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 [FT] Pardonne-moi (R)

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M@rie
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Mer 8 Aoû à 23:26

Chapitre 15 : Les rêves et les squelettes


Les bras serpentés autour de la rampe, Brad trouvait ça mignon d’assister en retrait aux retrouvailles. Enfin, il le pensa jusqu’à la fin de la rapide prise de nouvelles fut prises et cette phrase qui fut prononcée …

-Alors… Si tu me présentais Brad, Steph ?

Dis comme ça, le garçon n’avait pas besoin de présentation mais Stéphane embarqua dans son jeu et s’en donna à cœur joie :

-Avec plaisir ! Donc ÇA – Il se recula et lui pris le bras pour le pousser vers Jérôme - C’est Brad, au cas où tu le saurais pas ! Et toi - Il regarda Brad qui semblait surpris, s’attendant pas à entrer dans la conversation de sitôt – pour ton information, ÇA, c’est Jérôme – Il le poussa un peu Jérôme pour le rapprocher du jeune garçon.

Steph n’était pas très doué pour présenter ou il a une super bonne complicité avec lui pour faire toute cette mise en scène, Songea Brad, en rougissant.

Il vit tout de même, de sa position assez proche, que l’autre envoya un beau sourire égayé à Stéphane. Puis Brad se rendit compte ensuite qu’à travers de ses cheveux mi-longs décoiffés au vent, que le jeune homme l’observait de la tête aux pieds.

-Sans déconner…, Dit normalement la voix de Stéphane, à côté. Brad, je te présente Jérôme Messier, mon ami qui a gentiment accepté de nous héberger à la dernière minute. Jé’, je te présente Brad Spitfire, LE Brad …

Allocution charmante, voire gênante pour le plus jeune, dont Jérôme répondit :

-Ravi d’enfin te rencontrer.

Ce fut assez pour se sentir rougir et bafouiller un :

-Moi aussi. Mais euh… Comment ça ‘’LE Brad’’… il… il t’as déjà parlé de moi ? Demanda t-il, maladroitement.

Le jeune homme ria comme si ce n’était pas une question à poser à son avis.

-Et comment ! Depuis qu’il m’a crié ‘’Jé’ ! Je suis en amooouuur !! … avec un gars…’’ la dernière fois qu’on s’est vu, à chaque fois qu’on se parlait, j’entendais comment il t’aime à la folie, comment t’es merveilleux et adorable…

Il bredouilla un ‘’Ah ouais ? … ‘’, se demandant ce qu’il avait bien pu raconter à son sujet.

Stéphane en rigola aussi, mais il était sur qu’il riait plus de son teint rougissant tomate. Il fit remarqué :

-Il est toujours timide avec le monde, t’en fais pas. Après un moment, quand on le connait mieux, il change d’attitude.

-Héhé, c’est pas grave, Fit Jérôme. Mais heille, entrez, venez vous installez.

Brad entra le dernier, toujours aussi gêné, avant que Jérôme, resté dans le minuscule hall d’entrée, ferme la porte.

Son appartement était totalement… masculin. Ni propre ni sale mais ce n’était pas le top de la décoration, disons. Par contre, ça avait quelque chose de naturel, ça avait bien de la classe.

Le salon était meublé d’une causeuse et d’un fauteuil rouges et usés, d’un meuble télé avec à côté d’une mini-chaîne stéréo, d’une table à café noire encombrée d’objets et de papiers et d’une plante coincée près de la fenêtre. Les murs couleur vert pomme était placardé de quelques photographies de toutes sortes et d’affiches de groupes. Adjacente, la cuisine en jaune pâle était constituée d’une petite table de quatre places et d’un comptoir qui prenait 2 murs avec de vieux appareils électroménagers dans celui-ci. La cuisine semblait être un peu en désordre que le reste avec un coin dans lequel s’empilaient des cartons.

-Venez, je vais vous montrez la chambre ou vous allez dormir.

Il les conduit dans un minuscule couloir avec deux pièces et une salle de bain. Il entra dans celle du fond gauche, peinte en bleu, qui semblait servir de bureau et dans laquelle Jérôme leurs avaient rapidement un matelas gonflable (tellement rapidement que les draps étaient pilés mais pas mis). Ils posèrent leurs affaires avec la paresse de les défaire, pour le moment avant de revenir au salon.

L’hôte leur proposa quelque chose à boire et les deux prient du jus d’orange étant donné l’heure. Puis, ils assirent pour causer…

-Donc… Si tu me parlais de toi, Brad…, Entama Jérôme, suivant le conseil de tout à l’heure de Stéphane, essayant de le mettre à l’aise.

Le concerné, gêné, ne trouvant rien à dire, bafouilla une simple excuse pour pas être y être confronté :

-Euh… ben… il y a pas grand-chose à dire sur moi…

Jérôme eut un sourire :

-Ça m’aidera pas à te connaitre ça.

-Ah… euh… qu’est que tu veux savoir debord…

-Je sais pas, qui t’es, tes passions, tes rêves…

Brad se demanda ce qu’il avait bien d’intéressant à dire sur lui. Mais il se mit quand même à se dévoiler.

-Euh… Je connais Steph depuis 3 ans et demi. On s’est rencontré au pensionnat parce-que mes parents et les autres, c’est des égoïstes fini qui voulaient m’empêcher d’être moi. Et depuis ce temps-là, on s’aime… Sinon, j’aime beaucoup plusieurs domaines des arts, la recherche, la nature, m’amuser… euh… j’ai 13 ans… Je suis plutôt solitaire et lunatique….

-T’as que 13 ans ? S’étonna t-il, assez estomaqué, les mains sur ses genoux.

-Euh… mouais…, Hésita t-il, ayant peur que ça soit une forme d’insulte.

-Ah bon, c’est bizarre, je t’aurais au moins donné l’âge de Steph. Donc vous étiez jamais en cours ensemble ?

-En fait, non, on l’était – Brad, arrête de rougir ! Il y a rien là, on s’en fout de ton âge – il a juste monté plus rapidement dans les niveaux, Expliqua Stéphane. À cause de son père qui a usé de son influence pour mettre son fils dans la classe qu’il voulait.*

-Ah ok, il a l’air pas commode son père… Et qu’est tu aimes dans les arts, Brad ?

Encore une fois, il eut vraiment peur. À croire qu’il était beaucoup trop soucieux de son apparence, ampli de craintes. Il se questionnait à savoir aussi s’il était fait pour s’ouvrir au monde.

-La lecture et l’écriture, le théâtre, la musique, la peinture. Mais surtout la danse.

Si Brad aurait été un glacier, ça serait longtemps qu’il se serait liquidifié de gêne quand Jérôme s’attarda, intéressé, sur le point sensible.

-La danse ? T’aime ça ? En voir ou en faire ?

Il n’arriva à rien dire. Malgré ses efforts en ouvrant la bouche, rien. Mais rien, blocage total. Il finit par fermer les lèvres, les sceller, les boucler. Incapable de dire le moindre mot sur cette discipline qu’il aimait tant pourtant.

-Qu’est qu’il y a ? J’ai dis quelque chose qui fallait pas ?

Stéphane prit la parole à sa place, gravement :

-Non, c’est que c’est assez… un sujet dérangeant pour lui… Je peux lui expliquer, Brad ? – Après le vague hochement de tête, il continua – Les deux. Il est vraiment bon, aussi… enfin, de ce que j’ai vu… Mais il a été flanqué là-bas à cause de son père qui s’acceptait pas ça, d’où le ‘’égoïstes fini’’…et…

-Ok, c’est correct, Coupa Brad, brusquement, refusant d’être entendre plus. On peut parler d’autre chose ou.. ?

Au lieu de l’écouter, Stéphane eut son éternel sourire malicieux et s’adressa, réjoui, à Jérôme :

-Je te l’avais dis qu’il changeait d’attitude. Tiens, ça a pas été long, cette fois !

Amusé malgré tout et ayant une idée, il se dit qu’il était bien décidé à faire partir toutes ces apparences et peut-être même brisé la glace, une bonne fois pour toutes. Donc, il empoigna un cousin et se jeta sur Stéphane pour le renverser contre le bras de la causeuse. Ce qui fut pour effet qu’il se retrouve à genoux, près de son ventre, à donner des coups un peu partout avec son arme moelleuse.

-Non mais la ferme, toi !! Menaça sans sérieux Brad, avec un grand sourire.

-Ahh ! Au secours ! Il m’attaque ! À l’aide !

Sa voix se perdait dans son fou rire incontrôlable, pris au dépourvu, se protégeant comme il pouvait des mains des coups qu’on lui administrait. Mais même Brad ne pouvait pas le voir étant trop occupé, il entendait Jérôme trouvé ça drôle et qui n’allait même pas à la rescousse de Stéphane.

Il continué pendant quelques instants à le battre avec le cousin avant d’enclencher la deuxième phase de son plan improvisé.

Brad se pencha encore plus vers lui, lâchant distraitement le cousin par terre et mit une main sur sa joue, en ordonnant :

-Embrasse-moi, si c’est comme ça.

Il avait vu juste parce-que pendant une fraction de seconde, l’autre garçon hésita avant d’avancer le cou pour lui donner amoureusement ce qu’il voulait.

Les yeux fermés, il savourait le goût qu’avait de faire ça devant quelqu’un qu’ils connaissaient, sans avoir à se cacher n’importe où pour cela. Il savourait le fait de le sentir surpris de son audace sans pouvoir le cacher dans le baiser. Bizarre mais exquis.

Il stoppa comme il avait commandé, ouvrit les yeux et se remit correctement à sa place comme s’il était purement innocent. Stéphane, encore déstabilisé en regardant en coin Brad, s’essuya la bouche du revers de la main et se rassit prudemment.

Le plus vieux éclata de rire en observant la réaction réservée de son ami avant de les complimenter :

-‘Êtes mignons.

-Merci… Et toi, si tu me parlais de toi, Jérôme ? Proposa Brad, comme si rien n’y était, espiègle.

-Si tu veux. Alors, moi j’ai 21 ans, je connais Steph depuis 8 ans déjà, tu sais comment ? – Brad approuva – Ah bien. Je suis autonome de tout système depuis ma majorité et j’étudie en 3ème année de BAC en sciences politiques. Je travaille dans une épicerie comme commis pour survenir à mes besoins. Sinon, quoi dire, j’adore la photo, la musique. Je suis un grand sportif, j’aime à peu près tous les sports… c’est pas mal ça…

-Et tu fais quoi comme sports ? …


***


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Mer 8 Aoû à 23:26

Tout cela avait donc précédé une entente chaleureuse entre Jérôme et Brad, une longue discussion, des niaiseries, un souper et une soirée devant une vielle console de jeu où des ninjas déchainés se battait, sans que les deux amoureux n’aient eut l’envie de déballer leurs affaires. La belle vie, quoi… on allait pas la gâcher !

En même temps, l’hôte s’avérait être quelqu’un extraverti, de fort sympathique, à l’écoute. Jérôme avait eut une attitude une attitude si cordiale que Brad réussit à lui exposer toute sa grande passion. De plus, l’adolescent ne voyait même plus comment il aurait pu avoir des troubles nerveux et des airs de médicamenté tellement il se ressemblait pas à l’ancienne description qui lui avait été dit.

Bizarrement, on aurait dit que St-Nom-De-Marie l’avait coupé de la réalité et qui l’a retrouvait maintenant. Il renouait avec le monde extérieur, il allait être mieux, changé sans contraintes. Mais surtout, ce fut une très belle première journée de liberté et sûrement pas la dernière* …


***


En cette fin juin, la salle de conférence des bureaux principaux de la Spitfire Corporation semblait bien vide sans son tas de personnes nerveuses et à l’horaire sans ce truc qu’on appelait du temps libre.

En effet, elle ne contenait que son patron, qui était installé dans sa chaise habituelle (la plus confortable et la plus grosse de toutes, ça allait de soi… - et son invité, assis tout près de lui. C’était un homme bien mis, au visage aux traits carrés et aux cheveux marron qui déposait son attaché-case sur la table massive.

À ce moment-là, ils s’étaient serrés la main en geste en guise de salutation puis commencèrent à discuter.

Politesse. On se partage ses brefs états d’âme :

-Vous allez bien ?

-Ça pourrait aller mieux mais ça va…

-Moi aussi…

Politesse. On s’informe et on discute des conditions météorologiques :

-Beau soleil, non ?

-Oui et pas trop chaud. C’est parfait.

Fanatisme. On relate les exploits sportifs de la veille. Rich, en grand amateur, s’en donne à cœur joie. *

-Beau but en deuxième, han Olivier ?! … D’après moi, les sénateurs vont remporter les séries éliminatoires. Ils vont bien, cette saison, surtout avec leurs attaquants et leur gardien très talentueux. Je suis un grand fan d’eux, en plus, vous savez.

-Oui, moi aussi. L’Avalanche n’a aucune chance même avec la petite prometteuse Julie Gretsky !

-Oh, parlez-moi pas d’elle ! L’Avalanche a fait une erreur monumentale en l’engageant cette année … Comme si une fille pourrait être bonne, même si c’est la petite fille de Wayne !... Le hockey, c’est un sport d’Homme, de vrais !!

Profits. On parle affaires…

-Dites, on s’entend bien vous et moi et je pense qu’on pourrait s’associer. Qu’en dites vous ? D’ailleurs, j’ai un projet en préparation qui pourrait bien vous plaire. Et c’est le moment idéal, mon entreprise a de très bons résultats à la bourse et un taux de productivité élevé, ce trimestre….

Et finalement, le sujet d’intérêt qu’ils gardèrent comme un plat de résistance. Leurs gars.

-Est-ce que Stéphane vous a déjà parlé de mon fils ? Savez-vous quelque chose à propos de ce qu’ils ont stupidement fait ?

-Hélas, non. Et de vôtre coté, rien ?

-Non plus. Disons que depuis que j’ai placé Brad là-bas, j’ai à peine un signe de vie. Il m’en veut mais c’est pour son bien. C’est pas que ça me dérange d’avoir perdu contact avec lui mais là, il faut qu’on lui montre la gaffe et l’imbécilité monumentale qu’il a fait... Surtout que ma femme va me tuer si j’arrive pas à le retrouver… Enfin bref, non, il a jamais été porté à nous parler de lui-même et encore moins de sa vie sociale…

-Oh, c’est exactement la même chose pour moi. Et comme Stéphane a toujours été un garçon turbulent - malgré nos nombreux efforts ! - ça ne m’étonne pas de lui. Il faudrait une vraie punition cette fois pour nos gars… Mais bon, ça ne nous aide en rien tout cela.

Stratégie. On cherche, on se creuse les méninges à essayer de les retrouver. Surtout sans que la police en soit alertée pour éviter les ragots sur leurs familles et pour éviter un taux d’inquiétude trop élevée pour Anne et Sophie.

À midi, la solution était trouvée. La solution infaillible.


***


Dans un parc accueillant, c’était là qu’ils avaient trouvés refuge pour profiter du soleil en cette mi-juillet qui s’animait d’une magnifique journée d’été.

Les enfants couraient, s’amusaient, jouaient dans l’eau, parents se faisaient griller, les terrasses étaient pleines à craquer. Enfin, personne ne voulait rester enfermer.

Pour leur part, les deux amants étaient étendus sur l’herbe fraichement coupée, fixant le ciel bleu et dégagé. À profiter de la vie comme ils savaient le faire à fond.

Et en cette belle journée, ils avaient un moral d’enfer, surtout Brad, en cet instant…

-… Tu penses que je pourrais ? Redemanda t-il, les yeux brillants, n’y croyant pas.

Ah oui, c’était vrai… Ils s’étaient inscrits à des cours pour adultes afin de rattraper la fin de leur quatrième secondaire et faire leur cinquième. Et aujourd’hui, ils parlaient de cet après. D’ailleurs, ils s’étaient trouvés un minuscule mais acceptable et à bas prix appartement avec une grande aide de Jérôme. Et qui disait avenir disait travail. Pour survivre, les deux s’étaient trouvé un emploi, Stéphane dans un dépanneur et Brad dans une bibliothèque. Mais à long terme, ça signifiait aussi pour Brad, qu’il avait vraiment été berné car…

-Bien sûr ! Assura Stéphane, souriant. T’as pas à écouter tes parents si tu t’en es détaché pour de bon. Tu peux faire ce que tu veux. C’est ta vie, après tout, pas la leurs. La tienne.

-Moui, c’est vrai…, S’extasia le plus jeune, d’un ton plein d’aspiration. Et là… Et là…

Il avait recommencé à rêver, à espérer, à planifier. Cette fois, cette planification semblait encore mieux, plus étoffée, encore plus merveilleuse. Le jeune passionné rajouta :

-Je pourrais essayer d’auditionner dans un grand cegep… ou au conservatoire… ou aux grands ballets… ohhh…

-Tout ce que tu voudras.

Stéphane tourna la tête vers l’autre qui semblait adoré reprendre ses illusions, émerveillé. Il lui adressa une expression de contentement de lui, avant de retourner en direction du ciel bleu, sans aucun nuage. Un peu comme le ciel de Brad…

-Et je suis certain que tu vas réussir. Je suis pas un expert, enfin je m’y connais pas du tout, maaaiiis j’sais que j’ai rarement vu quelqu’un d’aussi talentueux et ambitieux quand il veut quelque chose. Et j’sais que tu peux devenir ce que tu veux parce-que j’ai jamais vu un gars avec autant de passion, de rythme, de grâce rien qu’en marchant… - Brad rougit en l’affligeant dans les côtes pour le punir d’en rajouté et de le gêner – Aie… Et si on veut pas de toi dans le milieu, c’est qu’ils sont cons, doivent révisés leurs critères et prendre un rendez-vous chez l’optométriste.

Brad eut un petit rire léger, flatté et touché par autant de compliments dans le même discours. Il l’approuva :

-Ouais… Ouais, t’as raison, Steph… Et en même temps, ça va être une vengeance doublée pour mes parents.

-T’as tout compris ! Et en plus, t’auras un fan inconditionnel qui va avoir un accès vip à ta loge !

-C’est pas très partial comme fan ! Ria t-il, encore une fois en le collant.

-On s’en fout, je serais un fan privilégié !

-Ouain han maudit chanceux…

-Oh que oui…

Il avait mâchonné ses dernières paroles d’un ton convaincant, sensuel, que Brad vint poser ses lèvres sa joue, voyant que des étoiles.

-Et toi, tu feras quelque chose dans quoi t’es bon… On aura tout pour être heureux, ensemble.

S’il aurait pu effacer son sourire, il serait déjà disparu avec empressement mais il ne le fit pas, rien paraissait. Parce-que pour Stéphane, c’était justement, ça, le drame. Et Brad ne devait jamais le savoir.

Pourtant, la voix du brun continua à se faire entendre même s’il n’y portait plus l’attention nécessaire :

-Tu sais… Je te verrais bien dans un domaine avec de l’écriture… Je me rappelle des deux lettres que tu m’avais données à mon anniversaire, les deux dernières années et j’en ai encore des frissons. C’était tellement bien écrit.

Il haussa les épaules, ne sachant pas trop si c’était vrai, perplexe. Plus dans sa tête que d’autre chose.

Rien laissé paraitre. Ne pas dire qu’il ne voulait surtout pas y penser.

-Peut-être… Je sais pas, j’y ai jamais pensé… Dit Stéphane, comme si c’était une simple possibilité. Je vais voir à ça.

Rien du tout qui paraissais quand la conversation dériva vers autre chose.

Il en était assez soulagé comme il ne fallait pas gâcher son bonheur.


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Mer 8 Aoû à 23:26

***


La lune faisait sentir sa présence dans la pièce et rayonnait d’un bleu brillant sur le damier de bois du sol. Et cette nuit-là, Brad avait émergé de son sommeil et s’était levé d’un pas titubant pour aller à la salle de bain. Étant dans les vapes du sommeil qu’il n’avait même pas remarqué qu’il avait été le seul à occupé le lit, ce soir-là. Puis que Stéphane devait être encore avec Jérôme qui était venu leur rendre visite. Sortant des toilettes, il vit de la lumière venant du salon puis s’y approcha, intéressé de leur demander ce qu’ils fabriquaient à cette heure impossible de la nuit… sauf que automatiquement son envie disparue et fut répondue d’elle-même :

-Non… C’est pas ça… Ça va l’inquiéter en plus…

Son cœur fit un bond d’horreur et s’emballa.

Stéphane – anéanti, le moins que l’on puisse dire – s’essuyant sans cesse les yeux, les genoux replié à son menton, assis sur le vieux divan rapiécé* , qui était situé à la gauche avant l’entrée du couloir. Jérôme, un peu moins visible d’à partir du couloir, était assis à côté de lui, une main dans son dos.

Aucun des deux gars n’avait remarqué sa présence nocturne. Ils ne voyait pas comment ça le rendait mal et effrayé. Comment il se tenait donc dans le silence, un silence d’effroi pendant que cette crise continua, sans se soucier de l’imposteur.

-Mais FAUT que tu lui parles… Même si ça te tente pas… Ou va voir un pro…

-Et j’aurais l’air de quoi devant un psy ?! Je te l’ai dis, Jé, on va m’étiqueté pis j’veux pas…

-T’auras juste l’air d’un gars qui a besoin d’aide.

-Non… On va pas me prendre au sérieux… Peut-être que Brad aussi…

-Mais ça a pu d’allure ! Surtout si tu en arrives à ce stade !

Il percevait le ton furieux, agacé pourtant compréhensif de l’un et l’autre qui n’avait plus rien de vivant ni de joyeux de l’autre. Il ne savait pas quoi penser de tout ça. Seulement que ayant peur de se faire remarquer et éprouvant un drôle mélangeant entre la curiosité et l’horreur, il se reculant encore plus dans l’obscurité pour continuer d’écouter la conversation qui dégénérait :

-Mais il est très bien sans le savoir ! Je vais pas ruiner ça pour un prétexte comme… ça !

-Il est pas mieux sans savoir… Regarde, tu te fais du mal à cause de ça et faut pas.

Il eut un silence brisé d’un sanglot déchirant celui-ci. Il n’y eut plus rien d’autre, pendant un moment.

Stéphane semblait pleurer énergiquement, comme il ne l’avait jamais vu faire. Jérôme, le regard piteux, recommença à lui tapoter le dos. Ses sanglots forts, violents, le secouait et touchait Brad, au plus haut point, exprimant de l’empathie.

Puis, Brad se rendit compte que son amoureux marmonnait :

-Chu un monstre…. Chu un MONSTRE !

Il n’entendit pas la réponse négative de Jérôme, ni le reste du réconfort comme il avait tourné les talons, ne voulant pas en supporter plus.

Affecté, il retourna dans le noir, se recoucher. Il s’étendit sur le côté, malgré son cœur un peu trop lourd et serra un des coins de son oreiller. Les yeux grands ouverts, il retournait encore et encore dans sa tête ce qu’il venait de voir.

Le jeune homme avait raison, il lui fallait de l’aide, peu importe ce qu’il avait mystérieusement…

Sauf qu’il se questionnait au sujet du lendemain et de sa gestion de ce qu’il avait vu.

Comment allait t-il faire pour le regarder en face, seuls à ce moment ?
Comment allait t-il faire pour ne pas avoir cette affreuse image qui allait lui revenir en sa présence ?
Comment il allait faire semblant – bon ok, il était un presque-pro mais quand même… - de n’avoir rien vu ?

Et Brad se demandait surtout :

Pourquoi il ne me l’a pas dis, il y a des semaines, la soirée qu’on a fugué ?

L’adolescent se retourna de côté, troublé et regarda la lueur bleuté sur les draps inutilisés. Et dans sa tête, il se dit :

Non, t’es pas un monstre, mon amour… Juste … le gars le plus compliqué que j’ai avais rencontré…


***


Au matin, ne fut pas n’importe quel jour que je devais confronter dans la banalité d’un jour ordinaire pour les autres. Pour moi, ça voulait dire que le mal se creusait de plus en plus profondément, de plus en plus acéré et impitoyable.

Quand j’ai retrouvé la notion du temps que j’avais perdu fin mai, il y a deux semaines, le calendrier est devenu un objet qui me rappelais sans cesse que je devais affronter ce que je ne voulais pas. En plus de n’avoir jamais osé lui dévoiler, je me détruisais le moral, l’esprit à y penser. Jérôme me l’avait bien fait comprendre avant qu’il parte complètement crevé. Penser encore et encore à ça. Penser que je perdais sans cesse une partie de moi, qu’elle devenait souvenirs et dépérissement. Jour après jour, les dommages, encore, continuellement.

J’ai 16 ans et demi en prenant un billet de métro et en l’accompagnant à sa job, en le voyant un peu marabout depuis qu’il s’est levé. J’ai 16 ans et demi sur le quai ou notre vie se bouleversera.

Brad regardait silencieusement une affiche de l’autre côté de la rame, des écouteurs sur les oreilles, les mains dans les poches. Je me rendais bien compte qu’il avait à peine prononcé un mot de la journée, qu’il était un peu distant, boudeur à la limite et je me demandais bien ce qu’il avait.

Trop intrigué, je lui lançai une réplique stupide d’un ton sérieux : :

-Tu vas me dire qu’est que t’as à matin, mon p’tit Brady, à la fin !?

Un ange passa ainsi qu’une sorte d’hésitation dans son visage avant qu’il me dise calmement et sans se retourner :

-Et qu’est qui arrives sinon ?

Il eut juste le temps de retirer ses écouteurs pour les laisser pendouiller dans son cou avant que j’aille l’idée. Je m’empressai de l’attaquer par derrière, lui retenant les bras, le faisant avancer d’un pas, tout près de la rame.*

-Je te fais tomber !

-Tu réussiras pas !

Brad éclata de rire en se retournant, se libérant de mon emprise pour me pousser de l’autre côté.

On ne l’avait pas vu ni l’un ni l’autre cependant il y a avait quelques personnes éparpillés dans l’endroit, dont un homme imposant tout près qui nous regardait du coin de l’œil avec une avidité, une drôle de satisfaction.

Pendant ce temps, je me pris les pieds, chancelant puis il m’entraine vers le mur incliné couvert de publicité. Et il me poussant contre celui-ci et m’embrassa sauvagement. J’attrape sa main, de l’autre je me retiens à ses hanches, lui pose la restante sur mon visage.

Quelques instants plus tard, Brad s’arrêta complètement, sans raison, figé, le visage apeuré.

-Vous me suivez sans imposer de résistance sinon il va falloir appliquer la méthode forte.

L’homme, chauve et aux vêtements plutôt négligés, avait surgi derrière le dos de Brad, une arme blanche pointé dans son cou. Et à son air, Brad avait reconnu la voix de son propriétaire.

J’ai 16 ans et demi en sentant que nos doigts s’écrasaient entre eux de terreur et en me disant qu’en fin de compte, c’était pire que tout ce que j’avais imaginé comme journée...



*Donc, si vous comprenez bien, Brad avait 10 ans quand il a rencontré Stéphane et lui avait 13 ans. L’histoire se déroule jusqu’à ce que Brad ait 14 ans et Stéphane presque 17.
En fait, selon ce que j’ai imaginé, il y a une cinquième et une sixième année, alors Stéphane est entré au pensionnat à 12 ans, en sixième.
*Si vous avez pas retenu, ils sont fin mai et le chapitre s’étale jusque mi-juillet.
* Plogue de hockey pour Caro et Rox
*La description de leurs appart, ça va être le chapitre prochain alors imaginez pas trop ^^
*J’ai vu deux gars s’amuser à ça dans le métro de Paris et ça m’a inspiré ^^


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Mer 8 Aoû à 23:28

Intermède 3 – Stéphane : Un manque lointain (Futur)*


Il y avait son carnet d’adresse et une liasse de photos prise par Jérôme étalés sous une enveloppe brune sur ses couvertures ternes et rouges. Il y avait des valises ouvertes envoyées sauvagement dans un coin et ouvertes. Il y avait tout le décor de son ancienne chambre, avec ses affiches de groupes qui tapissaient les murs blanc.

Il y avait ce manque en lui, cette peine après la colère, cet ennui en lui.

Il y avait de quoi déprimer en le voyant, regarder les clichés, abattu, un téléphone portable à l’oreille.

-Bonjour madame Langlois, j’pourrais...., Dit le jeune garçon alors comme si on venait de répondre.

Et au bout du fil, une voix de femme ayant un grand choc émotif se fit entendre :

-Stéphane ?! Oh mon dieu... Oh c’est pas possible ! Je me suis tellement fait de soucis pour toi ! Est-ce que tu vas bien ?

Le jeune garçon eut un triste sourire en reconnaissant le côté survolté et sensible de la mère de son ami, regardant encore une autre photo.

-Ça va. Y a pas de problème.

