante dans ce chapitre là... Mwaha!!


Chapitre 10

“There's nothing you can say
Nothing you can do
There's nothing in between
You know the truth
Nothing left to face
There's nothing left to lose
Nothing takes your place”
-Not Enough, Our Lady Peace


-Non je ne comprends pas, Sulayaa, pourriez-vous m'expliquer ce que vous tenez tant à garder secret?

Le visage du Capitaine Patenaude ressemblait à une façade calme et posée, mais ombragé par une irritation impatiente. Son regard glacial fixait Sulayaa, méfiant. Il attendait, les mains sur les hanches, immobile. Qu’avait-il vu?

Sulayaa était figée sur place, comme pétrifiée par une force oppressante. Ses mains agrippaient toujours mes épaules douloureusement. Adossé au mur, je restai figé moi aussi. Depuis combien de temps le Capitaine était-il là? Combien en savait-il?

Il ne fallait pas qu’il sache. S’il découvrait quelque chose, la planète était perdue. Mais que dire?

Le silence s’élongea, lourd et chargé de tension.

~S’il vous plait, faites qu’il ne découvre rien~

Des sueurs froides humectèrent ma peau brûlante. Non seulement je ne voulais pas perdre la seule vraie chance de sauver la race humaine, mais je dus m’avouer que je ne voulais pas non plus qu’il sache ce qui m’était arrivé. Je ne voulais pas voir la pitié dans ses yeux. Je voulais seulement en finir et tout oublier, sombrer dans un gouffre de douce indifférence.

Le Capitaine brisa finalement le silence.

-Je vous ai vu frapper mon officier, Gronda-il, insistant.

Sa voix était rude et tendu. Visiblement, il ne comprenait pas pourquoi je m’étais laissé faire. Il se demandait sûrement si sa confiance avait été trahie. Il continuait à fixer Sulayaa, attendant une réponse.

Le temps sembla s’arrêter, immobile et silencieux. J’avais le vertige, mes yeux étaient embrumés. Peut-être était-ce la panique face à l’échec, ou bien était-ce le coup que Sulayaa m’avait affligé précédemment? Je ne savais pas. Je ne savais plus. Je dévisageai la scène qui allait me détruire, la scène que j’avais tellement souhaité ne jamais voir. Mais tout se jouait maintenant devant moi. J’étais défait.

Comme si le Capitaine avait vu la lumière s’estomper dans mes yeux, il se retourna vers moi. Son visage s’attendrit. Il sembla avoir remarqué que j’étais toujours empoigné au mur et il s’approcha d’un pas.

Comme si cela avait été l’élément déclencheur, Sulayaa pivota en un mouvement plus vif que l’éclair et me précipita devant elle. Je vis les yeux du Capitaine s’écarquiller au même instant où je sentis la pointe d’un couteau sous ma gorge.

-Ne m’approchez pas! Lança-t-elle alors que le Capitaine s’apprêtait à se précipiter à mon aide. Si vous approchez, je le TUE!!!

La pression sous ma gorge s’accentua. Le Capitaine s’arrêta net et prit une position défensive. Son regard rencontra le mien. Je me mordis la joue afin de ne pas émettre de sons. Le corps de Sulayaa pressé contre le mien était bien plus que je ne pouvais le supporter en ce moment. La chaleur de son corps radiait sur le mien, son odeur me donnait la nausée. Une de ses mains agrippait mon torse tandis que l’autre tenait la lame contre ma gorge. La sueur ruisselait sur mon corps, mes muscles se tendaient au contact de ce toucher intrusif.

-Que voulez-vous? Demanda le Capitaine, tentant de négocier pour ma vie.

Sulayaa éclata de rire. Je compris aussitôt pour quoi. La vérité me frappa comme une masse. Elle se fichait éperdument de la planète. Elle avait déjà ce qu’elle voulait. Elle avait déjà volé mon âme, il ne lui restait plus qu’à prendre ma vie.

-Vous n’avez vraiment aucune idée, n’est-ce pas Capitaine Patenaude?

Sa voix était malicieuse, démoniaque.

-Il y a des choses que vous ignorez, Reprit-elle, N’est-ce pas Flavien?

Sa main libre descendit sur mes hanches et je laissai échapper une plainte angoissée. Le Capitaine sursauta à mon air si effrayé.

-Que lui avez-vous fait? Demanda-il inquiet.

Le sourire de Sulayaa ne fit que se répandre

-Oh mais rien de bien grave!

Sa main descendit plus bas, sur ma ceinture, sur mon pantalon… Je soulevai mon corps afin de fuir son toucher. Je fermai les yeux un instant, priant pour que tout ceci ne soit qu’un mauvais rêve, mais je savais pertinemment que ce ne l’était pas. Lorsque je les rouvris, des larmes ruisselaient abondamment sur mes joues, et je vis le Capitaine me dévisager avec horreur. Son expression indiquait qu’il avait tout compris, et à cet instant, je compris que tout était perdu. Sulayaa avait gagné.

Elle recula de quelques pas, me traînant avec elle. Avec le couteau sous la gorge, je ne pouvais qu’implorer silencieusement qu’on me libère de ce démon.

Le Capitaine avança prudemment, ne quittant jamais mon visage du regard. Il semblait prêt à tout pour me libérer, n’attendant que le moment opportun. Je me demandais s’il ne valait pas mieux qu’il me laisse mourir.

Lentement, Sulayaa me traîna vers la Salle de Commandement. Le Capitaine suivait pas à pas, toujours prudent de ne pas faire aucun geste brusque. Je le vis appuyer discrètement sur sa montre.

En reculant vers la porte de la Salle de Commandement, je réalisai qu’elle allait m’emmener sur son vaisseau. Je sentis la panique monter en moi. Je ne voulais pas retourner sur ce vaisseau, je ne voulais pas subir ses affreux sévices, pas encore! Nous étions maintenant devant le téléfax, et j’implorai le Capitaine des yeux.

Il sembla comprendre car il avança d’un pas, mais je sentis aussitôt une main sur mon bras. Un craquement sec se fit entendre et je hurlai de douleur.

-Ne me forcez pas à le tuer, Grinça-t-elle, Parce que je n’hésiterai pas à le faire.

J’avais peine à respirer. Mon bras n’était plus qu’un amas de douleur. Le monde semblait tournoyer autours de moi dans une multitude de couleurs et de sons indescriptibles. Avais-je entendu la porte s’ouvrir? La main me retenant prisonnier se resserra autours de moi. Sans penser, je tentai de me libérer avec toutes les forces que je possédais. Je devais me libérer. Je ne savais plus pourquoi, mais je devais essayer à tout pris. Dans un tourbillon de mouvements, j’émis un petit gémissement inarticulé en sentant quelque chose de froid transpercer ma peau et je me sentis tomber, tomber dans des ténèbres sans fond.


"I think maybe I only know one thing in this world. One thing for sure. And that is that the truth does not set you free. . . The truth does not salvage you or make you whole again. It does not allow you to rise above the burden of lies and secrets and wounds to the heart. The truths I have learned hold me down like chains in a dark room, an underworld of ghosts and victims that slither around me like snakes. It is a place where the truth is not something to look at or behold. It is the place where evil waits. Where it blows its breath, every breath, into your mouth and nose until you cannot escape from it."
- The Narrows, Michael Connelly


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Jeu 10 Aoû à 22:36

Let's go, chapitre 11 de terminé!!! Very Happy
Chapitre 11

“I'm already asking, I'm down on my knees
I'm already begging, begging you please
Can you teach me how to fly
'Cause see I'm scared to die
And I've only just begun to learn to crawl
Can you teach me how to fight?
You can keep me up all night
Would you be there on the ground if I should fall?
Fall for you”
-Learn To Crawl, Black Lab

La réalité est un concept bien étrange. Comment savoir si ce que vous ressentez est la réalité, ou bien une chimère issue du plus profond de votre subconscient? Comment distinguer l’authenticité de la mystification? Peut-être que la vie elle même est une illusion dans laquelle on est plongée à chaque instant de notre existence. À ce moment précis, y avait-t-il une preuve que tout ce que je ressentais existait réellement?

La première sensation éprouvée fut ma respiration. Au début, je ne sentais que ma poitrine se soulever puis s’abaisser. Rien d’autre n’existait, seulement un néant sombre et sans fin. Puis vint la douleur. Ma gorge me faisait atrocement mal, comme si des flèches de douleur la traversaient à chaque instant. Je tentai de combattre ces sensations, mais il semblait que rien n’y faisait. Peu à peu je perçus des sons…une voix. Une voix mélodieuse mais… quelque chose n’allait pas… Quelque chose clochait. Il y avait une telle émotion, un tel désarroi. Je tendis l’oreille afin de saisir les paroles…

-J’m’en veux… Le Capitaine a dit que… que…

C’était la voix de Pétrolia. Je l’aurais reconnue entre mille.

Il y eut une pause, suivie d’un bref reniflement.

-J’sais pas comment c’est arrivé… J’aurais pas du te juger sans savoir ta version de l’histoire… Si j’avais su, j’aurais pas réagi comme ça. J’sais pas si tu m’entends, mais j’espère que tu sais que je suis désolée…

Une autre pause.

-Maintenant que j’y pense, Continua-t-elle, Je me rappelle que tu n’agissais pas comme d’habitude. J’aurais du le voir… T’avais tellement pas l’air dans ton assiette… J’aurais du voir que quelque chose n’allait pas… J’peux pas croire qu’elle a… qu’elle…

Un sanglot étouffé.

-Flavien… Réveille-toi, j’t’en pris… J’ai besoin de toi… J’ai besoin de savoir que tu vas t’en remettre…

Pétrolia… avait besoin de moi? Cette pensée se fraya un chemin jusqu’à mon esprit et je tentai d’en trouver le sens. Dans mes pensées encore floues, je réussis à comprendre qu’il fallait que je me réveille. Seulement, je n’y arrivais pas. J’étais comme prisonnier de mon corps léthargique.

J’entendis le bruit de la porte coulissante. Quelqu’un venait d’entrer. Au bruit des pas, je distinguai des talons qui martelaient le pont métallique. C’était Valence.

-Pétrolia… Il ne s’est pas encore réveillé?

-Non, toujours pareil.

Il y eut un bref silence, puis :

-J’ai parlé à Sulayaa…

Juste entendre ce nom fut assez pour me faire frémir intérieurement. Cependant, je voulais savoir ce qui s’était passé, alors je tendis l’oreille.

-Qu’est-ce qu’elle a dit? Fit la voix nerveuse de la jeune technicienne.

-Cette femme est vraiment dérangée… J’arrive pas à croire… Elle m’a avoué sans aucun scrupule tout ce qu’elle a fait à Flavien. Elle a tout raconté dans le moindre détail, crûment et sans pudeur. C’est vraiment horrible. Et elle n’a même pas de remords! Elle semble même contente d’avoir fait ça…

-Elle a dit pourquoi?

-Non… Elle a jamais voulu répondre. J’sais même pas si il y a une raison derrière ses actes.

Une pause.

-Comment va Flavien? S’enquit la psychologue.

-Il a rien de bien grave sauf son bras et son cou. Son bras va guérir, j’lui ai mis une attelle. Pour ce qui est de son cou, ben j’ai mis un peu de peau synthétique, ça devrait aller. La blessure n’était pas profonde, mais l’artère a été atteinte. Une chance que Bob et Serge sont intervenus.

-Une chance…

-Qu’est-ce que le Capitaine pense de tout ça?

-Il a contacté la Police de l’Espace, Répondit Valence, Ils devraient être là d’ici quelques jours tout au plus. Charles a l’air un peu bouleversé. Il se sent coupable de ce qui est arrivé.

-Comme tout le monde je crois…

-Ouais… Personne l’a vu venir.

-J’espère juste que Flavien va s’en sortir…

-Bien sûr, il est fort… J’vais aller voir le Capitaine, je reviens tantôt.

-Ok…

J’entendis à nouveau la porte coulissante. J’étais maintenant seul avec Pétrolia. Je l’entendis s’approcher de moi et je sentis sa main repousser une mèche de cheveux qui tombait sur mon visage.

-Tu devrais déjà être réveillé maintenant…

-J..J’suis… réveillé…

J’avais réussi à articuler les mots. Au prix d’un énorme effort, je forçai mes yeux à s’ouvrir. Je vis sa silhouette penchée au dessus de moi. Je tentai de lui sourire.

-Salut, Fit-je de ma voix vacillante.

-Salut… Comment vas-tu?

-Pas si mal j’crois.

Je tentai de garder les yeux ouverts, mais c’était difficile. Je la sentis prendre ma main dans la sienne. Mes yeux trouvèrent les siens et j’y vis un mélange de tristesse et de compassion qui tournoyait dans ses yeux. Les miens s’emplirent d’eau. J’avais tellement de difficulté à accepter ce qui m’était vraiment arrivé. Je ne comprenais pas pourquoi, ni comment tout cela avait bien pu m’arriver, mais c’était réel. Bien trop réel.

