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 [FT] Distorsions (PG-13)

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Ja_aveccheveux
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MessageSujet: [FT] Distorsions (PG-13)   Mar 13 Sep à 0:11

De retour! Very Happy

Titre : Distorsions
Genre : Drame, songfic pour changer Wink
Disclamer : L’univers de Galaxie appartient à Claude Legault et Pierre-Yves Bernard…Et la chanson, Remember When It Rained appartient à Josh Groban
Spoilers du film : nah, ca s’passe avant
Auteur : La magnifique Ja_aveccheveux Razz
Rating : PG-13 (j’vous avertis, le 1er chapitre est assez…cru)


Distorsions

Wash away the thoughts inside
That keep my mind away from you.
No more love and no more pride
And thoughts are all I have to do.


Il y avait des heures maintenant qu’avait eu lieu la bataille de la cité de Zaheva. L’immense cité était maintenant en ruine et les bruits d’explosions et de cris angoissés avaient fait place à un silence lourd et sinistre. Seuls de gros nuages orageux menaçaient de briser le calme placide régnant dans les rues désertées de toute vie. Sur les trottoirs gisaient quelques corps inanimés, oubliés par ceux qui avaient fuit la confrontation. Parmi eux se trouvait un jeune homme étranger à toute cette folie belliqueuse de la guerre, étranger même à cette planète.

Couchés sur le ciment brisé, Flavien regardait passivement le ciel pourpre se mouvoir au-dessus de lui. Il savait qu’il se mourrait. Sa blessure au-dessous du sternum était très profonde, et s’il ne recevait pas d’aide immédiatement, il ne s’en sortirait pas. Il était probablement même déjà trop tard. Il n’avait plus personne qui pouvait l’aider maintenant. Personne qui s’en souciait. L’équipage était probablement déjà loin, ils avaient bien sûr une mission à finir.

Flavien se souvenait des événements qui l’avaient laissé seul sur cette planète agonisante. Sur la planète Meilia, le Capitaine et lui étaient descendus à la surface et avaient vite constaté l’état désastreux dans lequel se trouvait la planète. Tout était en ruines, et même les arbres semblaient avoir subi des dommages. Il y avait peu de gens dehors, on aurait dit une ville fantôme. Les vitres étaient barricadées et il régnait un esprit de terreur partout où ils passaient. Des débris jonchaient le sol sablonneux et l’air était saturé de poussière.

-Remontons à bord, avait dit Charles après un moment, Il n’y a rien ici pour nous.

À peine eut-il fini sa phrase qu’une explosion les propulsa sur le sol, couverts de débris.

-Que se passe-t-il, S’était écrié Flavien en se relevant rapidement

-La ville est attaquée!!! Répondit Charles, Vite, le téléfax!

Les deux hommes se mirent à courir alors que les explosions devenaient de plus en plus nombreuses. On entendait des cris et des pleurs partout. Les gens couraient dans les rues afin de se mettre à l’abri le plus rapidement possible. Charles vit un obus exploser à deux pas d’une vieille femme. Il se força à ne pas regarder, sachant ce qu’il allait voir. Il continuait de courir le plus vite possible.

Flavien changea soudainement de trajectoire et Charles vit à raison de ce changement. Il avait vu un enfant qui pleurait seul. Il semblait terrifié et personne ne lui portait attention. Charles allait pour aider Flavien, mais soudainement, une énorme explosion le jeta par terre.

Lorsqu’il se relava, il vit un énorme nuage de poussière où s’étaient trouvé son second officier et l’enfant.

-Flavien? Flavien???

Charles s’approcha rapidement et vit son second écroulé par terre à côté du petit garçon. Un seul coup d’œil à l’enfant et Charles sut qu’il était mort. Flavien lui, ne semblait pas trop amoché, mais lorsqu’il s’approcha, Charles vit un énorme morceau de métal planté sous son sternum.

-Flavien!

Il s’agenouilla près de son second et celui ci le regarda faiblement.

-Partez Capitaine, Murmura-t-il, Vous allez vous faire tuer.

-J’vous laisserai pas ici!

Le jeune homme eut soudain un spasme, puis son corps s’affaissa et il ne bougea plus. Charles vérifia frénétiquement son pouls, mais n’en trouva aucun. Il ne respirait plus! Des larmes se mirent à rouler sur ses joues. Il se releva péniblement et jetant un dernier regard sur son second, il courut vers le téléfax en essayant de ne pas fléchir sous le chagrin qui le ravageait.

C’était ainsi que Flavien s’était retrouvé là, seul sur cette planète déchirée. Cela avait été dur de feindre la mort, mais il savait qu’ils ne seraient jamais arrivés au téléfax en vie tous les deux. Le Capitaine aurait du le porter et ils seraient morts avant d’atteindre le téléfax. Il avait réussi à rendre son pouls très faible comme lorsqu’il avait découvert qu’il le pouvait il y avait quelques semaines. Il ne l’arrêtait pas complètement bien sûr, mais ça avait été suffisant pour leurrer le Capitaine.

Maintenant qu’il savait que son supérieur était sauf, Flavien savait qu’il ne lui restait plus qu’à attendre sa dernière heure. Des larmes roulaient sur ses joues, se mêlant au sang et à la terre. Il ne voulait pas mourir bien sûr, mais quelle autre option avait-il? Il sentait le métal froid dans sa chair à chaque fois qu’il respirait, et cela lui faisait un mal atroce. Pourtant, il l’ignorait, pensant à ce qu’aurait pu être sa vie. Sa chère Pétrolia serait brisée en apprenant sa perte. Il aurait tant voulu des enfants avec elle. Il savait qu’elle était son âme sœur, l’amour de sa vie.

-Pétrolia, murmura-il déchiré.

Ohhhhhh Remember when it rained.
Felt the ground and looked up high
And called your name.
Ohhhhhh Remember when it rained.
In the darkness I remain.


Mais maintenant, tout ce qu’il avait voulu était impossible. Il n’y avait plus rien pour lui. La seule chose qui lui restait était la beauté du ciel mauve devant ses yeux et la pluie qui tombait. Jamais il n’avait réalisé comment la pluie pouvait être belle. Elle scintillait comme des milliers d’étoiles filantes, venant laver ses blessures, caresser son corps meurtri.

Il aurait tellement voulu que Pétrolia soit là avec lui. Mais il ne la reverrait plus jamais. Il ne reverrait jamais son sourire enjoué, ses yeux brillant, ses cheveux soyeux. Des larmes s’ajoutèrent sur ses joues. Il n’avait plus personne. Même le Capitaine qui avait toujours été là dans ses moments difficiles n’était pas près de lui.

Il ne sentait presque plus son corps maintenant, il savait que bientôt, ce serait fini. Il n’avait peut-être pas pu continuer la mission avec les autres, mais au moins, il avait fait ce qu’il avait fait pour sauver le pilier de la mission, le Capitaine.

C’était une drôle de sensation que de se sentir mourir. Il pouvait sentir son âme briller, comme si elle quittait lentement son corps brisé.

Tears of hope run down my skin.
Tears for you that will not dry.
They magnify the one within
And let the outside slowly die.


Étrangement, il se sentait bien. Il faisait clair, chaud...Comme s’il se trouvait dans un endroit magique. Il ne sentait plus son corps. Il n’y avait que la lumière et le confort. Était-il mort? Pourtant, c’était beaucoup plus rassurant qu’il ne l’avait imaginé. Il pouvait encore voir le ciel pourpre à travers la lumière, et laissa une dernière larme rouler sur sa joue.

-Pétrolia…

Ohhhhhh Remember when it rained.
I felt the ground and looked up high
And called your name.
Ohhhhhh Remember when it rained.
In the water I remain
Running down
Running down
Running down
Running down
Running down
Running down
Running down


Dernière édition par le Mer 3 Oct à 23:30, édité 1 fois
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Ja_aveccheveux
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MessageSujet: Re: [FT] Distorsions (PG-13)   Jeu 22 Sep à 23:46

Chapitre 2

Lorsque Charles se releva du téléfax, son regard absent fit questionner les membres d’équipage qui attendaient l’arrivée des deux hommes.

-Charles, Demanda Valence avec appréhension, Qu’est-ce qu’il y a?

-Où est Flavien? S’inquiéta Pétrolia.

À la prononciation de ce nom, Charles ne fit que détourner le regard et s’éloigna lentement, le visage livide et le regard vidé de toute expression.

-Charles??

Valence ne comprenait pas du tout la réaction de son amoureux. Qu’était-il arrivé pour qu’il réagisse de la sorte? Il semblait complètement étranger au monde qui l’entourait, et sortit de la Salle de Commandement de façon machinale, sans aucune explication. La porte se referma sur son passage, laissant l’équipage dans un silence lourd d’incompréhension.

Tous échangèrent un regard inquiet, et Valence prit finalement son rôle de psychologue :

-J’vais aller lui parler…

Elle accourut dans le corridor juste à temps pour voir la porte de la cabine du capitaine se refermer. Elle se dirigea vers celle-ci.

Lorsqu’elle entra dans la pièce, elle trouva Charles assis par terre, adossé contre le lit, las, perdu dans ses pensées.

-Qu’est-ce qu’il y a Charles? Demanda doucement Valence en s’accroupissant à côté de lui, Qu’est-ce qui s’est passé?

Valence redoutait le pire, mais il fallait qu’elle sache pourquoi Charles était dans cet état. Pourtant, il restait muet comme une tombe, fixant un point fictif devant lui.

-Charles, dis-moi ce qui se passe…Tu m’fais peur…

On eut dit que cette dernière phrase fit un déclic dans la tête du Capitaine car celui-ci cligna des yeux et ouvrit la bouche.

-Il est trop tard Valence…trop tard…

-Trop tard pour quoi? Demanda la psychologue, incertaine de vouloir vraiment savoir la réponse.

-Il est mort…mort! Et j’ai rien pu faire…

-Qu…Qui ça? Flavien??

-J’ai rien pu faire, Répéta Charles, affligé.

Sa voix était devenue tremblante, brisée par sa détresse. Les larmes roulaient abondamment sur ses joues, tels deux ruisseaux de diamants sur sa peau satinée.

Valence était estomaquée. Flavien, mort?? Mais c’était impossible! Comment une telle chose avait-elle pu se produire? Elle sentit elle aussi un nœud lui prendre à la gorge et sentit une larme perler sa joue.

-C…comment?

Charles secoua la tête. Ça n’avait plus aucune importance maintenant. Flavien était mort, et rien ne pouvait changer cela. La douleur le déchirait à l’intérieur. Jamais il n’aurait cru avoir si mal, être si déchiré à la perte d’un être cher. Il s’était toujours imaginé ce que quelqu’un pouvait ressentir dans cette situation, il avait pensé le savoir… Comme il avait eu tort! Horriblement tort! Le mal le ravageait, le dévastait comme une tempête sur un rivage sablonneux, laissant seulement le néant, un vide cruel, insupportable.

Valence prit place près de lui, s’adossant elle aussi à la base du lit, et l’attira vers elle. Il accepta son étreinte réconfortante et se blottit contre son épaule, tentant de faire fuir la douleur avec la chaleur et la douceur de ce contact si familier.

***

Tout était sombre, embrouillé. Il y avait une odeur de terre et d’humidité. On entendait le bruit de gouttes d’eau résonner dans un écho lointain. Une main caressait doucement ses cheveux, mais il ne pouvait pas voir qui c’était. Quelqu’un chantait doucement près de lui, d’une voix mélodieuse, enchanteresse.

Lentement, sa vision s’éclaircit un peu et il put distinguer le visage d’une jeune fille penchée au-dessus de lui. Sa peau était d’une pâleur immaculée, comme la neige un matin d’hiver, et ses longs cheveux d’ébène tirés en arrière revenaient inonder ses épaules délicates. Ses vêtements étaient simples, un petit chandail sans manches attaché avec des ficelles autours de la taille et plusieurs étoffes formant la jupe bohême. Ses yeux ressemblaient à des cristaux traversés d’arcs-en-ciel. Un sourire rêveur se peignait sur ses lèvres rosées.

Flavien cligna des yeux plusieurs fois. Était-ce un ange?

Soudain, il fut prit d’une douleur atroce là où le morceau de métal l’avait atteint. Il gémit et son visage se tordit affreusement.

-Shhhhh, Murmura la jeune fille en caressant le côté de son visage, Vous irez mieux demain. Dormez sans crainte.

