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 [FT] Au-delà de mon contrôle (R) (de M@rie)

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M@rie
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MessageSujet: Re: [FT] Au-delà de mon contrôle (R) (de M@rie)   Ven 30 Sep à 19:41

12. Spleen

C’était certain que personne ne peut savoir l’effet que ce faire dire qu’on faire être assassiné dans les minutes ou les heures qui vont suivre.

Elle-même ne savait pas comment réagir parfaitement, Pétrolia n’était pas étonnée de le savoir après tout qu’elle avait pu entendre et ça la tourmentait d’apprendre ça aussi bêtement.

Et comme c’était le désordre dans sa tête, elle* eut toute de suite le réflexe de penser à…

-Qu’est qui est arrivé à Flavien ? S’exclama t-elle, paniquée. Est qu’il va bien ? Est qu’il est…

Inutilement, elle tenta se lever même en ignorant l’endroit où il se trouvait toutefois Salvianna la retenue par le bras en essayant de la rassurer, chose plus facile à dire qu’à faire :

-Calme-toi ! Yé correct, juste un peu amoché, mais yé correct…

-Debord, j’peux tu le voir ? Parce s’il fallait qu’il…

-C’est pas une très bonne idée, vraiment pas très bonne, mais (elle se tourna vers Sergai qui consentit faiblement) c’est beau, on va te conduire vers lui. Ajouta t-elle en la laissant finalement sa liberté.



POV BRAD


-Non, rien, Coupai-je catégoriquement, consterné, en fixant l’appareil. Les radars internes ont rien détectés.

-Sont quand pas morts eux aussi ! Sanglota Valence, s’accrocha à sa canne et au bras du capitaine pour éviter de tomber. Ça se peut pas ! C’est pas possible!

-C’est tout près d’être vrai, ils répondent pas, on sait pas ou ils sont rendus. Rajouta Charles. J’ai jamais vu ça et c’est vraiment pas normal, j’vous dis !

Silence de peur. Silence de possible perte. Silence pour avoir mal ensemble.

Il fallut que je rompe, je ne voulais plus penser à ce qu’il avait pu bien lui arriver, si elle était décédée ou en train de souffrir le martyr.

-Qu’est qu’on fait ?

-On explore le système solaire Gestorven*, c’est tout ce qu’on peux faire.



Ils traversaient donc une bonne partie de la maison à l’allure plutôt délabrée, négligée pour descendre à qui semblait servir d’entrée d’un sous-sol qui disait rien qui ait.

-Attends ici une minute, ç’sera pas long, Avertit son père avant de disparaître de ladite cave.

-Je suis pas sûre que c’est bon signe, ça, Fit Pétrolia, tout perturbée. J’aime pas ça. Pas du tout ça… oh non…

-C’est beau, comme je te dis qu’il est en vie, t’as juste à te prépare à un choc, c’est tout. Dit la gamine à coté d’elle.

Elles patientaient très peu sous le cadre de porte poussiéreux pour son retour, en moins de quelques minutes. Il réapparu et la première chose qu’il prononça ce fut :

-Vas-y, Pétrolia, nous ont vas rester ici.

Lorsqu’elle se retrouva, après avoir descendu l’étroit escalier, au milieu d’un minuscule corridor mal éclairé, crasseux, avec une unique porte lourdement métallique, qui s’ouvrit avec un grincement irritant, cette impression de peur se métamorphosa en une peur de la mort alarmante s’empara d’elle.

Amoché… mais amoché comment ?!

Et elle entra dans le cachot.

Dans le seul raie de lumière, il était affaissé par-terre, trop apathique pour se relever, et lorsqu’il tournait la tête, une leur d’espoir éclairant ses yeux, elle crut ne pas le reconnaître, dans son état lamentable dans lequel celui-ci se trouvait, il ne ressemblait vraiment pas à la dernière image qu’elle avait eue de lui.

Son uniforme était déchiré, sale et plein de sang séché, son visage exsangue était une plaie totale, sa lèvre était fendue, nombreuses zébrures qui sillonnaient ses bras. Il n’allait pas très bien mentalement, aussi, c’était certain.

Comparée à Flavien, elle était presque en bon état physique avec seulement de hémoglobine sur son t-shirt.

Elle se précipita vers lui, l’attrapant par les épaules pour le serrer en marmonnant :

-Oh Flav, t’es vivant, oh j’m’exuse, si tu savais comme je suis désolée ! Oh…

-Ça va, c’est moi l’épais, pas toi, Dit-il, la voix cassé. J’aurais pas dû, pis je voulais pas te faire ça ni à personne.

-C’est pas ta faute, Coupa t-elle, énervée. Ni la mienne.

-On en parle pu, ok ?!

-Ouais, j’veux pas que tu meures, Flav, j’t’aime bien, tu sais…

-Je ne veux pas que tu meures, aussi… et on va pas le faire, c’est pas vrai.

Et au moment où il allait amorcer le geste timide de poser sa main sur son ventre, elle la repoussa en murmurant :

-Non, je comprends ce que tu ressens, mais pas là. T’as pas à t’inquiéter, j’t’en veux pas.

Le silence lourd s’installa entre les deux, et comme d’habitude elle a fallu qu’elle le rompre de façon sombre. Un grand bruit se fit entendre à se moment, à répétions, plus loin, suivit d’un cri. Celui de son père.

-Dis, qu’est qui t’es arrivé ? Dit Pétrolia en enfouissant son visage dans les cheveux de Flavien, comme pour se rassurer qu’il était bien vivant, qu’elle aussi, que son père n’était pas...

Avant que le pauvre ne puisse répondre, cette voix flûtée et froide en provenance de la porte s’éleva.



Je savais que c’était déjà perdu, dès la première planète qui s’avéra complètement désertée. Je n’allais plus la revoir. Tout ce que je voulais savoir s’était pourquoi je ne pourrais pas.

Dans ma tête, elle n’avait pas le droit d’être morte sans raison.



-Tu veux qu’il te donne une démonstration ou tu veux que je te la donne ?

Il s’était enfin pointer, en train de les observer les bras croisés, un sourire mauvais accroché aux lèvres, comme ravi de les voir aussi pitoyables.