Pétrolia me prit doucement dans ses bras et je me laissai faire. Je tentai de résister aux larmes, mais elles vinrent, et j’enfouis ma tête contre sa poitrine, laissant les sanglots secouer mon corps dans le creux de ses bras.

Après un moment, je me calmai, et je respirai lentement, toujours blotti contre elle.

-Je suis désolé, Murmurai-je.

-Pourquoi?

-J… J’en sais rien. Je le suis juste.

Elle sembla considérer cette confession un instant, puis :

-Moi aussi.

Je relevai la tête, surpris.

-Tu n’as rien à te reprocher, L’assurai-je doucement.

-J’aurais du être là, Répondit-elle tristement, J’aurais du pouvoir empêcher ce qui est arrivé.

Je secouai la tête, toujours appuyé contre elle.

-Ce n’était pas toi, c’est seulement… arrivé.

J’avais la voix qui tremblait, mon cœur qui se débattait en moi.

-Qu’est-ce que je peux faire?

-Juste… Serre-moi fort.

Ses bras m’entourèrent avec encore plus de force et je me réfugiai dans ce cocon de chaleur où je me sentais en sécurité. Je fermai les yeux et me laissai emporter par le doux bercement de sa respiration.


“The rain can't hurt me now
This rain will wash away what's past
And you will keep me safe
And you will keep me close
I'll sleep in your embrace at last.”
-A little Fall of Rain, Les Miserables


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Lun 14 Aoû à 0:26

Chapitre 12

Le vaisseau était en cycle nocturne. L’obscurité enveloppait tout le vaisseau de son hale ombré. Les seules lueurs présentes étaient celles des lumières de sécurité, et celle du moniteur au bout de la table d’examen. J’étais étendu sur celle-ci, attendant que le sommeil vienne me chercher…

Mais il ne venait pas. Malgré mon inertie, il semblait me fuir. J’avais essayé de fermer les yeux, de faire le vide, mais rien n’y faisait. Et pourtant, je tombais de fatigue.

Mon regard se posa sur la forme endormie de Pétrolia. Elle s’était assoupie sur le bord du lit, la tête reposant sur ses bras croisés. Elle avait bien essayé de rester éveillée jusqu’à ce que je m’endorme, mais la fatigue avait eut raison d’elle. Je ne pouvais pas la blâmer. Elle était épuisée elle aussi, elle n’avait plus d’énergie.

Je me demandai si je ne devrais pas me lever et aller marcher un peu. Peut-être cela m’apporterait-il un peu de calme à mon esprit troublé. Mais je n’avais pas envie de m’éloigner de Pétrolia. Sa présence m’apaisait, le son de sa respiration douce et régulière semblait m’apporter le peu de quiétude dont j’avais désespérément besoin.

Je levai mon bras et posai doucement ma main sur ses cheveux bouclés.

-Je t’aime, murmurai-je doucement.

Je glissai mes doigts à travers ses belles mèches soyeuses. J’avais la sensation de ne plus être assez pour elle, j’avais l’impression qu’elle méritait mieux que moi. Ma raison argumentait avec mes sentiments. Ma tête me disait que j’avais tort de penser ainsi, mais mon cœur me disait que je n’étais plus assez bien, que j’étais maintenant impur et que personne ne voudrait plus de moi.

Pourtant, Pétrolia avais semblé vouloir de moi…

Elle devait le faire par pitié, elle n’aurait jamais voulu d’un homme aussi faible.

Mais elle avait dit qu’elle avait besoin de moi…

Elle mentait sûrement, personne ne voudrait de quelqu’un qu’on a sali de façon si répugnante.

Elle m’avait serré dans ses bras…

Pas par choix....

Je secouai la tête. J’en avais assez de cette bataille qui rageait en moi. Je me sentais comme un fardeau, quelqu’un envers qui les autres ont le devoir de s’occuper de vous, mais qu’en fait, ils préfèreraient que vous ne soyez pas là. Et par dessus tout, je me sentais si sale, si souillé. Peut-être y avait-il maintenant une tache sur mon âme qui ne pourrait jamais s’effacer…

Je regardai à nouveau Pétrolia. Peut-être m’aimait-elle encore? Mon amour pour elle était éternel. Je l’aimerais peu importe ce qui arriverait… Même si elle ne m’aimait plus, je la garderais secrètement dans mon cœur jusqu’à la fin. Je ferais n’importe quoi pour elle, pourvu qu’elle soit heureuse, je serais satisfait. Je l’aimais plus que la vie elle-même.

Je caressai son visage, et je souris lorsqu’elle murmura quelque chose d’à peine audible.

-Flavien…

Je caressai sa joue satinée.

-Je suis là…

Elle ne s’était pas réveillée. Elle dormait paisiblement, murmurant mon nom comme dans un rêve lointain. Elle était tellement jolie…

-Comme c’est mignon, Ricana une voix sortant de l’ombre.

Je sursautai, et mon sang se glaça. Je connaissais cette voix…

-C’est dommage que je soies obligée de briser ce moment tendre entre deux amoureux.

Sulayaa s’approcha du lit en tenant une arme braquée sur nous. Je me levai péniblement, tentant de me mettre devant Pétrolia. Ce mouvement dut alerter Pétrolia car elle leva la tête brusquement.

-Que…?

-Toi, ne bouge pas! Menaça Sulayaa en pointant son arme sur Pétrolia.

Je me levai du lit aussi vite que je pu, mais je fus une fraction de seconde trop tard. J’entendis la détonation de l’arme et je vis les yeux de la belle technicienne s’écarquiller au même instant. Elle posa ses mains sur le sang qui imbibait déjà le tissu de son uniforme, et me regarda, son regard accroché au mien. Je tentai de lui tendre la main, mais elle s’écroula au sol.

-NON!!

Je voulais la rejoindre, savoir si elle était gravement touchée, mais je sentis le canon d’une arme pointée directement sur mon cou. Je tournai le regard, et croisai celui de Sulayaa.

-Tu viens avec moi, Ordonna-t-elle fermement.

Elle me força à avancer, laissant le corps de ma belle Pétrolia étendu sur le sol glacial du Centre de Santé.

Sulayaa me força à avancer jusqu’à la Salle de Commandement. Mon esprit n’était qu’un tourbillon d’agitation.

~Pétrolia… non…~

La réalité de ce qui se passait était flou, comme quand on marche dans un rêve et qu’on a l’impression que la réalité n’est qu’une chose distante et sans importance. Je savais où on m’emmenait, et pourtant, cela m’était étrangement égal. Tout ce que je souhaitais, c’était que Pétrolia ne meurt pas.

Je remarquai vaguement que l’alerte du vaisseau ne s’était pas déclenchée. Sulayaa les avait peut-être débranchées…

Mon corps se figea lorsque je réalisai que personne ne trouverait Pétrolia avant le matin si l’alarme ne fonctionnait pas! Elle aurait le temps de perdre tout son sang et il serait trop tard pour la sauver…si elle pouvait être sauvée.

Sulayaa me donna un coup pour me faire avancer, et je trébuchai devant le téléfax.

Le téléfax!!

L’alarme manuelle se trouvait juste à côté! Je me précipitai dessus, sans me soucier des conséquences. Sulayaa pouvait bien me tuer, je m’en fichais éperdument. Je devais sauver Pétrolia.

Aussitôt le levier enclenché, l’alarme résonna dans tout le vaisseau. Je vis la rage inonder le visage de Sulayaa.

-Imbécile!! Cria-t-elle en me donnant un coup qui me projeta contre le téléfax. Ma tête heurta durement la console métallique et ma vision se troubla. Je mis ma main à l’endroit de l’impact sur ma tête, et mes doigts rencontrèrent un liquide chaud et visqueux. J’avais la tête qui tournait, et je ne vis jamais venir le deuxième coup qui m’envoya dans les abîmes de l’inconscience.


À suivre…


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Mer 6 Sep à 23:53

Baon!! J'ai feuni le chapitre 13! Bon, y'était supposé se passer plus de choses mais le reste se passera au prochain chapitre. Enjoy!!

Chapitre 13

“I'm trapped inside of my own mind
Afraid to open my eyes cause of what I'd find and I
Don't wanna live like this anymore”
-Quasimodo, Lifehouse


Je me réveillai lentement, comme dans un brouillard épais, complètement désorienté et souffrant d’un affreux mal de crâne. Inconsciemment, ma main se glissa à la base de la nuque. Aussitôt qu’il y eut contact, je tressaillis en poussant un sifflement de douleur. Sous la peau des mes doigts s’élevait une grosse bosse, endolorie et encore humide. J’ouvrai les yeux, et à cet instant, je sus exactement où je me trouvais : Le vaisseau de Sulayaa.

Je les refermai aussitôt. C’était un cauchemar, je ne pouvais pas être dans son vaisseau, pas encore! Mais le tintement des chaînes liant mes poignets au mur ne me laissa aucun doute : J’étais bel et bien prisonnier à bord de son vaisseau, et à en juger par le grondement sourd qui me parvenait aux oreilles, nous voyagions certainement à vive allure.

J’eus soudainement une vague de vertige. Je savais que le vaisseau de Sulayaa était incontestablement plus rapide que le Romano Fafard.

Alors, j’étais pris au piège. Il n’y avait plus d’issus.

Je sentis une vague de désespoir monter en moi et me submerger. Alors Sulayaa avait gagné. Elle m’avait sournoisement leurré dans son piège et avait profité de moi aussi cruellement que si elle avait tout simplement pris ma vie, et encore, cela aurait été une faveur. Le sort qu’elle m’avait réservé était aussi atroce que mille morts. Elle avait l’intention de me tuer, certes, mais dans combien de temps? Combien de supplices allais-je encore devoir supporter? Quels tourments me réservait-elle?

Je n’étais pas sûr de vouloir savoir les réponses. Je tentai seulement de me fermer au monde extérieur. Je ne voulais plus sentir le métal glacé contre ma peau, l’air étrangement mauvais, la putride odeur qui régnait partout autours de moi. Je voulais seulement que tout finisse, que tout ne soit qu’un rêve et que je puisse tout oublier.

J’avais tout enduré pour rien, tout n’avait été qu’un mensonge. Quelle lamentable erreur! Comment avais-je pu être si naïf? Comment avais-je pu être si niais?! Ce fut un horrible prix à payer… Je payais encore pour ma stupidité.

J’aurais tant aimé pouvoir retourner en arrière, lorsque tout ce spectre de la réalité n’existait pas encore. J’aurais voulu avoir eu le courage d’écouter ce sentiment de danger que j’avais négligemment poussé de côté lorsque c’était le moment. J’aurais voulu pouvoir découvrir le tissu de mensonges avant qu’il ne soit trop tard.

Mais il était trop tard.

~Ne me laissez pas ici~

Je n’en pouvais plus, je voulais mourir. Je ne voulais pas attendre que Sulayaa viennent assouvir ses répugnants désirs encore une fois.

~Faites que je meurs avant~

Je me recroquevillai sur moi-même autant que je pus, et j’obligeai ma respiration à ralentir, mon cœur à battre de moins en moins. J’entrai dans une sorte de transe où plus rien ne subsiste, plus rien n’a de sens. Le temps sembla figer, l’univers sembla cesser d’exister.

Je ne sais combien de temps je restai ainsi, mais ce ne fut pas la mort qui me réclama en premier, comme je l’avais souhaité.

-Une petite sieste Flavien? Ronronna une voix tout près de moi, un murmure à mon oreille.

Je tressaillis.

Tout ce qui avait été calme et paisible se dissolut en un nuage de fumée et je me retrouvai adossé au mur et recouvert du corps brûlant du Sulayaa.

J’aurais du reculer, tenter de l’éviter, mais je restai figeai, une expression sans émotion sur mon visage. Je n’avais plus la force, la volonté de réagir. Je ne m’étais pas résolu à mon sort. Je mourrais ici, tôt ou tard, et tout le reste serait un calvaire infernal, mais je ne savais plus résister.

~Non…NON!!~

Mon corps resta de glace et je maudis cette impuissance qui me figeait comme une statue de pierre.

-C’est ça Flavien, laisse-toi faire…

Je voulais secouer la tête, me défaire de son emprise insupportable, mais je ne pouvais pas. Je n’arrivais pas à bouger!

-N…Non, Réussis-je à murmurer.

Sulayaa sourit.

-Non quoi?

-S…S’il vous… plait…arrêtez…

Je ne savais plus ce que je disais, je voulais seulement que tout s’arrête, je voulais qu’on me laisse en paix.

Sulayaa sourit encore. Elle avait atteint son but, elle l’avait amené jusqu’au point où il implorait qu’elle arrête. La satisfaction l’envahit et elle se félicita d’avoir persévéré. Elle avait réussi à le briser complètement mentalement. Maintenant, elle pourrait passer à la prochaine étape…


“I stand with a blank expression now
And I can't believe myself
Would someone tell me
How did I get here?”
-Anchor, Lifehouse

À Suivre…


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Dim 10 Sep à 18:20

Et je m'excuse à l'avance à tous ceux qui vont m'haïr après ce chapitre Razz

Chapitre 14

“If shame had a face, I think it would kind of look like me.
If it had a home, would it be in my eyes?”
-Sick cycle carousel, Lifehouse


-Non…

Les chaînes glaciales retenaient toujours mes poignets. Une main appartenant à Sulayaa était posée sur le support qui maintenait en place mon bras blessé, et l’autre se promenait sur ma joue. Elle alla caresser une mèche de cheveux, puis descendit à ma gorge. Elle effleura le bandage, puis sa main descendit plus bas, sur mon torse.