Il fut enveloppé d’un voile hypnotique comme la brume opalescente à la surface d’un lac au crépuscule et il sombra à nouveau dans un gouffre sans rêves.
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Ja_aveccheveux
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MessageSujet: Re: [FT] Distorsions (PG-13)   Ven 30 Sep à 13:17

Merci tout le monde pour vos bons encouragements Very Happy

Voici la suite!!

Chapitre 3

La nouvelle de la mort de Flavien eut l’effet d’une bombe sur l’équipage. Tout le monde fut atterré par l’événement, même Brad sembla attristé. Lorsque le Capitaine avait fait l’annonce officielle de la mort du second officier, tous furent choqués et ils essuyèrent chacun leur peine à leur manière. Bob alla s’empiffrer pour essayer d’oublier, Serge alla se recharger, Brad s’enfouit sous une montagne de calculs, et Valence et Charles s’enfermèrent tous les deux pour pleurer la mort de leur ami. Pétrolia elle, s’enferma dans la salle des machines et y resta assise pendant des heures sans bouger. Elle fixait un point devant elle mais elle ne pouvait pas pleurer, elle en était incapable.

Dans sa consternation immobile, elle avait mal, tellement mal à l’intérieur. Elle aurait voulu pleurer pour se libérer de cette souffrance qui l’affligeait, mais certaines douleurs sont juste trop grandes pour les larmes. Le chagrin lui faisait une constriction sur le cœur, la torturait. Elle avait l’impression que sa poitrine allait se déchirer. Sa gorge était bloquée, ses côtes élançaient. Elle n’avait jamais imaginé avoir aussi mal, être si affligé pour quelqu’un. Juste la pensée de ne plus jamais revoir Flavien était un supplice atroce.

Elle avait l’impression que le monde autour d’elle s’était écroulé et que bientôt, ce serait elle-même qui s’écroulerait.


***

Flavien ouvrit lentement les yeux, encore endormi par une sensation oppressante, lourde, comme s’il avait été plongé dans un sommeil interminable et qu’il avait encore besoin de se reposer. Il faisait très sombre, presque noir. La seule lumière provenait de petites fentes très haut au plafond qui laissaient filtrer la lueur des deux lunes de la planète. Il semblait être dans une espèce de grotte, ou plutôt, un souterrain abandonné depuis des lustres. Les structures semblaient âgées, la pierre commençait à s’effriter et aux colonnes manquaient quelques morceaux qui leur donnaient un air centenaire.

Flavien ferma les yeux un instant. Il se sentait faible, épuisé. Il ne savait pas comment il était atterri là, mais son esprit ne lui permettait pas de penser plus loin, trop affaibli et confus. Il se laissa bercer par le sommeil qui menaçait bientôt de le ramener avec lui mais la tonalité lointaine des explosions le ramena peu à peu à la réalité.

Il regarda faiblement autour de lui et remarqua la jeune fille, assise près de lui, le bras tendu vers son torse. Sa main délicate était appuyée sur sa poitrine, là où le métal avait pénétré avec le souffle de l’obus. Les yeux clos et la posture bien droite, elle semblait concentrée sur une quelconque tâche. Flavien l’observa.

Ses longs cheveux sombres comme la nuit étaient toujours tirés en arrière et attachés avec d’une mince lanière de cuire. Elle portait les mêmes vêtements couleur de lys rivalisaient avec son teint ivoirien. Les cils qui bordaient ses paupières closes laissaient paraître un contraste frappant sur ses joues légèrement teintées de rose. Elle ressemblait à une divinité féerique issue d’un conte fantastique.

Flavien se dit qu’il n’avait jamais vu de pareille beauté…mais se rectifia rapidement en pensant à sa chère Pétrolia. Pour lui, personne ne dépasserait jamais l’élégance et la finesse de la jeune technicienne. Revoyant son image dans sa tête, une larme s’échappa de ses yeux. La reverrait-il jamais? Quitte à ne jamais la revoir, il préférait mourir maintenant plutôt que de vivre sans elle.

La jeune fille près de lui ouvrit ses yeux cristallins sans toutefois enlever sa main de son torse et plongea son regard tendre dans ses yeux sombres embués de larmes.

-Ne vous inquiétez pas, Dit-elle de sa voix mélodieuse, Vous la reverrez.

Flavien releva la tête brusquement, surpris par cette affirmation.

-C…Comment avez-vous…su ce que je pensais, Répondit-il difficilement.

Il avait sûrement passé plusieurs jours sans parler car sa voix lui semblait rauque même à ses propres oreilles.

La jeune fille sourit seulement. Flavien leva un sourcil.

-Qui…êtes-vous? Demanda-t-il lentement.

-Je me nomme Laëllia. Je suis une Hörinui, ou si vous préférez, une guérisseuse. Je possède le don de soigner les maladies et les blessures, mais surtout, je suis capable de soulager les gens de leur douleur.

-Vous m’avez soigné…Murmura Flavien.

Ses yeux descendirent lentement pour observer le bras de la jeune fille sur sa poitrine, puis il releva la tête.

-Vous soulagez ma douleur? Demanda-t-il en essayent de se redresser sur ses couvertures.

-Ne bougez pas, Répondit doucement Laëllia, Vous allez vous faire du mal. Oui, je soulage votre douleur, je la prends pour moi même.

Flavien fixa sa main à nouveau.

-Vous…voulez dire que vous ressentez ce que je devrais normalement ressentir.

-Oui. Ne vous inquiétez pas, vous êtes presque guéri, ça ne me fait pas tellement mal. Seulement, essayez de ne pas bouger.

Le jeune homme tenta de détendre ses muscles pour lui causer le moins de douleur possible. Il ferme les yeux un instant et inspira profondément.

-Merci, Murmura la jeune Hörinui.

-Merci à vous, Répliqua Flavien, reconnaissant de son aide, Pouvez-vous vraiment ressentir tout ce que je ressens, même mes émotions?

Laëllia secoua lentement la tête, faisant bouger les ombres sur son visage.

-Non…je reçois seulement les échos de vos émotions les plus fortes.

-Comme pour Pétrolia, Murmura le jeune officier.

-La jeune fille pour qui vous éprouvez tant d’amour?

-Oui, Répondit doucement Flavien.

-Ne désespérez pas, vous trouverez sûrement un moyen de la retrouver.

Laëllia glissa sa main sur la tempe du technicien radar qui sentit immédiatement son esprit se calmer comme si le toucher de la jeune fille avait eu un effet hypnotique sur ses angoisses et ses doutes.

À suivre…
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Ja_aveccheveux
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MessageSujet: Re: [FT] Distorsions (PG-13)   Ven 28 Oct à 23:32

Chapitre 4

Les premières lueurs de l’aube s’infiltrèrent par les fissures de la voûte d’ogives, se faufilant au travers la sinuosité de l’architecture ancienne, chassant peu à peu les ombres de leurs refuges. Sur le sol dallé, des traces d’humidité, de la mousse encrée entre les cassures des carrelles témoignait de l’atmosphère humide du souterrain.

Laëllia était toujours assise auprès de Flavien, sa jupe étendue par terre comme une nappe circulaire, recouvrant totalement ses pieds. Elle leva les yeux vers les fissures de la voûte, un jet de lumière inondant son visage, scintillant sur sa peau d’ivoire. Elle ferma les yeux un moment et inspira doucement, comme si elle puisait son énergie dans celle de l’astre du jour.

Flavien l’observa, fasciné par les rites étranges de la jeune Hörinui. Elle semblait prise dans une espèce de prière ou un rituel insolite.

-La lumière du soleil me permet de garder mes pouvoirs de guérisseuse, Dit doucement la jeune fille comme si elle avait lu dans ses pensées, Elle m’est indispensable car après 48h sans soleil, je n’ai plus aucun pouvoir.

Flavien hocha lentement la tête, ne comprenant pas exactement le fonctionnement de ces mystérieuses techniques, mais les acceptant sans questions. Il avait lui-même bénéficié de ceux-ci, car sans les pouvoirs Höninui, il serait sûrement mort à l’heure qu’il était.

Laëllia abaissa la tête, prit une autre inspiration et ouvrit les yeux.

-Vous sentez-vous assez fort pour vous lever? Demanda-elle doucement en reposant son regard sur l’opérateur radar.

Flavien fut surprit par cette question. Il se remettait d’une très récente blessure, mais bizarrement, en y pensant bien, c’était vrai qu’il ne ressentait plus aucune douleur, seulement un désagrément, comme lorsqu’on se fait une ecchymose.

-Je me sens bien…un peu faible, mais bien.

-Je vais vous aider.

Laëllia se mit debout, et passa une longue cape soyeuse sur elle. La pèlerine en question semblait être fait de soie noire, et recouvrait la longue jupe jusqu’au sol. Les longues manches s’élargissaient à partir des coudes et lui recouvraient presque totalement les mains. Laëllia posa le large capuchon sur ses cheveux d’ébène et tendit la main à Flavien, qui l’accepta gracieusement.

Une fois debout, il vacilla légèrement, puis se reprit rapidement et accueillit avec reconnaissance l’appui de la jeune fille. Elle lui posa un grand manteau semblable au sien sur les épaules et lui sourit.

-Ce sera bientôt la saison froide, il ne faudrait pas que vous attrapiez froid.

Flavien la remercia et la suivit hors la grande pièce traversée de puits de lumière. Suivant Laëllia dans un couloir sombre, Flavien aperçut bientôt un long escalier sinueux qui montait vers la surface. Laëllia emprunta les premières marches, sa pèlerine bruissant légèrement derrière elle. Flavien entreprit le même chemin, mais ralentit aussitôt car sa blessure lui causa un vertige soudain. Il s’appuya sur le mur de pierre d’une main et posa la seconde sur son torse. Il prit une grande inspiration et sentit la force lui revenir. Il continua à monter.

La montée était longue et étroite, et dura pendant plusieurs minutes. Les murs rocheux étaient gravés d’écritures anciennes et presque entièrement recouverts de mousse. Au sommet, Flavien vit une trappe d’ou semblait s’infiltrer de la lumière. Laëllia l’ouvrit et un flot éclatant envahit le souterrain et aveugla le jeune homme encore trop habitué à l’obscurité.

Il sortit dehors et sa vue s’éclaircit. Il vit un petit boisé, entouré par les édifices de la ville, mais les arbres étaient morts, les feuilles brûlées et les troncs calcinés. C’était comme si toute vie avait été effacée, même la ville en décombre semblait complètement rasée, rayée de la carte. C'était un amas de béton et de ferraille. Il n’y avait pas un bruit, pas même un murmure. Même le vent s’était tut, comme pour pleurer les morts.

Flavien regarda la jeune Hörinui, comme désarmé devant tant de dévastation. Il avait cru que seuls les humains étaient capables de tant de violence, c’est ce qu’on lui avait dit, répété à maintes reprises, mais comment expliquer pareil spectacle, pareil démonstration de la violence?

-Mon peuple se bat depuis de millénaire, Dit doucement la jeune fille, Nous ne nous souvenons même plus de la raison initiale de cette guerre. Nous nous détruisons petit à petit. Nous étions une civilisation très avancée, capable de maîtriser une connaissance extraordinaire, mais avec le temps, nous avons oublié qui nous étions. Seules les morts comptent maintenant. Venger les disparus, c’est tout ce qui reste aux deux clans comme raison d’exister.

Flavien hocha la tête tristement.

-Mais en vengeant les morts, ne créent-ils pas uniquement d’autres raisons de tuer?

-Oui…venger des fantômes ne nous mène qu’à la haine…

L’opérateur radar regarda autour de lui. Il n’y avait que des couleurs ternes, même le ciel semblait avoir revêtu ses oripeaux funèbres. Bientôt il déverserait ses larmes sur la cité dévastée. Flavien resserra son manteau autours de lui. L’air était très frais, presque glacial.

Laëllia commença à marcher au travers des décombres, se dirigeant vers le cœur de la ville. Flavien la rattrapa et se tint à ses côtés.

-Où allons-nous?

-Je connais un moyen de contacter votre vaisseau…

-Comment savez-vous que je ne viens pas de votre planète?

Flavien se regarda un instant. Il n’avait pas l’air différent des habitants de cette planète.

-Voyons…, Dit-elle avec un léger sourire, On voit tout de suite que vous ne venez pas de ce monde.