-Bien heureuse de le savoir ! Quand Jonathan m’a dis ça... Ah... Mais je suppose que tu veux lui parler...

Il gloussa faussement, trouvant sa réaction drôle malgré les circonstances cependant, c’était plus d’une certaine manière pour camoufler qu’il avait le moral à zéro et qu’il ne voulait pas la surcharger d’émotions davantage.

-Ouais, pour ça que j’appelais... Vous pouvez me le passer ?

-D’accord. Une seconde.


***


- ... Qu’est qui t’arrives ? T’es ou ? Demanda à ce moment la voix de Jonathan.

-Hum... C’est un peu pathétique ... Mais chez moi..., Marmonna t-il, ressentiment dans la voix envers les deux adultes.

Il lui raconta tout ce qui s’était passé avec des éléments falsifiés.
Jonathan était resté silencieux tout le long du récit, mis à part des murmurements simples pour commenter. Quand l’autre eut terminé de parler, il commenta :

-Ouain, c’est quelque chose mais c’est quand même pas si pathétique ! Vous avez quand même pas mal secoué l’école… Mais veux tu bien me dire si t’es avec ou contre Sp ... lui...

Le jeune garçon roula des yeux, ne pouvant pas croire qu’il remette ça sur la table mais tenu quand même à s’expliquer :

-Écoute, on va pas revenir là-dessus .... Ok, j’étais dégoûté ... - Il grimaça de dire ça, comme il n’avait aucune vérité dans ces mots - ... mais j’ai vite vu que c’était pas si pire que ça en avait l’air ... Et on s’est réconciliés ... On avait planifier ça bien avant, tu sais ... Sinon, tu dis qu’ils en ont bavés à l’école ?

-Et comment ! S’exclama l’autre adolescent avant de relater ce qui s’était passé. Les profs avaient tellement peur de l’anarchie et de la rébellion qu’ils essayaient sans cesse d’incrimer tout le monde sur des trucs sans liens, ils essayaient de paraitre autoritaires quand ça se voyait qu’ils avaient la chienne…. Et tout le monde arrêtait pas de parler de votre coup ! Ils trouvaient que c’était super et ils vous considérait presque en vedettes, même s’ils savent pas ce qui est arrivé ! …. Sauf que, j’pense que la direction a pas du pleurer trop trop ton départ, Steph.

Il eut son premier sourire de la journée, reconnaissant le bon vieil ami qu’il avait toujours connu, celui là pour ses amis et toutes ses autres qualités. Et sans traces de celui qui haïssait son amoureux secret, comme il semble avoir respecter ce qu’il avait dit.

-Non, hahaha, t’as raison ....

-Ton beau-père t’as dis ce qu’il allait faire de toi après ... la combien tienne ? ... troisième gifle ? ... de votre dispute….

-Non, il s’est juste énervé après moi. Mais en arrivant chez moi, la dispute a continué en soirée et il me l’as dis là ... c’est affreux ...

-Quoi ? tu reviendras pas à l’école ? il veut t’envoyer ailleurs ? Proposa Jonathan, avec une grande touche d’inquiétude.

Stéphane se mordit la lèvre avec rancœur et commença sinistrement :

-Tu vas être la deuxième personne à le savoir mais répète-le pas. C’est pas encore officiel et vaut mieux pas que ça le soit ...

-Il veut déménager ?

-Non ... non ...

Il pensa à comment lui annoncer de la bonne façon, en même temps qu’il pris une autre photo.

Celle-ci, montrait un baiser de son couple à la tête renversée et aux ton sépias. Tant de beauté et de bonheur qui semblait maintenant révolu lui serra le cœur, n’osant pas s’imaginer qu’il devait lui annoncer tout ce qui arrivait. Comment ça lui manquait de pas pouvoir avoir contact avec lui ... comme il se sentait vide sans lui…

L’adolescent prit son courage à deux mains et finit par dire, gravement :

-En fait, t’as un peu deviné... Il veut m’envoyer ailleurs ouais ... mais seulement en attendant ma majorité parce qu’après ... après ...

Il n’arrivait même pas à y croire, à vouloir s’y conformer lui-même et ça lui faisait pour la deuxième fois aussi mal de devoir le dire.

-Après quoi ? Insista la voix nerveuse de son ami. Arrête de languir, tu me fais peur !

Il soupira, les yeux tristement fixés sur la photo, ne pouvant s’empêcher de penser que c’était vraiment apeurant justement.

-Il veut m’envoyer dans l’armée …

Jonathan réagit, après un moment de silence comme s’il encaissait, avec étonnement et tristesse pour lui :

-T’es pas sérieux... C’est horrible...

-Ouais, on peut dire ça..., Rajouta Stéphane, découragé.



*Il a des intermèdes passé et futur, si ça sera futur, j'avertirai.


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Sam 22 Sep à 20:22

Chapitre 16 : Je gaspille ma vie sur toi


CLAAACCC !

C’était dévastation et rien d’autre que cela. Dévastés, à se dévaster, à été dévastés.

C’était le prix de la liberté. Celle-ci ne lésinait pas sur les intérêts.

... Puisque que la liberté se termina alors que Brad avait reconnu un des agents de sécurités de son père. Celui-ci les avait trainés de force sur l’unique banquette d’un camion – Où il y avait tellement de métal qu’on aurait dit un camion fortifié. – avec un non-sympathique accueil par une arme comme menace. Avec pression de la part de Brad, Thomas, l’agent en question, avait raconté brièvement que leurs pères lui avait délégué, le sale boulot – sans y mêler la police – pour les retrouver. Après une courte enquête, il avait trouvé une témoin bien intéressante qui les avaient vus après l’heure du couvre-feu habituel du pensionnat. C’était cette vielle, une madame du nom de Roy, qui l’avait renseigné sur où ils s’étaient enfuis. Et le reste de l’enquête avait marchée comme sur des roulettes, à se qu’on voyait… Et que maintenant leurs sorts les attendaient dans la bonne dizaine d’étages d’un bâtiment prestigieux...

C’est donc dans une des multiples salles de conférence de la Spitfire Corporation, une atmosphère tendue, sordide, se sentait s’entendait, se voyait.

Les deux garçons étaient assis l’un à côté de l’autre, à la grande table qui prenait le tiers de la pièce, dans un silence de peur. Les deux parents arpentaient, dans un silence pernicieux, l’espace qui restait devant eux.

Et ça avait été Stéphane, qui reçut sous les yeux des autres, une gifle magistrale de la part de son père. Le premier geste fit, sans que personne, surtout la victime ne s’y attende.

Stéphane releva la tête, un peu sonné, se passant la main au coin de la bouche pour vérifier s’il était blessé. Pourtant, il afficha un regard plein de désinvolture, probablement pour tester la colère de l’adulte.

Celui-là, quant à lui, gardait un air froid et aux traits bourrus.

Rich, lui, son air méprisant et hautain habituel.

Et Brad, une figure d’indignation, sans pouvoir – ou vouloir… - intervenir pour s’opposer à ce qu’il venait de voir.

-J’espère que t’es fier de toi, jeune homme !! Gueula ironiquement Newton. Wow ! Très brillant ! J’pensais m’attendre à mieux de ta part ! Ajouta t-il, plus sérieux et affreusement enragé.

Stéphane lui répliqua, sans être le moins insulté du monde, de la même manière :

-Fallait te réveiller avant ou là, si c’est pas fait ! Je fais ce que je veux !

-Et t’as même pas honte ! Tu as dépassé les bornes, cette fois ! Avec ce gars en plus ! … Je l’ai toujours répété à ta mère que t’étais un vaurien mais elle voulait jamais m’écouter !

Brad fut troublé qu’il prononçe des paroles aussi graves comme si rien n’y était. Curieux de la réaction, puisqu'il voyait la réalité familiale de son amant pour la première fois en direct.

Celui-ci, à travers du rideau de mèches cachant ses yeux brillant de rage depuis qu’il avait relevé la tête, dit entre ses dents :

-Il a très bien été capable de les dépasser lui-même. Mais ça tu dois pas le comprendre…

Rich rectifia, aigre :

-Pff, il est trop lâche pour ça…

Brad se sentit affreusement insulté. Et il avait marre. Il ne voulait déjà plus se faire encore et encore engueuler par deux parents furax, de cette manière … car l’atmosphère s’envenimait plus ça continuait…

Il n’entendait plus les mots furieux des trois autres …. Il semblait avoir des bouchons fermés hermétiquement sur les oreilles. Il semblait avoir de l’acide sulfurique qui bouillonnait, fumait, circulait en lui.

Sauter.

La scène comme mise sur muet continuait de se dérouler…

Éclater.

Il était dans sa bulle, impuissant….

Mis à part …

Exploser.

… l’arme des mots, qu’il usa qu’une unique fois devant tous les trois…

-VOUS COMPRENEZ RIEN !! ON ÉTAIT BIEN ! J’VOUS HAIS TELLEMENT !!

Il s’était levé d’un bond, criant pour enterrer les mots des autres.

Crier !

Crier … sa haine de l’univers !

Dans les apparences de surprise, les adultes le regardaient comme s’il était une bête de cirque dans une cage.

Stéphane le regardait, enfin ses yeux bleus étaient plus perdus dans le vide qu’autre chose, comme s’il trouvait qu’il avait tout résumé à la perfection et que celui-ci le mettait mal à l’aise.

Incapable de rester là, l’atmosphère devenue irrespirable, il sortit de la pièce comme un ouragan. Histoire d’essayer d’apaiser toute la rage qui le berçait, s’agrippait à l'intérieur de lui.

Mais malgré tout, il était toujours en colère dans le couloir élégamment décoré de marbre doré et de moquette bleue foncée. C’était tellement tellement choquant qu’il ne pouvait qu’en être ainsi.

Survolté, il avait envie de tout casser, de tout défoncer les murs, de leurs faire mal…

Sauf qu’il ne faisait que de tourner les talons, des scénarios de tortures ensanglantées et brutes en tête.

Il aimait bien avoir de l’imagination, dans ces cas-là ! S’en était jouissif !

En plus, ça le rendrait immuniser contre la vraie violence physique...

Du moins… la sienne… :

-Brad ! Brad ! Reviens ici immédiatement ! J’ai pas fini avec vous et surtout avec toi ! Gueula la voix de son père, qui était rarement aussi fâché que maintenant.

Il fonça les sourcils, mécontent et obstiné à ne pas l’écouter, en continuant son chemin, accélérant le pas.

-Non, Dit-il, résolu, les dents serrés.

Il l’entendit marcher plus rapidement et bruyamment vers lui. Rich réussit à l’intercepter par le bras, comme une serre de faucon sur une proie.

-VA T-EN !! Je veux pas te voir ! Dit Brad, disant clairement et en retenant sa colère pour ne pas l’attaquer.

L’adolescent balança le bras avec entêtement tandis que son père afficha alors une expression de profonde indifférence à ce qu’il venait d’entendre, arrogant.

-Non, tu viens dans mon bureau ! On a à se parler, toi et moi ! Réfuta Rich.

L’homme d’affaires le traîna jusqu’à son bureau, le fit asseoir de force et ferma la porte pour ne pas être dérangé par Sandra, sa secrétaire aux longs cheveux noirs qui semblait bien surprise de le voir passer, dans un tel état contre son garçon.

Rich se contenta de tourner autour de Brad comme un inspecteur de police comme dans les films.

-Tu es rendu incontrôlable, fils ! S’en ait inadmissible !

Le regard assassin, il ne lui donna aucune réponse. Il mâchonna son amertume dans ses pensées, se concentrant pour . De toute façon, il l’avait vécue, plusieurs fois même, cette discussion, il savait déjà son contenu insultant envers lui.

-Je pensais que cette école, elle allait te remettre les idées en place, que ça allait t’apprendre l’obéissance et le sens de la discipline…, Continua le père, en furie, le ton dur, sec à l’extrême. Mais non ! Tu restes mauviette ! Tu restes comme tu étais, obstiné à détruire ton avenir … non… tu empires !… Tu me fais tellement honte, Brad ! Tu te rends pas donc compte, à la fin, des efforts que j’fais pour toi ? Que je fais tout pour t’assurer des projets d’avenir décent, respectable et une réputation digne de ce nom ? Tu te rends pas compte que tu agis d’une façon irréfléchie ? Han ?

Il ne dit rien, encore rien, dégouté. Tout ce qu’il aurait pu relâcher, c’est simplement tout le contraire et ça… son père ne le comprendrait probablement jamais…

Pourtant, il voulait le forcer à ouvrir la bouche…

-RÉ-PONDS QUAND JE TE POSE UNE QUESTION !!

-… Tout ce qui t’intéresse, c’est d’avoir un chien de poche, c’est pas mon avenir ou quoi que ce soit ! Dit d’une voix méprisante Brad, bizarrement calme à l’extérieur.

-Veux-tu bien me dire pourquoi TOI tu t’en soucies pas comme il se doit ! Et que t’as fais ça !?!

-Parce-que je suis – et j’étais – tanné des gens comme toi ! Marmonna Brad, haussant un peu son ton.

- INSOLENT !!

L’adulte croisa dans son dos ses mains, semblant dans un stade avancé de sa fureur légendaire.

-Et qu’est qu’il t’a mis d’autre dans la tête, ce garçon ?!?

C’était quoi cette manie de tout mettre sur la faute de Stéphane ? Il commençait en avoir assez !

Un amour interdit, ça se vivait à deux, après tout… Et comme le secret voilait cette réalité, il ne pouvait pas croire qu’on ne le trouve incapable de faire les gestes problématiques qu’il voulait !

Bien, très bien, si c’est comme ça !

Il avait toujours voulu les confronter sur comment ses parents s’étaient comportés avec lui, eh bien… l’occasion était à la porte et il allait en profiter !

-Il a rien fait ! Je suis assez grand pour prendre des décisions moi-même ! Je l’ai juste fais AVEC lui !

Brad était agité par la rage, malgré son calme. Il voulait lui faire comprendre qu’il s’était échappé de l’enfer pour le retrouver en ce moment. Il voulait lui cracher tout son ressentiment contre lui. Il voulait lui faire honte ! Non, encore plus ! Le faire mourir de honte ! Ouais ! Comme ça… comme ça… son père devrait comprendre qui il est !

-Fais-moi pas croire qu’il n’a rien à voir avec tout ça ! Son beau-père m’a raconté quel genre de garçon importunant et indiscipliné c’est !

L’entendre parler de cette façon rendait la dispute encore plus insupportable qu’elle ne l’était et rendait sa rage retenue prête à gruger les barreaux de fer de sa cage…

-Il a aucune influence sur moi ! Il est correct avec moi ! C’est pas un mauvais gars ! …

-PFF ! Alors explique-moi pourquoi vous avez fait cette stupide fugue si c’est pas de son influence comme tu dis !

L’adolescent fit semblant de réfléchir un bref instant avant de renchérir ironiquement :

-Je peux l’être, moi aussi, importunant et indiscipliné !

-Explique-moi pourquoi, j’ai dis !! Fit Rich, s’arrêtant de marcher pour frapper sur son bureau avec son poing, montrant son niveau d’agacement.

S’en aller.

En finir avec ça.

Vouloir de s’en aller.

Vouloir de crier.

Trop de colère.

Crier.

Sans pouvoir la retenir.

Le jeune garçon se leva brusquement, ne se contrôlant plus pour retenir cette colère, gueulant de toute la force de ses poumons, crachant, expropriant sa rage :

-PARCE-QU’ON S’AIME !! … Voilà !! … T’es content là, p’pa ? Tu le sais là !


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Sam 22 Sep à 20:22

Ce dernier, consterné, marmonna d’un ton menaçant, comme s’il voulait qu’il retire ses mots ou qu’il lui dise qu’il se moquait de lui :

-Qu’est que tu viens de dire…

Mais à la place, il en remit :

-Que je l’aime et qu’il m’aime !! Que c’est mon chum ! Et qu’on avait marre de ce qu’on vivait et des gens comme toi !!

L’homme soutenu son fils du regard, sonné, ne voulant probablement pas y croire. On n’aurait pas pu dire avec précision ce qu’il vivait, ressentait. Mais de toute évidence, il espérait vraiment que ce soit une blague ou une provocation simple.

À en voir par l’expression de confiance sur le visage de Brad, c’était le deuxième choix mais en véridique.

Il comprit. Il ne dit rien pendant un moment.

Brad resta silencieux, debout, pour le défier.

On aurait dit qu’il absorbait lentement les paroles de son fils pour mieux dire, avec l’air posé qui filtrait avec la froideur :

-Bon, écoute Brad. Je peux comprendre que tu te cherches, que tu veuilles expérimenter de nouvelles choses. Par contre, tu sais, ça n’a pas de sens qu’une personne comme toi puisse continuer ainsi ! Ça ne serait pas sérieux… Surtout avec cette vieille histoire de danse...

Scandalisé par ce mielleux mélange entre les reproches et la fausse compassion, il réfuta aussitôt :

-Ça n’a rien à voir avec la danse, rien ! Et c’est sérieux et pour ton information, c’est pas prêt de s’arrêter !

-Tu veux vraiment gaspiller ta vie sur ce garçon ! Dit le père, avec une expression de découragement et de honte sur le visage. Tu es fou, fils, ressaisis-toi, franchement !

Trop d’oppression par rapport à trop de désirs de révolte et de faire ce qu’il voulait. La balance était déstabilisée, ne savait plus où donnée de la tête.

Sa vie. Pas la sienne.

Il l’aimait et personne pouvait décider pour lui.

SA vie.

PAS la sienne.

Ce qui engendra une explosion totale, cette fois-ci.

-JE GASPILLE MA VIE SUR Q-U-I JE VEUX !!!

-Non, je le prends pas ! Mon fils ne va pas être un…

Il le coupa immédiatement, il voulait rien entendre de ses discours moralisateurs !

C’était à lui de lui faire la morale, maintenant.

-C’est pas de tes affaires ! Et de toute façon, il y a pas d’argent à faire là-dessus, ça t’intéressera déjà pas ! … Ça changerait quoi ! Ça changerait quoi que je le sois ? Que Steph le soit ? J’aime QUI JE veux ! ET ON S’AIME, OK ?! PIS C’EST PAS TOI QUI VA CHANGER ÇA !

Rich eut un rictus de colère et de suffisance en faisant asseoir de force son garçon. Bravant et puissant, il usa de ruse pour lui argumentant :

-Tu as raison. Mais je peux arrêter ça.

Brad se figea, dans sa chaise, avant voulu se relever. Connaissant la détermination de son père, il aimant pas cette phrase vague. Pourtant, il se refusait de le laisser gagner cette guerre entreprise…

-Arrêter d’aimer, ça se commande pas ! Même en forçant ou en complotant !

Rich recommença à arpenter la distance de son bureau massif, la démarche assurée, l’attitude machiavélique en sous-entendu. Les mains dans le dos, il secoua la tête en répétant :

-Brad… Brad… Brad… Je le sais tout ça… Tu ne comprends pas…

-Tss, comment tu pourrais le savoir quand t’es sans cœur !

Rich, insulté ou pas, dis entre ses dents :

-Je t’interdis de me parler comme ça, jeune homme ! … Non, je parlais pas dans le sens de vouloir arrêter…. – Il cherchait ses mots, répugné mais apathique - … vos sentiments…

Il vit s’écraser devant lui, dans un air très posé.

-Je suis désolé – Il n’avait rien de désolé -, Brad… Mais tu ne reverrais plus ce garçon, jamais tu m’entends…

Ces mots firent l’effet d’un massacre auditif à ses oreilles. Et il savait que ces mots étaient sa dernière chance de gagner ...

-T’as pas le droit !! Tu t’incruste peut-être dans ma vie mais tu le ferais pas certainement pas dans ma vie sentimentale, c’est clair ?! Et m’enlever la seule personne qui compte vraiment pour moi… Non, t’as juste pas le droit !!

Entre la fureur et la retenue, il voyait embrouillé et faisait des efforts pour ne pas qu’une larme s’échappe.

Il en avait marre de devoir encore voir qu’on piétinait sa vie sans grâce. À en plus en savoir qui il était vraiment…

Un peu distant à son oreille son père renchérit.

-C’est assez ! J’ai à supporte tes petites crises, que tu me déshonores, et n’avoir rien en récompense quand j’agis pour ton intérêt ! Je veux agir pour toi, Brad, arrête de contester quand t’as en as pas conscience !

-Ça aurait jamais marché tes plans, papa. C’est comme ça. Si t’es pas capable de comprendre que je veux pas être un scientifique … Eh bien, tu pourras jamais me comprendre un petit peu…

Brad avait soufflé ça, tristement, les mains croisées, la tête penchée.

Il n’avait plus la force de se battre, il le trouvait irrécupérable, du moins pour l’instant…. L’immense choc, probablement… Tout ce qu’il savait c’était qu’il voulait pas qu’il mette ça à exécution. Il ne fallait pas que ça arrive.

-On a déjà eut cette discussion, Brad. Je refuse que tu fasses la risée de tout le monde avec ce métier. Et encore plus avec ce que tu viens de m’annoncer ! Un fif fini ! Mon fils !

Il avait poussé cette petite exclamation parce qu’il se sentait désespéré. Mais surtout qu’il était touché, affaiblit par ses paroles désobligeantes.

-Papa… je l’aime, je l’aime vraiment… ça a pas de lien… essaye d’être indulgent… fais rien…

Mais bien sûr, c’était perdu d’avance et il savait ce qui allait suivre :

-C’est non, Brad. Tu ne resteras plus là-bas si ça ne marche pas avec toi
Et que ton dossier est plein de petits délits ! Non. Ce qu’il te faut, c....

Toc toc.

On cogna à la porte, laissant en suspens la dispute.

Au bord des larmes et tremblant pratiquement, il se retourna vers la porte que son père avait ouvert et vit Newton, mécontent mais quand même calme, dans le cadre de porte. Il tenait, la main sur l’épaule, Stéphane, celui-ci boudeur. En le voyant, par contre, son visage changea en un sourire sans vraie joie. Seulement pour dire que ça allait malgré ce qu’il venait de lui arriver. Brad lui rendis – se forçant pour en faire un crédible - pendant que Newton s’adressait son père :

-Venez m’excuser, Rich… Mais je suis venu vous dire que j’ai terminé, de mon côté…

Il fixait Stéphane neutralement, mais l’air triste qui se reflétait sur l’autre visage. Le fixer comme ça, c’était la pire manière qui soit.

C’était une barrière invisible qui s’était dressée entre eux. Son cœur tambourinait toute la douleur que lui affligeait ce contact visuel. Mais en même temps, ce cœur avait l’impression de subir une angine.

-Et que moi et Stéphane, on serait mieux d’y aller.

-Ouais, vous avez un bon trajet à faire avant Drummond….

Ça faisait mal. Il refusait d’y croire mais pourtant la réalité le disait tout le contraire. C’était tellement cruel de leurs parts…. Ils n’avaient pas le droit… Ils ne comprenaient rien à rien…

-Ah d’accord, très bien. Oubliez pas de me rappeler pour signer l’offre…

Il se demanda qu’est qui arriverait s’il avançait, s’il se réenfuyait, s’il enverrait tout en l’air …

S’il refusait que Stéphane devienne la faiblesse de ce qu’il était, de ne pas le laisser partir… sans lui…

Qu’il s’accroche résolument à lui, sans penser aux conséquences.

Mais sans le temps de réagir, il s’était rendu compte qu’ils en étaient déjà aux salutations dans leur conversation éclair.

-Au revoir…

-Bonne journée.

Puis tout déboula si rapidement.

Une seconde plus tard, l’adolescent se fit trainer à l’extérieur, il n’eut que le temps de l’apercevoir, l’air tristement terrifié, bouger les lèvres, sans son, pour former un ‘’bye’’. Brad ne pu lui rendre, déjà retourné et entrainer loin de champ de vision.

Bye.

Un mot trop froid, trop simple, trop banal pour tenir d’adieu après tout ce qu’il s’était passé entre eux.

Et il n’en voulait pas de ces fichus adieux !

Un poids d’une tonne lui tomba lourdement dans l’estomac, il eut un moment pendant lequel il eut de la misère à respirer, sous les larmes qui noieraient ses yeux et ses cils. Se sentant trop mal en point physiquement à cause de cette faille instantanée, dévastante.

L’horreur…

Parce-que le souvenir immédiat de son visage horrifié lui revenait…

Il se cala dans la chaise, les yeux qui lui picotaient, les sentiments s’amusant avec méchanceté avec lui. Devant lui, son père, las, fit remarquer :

-Je pense que Olivier va être ‘’ravi’’, quand je vais le revoir, d’apprendre… votre petite relation… Bon… D’ici là, dégages ! Attends-moi à l’accueil, à cinq heures… J’ai du retard de travail à rattraper par la faute de tout ça et faut que je prévienne ta mère ! Ordonna Rich.

L’horreur multipliée par dix.

Et pourquoi il disait que Newton n’était pas au courant ? Son père allait vraiment tout gâcher avec plus aucune possibilité de le revoir ?

Brad sortit de la pièce pour se diriger vers les toilettes des hommes les plus proches. Anéanti, des questions en tête ne lui faisant pas le plaisir de laisser aller ses larmes devant lui.

Il détestait que les adultes maltraitent sa vie, à la fin…


***


Et c’était sa faute s’il ne le reverrait plus. S’il n’avait pas crié de la mauvaise manière … s’il n’avait pas révéler… Il aurait encore eut une mince possibilité de le revoir, d’avoir des nouvelles, aussi mince aurait t-elle été…

Carence monumentale. Seul… sans lui… sans de nous deux …


***


5 jours sans lui…


7 jours sans lui….


15 jours sans lui…


***


Août arriva, morose pour lui, et sans aucun signe de vie.

Son père refusait de répondre à ses questions sur ce qu’il va lui arriver. Et le jeune garçon ne connaissait pas les coordonnées de ses amis qui pourrait lui donner le moyen de le rejoindre – De toute façon, ils l’auraient envoyé promener.

Mis à part Jérôme… Ce dernier fut assez affecté – sans être surpris, comme l’inévitable s’est produit – par ce qui leurs étaient arrivaient et lui avait offert tout le soutient dont il avait besoin.

Néanmoins, comble du malheur après malheur, il lui apprit que il l’avait bien appelé deux fois mais que son afficheur de son téléphone n’avait pas inscrire le numéro de provenance et que en voulant le rappeler, aucune communication. Il en avait déduit avec Stéphane que son père avait changé et que lui seul le connaissait. Le jeune homme s’arrangea avec Brad pour lui en redonner des nouvelles.

De plus, il lui raconta brièvement – comme il n’en sachait que peu – ce qui arrivait à son ami… Que il était puni complètement du reste de l’été, que il était privé de contact avec l’extérieur par ordinateurs, sorties – Il volait le téléphone dès que ses parents avaient le dos tourné -, que son père lui avait refait des plans strictes – Jérôme ne s’étala pas, ne voulant pas et n’en sachant pas assez pour l’informer -, qu’il se sentait vraiment déprimé.

Brad ne s’en doutait pas…

Jérôme réussit quand même à semer une parcelle d’espoir en lui disant qu’il allait bientôt recevoir les copies des photos qu’ils avaient prises pendant leurs fugues. ‘’Pour pas oublier et y croire’’, comme l’avait-il dis, avec beauté.


***


17 jours sans lui…


19 jours sans lui…


***


Ce jour-là, il était allé vider et annuler toute la part de vie qu’ils avaient voulu construire. Les inscriptions à l’école, démissionner et annoncer celle de Stéphane…. Le bail de leurs appartements…

Un à un, chacun le terrassait, comme s’il serait pris au piège dans un combat de lutte gréco-romaine. Un à un, chacun signifiait la rupture d’une époque glorieuse de victoires inattendue.

De rempaqueter le peu de ce qu’il avait, hormis les meubles – que son père allait revendre -, le tenait à un fil de cet abandon, le troublait, lui disait qu’il ne pouvait pas supporter ça.

Il devait trouver une solution pour s’en sortir… revenir comme avant… Mais l’effort de réflexion ne menait à rien… Il continua de faire des boites, en vain…

Dirent qu’ils n’avaient n’eut le temps de rien faire comme transformation à leurs nid d’amour… Des murs blancs aveuglant, un plancher de bois franc noirci à certains endroits par le temps, des pièces à moitiés vides, des simples draps non agencés pour rideaux, des meubles et appareils achetés à très grand rabais, un matelas et une minuscule table qui avait constitué la chambre, par exemple… Dirent qu’ils auraient pu être heureux pendant longtemps…

Dans un coin du salon, il empila toutes les affaires de Stéphane, pour quand il irait les chercher, et en prévenait le propriétaire.