Je voulais nier la situation, me retrouver à des milliers de kilomètres de cet endroit. Ça ne pouvait pas arriver. Ça n’était pas en train d’arriver. Ce n’était qu’un cauchemar, j’allais me réveiller.

La main laissa ma poitrine et se dirigea vers une poche de son blouson. Je fus tout d’abord certain qu’elle allait encore sortir une de ces affreuses seringues, mais sortit plutôt une petite dague bien pointue. Je fixai la lame descendre vers la bretelle gauche de mon uniforme. Elle fut coupée d’un coup sec, puis la droite subit le même sort. Je ravalai ma salive. Le souffle de Sulayaa effleurait mon cou comme une caresse empoisonnée. Je continuai de regarder le mouvement lent de la lame qui découpa le reste de mon uniforme avec nonchalance. Les lambeaux tombèrent par terre en un bruit feutré et je frissonnai, non seulement au contact de l’air froid, mais aussi par le frôlement de la lame aiguisée sur ma poitrine.

-Tu vois Flavien, Dit doucement Sulayaa, J’vais enfin pouvoir me venger.

Ses yeux suivaient la lame des yeux alors qu’elle dessinait des arcs sinueux sur la peau sensible.

-À cause de toi, ma vie a été ruinée, j’ai vécu les pires sévices qui puissent exister dans cet univers.

La lame s’enfonça légèrement sous la peau, envoyant des flèches de douleur à cet endroit. Ma respiration s’accéléra.

-J’aurais pu être sauvée, j’aurais pu vivre une vie descente… Mais noooon!! Il fallait que tu gâches tout!

Elle plongea la lame juste sous les côtes et mon corps se révolta. Je poussai un petit cri de douleur avant de me mordre la lèvre pour éviter d’émettre tout autre son. Je fermai les yeux un instant, puis je les rouvrit pour fixer la blessure. La lame y était toujours enfoncée, entourée d’une flaque de liquide rouge et visqueux. Il y avait un goût métallique dans ma bouche, j’avais de la difficulté à respirer. Je levai les yeux et je rencontrai les siens. Ils semblaient immensément tristes, perdus dans des souvenirs lointains.

-J’ai aimé ton père, et il m’aimait, plus que tout au monde.

J’écarquillai les yeux, surpris. Avait-elle vraiment dit ce que je venais d’entendre?

-Nous allions nous marier comme les vœux de son père l’indiquaient, lorsque je fus capturée et fait prisonnière politique d’une race horrible, les Aexos. Ils exigeaient le retrait de colonies illégales sur une planète qui leur appartenait, et ils savaient que j’occupais une position importante dans la haute société de notre planète. Richard chercha désespérément une femme afin de pouvoir monter sur le trône et d’avoir le pouvoir de me libérer de ma captivité.

Elle me prit à la gorge, et serra avec force. Ses yeux étaient brillants d’une haine sans précédent.

-Mais toi…, Dit-elle rageusement, Tu l’as empêché d’avoir sa dernière chance. Il était désespéré, il aurait fait n’importe quoi pour me sortir de cette affreuse prison, mais tu lui as refusé son dernier espoir de me sauver. Il savait se qui se passerait s’il ne réussissait pas à régner.

Elle relâcha ma gorge et j’inspirai avec difficulté. Elle sembla se calmer un instant.

-Bien sûr, il ne se maria pas, et le nouvel héritier, son demi-frère, prit sa place sur le trône. C’était un homme mauvais et sans pitié. Il refusa de négocier avec les Aexos, qui prirent de nouvelles méthodes de persuasion.

Son regard s’assombrit et perdit son focus.

-Je fus torturée pendant si longtemps que j’en perdis la notion du temps. Il n’y avait plus que moi et la douleur, et plus rien n’existait. Je perdis la raison et toute ma dignité dans un cercle vicieux de douleur et de honte jusqu’à ce que je me retrouve un soir dans un quartier douteux d’une immense ville. J’appris plus tard qu’on s’était débarrassé de moi après que les négociations aient été déclarées vaines.

Elle scruta mon visage, son regard émeraude fixé au mien. J’avais presque pitié d’elle. Tout ce qu’elle avait enduré… à cause de moi! J’étais responsable de toutes ses horribles choses. Ce n’était pas étonnant qu’elle veuille me tuer, je le ferais moi même si je le pouvais. C’était trop horrible. Et c’était de ma faute.

Elle continuait de me fixer, une mèche rousse retombant sur ses yeux.

-Je n’avais plus rien, et je me jurai de faire payer au responsable de mon calvaire…Toi. Je travaillai au noir et je gagnai un vaisseau au jeu dans une taverne. Ce ne fut pas trop dur de te retrouver, et maintenant… maintenant tu vas payer!!

Elle empoigna sa dague à deux mains, la levant très haut, et je fixai son mouvement sans broncher. C’était l’heure de ma fin, j’allais mourir, et étrangement, ça ne me faisait rien du tout.

La lame se mis à descendre à une vitesse fulgurante, tranchant l’air dans une chute vive comme l’éclair.

À suivre…

“Fallen angels at my feet
Whispered voices at my ear
Death before my eyes
Lying next to me I fear
She beckons me
Shall I give in?
Upon my end shall I begin?
Forsaking all I've fallen for
I rise to meet the end”
-Whisper, Evanescence


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Lun 11 Sep à 22:56

Chapitre 15

BOUM!!!

Une énorme explosion fit trembler le vaisseau tout entier avec une telle magnitude que j’entendis seulement la dague poignarder le sol. Une demie seconde plus tard, je relevai la tête et je vis Sulayaa penchée sur le sol, elle aussi ébranlée par la secousse.

-Lâchez cette arme et mettez les mains sur votre tête!

La voix résonna à travers la pièce, autoritaire.

Derrière Sulayaa, je vis trois hommes pointant un fusil paralysant et arborant les couleurs de la Police de l’Espace. Ils semblaient sur leurs gardes, prêts à toute éventualité. Tout près se tenaient le Capitaine Patenaude et Valence, une expression alarmée peignant leurs visages. J’avais du mal à saisir ce qui se passait. Ils étaient venus me secourir. Et j’avais voulu mourir. Je ne savais plus trop quoi ressentir, mais avant que je n’ais pu me décider, Sulayaa poussa un cri de fureur et reprit son poignard. Elle le leva dans les air. Son regard brûlant d’une haine plus intense que tout ce que j’avais pu croiser jusqu’à présent.

Elle prit son élan et visa mon cœur, hurlant toute sa rage vers moi.

Une décharge retentit dans l’air et tout devint immédiatement très immobile. Les yeux de Sulayaa reflétaient le choc et l’incompréhension, et quelques instants plus tard, elle s’effondra sur le sol, évanouie.

Je fixai la scène, comme dans une transe. Qu’est-ce qui venait de se passer? Est-ce que je rêvais? J’avais l’impression d’halluciner, tout autours de moi, tout semblait être un mirage, trouble et distant.

Est-ce que je divaguais? Est-ce que j’étais mort?

Soudain la douleur sous mes côtes me confirma que c’était bien la réalité, et je poussai un grincement involontaire.

Aussitôt, le Capitaine et Valence se précipitèrent vers moi, ainsi qu’un des officiers qui les accompagnaient. L’agent m’examina un instant, puis appuya fermement sa main sur la blessure afin d’arrêter le sang qui s’écoulait lentement.

Le monde semblait tourner un peu. Est-ce qu’un jour, le monde pouvait reprendre son cours normal? J’avais l’impression d’être dans une montagne russe, j’avais l’impression que la réalité de tordait autours de moi comme une affreuse caricature de ce qu’était le l’univers réel.

-Ça ne semble pas trop profond, il va s’en tirer, Disait la voix lointaine du Policier.

Je vis la silhouette nébuleuse du Capitaine hocher la tête. Valence se pencha tout prêt de moi.

-Ça va Flavien, tu n’as pas mal ailleurs?

Je secouai péniblement la tête.

-N…non, ça va.

En fait, ça n’allait pas du tout à l’intérieur, mais il y avait plus urgent.

-…Pétrolia?

-Elle s’en est sortie, Affirma le Capitaine, Grâce à vous.

Je fermai les yeux un instant, soulagé. Elle allait s’en sortir. Le soulagement m’enveloppa comme un doux voile réconfortant. Elle était vivante. J’étais soulagé de savoir qu’elle était encore de ce monde. Mon esprit se calma comme les vagues après la tempête. Respirer m’épuisait. Je voulais juste m’endormir et tout oublier un moment.

-Flavien? …Flavien?

Je rouvris lentement les yeux.

-T’endors pas, il faut que restes conscient.

J’hochai la tête faiblement. J’avais tellement sommeil. J’avais tellement envie de laisser mon esprit dériver. Je sentis qu’on enlevait les chaînes qui liaient mes poignets et j’entendis un déclic, puis le fracas du métal qui heurta le sol.

Deux des officiers transportèrent le corps inconscient de Sulayaa dans leur vaisseau, et le dernier aida le Capitaine et Valence à me déplacer sur une civière pour mon transport à bord du Romano Fafard. Ces instants se déroulèrent en brides autours de moi, je n’étais plus tout à fait conscient.

Je me souviens de la main de Valence qui agrippait la mienne.

Je me souviens de celle du Capitaine sur mon épaule.

Je me souviens de couloirs familiers.

Je me souviens du doux vrombissement du Romano Fafard qui me berçait comme un chuchotis apaisant.

-Vous allez vous en sortir Flavien, Fit la voix rassurante du Capitaine.

Une autre voix, celle de Valence.

-Dors maintenant…

Et pour la première fois depuis des jours, je me sentis enfin en sécurité.


“there goes my pain
there goes my chains
did you see them fall
there goes this feeling that has no meaning
there goes the world off of my shoulders
there goes the world off of my back”
-Quasimodo, Lifehouse


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Mer 20 Sep à 12:50

Chapitre 16

“Too late to hide
And too tired to care
Take what you've learned and forget the rest
Take what you see
Of what's left of me
You know where I've been
And I don't want to go there again”
-Empty space, Lifehouse


Il y avait un bruit…une voix, douce et mélodieuse. Je l’entendais dans l’obscurité, mais je n’arrivais pas à saisir ce qu’elle me disait. Il y avait un épais brouillard tout autour de mon esprit, une ombre fantomatique. Il y avait là cette distorsion du réel, chaotique incohérence où règne dissociation et confusion. L’inconscience me narguait tel un rêve spectral qui tarde à s’effacer, un songe qui ne daigne pas disparaître dans la lumière du jour.

Je tendis l’oreille, m’efforçant tant bien que mal d’identifier les mots de cette voix lointaine.

-Flavien…

Je n’arrivais pas à distinguer la voix. Elle me parvenait comme une déformation sonore méconnaissable.

-Flavien, réveilles-toi…

C’était une voix féminine. Valence? Elle m’avait accompagnée jusqu’au centre de santé. Peut-être était-elle restée à mon chevet…

Était-ce Pétrolia? Elle s’était peut-être suffisamment remise pour venir me rendre visite…

-Flavien…

Je poussai mon esprit hors de l’inconscience. Mes paupières s’ouvrirent lentement au moment où une main vint caresser ma joue.

Lorsque l’image se fit plus nette j’aperçus…

Sulayaa!!

Qu’est-ce qu’elle faisait ici? Comment s’était-elle échappée??

Je tentai de reculer mais je ne pouvais pas bouger, mes membres étaient figés, comme s’ils étaient soudainement devenus très lourds.

-Flavien…

Sa voix douce me fit frémir. Je connaissais ce ton…

Ses bras m’entourèrent, ses mains effleurant ma peau, son corps pressé au mien. Son toucher me révulsait tellement que mon âme voulait crier son désarroi, la détresse qui le troublait à chaque caresse.

Je ne voulais pas revivre de cauchemar encore une fois, je ne pouvais pas!

Je tentai de me débattre, de la repousser autant que je le pouvais, mais elle me saisit les poignets et sourit malicieusement.

-Ça ne sert à rien, et tu le sais.

-Non…NON!!!

Je m’assis soudainement sur le lit et je reconnus immédiatement le Centre de Santé. Il n’y avait plus aucune trace de Sulayaa, mais mon cœur se démenait dans ma poitrine, la sueur coulait à flots et je respirais comme si j’avais couru un marathon.

-Doucement, doucement Flavien.

Je reconnus la voix de Valence et je me retournai vers le son de celle-ci.

-Ce n’était qu’un cauchemar, calme-toi.

La psychologue se tenait à coté du lit, l’air inquiète. Elle posa une main sur mon épaule, et ce fut tout ce que j’eus besoin pour craquer.