Elle écarta doucement son capuchon, puis une des torsades qui nouaient ses cheveux, laissant paraître la pointe fine de son oreille.

À suivre...
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MessageSujet: Re: [FT] Distorsions (PG-13)   Mar 1 Nov à 0:54

Chapitre 5

Charles n’avait plus le cœur à rien. Valence lui avait même fait une tarte aux patates pour lui remonter le moral, mais rien n’y faisait. Il ne pouvait pas oublier le dernier regard de Flavien, ses dernières paroles, son dernier souffle. Il savait qu’ils devaient reprendre la mission, mais maintenant, rien n’était pareil.

Se forçant à se rendre à la Salle de Commandement, il passa par la Salle de Repos où il savait qu’il trouverait Bob, probablement en train de manger pour oublier sa peine.

Lorsque la porte s’ouvrit, Charles entra et alla directement trouver Bob qui mangeait, ou plutôt grignotait sans enthousiasme un pogo sur son lit.

-Bob…

-Capitaine…

Un long silence s’installa. Chacun savait la douleur que l’autre ressentait. Chacun la vivait à sa manière, mais elle n’en était pas moins intense pour autant.

Finalement, Charles brisa le silence :

-Bob, on va…quitter l’orbite de Meilia dans quelques minutes…rejoignez-moi à la Salle de Commandement.

Il se leva pour quitter la pièce.

-Oui Capitaine, Répondit Bob d’une voix lasse.

Le pilote avait eut de la difficulté à accepter la perte de son ami. Flavien avait été pour lui un frère, et le perdre de cette manière…Il aurait préféré prendre sa place s’il avait pu. Mais bien sûr, c’était impossible.

Il se posa son pogo sur son lit et partit pour la Salle de Commandement.

***

Pétrolia était à côté du radar. Être à cet endroit la réconfortait. Elle avait l’impression que Flavien vivait, même si au fond, elle savait la triste vérité. Elle n’arrivait pas à accepter sa mort, à comprendre…Il n’y avait rien à comprendre. La vie était parfois cruelle. Il était étrange comme elle pouvait vous choyer, puis tout emporter en un instant.

Au fond d’elle, Pétrolia gardait toujours une douleur atroce, si intense que l’extérioriser la détruirait sûrement. Comme elle aurait voulu pleurer, se défaire de cette agonie qui la rongeait petit à petit, mais elle en était incapable. Incapable de crier, incapable de gémir, incapable de verser une larme. Et elle s’en voulait. Comment rester de marbre lorsque l’être le plus cher vient de vous être arraché?

Lorsque le Capitaine entra dans la Salle de Commandement, suivit de Bob, elle n’osa même pas les regarder. Le Capitaine prit sa place dans son fauteuil, et Bob au volant. Ils semblaient tous deux abattus.

-Par où est-ce qu’on va Capitaine, Demanda Bob sans entrain.

-Bof…Y a une Galaxie par là-bas…

Pétrolia ne voulut pas assister au départ. Elle quitta la pièce précipitamment. Une fois dans le couloir du secteur C, elle attendit quelques instants. Puis, au son des moteurs qui venaient de s’enclencher à Oméga 3, elle s’adossa brutalement au mur et se laissa glisser par terre. Sa tête s’appuya doucement contre ses genoux, et finalement, un sanglot la prit et elle mordit le bord de sa main pour s’empêcher de crier tant elle avait mal.

***


Enjambant un énorme bloc de béton, Flavien suivait hâtivement Laëllia au travers des décombre de la cité. Ils étaient maintenant au cœur de celle-ci, où il restait encore quelques immeubles encore debout. L’opérateur radar leva les yeux vers le ciel et observa les nuages lourds qui se mouvaient au-dessus d’eux, menaçants.

-Attention où vous marchez, Murmura Laëllia, Nous sommes maintenant à l’endroit le plus dangereux de la ville. Il pourrait y avoir des explosifs dissimulés.

Flavien ne se le fit pas redire deux fois. Il fixait intensément le sol avant de faire chaque pas. Laëllia s’adossa à un mur près d’un édifice et Flavien en fit de même. Le bâtiment en question s’élevait à plusieurs dizaines de mètres et semblait résister encore aux attaques.

-L’ancien centre de communication sub-spatial se trouve à l’intérieur, Chuchota la jeune Hörinui. Il y a longtemps qu’il a été abandonné, les voyages dans l’espace n’étant plus possible avec les dépenses militaires.

Flavien hocha la tête et regarda prudemment à l’intérieur. Tout semblait désert. Il n’y avait pas le moindre son, pas le moindre mouvement. Il questionna Laëllia du regard et elle lui fit signe d’entrer. Ils pénétrèrent le bâtiment à pas feutrés, ne voulant pas risquer d’être repérés.

Laëllia lui indiqua du doigt une gigantesque machine qui faisait un mur entier. Flavien s’en approcha et fit glisser ses doigts sur les écritures insolites. Comment comprendre le fonctionnement de cet émetteur? Il pianota sur les touches bizarroïdes des claviers et soudain, tout se fit clair dans sa tête. Il venait de comprendre le fonctionnement de cette machine et appuya sur quelques touches, comme s’il avait toujours su s’en servir. Sûrement ses connaissances en communications lui permettaient de comprendre les engins de ce genre sans les avoir étudié. Il se rendit compte qu’il manquait quelque chose. Il chercha les claviers du regard, et trouva ce qu’il cherchait. Il appuya sur une touche, puis approcha le micro de sa bouche.

-Flavien appelle le Romano Fafard…Flavien appelle le Romano Fafard…M’entendez-vous? Je suis sur Meilia, dans la cité de Zehava…Capitaine, je ne suis pas mort…Capitaine…

Mais il n’entendit qu’un crépitement d’interférences. Flavien baissa le micro et regarda Laëllia tristement.

-Ils doivent déjà être partis…Ils doivent être loin maintenant, hors de portée.

La jeune femme posa une main sur son bras pour lui apporter son soutient. Flavien baissa la tête. Il ne reverrait plus jamais le Romano Fafard…plus jamais le Capitaine, Bob…Pétrolia… Son cœur était en miettes. Tout le monde qu’il aimait, sa seule famille, était loin et il ne les reverrait plus jamais. Il était pris sur cette planète qui se détruisait elle-même, seul et sans but. Et Pétrolia…sa chère Pétrolia, son amour, sa vie…il ne la reverrait plus…

Laëllia sentit la douleur qui traversait Flavien et tenta de lui apporter un peu de réconfort. Flavien accepta volontiers l’étreinte qui lui était offerte. Il ne la connaissait pas depuis longtemps, mais elle était maintenant sa seule amie, sa seule bouée dans ce monde cruel où il était atterri.

-Je…leur souhaite de trouver ce qu’ils cherchent, Murmura Flavien, déchiré.

-Rien n’est encore impossible, Rassura la jeune fille.

Flavien pesa le poids de ces paroles. Il était vrai qu’il pouvait toujours croiser des E.T qui pourraient l’embarquer. Il y avait sûrement un moyen. Il se promit d’essayer.

Après quelques instants, le 6e sens du second officier se mit en alerte. Quelque chose clochait. Il regarda Laëllia avec un regard inquiet, puis examina les environs.

-Allons-nous en…Je sens un danger…

Comme ils allaient partir, ils entendirent une détonation et une partie du pilier à côté d’eux s’écroula. Se retournant Laëllia vit trois hommes à l’entrée du bâtiment.

-Des Jeïlaes!! S’écria-t-elle.

Elle se mit à courir et Flavien la suivit à toute vitesse, mais une autre détonation se fit entendre. Laëllia poussa un cri incohérent et s’affaissa sur le sol. Flavien la suivit immédiatement.

-Laëllia!!!

Il tenta de la prendre par la taille pour la remettre debout mais sa main ressortit de sous le corps tremblant baignée de sang. Il les regarda avec horreur. Il l’essuya sur sa pèlerine et prit le doux visage de la jeune fille délicatement.

-Laëllia…, Murmura-t-il d’une voix brisée.

Son visage devenait encore plus pâle, si cela était possible, et ses yeux de cristal les fixaient, éplorés.

-Laëllia…t’en vas pas…s’il te plait…

Un doigt tremblant se posa sur ses lèvres et les yeux du jeune homme s’emplirent de larmes. Laëllia murmura difficilement :

-Faites…bon…usage…

Flavien fronça un sourcil, ne comprenant pas ses paroles, mais les yeux cristallins de la jeune fille s’assombrirent et ses paupières se refermèrent.

-Non…

Flavien ferma les yeux et les larmes inondèrent sont visage. La seule personne qui lui restait au monde, la douce et céleste Laëllia, venait de s’éteindre elle aussi, comme un mirage dans la brume.

Le jeune technicien radar ne résista même pas lorsque les hommes que Laëllia avait appelé Jeïlaes le saisirent brutalement et l’emmenèrent avec eux.
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MessageSujet: Re: [FT] Distorsions (PG-13)   Ven 4 Nov à 14:10

Chapitre 6

Dans la Salle de Commandement, le Capitaine était assis dans son fauteuil et semblais las. Ils étaient en route vers un système solaire potentiel à quelques jours de là, mais le cœur n’y était plus. Tout le monde avait le moral au plus bas, et tous faisaient leurs tâches d’une monotonie accablante. Brad avait décidé d’aller en regénérescence, et Pétrolia se tenait toujours enfermée dans la Salle des Machines, travaillant sur un quelconque projet pour s’occuper l’esprit. Valence avait tenté en vain de l’approcher, mais la jeune technicienne refusait de parler de tout ce qui concernait Flavien. Bob n’avait plus d’appétit et restait pendant des heures au volant du vaisseau, fixant le vide interstellaire.

Charles regarda autours de lui. La Salle de Commandement semblait bien vide sans la présence de l’opérateur radar. Il semblait y avoir un vide, un manque…

Charles se leva et prit place à côté du radar. Il glissa ses doigts sur la console, et un petit sourire s’afficha sur ses lèvres lorsqu’il pensa à tout ce qui s’était passé à cet endroit, à toutes les fois que Flavien l’avait interpellé de cet endroit…

Son sourire s’effaça rapidement. Flavien n’était plus là, il ne le serait plus jamais.

Un clignotant attira son attention et il se rendit bientôt compte de sa fonction. Il appuya sur une touche et un crachottis d’interférences se fit entendre :

-Mayday!...Mayday!…m…vaiss…s’écraser!...Demande…immédiate!....épète… aide…immédiate!...coordonnées…586…789…244…

Un signal de détresse! Charles se mit en alerte immédiatement.

-Bob! Changez de trajectoires! Coordonnées 586, 789, 244

-Bien Capitaine, Répondit le pilote.

Il freina rapidement et tourna le volant plusieurs fois.

-On sera là dans pas trop longtemps Capitaine, une dizaine de minutes.

-Espérons qu’il ne sera pas trop tard, Murmura Charles.

***

Les Jeïlaes jetèrent Flavien brutalement sur le sol d’une cellule sombre et s’en allèrent en refermant la porte à clé. Le jeune homme s’assit et regarda autour de lui. Il se trouvait dans une petite pièce presque complètement plongée dans l’obscurité. Les murs étaient faits de pierre et le sol n’était que de la terre battue. Il aperçut dans un coin les installations sanitaires, et de l’autre, il distingua un lit superposé. Lorsque ses yeux se furent adaptés à la lumière, il distingua une forme sur le lit du haut, qui le regardait silencieusement, et il recula par instinct.

-Qui êtes-vous? Demanda la figure dans la pénombre.

-J..J’m’appelle Flavien.

-Je me nomme Wufjn.

Flavien se mit debout. Il n’y avait aucune hostilité dans la voix de sont nouveau compagnon de cellule. Peut-être était-il sympathique.

-Je peux me tromper, Continua Wufjn en descendant de son lit, mais vous ne sembler pas Meilien…

-Non, effectivement…

Flavien s’approcha de l’étranger et distingua pour la première fois ses traits. Mis à part qu’il était plus ou moins humanoïde, il ne ressemblait en rien aux autres créatures intelligentes qu’il avait déjà rencontrées. Il était recouvert de poils, ras mais souples, son visage était formé d’un genre de museau plat d’où sortaient de longues canines et ses grandes oreilles étroites, percées de trois anneaux de métal, se dressaient sur sa tête poilue Ses mains ressemblaient à des pattes munies d’énormes griffes noires. Son corps était très musclé et il portait un pagne en cuire ainsi qu’une grosse bande métallique autour du bras gauche. Juché sur ses longues pattes arrière, il semblait pourtant à l’aise à se tenir debout, quoique son dos dessine une arche plutôt recourbée vers l’avant. Une longue queue touffue traînait par terre, comme un contrepoids à sa carrure incurvée.