Il fit un dernier tour de l’appartement, s’attardant dans chaque pièce, les mains dans le dos. Une technique répandue lors des déménagements pour vérifier de n’avoir rien oublié.

Mais lui, c’était pour s’imprégner et vérifier s’il ne laissait pas son âme derrière


***


23 jours sans lui…


26 jours sans lui…


***


David était aussi devenu quelqu’un d’indispensable. Indispensable pour exhiber, exproprier ce qu’il vivait, ce qu’il ressentait dans sa peine, dans sa culpabilité, dans son besoin de le revoir.

C’est d’ailleurs en ne sachant plus à qui se confier lorsque Jérôme était gagné durement sa vie, qu’il s’était rappelé de commis, frère d’Aurélia, qui lui avait laissé ses coordonnées s’il voulait parler, développer une amitié. En fouillant dans son portefeuille, la seule chose qu’il avait sur lui lors de leur ‘’arrestation’’, il tomba sur ce qu’il cherchait. Et il avait suivit son conseil de tisser des liens avec quelqu’un qui ‘’s’y connaissait’’. Très vite, ce fut le cas. Au début, en appelant, il tomba sur une autre voix – Brad apprit par la suite qu’il s’appelait Raphaël - qui lui répondit avant de lui passer David.

Il se vida complètement, comme un exutoire progressif quand le jeune homme le reconnu. Il lui raconta. Leur vraie histoire, leur amour interdit, lui, Stéphane. Mais surtout ce qui se passait actuellement, ses états d’âmes, ses dilemmes.

David était compréhensif, l’écoutait, le conseillait, sans le juger. E
Il était tellement gentil, lui laissait toute la place qu’il avait besoin, le laissait se confesser de toute cette partie de vie qu’il avait peur de perdre à jamais.

Même ses silences voulaient dire quelque chose pour Brad. Ça le rassurait, lui faisait un peu de bien.

Soit par ordi ou téléphone, la correspondance commença alors, David le distrayait, le faisait penser à autres choses, en lui parlant de lui-même, de tout, de rien, de n’importe quoi.

Et suite à un de ses conseils, il fouilla même dans le bureau de son père, dans son agenda, dans son carnet d’adresses, sur son ordinateur. Trouvant ce qu’il voulait à la troisième nuit de recherches sans bruit.

Il ne lui restait qu’à agir et pour cela, il avait une idée, bonne ou mauvaise. Mais il devait s’y accrocher, c’était ses deux seules chances ou rien…


***


32 jours sans lui.


34 jours sans lui.


38 jours sans lui… Et août s’acheva aussi morose qu’il avait commencé…


Mais Brad avait un plan de dernier recours.


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Sam 29 Déc à 2:10

(Y'a beaucoup de paradoxes dans ce chapitre, mais vous comprendre un peu dans le prochain chapitre pourquoi ils ont désormais des attitudes différentes...)


Chapitre 17 : Seconde chance (POV)


L’air chaud de la dernière canicule de l’été s’engouffrait dans la voiture par les deus fenêtres ouvertes. Crevant de chaud, le jeune garçon regarda, d’un air décidé, vers l’avant où la sortie de route se dessinait au loin.

À travers le son fort de la radio qui jouait, David, sans quitter des yeux, lança :

-Tu vas finir par me dire pourquoi tu voulais que je t’emmène à Drummondville ?

-J’ai dis de pas poser de questions… Dit, pour la 5ème fois, Brad. J’ai besoin de toi, alors moins t’en sais pour l’instant, mieux c’est.

David finit par sourit, son intriguement toujours pas satisfait.

-Dis donc, t’es pas en train de mijoter un mauvais coup, toi…

-Si on veux ! Ria Brad.

David éclata de rire et il tourna le volant pour s’engager dans la sortie. Juste ce petit geste et d’ensuite apercevoir la ville serra le cœur de l’adolescent.

-Où on va exactement ?

-Chez Newton électronique Inc. …

David fut étonné, sans rien dire et Brad sortit de sa poche de short un papier plié en quatre où était écrit une adresse qu’il avait volé à son père qui devait servir la phase deux du plan.


***


Phase un. Il essaya de savoir ce qu’il allait lui arriver pour une ixième fois et essayait de l’amadouer pour la première fois.

-Mais papa, j’aimerai ça, Mentit-il. J’ai toute une vie là-bas maintenant…

Il se tenait sur le rebord de son bureau à la maison et insistait vraiment – C’était insensé, il ne pouvait pas croire qu’il disait vraiment ça – pour qu’il puisse retourner en septembre au pensionnat. Son père lui, était devant son ordinateur et semblait intraitable, voire exaspéré.

-Et ta fugue, c’était quoi ça ?

-Ok ok, c’était un erreur ! On… on voulait juste la paix un moment, on voulait pas quitter le pensionnat ! Imagina t-il. Et de toute façon, je suis sûr que son père va pas le laisser revenir !

Rich eut l’air grognon, comme s’il accordait ça à son fils, mais resta sur ses gardes, les yeux sur son écran :

-Donne-moi une bonne raison, Brad, de te réinscrire. Parce-que je pense que cet établissement n’a pas fait l’affaire avec toi et qu’il te faut quelque chose de plus strict encore….

La demande déstabilisa un peu Brad qui ne savait imaginer et il réfléchit en regardant tout autour pour se donner des idées. Il vit le globe terrestre de son père tout en haut de sa bibliothèque.

-Parce-que…., Bafouilla t-il. Parce-que… Sinon, je perdrais un enseignement pour les sciences et comme tu veux tellement que j’en fasse, je pense pas qu’il y aille des centaines de places niveau secondaire qui y sont spécialisés ! – Il était dégouté de ce qu’il disait, mais il continua…. – Et je perdrais un an à tout rattraper ! Et toi tu saurais pas plus avancer dans ton projet d’investir dans l’aérospatiale !

La figure de Rich changea radicalement pour devenir inquiète. Brad se félicita intérieurement d’avoir visé dans le mille.

-Bon, je veux bien… Dit-il, sans quitter des yeux son écran d’ordinateur. Mais plus de conneries comme tu as fait, Brad, c’est clair ?

-Oui, c’est clair, papa.

Dans sa tête, ça égalait un cri de joie.


***


Phase deux. Ils se gare dans le stationnement en gravelle d’une grande bâtisse vitrée. David commença le geste de détacher sa ceinture de sécurité avant Brad l’arrêta rapidement, en se tournant vers lui et en disant :

-Je peux pas te dire qu’est que je vais faire, mais faut que tu occupe la réception et t’assurer de faire descendre le patron pendant au moins 5 minutes quand je vais être parti depuis 15 minutes. C’est clair, David ?

-Ouais, mais… Approuva t-il, incertain. Comment tu veux que je fasse ça ? je suis pas un acteur, moi…

-Je sais pas moi ! Fais semblant de vouloir un emploi, d’être un journaliste qui fait une enquête, n’importe quoi !

David soupira, indulgent avant de répondre :

-J’vais essayer...

-Merci ! Bon, j’y vais, moi ! À tout à l’heure, on se rejoint ici ! Dit-il en détachant sa ceinture et en sortant de la voiture bleue.

Brad traversa le stationnement en relevant les manches de sa chemise – Il s’était habillé proprement pour faire bonne impression, mais qu’est qu’il avait chaud… - et entra par la porte principale de l’entreprise.

Dans le hall, il semblait y avoir l’air climatisé – ce qui plu à Brad – et semblait bien décoré. Un long tapis noir recouvrait le sol en dalles de pierres et les murs l’était aussi avec diverses mentions et prix. Brad s’attarda sur le plan de l’établissement affiché pour repérer certains éléments. Il ne vit pas de salles d’archives dont il présumait qu’elle était sous clé dans le bureau du patron – Comme la réception ne semblait n’avoir qu’un bureau. Il repéra aussi ce fameux bureau, qui était situé au
5ème et dernier étage. II mémorisa aussi les sorties de secours tout près.

Faisant semblant de rien, l’adolescent se retourna ensuite vers le bureau de la secrétaire qui était occupé au téléphone et tapa des informations sur son ordinateur. Il attendit, en croisant les mains sur son ventre, l’air le plus docile possible.

Elle finit par raccrocher après quelques instants et se tourna vers lui. Brad ne put s’empêcher de la trouver plutôt belle, malgré son air un peu distant, réservé, avec ses épais cheveux roux qui lui descendait jusqu’aux épaules, ses yeux pers et une maigreur plutôt maladive.

La femme, début quarantaine et pâlotte, s’adressa à lui et dit avec respect, même si sa voix semblait pas approprié pour autant de distinction autour d’elle :

-Bonjour, j’peux vous aider ?

-Euh ouais, j’aimerai voir M. Newton…

-Vous avez un rendez-vous, m’sieur ? Dit-elle, en regardant un horaire.

-Euh non… J’en ai pas…

-J’peux vous en donner un… Aujourd’hui ce serait pas possible de…

-C’est que c’est urgent ! Dit avec plus insistance Brad. Je suis le fils de Rich Spitfire et j’ai à parler à monsieur Newton comme mon père est retenu

Sa stratégie improvisée de se présenter marcha comme l’attitude de la femme changea complètement ; Elle se confondit en excuse et sembla plus attentive à lui.

-Il va sûrement vouloir vous recevoir, dans ce cas. Je vous annonce ?

-Non merci… Mais j’aimerai que vous me montrer le chemin, si ça vous dérange pas. Je vais me perdre sinon… Mentit Brad, dans le but de gagner du temps.

- Oh oui, bien sûr.

Elle se leva et contourna son bureau. Elle était assez petite et portait des talons hauts et un tailleur tailleur et une jupe plissée bleu marin style femme sérieuse, mais sur elle, ça lui donnait un air encore plus maladif.

Elle lui fit signe de le suivre et l’entraina vers une cabine d’ascenseur d’un pas élégant. Lorsque les portes se ferment et que l’ascenseur s’ébranla, elle tourna son regard vers lui pour mieux l’observer et demanda :

-C’est pas Brad, par hasard, ton nom ?

-Euh oui, pourquoi ? Dit-il, se sentant rougir pour aucune raison.

C’est alors qu’il vit la petite plaque dorée sur sa poitrine où il y était gravé ‘’Sophie’’ et qu’il fit le rapprochement. Il se dit que ça allait lui donner des armes de l’amadouer…

Avant qu’elle ne lui confirme en lui disant, très détaché et sans aucune reproche :

-C’est toi l’ami qui a fugué avec Stéphane ? J’entends souvent parlé de toi à la maison…

Brad eut une raison de rougir cette fois. Stéphane parlait de lui… Peut-être en s’engueulant, mais au moins… il parlait de lui… Il ne l’oubliait pas…

-Oui. Ah bon, je savais pas… Mais ça a pas l’air de vous déranger, si je peux me permettre, madame…

Les portes s’ouvrirent et ils sortirent pour s’engager dans un long couloir.

-Oh non, je me suis tellement inquiétée ! Mais tu as l’air d’un bon garçon
et Stéphane a l’air de bien t’aimer – Brad rougit encore plus – …. Alors, je suis en train de me dire qu’il était sûrement en sécurité…

-Oh oui, il l’était…

Sophie lui sourit, toujours en marchant côte à côte.

-C’est un garçon un peu entêté, mon Stéphane, mais je suis sûre qu’il n’est pas aussi pire qu’Olivier le dis… Il a simplement besoin d’un peu d’encadrement….

Les paroles de son amoureux par rapport à ses parents lui revenu et la façon dont Newton avait eut de traiter Stéphane avec autorité et aucune trace d’amour…

Il se doutait même en y pensant bien que ce soit une haine partagée pour ses parents… Si il détestait sa famille au lieu de n’être que de la révolte…

-Oh croyez-moi, il hais être encadré….

Elle sembla un peu déstabilisée, voire même obéissante et ne dit rien à ses paroles, comme si même si elle savait que c’était vrai elle ne pouvait pas le reconnaitre. Brad la trouva bizarre….

Ils restèrent donc en silence jusqu’à temps que Sophie tourne le coin d’un autre couloir et l’amena devant une porte avec une plaque d’or où était marquée le nom et le titre de l’occupant.

Brad resta à l’écart pendant qu’elle cogna et Newton ouvrit.

-Oui… Ah, qu’est qu’il y a ?

-Le garçon de Rich Spitfire voudrait te voir, Dit-elle, en pointant furtivement l’adolescent plus loin contre le mur.

L’homme le remarqua, surpris de le voir là et dit à sa femme :

-Très bien, merci, Sophie chérie, tu peux disposer…

Elle sourit et fit signe à Brad qu’il pouvait entrer avant de faire volte-face. Brad, un air impénétrable, les mains dans les poches entra dans la pièce dans la chaise de cuir dans le bureau décoré avec goût.

Olivier Newton ferma la porte derrière lui et alla s’asseoir, faisant signe à Brad qu’il pouvait aussi le faire. Très poli, il s’exécuta, voulant être le plus respectueux possible.

-Alors, qu’est qui t’amènes ? Dit l’homme en faisant du classement dans les papiers qui s’étendaient sur son bureau.

-Je voulais vous parlez, monsieur Newton.

Il commença alors un discours inventé presque appris par cœur – sans le ton monocorde de la chose - quand il y pensait en venant :

-Je vous vous présentez mes sincères excuses au sujet de ce qui s’est passé. Je suis venu seul et de mon plein gré. J’ai mal agis dans toute cette histoire et je le reconnais.

Brad s’arrêta, le temps de faire un regard bas et désolé, désirant ne pas trop le fixer pour créer un malaise.

-J’avoue que j’ai mes torts. Que j’ai fais des erreurs avec lui… Et j’en suis pas très fier… Surtout d’avoir caché tout ça – Il resta mystérieux par choix – à tout le monde … J’ai causé tellement de tort à Stéphane et à vous… Je voulais vous demander pardon…

Newton eut l’air de plus rien n’y comprendre.

-Qu’est que ça veut dire tout ça ?

Ce n’était pas prévu et l’adolescent fut surpris que ni son père ni Stéphane à la limite n’en lui ai glissé mot. Il resta silencieux pendant quelques instant, le temps de trouver un moyen de jouer, de compenser sa petite gaffe. Il vit donc à la conclusion qu’il n’avait pas d’autre choix que d’exploiter le terrain.

-Vous n’êtes pas au courant ? Il ne vous a rien dis ? Oh….Dit-il, très grave. Laisser tomber… Je voulais empirer les choses… Je… Je voulais les réparer….

Des larmes de crocodile apparut au coin de ses yeux et Brad s’essuya les yeux pour en remettre, en reniflant.

Newton ne su comment se comporter devant sa fausse peine et essaya de le consoler en disant :

-Allons, allons, ça va… Dis-moi….

-Bon… O-O… Ok… Bredouilla Brad. Mais c’est totalement ma faute… Faut pas le blâmer… Faut pas le dire à mon père aussi… Il ignore tout et je veux pas qu’il le sache, j’en ai honte….

-C’est d’accord, Promis Newton, sérieux et semblant curieux.

-J’ai tellement hooonte… Je me suis servi de lui… J’ai… Je voulais tellement être ami avec lui…. Que je l’ai séduis et je l’ai poussé à m’aimer !... – Newton fit une face d’horreur, mais sembla lutter pour ne rien dire - On se cherchait… C’était… C’était tellement ambigüe…

Il continua à tout inventer à une vitesse folle, ne voulant pas le laisser réagir :

-M…Mais après notre f-fugue…. J’ai… réalisé que j’étais vraiment mal comporté… que je l’étais vraiment… je sais pas pour Steph…. Facque… je… voulais vous dire que j’ai décidé de… pas… retourner au pensionnat… mais mon père ne le savait pas encore… Parce-que je me sens trop h… honteux…

Il leva un peu le regard pour le voir le poing qui tenait sa tête, la bouche fermée comme s’il se retenait, encore sous le choc. Il renifla encore une fois avant de dire

-J’ai… Je veux pas… pas… vous dire quoi faire… mais… Stéphane… Stéphane a quand même une vie là-bas… des amis… pleins de souvenirs… et je pense que ça.. Ça lui ferait beaucoup de peine de tout quitter… il est attaché malgré… tout…à cette école… Et il sait se tenir tranquille, vous savez… ça me briserait… encore p-plus… le cœur… de savoir qu’il y retournerait plus… par ma fauteee…

Brad se cacha la tête entre les mains, pleurant faussement et s’apprêta à continuer quand l’intercom du téléphone de Newton fit un petit bruit et la voix de Sophie s’éleva…

-Olivier… Il a un client qui te voir immédiatement… Il veut ‘’voir le gérant’’ parce qu’il est manifestement mécontent des produits…

-Je suis occupé, tu le sais… Dit froidement Newton. Envoye-lui Gagnon…

-Il est en congé pour deux semaines.

-Argh, c’est vrai. Bon, je descend voir ce que je peux faire.

-D’accord, je le fais patienter.

Il appuya sur un bouton et la communication coupa. Il se leva et dit, avec une certaine douceur malgré son ton dur :

-Je reviens, attends-moi, mon garçon...


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Sam 29 Déc à 2:10

À travers ses mains, il fit semblant de trembler pour approuver, trouvant intérieurement que David avait fait du bon boulot…

Lorsque la porte se refermât et qu’il n’y eut plus aucun bruit. Brad se leva, malicieusement et commença à fouiller à travers des papiers sur le bureau. Rien du tout…. Il cherchait n’importe quoi qui pourrait lui donner ses nouvelles coordonnées… Dans les tiroirs de son bureau, il vit un rapport où il était inscrit ses cordonnées personnelles au travail… Brad ne se découragea pas, cherchant un changement d’adresse, une facture récente… Il s’installa à son ordinateur ouvert et vit que sa boite de réception d’e-mail était ouverte... Brad, excité, se précipita à aller fouiller dans la personnalisation de ses informations personnelles… Il finit par trouver ce qu’il voulait, n’y croyant pas et se dépêcha de prendre un papier et de tout noter… Puis il remis la page à ce qu’elle était avant qu’il n’y touche et ralla s’asseoir en mettant son précieux papier dans sa poche…

Une minute ou deux plus tard – David l’avait bien retenu ! - , Newton revint dans son bureau et Brad fit semblant de s’essuyer les yeux, comme s’il s’était calmé pendant son absence.

-Bon, revenons à nos moutons… Dit-il, en se rassoyant. Bon continue…

-Je voulais juste m’excuser et vous demander de pas trop punir Stéphane… Dit Brad, faussement gêné.

-Bon, eh bien, Stéphane, je vais m’en occupé. Je vais avoir à lui parler … Dit-il, avec ressentiment. Ça me déçoit encore plus de lui… J’ai toujours dis à ma femme qu’il était bizarre… mais bon….C’est pas mon gars… Il a beaucoup de chance, après ce que tu m’as dis… Je prends quand même en note ce que tu m’as dis et je vais en parler avec ma femme, on verrait pour l’école… Ne t’en fais pas Brad, tu es excusé…

-Oh… merci… monsieur Newton… c’est gentil de votre part…

-C’est tout ce que tu avais à me dire ?

-Non… Répondit Brad en se levant. Votre femme est très jolie, monsieur Newton… Stéphane retient bien d’elle…. Vous avez de la chance…

Il parut flatté de la remarque et le remercia :

-Merci, Brad. Tu salueras ton père de ma part. Au revoir…

-Oui. Au revoir, merci de m’avoir reçu…

Au visage semi-compatissant, il vit un peu d’espoir… Et au papier dans sa poche au moins un espoir de lui parler à nouveau…

Brad quitta la pièce, assez fier de lui, fermant la porte derrière lui. Il descendit au rez-de-chaussée, salua galamment Sophie et sortit de dehors pour aller rejoindre David dans la voiture.

-Tu as la face d’un gars qui a réussit, toi, Remarqua l’autre devant son sourire banane.

-Oh oui. Merci en passant…

-De rien, je lui ai juste demandé un faux rendez-vous pour me plaindre.
Et puis, je peux savoir maintenant ? Dit-il, en lui rendant son sourire et en démarrant.


***


Il est revenu de peine et de misère. Son seul espoir de les revoir… Et en même temps, un cauchemar qui recommençait…

Il retrouve, avec du fiel dans les veines, Conwansville, ces élèves détestables, ces salles de cours, ce dortoir, ce réfectoire (ça, il s’est vraiment pas ennuyé…), cette salle commune, ce terrain…. Et tous ces endroits où ils avaient été partagés ensemble…

La première chose qu’il fit, deux jours avant la rentrée, fut avant tout de s’informer à ses anciens amis… Il ne fut pas plus avancé comme les rares ayant eut des nouvelles se retrouvaient sans réponses devant son questionnement. Il ne sait plus où se tourner devant son obstination à savoir s’il allait revenir. L’angoisse totale devant autant de négation.

Bizarrement, à chaque fois, on le traitait en véritable héros – ce qui l’était bizarre au départ – il était tellement préoccupé qu’il se contentait de leur dire les mêmes menteries, qu’il ne savait pas où il pouvait bien être…

Au moins, avec cette espèce de mini vénération, il espérait avoir la paix pour l’instant. Il en avait bien besoin dans ce moment de solitude particulièrement dur.

Il voudrait qu’il soit là.

Pour l’instant, il s’accrochait à ce chétif espoir qui s’effritait, qui perdait des plumes plus les minutes et les heures passèrent.

Il aimerait qu’il soit là.

Parce-que vouloir se conjuguait avec aimer et que sans un des deux verbes, il lui manquait quelque chose.

48 heures, il lui restait 48 heures avant de perdre vraiment espoir…


***


Il s’était rasé et se brossa maintenant les dents devant le miroir, torse nu. Il faisait sa toilette matinale avec la plus désespérante des expressions qu’il ne pouvait exister.

11 jours… ça faisait 11 jours depuis la rentrée…

Il avait tellement attendu jusqu’à la dernière seconde. Attendu…. qu’il soit là, un signe de vie, quelque chose. Et… rien du tout.

Il avait même essayé le numéro.. Et rien… C’était l’ancien….

En se réveillant ce vendredi matin-là, un 9 septembre, il avait réalisé qu’il n’avait sûrement plus de chance d’espérer. Son anniversaire marquait comme la fin de ses souhaits, de ses envies les plus folles. Même le jour de la rentrée n’avait pas été aussi pire.

Il était encore emmitouflé dans ses draps et il avait serré son oreiller si fort en pensant qu’il était trop loin maintenant, à jamais, sans aucune manière de le contacter.

Que c’était fini maintenant….

Comme certains trouve leurs oxygènes en une autre personne… Sauf qu’entre eux c’était différent. Stéphane, c’était sa liberté. Sans lui, cette salle d’eau, les étudiants qui passaient autour de lui, les bruits de douche, les bâillements, les cris du surveillant plus loin… c’était des étaux. Et maintenant, il perdait sa liberté.

Il devait donc maintenant coexister seul avec une haine profonde du pensionnat qui lui avait tout donné et tout enlevé…

Quel anniversaire moche… Ouais, un début vraiment moche… Un des plus mornes qu’il n’avait connu… Même toutes les fois où ses parents avaient oubliés son anniversaire n’égalait pas ça.

14 ans dans le silence complet. Probablement parce qu’il n’y avait plus personne pour s’en soucier. Comme s’il devenait invisible.


***


À la fin de l’après-midi, il sorti de chimie, son sac à dos chargé de manuels, Brad avait son ras-le-bol de cette journée. Il se dépêcha d’aller en étudier, espérant se plonger secrètement dans un roman pour décompresser.

En entrant dans la salle pleine – le prof qui surveillait n’était pas encore arrivé -, que Xavier, un blondinet de sa classe avec qui Stéphane se tenait - avec Jonathan et Julien - avec lequel il n’avait eut que des rapports plutôt sommaires, piqua autour des tables pour l’interpeller :

-Eh Spitfire !

Brad s’arrêta, étonné qu’il puisse même lui adressé la parole.

-Qu’est qu’il y a ? L’interrogea le brun, plutôt direct étant donné sa fatigue, voire froid.

-Un conseil comme ça… Tu devrais aller au premier, aile A….

Le blond lui adressa un sourire convaincu, les mains dans les poches de son pantalon. Brad eut un air refrogné, trouvant : De un ; que c’était bizarre qu’il lui dises ça. De deux ; que si c’était un piège qu’il était vraiment mais vraiment pas subtil. De trois ; que si s’en était un, il avait très mal choisi l’endroit comme c’était l’administration et les bureaux des profs, là-bas.

-Et pourquoi ? Demande avec réticence l’adolescent.

-J’y irais, si j’étais toi.

Il ne laissa pas paraître sa curiosité, par contre et resta de marbre :

-Et en quoi tu me connais et tu pourrais me dire quoi faire ?

Xavier ne sembla pas affecté par ce qu’il venait de dire et gardait son sourire…

-C’est ton choix… Si tu n’y vas pas, tu vas manquer de quoi.

Ces mots l’intriguèrent et il se dit que s’il avait quoi que ce soit, il n’avait qu’à rester au bout du couloir, prêt à piquer un sprint.

-Ouais, bah merci du renseignement… J’espère que ce n’est pas con, ton affaire… salut…

Il retourna sur ses pas en sortant de la salle d’étude…. En faisant un petit détour vers l’Aile A, il n’avait rien à y perdre.


***


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Sam 29 Déc à 2:10

Ça faisait près de dix minutes que le cours avaient supposément fini… Xavier avait-il réussi à le trouver ? Avait-il refusé la proposition ? Le plan n’avait pas fonctionné ?

Je faisais les cents pas dans ce large corridor aux grandes fenêtres et au carrelage hideux, impatient et en même temps nerveux, en remettant sans cesse la bandoulière de mon sac à dos presque vide sur mon épaule.
Ce tic matérialisa ma peur, ma peur infondée – du moins c’est ce que j’essayais de me faire croire – et envahissante.

Le revoir me faisait peur depuis l’affreux deal avec mon beau-père… depuis que j’essayais de savoir ce qui était arrivé pour qu’ils le sachent…

Depuis qu’une crainte à une autre se réaliserait…

J’avais peur de le revoir, parce-que qui sait ce qu’il allait nous arriver à présent…

À force d’être pareil, on aurait dit qu’on s’éloignait.

Soudain, ce que j’attendais, ce que je redoutais, des bruits de pas en échos. Mon cœur sembla faire un saut acrobatique dans ma poitrine.

Stressé, je m’appuyai au mur, me faisait discret.

Il s’avança dans la direction où je regardais, les mains dans les poches, l’air de rien, un sourire en coin à la figure.

-Tu cherches quelque chose ? Lançai-je, la voix portante.

Brad, me remarquant à quelques mètres, sous le coup de la surprise, laissa tomber son sac. Il se précipita vers moi, semblant aussi bouleversé à extérieur que j’étais nerveux, pour ma part.

Lui. Nous.
Ici. Ensemble.

C’était une sensation merveilleuse de chaleur qui prit possession de mon être. Ça me faisait tant de bien, car le stress s’évapora de lui-même.

Tremblant, le souffle court, il me sauta dans mes bras, sans avertissement, sans retenue et m’éreinta comme il ne l’avait jamais fait. J’étais coincé entre le mur et lui, sur le point de tomber par terre, mais rien m’importait plus que de le serrer aussi fort que je le pouvais.

À l’endroit de la première fois… Il avait deviné…

Chaviré, il fondit en larmes en croisant mon regard, tâtonnant mon visage avec maladresse avant de saisir mes lèvres. Comme une crise de junkie, ne plus perdre une seconde comme on a déjà tellement perdu de temps.

Lorsqu’il se détacha un peu pour reprendre sa respiration, au comble du rêve, je demandai avec amusement :

-Ça veut dire ‘’Salut !’’ ça ?

Il hocha la tête positivement, les yeux brillants, un grand sourire s’installa sur son visage maculé de larmes.

-Oui… Ben oui… Oh, Steph !! J’t’aime tellement !...

Sa voix s’étrangla pendant qu’il s’accrocha fermement à moi comme pour vérifier stupidement que c’était vrai et pas son imagination.

Il était beau comme ça, aussi vulnérable, pendu à moi, ébranlé d’émotion…
… Je me rendais encore compte à quel point je l’aimais, moi aussi.

Il m’avait manqué… justement…

Je m’agrippai à ses frêles épaules, pour mieux le retenir à moi. Pour que jamais plus il ne puisse m’être arraché. Jamais plus.

Je passai la paume de ma main pour essuyer ses larmes de joie, avec le cœur qui s’ébruitait au tambour entre mes côtes. Cela avant de continuer le baiser entrepris.

Puis, à bout de souffle, je lui dis :

-Moi aussi… moi aussi…

Et je rajoutai, en constatant pendant qu’il appuya sa tête sur moi :

-On dirait bien que la surprise a marchée….