Je baissai la tête et je m’appuyai contre elle. Je sentis ses bras m’entourer et je me blottis contre elle, mon visage enfouis sur son épaule. Elle avait toujours été là quand j’avais eu besoin de réconfort, elle était toujours là quand je me sentais perdu. Dans son étreinte, je me sentais en sécurité, à l’abri du monde extérieur.

-Shhh, shhh Flavien, c’est fini…

-Sulayaa, elle essayait de… Elle essayait de…

-Je sais… C’est fini…

Elle continua de murmurer un non-sens réconfortant pendant je ne sais combien de temps, le temps qu’il fallait. Mes bras la serrais, cherchant à fuir cette douleur qui me tenaillait de l’intérieur, ce mal si insupportable qui me faisait perdre tous mes moyens. Ses mains frottaient doucement mon dos, essayant tant bien que mal d’apaiser ma peine.

Après quelques instants, je relevai la tête et je me défis de son étreinte.

-Merci, Murmurai-je sans la regarder.

Valence posa un doigt sous mon menton, et relava celui-ci, me forçant à croiser son regard.

-C’est correct Flavien.

J’hochai la tête. Je ne savais plus très bien où j’en étais. Je me sentais si perdu.

-Tes blessures sont presque toutes guéries, Me dit doucement Valence, Il ne reste plus que ta fracture au bras et la plaie sous tes cotes.

Je regardai le support sur mon bras d’un air las, puis je sentis les bandages sous mon chandail.

Je relavai les yeux.

-Pétrolia… Elle va bien?

Il fallait que je sache. J’avais eu tellement peur lorsqu’elle s’était écroulée devant moi. Je devais être sûr qu’elle allait bien.

-Elle se repose au dortoir, M’assura Valence, Elle va bien.

Je fus submergé par une énorme vague de soulagement. Elle s’en était bel et bien sortie!

-Tu… tu crois que j’peux la voir?

Valence me sourit avec affection et hocha la tête.

-Bien sûr, viens.

Elle me tendit la main pour m’aider à descendre du lit et me guida jusqu’au Dortoir.

“I believe that dreams are sacred
take my darkest fears and play them
like a lullaby
like a reason why
like a play of my obsessions
make me understand the lesson
so I'll find myself
so I won’t be lost again”
All that I’m living for, Evanescence


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Dim 24 Sep à 21:44

Chapitre 17


Valence s’arrêta devant la porte du Centre de Santé et posa sa main délicate sur mon épaule affaissée.

-Si tu as besoin de moi, appelle-moi ok?

Je fis signe que oui, et je la regardai s’éloigner dans les couloirs du vaisseau. Je soupirai. Elle m’avait apporté du réconfort, mais ce n’était pas assez. Je me demandai s’il serait un jour possible d’en avoir assez. J’avais l’impression d’étouffer à l’intérieur, d’être pris au piège dans mon propre corps. Il y avait une ombre sur mon esprit et il était impossible d’y échapper. Elle me traquait partout, et telle une marée noire, elle montait, montait et elle finirait par me submerger. J’aurais donné n’importe quoi pour pouvoir sortir de ces ténèbres, mais l’ombre engloutit tout, tuant la lumière petit à petit, plongeant mon âme dans une obscurité écrasante.

Je fixai la porte. Je ne savais pas pourquoi, mais j’avais peur d’entrer. Pourtant, je savais que ce n’était que le dortoir, mais j’avais peur. Peur du regard de Pétrolia, peur de la détresse dans ses yeux, peur des mes propres souvenirs.

Je pris mon courage à deux mains et je décidai d’entrer. Je franchis la porte coulissante et je me retrouvai dans la pièce sombre.

La familiarité du dortoir me calma quelque peu. Sur le mur, il y avait une veilleuse qui illuminait faiblement la pièce. Sur la table, quelques objets personnels. Sur un des lits, il y avait une forme immobile. Celle de Pétrolia.

Je m’approchai à pas feutrés afin de ne pas la déranger. Elle dormait. Je l’observai un moment.

Ses yeux étaient clos, sa respiration lente. Ses cheveux bouclés retombaient sur son visage, faisant contraste avec la pâleur de son visage. La couverture recouvrait son corps fragile jusqu’au menton.

Je m’assis.

Doucement, j’approchai ma main. Je pris une mèche de cheveux entre mes doigts. Je regardai les traits fins de son visage, la blancheur de son visage, l’innocence de ses traits. Elle avait souffert à cause de moi, à cause de mon silence, mais elle était restée d’une pureté immaculée. Elle n’avait pas été ternie comme moi. Elle était la beauté même, la lumière qui faisait naître l’espoir dans mon esprit. Elle n’avait pas besoin de dire ou faire quoi que ce soit. Le fait même d’être là, c’était suffisant – même si elle n’avait pas conscience de ma présence.

J’effleurai sa joue, puis son menton. Je mouillai mes lèvres. J’avais envie de l’embrasser, mais j’avais peur. Peur d’un autre toucher, et surtout, peur qu’elle ne me repousse. Une peur irraisonnée, je le savais, mais je ne pouvais pas me débarrasser de ce sentiment de doute. J’avais besoin de son réconfort, de sa chaleur, mais je ne savais pas si je devais m’approcher ou m’enfuir.

Je me penchai un peu vers elle. Comme j’aurais voulu m’étendre là à ses côtés, et dormir, dormir tellement longtemps que toutes mes blessures s’effaceraient finalement. Je continuai de caresser son doux visage, hypnotisé par celui-ci.

Comme si elle avait sentit ma présence, elle s’éveilla doucement, ses yeux croisant les miens. Qu’allait-elle dire?

Dès que son esprit se fit assez clair, une étincelle illumina son regard. Elle se jeta dans mes bras, pendue à mon cou. Je la sentis me serrer très fort, tremblante, et elle se blottit contre moi comme si elle n’avait plus que moi à qui s’accrocher. Je la serrai à mon tour, heureux qu’elle ne m’ait pas repoussé.

Je dissimulai mon visage dans ses cheveux vermeils et je fondis dans son étreinte, enfin. Je fermai les yeux, j’étais bien pour la première fois depuis longtemps. La chaleur de son corps pensait mes blessures, l’odeur de sa peau apaisait mon cœur lacéré, le rythme de sa respiration éloignait la tempête dans mon âme. Elle n’avait qu’à me tenir comme cela et je serais en sécurité, pour l’éternité.

Le temps passa. Ou bien il se figea. Je ne sais plus trop. Il n’y avait plus qu’elle et moi. L’univers s’était dissout en même temps que moi dans son étreinte. Je resserrai mes bras autour d’elle. Elle était mon phare dans un brouillard d’incertitudes, ma bouée dans un océan de souffrances qui m’aspirait peu à peu vers l’abîme.

Et puis finalement, j’entendis une faible voix, vacillante.

-Flavien… T’es revenu…t’es revenu…

Toujours dans son étreinte, je lui murmurai doucement.

-Oui…je suis là.

-J’ai eu tellement peur.

La faiblesse dans sa voix m’effraya. Elle avait du subir une blessure extrêmement grave si elle était si affaiblie. Ne voulant pas la blesser d’avantage, je laissé doucement l’étreinte s’amollir mais elle resserra la sienne.

-Flavien… Ne me laisse plus… J’veux pas te perdre, jamais.

J’acquiesçai.

-Je reste là. J’suis là avec toi, tout le temps que tu voudras.

-Je suis là aussi pour toi Flavien, je t’aime…

J’appuyai ma tête contre elle. Ces mots qu’elle venait de prononcer… C’était tout ce que j’avais besoin, tout ce qu’il me fallait pour continuer à vivre.

-Je t’aime aussi.

Nous restâmes ainsi pendant une autre infinité d’instants, tous aussi calmes et sereins.

Finalement, craignant qu’elle ne se fatigue à cause de sa blessure, je m’éloignai doucement, et je l’aidai à se recoucher. Mon visage resta tout près du sien, et je l’embrassai, délicatement, comme j’avais tant voulu le faire, tant de fois. Ses lèvres étaient douces et aimantes. Son toucher savait être agréable et ses mains, enchanteresses.

-Dors avec moi ce soir, Murmura-t-elle à mon oreille.

Je pris place tout près d’elle, nos corps collés l’un contre l’autre. Je glissai mes mains autour de sa taille et j’enfouis ma tête dans le creux de son cou. J’étais bien, tout près d’elle.

Nous nous endormîmes, enlacés et sereins. Nous avions enduré les pires souffrances, mais nous étions ensemble. Nos blessures guériraient.


You're here that's all I need to know
and you will keep me safe
and you will keep me close
and rain will make the flowers grow.
-Les Miserables

À suivre.


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Mar 26 Sep à 21:41

Chapitre 18

“I would fall asleep
Only in hopes of dreaming
That everything would be like is was before
But nights like this it seems are slowly fleeting
They disappear as reality is crashing to the floor”
-Blind, Life house


Je me réveillai lentement. J’étais toujours enlacé autour du corps fragile de ma belle Pétrolia, le nez dans ses cheveux, les mains sur sa taille. J’inspirai d’aise, mais au même moment, je figeai. Pour un instant, j’avais cru que tout était normal, qu’il n’y avait rien de changer… mais c’était faux. Je me souvenais tout à coup de la raison qui m’avait emmené ici, dans ses bras, et de la raison qui l’avait mise, elle, dans cet état. Je m’en voulais. Comment avais-je pu être aussi stupide?? Comment avais-je pu me laisser berner de la sorte?? Tout n’avais été qu’un tissu de mensonges et je les avais cru, moi, naïf comme j’étais. Et à cause de cela, non seulement ma vie était devenue un enfer, mais les gens que j’aimais avaient aussi souffert.

Je me mis à trembler, presque imperceptiblement. Je me souvenais des sévices que j’avais du endurer. Pourquoi moi?

Parce que j’avais osé tenir tête à mon père qui ne cherchait en fait qu’à sauver la femme qu’il aimait. À cause de ma stupidité, cette même femme avait enduré les pires brutalités qu’on puisse imaginer, des choses totalement inhumaines qui lui avaient fait perdre la raison… ou bien l’avait-elle perdu?

Le doute s’installa sur la réponse de cette question. Peut-être avait-elle eu raison… Peut-être est-ce que c’était tout ce que je méritais pour l’avoir plongé dans un tel enfer. Je méritais sûrement le même sort qu’elle puisque c’était de ma faute.

Je secouai la tête. Très loin, au fond de mon esprit, une petite voix me disait que je n’avais pas raison de penser ainsi… Mais je la fis taire. C’était de ma faute, et je méritais bien ce qui m’était arrivé.

Je regardai Pétrolia. Elle dormait si paisiblement. Elle méritait mieux que moi. Je ne supportais pas l’idée que si j’avais pu faire subir un tel calvaire à une femme. Je n’avais pas droit de risquer la même chose avec une femme aussi merveilleuse que Pétrolia. Je n’avais pas le droit de gâcher la vie d’une autre personne innocente.

Je me dégageai doucement de l’étreinte, à contrecoeur, et je me mis debout. Je ne savais pas où aller. Je remarquai la forme endormie des autres membres d’équipage, chacun sur leurs couchettes. Je m’éloignai sans faire de bruit, me glissant hors de la Cabine de Repos.

Une fois dans le couloir, je me mis à marcher, j’errai sans but pendant quelques minutes et je me retrouvai dans la Salle de Bain. Je regardai les casiers personnalisés, les dalles encore humides à certains endroits, le mur semi transparent de la douche. Je m’adossai au mur. Je ne savais pas ce que je devais faire. Cette douleur qui me prenait au coeur ne faisait que croître, encore et encore. Je glissai lentement le long du mur, et je pris ma tête entre mes mains. J’avais mal, à l’intérieur, tout se bousculait, tout tournait, tournait dans un gouffre de peur et de honte. La douleur m’écrasait la poitrine, je n’arrivais à respirer qu’en souffles entrecoupés, et je n’avais plus la force de me battre contre la souffrance qui m’affligeait.

-Flavien?

Je sursautai à cette voix tout près de moi. C’était celle du Capitaine. Je ne l’avais pas entendu entrer.

Je me défendis de bouger, refusant qu’il m’aperçoive dans une telle détresse. Je ne voulais pas qu’il me voie ainsi. Mais il était trop tard.

Une main se posa sur mon épaule et du coin de l’oeil, je vis qu’il s’était agenouillé à côté de moi.

-Flavien…

Dans sa voix, il y avait une tristesse infinie, un chagrin sans bornes. Je daignai l’espace d’un instant le regarder. Son regard céruléen me fixait intensément, et je me sentis presque comme s’il traversait mon âme. Il s’approcha et je me laissai prendre dans son étreinte, comme s’il allait me protéger contre tous les démons qui me rongeaient à l’intérieur.

Je sentis mon corps trembler, mes muscles se révulser contre la douleur, mes mains empoigner la veste du Capitaine comme si c’était le seul lien qui me rattachait à la vie. Sur mon dos, je sentis une main tracer des cercles, et derrière ma tête, une main glissée dans mes cheveux, tenant ma tête contre lui d’un geste paternel.