Si Flavien n’avait pas su mieux, il aurait pu le confondre avec l’image mythique que les Terriens avaient des loups-garous.

-Vous n’êtes pas Meilien non plus, Affirma Flavien tout en gardant ses distances. Ce n’était pas qu’il voulait juger son compagnon de cellule par son apparence, mais ses crocs acérés lui fichaient la trouille.

-Je suis un Eelyrch, Répondit Wufjn. J’étais de passage dans ce système quand les moteurs de mon vaisseau ont lâché. Je me suis écrasé sur cette planète et j’ai été fait prisonnier des Jeïlaes…Il y a déjà deux ans de cela…

-Deux ans… Murmura Flavien. Si Wufjn n’avait pas réussi à s’échapper en deux ans avec son physique imposant, Flavien se demanda comment lui allait réussir à y arriver.

-Les Meiliens présentent une peur maladive des étrangers. Ils semblent persuadés que nous sommes hostiles et que nous possédons des renseignements secrets concernant le clan ennemi. Les Jeïlaes m’ont torturé pendant des mois avant de d’accepter que je ne possédait aucune information valable pour eux.

Flavien frissonna. Pas seulement à cause du froid qui régnait dans la pièce, mais aussi car ce serait peut-être à son tour de subir le même traitement que Wufjn.

-Je faisais partie d’un voyage d’exploration, Raconta Flavien à son tour, Nous étions descendus sur cette planète quand il y a eu bombardement. J’ai reçu un morceau de métal…

Flavien raconta tout ce qui s’était passé, le départ du Capitaine, sa rencontre avec Laëllia, la tentative de communication, la mort de la jeune fille, sa capture par les Jaëlaes.

-Mon vaisseau est probablement déjà loin maintenant, Murmura Flavien, Et je n’ai plus aucun moyen de les rejoindre.

Il alla s’asseoir lentement sur le lit du bas, et fixa ses mains tristement. Wufjn le regarda un instant de ses grands yeux noirs.

-Nous trouverons un moyen de sortir d’ici, Dit le Eelyrch avec une certaine détermination dans sa voix. Il monta dans son lit et Flavien sentit le meuble trembler sous le poids imposant de son compagnon qui venait de s’y coucher.

-Vous devriez vous reposer, Recommanda Wufjn, Ça vous fera du bien.

Flavien considéra ce conseil un instant, puis se dit que de toutes façons, il n’avait rien de mieux à faire pour l’instant. Il s’étendit sur le matelas qui lui sembla fait de quelque sorte de paille, et posa la tête sur le vieil oreiller usé. Il n’y avait qu’une seule couverture, une espèce de toile coupée à la hâte, et Flavien s’enroula dedans du mieux qu’il put.

Il faisait très froid dans la cellule, et Flavien tremblait comme une feuille. Il avait de la difficulté à se réchauffer sous cette couverture de fortune. Il se frotta les bras, puisse roula en boule pour essayer de conserver sa chaleur. Il s’imagina auprès de Pétrolia, partageant leur chaleur. Il imagina ses cheveux sur son cou, ses mains autours de lui, sa peau lisse et son odeur lui donnant un sentiment de sûreté. Comme elle lui manquait! Il avait l’impression d’avoir perdu une partie de lui, que quelque chose manquait à sa survivance, son existence.

Il ferma doucement les yeux, tentant d’oublier tout ce qu’il avait perdu, et sombrer lentement dans un monde ou la douleur pouvait être atténuée pendant l’espace de quelques heures.

***

Au matin, ou du moins ce qui semblait être le matin dans cette cellule plongée dans l’obscurité, Flavien se fit réveiller par le bruit du verrou de la porte. Deux Jaëlaes firent irruption dans la pièce et tirèrent le jeune homme de son lit. Wufjn se redressa aussitôt en un grondement agressif, mais les lances électriques des gardes le firent immédiatement renoncer à essayer de résister. Les Jaëlaes emmenèrent brutalement Flavien hors de la cellule et Wufjn fut forcé à les regarder partir. Il contempla la porte se refermer derrière eux, impuissant.
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MessageSujet: Re: [FT] Distorsions (PG-13)   Sam 5 Nov à 1:13

Chapitre 7

Plusieurs heures plus tard, Wufjn dressa les oreilles. On déverrouillait la porte. Les deux mêmes Jaëlaes qui avaient emmené Flavien réapparurent dans l’enceinte de la porte, laissèrent tomber leur fardeau et repartirent aussitôt. Flavien s’effondra là, sans bouger.

Le Eelyrch bondit hors de son lit et se précipita vers le jeune homme. De ses grandes pattes poilues, il tourna doucement sa tête. Flavien était inconscient et tremblait, de froid ou d’un traumatisme, Wufjn n’aurait su le dire.

Il souleva la forme inerte de son jeune compagnon et le conduisit jusqu’à son lit, où il le déposa doucement. Il le couvrit de sa couverture et de celle dont il se servait lui-même. Il observa Flavien quelques instants. Le jeune opérateur radar tremblait, sa peau était moite et luisante de sueur. Son teint était livide et sa respiration difficile. Wufjn caressa délicatement le visage de son compagnon, essuyant la sueur de la peau trop froide et tâchant d’atténuer les tremblements.

***

Dans la Salle des Machines, Pétrolia laissait les larmes couler doucement sur ses joues comme de petites perles roulant sur les pétales d’une fleur. Elle avait mal, tellement mal! Comment pouvait-elle continuer à vivre sans son Flavien? Elle serra le chandail noir contre elle et fit des mouvements de va et viens, comme pour se bercer elle-même. Elle ne voulait pas oublier, elle ne voulait pas effacer son amour de sa mémoire. C’était tout ce qui lui restait maintenant. C’était tout ce qui la maintenait en vie. Si elle laissait aller sa douleur dans l’oublie, comment pourrait-elle continuer à vivre?...Comment!? Elle enfouit son visage dans le tissus du chandail…

Elle sentit soudainement le vaisseau changer cap. Elle releva la tête. Le Capitaine devait avoir une raison importante pour changer de trajectoire. La jeune technicienne décida d’en avoir le cœur net. Elle se leva, enleva les plis de sa jupe, et s’essuya les yeux. Avant de sortir, elle tapota doucement son visage pour s’assurer qu’il n’y avait plus de trace de larmes, puis elle se dirigea vers la Salle de Commandement.

Elle franchit les portes coulissantes et regarda le Capitaine qui lui tournait le dos.

-Bob, combien de temps?

-Encore 3 minute Capitaine, Répondit le pilote.

Pétrolia haussa un sourcil. Elle avait encore l’esprit lourd, mais la question du Capitaine l’intriguait.

-3 minutes pour quoi? Demanda-t-elle à voix haute.

Le Capitaine fit pivoter sa chaise et se retrouva face à la jeune fille.

-Nous avons perçu un message de détresse. Préparez le Centre de Santé. On pourrait avoir des blessés.

Pétrolia fit un salut militaire, puis se dirigea vers le Centre de Santé pour exécuter ses ordres. Elle n’avait pas trop le cœur à travailler, mais la nouvelle de blessés potentiels la forçait à reprendre son contrôle et à laisser sa douleur de côté, du moins, pour le moment…

***

Le Eelyrch avait passé plusieurs heures auprès de son compagnon, qui ne s’était toujours pas réveillé. Il était resté là, assis près de Flavien, à attendre qu’il ouvre les yeux. Le sol était moins confortable que son lit, certainement plus froid, mais il préférait rester là. Les Eelyrchs étaient des créatures fières et fortes, mais quand il s’agissait de protéger un être à qui ils avaient décidé de donner leur affection, ils étaient capables des pires sacrifices. Une fois lié à un autre, un Eelyrch allait faire tout en son pouvoir pour s’assurer qu’il ne lui soit jamais fait aucun mal. L’esprit d’un Eelyrch était ainsi fait.

Wufjn ne savait pas exactement pourquoi, mais Flavien lui avait inspiré confiance, il lui avait fait ressentir un attachement étrange, un lien énigmatique, inexplicable. Il devait rester auprès de lui, le protéger…c’était maintenant son devoir, se jura-t-il.

Un faible mouvement sous les paupières du jeune homme attira son attention. Flavien secoua la tête doucement sur l’oreiller, comme prit dans un affreux cauchemar, et il murmura quelques syllabes désarticulées et dépourvues de sens. Puis, ses paupières se soulevèrent faiblement.

-Wufjn…?

-Flavien…, Dit le Eelyrch en s’approchant un peu plus, Qu’est-ce qu’ils t’ont fait?

Flavien avala difficilement en se rappelant les mauvais souvenirs, puis dit de sa voix soudainement rauque :

-Ils voulaient… avoir des informations à propos des…des armes ennemies…

Il toussa, et grimaça. Sa blessure lui faisait encore mal. Wufjn posa sa patte sur son épaule en signe de compassion.

-Ils…m’ont passé sous les électro-choc…j’me souviens plus très bien…Ils m’ont donné des drogues…

Il était épuisé, il avait soif, et surtout, il avait froid. Il se remit à frissonner et Wufjn essaya de remonter encore plus la couverture, si c’était possible.

-Ils m’ont fait la même chose, Dit doucement le Eelyrch, Sauf que je suis beaucoup plus robuste.

-J’ai peut-être… l’air de rien, Sourit Flavien, Mais j’suis pas mal… plus tof que j’en ai l’air.

Wufjn sourit aussi. Flavien serait vite remis de cet épisode.

-Parle moi…de ton monde, Wufjn…

-Eh bien…, Commença le géant, Je suis né sur Eelyrch. C’est une planète magnifique, recouverte de forêts et de 2 océans. J’ai grandit sur le 3e continent, le plus petit, mais le plus beau. Les arbres y sont gigantesques, et nous habitions presque à la cime de ceux-ci. Eelyrch possède 5 lunes, et 2 soleils. Lorsque la nuit arrive, c’est le plus beau spectacle du monde. Le ciel est alors peint de toutes les couleurs, les soleils illuminent les eaux miroitantes et les lunes sont plus blanches que la neige…

-Ça semble…magnifique, Commenta doucement Flavien.

-Et toi Flavien, ton monde, il est comment?

Flavien sentit un vague malaise. Comment avouer que les Terriens avaient détruit leur propre monde, et qu’il était l’un d’eux. Puis, il se rendit compte de quelque chose de très important.

-Mon monde à moi…, Commença-t-il, C’est la femme que j’aime, mes amis…ma seule famille en fait…Pétrolia…c’est elle qui me donne une raison de vivre maintenant…Je-

Il ne finit pas sa phrase, mais s’arrêta soudainement. À l’unisson, ils tournèrent la tête vers la porte. Un bruit… Quelqu’un venait…

Lorsqu’il entendit le verrou de la porte, Wufjn émit un long grondement sourd. Il se dressa sur ses pattes devant le lit pour protéger son compagnon. S’ils voulaient l’emmener maintenant, ils devraient passer par lui d’abord!

La porte s’ouvrit et trois Jaëlaes apparurent dans le flot de lumière. Ils avaient chacun une lance électrique ainsi qu’une arme automatique. Wufjn émit un grondement encore plus puissant, hérissa le poil et montra les cros.


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MessageSujet: Re: [FT] Distorsions (PG-13)   Jeu 10 Nov à 19:31

Chapitre 8

Lorsque enfin le Romano Fafard arriva à la source du signal de détresse, un vaisseau à la dérive fut ce que trouva l’équipage dans le vide intersidéral.

-Vite, Ordonna le Capitaine, Bob! Serge! Allez immédiatement à bord de ce vaisseau voir s’il reste des survivants.

Les deux hommes firent un salut à leur commandant et se dirigèrent vers le sas. Charles s’approcha de la console scientifique et vérifia les senseurs externes. Mis à part les réacteurs du vaisseau étranger qui étaient encore chauds, il détecta avec le senseur infrarouge deux formes probablement encore vivantes d’après leurs signaux. Charles se permit de respirer un peu : Ils n’était peut-être pas trop tard.