Ça la rendait malade de voir comme il pouvait trouver ça marrant de l’avoir manipulé pendant des mois, d’avoir utiliser son corps et son esprit à sa guise, d’avoir usé de son contrôle comme il l’entendait. De faire souffrir en plus de ça des innocents comme Flavien.

Salvianna arriva alors derrière lui, toute essoufflée, en s’adressa aussi froidement à son égard :

-T’arrête de faire tes conneries, t’a plus à l’embarquer dans ça… Laisse-moi t’aider, Ajouta-elle.

Presque insulté d’être déranger pendant qu’il savourait sa victoire à la veille d’être accomplie mais il se tourna, scrutant chaque partie de son visage impassible pour savoir si elle disait vrai.

La jeune adolescente resta droite, sans bouger d’un millimètre, le regard qui fixait une poignée de vide. Convaincante.

-Pourquoi pas, sale connasse ?! Dit-il, laissant échapper un petit rire amusé, comme s’il avait tout de suite détecté son authenticité.

Voilà, c’était la fin, ils n’avaient plus aucune chance si elle était pour les trahir…

-Fais tes preuves et endort l’autre. J’ai pas besoin de lui, pour l’instant, je vais m’occuper du cas Pétrooolia….

Cette dernière phrase, il l’accompagna d’un sourire, en se retourna vers elle, qui ravagea mortellement tout l’espoir qui lui restait de s’en sortir indemne.

La petite arriva près des deux qui les sépara d’une facilité même, Flavien n’avait même plus la force et la rousse était trop stupéfaite pour faire quoi que ce soit. Et dès qu’elle l’attrapa par les épaules, il n’était plus qu’un corps ballotant et inconscient, pour qu’enfin elle le repose par terre, en la fixant sans émotion.

Vladimir s’approcha donc où Pétrolia était accroupie, terrifiée et se pencha à sa hauteur.

Mais elle se savait rien d’où elle se trouvait pour demander du secours, elle se retrouver sans protection efficace maintenant et elle était en plein cauchemar, trop seule.

Tout ce trouvait à faire se fut, machinalement, et chose inutile à faire, de reculer.

-Oh non, ne t’en fais pas, Pétroolia, je ne te ferais pas la joie de te tuer, pas toute de suite, ça sera beaucoup trop facile. Non, on va attendre.

Pour la première fois dans la réalité, son toucher frigorifié s’appliqua sur sa chair afin de la pousser, brutalement contre le sol répugnant de saleté, la retenant plaquée avec puissance.

Et elle touchait le fond de la bassesse, en tachait, perdu d’avance, de retenir son dégoût, lorsque la jeune fille sombra dans une transe additionnée d’un flash et d’un claquement de doigt, sans vouloir savoir ce qui se passait à l’extérieur de sa future dépouille. Dont on commençait déjà à prendre de l’avance dans le processus.

Comme si elle en était déjà à putréfaction.



Il pleuvait à flot* quand il l’avait rencontré.

Elle s’était même montrée adorable envers lui, même n’avait rien vu en lui que tout que les autres voyaient. Mais elle n’était pas comme les autres pour lui.



Tout ce qu’elle savait avec insistance, c’était qu’elle était flouée de toute part. Escroquée de quelque chose de plus grand que toute sa peine. Ça transperçait sa tête à la vitesse d’une horrible idée sauf prise dans un étau. La peur s’installa en elle


Il pleuvait torrentueusement chaque fois qu’il lui avait exprimé ses sentiments envers elle de diverses manières.

Elle s’était seulement mise dans un embarras amoureux de cette façon. Toujours la négation, à toutes ces tentatives. Qu’un simple et bête ami qu’il devait rester.


Le reste de son corps pareillement criait douleur, véritable mortification, tout ce qui se passait, c’était cela.

Ne ressentant plus que la froideur à en brûler* qui composaient avec toute la haine qui sortait sur sa peau, dans une symbiose irréprochable.

Elle allait vraiment mourir. C’était certain.


Il pleuvait des clous quand il avait décidé de déclancher les salutations définitives. Il l’avait croisé, avait même hésité à l’aborder.

Elle s’était avancée vers lui, comme s’il aura besoin d’une quelconque pitié, de la manière la plus banale pour quelqu’un qui déprimait ;

-Ça va, Vlad ?

-Si on veut…



Autant subir tout ce sang, tout ces éraflement qui s’enflaient, ces déchirures de peau, ces coups, elle préférait qu’il puisse tomber dans la facilité. Elle ne pouvait endurer, inutile de résister. C’était infernal.

Pourquoi ne la laissait-elle pas mourir à la place ?

Souffrance, tristesse, frustration, haine, tout se fusionnait, rien de clair pour son cerveau. Elle avait que mal.


Il pleuvait, on ne distinguait pas les larmes qui se faufilaient sur son visage. Mais elle les remarqua, il s’empressa de les essuyer.

-T’es sûr qu’il n’a pas quelque chose ? Tu sais que tu peux en parler.

-Tu sais qu’t’j’aime, soucie-toi pas de moi, c’est beau, j’suis correct.

Elle s’était contentée de rester là, stupéfaite, pendant qu’il avait aussitôt disparu rapidement de son champ de vision. On était le 15 mai* de cette année-là et il pleuvait de l’eau comme du sang, existence ennuagée pleine de grisaille définitive…
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M@rie
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MessageSujet: Re: [FT] Au-delà de mon contrôle (R) (de M@rie)   Ven 30 Sep à 19:41

Pétrolia reprenait lucidité avec la réalité hors que ses yeux, par affaiblissement sans doute, se fermaient à moitié. Ils ne voulaient pas voir comme il se plaisait à la supprimer petit à petit.

Verser tant de sang, couler tant de larmes. Lui aussi, il l’avait fait. N’empêchait pas que c’était un barbare de première classe. C’était à elle de souffrir, et même irresponsable, et elle en avait peur. Mais il fallait qu’elle résiste le plus longtemps qu’elle le pourrait, incapable ou pas. Elle l’avait promis.

