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 [FT] Pardonne-moi (R)

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M@rie
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MessageSujet: [FT] Pardonne-moi (R)   Dim 7 Aoû à 21:46

Titre : Pardonne-moi

Auteure : Marie-Ève M.

Email : marie7680@hotmail.com

Genre : Romance. Drama. Slash.

Rating : R

Résumé : C’est brisé que Brad entre au pensionnat, avec ses illusions détruites, son avenir tracé par autrui. Il y découvre un endroit détestable, mais aussi sa seule raison d’y rester : Stéphane. Mais c’est un milieu fermé, mais Brad a peur de revenir son passé d’insultes… Les deux doivent donc apprendre l’amour et la vie dans l’ombre… Au début, c’est excitant… Sauf que peu à peu le secret oppressant fait sentir sa présence, à travers leur attachement hors du commun. Un attachement qui est voué à les détruire à petit feu…

Et si Stéphane n’aurait pas été l’ami imaginaire de Brad mais plutôt… ?!

Disclamer : Tout l'univers de Dans une galaxie près appartient à Claude Legault et Pierre-Yves Bernard. Je ne possède rien de tout ça. Cette fanfic n’est pas commerciale, seulement personnelle et je ne fais pas d’argent en écrivant ça.

-------------------------------------------------------------------

Citation :
INDEX DES CHAPITRES


Prologue

Chapitre 1 : C’est pas juste
Chapitre 2 : Malheur complet

Chapitre 3 : S’éloigner (POV)
Chapitre 4 : Désolé si t’es dans mon cœur (POV)
Chapitre 5 : Tu vis ce que je vis
Chapitre 6 : Tout détruire pour un rien (POV)
Chapitre 7 : Affliger de la barrière du vent (POV)
Chapitre 8 : Si simple pour se faire enterrer
Chapitre 9 : Regretter d’y avoir cru
Chapitre 10 : Cœur en loques (POV)
Chapitre 11 : Douce libération (Uned. POV supprimé)

Intermède 0 - Brad : Casser une âme en deux
Intermède 1 – Brad et Stéphane : Rélévations d’attachement

Chapitre 12 : L’orage par avant
Chapitre 13 : Et nous tomberons et nous volerons... (POV)

Intermède 2 – Stéphane : Pureté de l’enfance…

Chapitre 14 : Clameurs d’une fuite
Chapitre 15 : Les rêves et les squelettes (POV)

Intermède 3 – Stéphane : Un manque lointain

Chapitre 16 : Je gaspille ma vie sur toi
Chapitre 17 : Seconde chance (POV)

Intermède 4 – Brad et Stéphane : Roi de coeur et roi de trèfles

Chapitre 18 : S’accrocher à toi à l’abandon…
Chapitre 19 : Fait de sang et de silence (POV)

Intermède 5 – Brad : Présence… invisible...

Chapitre 20 : Vivre, c'est mourir par la suite ?
Chapitre 21 : Avenir patibulaire

Épilogue



-------------------------------------------------------------------

Prologue


Il les avait connues encore puériles, en quête de sensations nouvelles, il avait été le premier à les sentir sur sa peau, toutes inexpérimentées, toutes douces.

Maintenant ses mains étaient devenues, par un mystère intriguant, des serpents autour de son cou qui tentaient de briser toutes les vertèbres qu’elles rencontraient sur leurs passages. S’il avait imaginé qu’un jour il aurait trahison opprimée de leur part.

Ses doigts lui écrasaient sa trachée compressée, une douleur aigre lui sortait par la bouche, il l’asphyxiait avec une force qu’il ne lui était jusqu’à présent inconnue.

Le mur lui faisait perdre contact, à chaque coup donné à sa tête, ce mur qu’il l’avait encore et encore se balancer contre, mais avec ardeur. Là, c’était de la haine à répétions, du ressentiment brut.

Non, ce n’était pas le fait que tout les gens lui en veulent autant pour lui arracher la tête qui le dérangeait.

C’était plutôt que ce n’était plus le même Stéphane avait devant lui, qu’il avait peut-être connu le faux. Il avait fait semblant, sans doute, il s’était probablement servi de lui comme d’une poupée de chiffon, qu’il l’avait traité comme le gay de service.

Il n’essayait pas de résister parce qu’il ne l’aimait plus, parce qu’il ne l’avait sûrement jamais aimé, puisqu’il avait tant de raisons de vouloir l'étouffer après ce qui venait de faire comme gaffe, après celle de vivre…

S’il connaissait sa présumée fausse identité aussi bien qu’il le croyait, il allait finir pas se calmer et comprendre. Ce n’était pas ce genre de type violent inassouvi de victimes.

Il fallait attendre… juste patienter un peu… il va lui pardonner... il le faut…


Dernière édition par M@rie le Mar 21 Oct à 19:49, édité 21 fois
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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Sam 13 Aoû à 18:31

Chapitre 01 : C’est pas juste


Renfrogné dans la chaise en bois carrément inconfortable, il s’était trouvé un immédiat intérêt pour l’horrible carrelage couleur crème qu’il fixait depuis plusieurs minutes.

Il lui semblait qu’il n’avait plus rien à pleurer, plus rien à crier, plus rien en lui, même plus d’entrailles pour lui crier famine.

Il n’avait plus une enveloppe corporelle à sa taille pour lui dire, qu’il était gelé, qu’il était trop anéanti même pour enfiler sa veste, qu’il se sentait trop à l’étroit dans sa peau.

Il n’avait personne pour lui demander de manifester un peu de vivacité, n’osant pas bouger de peur qu’il ne dérange trop dans cet endroit hostile qui ne l’avait pris que pour le fric.

Peut-être qu’on lui avait arraché son cœur trop fort et qu’il ne pouvait plus lui battre qu’il se sentait mal, mal à en mourir. Comme si son enfance prenait le large pour une histoire qui ce finissait en catastrophe. Comme s’il n’était plus rien, dorénavant ce qu’il ne voudrait pas être.

Une porte claqua près de lui et un raclement de gorge pour attirer l’attention sonnait en échos dans le couloir vide.

Morose, il finit par tourner la tête vers le directeur. C’était tout qui lui restait à présent, l’obéissance.

-M. Dubois a gentiment accepté

Il l’aperçut à cette désignation, à essayer de contenir un fou rire sur ces paroles, un regard saphir sous quelques mèches cuivrées qui se promenait du nouveau au principal.

-… de vous aider à vous installer. Donc, s’il a quoi ce soit, venez me parler, moi j’ai du travail. Bonne chance.

Il s’en alla aussi vite qu’il était venu, laissant un malaise indescriptible s’emparer de lui. Il savait ce qu’il allait se passer, c’était toujours pareil, à chaque fois, c’était la même chose.

Il ferma alors les yeux et attendit que le coup se pointe.

Mais à la place, le garçon ne fit que s’étonner de son comportement.

-Qu’est que tu fais ?

Avec prudence, il rouvrit les paupières, sans aucun piège. L’autre était toujours devant lui, avec un sourire fendu jusqu’aux oreilles.

-Euh… vieille habitude. D’habitude, quand quelque fait quelque gentiment pour moi, c’est pour me flaquer une volée.

-T’es bizarre, toi. Non, j’ai été puni pour avoir tenté de faire exploser le labo n.5 par ’’mégarde’’, je suis en colle assez longtemps pour que je m’écœure et qu’je recommence, Ajouta t-il, d’un ton aigre. T’as pas de chance d’être tombé dans une place pourrie de même. En passant, moi c’est Stéphane.

-Brad. C’est… c’est vraiment si pire que ça ici ? S’inquiéta t-il avec l’arrière goût de détresse qui remontait.

-T’as pas idée.

-Merde ! S’exclama t-il avec rage.

-Y’a un problème ?

-J’ai jamais demandé à être ici, moi.

-T’es pas l’seul, alors…


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Dim 28 Aoû à 19:08

Chapitre 02 : Malheur complet


Aucun des deux jeunes garçons ne dit un mort lors du dépouillement des lieux du pensionnat, que les commentaires ternes de toute émotion sur ceux-ci de Stéphane.

Brad, de son coté, retourna dans son mutisme écrasant de tristesse le temps que la visite dura.

Il n’osait pas ouvrir la bouche, de peur dire quelque chose de compromettait pour une future agression (c’est sur qu’il allait la recevoir un jour ou l’autre cette raclée), de relever, quelque chose de son passé au secteur public* , qui le rendrait mal à l’aise devant lui.

Déjà qu’à première vue, il ne tentait pas de l’humilier ou de maculer par des remarques blessantes sa réputation non construite. Et il ne tenait particulièrement pas à ce que cela change.

Le dortoir où Stéphane l’emmenait pour aménager était vide à cette heure est pas très accueillant à première vue. Des couleurs neutres qui tapissait la pièce et une demi-douzaine de lits contre chacun des deux murs, avec une armoire et une table de chevet pour chacun, rien de très spécial mais en regardant vers la fenêtre, ça lui donnait la seule raison pour abhorrer totalement cet endroit. On apercevait y au loin des pensionnaires qui crie, s’amuse, dans la partie asphaltée de la cours.

Une cour école.

Pas ici, non, pas ici ! C’était tout ce qui restait d’absent pour parfaire sa misère !

Encore à recevoir des roches lui sabrait la peau…

Sa main lâcha sa valise par abattement qui tomba…

Encore des tentatives de strangulation…

…par terre avec fracas….

Encore coups sur coups, insultes sur insultes…

…et son corps suivit son exemple contre le lit le plus proche, ses jambes ne soutenant plus le poids de son chagrin….

Encore des heures à fixer ses souliers à tenter de ne pas laisser paraître qu’il larmoyait* car personne voulait l’avoir dans son équipe…

… il se replia sur lui-même par appréhension, parce qu’il devait encore rester dans cet enfer qui devait aussi machinal que coutumier…

Encore des heures à rester tout seul dans son coin…

Il continua d’observer la fenêtre d’un regard plein de rancœur et de souffrance. Il avait que lui, les quelques mètres qui le séparaient de l’endroit funeste. Plus rien d’autre, peut-être aussi Stéphane qui vint s’accroupir à sa hauteur, près du lit.

-T’es tu correct ?! S’inquiéta t-il, prit au dépourvu.

Il s’en voulait par dessus tout de gémir sa peine devant lui, mais il ordonna à ces lèvres tremblantes de honte de laisser échapper quelques mots pourtant ils étaient rauques et faibles.

-Répète, s’il te plait.

Avec effort, il consentit à redire les mots avec difficulté à sortir.

-Ramène-moi… chez nous… je t’en supplie !... j’veux pas l’être… j’veux pas… y’a tout gâché…

-Je comprends rien de ce que tu me dis, qu’est qui se passe ?

-J’veux pas… j’pourrais pas être ça… les autres non plus veulent pas… ramène-moi !... j’veux m’en aller !...

-Explique-moi clairement.

Il savait qu’il le connaissait pas du tout sauf qu’il n’avait pas la force de réfléchir pour le moment, donc il fit ce qui lui demandait avec un certain effort de ne pas sangloter.

-Mon père y m’a foutu ici à cause qu’il veut que je devienne scientifique pis que je ne voulais pas, y me trouvait trop fif à cause de… pis depuis que je suis petit, je me fais…

Il ne compléta pas sa phrase, il continuait de mettre toutes ses pensées sur la fenêtre. Stéphane tourna la tête vers celle-ci, un instant, et la finit à sa place en déterminer ce qui donnait la trouille au petit

-Intimider ? C’est ça ?

La seule réponse fut qu’un hochement de tête pris de tremblement.

-Aw, ça va aller, Dit-il doucement. Ça va bien aller, je suis ton coté, moi… ça va bien aller…

Il avait un énorme motton qui bloquait sa gorge, il resserra ses bras autour de ses jambes avec vigueur, il ne voulait pas qu’il s’en prenne à lui aussi pitoyable, il allait le faire pareil c’était certain.

-Tu mens. Personne ne m’aime, même pas mes parents.

-Dis pas ça. Brad, tu sais pourquoi j’suis icitte ?

-Non.

Stéphane approcha son visage près du sien tout blême, jusqu’à ce que Brad puisse entendre, avec précision, le bruissement de sa respiration, sentir la chaleur de son souffle.

-J’suis juste un mal-aimé comme toi.

Jusqu’à ce qu’il puisse toucher à ses lèvres avec les siennes.

Les deux gamins étaient semblables. Ils ne voulaient plus avoir dans leur champ de vision ce décor morbide, ressemblant comme deux gouttes à un véritable pénitencier, comme s’il avait commis un crime inconnu ou que leur innocente était à prouver. Tout les deux voulaient que s’évader de cette prison.



* Imaginez leurs uniformes comme vous voulez…
* Voici la raison pour que je déteste pratiquer toute forme de sport, par la faute des autres


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Lun 10 Oct à 19:44

Chapitre 03 : S’éloigner


Il avait totalement perdu le contact depuis, il me semblait complètement apathique, le regard vide, parlait peu, ne faisait aucun effort pour recommencer une autre vie. Mais je le comprenais, celle-ci était beaucoup trop ressemblante à l’ancienne pour avoir la force minimale de la laisser de cotée.

J’ai pensé que ça allait rentrer dans l’ordre pendant les vacances de noël mais ça n’empira jour après jour. Il dépérissait et rien ne affecter. On lui avait tout volé, il ne lui restait plus rien, que pouvait-il bien lui rester que cette enveloppe charnelle superflue. Sûrement pensait-il qu’il ne fallait s’en préoccuper de l’avenir prochain.

Et tout son moral y passait. Jamais je pu voir un sourire éveiller sa vie morbide. Jamais pu le voir heureux ne serait qu’un instant. C’était la chose qui m’intriquait le plus chez lui, pourquoi se refermait-il autant sur lui-même ?

Il restait continuellement avec lui-même, ne s’intégrait pas. Replié sur sa personne, sans que ça lui paraisse écrasant à la longue. Pour l’aider, je ne sais pas peut-être avais-je pitié de lui, je lui ai proposé de lui présenter des amis aussi mis de force dans cet endroit malsain. Aucun intérêt ne fut manifesté. Tout qu’il pouvait encore faire de rationnel était de resserrer un peu plus ces barrières, blindés un peu plus ces remparts.

Voilà un truc qui m’intriguait chez lui. Pourquoi je ne l’avais pas laissé de coté ? Qu’as t’ont bien pu lui faire pour en soit arrivé à être autant blessé moralement ? Est-ce pour ça qu’il ne semblait pas savoir où ça allait le mener ?

À noël, je me suis laisser croire qu’il aurait au moins trouvée une certaine neutralité avec tout ce bonheur qui émanait autour de lui mais c’était bêtise de penser ça quand on avait affaire à lui. Le seul signe de vie extérieure qu’il avait reçu, une simple carte de vœux préfabriquée, je l’avais retrouvé le soir, émiettée sur le sol. Pendant toute la journée, il s’était enfermé, en réclamant hystériquement qu’il voulait la paix.

Vint l’événement qu’il redoutait par dessus tout, sans doute. La reprise des cours en janvier et le double cours de chimie n’allait certainement pas l’aider à se calmer.

Il s’était figé de surprise en entrant dans le laboratoire, ayant manqué beaucoup de matière, et n’étant pas fait pour les sciences, il rata complètement l’expérience. Et le prof vint s’en mêler.

Il était venu se placer derrière lui en fixant ce qu’il avait raté d’un drôle d’œil.

-Spitfire ! Voulez-vous ben me dire ce que vous avez fait ?

Le principal concerné sursauta alors, pris de panique, en laissant l’éprouvette allée se fracasser sur le bureau, le liquide s’écoulant tout le long.

-Ah, je vois. Même pas capable de faire attention au matériel qu’on lui prête et ça se permet de squatter ici.

Il se figea sur place, son regard s’embruma reculant de présence.

-Vous aurez une retenue. Je ne tolère pas qu’on bousille son travail pour en être dispensé. Et ramassez-moi ça !

Le seul geste qu’il osa faire, c’est de se diriger vers la porte, en trombe, pour disparaître dans le couloir.

Je ne le revu qu’au dîner, un air blasé de devoir replonger de plus belle dans son état semi conscient, le cou rosé. Troublé de le laisser tout seul dans son coin, je vins m’asseoir près de lui en posant la plus banale des questions lorsqu’on en est au désespoir :

-Est-ce que ça va ?

-Hum hum, Fit-il.

Je fus convaincu qu’il en faisait trop pour garder ses sentiments emprisonnés dans sa cage thoracique. Alors qu’il ajouta d’un ton morne face au regard que je lui jetais :

-Ça va très bien, Stéphane.

Et il avait cette manie de se concentrer sur assiette comme s’il s’agissait du centre de l’univers, cette inquiétante façon de fixer sa fourchette.

-Brad, s’il a quel…

-Laisse tomber.

Et avant qu’il eu le temps d’approcher le bout en piquet de sa fourchette vers son bras, avant qui ne fasse cette gaffe, je l’entraînai, hors de la cafétéria, dans un couloir totalement dépeuplé.

Je ne lâchai pas son bras, en lui arrachant l’objet métallique de sa poigne, en disant presque idiotement :

-Ça serait tu possible de prendre rendez-vous avec le vrai toi, histoire que je le rencontre lui aussi ?!...

-Prend un numéro, alors.

Et il eut enfin ce sourire étincelant qui chassa tout le noir, qui récura tout le mal, un comme j’en avais souvent souhaité en voir. Le plus sincèrement possible, je le complimentai.

-Tu sais que t’es beau comme ça

-Non, pas vrai, Trancha t-il, le brillant de la figure s’estompa quelque peu.

-J’te jures.

-Mens pas.

-Je ne…

- Si tu dis la vérité, prouve-le-moi

Silence foudroyant qui pris tout son sens dans le regard de l’autre.

-Prouve-moi le que tu aimes bien, que tu vas pas me faire du mal.

Silence de mort. Chacun de ces mots me poignardait d’indulgence pour lui, de compassion pour ce qu’il avait devait endurer.

-Pis je vais te montrer ma vraie personnalité.

Silence à en avoir d’envie de le consoler à nouveau.

-Promis.

Silence à en crever à force d’être bourré de sens.

À peine il eut frôlé la peau sensible de son cou, sa main fut repoussée.

-Qu’est qui t’es fait ? M’exclama avec stupéfaction.

-Rien ! Fallait juste que je me retienne de parler.

-À l’avenir, fait pas ça, c’est malsain. Et je l’aime bien ta voix même j’ai juste envie de te la fermer.