***

À bord du vaisseau, Bob, revêtu de son scaphandre, suivait le robot qui avançait devant lui, une arme à la main. Ils avançaient le long d’un mur, le longeant jusqu’à une intersection avec un autre couloir. Serge s’arrêta prudemment, pointa son arme vers le couloir suivant, et d’un coup, bondit au milieu de celui-ci.

Immobiles, deux corps flottaient en apesanteur, tournoyant lentement autour d’eux même. Bob et Serge s’aprochèrent avec précautions.

Un bip se fit entendre et la voix du Capitaine grésilla dans l’émetteur du robot :

-Vous les avez trouvé?

Serge approcha son émetteur de sa bouche.

-Oui Capitaine. Ils semblent inconscients.

-Ramenez-les à bord immédiatement.

-Oui Capitaine.

***

Les Jaëlaes s’approchèrent de l’imposant canidé, qui redoubla d’agressivité. Si jamais ils osaient s’approcher de Flavien à nouveau, si jamais ils le touchaient encore, ne serait-ce qu’à un de ses cheveux…

-Wufjn…

Le lycanthrope cessa de gronder et se retourna rapidement vers la source de cette voix. Flavien, couché sur sa paillasse, leva la main et lui fit signe de se calmer.

-Arrête, Wufjn.

-Mais Flavien…

-Écoutes Wufjn, si tu t’opposes, ils me changeront de cellule.

Wufjn pesa le poids de ses paroles. Il était vrai que s’il continuait à s’opposer aux Jaëlaes, ils changeraient probablement Flavien de cellule, et alors, il serait tous seul contre ces monstres. Wufjn savait ce dont ils étaient capables…

À contre cœur, il céda le passage, mais garda tout de même un regard glacial sur le Jaëlae qui s’approcha de Flavien, une seringue à la main. Il les laissait peut-être faire cette fois, mais un jour, le vent tournerait, et alors il leur montrerait à qui ils avaient affaire.

Flavien observa le Jaëlae qui s’approchait de lui et surtout, il fixait la seringue qu’il avait à la main. Que pouvait-elle bien contenir? Flavien savait qu’elle lui était destinée et il avait la triste impression que peut importe ce qu’elle renfermait, ce ne serait sûrement pas agréable.

Le Jaëlae en question avait le visage qui ne reflétait aucune émotion. On aurait dit qu’il faisait cela machinalement, comme lorsqu’on fait un tâche qui a déjà été accomplie des milliers de fois. Son armure grise donnait un teint blafard à sa peau et son casque rendait son allure déjà extra-terrestre encore plus inhumaine.

Tirant sur son bras, Flavien sentit le Jaëlae poser l’aiguille de la seringue sur la peau et la transpercer. Il sentit le liquide se répandre sous l’épiderme, dévorer ses veines, brûler sa chaire. Il tourna la tête, tentant de réprimer une grimace. L’horrible brûlement montait dans son bras, paralysant tout à son passage, se répandant peu à peu, sans merci, à travers son corps. Il sentit vaguement quelque chose être posé dans sa main, mais il n’en était plus sûr. La douleur aveuglait ses autres sens. Il vit l’image d’un 2e Jaëlaes qui se pencha au-dessus de lui. Une voix floue lui parvint.

-L’armement ennemi, dites-nous où se trouvent leur point de ravitaillement.

Flavien ne fit que secouer la tête.

-Nous avons l’antidote. Dites-nous seulement où se trouvent leur point de ravitaillement.

La seule réponse fut un murmure incohérent de la part du jeune homme. Il ne le savait pas! Comment pouvait-il leur faire comprendre qu’il n’avait aucun lien avec leurs ennemis, qu’il ne savait même pas qui ils étaient? Le seul moyen de recevoir l’antidote était de donner une réponse qu’il ne connaissait pas et qu’il ne pouvait pas savoir. Le poison brûlait atrocement dans son sang, mordant voracement ses veines comme un acide implacable, dévorant cruellement sa chaire comme un brasier ardent.

Les Jaëlaes attendirent quelques minutes, Flavien n’aurait pu dire combien de temps exactement, puis ils partirent. Il y eu un bruissement, un faible grondement, puis un murmure presque inaudible. Flavien se retrouva soudainement la tête dans un amas de poils et devina la présence de Wufjn à ses côtés. Il laissa sa tête reposer mollement, se détachant peu à peu du monde réel.

***

Lorsque les deux rescapés furent à bord, Charles les fit emmener au Centre de Santé. À première vue, tout deux semblaient être de race différente, bien plus bizarres que ce que l’équipage avait rencontré jusqu’à maintenant. Le premier ressemblait beaucoup plus à un lézard qu’à un humain. Ses écailles de jade scintillaient comme du verre au soleil, et son énorme museau rendait sa tête démesurément grande comparée à celle d’un humain. Ses mains ne comportaient que trois doigts surmontés de longues griffes. Son compagnon ne lui ressemblait pas du tout : Il était blanc comme neige, recouvert de poil lisses et soyeux. Son court museau lui donnait un air moins agressif et ses petites oreilles arrondies couronnaient sa tête touffue. Il était cependant immense, bien plus grand qu’un humain de taille moyenne.

Les deux survivants étaient allongés au Centre de santé, un sur la table d’examen, et l’autre sur le lit qui appartenait à Valence.

-Alors Pétrolia, S’enquit Charles en entrant, Comment vont-ils?

-D’après le scanner, ils n’ont rien, Répondit la jeune fille, Mais leur physiologie est tellement différente de la nôtre, je ne sais pas si on peut considérer les résultats comme une véritable indication de leur état.

Charles se frotta le nez en réfléchissant. Il ne semblait pas y avoir d’autres moyens de se renseigner sur l’état de leurs nouveaux hôtes avant que ceux-ci ne se réveillent.

-Très bien, Finit par dire Charles, Prévenez-moi lorsqu’il y aura du changement. Serge et Bob sont derrière la porte. Si jamais il y a un problème, ils seront prêts.

Charles quitta la pièce, laissant Pétrolia seule avec ses nouveaux patients. La jeune fille prit place sur un banc. Elle saisit un vêtement sur la table à côté d’elle. Fermant les yeux, elle serra le chandail de son défunt bien-aimé contre elle. Il n’y avait plus rien à faire en attendant le réveil des deux rescapés.

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MessageSujet: Re: [FT] Distorsions (PG-13)   Lun 21 Nov à 20:32

Chapitre 9


Charles se dirigea immédiatement vers sa cabine. Cet épisode momentané de sauvetage lui avait occupé l’esprit pour un temps, mais maintenant qu’il fallait attendre, il n’était plus capable de réfléchir correctement, d’agir correctement, de rester avec lui même en demeurant bien droit. Il entra rapidement dans sa cabine, et dès que la porte se referma derrière lui, il s’effondra. Ses genoux fléchirent et se retrouvèrent sur le sol, son corps bascula et il dut agripper le rebord de son lit pour ne pas crouler complètement sous la douleur.

-Flavien! Pourquoi vous? Pourquoi?

Son visage était crispé, gravé d’une douleur des plus authentiques et indéniables qui soient. Tout ce qu’il ressentait était la souffrance, le mal qui le rongeait à l’intérieur. Il frappa le lit avec ses poings plusieurs fois, laissant ses larmes et ses sanglots le ravager sans aucun pouvoir pour les arrêter. Pourquoi étaient-ils allés sur cette planète maudite? Pourquoi c’était Flavien et non lui? Pourquoi avait-il du voir Flavien mourir de cette horrible manière? Pourquoi n’avait-il pu rien faire?

-Pourquoi? Murmura-t-il.


***

Wufjn baissa la tête et soupira. Il y avait maintenant plusieurs semaines qu’il était en compagnie de Flavien, et il lui semblait que le jeune humain lui était de plus en plus attaché. Évidemment, lorsque Flavien lui avait avoué venir de la Terre, Wufjn avait été très surpris. Il ne se serait jamais douté qu’un Terrien puisse être aussi sympathique. Les deux compagnons de cellules avaient eu le temps d’échanger depuis : Leurs expériences de jeunesses, leurs familles, leurs amis… Ces longues nuits où le sommeil désertait le jeune homme à cause du froid languissant et des tourments engendrés par des songes malveillants, ils les passaient à retracer leurs souvenirs, à réciter leurs joies et leurs peines qui appartenaient maintenant à un autre monde.

Les Jaëlaes revenaient de temps à autre, posant toujours les mêmes questions, infligeant des sévices différents à chaque fois. Flavien insistait toujours pour que Wufjn ne pose aucun geste sur eux. Il valait mieux rester à deux pour trouver un moyen de s’en sortir, disait-il, mais Wufjn trouvait de plus en plus difficile de rester le spectateur de cette barbarie. Les six semaines où Flavien avait subit les supplices des Jaëlaes avaient été plus difficiles que les six mois où lui même avait du subir les mêmes choses.

Wufjn regarda la forme endormie qui reposait sur lui. C’était le seul moyen qu’ils avaient trouvé pour que le jeune humain ne meure pas de froid. Même en dormant contre lui, il tremblait encore comme une feuille. Il était beaucoup moins robuste qu’un Eelyrch. Depuis maintenant une semaine, il était secoué par des quintes de toux interminables. Sûrement il avait pris froid. Wufjn n’était pas un expert en ce qui concernait la physionomie humaine, mais le teint livide du jeune homme coloré par des joues trop roses ne lui disait rien de bon.

Il sentit un mouvement à peine perceptible.

-Mmmh Wufjn? Demanda la voix endormie de Flavien.

-Oui?

-J’ai froid…

Wufjn tenta de resserrer son étreinte, mais il n’y avait que très peu à faire de plus. Flavien sembla retomber quelques peu dans le sommeil.

L’imposant Eelyrch hésita, puis :

-Flavien?

-Hmm?

-Est-ce que c’est normal pour un humain d’avoir les joues plus roses?

Flavien ouvrit les yeux et porta une main à son visage. Trop chaud, se dit-il, sûrement de la fièvre. Il regarda son compagnon un instant, puis fut prit d’une sérieuse quinte de toux qui lui déchira le thorax. Avec cette blessure qui n’arrivait plus à guérir, cela devenait insupportable. Il finit tout de même par reprendre son souffle, les yeux embrumés de larmes, et répondit lentement :

-C’est pas grave Wufjn…

Le Eelyrch le regarda d’un air incertain, mais Flavien ferma les yeux, fuyant son regard. Il n’avait pas besoin de lui dire, se dit mentalement Flavien, à quoi bon lui dire s’il ne pouvait rien faire?

Wufjn regarda son compagnon se rendormir et de dit rien de plus. Il avait l’impression que Flavien ne lui disait pas tout, mais il dormait si peu…Il ne voulait pas le priver de ces rares moments où il arrivait enfin à dormir.

Dépliant la feuille de papier à côté de lui, il observa encore ces écritures extra-terrestres. Lui et Flavien l’avait trouvée par terre lors des premiers jours où ils avaient été compagnons de cellules. Ni l’un ni l’autre de savait ce qui était écrit, seulement que cela provenait d’un des gardes Jaëlaes. Ils avaient passé des jours à tenter de le déchiffrer, mais en vain…Qu’est-ce que ce garde Jaëlae avait-il bien pu vouloir leur dire?
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MessageSujet: Re: [FT] Distorsions (PG-13)   Dim 4 Déc à 13:30

Chapitre 10

Pétrolia s’était endormie sur sa chaise en attendant le réveil des deux rescapés au Centre de Santé. Elle s’éveilla doucement, désorientée. Elle aurait bien voulu rester dans ce monde fantastique où Flavien la tenait encore dans ses bras. Qu’est-ce qui avait bien pu la réveiller?

Elle regarda autours d’elle, sa vue se clarifiant, et elle aperçut la forme des deux rescapés qui semblaient se parler à voix basse. Maintenant qu’ils se tenaient debout, ils avaient l’air encore plus imposants que lorsqu’ils les avaient secourus, se dit la technicienne.

Elle se leva de sa chaise timidement, et les deux géants tournèrent la tête vers elle. Contrairement à ce qu’elle s’attendait, l’un d’eux, celui recouvert d’écailles, lui adressa la parole d’une voix douce et respectueuse.

-Ah, bonjour mademoiselle. Pardonnez-nous, nous ne voulions pas vous réveiller. Pourriez-vous nous dire où nous sommes s’il vous plait?

-Vous êtes à bord du vaisseau spatial d’exploration Romano Fafard. Nous avons capté votre message de détresse et nous vous avons trouvé inconscients. Nous vous avons ramené à bord.