Un détour pour dire qu’encore écrasé contre elle, en lui murmurant avec un arrière goût d’amertume :

-Tu sais même pas ça qu’est que ça fait de se faire repousser continuellement, juste une pute comme ta mère...

Le souvenir cuisant de l’étreinte gluante avec Bob lui revenait, lui qui avait pendant des années l’avait aimé sans l’être en retour.

-Vous êtes ignoble de dire ça ! Parvenit-elle à dire, la voix sinistre. Je… je suis pas comme ça !

-T’es qu’une enfant d’chienne… c’est plutôt toi qui est ignoble ! T’auras même pas dû voir le jour, faudra que tu le saches pour de bon…

Elle n’osa pas dire quoi de ce alors qu’il, presque pour savourer du spectacle, il s’adressa à Salvianna qui était de plus en plus bizarre depuis tout à l’heure :

-À toi l’honneur.

Mais, l’adolescente ne manifesta aucune émotion d’allégresse sordide, contrairement à lui. Il finit par la laisser libre, mais elle resta contre le sol avec ce sentiment, contre sa pensée, de se sentir défaillir.

De se sentir totalement dépendante de son emprise, même si elle allait être malade à y penser

À comprendre qu’il avait plus de fuite possible, à rester là à respirer avec peine, inutilement, alors qu’elle n’avait plus d’autre option possible que de se résigner et de crever.

Qu’est qu’elle attendait ?

Elle n’allait certainement pas mourir d’elle-même.

Rien ne se passa. Comme si tout s’était figé. Pas une parole échangée. Pas un geste qui fendit l’air. Pas un bruit de trop. Un quasi silence.

La voix de celle-ci résonnait l’espace d’un moment, dans sa tête.

-J’essaye de pas agir, tu sais, mais j’y arrive pu. Tu pourrais tout arrêter mais… t’en es pas en état… c’est trop dangereux de l’faire…

Devant elle, Et Salvianna avait l’air de plus en plus distante, avec les sens qui lui tournaient apparemment, les mâchoires serrées.

Voilà ce qu’elle avait l’air pendant tout ces blancs, impuissante, irréfléchie sur la façon d’agir. Dominée. C’était donc tout ce que elle n’avait jamais vu pendant tout ce temps.

Les mots indistincts, ’’vas-y, plus rien à faire’’, ne firent que bouger ses lèvres. Elle ne lui restait qu’à encaisser, pas pressée du tout, la collision fatale avec la mort.

En attendant, la seule chose qui l’obsédait c’était cette idée de pour cesser ce calvaire.

Le contrôle de soi-même en était une si vulnérable, si péjorative en ayant de malheur de tomber en détention d’un malhonnête. Avait-elle vraiment la possibilité de le regagner ?

La main de l’adolescente empoigna la sienne, avec claquas. La suave chaleur avait disparue, remplacée pour l’éternelle froideur qui lui montait à la tête. Emprisonna son cerveau dans un bloc de glace de douleur. Un mal de trempes agressant, atroce.

Pense-vite, ma vieille, allez…

Il n’avait plus que l’engourdissement lourd et total. Le pire avait déjà pris de l’avance, brouillement de soucis, son crâne vidé de toutes émotions. Et le triomphe de tout le contraire de ce qu’elle avait été qui se diffusait dans ses veines.

Traversa alors cette pensée de son cerveau enneigé : l’opposé. Mais à l’autre pôle, il y avait…

Par un mystère insoupçonné, Pétrolia réussit à se détacher de sa la main envoûtante et se redressa rapidement. Malgré l’être logé dans son ventre qui tambourinait sur mécontentement. Malgré que Salvianna tomba raide inconsciente sur le sol et qu’elle se retrouvait face à face avec lui.

Elle avança, en concentrant le peu de courage qui lui restait sur ces mots :

-Ma mère a eu tort. Elle vous a fait du mal pour rien !

-POUR RIEN ? Qu’est qu’tu racontes encore, salope ?

-Vous ne l’avez pas aimé. Vous n’auriez pas pu de toute façon, trop misogyne pour ça.

Provocation choc qui entraîna la fuite le long de son corps, qui faisait de son mieux pour retenir l’animosité qui gonflait dedans ce dernier. Il aurait pu tout faire, tout lui faire subir mais à la place, il avait choisi sa méthode bien à lui pour atteindre le supplice de la victime.

Une de ses mains s’était faufilée délicatement dans ses cheveux, l’autre se frayait un chemin le long de ses côtes. Geste qui en abondait, seulement camouflé par de la douceur.

-C’est faux… si je ne les aurai pas aimé tu penses pas, Pétrooolia, que je me serai déjà débarrassé de toi ?...

-Mais… mais vous avez tué ma mère !

-Oublie Odile, elle est morte maintenant. Tu vis, tu lui ressemble tellement… c’est TOI ma cible…

Sa cible, pour mieux la détruire, oui. Juste pour être à égalité, de lui rendre la monnaie de sa pièce.

Elle l’a vit à ce raisonnement, se trouvait stupide de ne pas l’avoir remarqué plus tôt.

C’était un gigantesque travail de déchirure de vertèbres, de rupture d’artères. Une blessure ouverte béante comme si elle venait à peine d’être faite.

L’illumination se déclancha ; mais oui, le pouvoir de s’en sortir tout seule. En exécutant l’opposé de ce qu’elle vivait. Que c’en en devenait trop simple.



-L’état de possession est seulement évitable quand on est à un certain point heureux, tu comprends? Expliqua plus clairement la jeune fille, la respiration bruyante. Et comme la tristesse ou tout ce qui se rattache à ça est vraiment vulnérable, j’ai pensé que il valait mieux ne pas aggraver les choses en lui donnant le pouvoir de le faire. Et ça parce que tu voudrais…
-Voir ma fille avant ma mort, Compléta Pétrolia, dans un murmure.




Elle lui souffla donc d’un ton convaincant de lâcheté :

-Vous avez raison, je vais me laisser faire.

Ce geste équivalait peut-être à la répugnance complète qu’elle pouvait contenir qui devrait sortir. Se séparer de ce qui faisait maugréer toute la bile de son intestin, en posant ses lèvres avec frayeur sur son visage transi. Prenant bien soin de retarder le moment de s’approcher de la cicatrice, de le couvrir de baisers.