Mais je finis par le faire taire. Il marmonna sa réponse ardente avec sa langue, même avec réserve. Comme ça, dans un couloir vide, se serrer timidement, sans qu’on ait peur de se faire surprendre.

Et pour le moment, ça lui passait très haut au dessus de la tête ce que cette histoire allaient ou nous mener. Et où elle commença.

-Franchement, je ne mens pas, t’es beau.

Le sourire regagna son visage, suppliant de recommencer. Ce n’était pas trop tôt.

Comment aurais-je pu refuser ce plaisir ?


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Mar 27 Déc à 21:03

Chapitre 4 : Désolé si je te porte dans mon cœur mais c'est tout


La neige blanchit encore plus la petite fenêtre du local, la tempête grondait dehors et nous deux, on était pris à l’intérieur faire du travail chiant pour une soirée qui aurait pu être au contraire confortable et agréable.

Personne de nous ne semblait vouloir le faire, particulièrement moi qui avais délaissé sa copie pour m’appuyer sur le bureau. Pour l’observer discrètement, un poids dans le ventre. Viré à l’envers.

Je me trouvais presque bizarre d’avoir envie de vouloir me coller contre lui, de retourné dans ses bras incertains. Je savais tout ce que ça impliquait, toutes les moqueries que ça impliquait, qu’il pourrait encore subir à cause de moi alors qu’il ne le méritait pas, je connaissais trop cet univers pour ne pas m’en inquiéter.

Je l’avais bien vu qu’je m’intéressais à lui, que j’étais devenu complètement imbécile en sa présence, cependant, le contraire était à prouver. Et j’avais peur de refaire les premiers pas, s’il me trouvait trop imposant, contrôlant ?!

Et je voulais pas l’être, trop baigné dans cela pour avoir peur de l’être à mon tour.


Trop simple peut-être pour comment savoir le dire de la bonne façon ?!

Assuré comme toujours, j’ouvre la bouche, prêt à lui dire. Pourtant, ce n’était pas si dur un simple…

-J’t’aime.


-Stéphane t’écoute ?

Me semblais aussi que c’était trop beau pour être vrai. Ça n’aurait pu se passer comme ça, qu’une illusion impossible à réaliser.

-Hein ? Quoi ?

L’abrutissement qui vit se planter dans ma figure, je le vis se tourner vers moi. Mais une pensée martelait mon esprit.

Moi et lui…

-Tu travailles pas ?

Moi et lui tout seul dans le local…

-Ça me tente pas de le faire ce travail là stupide…

Il eut un sourire compatissant

-Mais tu vas encore être dans le trouble quand le surveillant va revenir

-M’en fiche

La tête sur le bord d’exploser de questionnement, celle-ci alla se frapper sur le bureau pour tenter de les exproprier de son esprit mais la main de l’autre garçon l’en empêcha. Il me ramena au niveau normal, inquiet.

-Qu’est qui a ? Demanda t-il.

-Bof, Bafouillai-je maladroitement. Rien c’est juste que je…

Plus trop confiant, je me tus, mal à l’aise.

J‘pouvais pas, pouvais pas lui faire un coup pareil en lui imposant ma présence dans sa vie. La sienne était déjà assez tumultueuse comme ça, j’n’avais pas le droit d’y mettre plus de chaos. J’avais le cafard, pas le droit de lui faire ça.

-Que tu quoi ?

Mon cœur s’affola – comme si c’était le moment d’en faire des siennes – et se mit à vouloir cogner ma poitrine avec contraste. Une crainte de la négation qui se fait présente en moi, la gorge sèche. Le peu de courage qui me restait allait bien me servir, fallait que je lui dise.

Il me fixait, sans expression, en attendant ma réponse

-Ben, je pensais que si toi et moi on s’était… En fait, ce que j’essaye de te dire c’est que… même si peut te sembler imbécile… je t’aime pas en ami ?

Je tournai la tête par réflexe sur le coté pour éviter de voir sa réaction.

Mon regard se dirigea toujours malgré moi vers lui… ne pas le regarder… pas regarder… mais je ne pouvais que l’observer discrètement…

-Je sais pas si c’est normal… mais on dirait que moi aussi. Tu veux qu’on… sorte ensemble c’est ça ?

Le nombre de battements cardiaque semblaient dépasser la limite permise à cette révélation. Je retournai le regarder vraiment cette fois, le voyant avec un petit sourire aux lèvres, ravi.

-Euh… mouais, un peu … Tu veux ?

-Mais oui !


***

Il semblait rêver, succomber à un délice qu’on lui avait toujours refusé, même de voir que ça existait. Du plus loin qu’il pouvait se souvenir, le dégoût le plus total et profond que lui avaient transmis ces gens – qu’ils n’osaient même plus appeler ces parents – qui avait tout fait pour le priver de liberté. Avec leurs propos imbéciles. Ces propos qu’il avait contesté, qui l’avait emmené à pourrir dans cet endroit. Il avait toujours eu ce goût de révolte à la bouche quand il pensait, quand il savait qu’on voulait vivre à sa place.

Mais d’un autre coté, il était là, se remettant à peine de la perte de ses illusions. En le contemplait, il savait bien qu’il avait pire que lui dans ce lieu crétin, qui le poussait à s’injurier devant sa peine, braver les interdictions. Pour ça peut-être qu’il aimait bien, parce que, dans le fond, il était aussi fougueux et bouillant en dedans que désarmé à l’extérieur. Il ne savait pas encore ce qui avait perdu, ce qui le rendait incessible jusqu’à maintenant, mais il le saurait bien un jour.

Il savait que si on apprenait l’existence, il serait pratiquement exécuté sur le champ, même si aurait été avec une fille. Mais il s’en fichait, il avait déjà tout perdu de toute façon. Leur point de vue de lui n’importait pas. Il avait le droit de faire ce qui voulait avec qui il voulait. Pas leur désir de le voir travaillant toute sa vie qui allait l’importer.

Pour l’instant, il était juste bien avec lui. Tout ce qui comptait... jusqu’à temps que les problèmes les rattrapent.


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Mer 25 Jan à 22:15

Chapitre 5 : Tu vis ce que je vis*


Ce tandem de sentiments commence donc ici, 3 ans plus tard. Une petite amourette de jeunesse qui allait peu à peu rapidement muté en quelque chose qui brûlait en chacun des deux. Un sentiment lent d’autodestruction qui irradiait…


***


À ce moment, il se sentit totalement paralysé de toute part, une sensation anesthésiante. Son corps était pétrifié par l’air glacial.

Il tenta de trouver une source de chaleur mais le froid se retrouvait et il se senti envahi par les tremblements. Il jeta un coup d’œil à sa main, et la vit rougeâtre sous le claquement du vent et de la fonte de la… neige ?

Il venait enfin de réaliser qu’il était gémissait sur cette montagne de blanc, son corps qui en gelait, qui ne pourrait plus résister au changement de température visible.

Il pleuvait des rires autour de lui, mais il s’en foutait de mourir de froid maintenant… ça recommençait… ça recommençait…

Les larmes aux yeux, il eut un peu de remords pour son grand-père qui avait vécu la même chose. Pourtant, lui, avait un manteau et avait toujours mérité vu qui était salaud.

Il était en train de crever et il ne faisait rien, il restait planté là comme un beau con, mais le poids de la neige sur lui l’empêchait de bouger et les propriétaires des voix allaient sûrement l'interdire de faire ça en l’enfonçant plus profondément.

Il avait tellement froid, il était en train de se mortifier et son uniforme ne suffisait pas pour le réchauffer.

Il allait crever… crever dans une humiliation gênante, il ne souvenait pas trop comment, sa tête était tellement lourde…

Et moment de fermer les yeux, il entendit une voix de femme sévère qui greulait :

-Arrêtez immédiatement !!

Crever…


***


Hummmmm… de la chaleur…

-Vous avez de la chance, vous étiez en train de faire une grosse crise d’hypothermie, M. Spitfire ! Qu’est qui leur a pris de faire ça ? Lui demanda la femme.

Frissonnant même sous ce gros tas de couvertures, il dit d’une voix chevrotante à la surveillante :

-Rien... je sais pas… tout le monde va recommencer comme à mon autre école de toute façon je veux pas je suis tanné

-Voyons, on est pas comme là bas

Dans sa tête il pensa, sarcastique ’’oui et ici c’est peut-être pire’’… Dans la réalité :

-Je sais mais partout ou je vais, personne ne m’aime...

-Ne dis pas ça, c’est pas vrai !

Il baissa la tête en disant tristement :

-Ouais, ça l’ait, madame.

Ben, oui quelqu’un l’aimait à part lui. En plus, il ne savait pas justement pas comment il faisait pour le supporter, s’il ne s’en faisait que pour lui que par cette pitié blessante qui manifestait. Il fut accommodé d’un certain malaise qui se propagea dans son ventre qui devint serré d’émotion.

Mais à chaque fois qui était avec lui, il avait ce doute, cette peur qu’on le découvre, qu’on réalise cette passion qui brûlait en lui comme si s’était un jeu dangereux dans cet endroit, ce secret s’animait le faisait sentir vivant. Pourquoi sentait-il aussi anxieux à cette hypothèse imbécile qui se servait de lui? Mais au fond, il était toujours avec lui, même si on ne se souciait pas de lui, même s’il disparaîtrait on ne le remarquerait même pas.

La madame le regarda se retourner sur le coté, la mine dépité avec un peu de compassion :

-Ils recommenceront pas ok?

-D’accord

Mais il savait que ça allait arriver de toute façon.

Elle quitta la pièce en lui disant de bien prendre soin de lui, en le laissant seul avec tout le poids de son exclusion sur les épaules.


***


Il essayait de dormi au courant de l’après-midi, fermant à peine l’œil mais une tempête de reproches s’abattit derrière lui, quelques mètres plus loin alors qui le tira de son demi sommeil, à un certain moment.

-…entendu ce que vous avez fait ! Pas fort !

La voix de Stéphane se fit entendre dans le dortoir alors que la porte s’ouvrit derrière.

-Come on, tu sais plus t’amuser maintenant, Steph ?!

Il se figea dans son lit alors, en faisant semblant de dormir pour éviter d’attirer l’attention de leurs regards.

L’ami de Stéphane rétorqua, stupidement.

-Non ! C’pas un jeu ça, c’est causer du tort !

-C’est l’fun dans ça !

-T’es vraiment imbécile toi!

Ne pas écouter, ne pas écouter, dormir à la place, réellement…

-Bon… Qu’est que j’ai fait de si terrible?

Mais en quelque part, il ne pouvait qu’écouter la conversation irriter. Elle portait bien sur lui, non?

-Y est pas comme les autres, dis toi ça, ok !

-Quoi... T’es complètement débile !

Ne pas écouter… ne pas écouter… mais c’était trop tentant pour ne pas le faire…

-Non, tu comprends pas, arrête de l’écœurer! C’est qui en a comme… vécu assez…

-Pis ça ?!

-Y est fragile !

Fragile… Il parlait de lui comme s’il serait un bibelot pouvant casser à rien. Était-il vraiment comme ça ?!

Il fut sûr que Stéphane jeta un coup d’œil en sa direction pour s’assurer qu’il dormait profondément avant de continuer :

-Y mérite pas être la cible de personne comme toi, facque essaye de penser aux conneries que tu fais avant des faire !

-‘Fais ce que je veux

-EH, quand tu vas le revoir, je veux que tu t’excuses !

Oh non, pas encore des excuses préfabriquées et fausses… il n’en voulait tellement pas…

Il savait pas ce qui était en train de faire.

- Mêle-toi de tes affaires! Tu te prends pour qui ?

-Son c… ami! Pis j’aimerai ça que tu le connaisses avant de le juger!!

- Sacre-moi donc la paix, Steph!

-Ben c’est ça, venge toi sur moé, ça me dérange pas! Mais pas sur lui!! Tu vas t’excuser, maudit!

Il ne se passa plus rien et une porte claqua, Brad ferma des yeux en sursautant. Mais le jeune garçon sembla bien soulagé que cette attention trop évidente sur lui était terminée et se calla mieux contre l’oreiller pour enfin dormir.

Il entendit un froissement de papier, un tiroir claquer, puis un bruit de ressors rouillés de lit près de lui.

Il se retourna discrètement, il vit Stéphane recroqueviller, ne faisant aucun autre bruit. Il s’aperçu qui se berçait lui-même, resserrant ses mains sur son ventre pour contenir sa hargne mais il ne semble que ce n’était pas la chicane qui l’avait mis dans cet état. Il prenait de grandes et profondes respirations pour tenter de se relaxer mais cela ne semblait pas marché.

Discrètement, il se leva vers son lit, en disant incertain :

-J’ai entendu ce que vous avez dit…

Surpris, il tourna la tête, en le regardant sans ciller.

-… Et t’étais pas obligé de me défendre, je suis habitué à toutes ces moqueries. Rajouta t-il en baissant la tête.

-Ben non ! J’aime pas ça qu’on traître de la sorte! Expliqua Stéphane, en se calmant un peu. Tantôt quand on s’est vanté de ça à moi, j’ai failli varger dans le mur tellement j’étais fru après eux ! Ça se fait pas des choses comme ça !

-Ils le font ben avec moi, Dit-il, honteux.

-Mais…

-Arrête s’te plait !

Rapidement, il se chargea de diriger la conversation ailleurs.

-Qu’est que t’as ?

Il ne répondit pas tout de suite, en ayant besoin de se faire rassurer, il l’attira vers lui, le serrant un bon coup dans ses bras. Puis, en s’éloignant un peu pour enfin dire tristement :

-Il veut encore tout détruire…

-Qui ça ?! Demanda t-il, étonné.



*eh, eh, oui oui ce que j’écoutais :p donc ça m’appartient pas…


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Ven 17 Fév à 0:23

Chapitre 6 : Tout détruire pour un rien


Stéphane, toujours contre lui, raconta alors que son beau père lui avait écrit – ’’Tout pour pas venir ici pis me voir’’, Avait t-il dit, amer. - en s’inquiétant de sa situation scolaire. Pour remédier à cette situation, il l’avait mis sous surveillance par ses professeurs sinon il allait subir la punition du siècle si le pensionnat n’avait pas fonctionné avec lui. Et cela semblait très loin et très très déplaisant en perspective.

Bizarrement, il lui avait dit ça d’une façon très détachée. Brad ne savait pas quoi lui pour le réconforter, ne sachant pratiquement rien sur sa famille, à par cette haine qui manifestait à chaque évocation.

Intrigué encore une fois par cette attitude, il demanda avec timidité :

-Qu’est qui te feraient, tu penses ?

-J’sais pas et je veux pas le savoir… Rétorqua t-il, en roulant des yeux.

C’est vrai, on ne l’entendait jamais de sa famille, même pour en parler en mal. Mais quand on voulait en parler, il rejetait le sujet en disant qui ne voulait pas en parler.

-Si pire que ça ?!

-Y ont… comme pas de limites à vouloir me faire souffrir

-Intentionnellement ? S’étonna t-il.

-C’est presque comme ça…

Il devint silencieux en le laissant incertain de pouvoir le consoler comme il se doit. Il voudrait tellement lui faire sécher la larme de rage qui naissait au coin de son œil, lui montrer qui était là pour l’aider et le protéger.

Mais il ne résignait pas à faire d’autre chose que le regarder, sincèrement accablé par ce que qui voyait, à fixer comme il retenait ce qui l’habitait. Il se sentait imbécile, impuissant, inutile devant sa douleur réservée.

-Je m’en veux.

-Quoi? S’exclama Stéphane, en essuyant, d’une main, les quelques gouttelettes qui avaient roulés sur ses joues.

-T’as rien à voir là dedans, fais toi en pas pour ça… pour moi… c’est juste les nerfs…

-Ça me fait mal, je peux pas rien faire pour toi, t’es sûr ? Dit-il d’une voix suppliante.

-Non, du tout… mais ça va aller…

Inconvaincu, il avait le regard piteux.

-J’veux pas que t’ailles de la peine pour moi, Brad…

-Parce que je t’aime aussi!

-Ah ça, je le sais… moi aussi…

Il déposa un baiser sur son front et en lui caressant les cheveux. Un petit sourire


***


-J’m’excuse… pour ce que j’ai… bon, tu vois…

Brad échappa sa cuillère dans son bol de céréales, saisi par la vexation. Il avait osé, simplement pour le descendre encore plus bas.

Un dégoût mordant lui traverser le corps, ces mots qui parvenir aux oreilles avec aigreur sans valeur affective. Sans aucune trace de vérité. Des mots lâchés comme ça, inutiles et douloureux pour lui.

Bien sûr, il l’avait dévisagé avec défiance. Il se retenait pour ne pas avoir la paix et plein de regrets, en l’excusant.

-Fait chier, tu peux comprendre. Marmonna t-il.

Il se retenait de crier toute sa rage. Qu’il ne savait pas ce que c’était triste de revivre des années plus tard le même calvaire qui arrivait à peine à effacer de sa mémoire, qui était immature et stupide d’avoir fait ça, comment il se sentait mal de ce qui lui avait fait.

-Fais-moi pas passer pour un cave comme t’es…

Mais l’indifférence trônait sur son visage, Brad se réfugiait derrière sa fidèle barrière mentale pour éviter de flancher et lui sauter en pleine face. Rien que pour la sensation de se venger de reprendre le dessus sur lui, de lui montrer ce c’était de se faire attaquer pour aucune raison précise.

-Arrête, t’es pathétique.

Il s'accouda sur la table, en lui jetant d’un ton cassant :

-Tu vas voir si je le suis autant que tu dis…

Voyant que ça ne menait plus nulle part, il quitta la table, un rictus aux lèvres. Lui, il baissa le regard, un poids dans le ventre. Déserté de toute émotion.


***


Jonathan, lui, avait traversé la cafétéria discrètement pour ne pas se faire remarquer des surveillants et se diriger vers une table ou une brunette était entourée d’un tas d’amies, en pleine discussion qui semblait gloussante.

-Eh Corine ! Steph avait raison finalement, y est une cible vraiment trop bonne…

Elle se tourna vers lui et eut un sourire pernicieux, en haussant les sourcils d’étonnement. Cette nouvelle semblait bien faire son bonheur comme si la jeune fille avait su qui était manipulable à souhait.

Mais pour s’en assurer, elle demanda :

-T’es sérieux, Jonathan ?

-Tellement… Tsé, je suis allé ’’m’excuser’’ pis y avait l’air de tout gober comme un cave ! Ça va être trop facile pour toi!