-Notre vaisseau?

-J’ai bien peur que les moteurs soient une perte totale, Répondit la technicienne en secouant la tête.

L’étranger avala difficilement, regarda son compagnon un instant, puis se retourna à nouveau vers la jeune fille.

-Merci de nous avoir sauvé.

Pétrolia hocha la tête. Elle décida que c’était le temps d’appeler le Capitaine.

***

Charles s’était endormi. Il était épuisé, vidé. Il ne dormait jamais, mais cette fois, il n’avait guère eu le choix. Son corps demandait du repos pour combler le vide qu’il n’arrivait plus à endurer. Des traces de larmes avaient séché sur son visage et sa joue reposait sur sa couverture.

-Capitaine?

La voix dans l’émetteur le tira de son sommeil. Il regarda sa montre un instant, son esprit revenant en mode de commandement.

-Oui Pétrolia, Répondit-il d’une voix plus solide qu’il n’aurait crut pouvoir émettre.

-Les deux survivants sont réveillés.

-Très bien, j’arrive.

***

Flavien avait de la difficulté à respirer. Il toussait vraiment beaucoup maintenant, et Wufjn, se sachant trop que faire, le tenait protectivement contre lui. Le jeune homme avait mal, tellement mal à la poitrine, c’était comme si on lui faisait une pression constante sur le thorax. Ses cheveux détrempés de sueur lui collaient à la peau. Depuis six semaines, ils avaient un peu trop poussé à son goût. Il les chassa faiblement de ses yeux et tenta de se concentrer sur sa respiration laborieuse.

Quelques minutes passèrent, et soudainement, il se tendit, et Wufjn aussi. Ils entendaient des pas. Ils échangèrent un regard inquiet. Les Jaëlaes ne venaient jamais à cette heure.

Ils entendirent le verrou de la porte, et une forme bien familière se présenta à eux. C’était un des Jaëlaes qui venaient de temps en temps chercher Flavien.

-Venez! Dis-il à voix basse, Suivez-moi.

Wufjn le regarda avec méfiance.

-Où allons-nous?

-Vous n’avez pas reçu mon message?

-Ah, c’était vous, murmura Flavien.

-Nous n’avons pas pu le lire, Dit Wufjn, Nous ne connaissons pas votre écriture.

Le Jaëlae se prit le visage avec une main.

-C’est vrai, j’y avais pas pensé.

-Alors, Fit Wufjn toujours aussi suspicieux, Que nous voulez-vous?

-Je me nomme Marael, je fais parti d’une organisation nommée le Karhuh, qui signifie Paix. Nous nous infiltrons dans les deux camps pour essayer de stopper cette guerre. Ma mission est de vous sortir de cette prison puisque nous savons que vous n’êtes pas de ce monde… Venez, nous n’avons pas beaucoup de temps.

Marael se dirigea vers la porte. Wufjn et Flavien s’échangèrent un regard. Ils se comprirent immédiatement : Il valait mieux tenter leur chance que de rester dans cette prison malsaine.

Wufjn se leva et posa Flavien sur ses pieds, mais le jeune homme vacilla dangereusement. Il fut retenu par de grosses pattes poilues. Flavien regarda le Eelyrch dans les yeux.

-J’pense que j’suis trop faible pour marcher, Dit-il tristement.

-Alors grimpe sur mon dos, Répondit Wufjn en se retournant.

Flavien attrapa le Eelyrch par le cou et se sentit se faire soulever. Il agrippa le poil fin et regarda Wufjn.

-Ça va, j’suis pas trop pesant?

Wufjn suivit Marael dans le couloir et murmura :

-Non, ça va.

Il n’osait pas lui dire qu’en fait, il ne pesait quasiment rien. Il était beaucoup plus maigre que lorsqu’il était arrivé dans sa cellule.

Ils suivirent Marael silencieusement dans plusieurs couloirs déserts, puis ils arrivèrent à une porte.


À suivre...
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MessageSujet: Re: [FT] Distorsions (PG-13)   Lun 19 Déc à 23:21

Chapitre 11

Les trois fugitifs sortirent dans la brume nocturne sous une féerie d’étoiles luisant comme des milliards de gouttelettes éparpillées sur la voûte céleste. La lune faisait scintiller le manteau de neige qui avait recouvert poussière et débris. Il faisait un froid glacial, hostile.

Flavien frémit. Il était encore vêtu de son uniforme de second officier, et la fourrure du Eelyrch n’était encore que très insuffisante pour le maintenir au chaud.

Wufjn s’était aperçut des frissons grandissants de son compagnon, mais il ne dit rien. Il ne pouvait rien y faire alors il se contenta de suivre Marael à travers les décombres.

Le rebelle les guida hors de la ville et vers ce qui semblait être la campagne.

-Pourquoi personne ne nous suit donc pas? Interrogea Wufjn.

-J’ai embrouillé leur ordinateur central, Répondit Marael, Ils ne savent plus que vous n’êtes plus dans votre cellule. Quand ils s’en apercevront, nous serons déjà très loin.

Wufjn hocha la tête. Il avait un bon pressentiment à propos de Marael. Il ne lui faisait pas encore tout à fait confiance, mais son instinct lui dictait de ne pas s’inquiéter et de le suivre.

Flavien, toujours juché sur le dos du Eelyrch, se laissait bercer par les mouvements du doux géant. Le froid l’engourdissait. Il le laissait avec cette impression d’avoir énormément besoin de sommeil. Il ne sentait plus ses mains, ni ses pieds.

Au moins, pensa-t-il ironiquement, je ne sens plus le reste non plus!

Son torse lui faisait moins mal à cause du froid. Ses quintes de toux avaient considérablement diminué, uniquement remplacées par des toussotements creux et pénibles. Il savait que ce n’était pas juste l’épuisement. Il y avait quelque chose d’autre qui l’avait rendu malade. Les drogues, probablement, pensa-t-il amèrement. Il devait sûrement y avoir eu quelque chose dans les injections qu’il avait reçues qui le rendait dans cet état.

Il ferma les yeux doucement, reposant sa tête mollement contre l’épaule du Eelyrch. Qui aurait raison de lui en premier, le froid ou la maladie?

***

Lorsqu’il arriva au Centre de Santé, Charles avait repris sa posture et son esprit de Capitaine de vaisseau stellaire. Il se posta devant les deux rescapés et les salua.

-Bonjour, je suis le Capitaine Charles Patenaude, commandant ce vaisseau, le Romano Fafard. Bienvenue à bord.

L’un des deux extra-terrestres s’approcha.

-Je m’appelle Dufmd, Dit l’être poilu, Et voici mon compagnon Wigftr.

Il pointa celui qui avait une allure reptilienne, qui baissa la tête pour saluer.

-Nous étions à la recherche d’un de nos camarades qui se promenait dans ce système il y a de cela environs deux semaines. Nous avons perdu le contact avec lui lorsqu’il passait près de Meilia.

À ce nom, les membres d’équipage du Romano Fafard tressaillirent, mais personne n’osa parler. Ils avaient tous eu le même souvenir.

L’extra-terrestre ne sembla pas remarquer leur agitation, et continua :

-Nous avons des raisons de croire que son vaisseau s’est écrasé là-bas, et nous allions voir ce qu’il en était.

Le Capitaine s’éclaircit la voix, et répondit.

-Nous revenons tout juste de cette planète, nous… y avons perdu un de nos membres d’équipage…

-Oh…Fit Dufmd, Je suis désolé.

-Néanmoins, je vous propose tout de même notre aide pour retrouver votre compagnon. Nous avons une importante mission, Dit-il le regard vers le ciel, Mais je crois qu’il faut essayer d’éviter à votre ami le même sort qui est arrivé au notre.

Les deux extra-terrestres sourirent et lui prirent la main.

-Merci, merci beaucoup, Dirent-ils avec gratitude.

-Cependant, je ne peux vous accorder que trois jours. Le sort de notre civilisation dépend de nous.

-Nous comprenons, nous tâcherons de le retrouver le plus vite possible.

Charles hocha la tête, puis se tourna vers Bob

-Cap sur Meilia.

-Oui Capitaine.

Bob s’éloigna et sortit de la pièce.

Charles soupira imperceptiblement. Il espérait qu’il avait fait la bonne décision. Cela allait retarder la mission, certes, mais on ne pouvait pas non plus ignorer une personne en détresse, même extra-terrestre.

***

Arrivé devant un vieux bâtiment presque complètement en ruines, Marael bifurqua et prit un petit sentier qui menait vers un boisé. Ils marchèrent plusieurs minutes avant d’être en vue de ce qui avait sûrement été une minuscule chaumière, mais on ne voyait que la fondation qui ressortait de l’épaisse couche de neige. Des blocs de pierre étaient éparpillés ça et là.

Derrière l’une d’elles, Marael fouilla la neige quelques secondes de ses mains gantées alors que Wufjn et Flavien attendaient à côté de lui. Finalement, il sembla trouver ce qu’il cherchait. Une grosse poignée fut déneigée et lorsqu’il tira fermement dessus, Marael fit apparaître un passage vers une pièce souterraine.

Le rebelle descendit le premier, puis fit signe au Eelyrch de lui passer Flavien. Le jeune humain pouvait à peine rester conscient, et encore moins se tenir debout. Wufjn le fit descendre doucement, laissant le Meilien l’attraper correctement afin qu’il ne s’effondre pas par terre.

Une fois que Marael eut bien tout le poids du jeune homme contre lui, Wufjn se glissa lui aussi dans la pièce souterraine et reprit protectivement Flavien contre lui. Ce n’était pas qu’il se méfiait du Meillien, mais Flavien était devenu en quelque sorte sa responsabilité, et il lui revenait de s’occuper de lui lorsqu’il était si faible.

Marael alla allumer une petite lampe, et aussitôt fait, la pièce fut totalement éclairée par cette faible lueur. Elle était simple; il n’y avait qu’un lit, une armoire, une table et ce qui ressemblait à une cuisinière ancienne.

-Nous avons des refuges comme celui-ci un peu partout, Expliqua Marael, Ça nous permet de nous cacher en cas de besoin.

Il prit un balai étrange, puis ajouta :

-Je vais aller effacer nos traces dans la neige.

-Avant que vous ne partiez, L’interrompit poliment le Eelyrch, Avez-vous des couvertures?

-Marael hocha la tête et ouvrit une des portes de l’armoire, qui grinça bruyamment. Il en sortit trois grosses couvertures et les emmena aux deux rescapés qui étaient maintenant installés sur le lit. Wufjn les déplia habillement, recouvrant le jeune humain complètement épuisé. Elles étaient vieilles et usées, mais ce qui importait, c’était qu’elles réchauffent Flavien qui tremblait comme une feuille contre lui.

Le Meillien retourna à l’armoire et en sortit un gros contenant fermé hermétiquement, qu’il ouvrit avec une espèce d’ouvre-boîte. Il vida le contenu dans une énorme casserole et alluma le four.

-Je suppose que ça fait longtemps que vous n’avez rien mangé d’autre que du pain et de l’eau, Dit-il avec sympathie.

-En effet, Acquiesça le Eelyrch.

-Je vais vous faire chauffer quelque chose en attendant que j’efface les traces dehors. Ce n’est pas grand chose, des cubes de viande et des légumes, mais c’est nourrissant.

Wufjn regarda le Meillien partir en se disant que ce serait certainement son premier vrai repas depuis près de deux ans.
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MessageSujet: Re: [FT] Distorsions (PG-13)   Mer 1 Mar à 21:19

Chapitre 12

À bord du Romano Fafard, Charles finissait de se vêtir de sa combinaison contre le froid. Ils étaient maintenant en orbite autour de Meilia, et il s’apprêtait à descendre avec Dufmd ainsi que Wigftr.

-Fais attention Charles, Lui dit Valence en finissant d’attacher le col de son amoureux, Je ne veux pas qu’il t’arrive la même chose que Flavien.

-Je sais Valence. Je vais faire attention.

-Capitaine! Interpella Brad de sa console, J’ai la position de leur ami sur le senseur.

Il sourit, très fier de ses compétences. Puis quelque chose attira son attention. Il regarda attentivement, puis ajouta :

-Capitaine, il semble y avoir des excentricités géotemporelles de type gamma à la surface…

Charles leva un sourcil.