-Je m’y attendais tellement pppaass ! S’exclama Brad. Tu es vraiment le plus cadeau qu’il puisse avoir après cette journée de merde ! … T’es là depuis quand ?

-Ce midi, mais je voulais m’amuser avec tes nerfs… et fallait que je déménage mes affaires…

Il me donnait un coup de coude quand les côtes, amusé.

-M’a t’en faire ‘’T’amuser avec mes nerfs’’

Il m’embrassa encore une fois comme pour me punir. Hummm, comme c’était bon des punitions de ce genre.

Je me détachai de lui, juste le temps pour dire, fièrement :

-Tu sais que le bureau juste à coté est désert et pas fermé à clés ? J’ai vérifié…

Il fit glissé ses mains dans mon cou et sur mon torse et me sourit, complice :

-Ah bon ?! Intéressant à savoir…


***


-Et tu veux te laisser faire !?! Toi ? Mais t’es CON !

On était samedi soir vers 20 heures et je lui avais dis… enfin à moitié…

On était dans le petit bois qui entourait le collège depuis quelques heures déjà et la nuit commençait à couvrir le ciel. Belle cachette pour être sûr que personne nous voient. On avait profité jusque là des faibles probabilités que les gens nous dérangent, mais là, on s’engueulait…

Je lui avais donné un cadeau et une carte faite à la main assez réussie et une petite boite en retard pour son anniversaire.

Je lui avais dis d’attendre, que j’avais quelque chose à lui dire avant.

Il s’est risqué à dire ‘’Shoote’’. Il n’aurait pas du, ça l’a tout gâché.

J’ai commencé en disant ‘’Mon beau-père…’’, un peu troublé de me confesser. J’aurais pas du, ça l’a tout gâché.

Je l’ai dis qu’il avait bizarrement changé d’idée. Mais avec des conditions. Que en échange que je revienne un moment au pensionnat – même s’il trouvait que l’école n’avait pas fait l’affaire avec moi – que dès janvier, il allait m’envoyer dans une autre école dans la région de Québec…

Je lui ai dis qu’il m’avait averti, que si je faisais une seule sottise, il allait sévir encore plus et l’école allait me mettre in extremis à la porte.

Je ne lui ai pas dis pour le reste de ce qu’il m’avait dis… l’école militaire dès septembre prochain – au lieu de mes 18 ans –, que c’était déjà réglé d’avance avec un commandant…

En voyant mon air plutôt pessimiste, il s’était levé d’un bond du tronc d’arbre où il était accoté. Plutôt surpris.

Il m’a dis :

-Voyons Steph ! T’es ben plus chiant que ton beau-père si tu acceptes ça ! Tu peux PAS accepter ça … toi !

Je me suis levé aussitôt pour me défendre :

-Mais là ! pourrais bien moi, je suis majeur l’année prochaine mais t’es encore mineur !

Il s’objecta, se choquant :

-Je m’en fous !! On n’à qu’à… Aaaah et puis si MOI j’ai décidé que je restais avec toi ?! Si j’avais décidé que plus personne ne va nous séparer ?! Et si on s’en allait... je sais pas moi… à New York, à Londres… On saurait à l’abri de tout ce qui pourrait arriver !

Je me suis objecté à mon tour :

-Dis pas de bêtises, Brad… Deux mois ! Deux mois qu’on a tenu ! Comment tu veux qu’on le fasse à l’étranger quand on y arrive pas ici ! Et les formalités, t’en fais quoi ! Et t’imagine comment ça coûterais ! … On a plus le choix…

C’est à cet instant qu’il avait gueulé cette phrase.

Il me regarda, horrifié par mon attitude et ramassa ses affaires avec une telle rapidité et fit volte-face en criant, furieux :

-Je peux pas croire ça !

Point final de la discussion, pour lui.

Il se frayait un chemin dans le bois d’un pas rapide et alarmé. J’essayai de le rattraper mais les arbres m’en empêchaient un peu.

Un peu plus loin dans le bois, je finis par le rattraper en m’écria :

-Reviens ici, Brad Spitfire ! On a pas fini, toi et moi !

Brad retourna la tête, comme si c’était une obligation de s’arrêter. Une obligation d’écouter, même à contrecœur.

-Quoi encore ? Grogna t-il.

- Il est salaud, tu sais ! Il serait même prêt à t’éliminer si je fais quelque chose contre sa volonté ! Je peux risquer ça ! Je peux pas me permettre de faire quelque chose qui pourrait ruiner notre relation !

Il fonça les sourcils, pas convaincu du tout et dis durement :

-Ah bon. Mais ça arrange rien, alors je m’en fous !

-Ben moi, je veux te protéger de ça !

-Je suis plus un enfant, Steph.

Il avait lancé ça tellement froidement….

-Mais non….

-Alors arrête de vouloir me protéger et de me traiter en petit garçon !

Il continua son chemin, de la même manière, mais j’accélérai mon pas au travers de quelques branches devant moi et lui gueula :

-Tu veux quand même pas qu’il nous mette des bâtons dans les roues !

Brad ne s’arrêta pas et sa voix était un peu plus loin devant

-Il n’a aucun pouvoir sur moi de toute façon… Il me fait pas peur…

-Mais il en a sur ton père de l’influence !

-Mon père peut écouter personne quand il veut !

Je tenterai le tout pour le tout :

-Ils se sont associé ! Je l’ai entendu parler avec lui de ma chambre ! Ils le savent pour nous aussi !

Brad s’arrête brusquement, comme s’il m’attendrait et j’en profitai pour venir me planquer devant et m’exclamer, ébranlé :

-POURQUOI ILS LE SAVENT, HAN ?! POURQUOI… TU… LEUR AS DIT ?!

-Parce-que j’avais pas le choix ! Dit sournoisement et dans un élan de colère, Brad.

-Quoi ?! Ton….Il a deviné, ton père ? Il l’a dis au mien ? Il m’a vraiment piqué une crise, il a failli me battre à cause qu’il le prenait pas… qu’il… à cause de toi !!

-Je lui ai dis, c’est tout, pour mon père ! Il m’a poussé à le faire ! Et je l’ai dis au tien, en inventant des histoires parce-que je voulais te revoir ! Mais là, je sais plus si j’en ai envie !! S’écria t-il, au comble de sa colère.

N’y croyant pas, je m’écria :

-T’avais pas le droit ! Tu avais pas le droit de faire ça, criss !!

-Ouain, mais peut-être que ÇA, ça va te donner du chalenge pour nous deux ! Agir dans nos intérêts ! Pas me couvrir comme un œuf !

Et il rajouta avant que j’aille eut le temps de placer un mot :

-J’en ai assez de toi ! Tu m’agace !!!

Il me pousse pour me faire tomber par terre et continua rapidement son chemin.


***


Il le rattrapa au milieu de la cour asphaltée, se précipitant sur, tentant de le raisonner comme il pouvait. C’est pourquoi il s’agrippa à ses hanches et le secoua pour avoir son attention, malgré l’opposition colérique de Brad.

-Mon ange… Écoute-moi, ok… J’sais que c’est pas super quand quoi ils veulent nous embarquer… ok… C’était pas super de ta part de leur avoir dit… Mais moi… C’est que je sais juste pas quoi faire…

Brad se tortilla pour se dégager, ne voulant rien entendre, marmonnant des ‘’Va t-en !’’ imbibés d’émotions.

L’autre adolescent fit exprès de le presser contre lui, pour ne pas le laisser filer, refusant cette volonté de l’ignorer.

-Pourquoi tu veux te laisser faire, ça a pas d’allure !! Dit Brad, entre ses dents.

-Je sais pas ENCORE, Continua t-il presque aussitôt, en montant le volume de sa voix pour enterrer ses protestations enragées. Mais donne-moi un peu de temps ! Juste un peu et je vais trouver. C’est clair ?!

Brad se calma, du moins pour arrêter de se déloger colérique, se pétrifiant froidement dans ses bras.

-Mais il a une chose de sûre… Ok… C’est que tu deviendras pas scientifique, ni moi un physicien…. On va se battre jusqu’au bout…

Stéphane passa sa main dans ses cheveux en la laissant glisser jusqu’à sa nuque et à sa épaule droite. Celui-ci avait toujours le visage figé et impassible, mais le rouge avait discrètement parsemé ses joues.

Il ajouta doucement, en sortant de la poche de sa veste la lettre et la petite boite décorée que Brad avait oublié par terre et qu’il avait ramassé avant de partir à sa poursuite.

-Et surtout… continuer à s’aimer jusqu’au bout….

Est-ce que l’amour pouvait avoir une limite ?

Brad l’ignorait.

S’il en avait une, il ne s’était jamais aventuré sur ses terrains houleux et ses eaux troubles.

Il leva tout de même tristement les sourcils, ayant un frisson au contact toujours présent de la main de Stéphane, à présent sur son ventre.

Ému et quand même toujours en colère contre lui, ne sachant plus comment réagir, il resta figé. Ses yeux ne s’étaient pas détacher de l’autre garçon qui le virait à l’envers et qu’il provoquait en lui la confusion.

Celui-ci enleva alors sa main et commença, dans un silence désarçonnant, un drôle de geste : Il déballa le cadeau lui-même.

Tout en parlant d’un ton terre-à-terre, il défaisait l’emballage et le ruban et souleva le couvercle de la boite :

-Ça serait stupide, Brad, de déjà gâcher nos retrouvailles … Tu crois pas ?

On lui mit sous le nez alors un tout petit - mignon comme tout ! - ourson en velours brun, aux oreilles basses et au museau arrondi

Brad fut sous le choc, pendant un instant, puis l’accepta de prendre dans ses mains son cadeau en souriant timidement.

-T’as raison, j’suis désolé d’avoir réagi comme ça, S’excusa le jeune garçon. Est-ce-que tu vas pourquoi me pardonner de leurs avoir dis ?

-Un jour, peut-être… Je trouve ça bête après tout ce qu’on a fait pour garder le secret… Je suis pas encore prêt pour ça…

Silence.

Il le sentait incertain, mais il se disait que ça allait venir avec le temps…

Et finalement, Brad lui rendit son étreinte… Et sa colère s’effaça de beaucoup.

Parce qu’il était toujours là et fallait bien le reconnaitre ...

-Comment tu vas l’appeler ? Demanda Stéphane, en pointant l’ourson, comme pour changer de sujet.

Brad réfléchit un instant, les yeux au ciel.

Il se dit que cet ourson démontrait bien que tout le monde voulait les empêcher d’être ensemble, en ayant ou sans le savoir.

Puis il trouva et s’exclama en regardant l’ourson dans ses mains, comme pour le baptiser :

-Mussolini !

Stéphane ria et ne posa pas de questions, il savait qu’il n’était pas sérieux…

Il finit par dire :

-Viens, on r’tourne en dedans …
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Dim 15 Juin à 22:30

Intermède 4 – Brad et Stéphane : Roi de cœur et roi de trèfles


En ce 31 décembre d’il y a un an, le ciel était d’encre et faisait penser qu’il était vers les 22 heures et il neigeait finement… Pourtant, dans le dortoir des cinquièmes tout n’était pas aussi calme. En fait, les rares garçons internes de tous âges qui restaient au pensionnat pour les vacances des fêtes y étaient réunis avant de descendre en bas vers les 23 heures pour célébrer avec les filles jusqu’au décompte des dernières secondes de l’année…

En ce moment, une partie de poker avait lieu un peu dénaturalisée… En effet. un jeu de vérité-conséquence et l’alcool coulait à flot grâce à un type de cinquième nommé Simon qui venait d’avoir 18 ans et qui avait pu faire entrer en cachette tout cet alcool et ces bières.

D’ailleurs, Brad aimait beaucoup jouer aux cartes. Stéphane lui avait montré comment jouer pendant un jour de pluie et depuis ce temps, il avait eut la piqûre et jouait même avec les amis de son amoureux pour le plaisir ou pour de l’argent. L’adolescent aimait vraiment ses bouts de carton chiffrés et dessinés qui lui donnait tant de sensations, de frousse… C’était peut-être même la seule façon aussi de s’inclure un peu…Comme il n’y avait que deux autres quatrièmes outre Stéphane et lui, il ne s’en faisait pas trop pour l’exclusion comme il ne connaissait aucun des autres gars et vice versa.

Donc, dans le jeu de vérité de conséquence avait été mis en place lorsque un des gars perdait sa mise et devait abandonner. Toutes sortes de conneries fut révélées et faites (comme dans celle-ci de mettre de la crème à raser dans le lit du surveillant pas là ou de prendre une douche froide tout habillé ou bien calé une bouteille de bière le plus vite possible). Bref, des gars qui niaisaient complètement…

Ainsi à ce moment…

-Steph, vérité ou conséquence ?

Ce dernier sourit, ne prit même pas la peine de réfléchir et choisit :

-Conséquence…

Un gars de quatrième qui lui avait posé la question, Félix, réfléchit à ce qui pouvait bien lui faire subir et finit par trouver, malin.

-Je suis sûr que t’es pas game de frencher un gars aussi repoussant
comme euh… Spitfire, tiens !

Des sifflements et un brouhaha de rires et de commentaires fusèrent alors. À travers tout ça :

-Eille, franchement ! S’objecta Brad, sans vraiment s’y opposer dans les faits.

Stéphane tourna la tête vers lui pour lui lancer un regard imperceptible – mais Brad songeait que ça devait l’amuser. Surtout que personne ne pourrait se douter de rien ou même que ce soit un baiser sérieux.

Puis Stéphane regarda Félix pour accepter.

-Ok, j’suis game !

Il se tourna vers Brad et se rapprocha de lui. Brad fit son scandalisé, mais ne bougea pas. Et puis, l’adolescent lui dit, à double sens :

-Mettons leur plein la vue, Brad…

Faussement incertain, il approuva dans un souffle :

-Ok, on l’fait...

Lentement les deux se rapprochèrent un peu plus. Lentement parce-que en même temps, ils ne savaient pas comment faire pour avoir l’air insensible, complètement insensible, lorsque leurs lèvres se touchèrent…

Le visage si près de l’autre… Comme si le temps s’était ralenti… Comme si
Stéphane pencha la tête avec une telle lenteur… Tellement incertains... Ils en restèrent même immobiles, à quelques centimètres l’un de l’autre… Rester indifférents.. À s’observer pendant un instant, ne bougeant pas… À se demander visuellement quand y aller, comment faire, combien de temps sans trouver… À se prendre les mains… Rester indifférents… À fermer les paupières… À briser les quelques centimètres qui les séparaient… Rester indifférents… À sentir tous les regards contre eux…

À atteindre les lèvres de l’autres, de les collées l’une contre l’autre, sortant la langue…

Rester indifférents… Plus facile qu’à dire qu’à faire… Brad essaya quand même de se concentrer pour ne rien laisser paraitre, ni de nervosité ou une trace de plaisir… De plus, il serra un peu fort les mains de l’autre garçon comme pour avoir le courage de continuer. Pourtant, ils donnèrent une touche langoureuse au baiser, comme pour faire semblant qu’ils avaient pas de pudeur alors qu’en réalité s’était pour faire une petite vengeance mentale aux autres. Les autres qu’ils l’entendaient, sifflaient, hurlaient, faisaient du vacarme…

Le baiser dura à peine une minute, mais pour eux ce fut une éternité… Ils se détachèrent finalement, ouvrant les yeux, détachant leurs mains, L’air indifférents… Timides mais amusés à l’intérieur… Même avant de revenir à leurs positions originales, Stéphane lui souffla si faiblement à l’oreille que lui seul puisse entendre.

-Bonne année en avance…

Brad sourit, comme pour lui rendre les mots, puis ils se séparent.

En effet, tous les regards étaient sur eux, s’en étaient presque embarrassant. Brad repris son paquet de carte avec gêne.

Le deuxième gars en quatrième, Nicolas, demanda alors, rigolant :

-Et puis, Steph, t’as aimé ça ou Spitfire embrasse comme un pied ?!

Ce dernier lui répliqua pour lui en boucher un coin avec un sourire et un regard plein de malices et d’amusement complètement dans le ton
‘’Aye, c’pas de tes affaires, bonhomme !’’.

-J’ai dis conséquence, pas vérité ! Allez continuez à jouer, vous autres !

Brad le trouva génial.
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Dim 15 Juin à 22:35

Chapitre 18 : S’accrocher à toi à l’abandon...


Une pluie incessante s’était abattue sur la ville, en ce dimanche après-midi, début novembre. Une odeur de terre mouillée flottait à l’extérieur et l’automne exhibait ses couleurs vives dans le bois près du pensionnat…

Mais ce spectacle n’avait rien en égal à l’ardente passion qui régnait dans l’établissement et qui atteignait des sommets… fallait bien reconnaitre que renforcir les règles de la relation des deux protagonistes entrainait le fait qu’ils ne pouvaient plus prendre le risque de se voir en tant qu’amoureux aussi souvent qu’avant… Et de cette manière, ils devaient bien rabattre leurs passions à chaque baiser volé ou à chaque toucher anodin pour se suffir…

Voire que même vu par la fenêtre, on se lassait de voir la pluie tomber et l’asphalte de la cour remplie de grosses flaques d’eau…

En parlant de tout ça, justement…

Brad, dans un bruit de ressorts, fut projeté sur le dos, sur son lit, dans un fou rire incontrôlable. Stéphane se jeta sur le coté à sa droite pour venir le rejoindre.

-Alors… où en étions-nous ?! Se renseigna Stéphane, un petit sourire affectueux aux lèvres.

Brad se redressa pour s’asseoir en tailleur, s’arrêtant de rire au prix d’un visage éclatant et répondit d’un ton faussement évasif :

-Oh, je sais plus… au début… tu crois pas ?…

-Oui, très bien !

Stéphane s’assit à son tour et se rapprocha de Brad pour poser ses mains sur ses hanches et le serrer contre lui. Brad, quant à lui, se mit à couvrir son cou de baisers fougueux, un à un… La tête toujours nichée dans son cou, il s’arrêta et se mit à respirer doucement son odeur plus profondément, alors que Stéphane passait sa main dans les cheveux du plus jeune.

-Dis… t’as vraiment fait ça !? On a l’après-midi à nous ? Murmura Brad.

Un trousseau de clés, qui semblait appartenir à un prof, avait été déposée sur la table de chevet de Brad….

-Oui, Assura Stéphane, le regard pétillant. Il n’aura pas le temps de s’en apercevoir de son ‘’emprunt’’… Et nous, on peut s’enfermer, comme on veut…

Brad releva un peu la tête pour l’embrasser suavement, en commençant à détacher le collet de la chemise de l’autre. Il rompit le baiser le temps de dire :

-J’me disais aussi que ça te faisait bizarre de faire le bon garçon studieux ces temps-ci…

Puis il reprit le baiser, dénouant soigneusement la cravate de Stéphane, l’enroulant dans ses doigts pour mieux apprécier de le déshabiller lentement, mais sûrement. Stéphane semblait bien apprécier, à en juger par ses faibles frissons et celui-ci caressait fébrilement le dos squelettique de son amant. Ainsi, le baiser s’éternisa, ils restèrent suspendus aux lèvres de l’autre, jusqu’à temps qu’ils reprirent leurs souffles et que Stéphane se justifia, malicieux :

-Oh, tu sais, il y a des cas exceptionnels qui nous forcent à faire des bêtises… Comme là, j’ai envie d’être complètement seul avec toi depuis des jours… Ça compte bien…

Brad approuva en hochant la tête, avec un petit sourire, en déroulant complètement le morceau de tissu et grâce à celui-ci fit approcher d’un coup le visage de l’adolescent tout près du sien, tellement qu’il en sentait délicieusement le souffle brûlant de l’autre sur sa joue. Il sentit les mains de Stéphane devenir plus présentes dans son dos… Puis il retira , comme une caresse, la cravate de son cou et la jeta par terre.

Brad lui murmura ensuite, devant l’expression béante de Stéphane :

-Je suis en amour avec un fou imbécile…

-Ah ? Vraiment ? Dit Stéphane, amusé, en lui caressant les épaules à ce moment.

-Ouais... vraiment… Il respecte même ses propres règles… juste pour moi… Expliqua Brad, d’une voix douce, en lui déboutonnant hâtivement sa chemise et en lui enlevant.

Stéphane eut un grand sourire, en s’attaquant passionnément lui aussi à la chemise de Brad, puis embrassa la chair dévoilée. En même temps, il fit remarquer :

-Il me semblait que je t’avais appris ça, il y a longtemps, mon beau… Les règles, c’est fait pour être contournées…


***


-Il a quoi ?!

À ce moment-là du cours de biologie de ce lundi après-midi, Stéphane reposa ses bras brutalement sur le bureau en signe visible de stupéfaction. Assis en équipe pour un travail fini depuis quelques minutes avec lui, Jonathan hocha la tête, avec un sourire banane, pour confirmer que ses oreilles ne lui avaient pas jouées un tour.

Stéphane lâcha un juron semi-étonné, mais qui se voulait - à l’intérieur - était aussi semi-colérique. Il se dit qu’il avait été trop loin cette fois… Trop, trop, loin !

-Je te crois pas ! Dit-il, intéressé à en savoir plus.

-Tu veux que je te conte ? Demanda Jonathan qu’on aurait pu croire fier ou simplement amusé de tout cela.

-Ouais, vas-y… !


***


Donc, dimanche, vers 8 heures, dans la salle commune des garçons bruyante, Brad était paresseusement calé dans un gros fauteuil rembourré, trouvant le temps long. Il regrettait surtout de devoir passer la soirée tout seul, alors qu’il avait vraiment envie d’être encore avec son amant, qui était à la bibliothèque pour étudier avec Xavier.

Brad bailla sans retenue alors, en se rendant compte qu’il avait lu le même paragraphe dans son manuel de chimie cinq ou six fois. Décidément, il n’avait la tête à rien, et cela même avait un long rapport de laboratoire à remettre en chimie le mercredi suivant…. Remettant le tout au lendemain, il abandonna sa lecture et lança le livre sur une table basse tout près. Il posa sa tête contre le dossier, fixant le plancher, pour se perdre dans ses pensées.

Soudain, plusieurs rires sonores retentit un peu plus long ce qui le déconcentra et il tourna la tête pour ce qui se passait…

5 ou 6 garçons semblaient avoir entendu une plaisanterie particulièrement hilarante et Jonathan, qui faisaient partit du regroupement, tenant un papier dans ses mains.

Brad soupira :

-EH ! Avertit t-il, la voix forte, à leurs adresses. Vous pourriez pas baissez le son un peu ! Y’en a qui essayent d’avoir la paix ici !

Ils se retourneraient tous vers lui et la plupart bouffaient doublement de rire. Il ne fallait pas chercher bien loin la raison…

Jonathan, l’air moqueur, sourit et s’approcha devant lui.

-Tiens, tiens, Spitfire !.. On parlait justement de toi… Ça, c’est quelque chose qui pourrait t’intéresser, je crois…

Il lui tendit la feuille de papier et Brad la lui arracha sèchement des mains, les sourcils foncés. Son regard méfiant qu’il avait adressé à l’adolescent se posa ensuite sur ce qu’il avait dans les mains.

À son grand étonnement, c’était une annonce prise sur le tableau d’affichage qui annonçait une réunion du comité organisateur du bal des finissants….

-Euh ?? Fit Brad, en lançant la feuille par terre. Et en quoi ça me concerne, ça?!

Le sourit de Jonathan s’agrandit, puis il dit d’une voix faussement angoissée :

-On s’inquiète tellement pour toi ! On se demandait si tu avais commencé à pensé à ta robe !! Faut que tu en trouve une belle !

Hébété, Brad cligna des paupières, ne réagissant pas. Il entendit cependant des retentir à nouveau à ses oreilles….

Jonathan s’approcha de lui et sa main montra en l’air quelques mèches de ses cheveux l’espace d’un instant, en disant, toujours de sa voix stupide :

-Ça serait bien si tu en prendrais une lilas ou une rose, ça irait bien avec la couleur de tes cheveux. Avec une fleur en boutonnière, ça serait parfait, tu crois pas ?

Les rires fusèrent encore, mais lui ne riait pas du tout…

Une bouffée de rage l’avait assailli…

Il marmonna entre ses dents :

-Ta yeule, Langlois.

Celui haussa les sourcils, perdant son air moqueur au profit d’un air plutôt arrogant.

-Je te demande pardon ?! Dit-il, bien qu’il ait parfaitement entendu,
simplement pour le provoquer.

-J’ai dis ta yeule, Langlois ! Répéta Brad, d’un ton dur, en se levant d’un bond.

-Ooohh, est susceptible, la petite feluette...

Il se foutait des autres qui le regardaient, il ne regardait que Jonathan, avec hargne. Il frissonnait tout de même à son dernier mot, l’esprit rempli d’images traumatisantes. Et à son grand malheur, Jonathan l’avait remarqué et eut un petit rire :

-Tu fais moins le malin quand Steph est pas là pour te protéger, pas vrai ?

Brad ne répondit pas et lui lança un regard noir. Il sentait la rage en lui faire de gros bouillons, comme une épaisse soupe de haine.

-De toute façon, vos idioties, ça m’atteint pas, vous saurez…

C’était un beau mensonge. Mais il allait quand même pas paraitre faible devant eux et leur donner une raison supplémentaire de s’en prendre à lui.

Cinglant et ironique, Jonathan répliqua :

-En fait, le plus désagréable chez toi, c’est que ton existence et ça, ça nous atteint, tu vois…

Assez ! Assez ! Assez !!

Sa rage atteignit des sommets… Pendant que Jonathan rajouta :

-… On est obligé de te supporter, le fif… Steph, ça doit vraiment être un saint de le faire… Parce-que t’es juste un…

PPPPAAAAFFFFFF !!!

Personne ne sut ce qu’était Brad, puisque celui-ci c’était approché rapidement vers Jonathan et lui avait administré un coup de poing magistral, de toutes ses forces. Sous la brusquerie de l’attaque, l’adolescent fut projeté par l’arrière et renversa au passage la table basse qui se trouvait derrière lu. Il reprit de l’équilibre en l’observant avec colère pendant l’espace d’une seconde ou deux où on pu voir qu’il saignait du nez.

-CRISS DE…

Puis, aussi furieux, Jonathan se jeta sur lui en lui donnant un coup de poing sur la joue particulièrement violent, ce qui le fit tomber par terre…

Une féroce bataille s’engagea alors

Aveuglé par la douleur, Brad sentait sa tête être cognée plusieurs contre le sol par Jonathan, la main agrippée sur son crâne. Il parvint toutefois à se défendre en lui donnant un bon coup de poing dans le ventre de l’autre, se redressant un peu.

Les coups fussèrent… Brad continuait à le frapper, déterminé de lui faire le plus mal possible, assoiffé de lui faire payer ses paroles. Mais Jonathan ne versait pas non plus dans le doux, l’assaillant de coups très douloureux – même que Brad sentit à un moment sa lèvre se fendre et le sang chaud remplir et s’écouler de sa bouche.

Des curieux portèrent attention sur eux, en les regardant étonnés se battre, rouler presque par terre pour essayer de prendre le dessus ou de se dégager pour mieux frapper. La petite bande de Jonathan de tout à l’heure poussait des cris et des exclamations pour ponctuer la bataille et encourager l’adolescent à massacrer Brad.

Et alors que Jonathan lui avait donné un grand coup de genou sur le bas-ventre en le frappant encore une fois au visage, une voix tonitruante protester :

-Mais qu’est qui se passe ici… ARRÊTEZ ! ARRÊTEZ IMMÉDIATTEMENT !

Les deux furent alors séparés par le surveillant, qui les fit relever. Les deux se regardaient toutefois avec autant de haine et de rage, leurs visages blessés, plein de sang. Si le surveillant n’aurait pas été entre eux, c’était évident qu’ils se seraient encore rués l’un sur l’autre pour continuer la bagarre.

-Vous, dégagez, il y a rien à voir ! Grogna t-il à tous les gars autour. Vous !! Renchérit-il, à l’adresse de Jonathan et de Brad. Vous venez avec moi dans mon bureau et ensuite, vous allez à l’infirmerie !


***


Étonné, Stéphane fit un commentaire d’incrédibilité face à l’histoire puis il demanda :

-Et ensuite, qu’est qui s’est passé ? Ils vous a punis ?

-Ouais… En fait, plus moi que Spitfire…

-Comment ça ?

-J’ai écopé d’une double retenue, alors qu’il en a eu une seule…

Stéphane sourit en faisant remarquer :

-Dis pas que tu l’as pas mérité, idiot. Tsé, ton nez a failli y passer, c’est pas gentil de dire ça pour lui, pauvre petit ! …

Et ils éclatèrent de rire, oubliant leurs propres querelles à ce sujet.

Ils n’eurent même pas à changer de sujet comme le son de la cloche les interrompit.