Il dut se passer une éternité. Je n’eut aucune conscience du temps qui s’écoula, mais j’étais reconnaissant que le Capitaine soit là. Je ne savais plus quoi penser, quoi ressentir. J’étais perdu dans mon âme, noyé dans les abîmes de mon être qui cherchait désespérément à fuir, à trouver quelqu’un à qui s’accrocher. Et dans mon être, la solitude était hantée par des angoisses incessantes.

J’avais perdu quelque chose, une partie de moi. Restaient le silence et le vide qui s’étaient creusés en moi. L’impression d’avoir perdu quelque chose de précieux. Les yeux ne brillaient plus, les sourires m’étaient désormais étrangers. J’avais la sensation étrange d'avoir fait un rêve...un cauchemar… L'autrefois s’était fracassé en milliers de morceaux de cristal, les repères me fuyaient, la peur m’envahissait comme une sinistre vipère. La lumière n’était plus.

Le passé s’acharnait comme des fantômes ne me laissaient pas oublier ces moments, ces jours et ces nuits, ces instants que je ne pourrais jamais enterrer.

Les larmes coulent, les larmes roulent, amères sur mes joues. Est-ce que je devrai vivre ainsi pour le reste de mes jours? Devrai-je subir une existence insignifiante, le vide permanent qui s’est emparé de moi? Des illusions déchues, des rêves perdus, survivre, souffrir, agoniser lentement…

Est-ce que la honte peut briser l’âme à jamais?


“You don't know why they had to go this far
Traded your worth for these scars for your only company
Don't believe the lies that they told to you
not one word was true”
-Simon, Lifehouse


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Ven 29 Sep à 2:08

Chapitre 19

“I tried to kill the pain
but only brought more
I lay dying
and I’m pouring crimson regret and betrayal
I’m dying, praying, bleeding and screaming
am I too lost to be saved
am I too lost?”
-Tourniquet, Evanescence



J'avais peur.

Il faisait trop clair, trop noir, mes idées se perdaient dans un immense vide. Demain, hier, quelle était la différence? Je ne voyais plus, je n’entendais plus…Je ressentais seulement.

Qu’est-ce que le bien, le mal? Je ne savais plus.

Des voix venues d’un autre monde me harcelaient, m’assaillaient au point de tourmenter la moindre de mes pensées... Aussi, cet état d'esprit s'édifiait très rapidement vers des degrés de folies presque sans retour. L’esprit se disperse, le corps, lui, n’oublie pas, jamais.

Elle hantait encore mes pensées.

Les cris de mon âme étaient restés muets. Tout est resté à l’intérieur, tant d’atroces souvenirs que je ne pouvais que revivre, encore et encore, comme un film passé en boucle dans ma tête. Cette violence inhumaine, cette soif de vengeance, subie sans pouvoir faire quoi que se soit, être présent mais mourir en même temps

Mon passé m’opprimait, je ne pouvais rien y changer. Il s'était agglutiné, incrusté. Il me suivrait, me possèderait toujours et se réjouirait de mon destin perdu. Seuls la solitude, l’appréhension, et l'abandon vivraient désormais en moi. À mon dernier souffle, une larme coulerais et dirais : "j'ai mal".

Je n’étais plus rien, perdu dans cet univers, sans raison d'être. Vivre pour vivre, vivre pour les autres et s'oublier pour ne pas souffrir.

Je ne me connaissais plus, je m’étais ignoré trop longtemps. Je vivais dans mes rêves, ils existaient pour me permettre d’oublier la réalité. Je voulais vivre pour dormir, sans craintes puisque songes.

Le Capitaine était près de moi, m’enlaçant dans son étreinte qui se voulait réconfortante.

J’avais froid.

Je n’avais plus de force, plus envie de me battre, plus rien…

J’avais les yeux entrouverts. La veste rouge du Capitaine me bloquait presque entièrement la vue.

Le vertige, les sueurs froides, l’épuisement… je n’en pouvais plus.

Valence… Valence était là, près du Capitaine. Je ne l’avais pas vu entrer dans la pièce. Mon esprit divaguait. Je perdais des fragments de la réalité.

-Flavien…Flavien réponds-moi…

Le monde tournait, tournait autours de moi, j’étais étourdi.

-Dis moi c’que t’as…

-J…j’peux pas…

Je ne savais plus ce que je disais, plus ce que je pensais, je voulais seulement que tout s’arrête, que cette douleur cesse d’exister.

Une main se posa sur mon épaule. J’entendais des voix, lointaines, je ne distinguais plus rien. Je me sentis soulevé, mes yeux roulèrent dans leur orbite.

Une couverture fut placée sur moi, douce et chaude. Mes mains l’empoignèrent. Il y avait toujours Valence et le Capitaine près de moi, mais je me sentais seul, immensément seul.

J’entrouvris les yeux un instant, le temps d’apercevoir les deux silhouettes penchées au-dessus de moi.

Je tremblais… de la peur, du froid, ou des deux, je n’en savais rien. J’étais fatigué, vide, je n’étais plus que ruines.

-J’m’excuse…

Les yeux du Capitaine semblaient incrédules. Il ne savait donc pas…

-Mais tu n’as pas à t’excuser Flavien, Répondit doucement Valence, Tu le sais?

Mais je secouai la tête. Ils ne comprenaient pas. Tout ceci était de ma faute!! J’avais été le responsable des malheurs d’une jeune femme innocente, et par mes choix, j’affectais aussi leurs vies.

-J’ai été idiot, j’m’excuse, c’est de ma faute…

-Flavien! S’exclama le Capitaine, horrifié, Ne dites pas ça!

Valence lui fit un petit signe discret et il reprit son calme.

-Écoutez, ce n’est pas de votre faute…

Je secouai la tête à nouveau. Je sentis les larmes monter à mes yeux, mais je refusai de les laisser couler. Je ne méritais pas de pleurer.

Valence s’approcha de moi.

-Dis-moi pourquoi tu penses que c’est de ta faute…

J’ouvris la bouche pour lui répondre, mais les mots se bloquèrent dans ma gorge. J’avais trop honte, j’avais trop à me reprocher.

-J’peux pas, Murmurai-je lamentablement.

Elle me fixa un instant, et je vis la plus profonde tristesse dans ses yeux. Je détournai le regard. Je ne méritais pas sa pitié non plus.

Elle glissa une main dans mes cheveux.

-On en reparlera demain matin. Charles va rester avec toi cette nuit. Dors, n’ais pas peur.

Je fermai les yeux au bruit des pas de la psychologue qui s’éloignait. J’entendis le Capitaine s’asseoir tout près de moi.

Le vide me rongeait, mais les mauvais rêves ne m’atteindraient plus cette nuit. Une présence bienveillante m’en protégerait.


“don't give up on me yet
don't forget who I am
I know I'm not there yet
but don't let me stay here alone”
-Take me away, Lifehouse


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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Jeu 5 Oct à 19:30

Chapitre 20

”Wake up in a dream
frozen fear
all your hands on me
I can't scream
I can't escape the twisted way you think of me
I feel you in my dreams and I don't sleep”
-Snow White Queen, Evanescence


Je ne sais combien de fois je me suis éveillé cette nuit là, mais je dus sursauter au moins une bonne dizaine de fois. Chaque fois, c’était toujours la même chose : Je voyais Sulayaa, je revivais les événements encore et encore. Chaque fois que je fermais les yeux, elle était là, avec ses avances et son sourire malicieux. Chaque fois, je pouvais presque sentir son haleine brûlante sur ma peau et voulais crier, crier si fort mais aucun son ne sortait de ma bouche. Et puis je me réveillais en larmes, tremblant et terrifié. Le Capitaine était toujours là, me laissant enfouir ma tête contre son épaule et laisser les moments passer. Je finis par m’endormir à chaque fois, épuisé.

Le matin venu, je m’éveillai une dernière fois en sursaut, et après m’être calmé, je repoussai doucement le Capitaine.

-Merci…, Murmurai-je en m’essuyant les yeux.

Il me fixa un instant, comme pour s’assurer que j’allais un peu mieux, puis il hocha la tête.

-Je vais aller vous chercher un petit quelque chose à manger.

Et il s’éloigna quelques instants. J’aurais voulu lui dire que je n’avais pas faim, mais je n’avais pas la force de parler davantage. Il revint quelques instants plus tard avec un bol de céréales qu’il me tendit.

-Tenez, mangez un peu, ça va vous faire du bien.

Je regardai le bol tendu vers moi avec hésitation, mais le regard du Capitaine me força à le prendre. Je vis le doute et l’inquiétude dans ses yeux, ainsi qu’un grand sentiment de culpabilité. En prenant quelques gorgées, je réfléchis. Même s’il ne disait rien, je savais qu’il se reprochait de ne pas avoir pu arrêter les événements des derniers jours. Il avait cru voir une bonne opportunité de sauver la race humaine, et il s’était fait berner… comme moi. Sulayaa avait… Sulayaa…

Juste à ce nom, je me sentis devenir blême. Le Capitaine dut le voir car il reprit le bol de céréales silencieusement et le posa un peu plus loin. Il posa une main sur mon bras, celui qui n’était pas blessé, et me regarda avec compassion.

-Pourquoi n’allez-vous pas prendre une douche? Ça vous fera du bien…

J’acquiesçai seulement, encore étourdi. Je me demandais ce qu’une douche allait bien pouvoir changer… Au moins, la sensation de l’eau chaude sur ma peau pourrait peut-être laver quelques blessures.

Je me levai tranquillement et me dirigeai vers la salle de bain. Je marchai tranquillement dans le couloir, lorsque je rencontrai Bob. Il s’arrêta un instant.

-Flavien…

-Salut Bob, Répondis-je en tentant d’avoir l’air naturel.

Mais il ne semblait pas être joyeux comme d’habitude.

-J’m’excuse pour c’que j’ai dit, Flavien… Si j’avais su….

-Bob, L’interrompis-je, C’est pas de ta faute.

Mon meilleur ami hocha la tête, mais je doutai qu’il me croyait. Il continua son chemin, l’air abattu, et me posa une main sur l’épaule en passant. Puis il disparut en tournant le coin.

Je fis mon chemin jusqu’à la salle de bain, où j’entrai et me dirigeai vers mon casier. À côté du mien se trouvait Brad qui avait fini de s’habiller et qui était en train de se sécher les cheveux avec un serviette. Il leva le regard, et je baissai immédiatement les yeux, m’attendant à une remarque désobligeante.

Il y eut un silence. J’attendais qu’il me crache un commentaire, mais il n’y avait rien... pas un mot.

Puis…

-Si jamais vous avez besoin de vous défoulez, Me dit-il doucement, Ça m’fera plaisir que vous m’tappiez dessus.

Je relevai les yeux immédiatement, mais il quittait déjà la pièce. Je regardai la porte se refermer derrière lui, abasourdi.

J’avais rarement vu Brad démontrer de la compassion ouvertement. Habituellement, il se cachait derrière ses méchancetés ou ses moqueries. Mais cette fois, ce n’était pas le cas. Je secouai la tête, et me dirigeai vers la douche.

La chaleur et la sensation de propreté me firent du bien. Je sorti de là rafraîchi et je m’habillai avec la sensation d’avoir laissé une partie des mes souffrances couler avec l’eau sur mon corps, lavant mes plaies et me redonnant un peu de forces.

Je retournai vers le Centre de Santé où je savais que le Capitaine m’attendait sûrement.

Lorsque j’entrai, je fus surpris de voir un agent de la police de l’espace discuter avec le Capitaine et Valence. La psychologue me fit signe d’approcher et m’indiqua une chaise.

-Flavien, voici l’agent Kriibts, il fait parti de la police de l’espace. Il a besoin de ton témoignage pour pouvoir emmener Sulayaa devant les tribunaux.

~ Témoignage? ~

Mais je ne voulais pas témoigner. Je voulais oublier, tout enterrer et ne jamais plus en parler. Pourquoi est-ce que je devais encore parler de tout ça?

-J’suis obligé? Demandai-je avec une voix à peine audible.

Valence prit délicatement mon avant-bras.

-Oui…, Dit-elle avec douceur, Et pour guérir, il faut que tu puisses nous raconter ce qui s’est passé. Il faut que tu puisses affronter tes démons et les vaincre. Dis-nous ce qui s’est passé avec Sulayaa.

Je regardai le Capitaine, puis l’agent. Il avait l’air gentil, et semblait comprendre dans quelle position j’étais. Je voyais la tristesse dans ses yeux, la même qui se trouvait dans tous les regards que je croisais désormais. Une tristesse profonde, mêlée à l’envie d’aider mais à la sensation de ne pas savoir quoi faire, ni comment.

-Je peux vous assurer, Me dit l’agent Kriibts, Que toute l’information sera gardée confidentielle et ne sera entendue que par le juge et moi-même.

-Raconte, Flavien, Me demanda doucement Valence.

Il y eut un silence. Les trois autres personnes dans la pièce attendaient une réponse, mais j’avais la gorge bloquée, j’avais l’impression que le monde autours de moi se refermait, m’étouffait lentement. Je ramenai mes genoux sous mon menton et murmurai :

-J’peux pas…

Valence se rapprocha de moi presque imperceptiblement.