-En français s’il vous plait Brad…

-En fait Capitaine, c’est comme si y avait des fluctuations dans le cours normal de l’espace-temps. Ça semble provenir de nul part…C’est vraiment bizarre…

Il exhiba une expression de concentration et éplucha les données.

-Est-ce que c’est dangereux pour le vaisseau?? Demanda Charles, soudainement inquiet.

-Non…C’est juste à la surface…hum…à mon avis, ça crée des distorsions dans le temps. Si vous allez à la surface, il se peut que vous ayez l’impression d’y être resté plus longtemps que nous le percevons ici…ou moins longtemps…

-On peut le risquer?

-J’pense pas qu’il y ait de problème à court terme.

Charles réfléchit rapidement, les doigts sur son nez.

-Bon! Annonça-t-il, On y va, mais on ne reste pas plus d’une heure.

***

Wufjn commençait à s’inquiéter; Le Meilien n’était toujours pas de retour, et il n’y avait plus de doute maintenant que Flavien n’allait pas bien, quoi qu’il ait pu dire. Le Eelyrch ne connaissait pas la physiologie extraterrestre de son ami, mais il était clair qu’il y avait quelque chose d’anormal. Le jeune Terrien tremblait maintenant incontrolablement, malgré les trois couvertures qui le recouvraient. Les yeux fermés, il laissait de temps à autre une toux creuse le secouer péniblement. Sa peau était moite, luisante sous la faible lueur de la flamme qui dansait lentement sur l’unique chandelle qui éclairait la pièce.

Sur le poêle, le ragoût bouillait lentement, emplissant l’air d’une odeur de lointaine familiarité. L’humidité se mêlait à la fraîcheur de la pièce souterraine, l’odeur de la terre à celle du bois des meubles anciens.

Passant sa paume poilue sur les joues rosées du jeune homme, Wufjn l’interpella doucement :

-Flavien?

Il obtint la réponse un peu désarticulée qu’ont reçoit d’une personne qui erre entre les rêves et la réalité.

-Mmph?

-Flavien, tu vas bien? Tu n’as pas l’air d’aller…

Flavien secoua subtilement la tête comme pour chasser le sommeil, mais garda les yeux fermés.

-Oui, oui… J’vais bien… très bien…

Il toussa un peu, puis se tut. Wufjn le considéra un instant, puis insista :

-Flavien, tu ne vas pas bien, ne me le cache pas.

Après un moment tendu, Flavien soupira.

-Tu as raison…Mais on ne peut rien y faire alors…

Le Eelyrch acquiesça silencieusement et laissa Flavien sombrer à nouveau dans le royaume des songes pendant qu’il le pouvait encore.

***

Téléfaxés sur Meilia, Charles guida les deux amis extra-terrestres vers l’endroit où Brad avait indiqué. Ils avançaient péniblement dans la neige. Le froid était glacial, et le vent semblait impitoyable, sans mercie.

Ils étaient à l’orée d’un bois. Le silence régnait, mis à part le bruit de leurs propres pas qui crépitaient dans l’épaisse couverture de poudre blanche.

Ils marchèrent quelques instants, puis Wigftr figea.

-J’entends un bruit, Dit-il.

Tendant l’oreille, les deux autres l’entendirent aussi. Puis ils virent un Meilien qui semblait marcher vers eux. Lorsqu’il fut proche assez, il leur dit :

-Vous ne semblez pas être d’ici…Qui êtes-vous?

-Non, Acquiesça Dufmd, Nous ne sommes pas d’ici… Nous cherchons un ami…Wufjn…

Le Meilien les regarda tour à tour, puis répondit :

-Suivez-moi.


***

Wufjn dressa l’oreille. Il avait entendu un bruit, des pas… des voix… Le Meilien s’était-il fait capturer par l’une des deux armées ennemies?

La trappe s’ouvrit en un grincement lent, et le Eelyrch aperçut Marael se glisser dans la pièce souterraine.

-J’ai rencontré des êtres qui clamaient être vos amis. Puisqu’ils ne semblaient pas provenir de ce monde, j’ai pensé que c’était peut-être vrai.

Il regarda vers le haut, où la trappe était toujours grande ouverte, et fit un signe de la main. Deux immenses formes se glissèrent à ses côtés, et les yeux de Wufjn s’écarquillèrent aussitôt.

- Dufmd!! Wigftr!!!

-Wufjn!!!

Les deux amis se précipitèrent vers Wufjn et l’enlaçèrent, heureux de le retrouver enfin. Si ce que le scientifique leur avait dit était vrai, alors Wufjn devait être encore plus heureux de les revoir. Il avait maigri, ses yeux étaient fatigués et son poil terni. Il semblait avoir passé plus que quelques jours sur cette planète.

Wufjn était plus qu’heureux. Il avait cru ne jamais quitter ce monde infernal. La venue de ses amis était une bénédiction. Il les enlaça à son tour, ravi de leur présence.

Une troisième forme se glissa dans la pièce. Wufjn lui jeta un coup d’œil, intrigué. Il crut reconnaître un Terrien. Il n’était pas certain, vu l’étrangeté de leurs traits, mais il eut soudainement un doute qui l’assaillit.

Il se dégagea quelque peu de l’étreinte de ses amis. Le Terrien devant lui avait les yeux d’un bleu si pur, si profond, la couleur du ciel en été. Ses cheveux étaient d’un blond ambré, dorés comme le blé à la moisson. Ses habits abordaient les mêmes couleurs que l’uniforme de Flavien. La description correspondait.

-Capitaine Charles Patenaude? Demanda le Eelyrch, hésitant.

-C…Comment connaissez-vous mon nom? S’étonna Charles, incrédule.

Il s’approcha des trois amis, curieux.

Wufjn baissa le regard et secoua légèrement la forme endormie sur lui.

-Eh… Réveille-toi…, Interpella-t-il doucement, Y a quelqu’un pour toi…

Charles entendit une plainte à peine audible, et un perçut un mouvement. Lorsqu’il y fit dévier son attention, il demeura bouche bée.

Là, devant lui se trouvait le visage de son second officier. Son teint était blafard, ses yeux clos. De petits mouvements agitaient son corps, frémissant.

Charles se laissa tomber à genoux devant le petit lit de fortune.

Vivant! Flavien était vivant!

Charles n’en croyait pas ses yeux. Comment pouvait-il être là, en vie, alors qu’il l’avait vu mourir? Que s’était-il passé? L’avait-on ramené à la vie? Ou bien n’avait-il jamais été mort?

Il décida que cela n’avait aucune importance. Flavien vivait, et le rien d’autre n’importait. Il était transporté par un tel soulagement qu’il avait l’impression que son corps était devenu léger, que son cœur allait inonder de joie.

Il posa doucement ses mains sur chaque épaule de son second et le fixa.

-Flavien…

Au son de sa voix, les traits du jeune officier se plissèrent et il ouvrit lentement les yeux.

Le Capitaine resta figé par ce qu’il y vit.


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MessageSujet: Re: [FT] Distorsions (PG-13)   Ven 10 Mar à 23:22

Merchiiiiii! Ca m'fait plaisir ^^

Chapitre 13

Flavien crut à un mirage. À genoux devant lui se tenait le Capitaine Charles Patenaude, ses yeux céruléens le fixant d’un air consterné. Quoi que Flavien se refuse à croire que le Capitaine puisse être revenu après près de deux mois d’absence, l’homme lui sembla très solide, très réel.

Était-ce vraiment lui, ou la fièvre avait-elle finalement eu raison de lui?

-Flavien? Demanda l’homme, Est-ce…vraiment vous?

-Capitaine?

La voix, bien qu’affaiblie, ne pouvait être que celle de Flavien. Charles l’aurait reconnue entre mille. Mes ces yeux…

Ce n’étaient pas les mêmes qu’il avait toujours connu, profonds et sombres. Ses yeux étaient maintenant clairs, de la couleur d’un lac cristallin au couché du soleil, miroitant une myriade de couleurs au travers les vagues argentées, reflétant le premier scintillement des étoiles.

Il déposa doucement une main sur la joue du jeune homme, comme pour s’assurer que c’était bien lui.

À ce contact, Flavien sut qu’il ne rêvait pas. Le Capitaine était venu le chercher, et il serait bientôt à bord du Romano Fafard. Il était soudainement si heureux de pouvoir revoir tout le monde… Et Pétrolia… Enfin il la reverrait, sa douce et tendre Pétrolia.

-Capitaine…vous êtes revenu, Soupira-t-il, Vous êtes revenu me chercher.

Le cœur de Charles se brisa. Il l’avait crut mort. Si ce n’était pas des deux rescapés, il ne serait jamais revenu sur cette planète.

-Flavien…

Il n’osa pas lui dire ses pensées à haute voix. Il regarda simplement Flavien, qui ferma les yeux un moment. Il sembla immobile un instant, puis il se mit à tousser inconfortablement. Il toussait et toussait, et Charles commença à s’alarmer. À la dernière quinte de toux, un liquide rouge coula du coin de sa bouche.

Charles essuya délicatement le sang et regarda Wufjn qui semblait tout aussi troublé. Charles se leva rapidement, son esprit de commandement retrouvé, et fut suivi de Wufjn qui souleva Flavien sans aucun effort.

-Nous allons le ramener sur le vaisseau, Annonça-t-il d’un ton autoritaire.

Il fit signe à Wufjn de suivre ses deux amis vers le téléfax, et se retourna vers Marael qui était resté à l’écart.

-Merci de votre aide, Lui dit-il sincèrement en lui serrant la main, Nous vous devons beaucoup.

-Ce n’est rien, Répondit le Meilien, Nous faisons ce que nous pouvons afin que le moins de personnes possible de souffre de cette guerre.

-Je vous souhaite bon courage.

Sur ce, Charles grimpa hors de la pièce souterraine et rejoignit les autres. Tout en marchant vers le téléfax, Flavien leva un sourcil à l’égard du Capitaine.

-Comment …vous avez fait pour …me retrouver?

Il tremblotait sous le vent glacial à cause du manque de vêtements appropriés, mais il voulait en savoir plus.

-C’est une longue histoire, Répondit Charles, Je vous expliquerai…En attendant, gardez vos forces.

Le jeune officier était insatisfait de cette réponse, mais il se tut. De toutes façons, il n’était plus sûr d’avoir la force de parler. Sa bouche avait le goût métallique du sang, sa gorge lui faisait mal. La douleur de sa blessure le tenaillait encore.

Il avait juste hâte de rentrer…

***
Pétrolia attendait le retour de l’équipe dans la Salle de Commandement. Elle était vraiment reconnaissante que Brad fût en regénérescence, car elle n’avait pas envie d’entendre ses sarcasmes. Oh bien sûr, il s’était beaucoup calmé depuis la mort du second officier, mais Brad restait Brad…

Après un moment, elle reçut le signal que quelqu’un contactait le vaisseau. Elle lâcha le circuit robotique qu’elle bricolait et répondit :

-Oui?

-Pétrolia… On est prêts à se téléfaxer à bord. On a retrouvé leur ami Wufjn, mais aussi Flavien… Il est vivant.

-Quoi??

-Écoutez Pétrolia, téléfaxez le à bord, on en parlera après.

La jeune fille s’exécuta immédiatement et appuya sur le levier. Lorsqu’une forme humaine roula sur la plateforme du téléfax, et posa ses mains sur sa bouche, complètement terrifiée. Elle ne pouvait pas croire que ce puisse être Flavien.

Le jeune homme avait, les joues creuses, les cheveux trop longs et désordonnés Il était sale, ses vêtements étaient déchirés, sa peau lacérée. Il était beaucoup trop maigre et beaucoup trop pâle pour être en santé.

Lorsqu’il bougea, cela fit un déclic en elle, et elle accourut à ses côtés.

-Flavien…

Elle l’avait crut mort, elle avait crut qu’elle ne le reverrait jamais, mais il était là! Il était vivant! Les larmes roulèrent sur ses joues et elle le prit doucement dans ses bras. Elle glissa son nez dans ses cheveux et inspira; C’est bien Flavien, c’était lui, enfin.

Les bras de du jeune homme se resserrèrent autours de sa petite taille.

-Pétrolia…

-Oh Flavien…Flavien…

-J’ai tellement rêvé de ce moment, Murmura Flavien, Tellement rêvé de toi…

-Mon Flavien, j’ai crut de perdre…

Flavien la serra plus fort. S’il y avait une chose qu’il aurait voulu, c’est que ce moment dure pour toujours. Il embrassa doucement le cou de la jeune fille, puis enfouit sa tête contre elle. Son parfum, sa peau, ses cheveux…tout cela, il en avait tellement rêvé, il se l’était tellement imaginé, des centaines de fois, des milliers.