Ainsi, Stéphane ramassa en vitesse ses affaires pour se dépêcher à sortir et Jonathan lui demanda :

-Tu viens en études avec moi ?

-Rejoins-moi là-bas, ok ? Répliqua t-il, un peu pressé. J’ai un truc urgent à régler avant… À tantôt, Jo’…

Jonathan n’eut même pas le temps d’approuver que l’adolescent avait déjà quitté la classe.
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Dim 15 Juin à 22:38

Au travers de la foule bruyante des élèves qui se massaient dans le couloir, Stéphane se faufila sans délicatesse pour rattraper Brad et l’aborder, d’une façon disons plutôt directe :

-Eille toi, viens avec moi…

Il lui saisit l’avant-bras et le força à prendre un autre couloir. Il l’amena dans le labo n.7 - désert comme les cours venaient de se terminer – de façon à ce qu’on ne puisse pas surprendre leur conversation dans ce vacarme. Stéphane referma la porte derrière lui et s’exclama avec colère:

-CÂLISS !! Mais qu’est qui t’as pris !!

-De quoi tu parles ? Fit l’autre, haussant les sourcils de surprise.

-De hier soir, Jonathan m’a raconté ! …

Brad comprit et s’assit sur un bureau de première rangée en jetant son sac par terre, levant les yeux au ciel un moment, d’un air exaspéré. Il ne répondit rien du tout.

En le voyant, Stéphane repliaient ses doigts, comme pour se contenir lui-même et puis, se retourna vers le tableau plein de poussière de craie comme pour se calmer.

-Tu sais bien comment il est avec toi… Tenta t-il, dans un marmonnement irrité.

-Oui et alors ! Il y a des limites à ce qu’il me provoque et à que je me laisse faire ! Lança Brad, devenant tout aussi furieux alors.

Stéphane se retourna brusquement en s’écriant :

-Mais t’as qu’à pas l’écouter ! Pourquoi t’as fait ça ?!

Brad croisait les bras, offensé, en rétorquant :

-Je suis pas pour me faire insulter éternellement de cette manière, franchement ! Et de toute façon, c’est lui qui a eu une plus grosse punition !

-Peut-être, mais c’est pas la question… il fait EXPRÈS pour te provoquer ! Et si tu embarques dans son jeu, tu vas te faire remarquer à la longue !

-Plus facile à dire pour toi, ça, dit Brad, en tournant la tête, de plus en plus insulté. C’est ton ami et en plus c’est pas tooouuaa qui encaisse ça !

Explosant de rage, Stéphane s’avança dangereusement, le poing crispé contre sa hanche, en le menaçant :

-AYE ! Je t’interdis de dire ça !! C’est peut-être même doublement dur pour moi vos petits comportements enfantins ! Tu sais pas ce que c’est ! Alors, la fermer ou… !!

Brad l’ignora, assez contrarié merci, le coupa sèchement :

-Tu penses que c’est amusant de se faire dire ça ?!

-Tu comprends rien…, Dit Stéphane, qui faisait des efforts pour se calmer, mais cela semblait être une cause perdue d’avance. Il va finir par se douter de quelque chose si tu continues à être sensible sur ce sujet ! Et tu imagines ce que ça ferait ?

-Non, mais arrête de dramatiser !! C’était visé qu’à moi ! Ça n’a aucun lien avec toi !

-Il est assez perspicace, merde, donne lui pas la chance de le mettre sur la piste !

-Je suis pas assez idiot pour lui donner une raison supplémentaire d’empirer ses insultes et d’aggraver la situation !

Sarcastique et sous le coup de la colère, Stéphane s’écria, ses mains tremblantes :

-Tu l’as bien fait une fois, alors j’vois pas pourquoi tu le r’ferais pas…

Explosant de rage à son tour, Brad sauta d’un bond du bureau peu solide qui s’ébranla et gifla férocement Stéphane.

Hum, disons qu’il était déchainé, ces derniers jours !

La respiration bruyante, d’un air dégouté, celui-ci resta planté-là, sans rien faire d’autre.

Pour sa part, Stéphane fuyait son regard, consterné et ahuri, la main plaquée sur la joue, mais quelque chose faisait dire qu’il ne se souciait à peine de la douleur de la gifle.

Déchainé, Brad s’emporta aussi en paroles :

-C’était une erreur, maudit, c’est fait c’est fait ! Je suis désolé d’avoir fait ça ! Mais reviens-en ! Reviens-en ! Ça arrivera plus, comment tu peux dire une horreur comme ça ! Comme si ça me plairait !

Un bref silence s’en suivit. Puis, toujours sans le regarder, Stéphane murmura, la voix serrée et amère, comme s’il était sur le bord de flancher :

-Espèce de con… Mais qu’est que t’es con !…

Il remonta sur son épaule son sac et quitta la salle de cours, d’un pas décidément qui avait perdu sa fureur, mais pas sa rapidité.

Parce-que justement, à peine hors de vue dans le couloir, des larmes silencieuses commencèrent à inonder les joues de Stéphane…

-Maintenant… Fit-il, à lui-même.

Surtout que lui seul savait ce que ce mot impliquait...


***


Mercredi arriva et ils ne s’était aucunement adressé ni la parole ni la moindre attention. À chaque cours, à chaque fois qu’ils se croisaient dans la salle commune ou dans le réfectoire, il était évident qu’ils faisaient comme si l’autre existait pas, faisaient comme si une barricade d’incompréhension, de colère, était érigée entre eux.

Brad, bien que toujours en colère et ne voulant pas répéter une autre altercation, se demandait s’il ne devait pas faire les premiers pas pour s’excuser.

Partagé entre sa tête et son cœur, il y pensa pendant le souper de ce soir-là, perturbé, ne touchant à peine à son assiette. Finalement, il se dit qu’il essayerait de lui parler – soyons zens ! – après le couvre-feu, comme ça, il aurait plus de chances d’être écouter.

Donc, comme prévu, il resta à attendre et attendre le moment venu, fixant le plafond, pendant un temps qu’il ne saurait déterminé. Mais il attendit assez longtemps pour deviner que Stéphane s’était probablement endormi. Et assez longtemps pour se dire qu’il avait vraiment fait défiler dans sa tête tous les scénarios inimaginables et possibles.

Finalement, il se leva enfin et prudemment, Brad s’avança dans l’allée pour rejoindre le lit de l’autre garçon.

Puis, debout à côté de lui, il lui secoua énergiquement l’épaule pour l’extirper du sommeil en chuchotant :

-Steph… Steph… Réveille-toi !… Aller !... Faut que je te parle…

La voix pâteuse, les yeux à moitiés fermés, Stéphane répondit, après un petit instant :

-Humghh…vas t’coucher, Brad…

Celui-ci, les yeux brillants, le prit comme un père devant les premiers mots de son enfant, s’émerveillant de ses paroles même s’il s’agissait d’un ordre un peu brusque… Cela, lui donna plus d’armes et de courage pour entamer une réconciliation. En signe de défi, il s’assit en tailleur au pied du lit en murmurant, d’un ton ferme :

-Non. Pas tant qu’on se soit parlés et que tu m’ailles écouté.

Stéphane, toujours dans les vapes du sommeil, vit qu’il n’avait pas vraiment le choix. Il s’assit, lui aussi, en se frottant les yeux et en grognant un truc du genre ‘’Maudite tête de cochon !’’.

-Bon, qu’est qui y a ? Dit l’adolescent, un peu dur, mais en gardant un ton bas.

Le souvenir cuisant de la gifle lui revenait peut-être, pensa Brad, esquivant un sourire.

Celui-ci se rapprocha de lui pour être le plus silencieusement et doucement possible, essayant de ne pas le froisser ou le brusquer.

Il chercha ses mots pendant un moment. Tant de mots se bousculaient dans sa tête pour avoir la meilleure place. Des mots trop flous, trop nombreux, trop envahissants s’entassaient dans sa tête… Puis, il s’exprimait enfin avec une poignée de ceux-ci, plutôt percutants :

-Qu’est qui nous arrive, à la fin ? Qu’est qui nous arrive ?

Brad essaya d’attraper les mains de l’autre pour lui démontrer qu’il était en train de s’excuser sincèrement, mais les mains de l’autre adolescent étaient hors de portée. Pourtant, avec un trouble considérable dans la voix, comme si ses barrières mentales venaient de fléchir d’un cran, Stéphane répondit :

-J’sais pas…

Il resta immobile pendant un instant d’hésitation, avant de se décider à prendre les mains de Brad, si lentement qu’on aurait dit qu’il désamorçait une bombe.

-Tout simplement l’amour, p’être…

Son petit geste mit dans tous ses états, carrément à l’envers, le pauvre Brad, qui se mit à trembler.

-Oh Stephhh !! Je m’excuse vraiment ! C’est ma faute… J’ai perdu mon sang froid… j’aurais pas dû, je sais… Si tu savais comme je suis désolé…

L’adolescent soupira et dit sombrement :

-Disons qu’t’es trop gaffeur pour ton propre bien… Mais j’te pardonne tout de même…

Soulagé, il lui adressa un sourire à travers de la faible lumière dans la pièce. Stéphane renchérit, serrant plus fort ses mains, toujours aussi sombre :

-Brad…

-Oui ?

-Euh … J’suis juste désolé d’ma réaction, moi non plus j’aurais pas dû agir de même…

-Moi aussi, je te pardonne, t’inquiète pas…

Brad douta fort que c’était vraiment cela qu’il voulu vraiment dire, qu’il s’était ravisé au tout dernier moment. Mais Brad ne posa pas de question et n’eut même pas le temps de s’en faire. Stéphane prit possession de ses lèvres, comme un baiser de réconciliation qu’il se sentait obligé de faire – ou du moins, Brad le sentait tendu – quoique sincère.

C’est donc pour ça que Brad arrêta de s’en faire après un moment, en continuant de l’embrasser, ne se séparant de lui que pour reprendre son souffle. Le cœur un peu plus libéré, il posa ses mains sur ses épaules - lui sur ses hanches – et le fit basculé sur le matelas… Et puis bof, après tout, ils s’aimaient, alors autant s’abandonner, plonger totalement dans ce sentiment. Au lieu que ce soit le contraire et que l’amour les achèvent …


***
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Dim 15 Juin à 22:41

Le lendemain, Stéphane déposa subtilement un billet sur son bureau, sans croiser son regard, l’air d’être ailleurs - sa méthode de le faire, comme ils s’en passaient quelques fois - en allant porter son travail fini de à l’avant.

Brad ouvrit le morceau déchiré de feuille mobile dans son manuel et se dépêcha à lire l’écriture carrée de l’autre qui retournait à sa place comme si rien n’y était :


‘’M. A. …

Moi aussi, j’aurais à te parler de quelque chose de très important. Ça risque de ne pas te plaire, vraiment pas, mais faut que je te le dise…

Cette nuit, à 12h30, ok ?
Rejoins-moi au gym n.2, comme c’est au fond du pensionnat et il n’est jamais barré, alors on y sera tranquille…

XxX S.’’



***


Brad, peu enthousiasme, fut tellement curieux malgré tout que dix minutes d’avance, il sortit de son lit et traversa la pièce avec discrétion, en passant la cabine du surveillant endormi pour sortir hors du dortoir. En dévalant les escaliers qui menaient à la salle commune, il essaya de faire le moins de bruits possible et le plus vite possible, jusqu’au bloc d’éducation physique et jusqu’au gymnase qui l’intéressait.

Stéphane n’était pas encore là – pourtant, il semblait qu’il avait quitté le dortoir avant lui -, alors il s’assit sur un des gros matelas d’exercices appuyés contre la grande vitre, donnant sur la cour arrière du pensionnat, qui illuminait la pièce de grands rayons de lune. Et il attendit…

Finalement, l’autre garçon arriva trois ou quatre minutes plus tard et vint s’asseoir en face de lui.

-Salut ! Lança Stéphane après s’être raclé la gorge.

À la manière dont il le salua, Brad le trouva un peu tendu et remarqua aussi qu’il tenait quelque chose dans sa main qu’il essayait visiblement de cacher.

-Allo… Est-ce que ça va ? Rajouta t-il, intrigué.

-Heum, pas pire, ça pourrait aller mieux… et toi ?

-Ça va…

Il soupira, lui fit un faible sourire que Brad lui rendit. Il laissa tomber plus loin sur le matelas ce qu’il tenait, une enveloppe brune. Puis il vint enserrer Brad par derrière et se colla contre lui, posant sa tête contre son épaule. Brad lui caressa les cheveux, doux, mais en même temps il commençait à avoir un peu peur de la suite.

Ils restèrent en silence, dans cette position, pendant quelques minutes, dans un certain bien-être suave.

Ainsi, Stéphane lui finit tourner la tête vers lui et pressa ses lèvres contre celles de Brad, sans prévenir. Comme s’il avait cherché à trouver le courage de le faire, pendant tout ce temps.

Brad lui rendit son baiser, se sentant de plus en plus troublé, sans trop savoir pourquoi.

-Je t’aime, mon ange, tu sais, murmura Stéphane, avec un mélange d’émotions indescriptibles.

-Je t’aime aussi…, souffla Brad.

Il n’eut à peine le temps de le dire que Stéphane enchaina et vint s’asseoir en face de lui.

- … mais il y a ‘’ça’’… Tiens…

Fini le beau moment, quoi… Brad le savait déjà…

Stéphane ferma les yeux le temps de lui tendre l’enveloppe, plongeant dans le vif du sujet qu’il voulait discuter avec lui, comme s’il aurait plongé dans un bain d’eau glacée.

Brad saisit l’enveloppe et la trouva ordinaire à première vue, mais ne fut plus certain qu’il voulait l’ouvrit….

Il se risqua ainsi à lire les informations inscrites sur le dessus, avec réticence.


''M. Dubois, Stéphane
Casier 1241,
Pensionnat St-Nom-De-Marie,
355 rue Lafontaine,
Cowansville, QC,
Canada
J670Y5*''



Mais ce qui lui fit l’effet d’un obus explosant dans un bruit assourdissant fut le :


''Département du recrutement
Canadian Forces Base Borden – Base Borden des forces comediennes
Borden, Ontarioo,
Canada
S34J98''



Brad eut l’impression de l’avoir reçu en plein cœur cet obus et d’être incapable de respirer même la bouche grande ouverte.

Il jeta un regard à la dérobée à Stéphane, n’y croyant pas, ne voulant surtout pas y croire. Celui fixait tristement le bleu marine du matelas, attendant une réaction de sa part. Se mordant la lève inférieure, Brad reporta son attention sur l’enveloppe, l’ouvrit et lut ce que la lettre contenait :


‘’25 octobre (ça datait d’il y a des jours ! On était le 4 novembre ! songea Brad),

’Cher monsieur Dubois,

Nous vous annonçons que la date de votre entrée en cours a été bien modifiée, suite à votre demande.

Ils nous fera donc plaisir de vous accueillir le10 janvier prochain dans nos rangs pour le début de votre formation.

Ci-contre, vous avez la procédure détaillée pour votre arrivée ici, les règles à suivre pour votre entrainement. Nous vous demandons d’en prendre bien note.

Veuillez accepter, monsieur Dubois, l’expression de nos sentiments distingués… [Signature]’’



L’adolescent eut l’air d’être un robot lorsqu’il fit le geste machinal de remettre la lettre dans l’enveloppe, incapable de rien d’autre, ne sachant pas comment réagir. Tout ce qui était moindrement clair, c’est qu’il lui semblait qu’une tonne de briques lui étaient tombées sur la tête.

-C’est ton beau-père, c’est ça ? Murmura Brad, abasourdi et consterné, en tendant la lettre à l’autre garçon, qui la repris distraitement.

-Oui et non, Dit vaguement Stéphane, comme s’il avait honte, terriblement honte.

Un grand malaise le prenant d’assault, il chercha à comprendre :

-Ça veut dire quoi ça ?

-Euuh… Bien… L’idée, c’est lui, comme tu le sais… - Stéphane releva la tête tristement, un peu confus - … Mais le reste de moi… Je… Je pense que c’est mieux que j’abandonne tout, cette fois-ci, et que j’obéisse… Tu comprends ?

Avec effroi, Brad se rappela du mot ‘’10 janvier’’ avant de souffler un douloureux :

-Oui.

Comment pourrait-il faire ça ?

Il n’avait pas l’intention de faire ça ?!

Il n’avait pas le droit… pas le droit… comme si ce serait un crime… Ce n’en était pas un… Mais ça lui paraissait tellement impensable, de sa part, un coup comme ça…

Jamais, au grand jamais, il ne serait attendu à quelque chose de ce genre. Et pourtant, il devait se rendre compte que c’était ce qui arrivait.

Ahuri et troublé par ses pensées, il ajouta, d’une voix garrotée :

-Stéphane… mon amour… c’est pas toi, tout ça… dis-moi que c’est une blague, s’il te plait…

Mais il savait déjà d’avance que ce n’était pas une blague. Jamais il aurait pu rire de quelque chose d’aussi grave.

-Je sais que c’est pas moi. Mais j’ai plus le choix, répondit Stéphane, comme s’il ne croyait pas à ce qu’il venait de dire.

Le jeune garçon, alors, ne le reconnaissait plus. Qu’est qui lui prenait ?

Il leva alors un peu la voix :

-Comment ça tu n’as plus le choix ? Tu peux pas faire ça !...

Il ne se fâcha pas, il savait que ça ne servait plus à rien, que c’était définitif, mais essayait de comprendre.

-Tu peux pas faire ça…, Répéta t-il. Te faire ça… Tu vas détester ça, tu le sais très bien ! .. Soit raisonnable…

-Je suis raisonnable, justement… Tu vois juste pas ce que je veux te dire… Tu comprends pas..

Intimidé que Brad soutienne son regard sur lui, Stéphane se leva et commença à faire les cents pas, essayant d’éviter son regard.

Il marchait nerveusement, se tordant ses mains…

Brad ne savait plus quoi en penser…

Jusqu’à temps que Stéphane se retourna brusquement vers lui et s’exclama d’une voix un peu raide, claironnante, une voix poignante :

-‘coute-moi bien, Brad… Ça peut plus marcher plus longtemps nous deux… Je suis vraiment désolé, Brad, mais toi et moi, c’est fini…



*Oui je sais que ça marche pas. Mais dans le futur, tout se peut !
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Mer 16 Juil à 22:25

Chapitre 19 : Fait de sang et de silence


Sonné, Brad ne sut comment réagir, ne s’y étant même pas attendu avec cette affreuse lettre. Même pendant que Stéphane lui débitait ça, il ne s’en était même pas douté…

Tout ce qu’il savait, c’était que maintenant, c’était dix fois, cent fois, mille fois pire ! … Son cœur lui donnait l’impression d’avoir été mis sur pause, saisit d’une surprise sans nom, de peine, d’incompréhension et que le pauvre organe était incapable de tout traiter en même temps.

Il eut une explosion de questions en lui, qui le tiraillèrent et qu’il n’osaient poser… Qu’est qui lui arrivait ? Pourquoi lui faisait-il ça ? Qu’est qui se passait pour qu’il en vienne à cela ? Est-ce qu’il l’aimait vraiment encore ?

Il ne comprenait plus rien… plus rien…

Et il fixait Stéphane désespérément, qui finalement le regardait lui aussi, sur le bord de flancher.

-Non…

Ce fut tout ce que Brad put faire sortir d’au fond de sa gorge, tout ce qui résumait son état, incapable de faire quoique ce soit de plus.

L’autre poussa un soupir et détourna la tête, recommençant à faire les cents pas, les dents serrés, une expression de malaise imprimée dans ses traits.

-Steph…

Impuissance et incompréhension s’amalgamaient dans ses faibles et dérisoires mots, face à toute l’ampleur du choc qu’il subissait :

-Pitié… Bredouilla Brad. Pourquoi ?? J’ai fais quelque chose ?? Je suis pas assez ci ou trop ça ?? Il y a quelqu’un d’autre ?? Tu…

Stéphane, qui s’était arrêté de marcher pendant les plaintes du jeune garçon, vint se mettre à genoux sur le matelas, devant lui, et lui prit la main, essayant de le calmer, comme il pouvait, bien qu’il ait l’air de vouloir éclater en larmes à chaque mot qu’il prononça :

-Chuuttt… mais non, c’est pas ça… c’est pas ça… ça n’a rien à voir…

Brad insista en répétant ‘’C’est quoi alors ?’’ plusieurs fois avant que Stéphane finisse par réagir et à caressa de ses doigts et embrassa la main du jeune garçon, pris de cours. Il expliqua par la suite :

-C’est qu’autour de nous… Le secret et tout le reste …C’est pas de l’amour… Ça ne l’est pas du tout et ça pourrit ce qui l’est, tu comprends… Surtout depuis septembre, c’est devenu insupportable… Je t’avais promis une solution… J’en ai pas trouvée… et je veux plus continuer comme ça…

Brad remarqua, l’estomac et la gorge serrée, que deux grosses larmes se mirent à rouler sur les joues de Stéphane, alors que celui-ci continua à lui expliquer doucement, lui pressant fort sa main contre la sienne :

-Je t’aime… Je t’aime tellement, mon beau Brad... Mais je suis plus capable de t’aimer plus longtemps, dans ce climat… Je suis pas heureux en t’aimant… Faut que j’arrête de le faire avant que ça devienne invivable pour toi aussi…

Brad, ne comprenait pas du tout le pourquoi du comment, ne saisit seulement qu’il le laissait tomber pour arrêter d’avoir mal en amour. Pour en fini avec le silence de cet amour qui lui faisait subir.

Mieux arrêter de l’aimer…

Toutes ces syllabes mises ensemble… Comme c’était affreux dit comme ça…

-Non… tu peux pas faire ça…, Parvint à dire Brad, sa gorge lui semblant en feu rien qu’à articuler le peu qu’il réussissait à dire.

-Ça va être mieux comme ça… allons, Brad…, Fit Stéphane, ne semblant pas se croire lui-même.

-Ça le sera pas !

-Brad, sois raisonnable…

-Comment veux-tu que je sois raisonnable !!

-S’il te plait…

Stéphane soupira, abattu, et recommença à fixer le matelas comme s’il lui trouvait un attrait quelconque. Il devait se demander quoi faire, quoi dire pour qu’il finisse par être raisonnable, justement…

Brad, pour sa part, ne savait plus ou il en était… Il avait l’impression d’être poignardé 2 fois plutôt qu’une.
Pourtant, ce n’était pas le fait qu’il se faisait larguer pour la première fois de sa vie qu’il lui importait le plus. C’était que il ne savait plus ce qu’il était pour arriver sans lui… qu’il ne savait plus ce qu’il voulait…
Il savait très bien qu’il ne pouvait pas le retenir, mais qu’en même temps, Stéphane ne pouvait pas piétiner sur leurs sentiments comme ça, d’une telle manière, si impromptue…

Le jeune garçon approcha son visage près du sien, sentant les joues mouillées de Stéphane contre les siennes. Celui-ci ne bouge pas, il ne su pas quoi en penser.

Il resta ainsi près de lui pendant un instant, essayant peut-être de sentir quelque chose, n’importe quoi, pour éviter ça.

Moment fixe. Immobilité.

Pourtant tout ce qu’il sentait, c’était que, mis en ordre :

. Il ne comprenait pas.
. Il ne voulait pas.
. Il avait mal.

Ensuite, Brad, restant dans cette position, trouva le courage de lui dire à l’oreille :

-Steph… Si vraiment, tu veux plus de moi, même si tu dis encore m’aimer… ça, je pourrais l’encaisser… Mais que tu fasses ce que tu as toujours détesté pour le mettre en pratique… Ça non… Pourrais pas..

Il le sentit trembler, sangloter contre lui. Il n’osa pas l’éreinter. Tout était si déroutant…

-Fais-moi pas ça, fais-toi, pas ça… Steph, pitié…

Toujours à voix basse, il renchérit, avec une voix poignante :

-… Tu peux pas… tu le sais autant que moi…

Stéphane recula sa tête, d’un geste raide, incertain en suppliant :

-Complique pas les choses davantage ! … Je le fais, parce-que tout est foutu… Ça va être mieux pour moi, je vais avoir ce que je mérite… Et tu vas être mieux sans moi, je suis sûr…

-Non… non… dis pas n’importe quoi… je t’en pris…

Finalement, lui aussi c’était mis à pleurer, essayant en vain de s’accrocher à un mince espoir que tout pouvait changer.
Mais tout ce qu’il imaginait, c’était Stéphane, qui ne l’aimait plus, à des kilomètres et des kilomètres, qui s’engageait dans un métier stupide et meurtrier – ces temps-ci, avec tous les conflits sur la planète, on sait jamais…. Et ça lui faisait encore plus de mal penser à ça…

Pris de cours et visiblement peiné de lui faire du mal, Stéphane renifla et essaya, encore une fois, de le rammener à la raison :

-Brad… Brad… J’ai passé de merveilleuses années à tes cotés… absolument mémorables… je t’assure… mais là…

-Pas ça !! S’te plait ! L’interrompit Brad, des sanglots forts le secouant.

-Chuuutt…. Écoute-moi… Tu es une personne extraordinaire… Je suis certain qu’il y a des tas de gars, aussi formidables que toi, qui feraient n’importe quoi rien que pour avoir la chance de t’aimer… et qui pourraient te rendre heureux… Mais, ça, c’est pas moi…

Il était clair que Stéphane faisait de grands efforts pour contenir sa peine et ses larmes qui coulaient. Mais Brad protesta, incontrôlable de chagrin à ce moment :

-C’est pas vrai !! Avant toi, personne s’est aperçu de qui j’étais… même que j’existais !! Sans toi, je…

-Sans moi, ça sauras beaucoup mieux, c’une question de temps, Coupa Stéphane, essayant tant bien que mal d’être doux. Moi, je te rends malheureux, regarde – Il pointa son visage - ce que je te fais…

-Mais…

-Ça suffit, Brad, aisse-moi continuer, dit Stéphane, brusque. Ça peux plus marcher, tout simplement… Je sais que je te fais de la peine, moi aussi je m’en fais… mais ça peut plus marcher… Je sais même plus si je devrais continuer à t’aimer…

Il s’approcha et lui embrassa rapidement le front en murmurant :

-Mais tout ce que je sais, c’est que je te mérites pas, Brad… Je te mérites pas…. Je suis désolé… Bonne nuit…

Il ne lui laissa pas de le temps de réagir à tout cela. Stéphane se leva en prenant l’enveloppe et quitta le gymnase précipitatement.

Brad, incapable de réagir justement, resta le cœur gros, pleurant à chaudes larmes, sur le matelas pendant plusieurs minutes avant de retourner se coucher, se repassant en boucle les événements. Qu’est qu’il se sentait vide….


***


Brad savait pertinemment que Stéphane pouvait agir parfois de façon mystérieuse, voire même affolante de non-dits et de refoulements, sans qu’il le sache. Par contre, cette fois, il lui semblait savoir qu’il ne lui avait pas tout dit, comme un casse-tête sans plusieurs morceaux importants…

Il avait beau retourner et encore retourner ce qu’il lui avait dit, la nuit dernière, mais il n’en percevait pas le double sens. Et il se dit qu’il devait absolument les découvrir…
Sinon, il ne pourrait pas accepter que c’était fini quand ils s’aimaient encore, que c’était trop tard pour eux.

C’est ce que le jeune garçon se dit très tôt le lendemain matin – Il n’avait pas vraiment réussi à beaucoup dormir…

Il profita ainsi du fait que le réveil n’était que dans une dizaine de minutes pour s’habiller et ensuite aller mener sa petite enquête dans les affaires de Stéphane – Peut-être trouverait-il quelque chose pour le mettre sur la piste de il ne savait pas quoi encore… Enfin… Un bon détective cherche bien avant d’avoir une piste !

Il fit le moins de bruits possible pour arriver jusqu’au lit de Stéphane. Il chercha délibérément à ne pas le regarder dormir, alors que lui il était dans la brume….

Il se pencha à genoux, jeta un regard autour au cas où et lentement, il ouvrit le tiroir de la table de chevet. Au travers de quelques objets et des papiers sans importances, une enveloppe blanche non cachetée encore attira son attention comme. Sur le dos, Stéphane y avait inscrit au crayon marqueur bleu ‘’À Brad S. - À lire, après lundi prochain…’’

Brad la dégagea prudemment et la prit dans ses mains pour l’ouvrir. Elle contenant du papier à lettre au cadre aux motifs rouges indescriptibles, où il lui avait écrit une lettre à son adresse !