-Est-ce que Sulayaa a fait quelque chose que tu n’as pas aimé? Réponds seulement oui ou non.

Je gardai mes yeux fixés au plancher.

-Oui…

-Bien, et qu’est-ce qu’elle a fait?

Je levai le regard, observant tour à tour le Capitaine, Valence et Kriibts, puis je me mis à raconter, d’une toute petite voix, ce qui m’étais arrivé. Je racontai l’arrivée de Sulayaa, mon impression de danger et la confiance que l’équipage avait mise en moi. Je racontai mon arrivée sur le vaisseau étranger, et le coup que j’avais reçu dans le dos.

-J’sais plus très bien ce qu’y s’est passé après, Avouai-je à voix basse, J… J’m’en rappelle plus très bien. J’sais que quand elle a eut fini de me traîner et de m’enchaîner, elle avait une seringue en main… Elle m’a injecté le contenu puis après elle… elle…

Je n’arrivais pas à prononcer les mots, tout était tellement récent et tellement difficile. J’avais la tête qui tournait, la nausée me prenait à la gorge. Je ne voulais plus me rappeler de ces souvenirs, je voulais m’en aller, me cacher et dormir pour tout oublier.

Je fermai les yeux un moment, prenant une respiration chancelante, puis je continuai.

-Elle m’a… violé…

Voilà. Je l’avais dit. Ce fut sûrement le mot le plus difficile que j’eus à prononcer, mais j’avais réussi à le dire.

-J’sais plus si elle a recommencé après, le reste n’est pas très clair. J’avais la tête qui tournait tellement.

Valence hocha la tête.

-C’est les drogues, Me confirma-t-elle, Elle t’as injecté des puissants calmants et dépresseurs.

J’inspirai lentement, frémissant aux souvenirs, puis je repris.

-Après, on est retournés sur le vaisseau… le Romano… pis comme elle avait menacé de ne pas nous donner la planète si je parlais… j’ai rien dit.

Je regardai autours de moi. Je vis le Capitaine secouer la tête, se reprochant probablement de n’avoir rien vu. Valence posa sa main sur son genou comme pour lui dire que ce n’était pas de sa faute. Je me sentais coupable. C’était de ma faute si tout cela était arrivé.

Je leur racontai ensuite comment j’avais évité les questions de l’équipage, et comment Sulayaa m’avait nargué et coincé dans la Salle des Machines.

-Pétrolia le savait pas… J’voulais lui dire, mais la planète… Pis elle est partie en courant. J’suis resté seul avec Sulayaa…

Des larmes s’échappèrent de mes yeux, comme des perles précieuses arrachées à mon cœur. Je ne savais plus si j’avais la force de continuer. J’avais mal, en dedans, tout se déchirait, tout s’effondrait et me laissait d’un vide si douloureux…

Je mis une main devant ma bouche, mais les sanglots m’arrachèrent mes dernières paroles et je m’écroulai, tremblant sur ma chaise, essayant de résister à ce mal qui m’empoignait, qui me forçait à me recroqueviller sur moi-même, en proie à de terribles saccades et une douleur si aigue que j’aurais voulu hurler qu’on m’en délivre.

Je sentis la chaleur de Valence m’entourer dans un cocon de douceur et de sécurité, mais je n’arrivais plus à me contrôler. Je fondis dans son étreinte et j’attendis que les sanglots cessent, que la douleur s’apaise.

Après un moment, je finis par me redresser quelque peu. Je voulais en finir. Je repris mon récit d’une voix brisée, mais déterminée.

-Après… Après j’suis allé dans le Dortoir, mais Bob avait pas l’air de vouloir me voir. J’suis allé dormir seul dans la Salle de Visionnement…

Je leur racontai la visite du Capitaine, puis l’affreux souper où j’avais dû jouer le jeu de Sulayaa et même m’excuser auprès d’elle. Puis je leur racontai la suite des événements, qu’ils connaissaient en partie. Lorsque j’eus fini, il y eut un long silence. J’appuyai mon menton sur mes genoux, épuisé. Je n’avais plus de forces, mes yeux pouvaient à peine rester entrouverts.

Valence se leva.

-Viens Flavien, j’crois que t’as besoin de repos…

Elle guida mon corps épuisé jusqu’à la Cabine de Repos, où je grimpai faiblement sur mon lit et je m’étalai de tout mon long. Valence me couvrit avec un drap et une couverture chaude.

Je remarquai à peine la forme endormie de Pétrolia sur le lit plus bas avant de fermer les yeux à mon tour.

-Ça va aller maintenant Flavien, dors bien…

“When all your plans are made out lying on the floor
and all your dreams are turning into nothing more
When all your hope has left you know you're not alone
Just hold on
Hold on”
-Undone, Lifehouse

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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Jeu 5 Oct à 23:43

Ptit chapitre Wink



Chapitre 21


Des mains…

Sur ma taille.

Sur mes hanches.

Plus bas.

Plus bas.

~ Non ~

-NONNNN!!!!

Je m’éveillai en hurlant. Mon cri se muta rapidement en un sanglot silencieux et j’enfouis ma tête contre mes genoux. J’étais dans la Cabine de Repos. Il ne fallait pas que je réveille Pétrolia, elle était encore si faible…

Je me pris la tête à deux mains. Pourquoi il fallait que ces images reviennent toujours? Pourquoi ne pouvaient-ils pas se taire à jamais, et me laisser en paix? Dans ma tête résonnaient ses rires et mes pleurs, et dans un silence au chant dévastateur, je ne pouvais que me laisser bercer par les échos de ma propre détresse. La douleur me nargue. Elle est toujours là, harcelante. Elle crie, mais reste inaudible. Elle rit, mais répand des larmes muettes. Elle pleure, mais demeure sournoise.

Dans l’obscurité, je maudis ces souvenirs qui me faisaient perdre la raison. J’avais peur de ces ombres en moi qui ne cessaient de se jouer de la lumière, obscurcissant mon âme dans les ténèbres sans fin. Je vacillais au bord du précipice, le gouffre m’interpellait. J’y aurais plongé volontiers si je n’avais pas eu personne à qui m’accrocher. Mais les ombres jouent avec moi, et je ne les vois pas. Personne ne les voit. Est-ce que j’arriverais un jour à la chasser?

Et je pensai pour moi même.

Plus rien ne serais jamais comme avant. Je n'existais plus. J’étais quelqu’un d’autre, j’étais désolidarisé de mon innocence. Je ne méritais plus d'être comme avant. Trop souillé. Que me restait-t-il maintenant?

Des visions d'horreur, de nudité et de dégoût. Des jours futurs, consacrés aux pleurs. Des souvenirs, atroces et cruels.

Quel autre choix avais-je eu? Comment lui faire comprendre que je ne comprenais pas? Cette haine en elle, comment avais-je pu en être la cause, moi qui ne comprenais même pas comment haïr quelqu’un à ce point? Et pourtant j’étais coupable.

J’avais froid.

Combien de temps ça avait duré? Combien de temps ça allait encore durer? J'avais peur qu’elle revienne. Tout était sale en moi. Et pourtant, je savais que je n’étais pas vraiment sale. C’était une illusion, mais comme les illusions peuvent sembler réelles, et la réalité paraître illusions. Qu’est-ce qui était quoi? Qu’était-il arrivé? Si seulement je pouvais choisir.

Personne ne pouvait m’aider. Ils connaissaient ma souffrance, mes cauchemars, mes doutes et mes angoisses. Mais après un certain temps, verraient-ils si je ris ou si je pleure, si je vis ou si je meurs?

Je n’avais pas beaucoup dormi. Je ne savais pas si je pourrais dormir en paix à nouveau. Probablement pas.

J’entendis un bruissement de couverture. Sûrement Pétrolia qui s’était réveillée. Je tentai de taire mes pleures pour qu’elle ne les entende pas.

-Flavien?

Merde.

-C’est toi?

Je n’avais pas envie de répondre, pas envie qu’elle me voit comme ça, encore une fois.

-Flavien, j’sais que c’est toi.

Elle se levait.

-Pet, Réussis-je à prononcer d’une voix raisonnablement stable, Reste couchée…

-Ça ne va pas mon Flavinou?

Question rhétorique. Évidemment que ça ne n’allait pas.

-Pétrolia, tu vas aggraver ta blessure.

Elle m’inquiétait. Je n’aimais pas qu’elle se lève alors qu’elle était encore si faible. Je descendis de mon lit et la rejoignis au milieu de la pièce. Je la fis faire demi tour et je l’aidai à se recoucher. J’allais retourner à mon lit quand elle m’empoigna la main.

-Flav, dis-moi…

Je me retournai. Je voyais les contours de son corps, la forme de son visage, la lumière dans ses yeux. J’aurais tellement voulu que tout soit comme avant. Je me demandais comment elle pouvait encore vouloir de moi.

-J’peux pas Pet…

Je sentis les larmes rouler sur mes joues, perlant la peau comme des billes de verre. Pétrolia allongea le bras et vint les essuyer du bout de ses doigts.

-Oh… Flavien…

-J’m’excuse.

Ma voix craqua doucement. Tout le mal en moi formait une boule qui écrasait mes poumons, forçant ma poitrine à lutter pour respirer.

-C’est pas grave.

-J’suis tellement tanné d’pleurer.

Je baissai la tête, honteux.

Mais elle ne dit pas un mot. Elle caressa mes cheveux, et je m’assis près d’elle. Je sentais sa chaleur tout près de moi, mais je n’osais pas l’approcher.

-Aide-moi, Murmurai-je.

Ses bras m’invitèrent à elle et je ne pus résister. Je m’effondrai et je m’accrochai à elle, mon seul recours, mon unique point fixe émergeant encore dans la tourmente.

”So when will this end
It goes on and on
And over and over and over again
Keep spinning around I know that it wont stop
Till I step down from this for good
I never thought Id end up here
I never thought Id be standing where I am
I guess I kind of thought it would be easier than this
I guess I was wrong now one more time”
-Sick Cycle Carousel, Lifehouse

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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Dim 8 Oct à 20:17

Autre petit chapitre Wink

Chapitre 22

Dans les jours qui suivirent, je reçus beaucoup d’appuis de la part des membres d’équipage, particulièrement de la part de Pétrolia, du Capitaine et de Valence. Je fus en thérapies beaucoup plus souvent que je ne l’aurais voulu, mais je dus admettre qu’après quelques séances, j’allais beaucoup mieux. Valence me força doucement à parler mais elle resta en même temps amicale et neutre, sans porter aucun jugement. Elle m’aida à extérioriser mes émotions et à me faire comprendre que le blâme ne reposait pas sur mes épaules. Mais à l’intérieur, je regrettais quand même un peu de ne pas avoir vu plus loin que ces conspirations manipulatrices.

Le Romano Fafard suivait le vaisseau de la Police de l’Espace jusqu’à la prochaine station orbitale, mais c’est tout ce que je sus. Le Capitaine me donna congé. Cependant, quelques fois, j’aurais préféré qu’il ne donne pas de jours d’absence. À la place d’être à mon poste habituel, ou de faire une réparation quelconque, je me ramassais avec trop de temps pour penser. Trop de temps à me souvenir. Je n’arrêtais pas de me rappeler ce que j’avais enduré, je le revivais des dizaines de fois, comme des flashs qui arrivent sans prévenir et qui me font sursauter d’aversion. Un mauvais film qui se répète sans cesse dans son esprit tourmenté.
Et quelques fois je lui étais reconnaissant de m’avoir donné du temps pour me remettre.

Malgré quelques rares moments de bonne humeur ces derniers jours, la chute n'en était que plus rude.

J’étais épuisé. Épuisé... J'avais bientôt 24 ans et j'avais l'impression d'avoir affronté toutes les guerres du monde...

Mais dans ce vaisseau, il y avait du monde pour m’aider. Des gens que j’estimais beaucoup. Même Brad était venu s’asseoir près de moi et m’avait proposé une oreille attentive. Je crois qu’il savait un peu plus que tout le monde ce que je pouvais vivre en ce moment. Ça ne lui était pas incompréhensible, la méchanceté des autres, et la solitude que l’on peut vivre ensuite. Mais la douleur que je ressentais, moi, j’avais l’impression que personne ici ne pouvait même s’imaginer, ne serait-ce qu’un instant, ce que ça pouvait faire en dedans, comment ça pouvait ronger l’âme et ne laisser que du vide. Le vide est difficile à combler, mais l’amour finirait bien par m’aider à reconstruire mon âme blessée.

En attendant, j’errais dans le vaisseau, comme un spectre qui ne sait plus quoi faire, ni où aller. J’évitai à tout prix la Salle des Machines. Valence m’avait averti que je devrais bien y retourner un jour. Mais pas maintenant. Trop tôt. Je ne pouvais même pas me résoudre à passer devant la porte. J’avais des frissons à chaque fois que je pensais même passer dans ce secteur du vaisseau.

Non… Il faudrait que je sois patient. Y aller par étapes. Lentement.

Pour l’instant, je me contentai d’aller faire un petit tour à la cuisine, voir si Bob y était.