-Ah je t’adore, toi !!!

Elle lui sauta dans les bras, à la limite d’être hystérique de joie, pour le remercier.

Ce que ça allait être passionnant d’avoir un autre garçon dans ces bras pour lui tenir plus que compagnie, un garçon qu’elle aimerait plus que tout.


***


Moi, je vivais mal tout ça. J’avais failli exploser quand je ne voulais pas. Je voulais pas le confronter à ça. Il fallait que je sorte de cette emprise au plus vite. Je me débarrasse de cette situation embêtante.

La lettre chiffonnée qui avait atterrie dans ma poubelle me donnait cette conviction. Quitte à tout pour les empêcher de contrôler encore ma vie. Ils avaient fait semblant depuis tout ce temps, ils avaient fait des fausses représentations d’eux pour que je ne m’en rappelle plus. Mais c’est aussi présent dans mon esprit, ça ils ne le savaient pas… Ils ne me piégeront pas.


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Dim 26 Fév à 1:01

Chapitre 7 : Affliger de la barrière du vent


La concentration accrue sur Stéphane commença alors très vite et les professeurs sans trop se faire voir agissaient assez différemment avec lui. Lui posait des questions voyant qui n’écoutaient plus ou moins, surveillant sobrement ses moindres de gestes en classe, qui notait sa fréquentation à la salle d’étude, et bien d’autres gestes assez gênant. Mais sans s’exacerber pour l’instant, il tenait le coup.

C’était vraiment ahurissant comme le brun restait imperturbable, fixant la fenêtre barrée pour essayer de se déconnecter de la classe quand ils faisaient cela. Il ne laissait rien paraître de sa désapprobation de ces rapports sur lui transmis à ses parents.

Mais c’est lorsqu’en salle d’étude ça été trop loin que son coté bouillant est ressorti d’un seul coup.

Il avait travaillé tout seul, cette période-là, et lorsqu’il eut achevé ses travaux, il prit un cahier à spirale pour griffonner dedans une lettre de reproches à ses parents en guise de réponse, attendant la cloche.


… Vous savez, ne vous faites pas de faux espoir à mon sujet. Je suis pas comme vous le souhaiter et ça vous dérange. Je ne veux pas l’être. Compreniez-vous que je le saurai jamais ?! Pourquoi ça fait autant d’années que vous ne m’écouter pas ?!...


Ainsi, la professeure, qui surveillait la pièce s’était approché du jeune garçon, l’air soupçonneux.

-M. Dubois, vous ne travaillez plus ? Demanda t-il, assez hautain.

Il se força à prendre un ton à la fois poli et mielleux, en même temps qui camouflait de la main ce qui était en train d’écrire :

-Nooon, j’ai fini, figurez-vous.

-Je pourrai savoir ce que vous faites à la place de vous concentrez sur votre travail scolaire ?!


…. Je veux pas être studieux. Je veux pas devenir sérieux et insipide. Je veux pas devenir adulte. Je voudrais rester jeune. M’amusé, essayer d’être libre, retrouver ce que vous m’avez enlevé…


Mme Bélanger tendit la main vers le cahier de Stéphane pour le prendre. Celui-ci, plus vite, le saisit et le protégea contre sa poitrine. D’une façon alternée entre la peur et la rage, il bafouilla :

-Touchez pas à ça… vous… n’avez pas le droit… de lire… c’est personnel, c’est… mes affaires…

La prof le regarda sévèrement, certaine qui lui cachaient des choses.

S’imaginait-elle sérieusement que ce qui écrivait étaient des tactiques de rébellion contre ses parents – déjà fait de toute façon… - ou des plans pour le mettre encore dans le trouble ? Songea Brad, en regard Stéphane qui perdait ses couleurs à coter de lui. Pensait-elle qui pourrait vraiment écrire ce genre de choses quand il était entouré de témoins ?

Inébranlable, elle le redit avec clarté :

- Montez-moi ça, Dubois.

-Non vous… pouvez pas me forcer.

-Oui, j’ai autorité sur vous, dois-je vous rappelez! À moins que vous voulez que je vous punisse encore ? Jusqu’à ce que vous me l’aurait donnez bien sûr. Ça va de soit.


… C’est sûr, c’est vraiment dur d’y arriver, beaucoup de volonté et d’entêtement pour si peu de résultats. Je sais tout de même que je suis capable d’atteindre cela. Puis aussi la possibilité de défaire les liens qui me retiennent de force à vous. Vous ne vous ne pouvez pas m’arrêter ou les resserrer d’avantage….


Tenant toujours l’objet contre lui, il refusait toujours. Il se demandait simplement à quel moment il devait quitter la salle parce qu’il en avait assez de cette scène. Et la crainte se lisait dans son visage, brillait dans ses yeux, c’était, pour lui, inacceptable qu’on puisse faire un tel geste, surtout pour tout aller bavasser à ses parents. C’en était trop de cette surveillance à la con.

La professeur insista encore pour l’avoir encore une fois. L’impatience montait dans sa voix.

-Donnez-moi ce cahier!!

Il se décida alors de prendre ses affaires, de les mettre rapidement dans son sac et de s’en aller. La main de Mme Bélanger se referma sur l’épaule de Stéphane, pour le retenir. Il se dit alors que la méthode force était de mise pour lui. La seule raison pourquoi il résistait encore à la tentation de lui donner un bon coup, c’était que cette violation de la vie privée tombe dans les mains de ses parents avant qui l’ait envoyé.

-Non.

-Dubois !!

Stéphane s’éloigna, en se défaisait de la main du prof, quittant la pièce comme un ouragan.


***


Bien sûr, comme de raison, il s’était retrouvé devant l’imbécile de directeur, M. Morin. La tête soutenue par la paume de sa main, accoté sur l’appui-bras de la chaise, lui, il devait encore se taper les longs et répétitifs discours. Sur son comportement honteux, désagréable, qui devait se reprendre en main, qui n’avait pas à contredire ses professeurs…


… Peu importe ce que vous pourriez faire pour me garder près de vous, c’est perdu. J’aurai toujours un moyen pour être indépendant. Parlez comme vous voudrai, je serai sourd, je me boucherai les oreilles jusqu’à couvrir le bruit ambiant. Faites ce que vous voudrez, je serai impassible à tous vos gestes….


-Faudra vous améliorer, Continua le gros directeur qui semblait radoter depuis des heures aux yeux du garçon qui se forçait de pas s’endormir d’ennui. Votre situation va vous nuire plus tard, faut y remédier dès maintenant avant que ça vous cause bien du tort ! Aussi…

Le sermon torture s’étira et s’étira pendant des minutes entières avant qui puisse quitter la pièce dans un soupir de soulagement, s’en tirant avec un simple avertissement et des lignes à copier. Pas besoin de dire qui était rassuré de savoir qui n’avait pas voulu voir le cahier.


***


…Mais ce qui me fait peur, c’est mon corps. Qui je suis. J’ai la frousse, j’ai juste le goût de partir à brailler quand je le sens, qui veux pousser, qui veut grandir, quand je sais que ma peau et mes os veulent encore s'allonger. Qu’est qui arrivera quand je me retrouverais ado dans un corps d’adulte ? Est que le psychologique va suivre ? Est que mon esprit va être pris par la mentalité sérieuse et fade ?...


-Puis ?! Qu’est qui t’a fait ?!

Il fondit vers lui dès qui le vit, un peu plus tard dans la soirée, la salle collective des garçons.

-Rien de grave, Assura t-il, en lui expliquant la situation.

-Ok, une chance… S’exclamant-il. Criss qu’elle m’a fait peur!

-J’sais, comme moi !

Stéphane avait voulu le serrer pour être certain qui était apaisé et qu’il en s’en faisait plus pour lui mais il savait que ça serait mal vu devant autant de monde. Il devait se retenir, comme toujours.

-Tu ferais mieux d’être prudent si…

Cette phrase le calma instantanément de ses ardeurs d’affections. En émettant un soupir, il dit, énervé :

-Ah non !! Pas toi avec ! J’en ai marre des discours sur le comportement pour à soir...

-Non, je m’en fous de comment tu agis. T’as eu raison, vraiment. Je veux dire, prends des moyens pour pas que ils retombent là-dessus. Pour pas que tes parents sachent. Cache-le, euh, je sais pas…

-Mais si je le fais… t’es même pas curieux de savoir ce que c’était ? Dit-il avec un sourire croche qui s’étala largement.

Lui, il prit un air angélique – mmm, résister encore… pensa Stéphane à cela, refaisait une rechute d’envies –

-Du tout !

-Ok, je vais le déchirer, je leur laisse une dernière chance avant de leur envoyer une vraie lettre.

-C’était pour eux en plus ? S’étonna l’autre. Mais si elle l’aurait vu…

-Je voulais juste que ça vienne de moi, pas de n’importe quelle personne

-Ah… je sens que s’ils lisent un jour, ils vont en manger une maudite de ta part.

-Ouin pas mal ça, approuva t-il. Arrête… de me regarder comme ça… aye… tu sais que je vais craquer et faire une gaffe, moi…

Brad continua à le fixer, assez pensif, souriant hargneusement à des situations de vengeance futures qui semblait bien l’amuser.

-Moi aussi, j’aimerai bien leur régler leur compte, une fois pour toute, aux miens aussi.

Stéphane éclata de rire, en l’avertissant en blague, pour lui faire fictivement peur :

-Attention !! Parait que j’ai une mauvaise influence !

-M’en fiche complètement de ça!

Mais dans le fond, Stéphane le pensait vraiment. Mais il cachait à merveille son malheur derrière la grimace qui lui fit.

Lui, il ouvrit la bouche pour lui répondre à son geste mais fut coupé par le surveillant gueula :

-Les gars ! Couvre-feu !! Chacun dans son dortoir, immédiatement
!!


…J’ai peur. J’ai presque honte d’être avec lui, de l’embrasser, de le toucher à la limite. Vous avez compris ma différence, encore une de vos nombreuses raison de m’haïr. Ce que je suis en train de vous apprendre vous en donnera, une autre, ça je le sais. Et je sais pourquoi qu’il ne me mérite pas… il est si bien, moi si moche… Je me sens évidé, écorché vif du tort que je suis en train de lui faire subir ? Il ne peut pas être avec une personne qui ne s’aime pas et qui ne s’accepte, comme si je déteindrai sur lui. Je me sens pleins de regrets. Son cas à lui va empirer. C’est pourtant un garçon si formidable, je suis pas à sa hauteur...


Une fois garantit que les autres garçons du dortoir dormaient bien, une heure ou deux heures plus tard, il vit se coucher près de lui le cahier dans les mains.

Il prit soin, devant ses yeux, de déchirer feuilles par feuilles, morceaux par morceaux, le cahier. Personne ne devait le reconstituer. Il alla les jeter dans la petite poubelle au centre de la pièce et retourna sur le lit sans faire de bruit.

Brad le pris dans ses bras en le félicitant, à voix basse, de son geste. Il rougit un peu, en l’embrassant doucement. Il finit par s’endormir dans ses bras, oubliant sa honte d’être contre lui, au moins il était bien dans cette position et il ne voyait pas sa gêne.

Mais les mots déchirés lettres par lettres ou presque était toujours là pour former dans la poubelle la lettre que personne ne lirait jamais.


…Je me trouve idiot de vous dire tout ça. Je déteste qui je suis, quand je veux pas lui montrer le monstre dangereux qui sommeille en moi. Il doit pas le connaître. Jamais. Faut pas….


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Sam 4 Mar à 19:17

Chapitre 8 : Si simple pour se faire enterrer


Tôt au matin, lorsque le soleil matinal pénétrait faiblement dans le dortoir, Brad se réveilla, encore dans les vapes du sommeil, les yeux qui fermaient encore. Il sentit un poids contre sa poitrine, dans sa position inconfortable, et reconnut Stéphane.

Ses yeux s’illuminèrent et son cœur s’emballa d’amour en le voyant si paisible et ravi d’être contre lui, enfoui dans son sommeil. Il le voyait si beau souvent, semblait vraiment heureux pour une fois.

Lui aussi était si bien mais son corps commençait à l’être écrasé. Il le prit dans ses bras pour le recoucher sur le lit et déposait un baiser sur son front. Brad, lui, s’assit sur le bord di matelas pour s’étirer ses bras engourdis.

Il se frotta les yeux pour mieux y voir et commença à revêtir son uniforme. Il se demanda pourquoi il avait ce drôle de pressentiment au ventre, comme une sensation que cette journée agréable allait se terminer en infortune totale, lorsqu’il noua sa cravate. Il essaya de se rassurer en se disant qu’il pouvait bien se tromper mais ça ne fit que faire croître son incertitude.

Il regarda une dernière fois son amoureux dormir, pressé contre l’oreiller et souriait à sa vue. Puis, silencieusement, il quitta le dortoir, faisait le moins de bruit possible pour ne pas réveiller les autres garçons. Brad descendit jusqu’au rez-de- chaussée.

Pour une raison qui lui échappait, le solitaire qu’il était n’avait pas le goût de voir personne, ce samedi-là. Même si tôt il n’aurait que quelques personnes debout tout au plus, il n’avait aucune envie de se faire narguer aujourd’hui. Il se dirigea vers la cour, ayant besoin d’une bonne marche.

Pris d’un vertige de sa veille frayeur, il se dépêcha de traverser la partie asphaltée pour se rendre dans sur le gazon et sur le petit sentier du parc derrière l’établissement.

C’était assez étrange d’être heureux, pour lui, dans un endroit pareil mais ça lui arrivait tellement rarement que c’était bête de vouloir gâcher ce moment en pensant à ça.

Brad fini par se laisser tomber sur herbe humide due à la rosée, sous l’ombre. Il se coucha sur le ventre, en regardant le ciel avec un sourire permanent.

Il se relaxa, se sentant léger et flottant pour aucune raison, n’étendant que le bruit de la petite nature autour et sa respiration calme. Il se sentait si bien de voir une belle journée pour une fois sans tous les changements majeurs.

Les minutes passèrent doucement, emmenant un soleil plus plombant qui l’éblouissait, il se retourna sur le coté pour épargner sa vue de trop de lumière aveuglante.

Il soupira, complètement zen, trouvant sa solitude si duveteuse.


***


-Vraiment trop la chienne, on dirait que je vais être malade… je ne peux pas croire que c’est aujourd’hui…

Quelques heures plus tard, l’adolescente se préparait à aller tout révéler dans son dortoir. L’estomac noué par la nervosité, Corine attacha avec une agitation visible ses cheveux en queue de cheveux en regardant le reflet de sa meilleure amie. Son regard demandant du réconfort de sa part.

-Et si ça ne marchais pas ?! S’inquiéta t-elle, alors. S’il voulait pas être avec moi ?! Et que…

-Calme-toi, Cori’, Rassura Aurélia. Je suis certaine qui va te tomber direct dans les bras !

-Tu… Tu penses ?

-Ouais. Il serait incapable de te résister. Ça va bien se passer, tout va bien aller.

Elle lui fit un clin d’œil complice en lui souriant.

-Si tu le dis… Dit Corine, incertaine. Bon, euh, je suis correcte comme ça?!

-Ouais, super.

-Ok, j’y vais…. Pppfff…

-Bonne chance ! Lui lança Aurélia, d’un ton encourageant.

-Merci, je vais en avoir besoin de chance…


***


Brad n’avait presque pas bougé de là, il était allé que rapidement se chercher quelque chose à manger, ayant très faim et un livre. Il entendait au loin des personnes mais il ne s’en faisait pas d’être dérangé par eux. Il ne voulait pas plus gâcher ce moment en se préoccupant d’eux.

Plongé dans le monde de son roman qui le tenait en haleine depuis 2 chapitres, le jeune garçon avait presque plus conscience de ce qui l’entourait. Tellement il avait hâte de découvrir le dénouement de l’histoire entraînante et était concentré, pour cela qu’il fit un grand sursaut au simple :

-Allo !

Il fut alors à essayer de rattraper son bouquin pour ne pas perdre sa page, son corps qui s’affola dut à la surprise. Il se retrouva vers la propriétaire de la voix, qui étrangement ne connaissait pas du tout.

Elle s’était assise à coté de lui, en lui souriant, ses jambes serrés l’un contre l’autre puisqu’elle portait une jupe.

-Ah, excuse ! Dit-elle, navrée. Je voulais vraiment pas te faire peur…

-C’est correct, Dit-il en lui rendant son sourire pour la soulager. Qu’est que tu veux ?!

Elle s’empourpra en lui répondant de tout le sang-froid qu’elle pouvait ramasser en ce moment embarrassant.

-Je sais que on s’est jamais parlés ni même on se connaît pas à la limite mais… j’en sais vraiment beaucoup sur les autres et disons que depuis un bout, tu m’intéresse… si tu vois ou je veux en venir là… Ajouta Corine, gênée.

Oh oui, il savait très bien et se demanda vraiment comment réagir devant cette déclaration.

Une fille qui lui demanda cela pour la première fois et lui en pauvre idiot, il devait refuser de tout façon. Il ne les aimait qu’en ami, et même déjà qui en voyant presque aucune à cause de la séparation des sexes du collège.

Il ne trouva pas ce qui fallait pour l’exprimer, comment lui dire sans lui faire trop de mal qu’il était déjà en couple, qu’il ne pourrait jamais l’aimer. Surtout que dire qu’il était pris équivalait à un interrogatoire complet de sa part pour savoir avec qui.

Il la fixa, un peu perturbé, bafouilla quelques mots sans sens.

-Ah…. Oui… mais c’est que je…

-Tu quoi ?!

Et d’un autre coté, il ne voulait pas les vendre, lui et Stéphane. S’imaginer comment les autres pourraient utiliser ça pour lui faire encore plus de mal le terrorisait. Un autre calvaire à endurer si divulguait ça et en plus, il le partagerait. Non, il devait pas dire qu’il était gay.

-Je… sais pas vraiment… ça me surprends là… Je m’y attendais pas.

Elle le regarda déjà un peu déçue :

-Ouin, j’comprends. Tu veux rien savoir…

-J’ai pas dit ça, Répliqua t-il, tourmenté.

Brad, impuissant et craintif dut inventer quelque chose qui comme à son éternelle habitude allait se terminer en désastre.

-Écoute… je… je veux bien essayer avec toi, juste le temps qu’on se connaisse mieux… après on verra, ok ?!