Il n’était pas imbécile. Il comprenait très bien ce qui se passait, qu’elle reprenait le dessus. Fallait bien l’empêcher une deuxième défaite, l’arrêter, mais il s’affaiblissait de beaucoup plus elle s’éternisait. Il n’avait même plus aucun motif pour manipuler son cerveau qui recommençait à guérir. L’évidence, c’est qu’il était complètement pris à son propre jeu.

Point final, comme au ralenti, elle quitta sa mandibule pour aller loger ses lèvres sur la plaie avec vélocité. Elle sentait qu’il était sur la limite de tout de s’éclipser à jamais.

Et finalement, quelques secondes avant de le voir disparaître, elle s’éloigna pour marmonner :

-Vous avez vraiment fait ça pour rien.


-Abandon des recherches. Tout le monde retourne au téléfax immédiatement. Exécution !

L’ordre communiqué du capitaine trancha comme un couperet.

Jamais plus, jamais savoir la vérité sur leurs morts. Le cœur sur le point d’exploser de tristesse, j’essuyai les larmes qui menaçaient de couler en vain, devant la machine.
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MessageSujet: Re: [FT] Au-delà de mon contrôle (R) (de M@rie)   Ven 30 Sep à 19:43

Comme les deux étaient encore inconscient et refusaient de se réveiller, Pétrolia sortit du cachot en courant, gravit les marches quatre à quatre pour enfin se retrouver devant un autre spectacle sordide.

Il l'avait blessé pour l'atteindre.

Elle s’agenouilla près du corps aussi inanimé de Sergai, blafard avec un immense bleu qui recouvrait sa joue. Un objet contondant qui avait glissé quelques mètres plus loin.

Elle secouait son épaule, serra de son autre main son bras gauche, en espérant qu’il lui soit rien arriver de grave.

-Papa… papa… Dit-elle, nerveuse. Réveille-toi… allez, s’il te plait…

Il finit après un moment à obéir à ces paroles débiter avec incohérence pour revenir à lui. Il se redressa en se prenant la tête entre les mains et dit :

-Pétrolia ? Tu es correcte ?!

-C’est fini. J’ai réussie… il est partit pour de bon… je veux m’en aller ici…

Il la serra contre lui, un moment, la sentant tremblante et sonnée.

-Bravo. T’as sûrement été formidable !!...

Et il rajouta, apeuré :

-Attends où sont Salvia et Flavien ?!

Elle eut un faible sourire de rassurement :

-Vont bien, sont en bas, j’ai pas pu les réveiller.

Après un instant de réflexion difficile, elle demanda :

-Est-ce que ça serait possible d’appeler le Romano, en leurs donnant les coordonnées de Némésis, ils pourraient venir nous chercher et ils pourraient s’éveiller en sécurité ?! Ils seraient ravis de vous accueillir comme ils ont fait avec moi.

- Oui, tout a fait possible. Tu as toujours des idées brillantes comme ça ? Rajouta Sergai, sous le rougissement intensif du visage de la jeune fille.



Tout espoir était maintenant chose du passé. Le moral de l’équipage avait été bas toute la soirée.

Jusqu’à temps que Valence entra dans le dortoir, surexcitée. Je me lèverai de mon lit, le visage mouillé, rageant contre toute cette joie alors que j’avais strictement de me laisser tout seul afin de m’apitoyer sur mon sort.

-Quoi ? Pourquoi t’es venu me cracher du bonheur en pleine face ?

-C’est merveilleux ! Ils sont en vie !! S’exclama la rousse.

-Tu me niaise là, j’espère parce-que ça pas vrai, on a tout aban…

-NON ! Tu comprends pas ! On vient de recevoir un signal d’eux ! On sait ou ils sont !

Et effectivement, 30 minutes plus tard, je la revois, en pleurs, entourée de flavien et de deux inconnus, pour le moment, en lui sautant dans les bras :

-Fais moi plus jamais ça !!


Fin de POV


Quelles semaines plus tard, elle passa sa main sur son front brûlant de fièvre, échappant un soupir exaspéré, une intarissable douleur à son dos courbaturé. Une horrible quinte la prit qui lui rompait pratiquement la colonne vertébrale à force de tousser aussi fort.

Ça n’allait vraiment pas mieux.

De l’autre, Pétrolia, mal fichu, s’agrippa à un des barreaux de l’échelle*, paniquée, étourdie, dans un haut-le-cœur qui était assurément causé par la seule et unique seule ingurgitée d’une prise depuis des heures et des heures : une demi-douzaine de pilules.

Ça ne lui faisait aucun bien de rester comme ça.

Et en elle, c’était bien pire. Plus elle restait dans cette situation, plus elle développait une trouille monstre, plus son corruptible bonheur arrêtait de la sécuriser. Elle tentait inefficacement de pas trop y penser, se réconforter un peu.

Mais tout lui revenait constamment à l’esprit…

Son apparence négligée, le fait de rester couché à longueur de journée depuis ces derniers jours, l’équipage qui semblait faire beaucoup plus attention à elle qu’il y a trois mois et demi, mais surtout sentir cette petite vie bougé en elle, la sentir vivre, avoir toutes ses crampes liées, les coups contre la paroi de son ventre.

Cet être presque à terme.

Ça lui foutait les jetons quand au contraire ça aurait au moins dû la rendre joyeuse.

Justement…

Pétrolia laissa sortir une exclamation plaintive étranglée, en s’étouffant pratiquement par cette toux qui se stoppa à son grand soulagement, se tenant l’abdomen de la main gauche alors que la contracture la pris pendant une bonne vingtaine de seconde. Sauf qu’elle était inhabituelle, accentuée, 15 fois plus intolérable.

Crispée, elle jeta un œil, de loin, sur sa montre.

En l’espace de 25 minutes, c’était la deuxième et la plus douloureuse contraction qui se produisait. Ça finit enfin par s’apaiser mais cela lui faisait aussi mal d’avoir cette pensée en tête que de le ressentir véritablement.