Mais à ma grande surprise, ce fut le Capitaine que j’y rencontrai. Il se versait un jus d’oranges.

-Ah Flavien! Vous allez bien?

J’avais remarqué que le Capitaine essayait de faire comme si rien ne s’était passé. Je savais que c’était Valence qui lui avait conseillé de faire ça, pour m’aider à reprendre une vie normale.

-Oui, je vais bien Capitaine… Et vous?

-Très bien! Vous voulez un ptit jus d’oranges?

J’acquiesçai avec un sourire.

-Volontiers…Merci!

Il me versa un verre, puis me le tendit. En voulant le prendre, il me glissa des doigts et se fracassa sur le sol, envoyant des morceaux de verre voler très haut. Nous fîmes chacun un pas en arrière et je me précipitai pour tout ramasser.

-Je suis désolé Capitaine, quelle maladresse!

J’essuyai le dégât avec un chiffon, mais quand je me relevai, je vis le Capitaine, figé devant moi, une main couvrant sa bouche et son regard fixé sur les éclats de verres, horrifié.

-Capitaine?

Le Capitaine sortit immédiatement de sa transe et me regarda avec une expression qui me laissa très inquiet.

-Flavien, je suis tellement désolé… Je ne savais pas… Si j’avais su, jamais je n’aurais invite Sulayaa à souper!

Il me prit l’épaule et continua :

-Je m’excuse Flavien, j’aurais du voir ce qui se passait.

J’arrêtai de respirer un moment. Le Capitaine semblait littéralement se briser devant moi. Les larmes coulaient maintenant abondamment sur ses joues, roulant comme des perles transparentes. Il semblait terrifié.

-Pourrez-vous un jour me pardonner Flavien?

Le Capitaine… me demandait de lui pardonner? À lui?

-Mais Capitaine, comment je peux vous pardonner, ce n’est pas votre faute! Vous m’avez sauvé Capitaine, vous m’avez arraché à cette femme et je vous dois tout! Je vous dois la vie et je… j’vous remercie Capitaine! Vous m’avez tellement aidé depuis que c’est arrivé.

Je mis mes mains sur ses épaules et je lui fis l’accolade, une étreinte amicale dont nous avions tous les deux besoin. Il recula quelques instant plus tard, et me regarda d’un air sincère.

-Vous comptez beaucoup pour moi, vous le savez.

-Vous comptez beaucoup pour moi aussi Capitaine.

Il renforça l’étreinte chaleureuse quelques secondes de plus, puis sourit.

-Nous allons tous guérir de cet épisode, je vous le promets!

Je souris à mon tour. Il avait raison, nous allions tous guérir.

-Aidez moi à ramasser les derniers morceaux de verre, Me dit-il, une main toujours sur mon épaule.

-Oui, Capitaine!

Et nous nous baissâmes pour ramasser les derniers éclats de vitre, un peu comme nous nous apprêtions à le faire avec ceux de mon esprit encore fissuré. Tout allait s’arranger.

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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Mar 17 Oct à 0:49

Chapitre 23

“In between this am I gonna find a way
To defeat this living inside yesterday
I’m alive I think it’s time to live
Like I am”
-Am I ever gonna find out, Lifehouse



Lorsque le Romano Fafard arriva enfin à la station orbitale de la lune d’Antarès, flanqué de l’énorme vaisseau de la Police de l’Espace, je me demandai comment j’allais pouvoir témoigner devant un juge, et surtout, en présence de Sulayaa. Le Capitaine m’avait renseigné sur les procédures judiciaires dans ce secteur de la galaxie, mais je n’étais pas sûr d’être prêt à y faire face. Heureusement, je n’aurais qu’à témoigner que devant quelques témoins, le juge et l’accusée. Les procès étaient courts et selon Valence, les crimes de Sulayaa seraient sévèrement punis. La Police de l’Espace avait des lois beaucoup plus sévères sur des fautes de cette nature, comparées aux lois terriennes. J’en étais heureux…enfin… presque…

Le vaisseau s’arrima solidement à la station et je regardai le Capitaine. Lui seul avait reçu l’autorisation de m’accompagner. Les stations policières étaient fortement gardées et il n’y avait que ceux qui y avaient à faire qui pouvaient y rentrer. Je devais témoigner et lui agirait comme deuxième témoin, en cas de besoin. Je frissonnai. Sulayaa serait là.

Le Capitaine sembla remarquer ma réaction car il posa une main sur mon épaule. Il me fit signe que c’était le temps d’y aller. Je pris mon courage à deux mains et je traversai le sas.
À l’entrée de la station, deux gardes nous accueillirent. Ils portaient chacun un fusil paralysant et une veste par balles. Je supposai qu’ils avaient entendu parler de la réputation des Terriens. Ils nous scannèrent avec leur détecteur de métaux, puis nous firent signe de les suivre.

Je marchai côtes à côtes avec le Capitaine dans les longs couloirs de la station. C’étaient de longs couloirs sinueux, froidement inhospitaliers. Je remarquai les étranges écritures sur les murs aux intersections et je m’interrogeai sur leur signification.

-Vous êtes dans une station policière à haute sécurité, Fit remarquer l’un des gardes, Ici, c’est une prison pour les pires détenus du territoire des Céphéides. Les couloirs que nous croisons mènent aux différentes sections du pénitencier.

Je compris alors pourquoi les gardes étaient si bien armés. Ce n’étaient pas à cause de nous mais plutôt parce qu’ils travaillaient dans un endroit risqué. J’avais hâte de quitter cet endroit. Retourner sur le Romano Fafard et que tout cela soit fini, pour de bon.

Je pensai à Pétrolia. Elle aurait du témoigner comme le Capitaine, mais sa blessure ne lui permettait pas de s’éloigner du vaisseau. Bien que son état ne se soit amélioré considérablement durant les derniers jours, elle était restée très fragile. Je me sentais un peu responsable de ce qui lui était arrivé. Comme elle se sentait responsable pour moi. Elle n’avait rien vu. Personne n’avait vu. Peut-être étais-je un meilleur comédien que je ne le croyais… J’aurais préféré jouer mon rôle lamentablement. Si quelqu’un s’était douté que je n’allais pas bien, il ou elle aurait essayé de savoir pourquoi. Et je n’allais pas bien… encore à ce moment. Je me sentais claustrophobe même lorsque les murs étaient éloignés de moi. Je me sentais nerveux même lorsque j’étais seul. Chaque soir, je vérifiais le Dortoir d’un long regard, je tendais l’oreille, juste afin de m’assurer qu’elle n’était pas là. Qu’elle ne se cachait pas quelque part, prête à sauter sur moi. Qu’elle ne viendrait pas m’attaquer sauvagement encore une fois.

Selon Valence, j’allais beaucoup mieux, et je n’avais pas à avoir peur de mes réactions, mais elles m’effrayaient tout de même. Je n’avais jamais eu peur la nuit. Maintenant… J’étais terrifié. Et tout le monde le savait. Ils faisaient semblant de ne pas avoir entendu quand je me réveillais en criant… en pleurant… Mais je les entendais. Je percevais leur respiration plus rapide et leurs faibles mouvements contre les couvertures. Peut-être faisaient-ils cela pour essayer de me garder le peu de dignité qu’il me restait. Seule Pétrolia me chuchotait de venir la rejoindre. Et chaque matin, je finissais toujours par me retrouver endormi tout près d’elle.

Valence disait que ça allait passer, que dans quelques semaines, j’irais mieux… J’espérais de tout coeur qu’elle ait raison. En attendant, elle avait aussi dit que de faire face à Sulayaa m’aiderait dans ma guérison. Je n’en étais pas si sûr, mais je lui faisais confiance.

Nous arrivâmes finalement devant de grandes portes au style architectural bien particulier. Les gardent nous firent signe d’attendre.

J’avais les mains moites. J’étais nerveux. Mais tout irait bien. Tout se passerait bien…

Finalement, on nous fit signe d’entrer.

C’était une pièce de grandeur moyenne, avec de longs bancs pour les témoins, et à l’avant, trois lutrins : Un de chaque coté, se faisant face, pour l’accusé et le plaignant, et au milieu, le plus imposant pour le juge. On me fit signe de prendre place, ce que je fis, et le Capitaine s’installa tout prêt, sur l’un des bancs des témoins.

De l’autre côté de la salle, la porte s’ouvrit. Le sang se glaça dans mes veines lorsque je vis Sulayaa faire son entrée, menottée et encadrée par deux gardes imposants. Je la regardai prendre place face à moi, mais elle ne croisa jamais mon regard. Ses yeux semblaient ternes, fatigués. Elle semblait prostrée, abattue. Je me demandai si elle avait des regrets… Peut-être…

Je remarquai que l’un des policiers qui la surveillaient était celui qui avait assisté à ma première thérapie avec Valence.

Nous n’eûmes pas à attendre longtemps. Le juge entra dans la salle très rapidement. C’était une femme d’âge moyen, les cheveux grisonnants et le visage un peu vieilli. Sa longue toge noire lui donnait un air solonnel, mais elle inspirait confiance dans son attitude et sa manière de se mouvoir.

Elle prit place et inspecta rapidement ses dossiers.

-Sulayaa Henquu… Vous êtes accusée de 3 tentatives de meurtre, d’agressions armées, ainsi que d’agressions sexuelles graves.

La juge regarda la jeune fille, qui ne broncha pas. Puis, elle lança un regard et s’adressa à moi.

-Flavien Bouchard, vous êtes la victime principale. Je vais vous demander de raconter votre version des faits.

C’était le moment que je redoutais. Raconter mon calvaire, la souffrance que j’avais endurée, tout ça devant des inconnus. Je savais qu’il fallait que je le fasse, mais… C’était dur. Tellement dur. J’avais la gorge sèche, et je n’osais pas regarder Sulayaa, qui ne se tenait qu’à quelques mètres de moi. J’essayai de formuler une première phrase, et finalement, je réussi à dire quelques mots. Je gardai le regard sur le sol, et doucement, je me mis à raconter, encore une fois, ce qui m’était arrivé. Je parlai de son arrivée, de mon mauvais pressentiment, de ma première visite sur son vaisseau… Là je dus m’arrêter quelques secondes, afin de ne pas craquer… Tout le monde attendit, patiemment. Puis, je repris. Je racontai le retour sur le vaisseau, la deuxième rencontre avec Sulayaa, le souper, enfin tout ce qui était arrivé depuis qu’elle était montée à bord pour la première fois.

Lorsque j’eus fini, je regardai la juge, qui me fixait toujours. Elle gardait un masque sans émotions, mais dans ses yeux, je voyais que mon témoignage l’avait profondément touchée. Elle se retourna après quelques secondes, et prit la parole à nouveau.

-Sulayaa, est-il vrai que vous avez utilisé une arme pour neutraliser Flavien?

-Oui, Répondit la jeune fille simplement, vidée de toute émotion.

-Est-il vrai que vous l’avez drogué puis violé?

Je tressaillis à ce mot, mais j’écoutai Sulayaa acquiescer froidement.

-Est-il vrai que vous avez utilisé du chantage afin de le faire taire?

-Oui

-Avez vous oui ou non répété ces gestes à bord du Romano Fafard?

-Oui

-Est-il vrai que vous l’avez pris en otage et que vous l’avez menacé à l’aide d’un couteau?

-Oui

-Avez vous oui ou non tenté d’assassiner la jeune fille, Pétrolia Stanislavski, absente en raison de ses blessures?

-Oui

-Avez vous oui ou non tenté d’assassiner ce jeune homme, Flavien Bouchard?

-Oui

-Comment plaidez-vous à toutes ces accusations?

Sulayaa ne bougea pas d’un muscle. Elle semblait être consciente du fait qu’elle ne pouvait pas nier les accusations. Elle était complètement dénudée de toute émotion lorsqu’elle répondit :

-Coupable.

La juge consulta son dossiers quelques instants, puis reprit.

-Avec votre témoignage et en vertu des pouvoirs qui me son conférés, je vous condamne à une peine de 20 ans d’emprisonnement sans possibilité de remise en liberté, ainsi que des consultations obligatoires avec un psychologue, en surplus avec celles que vous avez déjà reçues, et ce, jusqu’à ce que votre état soit jugé stable. Aussi, lorsque vous serai remise en liberté, vous serez sous la surveillance d’un service de probation et vous aurez l’interdiction formelle de tout contact avec la victime.

La juge rangea ses papiers et se mit debout.

-La séance est levée.

Je regardai le Capitaine. C’était tout? Il n’y avait rien d’autre?

Le Capitaine haussa les épaules.

-Ils sont drôlement plus efficaces que sur Terre! Me dit-il avec un sourire.

Il s’approcha de moi et m’empoigna l’épaule chaleureusement.

-Vous avez bien fait ça Flavien, j’suis vraiment fier de vous.

Je souris, gêné.

-Merci Capitaine.

Je regardai les gardes qui emmenaient Sulayaa hors de la pièce. Et soudain, il y eut quelque chose qui fit un déclic en moi.

-Capitaine?

-Hmm?

-J’voudrais parler à Sulayaa.