Il se trouvait trop idiot de faire ça mais il pourrait toujours se débarrasser d’elle plus tard, sans problèmes.

-D’accord ! Mais moi, je t’aime déjà beaucoup, donc…

Elle était vraiment béate de son approbation. Il se força à adopter une attitude moindrement joyeuse. Il regarda le gazon, un moment, un faux sourire aux lèvres, en répondant pas, les laissant dans un long silence.

Et avec un geste d’emportement de la jeune fille, au moment ou il prit son roman pour se replonger dedans, il se retrouva plaqué sur le sol, enlacé contre Corine, ses lèvres contres les siennes.

Il se mit à paniquer littéralement alors, ne sachant pas comment se sortir de ce baiser sauvage, de cette situation avilissante, tellement humiliante. Il n’osa même pas se détacher pour jouer le jeu convenablement.

Brad savait bien que cette journée allait se finir mal et son pressentiment s’était avéré trop vrai. Et sa montre n’indiquait que 11 : 25…

Et la première chose qui lui vint à l’esprit fut :

Stéphane… Stéphane va me tuer… Qu’est que je suis en train de faire moi…


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Mar 21 Mar à 22:28

Chapitre 9 : Regretter d’y avoir cru


À l’heure du dîner, Brad s’était rendu dans les toilettes, avec urgence, pour avoir un endroit ou s’affoler en paix. Tellement son estomac était contracté qui avait l’impression d’être malade. Tellement, jusqu’aux tripes pour tenter de se vider de cette sensation de strangulation dans sa gorgée liée d’angoisse et pratiquement nauséeuse. Un nœud serré dans celle-ci.

Il resta replié contre lui-même, assis sur la cuvette. Il fixa la porte du cabinet ou il s’était réfugié, le regard vide, une expression d’effroi.

Il ne savait pas beaucoup pourquoi ce drôle d’impression d’avoir embrasser une fille le rendait encore plus bizarre que s’il aurait trompé avec un garçon.

Le pire, c’est qu’il l’aimait autant, plus que tout. Il se sentait si bien, accepter et tolérer, vivant véritablement avec lui. Stéphane était peut-être la seule chose qui lui permettait de supporter son internement ici.

Mais à cause de cela, il avait l’impression de cracher sur tout ça, vulgairement.

Il ne savait pas ce qui ce qui ferait si devait le perdre, renoncer à son amour. Ou qu’est qui ce serait passer s’il ne l’aurait pas eut dans sa vie. Peut-être qu’il serait encore plus à terre, écrasé, face contre sol du cinquième sous-sol de la dépression.

Et Brad se demanda aussi comme il allait lui apprendre, garder ce secret équivalait un peu à mourir à petits feux avec ça sur la conscience.

Il n’était pas très sûr comment que Stéphane allait réagir, ça l’apeurait de devoir la subir. Tout ce qui aurait humiliant et aurais l’impression de se sentir crasseux et sale. Peut-être aurait-il de la peine ?!

Tout le sens du mot salaud qui se déversait dans ses veines à cette hypothèse. De lui avoir porter un signe de ressentiment irréfléchi et déshonorant. Il était pris d’une répugnance atroce pour lui-même, détestant chacun de ses traits.

Ça le rendait si désespéré de penser que maintenant, il ne pourrait plus être en sa présence sans éprouver de remords. Le regarder dans les yeux sans se sentir le dégoût qui refluait. Il se sentait mal d’avoir commit cette trahison.


Il l’avait évité bien le reste de la journée, restant embarré dans les toilettes. Mais il savait bien que ça n’allait pas durer éternellement et qui ne pouvait pas le fuir tout le temps.

En sortant de là, les yeux rougis, rougis de tout ce qui avait pu verser d’inquiétude, Brad tomba sur lui, en descendant au premier étage, dans l’escalier. Il était assis, appuyé contre le mur, l’air songeur.

Se sentant un peu malpoli de passer devant lui en l’ignorant encore et il vint, pour se rattraper.

-Salut, dit-il, timidement. Drôle d’endroit !

Stéphane tourna la tête en sa direction tandis que Brad vint se coller près de lui après s’être assuré qui avait personne autour.

-Allo…

Il regarda un instant ses pieds avant de répliquer, moqueusement, en lui tirant la langue :

-Bah, au moins, n’y a personne à part toi qui m’a déranger, ici.

-Ouais, c’est vrai. Répondit Brad avec un faible sourire.

Un silence facile de mutisme s’installa, un instant rebutant pour Brad, puis il finit par le briser, assez tourmenté.

-Stéphane, je…, Murmura t-il, du bout des lèvres.

-Hummm ?

-Je sais pas trop comment te l’annoncer sans que… que… ben m’a essayé du mieux que je peux et… c’est ça.

-De quoi ?!

-Pose pas de questions, Dit-il, implorant. Si… si tu m’arrêtes, je sais pas si je vais être… capable… de continuer…

-D’accord, je me tais. Promit son amoureux.

Le principal intéressé de cette confidence ne dit plus un mot par la suite et le fixa avec vigilance, sincère, signe qu’il l’écoutait.

Puis, la bouche sèche et pâteuse, il sortit des murmures assez discernables pour qui puisse à peine les entendre. Des mots qui lui pesaient, qui étaient cinglants à dire.

-Quand… quand j’t’étais plus jeune… j’avais une vraie grande passion… a me permettait d’oublier tout mes problèmes, de faire exprimer des choses par le langage corporel sans aucunes paroles, me laisse de coté pour prendre la peau de quelqu’un d’autre… j’adorais ça, j’avais un but dans la vie mais…

Il reprit son souffle, le souvenir suivant lui faisait encore si mal, la raison de tout cette médiocre expédition sans de retour crédibles.

-…. Mais… ils ont tout gâchés… c’était … trop… fé … minin… pour eux, c’était… … f…if… Bref, interdit de mes parents de faire quelque chose comme… ça… à cause de la prof, par accident, ils l’ont appris quand elle a appelé chez nous pour savoir s’ils allaient venir voir la prestation ’’leur petit prodige’’… Ça été la crise, j’étais tellement désespéré. Après, mon père m’a totalement interdis d’en refaire pis pour être sûr que je sois puni comme je le mérite. C'est-à-dire, en m’enlevant tout ce qui me tenait à cœur. J’ai jamais pu faire le show… Tu connais la suite, bien sûr…

Brad prit une autre courte pause. Des mains tremblantes, agitées d’un tel trouble et de regrets virulents, s’agrippèrent à sa taille pour être sûr qui allait rester en place et ne pas ficher le camp. Il caressa un peu ses hanches, doucement.

-C’est pas là que je veux en venir pourtant… Tu le sais pas sauf que,…

Il lui pris la main et le fit lever sur la marche, le serrant toujours contre lui de l’autre.

-… ce qui est bien, c’est que dans le ballet, c’est la fougue, c’est la exaltation qui nous tient. On danse, on danse, il a une passion qui nous anime, on en brûle. On peut presque pas s’arrêter, jusqu’à ce qu’on ait mal partout parce qu’on veut donner le meilleur de soi, se défoncer totalement.

Le jeune garçon se mit à se dandiner un peu, entraînant le brun à suivre le gracieux petit rythme, le fixant avec ivresse de lui, comme une simple petite valse qu’il exécutait.

Stéphane se laissait faire, le pas guidé par les mouvements de Brad, se demandant ou il voulait en venir avec tout ça. Se trouvant aussi un peu idiot de faire cela lorsqu’il n’avait aucun son autre que le bruit de leur respiration à l’horizon.

Celui-ci, aussi, remarquait son attitude anormale, un brin de émotions inavouables encore qui enflait celle-ci de mystères. Sachant qui devait être muet comme une tombe pour l’instant, il se assouvit ses besoins d’exprimer sa curiosité et son étonnement dans son regard.

-Ça fait des mouvements parfois impulsifs, involontaires, tout est spontané, tout peut arriver. Un mauvais mouvement… un faux pas…

À l’instant où il s’apprêtait à faire un demi-tour, il fit mine de reverser l’adolescent, adoptant un mouvement semblant à un swing lent, le laissant pendant dans le vide durant quelques secondes.

Il en profita pour regarder son air de plus proche, il remarqua derrière son regard sans émotion, une tristesse, de la perplexité contenue.

Brad le ramena contre lui, en le voyant, gêné qui soit un peu découvert puis il continua avec une difficulté monstre à prononcer.

-… pis on créer une faille. Qui peut s’ouvrir encore, comme une plaie intérieure. Saigner abondamment, à grand flot. Ça fait mal, on est déchiré, on sait pas les premiers soins. On panique, on sait plus quoi faire. On veut juste guérir, que ça soit comme avant… oublier tout ça…. Mais on est incapable et…

Des bruits de pas hâtifs se firent attendre plus loin et les deux garçons se séparent, s’assoyant comme s’il ne s’était rien passé. Distants.

Il regarda le sol, le teint rougi, un peu déconfit d’être stoppé dans son annonce troublante.

-Ah, je t’ai cherché partout. T’étais ou pendant le dîner ?! Je t’ai attendu comme une idiote, moi…

La voix de Corine lui glaçait d’une certaine façon le sang, son cœur qui se débattait lorsqu’il réalisa que Stéphane venait d’entendre cela. Il se sentit si vide. Honteux comme jamais, il ne put que dire d’une voix très basse, couvrée d’embarras :

-Je… je me sentais pas bien… euh… désolé…

-Oooh, t’as été malade ?!

-… Un peu, Avoua Brad, le visage brûlant.

-Ah, c’est moi qui m’excuse alors. Il a rien là, soit pas mal à l’aise, on se reprendra, chéri. Dit-elle, en le prenant en pitié. Je te laisse alors !

Bien sûr, elle ne le croyait pas, trouvant qu’il disait vraiment n’importe quoi pour ne pas justifier ce qu’il avait fait en réalité. Peu importe que cela était. La jeune fille s’en alla aussi vite qu’elle était venue, laissant derrière elle un malaise entre les deux garçon qu’elle avait prévu et qui lui plaisait grandement.

Il n’osa pas lever le regard vers Stéphane, tellement bas dans son degré de lâcheté.

Lui, il était figé par l’effarement le plus total, faisait le lien avec son attitude énigmatique de tout à l’heure et cela. Il était pas dupe, après tout. Et une certaine colère prononçait ces mots alors.

-J’ai tu bien entendu, moi, là ?!

Il avait pensé qui serait triste… il n’avait pas prévu une tellement réaction. Il n’osa pas plus répondre, trop étonné de celle-ci, encore plus abject.

Mais le silence de Brad voulut tout dire pour Stéphane qui répondit à sa propre question.

-J’te croyais pas d’même, Lança t-il, blasé de son indifférence. Tu m’écoeure tellement, Brad Spitfire…

Et en le regardant se lever, s’éloigner d’un élan impétueux, il pensa, se sentant vraiment mal, que finalement on s’en était chargé à sa place de lui dire.

Ce qu'il se sentait abandonné, alors...


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Mar 11 Avr à 22:23

Chapitre 10 : Cœur en loques


Le lundi a été une véritable descente d’un nuage que je croyais stable. Mais qui avérait être un énorme cumulonimbus. Il était encore l’aube quand je me suis éveillé et la pièce était plongée dans la noirceur.

À l’envers, je savais trop bien qui était à quelques mètres de moi, seulement quelques lits de distance, dans un sommeil profond. Moi, la seule chose qui aurait pu m’apporter un bonheur, un prétexte pour ne plus penser durant l’inconscience, me fuyait.

Même le regarder, à travers le noir, me donnait des papillons dans le ventre. Je ne voulais pas m’imaginer en pleine face, demain.

Je savais bien que lui, il ne s’en faisait plus pour moi. Qu’il avait peut-être bien fait semblant d’avoir mal pour moi.

Dans le fond, il ne ressentait plus rien, que des émotions inutiles. Son cœur était éloigné de moi. Inabordable maintenant, je n’y avais plus accès. Je n’ai pas du tout vigilant à ses sentiments et c’était certain qu’il n’allait pas rester près de moi, maintenant.

Je détourné la tête, vers mon oreiller, pour couvrir les bruits que je faisais. La main serrée sur mon drap, j’essayais de retenir ce qui se débattait, en moi pour sortir.

Les sanglots faibles, transposés aussi en frissons qui traversaient de haut en bas ma colonne vertébrale. Les larmes déjà refusaient de sortir, une guerre entre mon orgueil et mon mal dont aucune capitulation ne semblait envisageable. Mes yeux semblaient aussi secs que deux déserts.

Je voulais surtout pas me lever, vivre sans motivation cette journée, me retrouver à essayer de cacher ma douleur. J’avais aucune envie de le voir en cours. De me faire ignorer, l’air posé, pour éviter qu’on se pose des questions sur mon état.

Je l’aimais. Trop. Je voulais pas le perdre néanmoins, je me doutais bien que ça allait arriver.

J’étais si mélangé dans mes pensés, je ne me comprenais pas. J’avais eut ce que je souhaite dans un sens. Je ne pouvais pas croire que j’aurai pu vouloir ça inconsciemment quand je tenais à lui.

Ma colère n’était plus, de ce fait, dirigée vers lui mais vers moi parce que c’était de ma faute à la base.

Si j’avais été plus présent… moins lointain, retenant tout. Si je l’aurai fait sentir vraiment aimer à sa juste valeur. Ça ne serait jamais produit.

Si je ne serai pas aussi terrorisé de tout et…

L’oreiller entendu alors un ‘’Aussi con…’’ qui lui transperça sa bourrure.


***


Trois longues heures plus tard, je n’avais pas réussir à fermer l’œil et ma tête me chauffait, me tournais. J’en avais mal aux trempes, un sanglot ou deux qui m’agitaient encore.

J’avais la tête enfouie contre le matelas, voulant juste rester dans cette position longtemps. Arrêter de penser à ma douleur, à mon mal physique.

Mais ce fut éphémère, le réveil fut annoncé.

J’entendis les autres se lever machinalement. Moi, je me callais le plus possible, les couvertures qui formaient une tente sur ma tête.

Et lorsque le surveillant vint me réveiller une deuxième fois quand le dortoir fut vide, d’un impatient.

Je me suis appuyé encore plus la tête fermement sur le lit, répondant d’une voix étouffée par les couvertures :

-Monsieur… je feel vraiment pas… j’ai mal…

-Vraiment ? Qu’est que vous avez, Dubois ? Répondit l’homme, d’un ton assez sceptique.

Un haut-le-cœur me saisit même si je n’avais plus rien à régurgiter tellement j’avais le ventre creux. Celui-ci passé, je dis faiblement :

-Au ventre. À la tête.

-Montre-toi, voir…

Gêné qu’il voie ma figure de mort vivant, je sortis des couvertures en restant couché. Il m’examina d’un œil critique. Il vit que j’avais l’air à faire peur, le teint blême.

Il se mit à me poser un tas de questions pour me faire rester conscient, devenant compatissant en réalisant que je n’allais pas bien du tout :

-T’as dormi cette nuit ?

-Du tout.

-Ça date de hier soir ton dernier repas ?

-Non, hier matin.

-Tu te sens faible ?

-Oui…

Il vérifia ma température en posant sa main contre mon front et il constata que j’étais brûlant à cause de mon mal de tête douloureux.

-Hum, je vois, Dit-il, après un moment. Je pense que tu vas devoir allé a l’infirmerie, c’est rien de grave, mais le temps que tu ailles mieux et que tu reprendre des forces. Est-ce qui c’est passé quelque chose pour que tu sois comme ça ?

-Rien, monsieur, je vous jure. Mentis-je, un peu mal à l’aise devant cette question embarrassante.

-Tu veux en parler à quelqu’un ?

-Non… c’est rien… je veux pas… je…. peux… pas…

-Comment ça tu peux pas ? C’est pas bon de tout garder.

Ça me mettait dans tous mes états de me faire dire la morale par un adulte. Tellement. Surtout quand c’était la vérité.

-Non, je retiens rien… emmenez moi à infirmerie mais je veux parler à personne…

-Ça te ferait du bien, pourtant.

-Je veux pas… s’il vous plait…, Suppliais-je.

-D’accord, d’accord, viens…

Je me levai, en vacillant et je le suivis à l’infirmerie qui était complètement déserte. Je me suis écrasé dans un lit, la tête qui me tournait.

Il me fit monter un déjeuner, je lui dit un faible merci et mangerai assis en tailleur, silencieusement, difficilement, une boule dans la gorge qui m’empêchait d’avaler. Ma seule petite consolation du moment était que je n’avais pas à subir le retour en cours trop subtilement.

Je me sentais délaissé. Et la grande pièce sans aucune autre présence amplifiait ce sentiment odieux en moi. Tout me rappelait comment je retrouvais seul maintenant.

Je lui en voulais. Tellement. Je supportais pas l’idée qui avait pu me faire ça. Lui, un garçon que je croyais si loyal et incapable d’une telle chose. Mais fallait bien voir que je m’étais totalement berné. Je m’étais trompé sur ce qui était, j’avais vu que les qualités, j’en avais mis de coté les défauts. Maintenant, il m’administrait une bonne gifle.

Pas seulement contre lui que j’en avais. Mais aussi contre elle de se l’avoir approprié, qu’avec elle, il l’aimait en hétéro.

Et ça, ça me coupait l’appétit quand j’avais encore faim.

Il aimait une autre.

C’était la pire chose que je pouvais penser mais elle s’était incrustée comme un parasite. Elle se répétait dans ma tête en boucle, le ruban sautant sans cesse.

Ma respiration devint sifflante et une espèce de jalousie montait en moi, se mélangeant à cette colère insupportable que je n’arrivais plus à contenir.

Il aimait une autre. Il aimait une autre.

J’explosai alors, je ne pouvais plus rien retenir. Disjonctant sur tout ce qui se trouvait autour de moi.

Les draps du lit s’enchevêtrent rapidement, les oreillers perdaient leurs plumes par tas, ce qui était déposé sur la table de chevet se répandit par terre. J’ai tassé le cabaret furieusement l’envoyant promené sur le sol, la vaisselle se cassant en gros morceaux.

Puis la table y passa aussi, je lui donnai des coups de poings, de pieds déchaînés, j’en arrachai pratiquement le bois verni. Je l’ai poussé par terre, continuant de m’arracher dessus, le bois s’arrachait enfin, les copeaux revolant.

J’en avais mal aux mains, je les sentais brûlantes et engourdies. Je me sentais de plus en plus faible mais je gaspillais mes dernières forces dans la violence, mon fond de vitalité à déverser ma rage sur tout ce qui était à ma portée.