Ne pouvant pas résister à la tentation, il remit la lettre dans l’enveloppe, la cacha dans sa veste et referma sans bruit le tiroir. Un peu curieux, il se dit qu’il allait lire ça discrètement au premier cours ou à la pause, il pourrait ensuite la remettre à sa place sans qu’il s’en aperçoive…

Il se releva, puis aller se préparer pour le petit déjeuner…


***


Il eut de la chance dans ses plans…

Le prof de biologie, atteint d’une grosse grippe, était absent au deuxième cours de la journée et les élèves s’en donneraient donc à cœur joie dans leurs périodes libres non planifiées.

Il s’assit donc dans le fond, à part, suffisamment loin pour que Stéphane – qui semblait aussi normal qu’à l’ordinaire - qui était avec ses amis ne puisse voir se qu’il faisait. Il cachait la lettre dans son roman et commença sa lecture…
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Mer 16 Juil à 22:26

01 novembre,

Brad, mon ange…

Bon, alors, voilà… J’ignore ni quand, ni comment, ni même si tu vas lire ces lignes, ni si tu vas avoir la force de les lire… Même que cette option serait compréhensive, après tout ce que je t’ai faussement - Parce-que oui, c’était un tissu de mensonges en soi… - et ignoblement fait et ce que je vais encore faire… Mais bon, j’ai commençé à écrire, je m’arrêterais plus, l’encre de mon stylo doit noircir sur le papier toutes les explications que tu mérites de reçevoir, même si tu les refuse.

Pourtant, je suis abandonné par les mots… Je sais plus comment ressentir ce que je vis et j’ignore encore moins comment te le décrire avec justesse… Et je viens tout juste de me souvenir que tu m’avais déjà complimenter sur le fait que j’écrivais bien…. Alors… Alors, je me dis que je vais essayer de le faire pour toi, comme j’ai souvent résisté pour toi…

De toute manière, il faut que tu saches…

Il faut que tu saches que j’en peux plus…

Je sais pas si tu peux comprendre ou non, mais c’est une pensée affreuse qui m’habite depuis des semaines entières… Cette pensée qui a tellement grossie, qu’elle en est devenue si abominable, si féroce... C’est comme un poison invisible, inperceptible, qui coule dans mes veines, qui me contamine jusqu’aux os…

J’en peux plus… J’en peux plus de la vie… vraiment plus…

De cette vie aussi fanée qu’une rose ayant perdue plusieurs pétales…

De qui je suis, cet être monstreux et pathétique que j’essaye d’enterrer depuis longtemps au fond de mon cœur abimé et que j’ai bien peur devoir te le dévoiler..

De ma réalité, où le chaos règne en tyran depuis des années…

De tout ce mal qui m’affecte…

Et de tout ce que toi et moi on subit dans cette oppression, dans ce jeu perpétuel de cache-cache ;

L’interdit, la passion, les mensonges, la souffrance qui continue… Oh oui… tout ça avec toi… Mais c’était toujours extérieur à nous…

Tu sais, j’ai jamais compris grand-chose à l’amour, mais j’arrive plus à vivre le notre… C’est devenu une destruction infernale… Parce-que l’amour, c’est fait pour être montrer au grand jour… pas pour être terrer… faire comme s’il n’existerait pas… Et c’est ce qu’on a fait, à nos risques et périls… sans conscience des conséquences… Au début, c’est amusant, excitant. Lentement, ça ne l’est plus. Puis, ça se transforme en un inconvénient, en poids… Et ensuite, à la toute fin, ça tourne en enfer…

C’est là, où on en est. Et faire marche-arrière est impossible, à présent.

Je suis aussi à ce stade, tu vois… Lentement, je m’éloigne de la véritable notion de l’amour. Et en même temps, je m’en donne une mauvaise, à force d’effacer mes sentiments envers toi… Parce-que, tu vois, j’ai eu beau m’imaginer toutes les situations possible où j’aurais pu crier sur tous les toits qui je suis… je suis incapable de m’accepter moi-même !…

C’est idiot, non ? Après tout ce temps… incapable…

On dirait que je mène un combat pour toi…

Je t’aime… mais j’ai peur, si peur de t’aimer… Et d’admettre que j’aime vraiment les garçons, que ce n’est pas rien qu’une attirance passagère…

Et d’un autre coté, je me rends compte que je ne suis pas grand-chose, sans toi… Décidément, c’est vraiment, mais vraiment trop idiot.. Je n’arrive pas à accepter le peu que je suis, alors que je n’ai cessé de te répéter que je suis rien par rapport à toi, personne exceptionnelle…

En fait, si je reste encore un peu plus longtemps ici, j’ai vraiment peur de… non pas de gâcher ta vie… mais plutôt de tout saccager sur mon passage dans ta vie, de sacager ton cœur à coup de sécateur, sans pouvoir m’arrêter….

Non, c’est ma propre vie que je gâche, alors qu’elle est déjà pénible… Parce-que j’ai le cœur qui se sent pas à sa place, dans sa propre maison…
Quant à mon avenir, je n’ose même pas y penser… Je peux pas m’imaginer devenir un adulte imparfait et insipide…. Je peux pas m’imaginer de devenir grand depuis que les adultes m’ont affreusememt déçu, depuis mon enfance…

C’est réellement une aversion de l’âge que je vis sans cesse… Prendre des années de plus en plus virulentes de souffrances, de me rapprocher de ce que je veux pas être, me semble vraiment abominable. Le monde adulte est un monde où je veux pas mettre le pied, perplexe.

Je garde tellement de colère en moi… Tu peux pas savoir comment la rage me fait vivre…

Alors, bon, tu vois bien que cela, ça ne fait que s’ajoute à une longue liste de malheurs, de déceptions, d’incertitudes… Tu sais tout ça, tu comprends ce que c’est…

Et qu’est que tu veux que je te dises… tu arrives dans ma vie et en deux temps, trois mouvements, tu changes tout… Et je me met à me taire pour éviter de t’imposer ça… Parce-que tu en as trop vécu, parce-que je suis qu’un minable qui ne s’est pas en estime lui-même….

Me taire sur moi, c’est tout ce que je sais faire… Il y a tellement de silences en moi… Me taire sur ce que je suis, sur ce que je veux pas être, que j’ai plus le goût d’exister, a été une protection et une prison. J’ai cru… J’ai cru que en ommettant d’en parler, vivant silencieusement tout ça, j’arriverais à brouiler essayer de brouiller les souvenirs dans ma mémoire, à oublier les détails. Quelques fois, j’y arrivais… Je m’évadais, je me laissais aller contre toi, contre ta peau…. Et d’autres fois pas… Et… Je me laissais enfouir, recouvrir de cette couverture tiède de mal psychique, de larmes salées, sans le dire à personne… Un tandem de silences incontrôlable, au final…

Et maintenant, j’y arrive plus… Et je veux que ça cesse… Je veux tellement que ça cesse, d’arrêter d’être dans une tempête continuellle… j’ai vraiment mal…

Oh oui, je le sais qu’à toi aussi, je vais te faire mal en faisant ça… t’inquiète pas, je me trouve déjà assez ignoble comme ça…

Je te conte mensonges sur mensonges, depuis septembre… Oui, mon père avait des projets comme l’armée, aller étudier ailleurs les sciences et je voulais les accepter – sans vouloir évidemment -… Parce-que j’ai cru qu’en étant séparé de toi de force et sous le poids de la distance, j’aurais été en mesure de plus rien ressentir pour toi et de commençer à me mentir moi-même, que je n’aimais pas les gars. Continuer à me cacher sous une personnalité qui n’est pas la mienne rien que pour éviter des problèmes supplémentaires et nier ton existence…

Mais comment aurais-je pu t’oublier ? Comment aurais-je pu nier tout ce qui c’était passé entre nous ? Comment t’effacer de mon cœur ?... Toutes des choses impensables…

Donc, j’ai voulu te revoir une dernière fois pour profiter du temps restant avant de mettre fin à nous deux quand j’en aurais le courage.

La noirceur en moi, je me suis alors mis à tout planifié en attendant de t’écrire ceci… Planifier pour que je puisse pas voir l’ombre de mon 17ème anniversaire le 16 février… Planifier pour donner raison à mon beau-père, en devançant la formation pour que personne se doûte de rien… Planifier pour en finir avec ma vie de merde.

Tu vas dire que j’ai tort… Je le sais bien que j’ai tort… seulement… j’y arrive plus…

Et avouer que j’ai tort, ça n’excusera en rien ce qui va arriver… je suis inexcusable… mais je te dis de me pardonner tout de même… essaye de comprendre… ou hais-moi… ça te fera du bien…

Mais saches que tu as été un rayon de soleil dans le ciel nuageux et terne de ma vie… Des fois, je me demande qu’est qu’est qui serait passé si je n’aurais pas laisser basculer mon existence en une minute, en un seul baiser… Tu as vraiment fais une différence dans ma vie et je pouvais plus m’imaginer sans toi…

Je suis simplement trop lâche, trop affaibli pour continuer de lutter contre mon mal-être….

Crois-moi, j’aurais vraiment voulu te donner plus, te donner tout ce que tu mérites, alors que je sais bien que ce que je t’écris dois te briser le cœur… Mais j’espère que tu sauras finir par être heureux sans moi, sincèrement…

Oh arrête, je te connais trop bien, je sais que tu vas t’en vouloir, même si tu n’as rien à te reprocher… Il faut pas… Mais tu vas finir par le faire… C’est surtout pas ta faute… surtout pas…

Excuse-moi encore une fois…

N’oublie pas que je t’aime, Brad…

À toi pour toujours,

Stéphane xxx




De glacials frissons l’avaient secoués pendant sa lecture… Même qu’il avait l’impression de les sentir traverser son corps au-delà de son ossature, à certains endroits précis dans le texte, à certains mots plus virulents, plus macabres, que d’autres.

Mais ce n’était pas ça qui lui faisait le plus tordre, mortifier son cœur…

C’était qu’il l’avait trouvé avant qu’il commette l’irréparable, au lieu qu’après… Que c’était ça, l’explication de cette attitude franchement anormale quelques fois et de découvrir encore des choses qu’il lui avait caché et qu’il ne connaissait pas de lui…

Tout ça, c’était macabre, l’horreur, l’incompréhension.

En remettant discrètement la lettre dans l’enveloppe et en la cachant sous ses affaires, Brad eut l’impression de fondre de faiblesse sur sa chaise.

Puis il leva les yeux vers Stéphane pour l’observer. Mais Brad s’aperçut bien vite, les lèvres tremblantes de peur, les yeux vitreux, que le regarder lui faisait bien mal. Il avait totalement mal… c’était fou…

C’était pire, bien pire que tout, de le savoir dans cet état silencieux, alors qu’l voulait l’abandonner…

Qu’est qu’il pouvait bien faire ?

Est-ce qu’il était atteignable au moins ? Il y avait-il un moyen ?

Est-ce qu’il pourrait vouloir de son aide ?

Oui, de l’aide… c’est ça qu’il lui fallait… il le fallait…

Soudain, Brad prit un bout de feuille de cartable et griffonna :



’’S. …

Rendez-vous au sous-sol, endroit habituel, aujourd’hui, midi et 40.

Sois-là, je t’en pris…

B.’’




Il avait vraiment besoin de lui parler immédiatement dans le calme, à l’abri de tous… Même si… Même s’il ne voulait plus de lui… Il tenterait de l’aider…

Il pila le bout de papier en quatre et ramassa ses choses dans son sac.

Puis, il plia le minuscule bout de papier et se leva en prenant son sac. Lorsqu’il passa devant lui, il le regarda l’espace d’une seconde en lui glissant le papier dans la main sans que les autres puissent sans apercevoir.

Il alla ensuite voir le surveillant, assis au bureau du professeur. Il l’aborda en disant, plaintif :

-Monsieur… Je pourrais pas aller m’étendre ?... Je me sens pas super bien et comme c’est période libre…

Il hocha la tête, lui accordant la permission négligemment.

Stéphane tourna alors le regard vers lui et au regard qu’il lui lança, il savait que c’était une ruse, même s’il n’avait pas encore desserrer la main.

En effet, c’était simplement pour aller penser à ce qu’il allait faire…


***


Brad déambulait nerveusement, faisait le cent pas dans l’allée du dortoir vide… Il avait une pénible réflexion à savoir ce qu’il devait faire et dire à présent.

Quoi faire ? Quoi dire ?...

Devait-il lui dire pour la lettre ? Ou faire semblant de ne pas être au courant et vouloir l’aider à cause de ce qui s’était passé, hier soir ?

Est-ce qu’il aurait encore la force de le supplier de revenir sur sa décision ? Ou accepter pour ce qui était de leur cas, mais pas pour ce qu’il projetait de faire ?

Devait-il attendre de lui parler ou devait-il tout de suite lui conseiller un psy ? Faudrait-il le forcer ? Ou y aller avec lui, comme dans des thérapies de couples ?

Ces maudits psys qui lui gâchaient sa vie en ce moment… qui allaient encore plus la gâcher, mais ça, il ne le savait pas encore…

Brad relut une deuxième, puis une troisième fois le papier, du mal à retenir ce qu’il ressentait, du moment que le titre se réimprima dans son cerveau, jusqu’à sa signature… Mais relire ne mêla plus que ça ne l’éclaira…

Il remit l’enveloppe dans ses propres affaires, au cas où… Puis, il recommença à faire les cents pas.

Il se rappela alors de cette scène qu’il avait surprise avec lui et Jérôme, à l’été… Est-ce que le jeune homme savait certains détails qu’il avait ignorés jusqu’à maintenant ? Quelqu’un savait-il vraiment ?

Qu’est que ça voulait dire ? Est-ce qu’il lui en voulait ? Est-ce que c’était lui, la source de ses malheurs ? Voulait-il mourir à cause de lui ? ... Il comprenait pas.

Le pardonnerait-il de les avoir vendus ? Est-ce qu’il pourrait encore l’aimer ?

Le jeune garçon s’écroula par terre, devant la structure du lit de Stéphane et se mit à trembler, à pleurer… de tout son soul…

Il avait l’impression que tout son être se comprimait d’incertitude, de peur. Il se tenu à deux mains au pied de lit métallique, tremblant comme une feuille…

Personne, à part Stéphane, ne lui avait appris l’amour... Maintenant, il trouvait ça carrément compliqué et difficile à vivre !!

Et pourtant, par la suite, malgré toutes ses bonnes intentions, rien ne s’était passé comme il l’aurait souhaité… Rien du tout…

Rien du tout…
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Mer 16 Juil à 22:27

Intermède 5 – Brad : Présence… invisible… (Futur)


-Si vous seriez un peu plus coopératif, ça pourrait donner des résultats concrèts. Vous ne pensez pas ?

Et alors, Brad lui lança un regard noir, la tête posée entre ses bras sur la table en mélamine, des années plus tard, des milliers d’années lumières plus loin.

Bien oui, coopérer… Elle rêve en couleur, celle-là… Pensa t-il, exaspéré.

Et il falllait quand même avouer qu’il plaignait un peu Valence, parce-qu’il était l’antithèse ce qu’on pouvait appeler un patient coopératif, justement… Mais tout de même, les premières séances avaient montrées qu’il détestait réellement perdre son temps dans ce minuscule bureau à se faire bombarber de questions stupides, de réflexions philosophiques dont il se contrefichait et dont il ne faisait que de répondre par oui ou par non ou lançer des sarcasmes. Déjà, la première fois, il était resté muet pendant les dix pénibles minutes durant lesquelles la pauvre psychologue tenta tant bien que mal de le faire parler avant d’abandonner pour cette fois-ci. Et pour courronner le tout, le capitaine* avait depuis 3 ou 4 séances la mauvaise habitude de l’envoyer en thérapie pour le punir de ses actes désobligeants, ce qui était doublement pénible quand il se retrouvait dans le bureau à faire son désintéréssé …

Valence eut un sourire éloquant de découragement, en voyant qu’il ne lui répondait pas.

-Brad… Moi, je suis certaine que si vous vous ouvrez, ça nous faciliterai la tâche à tous les deux… Ça serait peut-être bien de quitter votre coquille une fois pour toutes…

-Vous croyez ça ? Pfff…

-Oui, je le crois. Approuva t-elle, paisible. Et vous aussi vous le croyez, mais vous voulez simplement pas vous l’avouer….

Et voilà, c’est reparti pour la morale et les suppositions à 5 cennes…

Brad retenu un soupir, se rassit correctement et répliqua, clingant :

-Bien moi, je le crois pas. Et qu’est que ça vous fais si je veux la garder, ma coquille, comme vous dites ?

-Brad ! Ça fait que ça pourrit la vie des autres membres d’équipage ! S’objecta t-elle. Regardez simplement que vous avez fait à Bob tout-à-l’heure ! Ça aurait pu avoir des graves conséquences si…

-Bon, ok, j’y ai été fort, cette fois-ci… Mais il le meritait, ce nigaud incapable de 175 kilos ! Et de toute manière, c’était à lui de pas accrocher le volant en m’attaquant ! Attaquer un officier, en plus !

-Vous êtes chanceux que je sois arrivée pour vous arrêter ! Si le capitaine aurait vu ça, il ne vous auriez pas approuvé, Brad.

-Il est jamais impartial ce minable-là…. C’est pas nouveau….Dit-il, amer.

-Il vous défend comme il peut, mais il y a des limites.et vous les dépassez toujours. Il peut pas empêcher les membres d’équipage de vous frapper…

Et paf, elle se mérite un beau deuxième regard noir.

Le capitaine Patenaude n’avait simplement commençé à le ‘’défendre’’ (Défendre ? C’était à peine ça…) depuis qu’il avait arrêté de les espionner*… Brad se jura qu’un jour, il les prendraient vraiment sur le fait et de leurs faire payer ce qu’ils lui faisaient subir. Et à lui le poste de capitaine. En plus, ça serait facile, ça sautait aux yeux – Les autres étaient aveugles ou quoi ? – et ils ne semblaient pas très discrets….

Il était parti distraitement dans ses ambitions futures quand la voix un peu lointaine de Valence se fit entendre :

-Je suis sûre que votre problème, c’est un problème affectif… qui vient peut-être de votre jeunesse… Est-ce que vous pensez que quelqu’un aurait pu vous aimer, un jour ?

Et carrément, vraiment trop distrait, il marmona:

-Oui, Stéphane. Pourquoi ?...…

Oh merde.

Qu’est qu’il venait de dire ?!!

Et le comble du malheur, Valence devint intéréssée :

-Stéphane ? Qui c’était ? Parlez-moi de lui… Dit-elle, d’un ton qui restait dans le professionnel.

Redevenait lucide, Brad se mit à penser à toute vitesse pour essayer de trouver un moyen de réparer sa gaffe monumentale. Et il trouva vite, c’était tellement évident…

-C’était mon ami imaginaire quand j’étais petit… Mais il a finit par me détester… De toute façon, c’était bien mieux pour moi, c’était un idiot… Dit vaguement le scientifique.

Oh, tellement, tellement pas, pensa t-il, tristement.

-Ah bon ? Et pourquoi donc il a commençé à vous détester ?

-On s’est chicané et il a voulu m’étrangler…

-Vraiment ?!

-Oui. Mais de toute manière, ça sert à rien des amis imaginaires… Et c’est du trouble, ça mange trop de nourriture imaginaire… Ajouta t-il, rapidement.

Il s’était assuré de changer subtilement de sujet pour rester le plus vague possible comme il savait qu’à l’avenir, Valence allait se servir de sa révélation non-voulue…



*Fin saison 1 – Début saison 2, avant Lindâ, évidemment.
* Voir le secret
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Jeu 17 Juil à 22:34

Chapitre 20 : Vivre, c’est mourir par la suite ?


Perplexe et au comble de la nervosité, il sauta le diner et arriva 15 minutes en avance. Brad se dirigea vers le fond du sous-sol, à l’endroit où ils avaient l’habitude d’aller - là où plusieurs meubles y étaient entassés – et il s’assit sur une vielle malle poussière pour l’attendre.

Se sentant étrange, Brad avait l’impression que le plafond bas lui tombait sur la tête…

Histoire de se calmer, il se répéta dans sa tête son piètre plan qu’il avait construit :

- Il allait très calmement essayer de lui faire réaliser qu’il tenait à lui, même s’il ne voulait plus de son amour
- Qu’une solution pourrait être trouvée, qu’il lui fallait de l’aide professionnelle et il lui en proposerait sans trop être brusque.

Après des minutes et des minutes d’attente dans la crainte qu’il ne viendrait pas, Brad attendit des pas venir et il lança pour s’assurer :

-… Steph ? C’est toi ? ..

-Ouais, Répondit la voix de l’adolescent.

Puis, il fit son apparition et s’approcha de lui, les mains dans les poches, l’air apathique, étangement posé. Brad se leva et s’approcha lui aussi pour qu’ils soient à quelques mètres de l’un de l’autre.

-Je… Je suis content que tu sois venu, Dit Brad, d’une voix peu assurée. Faut qu’on explique, ok ?

-Et si je trouve que c’est pas nécéssaire ? Que tout a été dit ? Répliqua Stéphane, d’un ton cassant, en levant les yeux aux ciel, comme pour implorer patience.

-Parce-que tu trouves que c’est pas nécéssaire, toi ?! Répéta, Brad, outré, avant de se rendre compte que tout commençait bien mal.

Il essaya de respirer profondément, essayant de chasser la colère qui grimpait en lui :

-Bon, écoute, Je veux juste pas que ça se… finisse… de cette façon ! On s’aime encore, ça crève les yeux, tu peux juste pas faire ça… Tu vis simplement une mauvaise passe, je comprends parfaitement ça… Mais je veux pas que tu te rendes malheureux pour m’oublier !... Je tiens énormément à toi, Steph… On peut trouver une solution… Je pourrais te donner du temps pour penser à nous deux… Je suis prêt à faire des efforts pour te venir en aide et t’écouter… même si on pour… se séparer…

-Et si j’en veux pas de tout ça ?!.

Malgré ce qu’il venait de répliquer, Stéphane s’approcha à moins de deux mètres de lui, n’était même pas en colère. Au contraire, il était toujours très calme, mais en même temps, assez ferme. Peut-être pour avoir plus d’impact ou tout simplement parce que sa pensée et ses paroles n’écoutait pas son inconscient et son corps…

-À voir ton attitude des dernières jours, t’en as pas mal besoin ! Même si t’es trop orgeuilleux pour te l’avouer !

-C’t’une insulte, ça ?

-Non ! Pas du tout ! S’exclama Brad, sentant que la colère était là pour rester. Je m’inquiète, c’est clair ? Ça assez duré, Steph ! Regarde où on en est ! Qu’est qui se passe avec toi ? Vas-tu enfin me le dire !

Même s’il comprenait trop bien… Il fallait qu’il l’entende de sa propre bouche…

-Rien, Fit Stéphane.

-C’est pas rien, ok ! Dis-moi la vérité, pour une maudite fois !!

Stéphane se retourna et fit quelques pas pour s’éloigner.

-Ça sert à quoi de te dire quoique ce soit, si tu réagis de même ! S’exclama t-il en retournant vers lui, le visage rongé par la tristesse.

Brad s’emporta vraiment alors, destabilisé et irrité.

-Mais comment veux-tu que je réagisse ! Tu t’entêtes à me laisser dans le doûte et dans l’incomphréension ! Moi, j’en ai assez !... Je veux pas te perdre ! Je veux pas que tu gâches ta vie !... Je te laisserais pas faire des conneries sans rien faire ! Et si je suis pas assez bon, on ira voir un pro ensemble ! S’il te plait, je veux ton bien !!

Brad se sentait sans dessous dessus. Crier tout ce qu’il avait sur le coeur lui faisait un bien incroyable et voulait espérer, espérer que il avait encore une parcielle de chance qu’il puisse l’aider.

L’attitude de Stéphane changea complètement, ses yeux s’exhorbitèrent et il semblait que la rage s’était violemment emparé de lui.

-Je pourrais pas… oublie ça…

-Mais pourquoi ?! Voyons donc !

-Je pourrais pas, je te dis !! - Il semblait de plus en plus desespéré, avec une touche de dureté dans la voix - C’est juste… impossible. Je veux pas. Un point, c’est tout. Tu peux bien faire tout ce que tu peux, Brad, mais ni toi, ni les psys n’arrangerait la situtation. .. Surtout les psys… Je dois dealer avec ça…

-Steph… - Il se rapprocha encore, très près de lui -… Je t’aime vraiment… et comme tu es… Ça sert à rien de dealer avec ça… Tu es bien comme tu es…

-Tu as lue…, Le coupa t-il, sèchement.

-Comment…

-Tu l’as lue, oui ou non ??

-Oui… Mais ! … Je voulais comprendre ! Essaya t-il de s’expliquer avant de se faire recouper la parole.

Il semblait vraiment, mais vraiment en furie alors :

-Criss ! Je m’en doûtais bien que tu avais fouillé dans mes affaires et juste à voir comment tu parles… Tu avais pas le droit ! Caliss ! C’est pas assez de chambouler ma vie, là faut ça soit avant que je puisse le faire !! J’en peux plus et toi tu veux me gâcher la mort ! – Il s’opposa vivement en s’indignant ‘’Steph, franchement, ferme-la !’’ – Non ! Toi, ta gueule !!...


Dernière édition par M@rie le Jeu 17 Juil à 22:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Jeu 17 Juil à 22:34



CLONGGG !!!

Un mal atroce se répandit dans son crâne et à la gorge en un instant.
Il prit à Brad un bon trois ou quatre secondes avant de comprendre ce qui se passait.

Stéphane s’était jeté sur lui et l’avait violemment projeté au mur de ciment pour ensuite enfoncer ses mains autour de son cou…

Pour l’étrangler, carrément !

Sa tête et son dos avaient encaissés le choc qui l’avait sonné et plaqué au mur, en quelques secondes, il se mit à étouffer. Mais à étouffer…

Il avait l’impression de ne respirer plus rien d’autre que du gaz carbonique. Tout commençait drôlement à tourner, il arriva qu’à distinguer des couleurs floues, les sueurs froides qui accompagnèrent le duo.

Il ne savait plus combien de temps il allait tenir, mais une chose était sûre : que Stéphane gaspillait ses forces à lui faire mal.

Sa respiration devenait de plus en plus saccadée et laborieuse…

Sa vision devenait floue…

Sa tête ballotait et se cognait sans cesse contre le ciment…

Il sentait les doigts de son ancien amant qui continuaient d’appuyer férocement sur sa trachée artère, sur ses vertèbres…

Le goût du sang était bien au rendez-vous dans sa bouche…

Une douleur brûlante et affreuse envahissait sa gorge…

-…’ais… ‘al… ‘ret…, Parvint-il à geindre, sous la pression des doigts et son asphyxie virulente.

Lorsqu’il fut pour lui presque impossible à respirer, il essaya à tâtons d’attraper ses poignets avec ses mains pour l’arrêter.

Dans de grands mouvements de débattements, il réussit à repousser l’adolescent et à lui faire un croche-pied pour le faire tomber.

L’oxygène revint finalement et heureusement… Il se sentit encore faible, la tête lourde, mais au moins il respirait avec une certaine normalité… Il posa sa main contre sa trachée comme pour vérifier son état. Massant son cou, il regarda Stéphane se relever.

-T’es fou !! Qu’est qui te prends !!? S’exclama Brad, s’inquiétant plus de son état de santé que le sien, ne le reconnaissant vraiment plus.

-Voulais… pas…

Il vit l’azur de ses yeux scintiller, être inonder, le fixer intensément, comme s’il venait de réaliser ce qu’il venait de faire. Qu’il était pas un être violent. Qu’il a fait une très grosse gaffe. Que même s’il avait raison de lui en vouloir, il ne pouvait pas aller jusque là parce-qu’il l’aimait…

Ainsi, Stéphane, pris de panique, se retourna. Il marcha jusqu’à une pile de vielles boites en carton où il resta planté là de dos, en état de choc, et où il sembla prendre quelque chose.

Brad fut un peu soulagé en voyant ça. Mais il ne put que se demanda, stupéfait, s’il préférait se laisser crever sous le broiement de ses mains ou essayer de l’aider en le voyant aussi étrange….

-Bon… Soupira t-il, essayant de le raisonner. Bon ! J’ai été bête de faire ça, ok… mais là, tu es sérieusement...

Brad s’interrompit.

Ou plutôt, il n’eut pas le choix de le faire.

Appuyé contre la pile de boites, Stéphane s’était retourné à trois mètres de lui, la frayeur ayant fait place au trouble. Mais le pire c’était qu’il tenait un pistolet dans sa main baissée.

Anormalement calme, mais un poids d’une tonne lui tombant dans l’estomac, Brad demanda :

-T’as l’intention de me tuer aussi ?!

-Non… Répondit vaguement et très bizarre, Stéphane.