Le Capitaine me dévisagea soudainement.

-Quoi?? Mais pourquoi?

Je ne savais pas très bien moi même, mais quelque chose me disait qu’il fallait que je la revoie. Il fallait que je lui parle. Je voulais savoir, je voulais lui dire. Tellement de choses qui se bousculaient dans ma tête. Et si je ne la revoyais pas maintenant, alors ce ne serait jamais plus possible. Nous allions partir, et elle, resterait ici, enfermée, loin de moi pour toujours.

-S’il vous plait Capitaine…c’est… c’est important.

Le Capitaine considéra ma demande un instant.

-Êtes-vous sûr que c’est ce que vous voulez?

J’hochai la tête. Je voulais lui parler.

-Oui, j’en suis sûr, Dis-je avec affirmation.

Il me regarda encore un instant, puis hocha la tête à son tour.

-D’accord, allons voir… Mais je reste avec vous. Je ne suis pas prêt de vous laissez seul avec elle à nouveau.

Je souris à l’affection protectrice que me vouait le Capitaine. Avec lui, je n’aurais pas peur. Nous nous dirigeâmes vers la sortie, où les deux gardes nous attendaient.

À Suivre…
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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Sam 21 Oct à 13:58

LA SUITEEEE!!! Very Happy

Chapitre 24

“If I could just see you, everything would be alright
If I see you this darkness will turn to light”
Storm, Lifehouse


On nous avait accordé cinq minutes. Cinq petites minutes pour parler à Sulayaa et je ne savais même pas encore ce que j’allais dire. Mais ça m’importait peu. Je devais la revoir avant de repartir, ne serait-ce que pour trouver le courage une seule fois de me trouver en sa présence et de ne pas trembler.

On nous mena à une toute petite cellule au bout d’un couloir. Le garde déverrouilla la cellule à l’aide de sa carte magnétique et de l’empreinte de sa main. Sulayaa était assise par terre au fond de la cellule. Elle semblait perdue, le regard vide.

-Je serai derrière la porte, Nous dit l’agent.

Il se retourna et regarda Sulayaa froidement.

-N’essayez *rien*.

J’entrai le premier, suivi du Capitaine. La porte se referma derrière nous et le Capitaine s’y adossa, m’observant silencieusement.

J’avançai lentement, sous le regard égaré de Sulayaa. Je la regardai un instant, puis je m’accroupis à son niveau, sur un genou.

Je ne savais pas quoi dire, alors je la dévisageai simplement. Elle avait l’air esseulée, presque misérable. C’était difficile à croire que c’était la même personne qui m’avait fait tant souffrir quelques jours plus tôt.

-Flavien…

C’était sa voix… Presque un murmure. Je ne la reconnus quasiment pas. Elle était imprégnée d’une telle détresse, un tel désarroi. Je me demandai ce qui pouvait bien avoir eu un tel effet sur elle. Je me penchai encore un peu.

-Sulayaa… Je suis venu ici sans trop savoir ce que j’allais dire.

Je passai une main dans mes cheveux. J’étais un peu nerveux de me retrouver en sa présence, mais ça allait mieux que je ne l’avais imaginé.

-J’veux juste te dire que… ben que tu ne m’as pas détruit comme tu pensais le faire. J’ai des amis, des gens qui m’aiment pour me supporter, et je sais que je vais passer à travers cette épreuve. Je sais que tu n’as pas réussi. Autant que tu m’as blessé et humilié, je sais que je vais en sortir la tête haute. Parce que c’est toi Sulayaa, qui est la vraie responsable. J’ai fait des erreurs dans ma vie mais… Ce que tu as fait, c’est toi qui devras le payer, et moi je serai avec les personnes que j’aime le plus au monde. Tu n’as pas gagné, tu ne m’as pas détruit.

Je regardai intensément Sulayaa, qui fixait le plancher. Il n’y eut aucun bruit pour un long moment.

-J’en suis heureuse.

Je tendis l’oreille. Avais-je bien entendu? Sulayaa en était…heureuse??

-Mais… comment?

Sulayaa leva son regard pour rencontrer le mien. Il était si mélancolique que je le reconnus à peine.

-J’ai suivi plusieurs thérapie depuis que je suis arrivée ici. J’ai fini par comprendre que la vengeance ne m’apporterait rien et que… ce n’était pas vraiment de ta faute… ce qui m’est arrivé. Ma thérapeute dit que j’ai développé une deuxième personnalité lorsque j’étais en captivité… Pour ne pas ressentir ce que je subissais… C’est comme voir ce qu’on fait à travers une vitre, mais ne pas pouvoir intervenir. Une partie de moi voulait tellement se venger que… l’autre partie n’a pas pu l’empêcher.

Elle frissonna et entoura son corps des ses bras fragiles.

-J’ai honte, tellement honte de ce que j’ai fait. Je suis aussi pire que ceux qui m’ont tenue prisonnière.

Elle semblait réellement sincère, et surtout, terriblement désolée. Elle paraissait déchirée à l’intérieur par la réalisation de ses gestes. Des larmes argentées perlaient le bord de ses yeux. Elle renifla et tourna la tête comme pour tenter de se cacher.

En temps normal, si j’avais vu quelqu’un dans cet état, j’aurais tenté de trouver des mots réconfortants, donner une étreinte chaleureuse. Mais je n’arrivais même pas à l’approcher. Les souvenirs de son toucher et de ses mots blessants me revenaient constamment en tête, parfois seulement dans mon inconscient, mais ils étaient là, toujours.

-Je sais qu’il n’y a rien de ce que je puisse dire qui va effacer mes gestes mais… J’espérais qu’un jour… tu trouves la force de me pardonner.

J’étais bouche bée. Je restai muet pendant un moment. Je n’arrivais pas à croire ce que j’entendais. Je ne comprenais pas comment il y avait pu y avoir un changement si soudain de sa personnalité… ou bien l’était-ce vraiment? Était-ce plutôt cette personnalité qu’elle avait toujours eu et qu’il n’y avait eu qu’un moment de folie, un délire passager dans lequel j’avais été la victime? Je ne savais plus quoi penser. Elle était sincère, pourtant comment pouvait-elle être la même personne?

-Sulayaa… Est-ce que tu… me hais toujours?

Elle plongea son regard d’émeraude dans le mien.

-Oui…et non. Je te hais, mais ce n’est qu’une projection de ma haine sur ceux qui m’ont mutilée. Dans le fond, je sais que ce n’est pas de ta faute. Je sais que mon esprit est malade… C’est pour ça que j’ai plaidé coupable. J’ai besoin d’aide. Et je ne veux plus jamais faire de mal à personne.

Elle baissa les yeux.

-Ici au moins, je ne pourrai pas commettre de folies. Et ma psychologue va m’aider.

J’hochai doucement la tête. Elle allait pouvoir recevoir l’aide dont elle avait besoin. Ça me rendait un peu plus à l’aise. Et pour une fois, je commençais à avoir moins peur. L’angoisse qui me saisissait le cœur commençait lentement à relâcher son emprise.

-Des fois, Continua-t-elle, J’ai envie de mourir. Quand je repense à ce que j’ai fait, quand je me revois en train de te faire du mal, j’ai envie de ne plus exister. Et j’ai peur. Parce qu’au fond de moi, il y a encore cette petite voix qui me dit d’aller te détruire… et je ne sais pas comment la faire taire!

Elle mis sa tête entre ses mains et se mit à pleurer doucement.

Je m’approchai et je murmurai.

-Je vais guérir Sulayaa. Et un jour, je suis sûr que je trouverai en moi le moyen de te pardonner. Tout ce que je te demande, c’est de ne jamais plus commettre ces gestes, sur personne. Si tu peux au moins me promettre ça, ce sera déjà un grand pas d’accompli.

Elle me lança un petit regard timide, et acquiesça.

-Je te le promets.

Je fis un signe de tête en signe d’approbation, puis je me levai et j’allai rejoindre le Capitaine, qui me sourit fièrement en m’accompagnant hors de la cellule.

Tout était fini.

Nous rentions chez nous, sur le vaisseau.


“Do you wonder why you hate?
Are you still too weak to survive your mistakes?
You poor sweet innocent thing
Dry your eyes and testify
You know you live to break me- don't deny
Sweet sacrifice”
-Sweet Sacrifice, Evanescence


À suivre... Épilogue!!
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MessageSujet: Re: (FT) The Tigers Come at Night [R]   Ven 17 Nov à 19:49

Bon, j'ai fait des EDIT parce que j'ai changé certains chapitres, surtout au début. Il y a quelques bouts de plus, et j'ai pas mal tout corrigé Very Happy Alors on va dire que c'est la version finale!! Very Happy Very Happy Very Happy

Wiiiii ca fait bizarre d'avoir fini cette fic! Laughing

J'ai aussi fait l'épilogue, mais ca s'peut que jrevienne l'éditer un madné, parce que j'sais pas mais... j'ai de la misère avec les fins lol! Mais bon, je vais la poster. :rolleyes:

Aussi, si yen a qui veulent la version Word toute déjà prête à lire, je l'ai mise sur mon blog Wink

Alors sans plus attendre...

TADAAAAAAAAA!!!!


Épilogue


“One day I'm gonna forget your name
and one sweet day, you're gonna drown in my lost pain”
-Sweet Sacrifice, Evanescence

Deux mois sont passés depuis notre départ de la station orbitale d’Antarès. Deux mois de thérapies, de pleurs, de délires, de douleur, de honte… Mais aussi deux mois de délivrance, d’amitiés, de premiers sourires, d’amour. Au début, tout m’était insupportable, même respirer devenait difficile. Puis, la douleur s’est estompée. Peu à peu la peur s’est dissipée, les chaînes sont tombées, les ombres se sont dispersées. La lumière revient, je vois plus clair. Je vois tout cela sous un jour nouveau.

J’ai fait un rêve. J’étais sur une planète dont je ne connaissais pas le nom. Une étrange poussière tourbillonnait autours de moi. Des ombres derrière moi, spectres silencieux, ils n’osent plus s’approcher. Ces fantômes ivres tournoient autour de moi, diaphanes, faméliques dans leur folle ronde, et se maquillent d’un visage familier. Mais je les regarde sans broncher. Je ne me mêle plus à leur jeu, j’ai fini de danser avec eux.

Je lève les yeux et je vois Pétrolia, debout devant moi, miroitante. C’est un ange aux ailes de verre, enveloppée d’azalées étincelantes. Elle sourit, et les ombres semblent me quitter, effrayées par la lumière soudaine. Mon corps frissonne, imperceptiblement, mais elle s’approche de moi et me réchauffe dans une étreinte de douceur immaculée. Mon regard se voile, demi discernant, demi esquissant, craignant de la perdre. Mais elle est là, elle restera avec moi, toujours.

Puis, les illusions volent en éclat, les chimères s'estompent. Je me suis réveillé enlacé au corps de ma belle Pétrolia qui dormait contre moi. Le nez contre le creux de son cou, j’inspirai d’aise. Je n’avais plus peur.

Le temps n'efface rien, mais la douleur s'amenuise. Aujourd’hui, je ne sens plus le besoin de pleurer. Je suis devenu plus fort. Je n’ai plus besoin d’oublier, je ne veux pas oublier. J’ai souffert, mais j’ai reçu tant d’amour. J’ai fini par accepter, même en l’absence de réponses.

Je l’aime. Elle m’entoure, elle me serres tout prêt et ne me laisse jamais m’éloigner. Elle respire doucement, profondément, son parfum s'imprime irrémédiablement dans ma mémoire... Elle est l’ange de mon rêve, elle veille sur moi, me protège tendrement et tout en douceur, et sans faire de bruit, dissipe le brouillard, chasse le doute et fait naître un amour toujours nouveau.

Doucement, elle se réveille et nos yeux se croisent. Elle sourit à travers la brume du sommeil. J’appuis mon front contre le sien, et nous restons ainsi un moment, nos corps enlacés et notre regard perdu dans celui de l’autre. Puis elle murmure :

-Mon ange…

Je souris.

Elle m’embrasse doucement, et je me sens transporté. La sensation à la fois d'éternité et d'instantanéité qui laisse en suspens dans le temps.

La douce plénitude de la sérénité, la chaleur d'un futur dont je ne voulais plus, elle me les avait ramenées. Elle avait été ma lueur dans la plus noire de mes nuits, le seul fil qui m’avait raccroché à la vie.
On dit souvent que les plus belles histoires d’amour commencent parce que c’était elle, parce que c’était lui… Puis tout bascule. Le destin est froissé, déchiré, noirci et souillé. Mais nous, nous étions éternels. Nous avions appris à refaire surface, à reprendre goût à la vie, à la beauté, à la blancheur de l'innocence et de l'insouciance.

Grâce à elle, grâce à tout l’amour et le support de l’équipage, ma famille, je me sens libre, libre d’être, d’aimer, de vivre. Je me sens en sécurité, je me sens aimé.

Nous avons toute la vie devant nous et elle semble magnifique.


“For the wretched of the earth
There is a flame that never dies.
Even the darkest night will end
And the sun will rise.”
-Finale, Les Miserables
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