IL AIMAIT UNE AUTRE !!

La table de chevet se détruisait rapidement, je cognais comme un malade partout. J’avais mal, si mal. Je le passais dans ce que je faisais, intensivement.

Soudain, d’un coup, je flanchais. Plus de son, plus d’images.

Je tomberai dans l’inconscience, au milieu des morceaux de verres, vidé d’énergie.


***


Il était venu lui rendre visite quand il sut par la bouche d’un de ses amis ce qui lui était arrivé, vers la fin de l’après-midi. Mais ce ne fut pas très joyeux comme visite à vraie dire. Du moins, il était entré et s’était précipité près de son lit et il s’était approché de lui, s’appuyant des deux mains sur le matelas.

L’air mécontent, il lui dit d’un ton provocant :

-T’es con, tu sais ?! J’espère que tu le sais, ça !

Honteux, Stéphane baissa le regard vers ses mains bandées couvertes de sang séché et son pyjama déchiré à plusieurs endroits sur les manches. Complètement terrassé, il murmura :

-Ouais, pour ça, trop.

-Tout ce que tu as détruit doit te l’avoir faite réaliser au moins ! Railla t-il, sarcastique. Non mais qu’est qui t’es passé par la tête !

-Je… je sais pas… je sais plus…

Ses yeux se mouillèrent pour la première fois, se sentant si penaud en sa présence, qu’il s’en prenne à lui pour un geste qui se voulait trop irréfléchi.

Brad vit bien qu’il semblait affligé par son attitude impulsive et la tête pleine de sentiments mélangés et s’adoucisse.

-Qu’est que t’as ? Pourquoi tu te fais ça ?? Qu’est que tu penses ? Que je pourrai te laisser tomber ? Que je voulais être pris dans cette merde ?

-Ben là, tu… ça semblait évident…

Il ne finit pas sa phrase, ne savant pas comment exprimer ce qu’il pensait. Chagriné, Brad continua :

-Stéphane… je n’aurai pas pu te faire ça.

Le jeune garçon ne semblait pas affecté par ces paroles, ne répondant pas, se contentant de fixer le drap, les yeux pleins d’eau. Brad fut dérangé par son silence d’indifférence. Lui aussi devint assez triste mais ravala sa peine pour pas le déprimer davantage.

-Voyons Stéphane, Repris Brad, la voix serrée. T’es tu con au point de pas voir que j’t’aime ?! Que c’est pas de ma faute si on est dans cette galère là que je me sens lâche d’être le centre d’attention ? Que tu sais pas ce qui s’est passé entre elle et moi ? Pour pas te rendre compte que j’ai jamais voulu te faire le moindre tort ?

Il finit par tourner la tête vers lui, inconvaincu et méfiant de sa franchise et Brad aperçut à travers le rideau de cheveux, qui recourait sa figure, deux yeux vitreux qui brillaient à force de se retenir de brailler.

-Qu’est que tu veux que je pense ? Cafouilla Stéphane. Je suis tout… mêlé… j’me comprends pu… pis tout ce que je sais, c’est que c’est vu… ça doit être la vérité, non ?... pis d’habitude on trompe pas quelqu’un que dit aimer ! Ajouta-il, en haussant un peu la voix.

-Veut tu que je te dise, ça c’est juste trop passé trop vite. Je l’a connaissais même pas et elle vient me demander de sortir avec. J’avais peur de pas être capable de lui dire pourquoi je disais non, de cracher le morceau pour nous deux ! J’pensais qu’en disant oui et la laissant tomber après, ça sera la meilleure façon mais je sais pas trop ce qui c’est passé, pis elle m’embrassait sans que je puisse réagir. Ni la lâcher. Elle m’aurait demandé pourquoi ! Elle, elle s’était mise à me prendre pour son chum et que moi je paniquais en pensant juste à toi ! Que je savais que t’allais être frustré après moi ! Quand je voulais pas te faire souffrir. J’ai essayé de te le dire mais ça pas marché. Pis là, je me sens vraiment honteux de te voir de même parce que je sais que c’est ma faute !

Il prit une pause puis enchaîna, se libérant du poids qui lui pesait.

-Je sais pas ce que t’arrive, Stéphane, mais faut que tu comprennes que je veux pas qu’on soit séparé pour un truc stupide !

L’adolescent haussa les épaules, encore mitigé et croyant peu dans la véracité de ses paroles :

-Un truc stupide… tu banalises trop ça, pour moi c’est pas du tout ça.

-Parce que je l’ai pas voulu.

-Pourquoi je te croyais ? Dans le fond, tu veux juste me caler encore !

-Non ! Je te dis que je l’aime pas cette fille là ! Je vais casser avec le plus vite possible qu’on mette ça de coté.

-J’sais pas si je pourrai oublier de toute façon.

-Moi j’veux juste qu’on reprendre à zéro. Peu importe le reste derrière nous. Tu voudrais ?

-Ouain.

-T’as toujours fait les premiers pas avec moi, ben là, c’est le temps que je te rendre la pareille même si ça doit prendre du temps. Même si ça doit prendre tous les efforts du monde pour te faire parler.

Stéphane semblait pas très à l’aise alors.

-Je peux pas… mais je sais pas… comment t’expliquer ça…

-On dirait que t’agis comme si j’étais rien pour toi… ça me fait de la peine, dit Brad tristement.

-Non ! Juste que c’est le contraire… - Il prit un moment pour penser à ce qui allait dire, rougissant – Je te méritais pas. T’étais trop bien pour un minable comme moi.

Il fonça les sourcils, sans comprendre ce qui voulait bien lui dire.

-C’est un peu pourquoi…, Repris Stéphane. Je pouvais… être lointain… quand j’étais avec toi.

Ces évocations au passé le mirent perturbé. Comme s’il croyait que tout était fini parce qu’il l’avait abandonné intentionnellement, qu’il ne ressentait plus rien à son égard.

-Parle pas comme ça au passé, ça me met mal.

Il rectifia, le teint encore plus rougi :

-Je peux être lointain quand je suis avec toi. Juste que j’aime pas ça… je me fais honte à moi-même.

-Honte ??

-Laisse, j’me comprends.

Il fut attristé alors par la situation, essayant de le raisonner :

-R’garde, tu peux me le dire ce que tu ressens… je suis là pour toi… garde pas tout en toi…

Irrité de ce faire la morale pour la deuxième fois de la journée, il en dit un peu :

-Je peux pas parler… même si je suis seul avec toi, je me sens… comme en public… je peux pas dire, rien faire… je suis bloqué… j…

Les gouttes d’eau coulaient enfin, une crise de larmes intense qui l’agitait alors. Il s’arrêta puis repris en parlant entre des grands sanglots.

-J’m’aime pas… je suis capable de rien faire pour…. c’est que moi le problème…. C’est de ma faute…

D’un geste affectif, il l’attira dans ses bras, oubliant ce qui s’était passé ultérieurement pour lui donner une étreinte réconfortante d’amour :

-J’vais t’aider, t’inquiètes pas, Lui murmura Brad, doucement. Ton estime va revenir peu à peu et ça va aller mieux. J’te lâcherais pas, ça arrivera pas parce que je veux pas. Même si t’es un con fini, j’t’adore trop…

-Brad…

Brad passa sa main dans les cheveux de Stéphane, enlevant les mèches qui lui barraient le visage pour fixer ses yeux piteux, pleins d’eau qui roulait le long de ses joues. Il sourit faiblement pour l’encourager.

-Quoi ?

-J’ai eu peur de pu compter pour toi, être pu rien.

-J’sais… moi aussi…

La tête de Stéphane se cala contre le creux son épaule de l’autre garçon et continua à faire sortir le mal dans de bruyants sanglots de douleur.

-J’ai eu tellement peur de te perdre… tellement peur…


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Ven 18 Aoû à 19:02

Chapitre 11 : Douce libération
(Partie inédite pour cause de lemon)


Brad avait fini par quitter son éreinte de nouveau enivrante à l’heure du souper. Se retrouvant tout seul, entouré des autres qui le détestaient, comme depuis 2 jours. C’était assez pénible à supporter ça lui seul mais les regards méprisants sur son chemin lui disait qu’il n’avait que le choix d’endurer.

Le solitaire mangeait donc tranquillement, les places autour de lui vidées. Il avait le regard concentré vers le bas, comme à son habitude quand il était dans une phase pensive ou triste.

Et il repensait à ce qu’il arrivait à son petit amoureux secret, à ce qu’il ignorait, au pincement au cœur qu’il avait encore eut de peur que l’infirmière puisse les voir simplement s’éreinter. Et il se demandait, comment l’aider, comment le rejoindre.

On aurait dit qu’un fossé de confiance s’était creusé entre eux depuis qu’il savait qu’il ne lui disait pas tout.

Des choses qu’il voudrait connaître, par curiosité, par réciprocité, par lien d’affection. À vrai dire, il ne le connaissait à peine, intimement. Pourquoi il lui cachait ça ? Il ne le croyait pas intègre ?

Comment garnir de terre, à rebord, ce trou ? Que ça se règle ?

-Eille…

L’adolescent fut tiré de ses interrogations par cette interpellation. Il releva la tête et vint à sa grande surprise, Jonathan, qui semblait être le messager d’un petit groupe de garçons assis plus loin. Brad tenta de cacher sa surprise de voir qu’il lui adressait la parole et sa peur de lui.

-Euh ouais ?

-T’es allé le voir finalement?

Oh oh, songea t-il, il s’avançait dans un terrain miné d’obus sans connaître quel danger le cernait. Mais c’est quoi son problème de vouloir s’écorcher vif avec un tel sujet explosif ?

La voix pleine d'anxiété peu voilée, il approuva :

-O… ouais…

-Il t’a dit pourquoi il s’est ramassé là ?... Qu’est qui lui est arrivé ?

Nerveux, il essayait de parait le plus normal possible, se qui s’avérait très ardu.

-J’ai dev… euh… oui… en quelque sorte…

-Qu’est que tu veux dire ? Dit Jonathan, en fonçant les sourcils.

-Ben… il n’a pas vraiment dit en réalité mais ce qu’il m’a dit, Bredouilla t-il, incompréhensiblement. C’est comme évident… mais je sais pas si… j’ai le droit de t’en dire plus.

Et dieu savait comment il était peureux de les dénoncer. S’il parlait plus, il pouvait risquer de lâcher quelques mots qu’il regretterait.

-Pourquoi ? Allez, dis-le. On s’inquiète pour lui.

Brad eut un petit rire intérieur à la pensée que le garçon pouvait agir en ami, après tout les coups qu’il était capable de faire sur son entourage… enfin lui-même surtout. Mais en vrai, un petit sourire compatissant étaler sur son visage, son angoisse s’était calmé.

Cependant, il se demandait quoi répondre, surtout pour ne pas dire un mensonge qui le contredirait ou qui le mettrait en position fâcheuse. Il tenter avec la vérité en négligent les particularités les plus importantes, un peu résistant.

-Bon ok, il pensait avoir une peine d’amour mais c’était pas ça.

Jonathan le dévisagea, disant, douteux de ça comme s’il croyait que c’était une blague de mauvais goût :

-Une peine d’amour ? Stéphane ? Tu veux te moquer de moi ?

Dans un sens, il était content qu’il ne le croie pas. Ça lui évitera bien des ennuis. Il lui assura que non d’un signe de tête.

-Voyons donc… Stéphane n’a jamais été amoureux… il disait qu’il détesterait être en couple, que les filles l’intéressaient pas trop pour le moment.

Cette fois, toujours intérieurement, il éclata de rire en trouvant comment c’était une remarque qui pouvait être suspecte à ses yeux. Son amusement de se permettre de mentir fut caché par le sérieux de son ton.

-Non non, jamais en couple. Mais il était amoureux depuis… un bon bout de temps… Il n’arrêtait pas de m’en parler, ça le rendait dingue. Et là, il pensait que c’était sans espoir ensuite il a piqué une crise.

-Et pourquoi tu dis que c’était pas une peine d’amour?

-Oh… la fille en question… est peut-être intéressée…

-C’est qui ? Elle est ici ?

-Oui mais ça il ne me l’a jamais dit. Il voulait garder ça… secret.

Il pesa sur le secret, le regard brillant, amusé de le berner.

-Ah bon. Et il va mieux ?

-Ouais, un peu. Il devrait sortir dans pas longtemps,… c’est pas nécessaire aller le visiter.

Il se rappela de ses sanglots, son agitation dans ses bras. Il ne voulait pas qui le voit déprimé.

-Ah ok, on va le voir après dans ce cas là.

On dirait que ça le dégoûtait mais il compléta ave un amer :

-… merci

-De rien.

Il s’éloigna, alla tout rapporter au petit attroupement.

Brad finit son assiette, se félicitant au moins d’avoir été irréprochable, espérant qu’il alla marcher dans son plan lui aussi.


***


Et il s’était directement dirigé aux dortoirs, n’ayant même pas pris la peine d’allumer la lumière.

Étendu sur son lit, le jeune garçon repensait encore et encore à la scène éprouvante qu’il venait de vivre, quelques minutes plus tard. Et à l’autre, un peu plus ancienne qui l’obsédait encore plus.

La vision de leurs mains qui furetaient, qui cherchaient celles de l’autre, avec réserve puis avec un peu plus de curiosité. Il se rappelait avec précision de la respiration difficile et de la voix brisée, étouffée, de Stéphane, tout près de son oreille. L’humidité de son collet de veste lui revenait, lui recollait à la peau. Il sentait encore son torse recevoir les soubresauts en decrescendo du sien.

Il était moins ému de tout ça en pensant qu’il allait mieux, qu’il l’aimait encore et que l’infermière était en train de l’examiner et d’évaluer s’il pouvait sortir ou non en ce moment.

Et d’un autre coté, il se sentait libéré en grande partie de ses chaînes, ayant renoué avec sa sensation de légèreté.

Les minutes passèrent, la pièce était affreusement silencieuse. Seuls quelques sons, qui provenaient des étages inférieurs, qui produisaient un bruit de fond. Brad était resté immobile, fixant avec torpeur la nuit par-delà la fenêtre.

-Ah, t’es là…

Il fut tiré, avec raideur, n’ayant pas entendu le bruit de la porte. Reconnaissant le propriétaire de la voix, il tourna la tête vers Stéphane, un petit sourire affectueux aux lèvres, qui alla se prendre une petite place près de lui. Il semblait aller beaucoup mieux, ses mains étaient sans bandages, avec des vêtements propres.

-J’t’ai pas entendu, Steph, S’excusa Brad, en entourant son cou de son bras. Toi, ça va ?

-Bien… à part que j’ai écopé d’un sermon sur ma conduite dangereuse pour santé mais j’ai eu mon congé. L’informa t-il, avec un ton d’exaspération dédier à la nurse.

-Je suis content pour toi !

Brad lui adressa un grand sourire mais Stéphane eut un air un peu dérangé par quelque chose, perdant son sourire. Il se tordit un peu les mains, ses yeux roulants dans ses orbites. Après une minute ou l’autre se demandait ce qu’il avait, il finit par se décider à parler :

-Euh… tu sais… à propos de tantôt…

-Ouais ? Quoi ?

-J’veux que tu oublies ce qui s’est passé, j’ai comme explosé, j’en pouvais plus. Dit Stéphane, en le suppliant du regard. Je sais que t’irais que tu vas pas aller parler mais je veux pas que tu te fasses une mauvaise opinion de moi.

Brad essaya de se faire rassurant :

-J’ai pas une mauvaise opinion de toi. C’était absolument normal que tu finisses par craquer.

-Je suis désolé que t’es du vivre ça, j’étais pas moi-même, d’habitude, je m’enferme ou quelque chose mais là, à cause de tout ça… Marmonna Stéphane, essayant de ne pas être déconfit.

-Aie, c’est correct. T’avais de la peine, je suis là pour toi, on est quitte.

-Si tu le dis… ça te dérange vraiment pas ?

-Non, je veux que ton bien. Et je t’aime !

Brad se colla encore plus contre lui, se tournait sur le coté, ses doigts * qui se plaisantaient dans sa nuque et dans ses cheveux cuivrés qui devenait entremêlés. Stéphane finit par lui refaire un sourire rassuré.

-Et t’es mieux comme ça, Murmura t-il avant de se pencher vers lui pour l’embrasser amoureusement.

Stéphane lui fit basculer contre son abdomen, le tenant par la taille, répondant avec autant de affection.

-Moi aussi, je t’aime… Lui répondit-il en coupant le baiser pour reprendre un respire. Merci quand même de m’avoir enduré…

-C’est rien, tu l’as déjà beaucoup fait pour moi.

-Ouin, t’as raison. Approuva t-il.

-Omet pas ça, Lui sourira Brad.

Ils se taisent tout les deux et un long moment de silence se passa alors entre les jeunes garçons ou celui-ci vivait un instant commun presque merveilleux. Le lit éclairé seulement par la faible lueur lunaire qui les entourait.

Avec une captivante tendresse, ils se concentraient uniquement sur les moindres détails du minois devant eux, le teint, les mèches duveteuses de cheveux qui les frôlaient, les douces lèvres rosies.

Chacun des deux plongés vivement dans les couleurs ensorcelantes du saphir étincelant ou du chocolat lumineux.

On ne semblait plus pouvoir les déranger ou les distraire, les deux n’étaient reculés du reste des étudiants, une grande pièce rien que pour eux, dans les bras de l’autre sans aucune réserve.

C’était peut-être risqué, dément, mais tout ça, ça leur passait dix par-dessus la tête, à présent. Le gris quotidien se dissipait, le reste du monde n’existait presque plus.

Tout ce qui était prohibé, voire même condamné dans cet endroit, pourquoi ils se masquaient depuis 3 ans était évident alors.

Tout ce qui importait, c’était leur appétence au cœur qui les entraînait, se délecter du charme, de la beauté de leur petit ami. Qu’eux seuls dans la tête.

Rien que s’abandonner. Tout les deux.

Ils prenaient peu à peu à une ivresse qu’on jugeait autour d’eux contre-nature.

Quelque chose d’affriolant, de tentant surgissait, se faisait constater dans leur prolixe contemplation. Un contact physique et visuel séduisant qui installa un spasme généralisé et propagé.

Pour Brad en particulier, qui se sentit traversé d’une sensation s’apparentant à un petit influx vers son entrejambes. Sa respiration s’accéléra, ayant peu l’habitude de ressentir un tel résultat dans son corps qu’il ne contrôlait plus soudainement.