Pétrolia sentit sa respiration haletante, puis il toussa d’une toux creuse et laborieuse. Elle n’avait pas le goût de se défaire de cette étreinte, mais elle comprit qu’elle n’avait pas le choix.

-Flavinou… tu es malade.

-C’est…

Il toussa à nouveau.

-C’est pas grave.

Pétrolia se mit debout et l’entraîna avec elle. Elle fut désolée de voir qu’il n’arrivait pas à se tenir debout seul. Ses jambes étaient molles et il reposait lourdement sur elle.

-Pétrolia?

-Hum?

-Tu ne crois pas qu’il faudrait téléfaxer les autres, dit-il d’une voix taquine.

Pétrolia rougit et s’exécuta.


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MessageSujet: Re: [FT] Distorsions (PG-13)   Lun 3 Juil à 0:00

Ptit chapitre en cadeau de fête à Mel!! J't'aime Mel!!

Bon, là c'est l'odi à mes parents fak j'ai pas word, alors ca c'est mon français pas corrigé. C'est mieux que rien Razz

Aussi, c'est presque la fin de cette fic, j'ai décidé d'en faire une trilogie, donc, pour ceux que ca intéresse encore, y aura une suite.

Pis là... ma yeule Razz


Chapitre 14

Une fois que le reste de l’expédition fut rentrée à bord, Pétrolia emmena Flavien au Centre de Santé afin de passer des tests médicaux. Le scanner révéla qu'un éclat de métal était resté coincé entre le sternum du jeune homme et ses poumons, ce qui avait causé une infection, qui, à la suite de l'épuisement et de la malnutrition, s'était transformée en pneumonie. Enlever l'éclat ne causerait pas trop de problèmes, et le jeune officier serait bientôt sur pied.

La jeune fille regarda tendrement Flavien qui se reposait sur la table d'examen. Elle n'arrivait pas encore à croire qu'il soit vivant, même en le voyant allongé là, devant elle.

Enlever l'éclat ne causerait pas trop de problèmes, et le jeune officier serait bientôt sur pied. Pourtant, on aurait pu croire qu'il était beaucoup plus mal en point qu'il ne l'était en réalité.

Son teint était livide, ses joue creuses. Sa peau scintillait, encore humide de la neige qui l'avait recouvert et qui avait fondu à bord du vaisseau. La beauté de son visage serin contrastait les affreuses echymoses qui recouvraient ses bras jausqu'aux poignets. Pétrolia les considéra un instant, se questionnant sur leur origine, puis y appliqua un ongent regénérateur et frotta doucement en observant les yeux clos du jeune homme qui dormait enfin paisiblement.

-Qu'est-ce qui t'es arrivé mon pauvre Flavien? Murmura-t-elle doucement.

Un frisson parcourut la main que tenait Pétrolia, et elle sortit aussitôt une couverture de sous la table d'examen. Elle couvrit le jeune homme, qui remua quelque peu, cligna des yeux encore débordant de fatigue, puis fixa son regard sur elle.

-Merci...

Pétrolia resta figée. Ces yeux... Ces yeux qui la fixaient, ce n'était pas le regard de jais qui l'observait. C'était... des yeux cristallins, des iris limpides traversés de mille couleurs et de pupilles sans fond. Malgré tout, on pouvait y déceller un hale qui évoquait le souvenir de leur ancienne apparence.

-Flavien, tes yeux...

Elle était complètement abassoudie. Elle n'avait jamais entendu parler de personnes pouvant posséder des yeux aussi étranges que magnifiques.

-Quoi mes yeux? Demanda Flavien encore tout ensommeillé.

-C'est...ils sont..., Bafouilla-t-elle avant de sortir un petit mirroir de sa poche et le lui tendit.

Flavien n'eut besoin que d'un seul coup d'oeil.

-Mais..mais j'ai le regard de Laêlia!! S'exclama-t-il, alarmé.

-Laêlia?

-C'est elle qui m'a sauvé... Elle est morte peu de temps après.

Ses yeux semblèrent changer de teinte et devenir argentés, surplombés d'un voile sombre.

Pétrolia l'observa un moment, puis se pencha et l'enlaça pour le réconforter. Elle ne connaissait pas Laêlia, ni les événements qui s'étaient produits sur Meilia, ni même Wufjn, le doux géant qui semblait s'être pris d'amitié pour Flavien. Mais dans son visage perdu, elle savait qu'il avait besoin de soutient. Elle le sentit lui rendre son étreinte et expira doucement, appréciant chaque seconde de ce contact intime.

Flavien déplaça une main de son dos à son visage. Pétrolia ouvrit les yeux et croisa ceux de son amoureux, qui étaient maintenant d'un bleu si profond qu'elle aurait pu si perdre. Elle n'eut pas le temps s'en émerveiller car il l'embrassa fougueusement et elle en oublia même son existence.

***

Pendant qu'il enlevait son scaphandre avec l'aide de Valence, Charles s'adressa à Wufjn.

-Nous avons beaucoup à dire, mais je vois que vous êtes fatigué.

En effet, le Eelyrch semblait exténué malgré son air de dur à cuire. Sa fourrure était terne, ses traits était tirés, réflétant la lassiture, l'épuisement extrème. Ses deux amis se tenaient près de lui, bien décidés à le suivre partout où il irait.

-Vous devriez vous reposer, Ajouta le Capitaine en les regardant tous, Nous avons tous besoin de repos. Nous allons vous reconduire sur votre planète, elle n'est qu'à 4 jours d'ici à ce que vous m'avez dit. Nous continurons notre mission à partir de là

Il se retourna ensuite vers Valence.

-Montre lui leur chemin et prépare un lit de plus. Je vais avertir Bob que nous quitterons l'orbite de Meilia très bientôt.

***

Pétrolia s'éveilla au son d'une respiration difficile. Elle leva la tête et vit que Flavien semblait plutôt livide. Ses yeux étaient devenus gris-vert et Pétrolia s'étonna encore de ce changement si singulier. Pourtant, elle mis ce détail de côté.

-Ca va? Demanda-t-elle anxieuse.

-J'ai... ma blessure... Me fait mal..., Réussit-il à dire à travers sa respiration halletante.

La jeune fille se sentit soudainement très irréfléchie. Elle se réprimanda intérieurement de ne pas avoir agit plus tôt.

-Je vais t'enlever l'éclat de métal, tu vas voir, ca ne prendra pas de temps. Tu seras sur pied dans quelques jours.

Flavien hôcha seulement la tête, et la regarda préparer le matériel. Bientôt, tout serait fini, tout serait comme avant...

Pétrolia apella Serge à l'aide de sa montre, puis revint au près de Flavien. Il sentit un léger pincement au bras, puis vit la jeune fille se pencher au dessus de lui.

-T'inquiètes pas, quand tu te réveilleras, t'auras juste une vilaine grippe.

Flavien regarda l'image de Pétrolia s'embrouiller, puis s'assombrir peu à peu jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien.



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MessageSujet: Re: [FT] Distorsions (PG-13)   Jeu 8 Fév à 10:37

Haha j'ai décidé de finir ca ajd!! Razz Demandez moi pas pourquoi :rolleyes:

Alors voici la finnnnnn Very Happy

Chapitre 15


Lorsque Flavien ouvrit les yeux, il reconnut aussitôt le Centre de Santé. Il était bien là, il n’avait pas rêvé! Il était enfin rentré chez lui.

La pièce était sombre, le vaisseau devait être en cycle nocturne. Il n’y avait pas beaucoup de bruit, seulement les bips réguliers des moniteurs et le doux vrombissement des moteurs. Tout était calme. Flavien remarqua la forme endormie de Wufjn adossé à la table d’examen. L’énorme silhouette semblait onduler sous les longues respirations du Eelyrch. Il avait l’air imposant, même durant son sommeil.

Flavien sourit. Le géant lui était encore très attaché. Il se demanda ce qui se passerait lorsqu’ils atteindraient sa planète natale. Sûrement Wufjn allait vouloir rentrer chez lui. Mais comment prendrait-il le départ de son protégé?

Flavien réfléchit. Il ne pouvait pas rester sur Eelyrch, il avait une mission à mener avec le reste de l’équipage. Et puis il y avait Pétrolia… et Bob… et en fait tout les membre de l’équipage lui tenaient à cœur, même peut-être Brad. Il ne pouvait pas les abandonner, mais cela voulait dire qu’il devrait alors se séparer de son compagnon, celui sans qui il serait mort sur une planète glaciale. Il lui devait beaucoup.

Le jeune homme bougea un peu sur son matelas, tentant d’étirer un peu ses muscles endoloris. Il devait y avoir plusieurs heures qu’il était dans la même position. Il secoua la tête légèrement, tentant d’éclaircir sa tête un peu de l’effet d’anesthésie. Il détestait cette sensation : C’était comme être éveillé et endormi tout à la fois. Et il n’y avait pas moyen d’en choisir un seul, le sommeil ou l’éveil.

Il secoua encore la tête.

Cela du faire un peu plus de bruit car les instincts de Wufjn furent aussitôt alertés. Ses oreilles firent presque qu’un demi-tour à 180 degrés et il releva la tête. Lorsqu’il se retourna vers Flavien, ses yeux s’ouvrirent complètement.

-Flavien!! T’es réveillé!

-Oui, Fit le jeune homme avec une voix plus rauque qu’il ne l’aurait imaginé.

-Ça va mieux?

-Ouais, ça va. Pétrolia a bien réussi?

-Oui, elle a fait ça comme une pro… ben enfin presque…

-Comment ça, presque?

-Ben…

Le géant semblait mal à l’aise. Flavien lui lança un regard qui le força à parler.

-Elle a un peu…enlevé un morceau de côte que t’avais cassé… mais elle l’a replacé, j’t’assure!

Flavien soupira. Puis il se mit à rire.

-C’est bien Pétrolia!

Le Eelyrch rit aussi. Il était content de voir son ami heureux de la sorte. Il ne l’avait pas souvent vu rire. Dans la prison où ils avaient été jetés et enfermés pendant des semaines, il n’y avait pas beaucoup de raisons de se réjouir. Mais ici, à bord du vaisseau que Flavien appelait sa maison, il était heureux. Et Wufjn aussi.

Et c’est sur cette scène joyeuse qu’entra le Capitaine. Lorsqu’il vit les deux amis rire de bon cœur, il sentit le stress des derniers jours quitter son esprit : Flavien allait bien.

Il se dirigea vers la table d’examen, souriant.

-Bon soir Flavien, Wufjn.

Le jeune homme lui fit un salut même s’il était toujours couché et lui répondit en gardant un sourire sur les lèvres.

-Bon soir Capitaine.

-J’vois que vous aller mieux, j’en suis heureux pour vous.

-Merci Capitaine.

Le Capitaine posa sa main sur son épaule en signe d’encouragement. Puis il se retourna vers le Wufjn.

-Je venais vous annoncer que nous serons en orbite autour de Eelyrch dès demain matin.

-Merci Capitaine Patenaude, je ne sais comment vous remercier.

-Ce n’est pas grand chose, Fit le Capitaine, C’est sur notre chemin de toute façons.

Flavien fronça les sourcils.

-Vous n’aviez pas dit que ça nous prendrait 4 jours?

Charles sourit.

-Oui, c’est ce que j’ai dit.

-Mais alors…

-Vous savez Flavien, après une opération, une longue période de malnutrition et d’épuisement, on peut dormir anormalement longtemps!

Le visage du jeune homme se fronça encore plus.

-Vous voulez dire que… j’ai dormi tout ce temps là??

-Ne vous inquiétez pas Flavien, c’était mérité. De plus, vous êtes presque complètement rétabli, c’est fou ce que votre moitié extra-terrestre peut être utile.

Ne sachant quoi répondre, Flavien bredouilla quelques remerciements polis. Puis, il inspira d’aise. Tout rentrait dans l’ordre. Il était enfin sur le Romano Fafard, Wufjn ainsi que ses amis allaient rentrer sur leur planète natale, et la mission allait bientôt reprendre. Tout allait pour le mieux.

Il ferma les paupières sur ses yeux couleur lavande et sourit.


Fin du premier tome!!! Very Happy
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