Incapable de rester plus longtemps dans cette dramatisation qu’ils lui imposaient, d’être clouée ainsi au lit encore une seule seconde, callée contre cette montagne d’oreillers qui ne lui fournissait, à présent, aucun confort, elle se releva laborieusement à l’aide de l’échelle devenue aussi branlante et instable qu’elle.

Mais s’ils avaient raison d’en faire trop?

Allons, Pensa t’elle, avec un semblant d’encouragement, gonflée à bloc. Ce n’est pas se dégourdir un peu les jambes qui va nuire…

Après une piètre tentative échouée de s’étirer, elle traversa la pièce, pieds nus, toujours en pyjama – aucune utilité de s’habiller s’il fallait être un peu à l’aise -, jusqu’aux lavabos, trébuchant maintes fois.

Un bruit d’un débit d’eau se fit entendre. Il passa sa main au-dessus du robinet pour remouiller son rasoir, les cheveux humides qui ballottait au dessus de sa tête.

Il lui porta attention. Alors que dans le miroir*, son regarda croisa et s’éternisa sur le sien, s’intéressant à celui-ci, le reflet de Brad demanda, en remarquant la blancheur de son visage.

-Ça va ?

-Ouais… Enfin, j’crois, Dit son image, incertaine. Seulement que j’en peux plus de jeûner le matin, ça me lève le cœur…

-Je sais que c’est assez désagréable mais c’est impératif dans ton cas, t’as pas le choix.
T’as envie de vomir ? Demanda t-il, alors.

D’un air modeste, elle l’arrêta immédiatement, réprimandant cette nausée de rester dans son corps :

-Non, non, c’est beau. Ça va passer. Juste que rester couché, j’le supportais plus.

-Tu sais que tu as l’air encore plus grosse qu’à l’habitude? Plaisanta t-il, moqueur, en montrant le ventre de la parfaite reproduction d’elle-même.

-Oh, arrête, là…

Ça se voyait autant qu’elle en avait peur?

Il se retourna quelques secondes, grave comme tout et lui dit, rassurant :

-Tu vas voir, t’en as plus pour longtemps.

-C’est justement ça que je ne supporte pas! Brad, j’ai l’impression qu’je…

La lame tranchante pénétra légèrement, à ce moment-là, accroché de dos par son crâne, d’une manière ardente, la fendant rudement. Il lâcha, avec un sursaut frémissant, le rasoir devenu vermeille qui retomba dans le lavabo avec une sonorité métallique. Il se retourna, perplexe de savoir quoi faire.

Pétrolia était ainsi pliée en deux de souffrance, gémissante, reculant de quelques pas machinalement, refusant de se faire aider même en ayant besoin.

La contraction utérine insoutenable qui ne finissant pas la finit réaliser que en fait, ça n’allait vraiment pas bien. Puis l’inévitable se produit.

Une odeur qu’elle ne put reconnaître lui montait au nez. Mais elle s’en inquiétait. Et s’il comprenait?

-Pétrolia?!

Oh, non… non, vraiment pas.

Elle se recula, tourmentée, se tordant de douleur, replaçant son regard sur le miroir, que sur la glace. Ne voulant pas endurer, en ayant en horreur, ce qu’elle voyait. L’écœurement total qui augmentait.

Ça ne pouvait pas être elle. Ce n’était pas celle qu’elle voyait.

Immense supercherie, erreur, faux pas…

Les yeux vides et cernés injectés de sang, décoiffée, pâle comme un drap, énorme comme il lui avait fait remarquer, au bout du rouleau.

-Pétrolia, réponds moi!

Rien ne sortait de sa bouche…

Deux grosses boules d’haine en elle éclatait, une goba sa voix, une autre logée aisément dans son œsophage, refusant de se délogée, bloquant la bile qui insistait pour sortir.

Le mal incessant qui pressait sur elle lui fit réaliser.

Elle ne le pourrait pas. Elle ne le pourrait jamais. Elle n’était pas bonne pour ça. Elle ne valait rien dans ce domaine. Elle était juste un zéro de toute façon.

Ça allait que se finir comme ça avait commencé. Elle ne faisait que s’abaisser à un niveau où elle avait toujours été. Elle cédait et ne le voulait même plus.

Pourquoi n’avait-elle pas vu plutôt qu’elle n’avait pas ce qu’il fallait? Qu’elle s’était accroché à ça quand elle n’était qu’une….

-Conne!... J’suis juste une conne! s’écria t-elle d’une voix tremblante, sursaturée de rage envers soi, cet estime reconstruit démoli. Laisse-moi tranquille!...C’est pas vrai, pas vrai!...Tu fais exprès! T’es qu’un hypocrite!… Tu fais juste ça pour me remonter!... j’ai pas le droit être ici, moi! Ajouta t-elle dans un sanglot brouillé par des lamentations. J’sais même pas pourquoi j’reste!... T’AS PAS BESOIB D’MOI !! ET J’NE MÉRITE MÊME PAS CE FOUTU BÉBÉ!

Dans un geste futile, désespéré, sans sens, elle s’avança le temps d’attraper le rasoir.

Tout avoir, tout perdre. Pas dans un état, elle n’arriverait pas jusqu’au bout, fallait qu’elle le fasse avant que le reste l’achève à petit feu.

Lui tournant ainsi le dos, elle avança le plus loin qu’elle pu, douloureusement, laissant de coté le fait qu’elle n’arrivait pas.

Oubliant qu’elle appuya l’objet contre le coté trachée artère, perdant son stress, sans rien ressentir, même la douleur. En s’effondrant sur le sol.

Elle pouvait n’importe quand, n’importe quand lever le bras et se léser, se trancher la gorge, et faire couler du sang, trop de sang. Échappatoire de ce chagrin inépuisable, de ces blessures trop graves, trop profondes pour se refermer.

N’importe quand, aussitôt qu’elle en avait assez, son choix. Trop mal dans sa peau, mal partout. En finir une fois pour toutes.

La voix derrière elle se fit enfin remarquer, imposante, sans être contrôlante, geste réparateur au hasard.

-Premièrement, tu vas te calmer.

Rien à faire… elle ne pouvait pas se calmer. Impossibilité de stopper cette agitation nerveuse. Paquet de nerfs, simplement.