Même s’il l’avait toujours trouvé magnifique et attirant, on dirait que c’était flagrant alors.

Stéphane le sentit crispé, dans sa position favorable, et eut un pouffa. Brad fut un peu embarrassé de ce qui lui arrivait mais il fut tranquilliser par son amoureux, qui, avec désinvolture, donnait quelques baisers sur le visage.

-Mmm… Ça l’air que je te fais de l’effet, Lui susurra-il.

Il approuva en bafouillant tandis que Stéphane l’attira plus fort contre lui, caressant sa joue.

-Euh… ouais…

-Correct, ça me touche beaucoup, Rit-il, d’une voix basse.

Il perdit sa timidité de beaucoup à ses paroles alors que son bien-aimé effleura le tissu qui le séparait de son dos et de ses côtes décharnés.

Envahit par une suave chaleur, plus d’un autre frisson de désir, Brad recolla sa bouche à la sienne. Sous la valse voluptueuse de leurs langues, il en profita pour jouer avec la cravate de Stéphane, la dénoua lentement avant de faire la même chose avec la sienne et les jeter plus loin.*

Le corps de son copain frémissait sous le sien, ses mains erraient délicatement sur les hanches devant lui qui se dandinaient. La fourche qui rasait sa cuisse.

Éveillé par cet effleurement, Brad se retrouvant sous lui, Stéphane l’ayant força à rouler. Celui-ci extériorisa ainsi un désir prenant, d’une voix basse.

-J’ai envie de toi, Brad…

Le plus étonnant, c’est que juste qu’à présent, ce n’était jamais allé plus loin que ça. Sauf que maintenant, ils passaient à autre chose, à un autre niveau.

Le concerné fut ébahi par sa déclaration qu’il n’avait jamais entendue auparavant mais lui sourit, malicieux. Il lui rendit, convaincu de sa sincérité et se sentait si bien.

Puis, Brad empoigna sa main droite, d’une manière sensuelle, en la posa sur l’étoffe bombée de son pantalon, en proposant :

-Hum… Apprends-moi l’interdit alors...


***


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Ven 18 Aoû à 19:03

Les deux visages affichaient de la satisfaction, de l’allégresse. Dans un dernier élan d’énergie, Stéphane s’empara des lèvres de son petit ami, sensuellement, avant de se laisser tomber, le bras tremblant, sur lui.

Des souffles rauques par ailleurs, deux sourires s’agrandissant, deux cœurs qui battent en chœur.

Par la fenêtre, une douce pluie s’était mise à tomber, éclaboussant la vitre
Et eux, ils étaient au chaud, revenant de l'exaltation. Brad se releva pour se coucher à coté de lui, l’anatomie tremblante qui revenait peu à peu des sensations vécues. Stéphane, qui se tourna un moment, regarda l’heure sur l’horloge au loin et dit :

-Il reste encore 8 minutes avant le couvre-feu, on a le temps amplement de faire comme si rien n’y était.

-Parfait. Dit Brad, rasséréné. Toi, t’est correct? Ajouta t-il pour s’assurer qu’il n’était pas trop mal à l’aise en sa présence.

-Non, je suis pas correct… Répliqua t-il, avant un moment de silence qui fit un peu peur au principal intéressé. Je suis juste trop bien là.

Le jeune garçon appuya sa tête contre l’oreiller pour lui démontrer, le ceinturant, leurs têtes plaqués face-à-face, lui souriant railleusement.

-Niaiseux…, Soupira Brad soulagé. Moi aussi.

-Tu te rendes comptes que rien serait plus comme avant ? Le questionna, plus franc, l’adolescent. Plus jamais ?

-Je sais, j’espère que c’est pour le mieux, pour longtemps… mais je suis content d’avoir partagé ça avec toi…

-Ouais, même si je dois pas être le meilleur des gars… Tsé, genre qui te fait la gueule pour rien de peur d’avoir des sentiments… j’pense toujours pas que tu vaux quelqu’un de mon genre.

Brad prit sa main qui était à sa portée, pendant sa confidence, dans le but la pressa contre la sienne. Sa peau lisse contre la sienne, qu’il pouvait tâter, toucher à sa guise.

-Tu comptes tellement pour moi, t’as pas à t’en faire…

Brad la serra, comme s’il voulait l’encourager, lui démontrer qui le soutenais.

-Je sais, je sais, toi aussi t’es important.

Ses doigts s’entremêlaient aux siens, caressaient ses jointures, ses phalanges l’une à l’autre. Brad posa alors cette question qui le tracassait tellement, d’une voix faible :

-Dis, pourquoi tu te me caches des choses ? Tu… me fais pas confiance… ou quoi ?...

Puis, ils se dénouaient, ceux de Stéphane qui se fuyaient sur l’autre coté de la deuxième main.

-Non, j’ai confiance. Juste que c’est dur, et j’en ai jamais parlé. Mais tu vas finir par le savoir. C’est qu’un effort pour moi.

Qui traversaient de long en large le terrain accidenté de tendons visibles dessous la peau.

-Ah ok, mais je vais être là pour t’écouter. Réconfortant doucement le brun. Après tout, t’es tout ce qu’il me faut pour vivre heureux.

Le petit duvet qui en avait la chair de poule sous les cajoleries du pouce qui prenait la relève.

-Sinon quoi ?

Stéphane lui saisi alors le poignet et l’éleva.

-L’enfer qui reprends. Expliqua l’autre, d’un ton affectueux. Tu m’en donnes un sursis, tu me sauves de ça.

-Ça peut te paraître bizarre mais pourtant te me fais la même chose.

Ensuite, il l’emmena vers son visage et donne une bise à tendance galante au dos de la main.

Puis, il repose leurs mains sur les couvertures amoncelées en désordre.

-Aussi… Tu me donnes des ailes, Rajouta Stéphane.

Stéphane approcha, par la suite, sa tête en la poussant vers la sienne. Et leurs bouches qui reprennent contact presque instantanément.

Très doucement, tendrement. Donnant tout ce qu’ils avaient dans ce baiser qui reflétait leurs pensées.

Puis quand le baiser s’acheva pour les deux par de petites expirations haletantes, Brad en profita pour regarder encore une fois, par insécurité, l’heure.

Il retomba dans la réalité. Quelqu’un chose existait autour. Qu’on pourrait à tout moment les surprendre.

-Il reste juste 4 minutes… On devrait se rhabiller, non ?

Il lui fit sourire, acceptant à contrecœur pour le rassurer :

-Ok… Mais il n’a pas de dangers, soit pas si inquiet… Y a même pas encore de bruit moindrement proche.

-J’ai peur pareil, Dit-il en se levant pour ramasser les morceaux de son uniforme.

-Euh… Pourquoi tu te mets pas directement en pyjama ?

-Ça… Ça va paraître… suspect… ou je ne sais trop…

Brad se vêtit très vite, Stéphane soupira, le trouvant trop apeuré quand il n’y avait encore rien, tendant la main pour attraper ses vêtements à son tour.

-Pfff… Bon, comme tu veux…

Quand les deux furent habillés, Brad lui sautilla dans les bras, tout affublé, pour lui donner un câlin, se berçant dans ses bras en disant, la tête reposée sur sa clavicule :

-J’veux dormir avec toi, tantôt.

Il accepta sa proposition, souriant, posant un baiser dans son cou :

-Aussi. J’en ai envie, ça m’a manqué.

Puis, plusieurs bruits de pas dans l’escalier menant au dortoir. Ils se détachèrent rapidement, par l’habitude machinale et instinctive.

Stéphane s’éloigna dans la pièce, faisant semblant de fouiller dans ses affaires. Brad, lui, s’étendit encore sur son lit, replaçant les draps et feuilletant faussement un livre sur sa table de chevet.

Mine de rien. Qu’il ne s’était rien passé de compromettant, d’avoir rien fait, être qu’amis. Alors que les autres entèrent en peloton.

Le rassemblement se fit, à la grande déception des amoureux secrets. Compté l’un à l’autre, droit comme des piquets devant leurs lits pour ensuite éteindre les lumières. C’était presque une idée de supplice pour eux. Pendant les présences, ils se regardaient persqu’avec une touche de découragement, et la même chose pendant qu’ils se préparaient à aller se coucher. Ils devaient attendre encore une heure, ou voire deux, avant être certain que personne ne puisse les voir puis de retourner dans les bras de l’autre.


***


Brad luttait contre le sommeil engloutissant, une vingtaine de minutes plus tard, se retournant d’impatience sans cesse dans son lit. Il était épuisé et tout lui voulait lui rappeler son envie de dormir… meuh oreiller moelleux.

Lorsque le surveillant finit sa ronde routinière, Brad l’entendit fermer la porte de sa pièce. Signe qui ne reviendrait pas que s’il se faisait éveiller par le infime bruit ou événement dérangeant. L’adulte avait le sommeil très facile mais léger.

Brad soupira en pensant que c’était un de moins avant de rejoindre Stéphane. Pourtant, la pièce était dans un calme plat.

L'agitation gagnait en lui, et ne tenait plus, il se leva pour aller à la salle de bain commune. Il prit son verre dans ses effets personnels en même temps.

Il alluma le néon qui flasha un instant avant d’éclairer la salle d’eau. Il s’approcha du comptoir, ouvrit un des robinets pour remplir son verre. En refermant le robinet, il entendit des bruits de pas.

Frustré que quelqu’un ne dormait pas, il se dépêcha de poser le verre à ses lèvres, pour ne pas grommeler* .

Alors, juste à coté de lui, un méprisant ‘’Eh, Spitfire…’’ retentit.



*Désolée pour la quantitée phénoménale de doigts, mains, têtes... J’ai essayer de pas trop me répéter et en même temps démêler Brad et Stéphane pour pas que vous soyez perdus alors ça risque fort pareil d’en avoir.
*J’adore avoir insérer ce petit inside, mouhahaha. En plus, vive les tirages de cravates, en plus je trouve que ça peut être érotique comme geste.
*C’est hot grommeler ! Non ? lol Je t’aime langue française des fois !


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Mar 7 Nov à 21:18

Intermède 0 - Brad : Casser une âme en deux


On sait tous comment il était détesté, mais pour aucune raison.

Peut-être son apparence. On n’aimait peut-être pas sa maigreur extrême, la façon de poser des gestes, de marcher, son allure.

Peut-être sa façon d’être. On aimait peut-être pas comment il essayait de s’enterrer dans son silence, sa gêne, sa parure faible.

Peut-être est-ce son insuccès, on aimait peut-être pas comment il ne réussit nulle part à obtenir une vie sociale, de bonnes notes parce-que les professeurs démontraient une haine malgré son intelligence.

Peut-être est-ce par sa réputation, on aimait peut-être pas à cause de ses parents, de ce qui c’était dit sur lui qui s’est transmis de personne à personne dans le collège...

Mais peut importe, une chose était sure ; la nouvelle façon que les autres avaient eut de le traiter dans les dernières semaines n’était pas fruit du hasard…

Étrangement, ces quelques semaines plus tôt, des pas dans la neige se faisaient petit à petit derrière une petite bande qui traversait la cours, c’était l’heure du midi et beaucoup de gens les entouraient.

Dont un garçon qui était assit contre le mur de brique rougeâtre plongé dans une autre sorte de brique.

En le voyant, un des garçons, assez bâtit lança méchamment

-Vous l’avez vu en maths ? C’était trop drôle, il avait l’air tellement niaiseux.

Les trois autres éclatèrent de rire en se remémorant la scène qui avait engendré Brad et le prof. Celui-ci l’avait questionné très théoriquement sur les différentes fonctions exponentionnelles et logarithmiques parce-que le jeune garçon préférait avoir le nez dans son bouquin qu’écouter. Incapable de répondre, il avait bafouillé des stupidités jusqu’à temps que l’enseignement se met à l’insulter sous les autres moqueries de ses camarades qui trouvait la matière d’une facilitée déconcertante.

-Tellement, Ricana le deuxième au visage allongé.

-Y avait l’air fou ! Fit remarquer le troisième plus gros

-Vous vous rappelez de ce que je vous dis sur son sujet ? Dit Jonathan, en replaçant ses cheveux noirs - Hochement de tête de la part des autres, avec un sourire moqueur – Le plan commence là.

William, Kevin, Frédéric et Jonathan s’approchèrent du mur, assuré, ayant visiblement idée de quoi faire comme des pions. Kevin lui arracha les livres, le lança plus loin. Brad n'eut le temps le temps que de relever qu’il était déjà séparé de son manteau, projeté avec violence lui de même contre du blanc. Puis des coups. Puis des curieux. Puis la douleur physique

…À ce moment, il se sentit totalement paralysé de toute part, une sensation anesthésiante. Son corps était pétrifié par l’air glacial.


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Mar 7 Nov à 21:19

Intermède 1 – Brad et Stéphane : Rélévations d’attachement


Ce fut sur un sol boueux d’une fin février aux changements climatique bien présents, que la première balle s’écrasa.

Brad été isolé sur les estrades, marquant les points du jeu comme il était en observation pour apprendre à rejoindre les élèves sur le terrain. Chose dont il n’avait pas pratiquement hâte.

Pour l’instant, le jeune se contentait de suivre avec distraction le jeu parce qu’il se sentait trop léger, trop rêveur pour avoir en tête un des domaines qu’il détestait le plus. Son carnet indiquait 4-2, c’était peut-être beaucoup plus en réalité, mais ça ne l’importait aucunement. Son intérêt était plutôt porté vers celui qui partageait sa vie depuis persqu’un mois que la partie.

Il se disait que il se sentait drôle, drôle comme s’il ne savait plus si le spécial qu’il trouvait au gamin avait évolué, évoluer comment. Toutes ces questions liées.

Brad se demandait notamment si ce sentiment innommable était de nature normale, s’il sortait avec lui parce-que quelqu’un le respectait enfin comme il le méritait ou bien devenu comme l’insulte blessante sur sa passion, sur lui, il y a trois mois. Avec son père qui avait l’habitude malplaisante de traiter tout ce qu’il trouvait inférieur ou féminin de ‘’fif’’ et les élèves du public qui repoussait tout ce le différent, Brad avait appris une définition honteuse de ces gens qui aimaient pareil à eux.

Pourtant, quelque chose naissait dans son cœur, il se sentait bien avec cela. Il aimait comme ces personnes, le serait-il ? Mais le gamin ne se sentait pas féminin, ni honteux, aucune fille ne lui avait fait un effet rapproché à celui qu’il hébergeait pour Stéphane.

Le petit le regardait courir et il en avait des frissons, il voulait de lui, lui tenir la main, lui embrasser la joue, être avec.

C’était quoi déjà le pointage ? 5-6 ? Ou 7-4 ? 9-7 ? Il s’en fichait…

Qu’est qu’il ressentait, bon sang ?


-Le cumulus est le nuage du beau temps, on le distingue par sa forme cotonneuse, souvent ils des contours arrondis verticaux, d’un blanc qui laisse traversé la lumière solaire. Récita madame Lamarre, avec une voix au français bien correct. Il en existe trois sortes distinctives, que vous verrez, messieurs, si vous regardez à la droite sur le power point.

Brad flottait plus dans les cumulus qu’il n’écoutait le cours de physique.
Et il se disait que ça ne pouvait plus durer, il se sentait trop étrange par rapport à se qu’il ressentait. Parce-que finalement, il se disait qu’il avait peut-être deviné qui était cet envahissement nouveau à force de le décortiquer.

Le brun prit une feuille de cartable pour la déchirer en deux, pour se libérer enfin. Il réfléchit à quoi écrire puis s’appliqua à le faire puis plia le tout. Le jeune garçon passa le mot sur le bureau derrière, retourna rapidement le corps vers l’avant. De un, ne pas se faire remarquer, de deux, il était gêné de ce qu’il venait de faire, jamais fait une telle révélation auparavant, ça le mettait mal à l’aise d’inexpérience.
.
Le deuxième garçon, pendant ce temps, avait déroulé le petit papier où il était marqué à l’encre rouge la belle écriture soignée, stylisée de Brad. Les deux premiers mots étaient d’ailleurs les plus propres et perfectionnés. Il lut :

‘’Stéphane.
J’t’aime. ♥

J’ai une question pour toi ; Est-ce que tu m’aimes ?

a) oui
b) non
c) peut-être
d) toutes ces réponses
e) aucune de ces réponses’’

Un garçon l’aimait.

La même impression, lui aussi trouvait ça simplement inhabituel pourtant si frissonnant, si révélateur de tant de choses dans son passé. Et Stéphane adorait ce petit mystérieux après tout, il le trouvait captivant.

Son cœur battait pour lui, explication que par le A. Oui, c’était réciproque.

Il prit son crayon et encercla le premier choix. D’une main tremblante, il lui tapota l’épaule, en prenant appui contre son bureau pour s’avancer.

Lorsque Brad fut retourné, les joues saupoudrées de rose, il lui redonna le mot, murmurant un peu bête :

-J’ai cru qu’on allait jamais oser un des deux.

-Haha, mais, euh, tu crois pas qu’on devrait se cacher, Dit Brad, à voix aussi basse. Parce-que ça doit pas plaire à tout le monde…

-C’est sur, faut que ça soit secret, secret pour se protège.

-Ok, on se fera jamais pogné, on saura toujours ensemble ! S’exclama t-il, faisant des plans naïfs.

Les deux eurent un sourire complice et Brad serré le petit mot contre lui en se retournant.


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Lun 30 Avr à 23:39

Chapitre 12 : L’orage par avant



La bordure du comptoir qui l’égratignait, la joue en feu, le corps compressé contre le marbre le poussait à avoir envie de disparaître. Son visage n’affichait même pas le quart de toute la peine, de la colère, de toute la lâcheté qu’il ressentait tant il tentait de la réprimer pour un moment de solitude hors d’ici.

Pourquoi il ne le laissait pas être lui-même. Ça menait à cette horreur. Cette horreur qui allait suivre l’exemple de la mycose, se diviser en parties et se multiplier.

La marée ne faisait que frapper le rivage en, la peur ne l’atteignait pas encore. Mais il avait mal sous la compression en silence, n’ayant même pas l’opportunité de se déprendre, plaqué avec force. Sa main avait lâché son verre qui avait roulé un mètre plus loin, comme le rouleau compresseur fictif sur son cœur.

Des reproches, des insultes, des menaces.

Il démentirait, il les retenait, il suppliait.

On était arrogant, on était impérieux, on était narcissique.