Il aurait préféré que oui, à dire vrai…

Parce-qu’il comprit que c’était plutôt lui-même qu’il visait… Devant ses yeux, pour couronner le tout !!

-Où t’as eu ça ? Renchérit Brad, avec un frisson d’effroi à sa derrière pensée.

On aurait dit qu’il n’avait plus que l’adrénaline qui coulait dans ses veines. Maintenant, plus rien ne comptait que d’empêcher le pire, pour que tout cesse…

Il devait l’empêcher…

-‘l’est volé au gardien de sécurité… Il croit l’avoir égaré dans ses affaires, je crois…

-S-Steph… - Brad sentit qu’il perdit le calme qu’il avait en voyant l’autre faire bouger entre ses doigts l’arme - Je… je t’aime… Y… Y a plein de gens qui t’aiment… qui… qui pourraient t’aider à… à aller m-mieux…

-Ils supporteraient pas la vérité ! Souffla Stéphane, entre ses dents.

Brad, scandalisé qu’il dise une chose semblable, éleva un peu la voix :

-Arrête, pas du tout !!

-Oui… Et moi non plus, je peux pas ! C’est ma faute, c’est moi qui me suis gâché…

-Je la supporte, moi ! ... Ou alors, on va …. Non !! fais pas ça !!

Stéphane avait levé son revolver, vers sa propre poitrine, en le fixant tristement.

-J’m’excuse, mon ange…

Brad fonça sur lui en s’écriant :

- Fais pas le con pis ça va s’arranger !! … Aller! Donne-moi ça!!

Presque collé contre lui, il attrapa d’une main son poignet pour le forcer à rester sur place et d’une autre – dessus les doigts de Stéphane – le pistolet. Brad se débattit pour essayer de lui attraper l’arme, mais l’adolescent opposait une farouche et désespérée résistance.

L’arme toujours pointée vers le corps de Stéphane se promena alors de haut en bas, d’en avant, d’en arrière, pendant plusieurs secondes…. Et puis…

Et puis… En voulant lui arracher d’un bon coup le pistolet des mains et le tirer vers lui… En un instant, sa vie bascula à jamais…. Sans y penser, ses doigts avaient appuyés fortement sur ceux de Stéphane …

Et c’est ainsi que la gâchette s’était actionner….

BAAAANNNG !!!!

et un autre :

BAAAANNNG !!!!

Assourdissants, deux coups étaient partis. Brad, par réflexe, ferma les yeux, ses lèvres tremblantes.

Lorsqu’il les rouvrit, il vit Stéphane vaciller dangereusement, les traits tirés par la douleur.

-Steph ?!? Ça va ?! Tu… Tu…

Dans les vapes, celui-ci entrouvrit les lèvres, mais Brad ne parvint pas à entendre quelle réponse, ni gémir, ni quoique ce soit…

Soudain, le jeune garçon s’écroula sans prévenir contre la pile de boite en carton puis sur le sol, la main toujours crispée, pendouillante, sur le revolver.

Plus de réaction.

Et que plus de réaction. Ça voulait dire que…

L’adolescent prit quelques secondes avant de réaliser qu’il ne sentait plus sa poitrine s’élever et s’abaisser…

L’ampleur.

La portée du bruit fracassant.

Stéphane qui gisait par terre…

La douleur intérieure belle et bien réelle…

Tout ce mêlait dans sa tête. Tant que ça lui prit un temps de réaction d’une dizaine de secondes.

Sans prévenir garde. Tenter le tout pour le tout.

Le jeter sur le coté. Lui à genoux.

Détacher sa cravate, sa chemise, des spasmes dans les mains.

Chaque bouton lui semblait être un obstacle à la réanimation.

Chaque bouton lui semblait être la balle qui s’enfonçait encore plus profondément dans l’âme de l’autre pour la faire évaporer.

Il n’en défit que la moitié, trop envahi par un sentiment d’urgence.

L’adrénaline faisait battre le seul coeur bruyant. Elle faisait pomper le saturé de cette substance dans toutes ses artères. Il ne pensait même plus, ses gestes lui venaient de ses tripes …

En assistant au spectacle effroyable de l’abdomen – sous le plexus, entre les cotes -.... Trop paniqué pour être dégouté....

Brad retira sa veste, gardant que sa chemise.

Jamais s’être déshabillé aussi vite. Jamais été si apeuré.

Il poussa le vêtement en boule sur la blessure pour aider à coaguler. Ayant pas le temps d’appuyer, ça allait seulement éponger.

Il pencha la tête, d’écouter à son poignet gauche, si des battements isolés se faisaient entendre. Il devait en avoir … Il en perçu aucun…

Ne pouvait pas appeler de l’aide.

Il se risqua ainsi à faire un massage cardiaque… il allait peut-être empirer son cas… Mais aucune importance, c’était vital, dernier recours.

S’il allait chercher de l’aide, ça serait trop tard.

Y aller comme il se souvenait…. très lointain dans sa mémoire….

Des gestes saccadés, le décompte des secondes qui paraissaient s’envoler, lui glisser entre les mains.

20 secondes insupportables de pressements avant deux petites soufflées insignifiantes.

Si quelqu’un venait, on allait savoir. On allait savoir que c’était sa faute…

Sa faute.

Il devait se débrouiller, cohabiter avec l’horreur, plus le précieux temps s’envolait…

Et sous des murmures qui en révélaient :

-Mille et un, mille et deux, mille et trois…

Une autre insufflation d’air en écartant ses lèvres. Fermer les yeux pour pas voir les pupilles dilatées en face de lui.

Répéter. Répéter… Répéter…

Toute son énergie déployée. L’énergie du désespoir…

Et il vit que c’était pour rien… Il se pencha pour écouter les battements cardiaques au poignet gauche de Stéphane…

Pour rien.

Pour voir un visage perdre ses couleurs, pour se relever sans y croire.

C’était fini…

Pour sentir une douleur arrogante contracter son estomac et lui brûler les yeux.

C’était impossible, il n’avait pas fait ça. Quelle bourde qu’il avait fait… Ça se pouvait pas… ça se pouvait pas…

Impossible à encaisser. Impossible à le regarder plus longtemps.

Dernière image de lui qui s’imprégna.

Avant de réaliser que… que il…

Brad, sidéré, s’empressa de reprendre sa veste ensanglantée, pour ne laisser aucune trace de son passage. Pour ne pas analyser ce qui s’entreposait dans sa tête.

Il ne supportait plus de le voir comme ça dans sa tête ou en face de lui, couché, de cette façon funeste. C’était trop pénible….

Et il ne pouvait pas resté là… Si on le découvrait à ce moment… Si on avait entendu le coup de feu…

Horrifié, il piqua un sprint dans le sous-sol désert, le traversant jusqu’à la sortie. Il sentait encore son cou assailli, maltraité, sentir le goût de cette colère qui avait été la dernière, la dernière confrontation. Il revoyait en boucle son étrangeté, ses derniers gestes, ses dernières paroles, le dernier regard….

Stéphane était…. Stéphane était…

Courir, l’abandonner, avoir mal, courir, l’abandonner, avoir mal, courir…

Trop atroce comme course, ses pieds foulaient le sol que pour mieux s’éloigner, ne pas être découvert. Il haletait, un torrent d’eau roulaient ses joues.

Remonter au premier, le plus rapidement possible. Foutre sa veste dans une poubelle, l’enterré sous les autres déchets.

Se faire passer pour témoin. Oublier son véritable statut. Changer ce qui était arrivé.

Mentir pour les sauver, se sauver.

Mentir…

Trouver un adulte. Quelqu’un. N’importe qui.

Les larmes, qui mouillaient ses yeux, qui coulaient, depuis qu’il avait commencé à se sauver, l’aveuglaient presque.

Courir à travers le couloir adjacent, jusqu’à voir le concierge plus loin.

L’homme quadragénaire le regarda arrivé, assez étonné.

Le garçon sous le choc, convaincant - trop même - de son faux rôle, dit la voix serrée :

-M-m-onsieur… Séguin… vite…. Il… il… Dans le sous-sol… viiite…

Le concerné lâcha son balai qu’il tenait à deux mains en demandant, alerté :

-Qu’est qui se passe, M. Spitfire ?!

Le balai s’écrasa par terre alors que Séguin attrapa par l’épaule Brad qui s’était mis à sangloter réellement de douleur et pour en mettre.

-S-s-Stéphanee… On s’est croisé … et… après, j’ai entendu un bruit retentissant après…. J’ai été voir… et... et… veneeez !!

C’était intenable mentir à ce sujet. C’était pire que tout. Comment il faisait, il ne le savait même pas, c’était inexplicable. Mais il le faisait, il avait plus le choix.

-Viens me montrer, mon grand…

-Nooon, veut pas y retourneer… allez-yyy, vouus..

-Mais le sous-sol est vaste, tu sais...

-C’est dans le fond complètement. Je peux pas... Gémit Brad, atterré, ressassant les images tragiques qui s’étaient logées dans sa tête embrumée. Je peux pas…

-D’accord. Va te reposer... Tu es tout blême... Je vais aller motiver ton absence après….

Mais qu’est qu’on s’en foutait de son absence !! Il y avait dix mille fois pire maintenant !

S’il savait ce qu’il disait ! S’il savait ce qu’il allait voir….

Brad, le coeur battant d’affolement, le regarda partir rapidement. Et il continua sa course ayant perdu de la rapidité.

Il voulait s’éloigner le plus possible de l’endroit qui allait le hanter -probablement.

Mais il n’eut pas la force de monter aux dortoirs, éviter de se faire voir. Qu’on puisse voir sa détresse. Il décida de sortir à l’extérieur.

Il traversa une petite distance dehors avant de se laisser tomber comme une loque au sol..

Il lui semblait que tout tournait autour et que lui pas.

Un combat s’installa en lui, il paniqua, son coeur battant la chamade, sa respiration doubla d’intensité, les larmes ruisselantes, il avait l’impression d’être écraser par un rouleau compresseur.

Il connu alors sa première et sa plus intense crise d’angoisse de toute sa vie.

Étendu sur le dos, contre l’asphalte glaciale, au centre de la cour d’école.
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Sam 19 Juil à 23:37

Ce chapitre est très long, mais j'ai pas pu me résoudre à le couper, Et je poste évidememnt l'épilogue en même temps. Je vais devenir très méchante envers Brad, meuh... Oh et en passant, il a un poème dans le chapitre, mais je suis très mauvaise en poésie... Mais je le juga quand même très important et je l'ai écrit...

Alors, voilà. Après 228 pages word en verdana 12, après 73 735 mots, 2 ans d'efforts, le premier volet se termine ici.

C'est probablement la fic dont je suis la plus fière et j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire et à la réécrire, à ce qu'elle trotte dans mon esprit.... Et je suis aussi très fière d'avoir fini à moitié... Un grand Merci à tous qui m'ont encouragés et lu, si peu soit-il

Et bien sûr, bonne lecture



Chapitre 21 : Avenir patibulaire



Il était rentré la noirceur tombée, les yeux rougis, le visage paralysé par le chagrin.

Il avait très mal à la tête à force de pleurer, il n’arrêtait pas de trembler depuis sa crise d’angoisse de tout à l’heure et il voulait que retrouver son lit et espérer se rendre compte que tout cela n’était qu’un très très mauvais rêve.

Dans la cage d’escalier qu’il emprunta, il tomba sur un groupe de filles – qui arrêtaient de murmurer fébrilement dès qu’elles l’ont aperçu – dont Aurélia faisait parti et qui le regarda, inquiète et l’aborda.

-Brad… Est-ce que tu sais si c’est vrai… Lui demanda t-elle, dans un mélange de douceur exagéré et d’incertitude. Ce… Ce que Gabrielle m’a raconté au souper, que ...

Tout ce qu’il se souvenu, c’était que sa bouche avait trembler, mais qu’il n’avait pas répondu, qu’il se sentit vraiment étourdi pendant un long instant et que Aurélia l’avait rattrapé de justesse avant que sa tête frôle dangereusement la marche…



***



Mais en se réveillant à l’infirmerie, il s’aperçu que c’était pas un mauvais rêve…

Il aurait vraiment aimé que la thèse du mauvais rêve fonctionne, mais ça n’arrive jamais… Surtout dans des cas comme ça, quel malheur.

-C’était idiot et imprudent !! Mais à quoi vous avez pensé !?

L’infirmière, une femme corpulente aux sermons légendaires, s’affairait autour de lui, à lui prendre sa température et à remouiller sa compresse d’eau froide dans un petit récipient, à coté un plateau de son repas qu’elle lui avait forcé d’avaler, sur la table devant le lit.

-À rien…, Avoua Brad, d’une voix caverneuse, redressé quelque peu par une pile d’oreiller.

Soit cette femme n’avait pas de coeur ou soit elle manquait sérieusement de tact….

Aurélia, assise à son chevet, lui serra sa main plus fort par réconfort.

-J’espère bien, mon garçon, j’espère bien… Continua t-elle. Parce qu’être en état de choc, ça signifie pas se faire du mal.. Ça m’étonnerait pas que vous allez attraper le rhume, avec tout ça… Ah… au moins, vous ne faites pas de fièvre, c’est déjà ça… Je reviens, je vais vous apporter des aspirines…

Elle s’éloignait dans une petite salle connexe et Aurélia lui adressa un regard compatissant. Elle avait l’air de pas vraiment savoir quoi faire, d’être mal à l’aise...Puis elle lui annonça :

-J’ai prévenu David, avant que tu te réveilles, pour euh ben… Il s’en vient, il veut venir te voir… Ça te dérange pas, j’espère ?

-Non… C’est beau… Enfin, de toute façon, je pense qu’à l’heure qu’il est, toute l’école doit être au courant… Dit-il, sombrement.

-Je pense… Les nouvelles vont vite…

L’infirmière revint avec les deux comprimés et un verre d’eau, lui donna, puis lui dit pendant qu’il les avala :

-Je te garde pour dans au moins cette nuit, mon garçon, ça sera mieux comme ça… Je serais mon bureau, s’il y a quelque chose…

Elle partit, au grand plaisir de Brad qui ne la supportait plus. Il remonta sa débarbouillette sur son front, tremblant, ayant l’impression que la tête allait lui exploser… Aurélia posa à sa place son verre d’eau sur la table pour l’aider.

-Je voulais te dire… enfin heum… Je le connaissais pas tellement bien, mais ça doit être douloureux pour toi… Je sais pas quoi te dire de plus, mais je suis là si tu en as besoin…

-Merci, c’est gentil, Soupira le jeune garçon.

Il ne voulait pas y croire. Il essayait de pas y croire, que tout restait comme avant, mais à savoir s’il réussirait c’était une autre histoire. Parce qu’il n’y arrivait pas justement...

David arriva quelques minutes plus tard et se précipita sur lui pour le prendre dans ses bras. Lorsqu’il le lâcha, il jeta son manteau sur le lit d’à coté, l’air troublé, sans rien dire.

-Bon, je vous laisse seuls, Dit Aurélia en se leva. Euh bonne nuit vous deux…

Elle quitta la pièce rapidement. David prit sa place et le regarda avec tristesse et se risqua à parler, après un moment :

-Je suis vraiment désolé pour toi, Brad… Alors ?... Tu te sens comment ?...

-Mal…

Mal était un mot tellement faible pour résumer tout les sentiments qui bouillonnaient en lui… En quelque sorte, c’était pour lui, une douleur qui devenait impossible à décrire, à décortiquer et surtout ne pas pouvoir partager complètement… Si on le trouvait fou… Si on se vengerait… Si on savait que c’était lui…

-Je comprends… Tu… tu veux m’en parler ? Dit le jeune homme, maladroitement.

Brad fixa le plafond en murmurant :

-Non… Pas maintenant… J’ai pas envie d’en parler pour ce soir… J’ai plus de forces pour quoique ce soit… Mais ça me touche que tu sois venu, David, merci…

-C’est rien…, Dit-il en lui faisant un petit sourire. Essaye de dormir… Je vais veiller sur toi…

Brad hocha la tête, épuisé et déprimé, et ferma les yeux. À coté de lui, il entendit vaguement la voix rassurante de David lui souhaita bonne nuit et il s’endormit presque aussitôt.



***



Il semblait à Brad que ça faisait une éternité que Stéphane était encore vivant à ses côtés… mais non ça faisait que trois jours… En fait, ce fut les trois jours les plus pénibles de sa vie.

Une enquête s’ouvrit pour éclaircir les circonstances de la mort et ainsi, la consternation totale pris le pensionnat d’assault. On interrogea plusieurs proches – dont lui – et professeurs pour en savoir un peu plus. Pendant tout l’interrogatoire pénible dans un bureau de professeur vide qu’il subit, il raconta une version précise, mais très différente de ce qui s’était passée.

Dans sa tête, il subissait un combat à savoir s’il devait se livrer ou non… Mais déjà, avouer leur relation secrète et qu’ils avaient l’habitude de briser le règlement pour se voir dans des endroits que les élèves n’avaient pas le droit d’accès, au policier assit sur la table, était quelque chose de difficile.. Il dit la vérité jusqu’à la lettre (Il avait dit qu’il l’avait jeté et en disant les grandes lignes, il supplia qu’on ne dévoile à quiconque le contenu) qu’il avait lue et sa détermination de lui faire voir un psy…

Alors, il s’était demandé s’il devait être honnête envers lui-même, s’il devait encaisser les conséquences de ce qu’il avait fait… Il s’était demandé même si c’était assez punitif pour ce qu’il avait fait, qu’il méritait plus que de moisir derrières les barreaux ou faire des stupides travaux communautaires… Il s’était dit que oui… il méritait une vraie punition… Il ne savait pas encore quoi, mais il allait trouver…

Ainsi, il s’était tut, il n’avait rien dit. Il avait dit une part de vérité, qu’il l’avait vu, mais il avait ensuite inventé des idioties (facilement été crues à son grand étonnement !) du genre qu’il s’était engueulé avec Stéphane, qu’il avait quitté le sous-sol, avait entendu deux coups de feu et avait retourné sur ses pas pour trouver Stéphane couvert de sang et mort… À vrai dire, les policiers semblaient croire à sa version des faits, comme les faits étaient lui étaient favorables. Ainsi, on en déduit à l’hypothèse du suicide…

Mais il y avait plus que ça pour rendre ses 3 jours afffreux… C’était ce que les autres lui faisaient subir… Non pas qu’ils étaient désagréables… Mais cette façon d’être désolé presque dégoulinante d’hypocrisie et de sentiments de pitié…

S’ils savaient… Pensait-il, sans cesse.

Justement…

À ce moment, la classe de physique avait rarement hébergé un tel malaise. C’était à glacer le sang. Et lui, il subissait ça, incapable d’en encaisser pour bien longtemps.

Il ne supportait plus les chuchotements occasionnels, les reniflements.

Il ne supportait plus les regards piteux qu’on lui adressait quand on passait à côté.

Il ne supportait plus la façon qu’on avait de le laisser tranquille, de ne plus lui faire du mal, ce répit non-mérité.

Il ne supportait plus l’atmosphère macabre dans laquelle il baignait et qui amplifiait par cent la fissure de son coeur.

Il n’arrivait bientôt à plus pouvoir décanter la répulsion de soi produit par son organe usé par l’amour.

La classe était un bel exemple que Brad n’en pouvait plus de ce qui se passait depuis trois jours.

Les cours avaient été ouverts, ce jour-là, dans la matinée pour partager, se consoler entre élèves. Égal à une vraie épreuve pour Brad. Surtout que la plupart des élèves plus jeunes ne devait même pas savoir qu’il y était.

Entendre en parler sans cesse. Des mots de proches, de moins proches.

Cohabiter toujours avec cette culpabilité. Qui voulait l’écraser, qui se manifestait n’importe quand, qui en devenait maladive à force de penser à ce qui se serait passé s’il aurait pu l’empêcher.

Éprouver ce besoin… Non pas un manque. Le manque, il l’avait déjà vécu avec lui. C’était pire, c’était véritablement essentiel. Un besoin. Pratiquement Il devait avoir sa présence, savoir qu’il l’aimait encore quand il avait fait ça.

Oui, il devait comprendre… Même si il pensait qu’il aurait vraiment été idiot de l’aimer après ça…

Le jeune garçon était à moitié couché sur son bureau, écoutant la discussion axée essentiellement sur lui que sur la réaction des autres :

-Je me demande pourquoi, il avait l’air si heureux.

-Ouais et de pas l’avoir de problèmes…

-Et sa fugue ?

-Ça veut rien dire, peut-être qu’il en avait assez de l’école.

-Il était quand même trop bien… pour faire ça… han… ça se peut pas…

-C’est tellement triste si on sait pas pourquoi…

S’ils savaient… pour eux..

S’ils savaient … pour tout…

S’ils savaient !

Pourquoi il était pas capable de ne pas avoir cette boule dans la gorge ?

Pourquoi il avait de la difficulté à respirer, tellement elle le martyrisait ?

-Parce-que vous comprendrez jamais rien !! Avait-il crié avant de se lever, retenant avec peine ses sanglots, en se levant pour quitter la classe.

Encore ses regards. Encore ses chuchotements. Mais cette fois cette attention.

Cette attention écoeurante. Et Brad, déjà dans le couloir, pour aller ailleurs pour avoir la paix.

Mais tout ça, c’est tout ce qu’il dit, ce qu’il révéla de cette période… Il n’avait pas dit un mot avant cette montée de fureur…
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Sam 19 Juil à 23:39

***



-Tu as une mine épouvantable, tu sais ? Tu es certain que… tu veux y aller ?

Oui, bon, c’est pas la peine d’en rajouter, songea Brad.

Pourtant, juste en examinant ne serait-ce qu’une seconde la visage palôte de Brad, on ne pouvait qu’approuver Jérôme.

Ce n’était qu’un détail pour le jeune garçon, qui se contenta d’hausser les épaules, puis de répliquer :

-Je crois… Après y être vraiment confronté, ça va peut-être me faire du bien…

En fait, ce n’était qu’un énorme mensonge. Il réalisait pleinement la situation, une situation qu’il aurait préféré ne jamais vivre. De plus, il était pertinement convaincu que rien, rien du tout, ne pourrait lui faire du bien.

Il ne voulait pas l’oublier, le ranger dans ses souvenirs, pour la bonne raison qu’il ne pouvait pas. La paix intérieure, il ne l’avait plus… Et il devait trouver un moyen de se punir de tout ça.

Il était perdu, tout simplement…

La voix de Jérôme lui parvint lointaine pendant ses réflexions :

-Je disais ça comme ça…

-Hein ?.. Ah oui, je sais, je sais, ça va…

Jérôme préféra ne pas insister et alla dans le dortoir pour le laisser seul un moment.

Brad reporta son attention sur le miroir pour passer un coup de peigne dans ses cheveux. Il ne put s’empêcher de penser tristement que Stéphane l’aurait trouver beau ainsi, en complet noir…

Il juga son apparence ensuite correcte et vint rejoindre l’autre.

-Euh.. Je… Désolé… Dit Brad, un peu troublé. Je voulais pas t’offenser… Et je suis très reconnaissant que tu ailles fait le voyage… Je sais que ça t’affecte aussi… Et… Bien oui… C’est vrai que j’ai une mine épouvantable… C’est juste que je suis préoccupé, disons…

Jérôme, assit un lit, montra visiblement qu’il considérait son attitude normale dans de telles circontances macabres :

-C’est beau. Je comprends très bien, t’en fait pas…

-Non ! Non, tu comprends pas !...

Brad vint s’assoeir à coté de lui, réprimant l’amertume qui bouillonnait en lui et qu’il avait malcontreusement déversé sur le jeune homme. Il se mordit la lèvre inférieure et dit plus calmement :

-Jérôme… C’est juste… Il y a un truc que je me demande…

Ensuite, il lui raconta tout, la conversation qu’il avait surprise la nuit avant leur capture, la lettre découverte et lue avant sa mort… Mais aussi la version stupide, mais réaliste qu’il avait donné aux policiers, qu’il ne s’était douté de rien – et ainsi une partie de sa culpabilité -, qu’il ressentait un immense vide et une immemse peine….

Tout ça… Avec émotions, découragement et questionnements.

Jérôme, à la fin de tout qu’avait rélèvé Brad, posa sa main dans son dos en signe de compssion, ne sachant pas quoi dire.

Mais Brad le força quand même à parler, en lançant :

-Tu le savais…

Il se prit le visage à une main, semblant abattu puis approuva après un moment :

-Oui… Oui, je le savais… Mais je t’avoue que je pensais pas que ça en arriverait à ce point… Et c’est vraiment affreux…

-Mais… Pourquoi ?! S’étonna Brad. Pourquoi il n’en as parlé rien qu’à toi ? Pourquoi tu m’en a pas glissé mot ? J’aurais pu…

-Brad, il est trop tard maintenant pour les ‘’J’aurais pu… J’aurais du…’’. En plus, ça te concernait directement et il était pas fort sur les confidences, alors ça n’aidait pas… Il m’a appellé une fois, complètement éffrondé et il m’a tout raconté… Il m’a demandé du réconfort et conseils, c’est ce que j’ai fais du mieux que je pouvais… Et ça, à chaque fois qu’l craquait… Mais bon… Oui, j’avoue que j’ai été idiot de pas te l’avoir dit, surtout vers la fin quand ça devenait de pire en pire… Mais je t’assure que j’ai très souvent essayé qu’il se confie à toi… J’ai réussis qu’un peu, mais sans grands résultats à ce que tu vois… Jamais j’aurais pensé qu’il irait jusque là et qu’il…

Le reste de sa phrase était trop dure à prononcer, mais on n’avait pas besoins de mots pour la saisir.

Boulversé, les yeux de Jérôme se remplirent de larmes et sa main tremblait dans le dos de Brad. Celui-ci, qui était carrément démoli, commenta :

-Dans l’fond… J’étais la source de ses malheurs…

-Voyons donc Brad ! Pas du tout ! Il t’aimais… Il t’aimais comme un fou… Tu le sais ça… Tu le sais…

La tête de Brad tomba mollement sur l’épaule de Jérôme et le jeune garçon poussa un soupir accablé. Jérôme entoura son bras autour de lui commença à le bercer, même si lui non plus n’était pas en état de consoler.

-Je le faisais souffrir pis je m’en rendais même pas compte ! Même avec les signes ! Se lamenta faiblement Brad.

-Mais non… mais non.. Il était bien avec toi… vraiment… C’est simplement les circonstances… Oh attends…

Jérôme se leva, puis alla fouiller dans son sac posé sur un autre lit. Il revint s’assoeir par la suite et lui tendant un album de photo à la couverture mauve.

-Tiens, j’te le donne.. C’est des copies que je t’ai faites. Je sais que tu le connaissais pas à cette époque, mais quand même… C’est plus à ce moment que son mal-être a débuté… Et tu as écopé de ça… Et selon moi, tu l’as sauvé de son véritable malheur…

Le coeur battant la chamade et pertubé, Brad fit tourner l’album dans ses mains, puis l’ouvrit.

Il lui fit un sourire faible et le remerçia :

-Oh merci… ça me touche…

Mais d’un autre coté, il ne savait pas s’il serait capable de egarder son contenu… S’il serait capable, un jour, de brûler tous les souvenis qui le rattachait à lui pour assouvrir sa douleur…

Il se força à feuilleter l’album photo et remarqua qu’effectivement les clichés dâtaient depuis la rencontre de Stéphane et Jérôme et jusqu’à leur dernière rencontre seuls selon l’index sous les photos… La grande majorité était de Stéphane en solitaire, mais quelques fois avec Jérôme ou avec d’autres camarades.

Puis…

-Ayoye !... C’est toi ? S’étouffa Brad, les yeux fixés sur un cliché – le plus ou un des plus anciens.

Les deux ne se ressemblaient pas du tout. Mais la différence était beaucoup plus frappante pour Jérôme. L’image les représentaient photographiés dans un espèce de salon, assis sur un divan…

Stéphane, vers les 9-10 ans, était beaucoup plus maigre, les cheveux coupés plus courts et plus proprement que les cheveux qu’il avait connu. Il avait les traits évidemment plus enfantins, moins définis. Stéphane affichait un sourire un peu forcé, mais qui semblait approprié pour une photo.

Jérôme, quant à lui, était assis les jambes repliées contre son menton, les mains les entourant et il était méconnaissable. Il avait l’air hagard, perdu dans la brume et son regard démontrait bien cette aura autour de lui. Les yeux pochés, le visage creux, le Jérôme adolescent avait les cheveux coupés très courts et affichait un sourire visiblement supris. Il avait vraiment, comme Stéphane lui avait déjà dit ‘’des airs de médicamenté’’.

Jérôme se pencha une seconde pour regarder la photo, en reniflant, oubliant sa tristesse. Puis il releva la tête.