Son corps refusait en quelque sorte les contractions, ils les combattaient, quand elles ne faisaient que de commencer. Sa vue s’était submergée d’eau.

La crainte l’envahit de nouveau, d’une façon différente. Qu’est qu’elle allait faire?

Et le rasoir damnable de la désespérance s’enfonçait insensiblement.

Elle décidait.

Personne ne le savait. Elle-même ne le savait pas.

-Deuxièmement, Continua la voix de Brad. Tu vas arrêter de jouer à la forcenée qui en a contre l’univers tout entier pis tu vas lâcher ce maudit rasoir!

Elle en fit carrément le contraire, une tâche lourde qu’étais de respirer normalement à présent sous la pression qu’elle exerçait sur le conduit cartilagineux. Mais c’était sans importance. Elle s’en moquait éperdument.

-FOUS-MOI LA PAIX!! LAISSE-MOI J’T’AI DIS!

Aucune réponse à son intervention cuisante, il ajouta, imperturbable :

-Et troisièmement, tu vas me dire ce qui ce passe. Compris?

-Qu’est qui te prends à faire ça, han!?! S’exclama Pétrolia furieusement, brandissant la lame sous son cou. Tu sais très bien que J’EN VAUX PAS LA PEINE!... Va t-en! Va t-en!...Je suis rien pour TOI!

Il se pencha et la saisit par les épaules, la retournant vers lui, en lui optant subtilement le rasoir des mains, l’envoyant promener à l’autre bout de la pièce. Elle poussa une exclamation, camouflée dans un sanglot, de mécontentement. Essayant de la raisonner, contre lui.

-Dis-moi ce qui t’arrive pis ça va aller… Hey, ça va aller…

Et ça sortit d’elle d’un coup, elle déborda :

-J’suis minable!... J’vais être une mère tellement minable!...J’sens trop que j’vais pas y arriver!...J’sais pas quoi faire, comment faire!...J’ai eu tort, j’aurais pas du l’avoir!... ’aurais du me faire avorter dès le départ!... Pis là, j’ai encore faire une gaffe! J’condamne sadiquement cet enfant-là à une existence pitoyable!... J’mérite juste de mourir, Brad!... J’veux mourir ! …

Pétrolia était prise d’une vague tumultueuse de tristesse, de mélancolie, s’accrochant à lui, oubliant aussitôt qu’elle avait souhaité être seule.

-Mais non, …, Dit d’un apaisant, la regardant dans les yeux, la tête tournée vers elle, s’efforçant de la faire sourire. C’était pas la plus belle gaffe que t’aurais pu faire? La vie t’a peut-être donné un signe, tu ne crois pas?

Encore craintive, elle chuchota :

-J’… j’pense que j’ai perdu les eaux. J’veux pas… j’suis pas prête… j’aime pas ça… J’suis pas à la hauteur… j’ai pas les qualifications requises pour…

- Tu vas être formidable, je t’assure! C’est juste normal de douter un peu, ça va passer, tu vas voir. Mais tu te rends compte? Renchérit-il, en caressant son ventre. Tu vas donner la vie! Alors, finit-il, le plus sérieusement qu’il pu. Tu vas me faire le plaisir d’y arriver!

C’était insensé. Tout simplement.

-Brad…, Fit-elle, un peu tracassée par cela.

-Fais-moi confiance. Dit celui-ci, doucement. Tu peux y arriver, Pétrolia.

Rien que le son de sa voix, de se sentir d’aimer, lui fit reprendre.

-C’est d’accord, promis, Décida enfin celle-ci.
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M@rie
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MessageSujet: Re: [FT] Au-delà de mon contrôle (R) (de M@rie)   Ven 30 Sep à 19:44

-Ça va bien, t’es bonne…

-Le col est complètement dilaté depuis quelques minutes, y’en reste pas long.

Entendant son propre cri poussé à tue-tête résonner à ses oreilles, tenant le plus fortement possible la main glissante de moiteur de Flavien, elle souffrait le martyre, au bord du supplice, au bord de l’évanouissement.

À trois reprises dans cette interminable minute, elle eut l’impression que l’intérieur de son corps se déchirait en morceaux que tout ses os du dos se rompaient. Brad fit une incision la dernière fois, en tentant de la réconforter, une vraie besogne à vrai dire.

-C’est normal, tout à fait normal, Rassura Brad devant son expression geignarde de terreur. Il faut qu’il bascule la tête pour sortir complètement de l’utérus. Tu comprends? Il doit suivre tes contractions pour mieux avancer. C’est beau, tout va très bien aller.

Et est-ce que c’était normal que le respiratoire artificiel ne semblait plus l’aider quand elle avait de plus en plus de misère? Est-ce que c’était normal de se sentir incapable de rester à demi assise pas plus d’une seconde d’affilée?

-O.k, Reprit-il, À mon signal, tu vas pousser un peu plus fort que tu l’faisait, on va essayer d’accélérer les choses. Flavien, tu places pour la tenir, elle ne peut pas vraiment rester droite, tout seule.

Elle ferma les yeux, anxieuse du pire.

-GO ! J’te le dirai quand tu pourras arrêté.

Puis, au prix d’un effort visiblement colossal, elle le fit, en serrant les dents. Se croyant trop maladroite pour le faire normalement. Son corps essayait de se redresser voulant toujours retomber contre le matelas.

-Pousse, pousse, c’est ça, pousse…

C’était la sensation la plus étrange et la plus pénible en même temps qu’elle ait jamais connue. La plus relative. Faire avancer une chose aussi lourde et minuscule en même temps était surprenant. Un vide s’exerçait dans le haut quand toute son énergie était comprimée vers le bas. Énergie qui semblait rare en elle. Elle avait tellement mal et ça grandissait depuis tout à l’heure.

-Stop. R’garde, tu forces trop ta respiration, elle est trop laborieuse, inspire en commençant et tu expires à la fin. Si tu veux crier, cries, sens toi à l’aise, il y a pas de honte mais tu en reprends un. Allez, recommence.

Elle criait de douleur, oui…. À s’époumoner.

Et celui-ci s’éleva d’une voix éraillée. Son corps ballottait, flægottait, même retenu par
Flavien.