Tentatives de déstabilisation, tentatives d’avoir de révélations, tentatives de culpabilisation.

Indignation en lui, tourment en lui, questionnement en lui.

Douleur. Jusqu’à temps… Même à y penser…

Honte. Jusqu’à temps… Même à y penser…

Il avait déjà conscience des futures craintes, des futures dérisions, des futures complications majeures.

Jusqu’à temps… qu’il n’aille plus assez de résistance face au rebord écorchant, à la tension écrasante, à l’infierté qui voulait mettre du ciment frais sur ce qui il était…

Jusqu’à temps… qu’il aille craquer…. que juste le savoir, ça… le dégoutait de lui-même.


***


La nuit s’est ternie, le jour prit la relève. Une autre journée comme toutes les précédentes.

À l’aube, il y avait un garçon qui gisait sur le sol de la salle de bain du dortoir. Une bosse sur la tempe, le collet de son pyjama particulièrement déchiré, la tête à quelques centimètres d’une porte d’armoire ouverte.

Il venait de se réveiller par le rayon de soleil qui inondait son visage égaré dans sa douleur à son front. Sa tête, remplit d’une série de ‘’Imbécile’’ mental qu’il s’admistrait à voix basse, lui faisait mal.

Brad se dit, en se redressant en se tenant le front, au moins que cet événement n’allait être pas trop être répandu en manquant de preuves physiques sur le terrain.

Et il voulait l’oublier, ça lui doublait son mal de tête.

Étourdi quelques peu, il se leva ramassa son verre, ferma la porte de l’armoire. Le jeune torturé regarda en vue d’ensemble la pièce, vérifia s’il n’avait pas de traces oubliées. Il quitta la pièce, mis son verre dans ses affaires et alla rejoindre son amoureux qui dormait.

Brad se glissa dans ses couvertures, l’autre corps était tourné sur le côté il vint s’installa dans son dos. Doucement, il se colla à lui, s’accrochant à moi, pour sentir du réconfort, de l’amour de sa part.

La tête nichée dans son cou, même la faible luminosité empêchait de voir son visage pâle maculé de marques rougies. Dans sa léthargie, le deuxième garçon n’avait même pas connaissance qu’il le consolait. Surtout quand Brad en avait besoin, silencieusement.

Et il se dit que personne ne pourrait lui enlever ça de sa tête. Même s’il faisait peut-être honte à plein de personnes, même si il…

Jusqu’à temps avant d’y penser, pour s’en empêcher, il déposa un baiser sur ses yeux pour, se pencha contre lui, à quatre pattes, qu’eut effet de le réveiller.

-Mgghh…, Grogna Stéphane, encore endormi, ouvrant les paupières.

Brad se remis dans sa position originale, mais écrasée en petite boule,

-Bon matin, mon amour, Salua Brad.

-‘jour…

Dans son marmonnement ensommeillé, il bailla, cachant sa bouche de sa main un instant. se retourna complètement dans un bruit agréable de draps s’entrecroisant, qui entouraient encore plus l’enlacement des deux corps, des jambes entortillées, des bras par-dessus l’autre.

Brad caressait machinalement sa joue, un petit sourire lui poussant. Stéphane, pour sa part trop endormi, se contentait de le maintenait par ses épaules squelettiques.

-Ça l’air aller aujourd’hui, toi, han …

-À merveille, Répondit t-il, en enfouissant sa tête près de lui.

-Ok parce-que je voulais te… Oooouccchhhh ! S’exclama t-il. en posant sa main sur son front

Stéphane s’étant appuyé trop fort sur le bord de sa tête, ça avait fait réapparaitre dans son crâne. Ça eut pour effet de réveiller totalement son amoureux d’un coup. Alerté, il plaqua sa main contre sa bouche pour le faire taire.

-T’es fou, la ferme ! Chuchota Stéphane, d’un ton sec.

Il se taisait. Ils guettèrent le silence. Des yeux, ils regardaient tout autour pour tout vérifier à la loupe.

L’autre reporta finalement son regarda horrifié plein de rage vers lui pendant que Brad, en se frottant la tempe, se rappelant de comment il l’avait eut celle-là. Il le dévisageait complètement, voyons son état navrant.

Stéphane n’eut le temps qu’ouvrir la bouche pour demander ce qu’il lui était arrivé qu’il le coupa immédiatement pour murmurer, le devinant, en ôtant sa paume de ses lèvres :

-Écoute, ça serait long à expliquer là … Tu veux sécher aujourd’hui ?

Surpris, il réfléchit un moment.

Faire l’école buissonnière, ils l’avaient fait des dizaines de fois, au moins, à essayer de trouver un peu de temps pour eux. C’était déjà assez difficile trouver le bon moment ou se voir en tant qu’amoureux, ça l’était encore plus pour en profiter vraiment sans être sur le stress du dérangement. Il avait tant de souvenirs, tant d’expérimentations, de délires, de plaisir, rattachés à cela que s’en été devenu une habitude de demander cette infraction. Pour passer du temps ensemble, être sur de pouvoir être seuls.

Il lui répondit après :

-Je voudrais bien mais je viens de manquer une journée complète et ça me tente pas d’avoir des travaux en double.

-Allez, je vais t’aider à les faire, s’te plait, s’te plait. Implora t-il, en croisant les mains.

-Noon … Ou … On a quoi à la première ?

-Histoire de la science avec le vieux fou à Déry, Grimaça Brad, avec la face de dégout qui allait avec.

Il retenu un fou rire dans un toussement, acceptant finalement :

-Ok, c’est bon mais juste elle. Tu vas avoir le temps de me le dire ?

-Je crois, oui.

-D’accord. D’ici là, Dit-il, en s’enfouissant dans ses couvertures et son oreiller contre sa tête.

-Ah non ! Tu restes debout toi, gros dormeur ! Faut que tu m’aides à cacher mes bobos !


***


Les voix avaient fusionnés à la même heure, les bruits divers et habituels comblèrent le silence. La routine reprenait le dessus, le pensionnat y vibrant.

Le dortoir des quatrièmes secondaire* était en pleine activité. Les jeunes s’y habillaient, faisant le ménage de leurs espaces, ramassaient leurs affaires, faisaient leurs toilettes ou prenaient leurs douches. Une vraie fourmilière.

Brad, la tête baissée, sur son lit frais fait, se peignait à grands coups grossiers pour cacher ne serait un peu les petites cicatrices temporaires sur son visage. Quand il la releva, il vit passer Marc-André, un des multiples garçons qui cultivait la haine sur lui. Il pencha son corps athlétique vers lui le temps de dire futilement :

- Oublie pas c’que je t’ai dis à c’te sujet.

Il était le seul à comprendre et ça lui fichait la trouille.


***


-… Quand je me suis retourné, il m’a attrapé par le bras et il m’a plaqué contre les lavabos. J’ai pas bronché, je pouvais pas me déprendre. Ensuite … je sais plus … j’ai pas arrêté de lui dire de me laisser tranquille, de s’en aller, d’arrêter. Là, il est devenu menaçant et il m’a frappé au ventre… je pense qu’il a commencé à m’insulter, vraiment méchamment, comme t’habitude … il m’a dit que j’avais pas à protester, que sinon ça allait aller mal pour moi, qu’on pouvait se venger facilement de moi. Qu’on se doutait que j’étais… une tapette, qu’il a dit… J’ai dis que c’était pas vrai, qu’il mentait, que j’avais une blonde. Mais il a rien voulu entendre, on aurait dit qu’il savait. Il a commencé à me frapper, je suis tombé tête première sur le comptoir mais il a continué, même jusqu’à utiliser la porte d’armoire. Ça faisait mal. J’essayais de me déprendre, mais tu sais, il est assez costaud, c’était dur. Il me disait des menaces, il essayait de me faire cracher le morceau. J’avais mal au cœur, ce qu’il disait sur moi ça devenait horrible. Quand ça a été assez pour moi, j’ai dis comme j’ai pu ‘’Oui, je le suis ! T’es content là ? Laisse-moi ! ’’. C’était affreux, comme s’y attendais juste pour me dire ‘’Enfin’’. Il m’a lâché, il avait un air vraiment satisfait de savoir, je sais pas pourquoi, ça fait peur. Il s’est en aller en me faisant jurer de pas le dire sinon ça serait pas long que je saurais encore plus amoché que je l’étais. Moi, je suis resté là à repenser à tout les noms qu’il m’avait traité, ça m’a donné les larmes aux yeux, je me trouvais aussi con de lui avoir dit quand j’aurais pu résister. Et je me suis endormi un peu après, déprimé…


***


Le dos du narrateur, assit en indien, s’appuya sur le béton froid d’une poutre, du sous-sol humide, lorsqu’il fini de débiter se qu’il avait à dire.

Ça faisait du bien et en même temps, ça faisait que décoincer le mauvais. Surtout en attendant une réaction, son opinion, quelque chose du moins...

-Ouain …

Bon, ce n’était pas beaucoup mais ça semblait exprimer tout ce qu’il ressentait, tout y passait, de l’appréhension partagée à la colère. C’était bien qu’avec lui qu’il pouvait oublier qu’il n’était pas seul. Au moins, ce n’était pas un de ces amis, même s’ils détestaient Brad, qui avait fait l’agression, c’était au moins ça.

-Tu l’as dis, Renchérit Brad, en appuyant sa tête contre la clavicule droite de l’adolescent, les yeux vers le sol grisâtre. Le pire, c’est …

-Qu’on peut pas rien faire sans être dans une manière ou d’une autre dans la merde ? Proposa Stéphane, un peu amer envers une autre situation qui se montrait cruelle pour la relation.

-En autre, Soupira le premier garçon.

L’atmosphère en était lourde, on voyait bien qu’ils semblaient découragés, désarmés.

Brad continua, ayant une idée, même si c’était de dernier recours :

-Écoute, tu devrais ou serais mieux de faire accroire aux autres que t’aime les filles. En même temps, je pourrais me servir de Corine*. L’image pourra pas jouer contre nous.

-Vraiment obligé ? J’suis pudique avec les filles, j’sais pas pourquoi… Et elle…. j’l’hais pour lui faire des choses désagréables comme lui arracher les entrailles en la laissant se vider de son sang …

À vrai dire, ça ne semblait pas lui plaire extrêmement, mais pas du tout. Mais Brad ne put s’empêcher de sourire stupidement à ce qu’il venait de dire, en se moquant :

-Si t’es pudique, t’es pas tendre en tout cas.

-Non, hahaha, pas vraiment !

-Sauf que je crois que t’aurais pas le choix de t’améliorer, j’ai menti à ton sujet à Jonathan, j’ai dis que t’étais en amour, Reprenant t-il plus sérieux.

-Bof, Riposta Stéphane, inconvaincu. Un amour, ça peut être passager aussi.

Il attrapa immédiatement ses mains, se redressant comme pour supplier :

-J’sais ... mais …, Marmonna le jeune garçon. Joue le jeu …

Presque collé, les doigts emmêlés aux siens, si proche, Stéphane se rapprocha de lui. Disant rien, l’air neutre. Pour l’autre, c’était comme une tentation, une envie de rester comme ça qui se manifesta à son rougissement.

-C’est toi qui joue pas le jeu, Brad, murmura t-il, finalement, taquin.

Brad comprit qu’il avait déjà accepté par cela. Il le repoussa, en s’exclamant, mi-amusé, mi insulté :

-Oh, t’es con !

-Non, hétéro, fit-il, en lui faisant un clin d’œil.


***


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Lun 30 Avr à 23:39

En chimie, deuxième période avec un laboratoire minutieux et demanda une bonne dose de concentration en prime.

Alors qu’il était penché à analyser les résultats temporaires de la sienne, on le frôla, sans délicatesse, en passant derrière.

Brad sentit son dos, non protégé par son tablier transparent, être éclaboussé. Un frisson de froid le secoua et une odeur de vinaigre lui montée à la tête.

Pas de suspect autour, ça avait discret.

C’était comme un signe de guerre.


***


En maths, troisième période avec des chiffres, des graphiques, des calculs complexe qui accompagnait. Examen, couronnant le tout.

Pendant qu’il était encore à agiter ses méninges, après un bruit de raclaquement de chaise sur le plancher, il sentit une main le projeter contre son bureau. Il releva la tête, sa bosse frontale se déclarant encore sensible.

Pas de suspect autour, ça avait discret.

C’était comme un signe de guerre.


***


Comme à l’habitude, il maugréait contre les travaux d’équipes. Ce qui se passa en physique, en quatrième période.

Dans le fond, quelques rires éclatèrent, deux-trois ‘’J’comprends rien en astrophysique, j’arrête ! ’’ Aux quatre coins de la classe, le niveau de voix qui semblait à l’unification d’un cri énorme. Il n’avait aucun doute que les pensionnaires ne se sentaient pas le besoin de travailler, même regroupés. L’atmosphère d’un vendredi après-midi habituel.

Sauf lui. Lui il était tout seul.

Même son amant entretenait avec les siens. Bien sur, ils ne voulaient pas de lui, alors il restait seul à griffonner distraitement dans la marge de son cahier. La paume de sa main qui tenait son menton, il en profitait pour l’observer.

Il ne pouvait entendre au travers la conversation mais il se délectait de son beau sourire, gesticuler quelques peu, rire rarement mais avec son rire caractérisque, vivant, moqueur parfois, doux d’autres.

Il l’observait être le contraire de lui en sociabilité. Ça ne le dérangeait pas, il était habitué et savait qu’ils étaient importants pour Stéphane même si Brad ne savait pas ce qu’il leur trouvaient. Il avait simplement hâte. Hâte d’être seul et désobéir aux règles. Hâte d’être près de lui, sans que le surveillant soit aux alentours, sans que personne ne sache.

L’avertissement le mettait aussi sur ses gardes, il fallait profiter de chaque instant ensemble, chaque occasion qui à l’avenir allait surement être plus rareté qu’autre chose.

De son coté, Stéphane était en diagonale de lui, un mètre ou deux plus loin. Il avait complètement délaissé son travail, le reste de ses amis l’avaient aussi fait pour vaguer à une occupation plus plaisant

Mais pas pour bien longtemps…

-Silence ! Excusez-moi ! SILENCE J’AI DIS !

La voix nasillarde du vieux bonhomme de physique d’un cran plus haut qu’à l’ordinaire fit cesser tout bruit, toute activité. Il semblait contracté et on voyait les veines de son crâne presque dégarni battre le sang. M. Marchand leur envoya un regard suffisant pour faire mortifier quelqu’un dans son incapacité d’être autoritaire.

-Madame la directrice adjointe a à quelque chose d’important à vous annoncer ! Grogna t-il, mécontent.

Celle-ci qui était devant la porte et qu’on aperçu à ce moment s’avança élégamment, dans sa finesse et dans superficialité, près du prof.

En même temps, ils s’étaient lever en guise de salut avec un ‘’bonjour’’ avant que Marchand leurs fassent signe de sa main gracile de se rasseoir.

-Merci Monsieur Marchand, Dit Madame Trudeau en inclinant légèrement la tête. Bon …

M. Morin s’occupait des garçons et elle des filles. Dans l’établissement, il était peu normal et peu fréquent de la croiser. Surtout à ce moment devant une horde de garçons. Stéphane, lui, s’en fichait pas mal, pensant que c’était peut-être pour encore leur faire des reproches. Il retourna vers Brad son regard qui avait relevé la tête, pour en profiter pendant que les autres avaient leurs attentions ailleurs.

Il eut une idée à cet instant. Il avait trouvé le moyen d’être sur ses amours en rigolade.

On aurait pu voir qu’il avait fait la même chose et que Stéphane lui envoyé un clin d’œil. Comme pour le rassurer sur le plan qui lui été passé par la tête. Brad sembla avoir eu un petit frisson discret alors que le jeune garçon se leva, en prenant un crayon à mine comme justification.

-Je suis venu vous parler aujourd’hui car on a pu organiser… il a un problème, monsieur euh… ?!?

-Dubois. Non, non, tout va bien ! Dit-il, d’un ton exagérément content, en étant venu se placer à avant vers elle, l’observant de la tête au pied J’me disais juste que ça fait étrange d’voir une femme avec un cul aussi horrible à peine caché par un tailleur horrible aussi, ici !

Un éclat de rire général se déclencha. Insultée, elle tira sur sa jupe.

Mais il regardait les autres se marrer, en particulier Brad qui avait compris le début de la connerie.

- Allez-vous asseoir ! Gronda t-elle.

-Ohh… ça veut pas dire que vous vous habillez trop sobre et que votre derrière est pas beau que c’est la fin du monde… allons… moi j’en ai un très beau et j’m’en porte pas plus mal que vous. - Brad approuva du regard, tout impressionné de son impudeur. Dites, vous êtes célibataire, ma p’tite dame ? Dit-il en prenant le ton idiot d’un dragueur peu charmeur, en jouant avec son crayon.

Les élèves étaient pilés sur leurs chaises, les deux adultes étaient, scandalisés, auraient certainement bien voulu le torturer à ce moment. Mais seul le couple comprenaient le geste.

Stéphane continua son opération improvisée en commençant à lui dire toutes sortes de compliments idiots. Sa figure était prise par un faux charme, beaucoup de mesquinerie et de son éternel malice. Tout ça jusqu’à temps qu’ils voulurent le stopper et le ramener à l’ordre, pour la perte de temps.

-Monsieur Dubois ! Cria M. Marchand, scandalisé et sous le stress des apparences. Retournez vous assoeir ! Immédiatement !

-Ooohhhh nooon, s’il vous plaaaiit, se plaignit le jeune en se rapprochant de la femme. C’est moi qui l’ai vue le premier !

Évidement, les élèves s’étaient imaginés, en plus de la scène présente, le couple entre le vieux grincheux et l’autre dame snob. Même lui-même eut de la difficulté à ne pas esquiver un sourire de sa remarque.

-Il a raison ! Rugit madame la directrice. À votre place ! Monsieur…

Il s’accrocha à la manche du chemisier blanc orné de dentelles, avec un air piteux. Brad apprécia le faux dramatique, le trouvant à la limite convaincant.

-Comment pouvez ne pas vous rappeler de mon nom ! Moi qui entends toujours le votre dans ma tête, cette voix me rend fou ! Elle dit toujours ‘’aaaaHHH… MADAME TRUDEAU !!’’