-Eh oui ! Dit-il simplement, d’un ton amusé.

-Wah, c’est fou comme tu as changé… Comment tu… ?

Jérôme sourit en lui tapotant le dos.

-Une autre fois, tu veux… une autre fois…

Brad n’insista pas et continua à regarder les pages de l’album en silence. Puis il le referma, un creux dans le ventre.

-Merci… Et c’est peut-être vrai ce que tu as dis sur son état, après tout…

-C’est rien ! Et tu sais, Brad, je peux vraiment te dire que tu peut-être la meilleure chose qu’il ne soit arrivé à Steph… Et souvent, le bonheur, ça nous atteint et nous ont continu de le chercher comme des cons sans s’en apercevoir avant qu’il disparaisse… C’est le cas de Steph, je crois…

La meilleure chose…

Brad avala difficilement sa salive, sentant la honte l’assaillir, même si les paroles de Jérôme était flatteuses.

-Peut-être, ouais, Dit-il vaguement.

Il se força à lui faire un petit sourire, même s’il restait avec sa honte et son trouble.

Parce-qu’il ne savait pasait s’il était mort le détestant ou pas…. Et le comble, c’est qu’il ne le saurait jamais…

Brad se leva et alla ranger l’album dans ses affaires. Puis il demanda de l’emplacement de son lit, en regardant sa montre :

-On devrait peut-être descendre attendre David… Il est supossé arrivé dans 10 minutes… Proposa t-il, changeant de sujet pour éviter de trop penser.



***



L’auditorium était rempli, toute l’école y avait été convoquée.
Lorsque Brad franchit la porte, suivie de David et de Jérôme, une voix ébranlée et tremblotante s’exclama :

-Oh !! Brad !!

Sans prévenir, il se retrouva tirer par le bras vers le mur. Les deux autres lui firent signes qu’ils allèrent s’asseoir et qu’ils le laissaient tranquille.

Surpris, il se retrouva face à face avec Sophie Fournier, la mère de Stéphane.

En fait, le deuil semblait avoir laissé la femme à un point élevé d’étrangeté – Il ne saurait dire pourquoi, il sentait ça en la regardant. Elle avait de grands cernes, le teint blafard, les yeux vitreux, sa robe noire et simple n’aidait en rien, lui donnant un air de pleine et totale souffrance.

Mais pourtant, elle lui adressa un petit sourire bouleversant devant son air ahuri….

-Euh… bonjour, madame Fournier…, Dit maladroitement Brad.

-J’suis touchée de te voir, Brad… Je voulais te parler, ça te dérange pas ?…

Il se sentait honteux et sale en sa présence…. Il se sentait indigne qu’elle le croit innocent et qu’elle l’aborde de cette façon bienveillante quand elle devrait en réalité le détester pour mourir...

Il voulu quand même qu’elle sache qu’il se sentait coupable, alors il bafouilla ce qu’il pu, dans la convention des choses…

-Ah bon ? …. Euh non… En passant… Je… suis vraiment, mais vraiment désolé pour ce qui est arrivé à Stéphane, madame…

Elle murmura un faible ‘’merci’’ et plus le pire de tout, elle le prit dans ses bras. Là, il ne su comment réagir… Il ne méritait pas ça…

Intimidé, il lui tapota un peu le dos, essayant de lui donner un peu d’espoir qu’il n’avait pas lui… Et dire qu’il ne méritait qu’elle le mette K.O, juste pour se venger… Il était ignoble !!

Il finit par la lâcher, vraiment mal à l’aise. Il lui dit, essayant de la réconforter :

-Ça doit être vraiment dur pour vous, plus que tous les autres ici peut-être…

-Oh oui… J’arrive plus à dormir… Mon médecin m’a prescrit d’autres somnifères… Ça me hante… Y me reste qu’Olivier maintenant, c’est déjà ça - Elle pointa son amoureux qui était refrogné plus loin, qui était sûrement plus affecté par la peine de sa femme que par la situation, et qui parlait avec le directeur… - … Mais j’peux pas m’y résoudre… Mon fils… Mon fils unique…

Et dire que c’était lui, qui l’avait tué, son fils unique…

-Je comprends…, Dit Brad, d’une voix serrée. Je comprends… c’est vraiment un drame...

-Tu étais un de ses meilleurs amis, pas vrai ? Demanda la femme, en reniflant.

Brad, étonné, jeta un regard à Newton, n’y croyant pas. Elle n’était pas au courant… Et lui, qui lui en avait tellement voulu pour sa gaffe !... Et maintenant, il ne pouvait pas lui avouer, elle était déjà assez fragile comme cela, sans en rajouter…

-Oui, Fit Brad, d’une voix serrée et baisse. Oui… c’est ça….

-C’est que… je voulais savoir…, Expliqua Sophie Fournier. Comme tu le connaissais bien… est-ce que tu sais quelque chose… pour quelles raisons… mon Stéphane aurait fait ça ?... J’dois savoir, Brad… Tu comprends… La police veut rien me dire…

Brad eut pitié de lui-même, d’être le seul qui puisse résoudre ses interrogations, mais de garder les réponses… que personne ne puisse savoir pourquoi…

Pourtant, en y pensant bien, s’il lui disait les raisons de Stéphane – en cachant ses actes -, il lui briserait le coeur une deuxième fois, il lui ferait encore plus de mal… Et il ne pouvait pas se permettre de faire encore plus de dégâts, de dévoiler encore plus le secret de leur relation…

Il du se résigner à mentir, même s’il aurait tout donné pour consoler la pauvre femme :

-Je suis désolé, madame Fournier… J’ai bien peur que moi non plus j’en sais rien…. En fait, Stéphane était assez mystérieux, il parlait pas beaucoup de ce qu’il vivait… Moi aussi, ça me fait quelque chose de pas savoir… Mais faut vivre avec, faut croire…

-Malheureusement… merci quand même…

-Désolé encore… euh, je peux vous poser une question, moi aussi ?

Elle hocha la tête, cherchant un paquet de mouchoirs dans son sac à main.

–Je voulais savoir si… eh bien… qu’est que vous avez décidé… de faire avec le corps… vous savez, pour…. lui rendre visite ?!

-Oh ! … on va probablement l’enterrer au cimetière de Drummond…. Ça serait gentil de ta part, Brad, de pas l’oublier… vraiment gentil…

Il eut peur de la froisser, mais au contraire, elle semblait touchée par sa question et ses intentions.

-On peut pas faire autrement que de se souvenir de lui…

Newton fit alors interruption en tapotant l’épaule de son amoureuse et lui chuchota :

-Excuse-moi, Sophie chérie, on voudrait te voir avant que ça commence…

-D’accord, j’arrive, Marmonna t-elle, d’un ton triste. Bon… Ça m’a fait plaisir de t’avoir parlé, Brad. Tu es un garçon charmant…. Fait attention à toi…

Le sang du jeune garçon fit trois tours, affecté par ses paroles qu’il ne méritait aucunement, surtout venant d’elle…

Il aurait préféré qu’elle le traite de tous les noms au lieu de lui dire ça !….

-Je… Vous aussi, madame Fournier… Courage...

-Merci beaucoup… À un de ses jours, Brad….

Il la salua et s’éloigna, en étant traversé d’un drôle de frisson.
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Sam 19 Juil à 23:39

Lorsqu’il alla s’asseoir, il lui semblait d’avoir perdu toute force et il mettait un pied devant l’autre presque machinement. Il se sentait aussi très bizarre, indescriptiblement coupable…

Il se dit que la soirée allait lui être très pénible… très très pénible…

La mine basse, il s’assit, au troisième rang où étaient les deux autres, à côté de David et celui-ci lui lança un regard de compassion.

Brad sortit Mussolini l’ourson de sa poche intérieure de son veston et le serra très fort contre sa poitrine, tel un gamin égaré. Il se sentait particulièrement vide et il n’aimait pas du tout ça …

Puis, deux ou trois minutes plus tard, les lumières se fermèrent, celle de la scène s’ouvrèrent et la rumeur des conversations cessa.

Monsieur Morin et madame Marchand firent leurs apparitions, sobrement, vers le chevalet et le micro. L’homme prit la parole :

-Bonsoir à tous. Nous sommes ici, présents, ce soir pour rendre un dernier hommage à un garçon tragiquement disparu, à un âge où l’on ne mérite que de vivre. Je parle ici, bien sûr, de Stéphane Dubois.

Un silence total accaparait de la salle, voire troublant, à la limite.
… Mis à part que l’on entendit des reniflements ici et là.

-Comme la famille a fait le choix de ne pas procéder à des obsèques religieuses ou d’exposition, nous avons quand même eut leur aimable autorisation de faire cette petite cérémonie afin de… se rappeler du disparu. Je voudrais ainsi souligner la présence de plusieurs membres de la famille, ici, ce soir. Le pensionnat St-Nom-de-Marie souhaite d’ailleurs offrir leurs plus sincères condoléances à ceux-ci et voudrait…

Brad soupira et n’écoutait déjà plus qu’une oreille, se calant dans son siège.

Le tout dura une trentaine de minutes. Et devant toutes les personnes qui défilaient et venaient lire un petit quelque chose, Brad se dit que il aurait aimé… il aurait aimé braver tous les interdits, avoir le courage…

Car, on lui avait proposé de rendre un dernier hommage, lui aussi.
Mais, justement, il avait refusé, parce qu’il n’avait pas le courage de se vider le coeur, d’affronter les regards, d’affronter la peine des autres, sa propre peine…

Mais pourtant, il se prit à rêvasser, de comme ça aurait pu être s’il aurait accepté…



-Vision-



On l’avait peut-être gardé pour la fin…. En coulisse, il était enfermé dans sa tête, les yeux fixés sur deux feuilles de papier. On aurait dit qu’il stressait. Mais quel stress ? D’apparence, il n’en avait aucun. C’était seulement une atmosphère accablante, pas de stress…

C’est alors que dans ses oreilles, résonna le son renvoyé de l’haut-parleur de la voix sérieuse du directeur :

-Et pour finir, un grand ami, Brad Spitfire, a tenu à lui adresser quelque chose. Donc, je lui laisse le soin de terminer.

L’homme bedonnant se retira vers le rideau, pour ensuite en disparaitre derrière et Brad le croisa en arrivant des coulisses, sous des applaudissements assez timides.

Il s’avança vers le devant de la scène. Il posa ses feuilles sur la petite plaque de bois et regardant droit devant, vers le public.

Tous les yeux sur lui. Pression et gêne, mélange explosif.

Brad avait peur.

Brad pensait fondre sur place de peur.

Brad voulait mourir à son tour tellement cette impression ravageuse avait pris possession de ses moyens..

Mais pourtant, il ne pensait qu’à lui, rien qu’à lui… Pas à personne d’autres dans la salle, étrangement…

Mais il le fallait, il fallait que ça sorte … du moins, rien qu’un peu. Il ne pouvait plus garder ça en lui.

Ainsi, le peu, dont il souhaitait se débarrasser, sortit tout seul, s’évacua avec émotion, avec toutes ses tripes…

-Euh, bonsoir... hum… Ça peut vous semblez étrange et un peu sinistre, tout ce que je vais vous dire et vous révéler… mais bon, enfin, voilà… Si vous ne le sauriez pas, j’ai été la dernière personne à l’avoir vu encore vivant, la première personne à le… découvrir… mort.
Mais aussi, la première personne à voir véritablement sa personnalité, qu’il était merveilleux et comment il souffrait terriblement, sans qu’on s’en aperçoive – Même moi…
J’en sais quelque chose parce que je partageais ça avec Stéphane, on était liés d’une certaine manière par ça. Personne devrait souffrir de cette façon, c’est une des pires choses que l’on puisse subir. C’est indescriptible, la façon que ça vous oppresse, que ça fait rentrer continuellement des coups de couteaux dans le coeur. Ça n’avait changé… C’est un peu pour cela qu’il ne voulait plus continuer, disons-le…
Mais d’un autre coté, on était liés, on s’est supportés, on s’est compris, pendant presque 4 ans… parce-que étaient tous les deux désenchantés…
C’est peut-être la raison qu’il a été la seule personne ici à passer par-dessus toutes les apparences pour m’accepter, voir qui j’étais vraiment et qui a laissé, entre mes mains, toute sa confiance. Je lui en serais toujours reconnaissait de tout ça, même si je l’ai hypocritement brisée cette confiance... J’ai fais des choses que je ne devais pas faire, à son égard et maintenant, je paye pour… Je me comprends, je préfère ne pas en parler….
Mais enfin, je voulais simplement vous dévoiler, en quelque sorte, le secret de deux garçons – oublié… méconnu… - qui est resté caché, jusqu’à maintenant… pendant trop longtemps… trop longtemps…
Vous l’ignorez, mais Stéphane m’a adressé une lettre de… suicide… très touchante, très personnelle. Pas besoin de vous dire qu’elle m’a complètement renversé. À vrai dire, j’ai jamais autant pleuré devant du papier que là. Ça m’a ébranlé encore plus que je ne l’étais… En fait, c’est que je l’ai lu avant son geste… J’ai essayé de le raisonner… Mais c’était vain… et ensuite…. trop tard…

Il montra le premier bout de papier un peu martyrisé pendant quelques secondes. On voyait que Brad était pris de frissons envahisseurs.

Il enchaina :

-En guise de réponse, pour me libérer de tout ce que je ressens, j’ai écris un petit quelque chose… hum… que j’aimerai vous lire…

-Ça s’appelle ‘’Pardonne-moi’’… et c’est pour…

Et il leva les yeux vers le plafond, en prenant une grande respiration, disant d’une voix semi-assurée, douce :

-… Pour… Toi, mon amour…

Il s’y attendait, sans surprise. Des murmures, des exclamations de dégout ou de surprise, de l’indifférence, firent bourdonner la salle. Il s’y était préparé mentalement et avait décidé de ne pas se laisser intimidé, de continuer comme si rien n’y était. C’était d’oser l’interdit qui lui avait causé problème, alors fallait y aller jusqu’au bout, anéanti ou pas, jugé ou pas.

L’adolescent pris dans ses mains une un paquet de feuilles. Le silence revint… Brad repris la parole, parlant plus fort pour réciter :



D’avoir connu, toi, cet être qui m’aimait, si merveilleusement
D’avoir pris des années, à tes cotés, toi qui en avait si peureusement
D’avoir eut peur de ma désillusion, de ton incertitude, si intensément
D’avoir été en couple avec toi, si secrètement

Ma présence dans ta vie rêveuse, chamboulée
Mon aveuglement à tout ce qui se passait en toi, tout ce mal
Mon ignorance de tes sentiments refoulés, tes impressions infernales
Ma discrétion, tout ce que je te cachais, aussi

La manière que j't'aimais, timide et retenue
Celle qui n’était pas assez vue
L’autre qui était évidente, contre toi, nu
Et je m’hais de m’avoir, dans mon silence, trop tut.

Et moi, je t'attends.
Et j'attends encore dans le silence.
Parce qu'on est des gars dans un milieu intolérant.
Le secret me ruine, tu sais...

N’être capable de ne voir que du désert
N’avoir aucune d’émotions, plus rien ressentir
N’être rien, d’avoir besoin de me secourir
N’avoir plus de point d’attache, aucuns repères

De ma personne qui perd la raison.
De moi-même et de mon âme qui refuse de guérir

Stéphane...
Mon petit Peter Pan
On a visité le pays imaginaire ensemble
Tu m’en as fais voir de toutes les couleurs
Moi j’étais ta fidèle ‘’Wendy’’
J’ai volé avec toi, comme on vole en chute libre
Et tu as chuté brusquement.
Le monde s’est assoupi, la nature s’être fanée toute terme
Les enfants perdus n’avaient plus rien à combattre
Le lieu où tout est pas parfait, c’est transformé sans toi
Moi j’y suis pris au piège.

Stéphane…
Ma petite ‘’Clara’’
C’était Noël tous les jours avec toi
Les rois des souris, les jouets animés m’attaquaient toujours
Et tu lançais des pantoufles pour nous défendre
J’étais un casse-noisette qui cachait en lui un prince
Et il me fallait que toi pour me sortir de mon sort

Stéphane… Mon amour…

Accepte mon imperfection
Efface toutes mes fautes, je ne savais où elles me menaient
Excuse-moi d’avoir été, de toi, si proche et si différent
Je te demande d’être indulgent
Rancune pas ma perte, ma peine

De t’avoir adoré…
Et de… de… t’avoir…

Pardonne-moi mes regrets…

Stéphane, pitié…
Pardonne-moi...
Et viens me sauver…



Il y eut encore quelques murmures, mais il les fit taire d’un regard franc et perçant, continuant de s’exprimer :

-Je sais bien ce que vous pensez ! J’ai toujours su ce que vous auriez pensé… C’est pour ça qu’on s’est caché pendant 3 ans et demi, voyez-vous. Oui, deux garçons ensemble. Oui, nous deux. Oui, 3 ans et demi… C’est lui qui m’a sauvé quand je suis arrivé ici…
Et… Et bien, maintenant, je sais pas, je sais vraiment pas comment je fais pour rester en vie. Tout semble de la même manière dont je voyais avant. Moche… sans espoir… sans… bah lui…
J’aurais tant voulu qu’il puisse…. savoir lutter lui-même. Moi je le fais tellement difficilement, mais je le fais… Il était plus capable, c’est ça que je sais, il voulait pas qu’on lui gâche encore plus la vie.
Vous pouvez pas savoir ce que c’est de devoir faire tout ce qu’on a fait pour rattraper nos vies. Quand on doit toujours se cacher, se priver, être limités. Quand on doit avoir peur, que notre moral en écope, que ça nous détruit…. C’est pas de la dépendance, c’est juste un besoin de pouvoir s’aimer librement…. Chose qui est arrivé que lorsqu’on a fugué tout les deux. On en avait assez de tous les sursauts, des menteries, des calculs de temps, des cachotteries.
Mais faut quand même avouer que… c’était encore plus… passionnel… quand on pouvait se voir…
Mais ça ne pouvait quand même plus durer. On a traversé tant de choses que ça nous a unis encore plus. C’est insupportable faire semblant qu’on aime rien qu’un peu, quand c’est tout le contraire. Quand ensemble, on s’aime à en devenir dément…
Il avait raison… C’est pas ça l’amour…. C’est tellement, tellement, tellement pas ça…
Stéphane voulait en finir avec tout ces troubles là et s’en est presque compréhensif…

Le public était pendu à ses lèvres. En même temps, s’il sentait des réactions négatives, il ressentait aussi du soutient face au public attentif.

- Pourtant, c’est fou comment on s’aimait lui et moi... Aucunes limites de ce côté … Qu’est que je l’aimais ! … Mais maudit, maudit... qu’est qu’il me manque… Je voudrais tant qu’il soit encore près de moi…

Sa bouche devenait sèche à force de parler, mais il s’en foutait. C’était un exutoire partiel qui le consolait tellement !

-Et Stéphane… Stéphane… C’était un garçon fantastique, un petit garçon dans l’âme, brisé par la vie… Quelqu’un qui avait accumulé beaucoup de révolte, quelqu’un de malicieux, de rusé, plein d’imagination, plein d’humour… Quelqu’un d’ouvert, de coeur… Enfin, je pourrais vous en dire long… Mais en résumé, un être imparfait, mais parfait comme ça… Ce qui en faisait une partie de son charme…
Alors comprenez que aimer quelqu’un comme ça, c’est valorisant, ça nous apporte tant de choses quand on a chacun un besoin d’amour et de tendresse atroce. Peu importe le sexe, peu importe la race. Arrêter de penser qu’on peut penser de vous, ce qu’on peut vous faire.
Nous deux, on faisait ça, arrêter de penser. C’est peut-être horrible, à vos yeux, mais au font, sachez qu’on ne faisait rien de mal… On faisait juste s’aimer. Même si le rejet nous guettait, menaçant, effrayant. Même si chaque fois était en soi un risque de se faire prendre. Cet amour, ça m’a fait comprendre, connaitre énormément de choses et ça m’a aidé à me reconstruire moralement. Ensemble, on a bravé l’autorité, les autres, les difficultés de couples et notre situation.
Mais lui, il était quand même malheureux… C’est ça qui est à se rappeler…
Il est mieux de s’aimer librement, quand on fait juste s’aimer…
J’ai tellement peur ça soit moi qui est fait basculé tout, par mes erreurs... C’est moi aussi, justement, mais comment je pourrais me faire avaler ça et l’accepter... Je sais même pas s’il est mort en m’en voulant, en me détestant…

On vit qu’il semblait faire de plus en plus d’efforts pour continuer à parler, qu’il utilisait le peu de courage qu’il avait encore dans son ventre pour affronter sa peur des moqueries et les exterminer comme des termites.

En ce moment, sa main était serrée sur la plaque de bois, ses sourcils foncés de mal physique.

-Je sais même pas si je pourrais m’en remettre… Mais, je sais que je pourrais jamais me faire à l’idée que je l’ai perdu de cette manière… Voilà. Merci.

C’était fait, plus rien ne comptait maintenant

Il quitta la scène, en soupirant, sous de forts applaudissements encourageants et émus.



-Fin de la vision-



Mais non. Il ne s’était rien passé. La cérémonie s’était pas fini sur lui, elle s’était finie de la même façon de son déroulement, difficile et non représentative de Stéphane…

Il n’avait pas pu.

Il n’avait pas pu, car il s’était trouvé trop salaud de le faire.

Même si toutes ces belles paroles, Stéphane les méritaient… cependant, dit de sa bouche, c’était épouvantable.

Le jeune garçon quitta donc la pièce, tenant Mussolini l’ourson dans sa main, renfermé, en compagnie de David et Jérôme qui lui lançaient des regards tristes. Autour de lui, des gens et des jeunes atterrés, mais sûrement jamais autant que lui. Parce-que Brad se sentait minable et démoli, face à tout ça…

D’ailleurs, le secret l’avait pas seulement ruiné, maintenant que celui-ci était préservé que par un seul des deux, il allait commencer à s'enraciner en lui. Pour toujours. Pour que jamais personne ne sache.
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Sam 19 Juil à 23:40

Épilogue


Les jours de ce sombre mois s’étaient sombrement succédés, jusqu’à la mi-novembre. Novembre… Le mois des morts comme l’on dit. Le mois d’une entrée dans les ténèbres et dans une espèce d’aphasie, pour un adolescent en particulier.

Effectivement, Brad semblait s’être enfermé dans un mutisme qui ne paraissait que très peu à l’oeil. Il ne parlait peu, encore moins de Stéphane
- Enfin, il évitait le sujet, comme il ne pouvait pas oublier…
Au début, on voyait qu’il semblait affecté par la mort de son ‘’ami’’, mais plus ça allait, plus il semblait être redevenu à la normale.

À la normale était quand même un grand mot. À la normale, mais seulement à l’extérieur. Les autres lui avaient donnés un répit depuis qu’ils avaient su sa fausse version de ce qui était passé.
Mais ce n’était pas grand-chose pour compenser ce qu’il ressentait à l’intérieur, où il se torturait lui-même….

Ayant pu qu’endurer trois semaines, Brad avait supplié, supplier et harceler même, son père de comprendre son mal-être dans cet endroit qui lui fichait mettant la chair de poule à force de lui rappeler tant de choses.

C’est pour ça qu’en ce samedi matin pluvieux, il faisait sa valise.

Ses parents avaient fini par comprendre. Son père avait accepté d’administrer la fin de son secondaire en lui fournissant un professeur prive, comme il n’avait plus la force de supporter jusqu’en juin le pensionnat.

S’il était pour se laisser mener par le bout du nez, autant collaborer !

Parce qu’il ne serait jamais danseur. Parce qu’il était tristement condamné aux sciences et son étude. Et que bon… il devait s’y faire….

Ses parents pourraient être fiers d’eux, il rendait les armes. Le ballet, c’était terminé. Plus Jamais. Pour toujours. Stéphane, pour sa part, aurait pu avoir honte de lui, s’il le verrait abandonné ses rêves pour pouvoir garder secret ce qu’il était devenu... Un monstre comme l’autre s’était déjà traité.

Il abandonnait tout pour essayer d’oublier ses remords et de les enfouir… Pour oublier cette enfance qu’il n’avait jamais eut, qu’il avait tant désirée. Pour oublier cette adolescence qui se ruinait d’elle-même. Pour n’être plus qu’être l’ombre de lui-même, devenir un autre…

Justement, son regard s’éloignant dans la rangée de lits, aux jeunes garçons endormis, il se posa finalement sur le lit resté vidé - pour sa mémoire, pour cette année - de Stéphane. Sur celui-ci, il se revoyait encore lover contre lui, à penser qu’ensemble, ils pouvaient prendre le contrôle de leurs vies et s’aimer un jour comme ils le souhaiteraient.

Ce qui n’était resté que projets dans cet amour interdit.

Et pourtant… Ça lui prenait au coeur tout de même de quitter autant de souvenirs, heureux ou non, dans une même école. Mais s’il restait, ces souvenirs allaient devenir un poids, le nuire plus qu’autre chose.

Qu’est qu’il aurait pu donner pour que lui et Stéphane n’aient pas été retrouvés, lors de leur fugue… Comme c’était déjà loin tout ça, comme il était loin déjà de lui, comme c’était impossible à avaler.

Non, vraiment impossible… le destin faisait mal les choses…

Les larmes aux yeux, il referma la fermeture éclair de sa valise noire
à roulettes, la posa par terre, prêt à partir. Il se mit à la trainer derrière lui pour aller dans l’allée, regardant autour, en alternance de gauche à droite, ces bourreaux dormir en paix. Une marche funeste. Les autres s’envolèrent de sa vue alors qu’il ferma la porte et emprunta l’escalier.

Ensuite, les larmes se mirent à couler le long de ses joues, naturellement. Contrairement à il y a presque 4 ans, il en avait encore en réserve.

Et c’est comme ça que Brad refit le chemin inverse qu’il avait emprunté, durant la visite abrégée des lieux détestables avec ce drôle de garçon rebelle, de qui, il attendait une volée.

Brad effleura de ses doigts sa gorge, instinctivement…

Finalement, avec un peu de patience, il l’avait encaissé avec tant de séquelles.


***


Son père avait daigné l’attendre à l’entrée du pensionnat, d’un air froid. Le fils avait essuyé ses larmes avant de descendre au rez-de-chaussée, sachant sa réaction s’il l’aurait vu. Il voulait pas s’attirer ses foudres aujourd’hui. De plus, sa peine était tellement personnelle que Brad refusait que quiconque la critique.

Rich lui dit vaguement bonjour, se contenta de grogner un ‘’Bon, t’as tout ?’’. Il lui semblait plus préoccupé par sa montre qu’il ne cessait de regarder. Mais Brad s’en foutait… Il ne changera jamais, de toute façon…

Morne, Brad acquiesça, le suivant dehors dans le stationnement, d’un pas lent. La pluie fine frappait sur son visage dépourvu de joie, le pas trainant, il se dirigea avec son père dans le stationnement du collège.

Le jeune garçon mit son bagage dans le coffre de la voiture sport, puis alla s’installer à l’arrière.

Des gouttelettes d’eau coulaient paresseusement contre la vitre et à travers de la buée, il regarda une dernière fois, la grande bâtisse prestigieuse, la clôture de fer, le terrain boisé.

-Papa ? Supplia Brad, d’une voix brisée, autant hypnotisé par tout cela qu’il était répugné par ce qu’il regardait...

-Gmmh. Quoi ? Dit Rich, qui était en train de boucler sa ceinture, au volant

-J’en peux plus … Démarre…

Son père, comprenant pas trop, fit ce que son fils réclamait quelques instants plus tard et le décor commençait à s’estomper peu à peu…

Maussade, il jouait, dans sa poche droite de son pantalon noir, avec ce qui aurait pu tout changer, cette feuille de papier avec des mots de colère, de tristesse, de rage, d’angoisse tracés. Elle aurait pu tout révéler au grand jour, les deux choses essentielles à tous ceux qui ne savent rien. Qu’ils s’étaient aimés. Sous-entendre qu’il avait tué accidentellement ce lien quand l’autre garçon avait voulu mourir par la haine de l’amour.

C’est alors qu’il se dit qu’il ne saurait plus jamais le même… que sa vie avait basculé à jamais…

Et il se dit qu’il avait trouvé comment se punir convenablement… Et sa raison… Et sa raison, se serait Stéphane…

Mais pour l’instant, tout ce qu’il pu échapper, ce n’est que les deux derniers vers du poème de son discours, en sentant un pincement au coeur, une détresse, en tournant le coin de la rue.

Ainsi, les lèvres de Brad ne firent que de bouger pour former silencieusement :

-Stéphane, pitié…. pardonne-moi, viens me sauver…




FIN



À suivre dans… Mes regrets !
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