-AAAAAHH!! J’pourrais pas… non…. s’il te pl… AAAAHHH!... non… accélère paaas les choses…

-Non, c’est correct, tu vas l’avoir, Encouragea la voix de Flavien derrière elle. Concentre-toi à me faire mal, oublie l’autre. Fais-moi mal.

Sa main se crispa donc sur celle de Flavien.

C’était la première fois, curieusement, qu’il lui demandait une telle chose, qu’elle atténue sa détresse sur lui.

Mais elle n’oubliait pas celle aigue qui lui déchirait le bas du ventre.

-Encore. Je vois sa tête. C’est ça, tu fais bien ça…

Le même train-train infernal se répéta pendant une bonne dizaine de minute, elle semblait si exténuée, si engourdie par la douleur qu’elle ne savait résister plus longtemps.


Et tout lui tombait sur la tête, ses problèmes, ses souffrances, le masque nasal lui glissait sur le visage, les courroies devenues trop desserrées.

Incapable de l’atteindre, Flavien lui remit et dis doucement en lui remettant à l’arrière des mèches cheveux trempées de sueur:

-C’est bientôt fini. Je suis fier de toi, t’es tellement courageuse.

Mais elle ne sut quoi dire pour lui répondre. Elle se contenta de se forcer à lui sourire de son habituel air troublé et morose.

Même avec le masque, elle se sentait affectée par le manque d’oxygène, gémissante.

Le gouffre en elle la tentait, voulait l’emporter. Comme d’habitude.

Cette fois, il s’était mis à lui parler, d’une manière sordide, un éclat de manigances qui brillait dans le noir :

’’Allez, viens dans mes profondeurs, tu y serais bien, je te jure. Viens me rejoindre. Tu vois bien qu’en hauteur, tu n’as que des tourments?! ’’ Disait-il manipulateur.

Elle l’écoutait en buvant chacune de ses paroles, encerclée de cette nébulosité d’ébène.

C’est vraiment mieux là-bas?! Pourquoi je n’y vais pas? Qu’est qui m’empêche de sauter par-dessus le garde-fou?

-J’vais mourir, j’vais mourir…, Pleurnicha t-elle, dans le physique, en étouffant. J’arrive pas…

-Ssshh…, Apaisa Brad. Ça va, c’est bien fini…. il est presque sorti. Un dernier effort, un tout petit, Pétrolia, pis c’est terminé…

-Non… j’veux plus… ça m’tente pas… aaaaaaarrrgghhhh!!

La plus terrible des contractions jusqu'à présent la saisit, elle la reçu comme une gifle, en grinçant des dents. Elle comprit alors qu’elle ne devait pas obéir à ce paumé de gouffre, à l’apogée de ce qu’elle pouvait endurer.

Il faut pas mourir tout de suite, il faut pas. Mon enfant va pas me tuer… il va pas…

Ses problèmes devaient sortir, comme ce bambin, le plus rapidement possible. Cette pensée lui donna du courage. Sinon, il allaient lui empoissonnés l’existence. Lui faire replonger dans le ravin.

Ces obstacles causés par ce petit devaient quitter sa personne. Pour enfin devenir joie et bonheur.

-C’est normal que ça semble bleuté? Commenta lointainement, sans qu’elle entende, Flavien, étonné.

-Que ça… En fait non….j’pense qu’elle fait une grosse hémorragie.

Pas mourir, pas mourir… pas tout de suite… ça presse pas, hein?

Elle expulsa enfin sa tête, le reste suivit sans difficulté. Elle eut juste le temps d’apercevoir un surplus de rouge à l’autre bout avant la cécité passagère.

Elle s’effondra contre les oreillers, crevée et suffocante. Murmurant d’une voix faible, peine à parler, quand t-elle entendit, après quelques secondes, dans ses oreilles bourdonnantes un grandi cri de joie suivit de pleurs vagissants :

-Mon bébé… Mon bébé… Est-ce que c’est mon bébé?

Sauf qu’elle ne perçut pas la réponse qu’on lui donna en retour.
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M@rie
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MessageSujet: Re: [FT] Au-delà de mon contrôle (R) (de M@rie)   Ven 30 Sep à 19:45

Épilogue


Elle s’évapora, partie, au-dessus de tout, déconnectée et frivole, elle avait atteint le point de rupture. Elle se sentait petite fille innocente qui ne s’en faisait pour rien, éternelle, définitive.

La souffrance qui avait diminué de véhémence était toujours là mais elle rendait son corps plus léger, plus analgésique. Ça faisait pourtant tellement mal, son abdomen durci de douleurs diffuses. Pesant. Une suave acmé berçait son être, elle plongeait, brisée, dans sa perte se donnant entièrement.

Elle eu une bouffée de chaleur, tressaillant, elle voulu quitter ce paradis terrestre. Ne plus recevoir le superficiel chuintement du vent qui claquait sur sa figure en feu, ne plus voir ce qui s’offrait à elle, par delà l’horizon. Et pendant un instant, elle crut ne plus exister, de ne plus être insufflée. Elle entendait pourtant le boucan sonore, que l’appareil faisait pour la ventilée, en sourdine.

Revenir à elle. Revenir à cette aventure désagréable qu’elle voulait autant quitter.

-Pétrolia! Pétrolia!!

-H… hein?! Qu… oi …!?

D’où venait-elle ? Elle était ailleurs que dans ce paysage sans limites? Qu’est qui lui arrivait à cet endroit?

-Tu es en train de tout loupé !

Elle s’écrasa, sur l’herbe, avant de comprendre. Elle ne se reconnaissait plus.



Elle réouvrit les yeux avec une facilité imprévue, emplis de gris et d’ambre, couleurs vaporeuses se transformaient en plafond et néons éblouissants après quelques secondes d’incertitudes, au même rythme que des cillements lourds. Son cerveau la délaissait, se balançait de ce qui pourrait bien lui arriver. Il en avait sa claque.

Elle tourna sa tête vers la provenance de la remarque, souriant bêtement à Brad, elle repris alors un peu de poil de la bête en le voyant près de lui, qui ne l’avait pas laissée s’échappée complètement.

-Eh, bien, félicitations ! dit-il indulgent et un peu intimidé devant son expression déconfite.

Il semblait avoir un gros décalage entre ce qu’elle se souvenait et ce qu’il racontait, elle était tellement mal dans sa peau, mal physiquement, ensevelie de cet ennui de vivre que ça l’empêchait de devenir complètement folle. Juste par ça occupait une bonne partie de ses pensées. Tout autour était que désolation et ruines, toutes issues barricadées confondues.

-C’est comme s’il aurait quelque chose qui me pèse dessus pour m’écraser. Commenta t-elle, à ce moment, le plus normalement du monde.

Brad s’approcha tout près d’elle, attendri par cette remarque passablement imbécile :

-Il y a vraiment quelque chose, regarde donc.

Elle suivit son conseil et elle ravala ses gouttes que constituaient toutes ses vagues à l’âme pour remplacée d’autres de joie. Sûrement… en fait, ça lui importunait peu.

Renversée, Pétrolia vit…

... Un petit être rosi et désarmant de tendresse, tout propre et habillé, enveloppé dans une couverture grise, gesticulant en tous sens sur elle, finissant par se calmer quand elle finit par le prendre, incertaine de son authenticité. Le croyant toujours logée dans son intérieur. Elle ne se rappelait pas d’avoir fini d’accoucher.

Ce nourrisson tout minuscule, collé contre son thorax brûlant d’essoufflement, fragile avec sa touffe rousse de cheveux fins au sommet de son crâne qui ouvrit ses petits yeux bleutés comme s’il savait qu’on le regardait.

-Tu es l’heureuse maman d’une magnifique p’tite fille en parfaite santé. Elle pèse 5 livres 8 et elle est débarquée ici en nouvelle occupante de Romano Fafard, il y a 10 minutes, à 23 heures 28.

-Ça se peut pas, j’pourrais pas… les gars, c’t’un rêve... dites-moi pas que c’est une plaisanterie, par exemple !

Ne croyant pas à son bonheur, elle effleura délicatement le pansement que la nouvelle née avait au bras droit.

-Et je l’ai vacciné au BCG, faut juste espérer maintenant.

-La seule chose qu’on sait pas et que moi et Brad, on se demande, c’est comment elle s’appelle, Demanda Flavien, en lui souriant, partagant ce sentiment inavoué d’extase avec la jeune femme.

-Exactement. Alors, ce nom?

Sans réfléchir plus longtemps, sans hésitation, avec ces larmes qui coulèrent sur le trajet de son visage qui s’affluaient, elle la prénomma, avec difficulté :

-Stella… Elle se prénomme Stella…



À un certain moment de cette nuit, il vint s’installer à coté d’elle, alors qu’elle récupérait durement, sur la couchette, fixant tout deux la structure du lit d’en haut, enlacés, inséparables. La même scène répétée des dizaines de fois, si on pouvait en croire sa mémoire.

Brad comprit son état comateux, qui prenait plaisir se perdre dans l’air de la pièce, et susurrant d’une voix désarmante d’anxiété trop bien camouflée :

-Qu’est que tu as l’intention de faire, maintenant?

-’Sais pas. Toi, t’as une idée? Répondit-elle, d’une voix caverneuse, distante.

-Ce ne plus à moi de voir, maintenant. Écoute, je…

Il fouilla dans sa poche de pantalon pour trouver quelque chose et porta sa main à sa bouche comme pour retenir un bâillement, d’une façon saisissante.

-J’voulais que tu saches, que je suis réellement désolé, j’ai arrêter l’hémorragie quand je savais quelle genre de scène que tu m’as faite à matin, j’pensais qu’à te sauver, pas à ce que tu voulais, à ce que je voulais faire pour toi.

Surprise, sans avoir pu le temps d’analyser ce qu’il venait de dire, elle se retrouva à prendre sa place dans le réel, à se blottir contre lui de toutes ses forces, à l’embrasser à prendre haleine. À fuir son proéminent dégoût d’existence bousillé au prix du bonheur inaltérable, totalement exaltant, qu’elle avait inépuisablement près de lui. Même avec cette étrange pilule au goût inconnu et répugnait qui développait dans sa bouche, de plus en plus fortement, une sensation de volupté, son cœur faisant ses efforts surhumains, compris.

Il prit donc la chance qui se présentait, celle qu’il n’avait jamais osé saisir, et murmura avec un brin de peur dans la voix :

-J’voulais que tu saches, que j’t’ai t’adoré comme tu l’as fait pour moi, Fleur du mal. Mais tu savais que ce n’était pas pour vrai, toute cette putain de vie. Tu le savais ça. Moi aussi. Pis c’est à jamais, qu’on s’étaient dis, pour qu’on arrête de souffrir en même temps. Tu t’en rappelles, amour?!

Toujours l’un contre l’un, comme pour la première fois, lorsque la carence en contrôle les avait marqués. Comme la vie était laide, seul ou ensemble, elle était la même. Ils n’avaient fait que de la contourner.

Et quelques secondes plus tard, elle ne s’en faisait plus pour respirer. Lui non plus d’ailleurs.


FIN. FIN. FIN. FIN. FIN…. Pour là… Razz


*Pas de rapport mais… AVOUEZ QUE JE ME SUIS PAS FORCÉE POUR REMPLACÉE LES ’’ELLE’’ !!
*Mort en hollandais.
*Bien sûr, il pleuvait quand j’ai écrit ça !!!!! Subtile la fille, quand même !
*Oui, oui, vous avez bien lu ! Pensez à azote liquide, par exemple, c’est tellement froid au contact que ça brûle.
*Je crois que je l’avais pas marquée la dernière fois mais j’ai pris le 15 mai, parce que le 15 mai 2000, ce fut les funérailles de Dédé Fortin (Je ne compte plus le nombre de fois ou je peux écouter leurs albums en écrivant !!). Je voulais une date qui ait du sens. Minuscule hommage pour le premier groupe au lequel j’ai été autant fana.
*En fait, elle est de l’autre coté mais bon…. ON S’EN FICHE!
*Là aussi, on se fiche de savoir que c’est un petit miroir, parce-que c’est du vide derrière.
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