Elle essaya de se déprendre de son emprise pendant que le vieux professeur me semblait ne plus savoir quoi faire et que les élèves étaient complètement écroulés de rire sous la scène désopilante. Brad commençait à trouver sa stratégie efficace comme les autres croyaient à son amour des femmes même s’ils savaient que c’était une blague. Brad eut l’idée de se servir de sa ‘’fausse’’ petite amie l temps qu’il l’avait sous la main. Il commença par griffonner quelques cœurs dans d’une des pages du cahier avec un ‘’I love Corine’’* un gros cœur qui entourait le message. Il en fit quelques uns avec son prénom avant de retourner les yeux sur la scène.

Stéphane avait amplifié la petite tragédie en lui demandant une déclaration d’amour en montant le long de son bras. Quand elle essayait que de le calmer…

-… Vous me brisez le coooeeeeuurr !! Ça me fait maaaal ! Dit t-il, une main sur le cœur.

-A… Allez, arrêtez ! Vous me faites perdre mon temps !

-Sortez, on veux vous voir à la fin du cours !

Stéphane relâcha son bras. Elle se le frotta comme pour enlever une saleté invisible pendant qu’il se plaça devant le vieux prof, défiant.

-Vous êtes juste jaloux parce qu’elle, contrairement à vous, elle vous m’accorde de l’importance, qu’on se complète en fesses aussi ! Rajouta t-il, avec un petit sourire. Et c’est pas criminel d’aaaimer, à ce que je sache !

-Ça suffit ! Sortez de mon cours !

-Ok, Haussa t-il les épaules, devant blasé un instant.

Ses lèvres muettes adressèrent à Brad un ‘’Arrange toi pour sortir ! ’’. Brad lui rendit son clin d’œil de tout à l’heure.

Stéphane se retourna vers la directrice et lui dit, toujours dans son allure de séducteur manqué :

-Quand tu veux, vous, han !! Et c’est Stéphane Dubois, mon nom ! Mais t’peux m’appeler Stephy !

Tout le monde étaient pilés en deux tandis que les adultes bouillaient de rage.

Sûrement qu’elle allait se rappeler de lui au regard meurtrier qui lui lança.

Il sortit de la classe sans honte, tête haute. Les deux essayaient de calmer la classe en délire.

Il s’appuya plus loin sur le mur du corridor, fier de son coup.

Après trois minutes, Brad sortit de la classe, chercha du regard l’autre garçon puis fonça sur lui. Et l’embrassa à pleine bouche dès qu’il fut à sa hauteur. L’autre avait entouré son visage de ses mains et Brad les avait irrésistiblement posées sur ses fesses pour le ramener à lui.

-T’es diabolique, Souffla le brun, à deux centimètres de son visage, brisant le baiser.

Stéphane lui murmura, souriant à se qu’il venait de dire à son sujet :

-Non, c’est toi qui l’est… - Il lui caressa la joue - Tu me pousses à des choses idiotes comme ça.

Il eut un souffle rieur, lui rendant son sourire.

-Ça a du bon !

Face à face, incapables de se détacher des yeux.

-Ouais et ils vont s’empreindre à moi à la fin du cours… Qu’est qu’elle voulait d’ailleurs ?

-Un truc de sortie, le biathlon annuel ou de quoi du genre …

-Beurk…, commenta t-il, d’un air dégouté. J’espère qu’on va avoir du temps pour nous… et on a combien de temps là ?

-Pas gros, j’ai demandé la permission d’aller aux toilettes et c’est pas prudent, il a des cours autour et faut que je revienne avant la fin du cours. Alors j’y vais pas seul.

-Ah non ? Commenta l’expulsé, les sourcils haussés.

-Mouais !

… Au fond de l’endroit, cachés par un panneau et des lavabos.

Le miroir juste derrière eux, horizontal, en longueur, reflétait tout. Braisier. L’isolement, l’enlacement qu’on aurait presque dit de l’électrostatique, le baiser qui se brisa, l’empressement, le charme en son genre de l’endroit, la sensualité, les doigts de Brad qui lissaient l’étoffe du pantalon de Stéphane, ceux-ci qui emprisonnaient aussi la fermeture éclair, les mains de Stéphane s’étaient posés sur ses épaules.

Donc, ce fut plutôt … Face à face, incapables de se détacher jusqu’à ce qu’ils dépassèrent un peu trop les cinq minutes...


***


À la cloche* , Brad sortit, comme tous les autres, de la classe. Il aperçut brièvement son amoureux, appuyé contre le mur près de celle-ci, attendant nonchalamment la fureur des deux corps enseignants qui allait bientôt arrivés quand ils allaient leur parler. Ce qu’il ne savait pas, c’était une grosse erreur de les avoir humilié et un grand malheur d’être puni.

Notre héros, pour sa part, c’était mis à la recherche de Corine. Il l’a repéra dans le hall d’entrée, avec quelques de ses amies, juste avant qu’elle s’éclipsé avec Jonathan.

Brad s’appréhendait une des filles au hasard qui s’avérait être Aurélia.

Il lui demanda sans trop de contexte :

-Euhh, salut… tu sais ou elle est partie ?

-Corine ? J’sais pas. Jonathan voulait lui parler d’urgence.

-Ok… merci…

Tournant les talons pour partir dans la direction ou étaient partis les deux, il la repéra assez rapidement dans la foule, à l’écart avec un de ceux qui le détestait.

Il resta tout près, faisant semblant de rien en vérifiant quelque chose dans ses poches, captant en même temps la conversation

-C’est super, ça va aider

-Ouais pour nous faciliter la tâche. Il pourra pas intervenir.

-Donc, tout va être prêt pour ça de ton coté ?

-Tout est près. Pourquoi tu penses que j’ai proposé l’idée ? C’est tellement une bonne occasion. Surtout là !

-Ah, salut Bradichoouu, s’exclama Corine, sans prévenir.

Il s’était approché, faisant semblant d’être intéressé en allant la voir, ce qu’elle avait du voir.

-Allo

-Salut Spitfire, Ajouta Jonathan en le dévisageant.

Ça avait plus pris la sonorité ‘’dégage’’. Il les dérangeaient et c’était peut-être mieux comme ça.

Corine, pour sa part, avait sauté au cou de Brad, celui-ci la retenant par la taille, ne sachant pas quoi d’autre faire de son excessivité.

-Qu’est qui te rends si contente ? Demanda Brad.

-J’ai passé une trop bonne journée et t’es là !

- Voyons, on, on ne se connaît presque pas… du tout...

-Pas grave çaaaa ! Dit-elle, en exagérant.

-Gênez vous surtout pas pour moi, j’y vais… On s’en reparlera, Corine.
Coupa sèchement Jonathan, son regard sur Brad.

Mais bizarrement, c’était pas du mépris.

Du dégoût.

Corine accepta en lui faisant un au revoir de la main, Brad ne réagit pas trop, choqué par son observation.



*J’expliquerai pourquoi plus tard
* LOL, vous aussi vous allez rire de moi. J’avais comme pas remarqué que Corine s’était jamais présenté à Brad et donc en réalité, il sait même pas son nom. Mais bon, faisons comme si il connaît au moins son nom. *siffle*
* Ça parait que j’ai écrit ça avant mon audition… PARLER MOÉ PU de cloches avant un bout !!


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Lun 30 Avr à 23:44

Chapitre 13 : Et nous tomberons et nous volerons ... (POV)


Deux semaines s’était écoulés depuis.

Brad vivait sans cesse de petites et subtiles menaces. Aucunes grandes en vue cependant, ça devenait de plus en plus inquiétant. Et en même temps, rien pour se réjouir quand les autres devenaient pesants. Le pauvre avait l’impression de craquer. Stéphane avait même l’avait remarqué.

En conséquence, le dossier scolaire des deux amoureux était sur le point de craquer, quoiqu’ils s’en fichaient…

Premièrement, Stéphane avait, pour sa part, été puni comme il l’avait prévu. Corvées diverses pour encore 14 jours (Donc, un mois en réalité). Et puisque le aquathlon* approchait, il allait rester tout seul à en faire le double cette journée là. Malgré sa haine de cette sortie, il trouva le moyen d’en protester son exclusion.

Deuxièmement, Brad avait séché au moins 6 cours cette semaine, pour être sur d’avoir la paix mais Stéphane ne pouvait plus le suivre. Il ne pouvait pas se permettre d’allonger ses heures de corvées si c’était pour qu’ils se voient carrément plus en dehors des cours à cause ce qui s’était transformé en gaffe.

Car, à la suite de ces remarques et les altercations qui se multipliaient de façon drastique, tout cela terrorisait le plus petit. Comme s’aborder sans peur que quelque chose de terrible éclate était devenue une occasion si rarissime, ils se parlaient presque plus. Adieu, la cour des grands pour un grand moment, quoi…

De plus, Corine avait compté pour beaucoup dans sa réputation durant ces deux semaines et Stéphane avait artificiellement jeté son dévolu sur celle qui semblait être sa meilleure amie, avec le conseil de Brad. Pour qu’il puisse enfin jouer le rôle du garçon avec une fille en vue.

En parlant de ça justement…

-… Elle a l’air intéressante à regarder en tout cas, Commenta Brad, daigneux.

-Ouain, pas mal… Dit Stéphane, le regard tourné vers Aurélia, qui semblait très absorbée dans une conversation. Mais moins qu’toi ! Ajouta-il, d’un ton plus bas, en se retournant du bon coté de la table

-Haha… Fit Brad, pour camoufler la véracité de la réplique, en brassant distraitement le contenu de sa soupe. Mais t’es sûr que tu veux lui demander… pour de vrai ? Et si c’était réciproque ? Ça sera louche quand on va les lâcher en même temps.

-Oui, chu sûr. Et t’en fais pas pour ça, ça serait pas en même temps.

-Ok debord, si tu sais ce que tu fais.

-Je sais ce que je fais, Brad. Toujours.

Un sourire mielleux poussa dans la figure de celui-ci.

-Pas si sûr de ça, moi. Marmonna le jeune, en rappelant en sous-entendu qu’ils profitaient de leur première conversation aujourd’hui.


***


Près des portes vitrées, une des entrées vers l’arrière du collège, Stéphane avait traîné la blondinette, après le repas du midi.

Les salutations habituelles passés, le garçon attaqua, semblait pour une rare fois timide. Il l’avait déjà dit, il avait de la misère à établir des liens avec des filles.

-Aurélia, tu sais, je voulais te dire…, Commença le garçon, incertain

Elle devina, elle devait être une petite vite. Souriante, indulgente, la jeune fille lui évita de devoir se gêner encore plus pour lui demander.

-Pas besoin de te fatiguer. Ça sert à rien et on le sait tout les deux.

On aurait dit qu’une gifle imaginaire l’avait frappé de plein fouet au visage alors qu’il tenta de se rattraper en faisant l’ignorant :

-Qu’est que tu veux dire ?

-Je le sais en devinant, c’est tout. T’en fais pas, c’est pas plus grave que ça - Elle regarda autour pour vérifier que personne ne les écoutaient - … et comme tu sembles assez intime avec le p’tit Brad...

Stéphane ne semblait pas en revenir. Absolument pas. Disons que cette ’’gifle’’ avait été donnée par un colosse surhumain.

-Comment tu s…

-C’est juste pour dire que je – Elle baissa la voix - suis pas homophobe et que je vous souhaite pas de mal que je vais te dire ça… - Stéphane semblait affreusement intrigué, toujours sous le choc – Est-ce t’as su ce qui t’étais arrivé à Brad, il y a quelques jours ? Qu’il se fait niaiser un peu ?

-Oui, il m’a raconté. Pourquoi ? Tu sais quelque chose ?

-Oui, pour ça. Fait super attention prochainement, ok ?

Le jeune garçon commençait à redouter son air alarmiste et sa façon de le faire sentir inquiet.

-Ok. Qu’est… Qu’est qui se passe ?

-Ça je peux pas te le dire. Refusa Aurélia, en secouant la tête. Toi et moi, on risquerait de perdre des amitiés en plus d’être dans l’eau chaude.

-Mais…, Insista t-il, en roulant son mot.

-Non. Sauf que… demain…

Il s’énerva un peu pour savoir plus vite :

-Quoi demain ?!

-Assure toi de faire tout ce que tu peux pour que tu viennes demain

-Ouf, ça va être dur mais je vais essayer.

Quelques heures plus tard, c’était deux non catégoriques l’un après l’autre que Stéphane entendait dans ses oreilles de garçon qui faisait du chantage à chacun des deux adultes qui l’avait puni.

-C’est grave…. En fait, ça va plus le devenir pour lui. Crois-moi.

-Ayoye, ok, ça a l’air pas joyeux… Hum… - Il s’éclaircit la gorge avant de continuer à parler plus bas – Mais toi tu l’as répété qu’on …

-Non, ça a rien à voir.

-Parfait parce que sinon, tu dois savoir qu’on va y goûter.

-J’imagine que oui. Je peux te poser une question ? Demanda la jeune blonde.

-Vas-y

-Ça fait combien de temps… entre vous deux… ?

-Ça va faire 3 ans et demi dans un mois.

Elle était visiblement attendrit :

-Hon, bravo !

Stéphane pouffa d’un petit rire gêné. Il constata :

-Première fois qu’on me dit ça

-Parce que je suis la première, peut-être parce que personne le sait ?

-Ouais, c’est vrai, Rigola Stéphane, en voyant comment sa réplique d’avant était idiote. En tout cas, merci de l’information, je vais essayer de m’arranger.

-De rien, faites attention à vous, bye, Salua Aurélia, avant qu’ils se séparent chacun de leurs cotés.


***


Si Brad aurait su ce qu’il l’attendait au moment de monter en rang dans l’autobus, le lendemain, seul, il aurait refusé de s’y asseoir.

Il s’était installé par la suite au milieu, à la droite. Il affichait un air blasé, on devina qu’il ne voulait absolument pas être là. Une musique violente aux effets symphoniques dans ses écouteurs accompagnait le paysage qui changeait progressivement, son sac sur les genoux, il soupira déjà d’ennui.

L’endroit ou les garçons et les filles furent conduit ressemblait à un centre sportif, le même que tout les ans, entouré d’un peu de végétation. Un soleil de plomb brillait en ce début mai lors de l’arrivée.

On les traîna aux vestiaires, à l’intérieur avant que leurs soit donnés les mêmes instructions de la journée. Lui, il s’habilla de ses vêtements de sport face au mur de ciment et au banc de bois.

Il avait déjà et encore peur de terminer dans les places les plus mauvaises du classement.


***


Un étroit sentier, le sol en pente et de la forêt sur chacun des cotés.

Le souffle saccadé, il marathonnait de tout ce que son système cardiovasculaire pouvait donner comme effort continu. Il avait quelques personnes autour, mais il ne pensait qu’à avancer. C’était quand même spectaculaire ses efforts.

Si long, trop loin de la ligne d’arrivée.


***


Pendant ce temps, Stéphane s’occupait d’essuyer la vaisselle du déjeuner.

La pile le découragea, il n’avait jamais remarqué comment les cuisinières étaient fortes mentalement pour s’attaquer chaque jour à chaque repas à remplir et à laver chaque assiette, en plus des ustensiles et des verres.

Encore pour longtemps et ensuite, les autres tâches se succédèrent. pfff..

Il se demandait bien à quelle position Brad était et s’il tenait le coup, en regardant sa montre.


***


Et encore pendant ce temps, une trentaine de mètres plus loin, une caméra s’alluma alors sur des paires de baskets. Puis se mit en pause.

Parmi les propriétaires qui semblaient s’être exclus eux-mêmes de la compétition…

On attesta :

-Je suis prêt de mon coté…

On demanda :

-Ok, parfait. Vous le voyez ? Est prête ?

On remarqua :

-Je la vois arrivé, il doit être plus loin derrière.

On vérifia :

-Le reste est beau.

On donna le signal :

-Ok, c’est parti.

La caméra se ralluma avec les paires de chaussures qui se séparent.


***


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Lun 30 Avr à 23:44

Brad avait sérieusement besoin d’eau, il commençait à être déshydraté. Son cœur battait à tout rompre, il pensait vraiment qu’il allait bientôt faire une pause de marche.

En plus, il ne savait pas encore combien de kilomètres il lui restait avant le lac.

Quelques mètres en avant de lui, une fille s’arrêta. Lui, il ne le vit même pas. Il ne se préoccupait que d’avancer.

La fille ne s’était pas retourné, elle avait une queue de cheveux qui retenait ses cheveux et laissa indifférente dépasser par les quelques élèves qui la sépara du garçon.

Bientôt celui arriva près elle et dès qu’il fut à sa hauteur, elle l’attrapa par le bras pour le retenir et l’empêcher de continuer son chemin. Elle à sa droite de profil, lui à la gauche.

Brad retrouva le contact avec la réalité des autres en regardant Corine qui semblait bizarre. Trop bizarre à son goût. Elle avait perdu son air naïf et excessif au profil d’une émotion qui stagnait dans le méphistophélétique.

-Qu’est qui y a ? Demanda Brad, intrigué par ce qu’il lui prenait.

Elle garda le silence un instant, comme si elle attendait quelque chose. Il resta pour cette raison posé alors qu’elle répondit enfin :

-Qu’est qui y a, qu’est qui y a…, Répéta la jeune fille, méprisante.

Elle le força à reculer jusqu’à la délimitation du sentier parce que c’était avancé de la manière d’un attaquant devant sa victime…. Enfin ce qui était assez cela. Brad ne comprenait rien et croyait qu’elle était en train de faire un truc de filles du genre une crise de jalousie ou une crise de dépendance.

-Il y a qu’t’es répugnant !!

-Quoi ?! S’étonna t-il, comprenant rien, perdant son calme. T’es folle ou quoi ! Qu’est qui te prends !

Corine le poussant en le faisant perdre pied en s’exclamant :

-On pourrait plus te le demander, espèce de PÉDÉ !!!

Ni plus ni moins, vers un enfer planifié, ce mot le menait.


***


Brad, les épaules voûtés, avait le regard vide, posé sur son sac et sur la banquette devant. Il mastiquait silencieusement les insultes et la honte.

La seule pensée qu’il se disait, sans cesse jusqu’à la tristesse, était qu’il était rendu en enfer. L’enfer alimenté par son exclusion, par de vielles illusions, par un motus et bouche cousue contraignant… et maintenant pas le rejet total. Qui allait devenir le carburant principal.

Aussi, encore et encore repasser dans sa tête ce foutu vidéo qui avait fait le tour ici et au centre sportif, qu’on l’avait forcé à voir…


[Rec.]


[ On voit un arbre à la droite de l’écran, puis un gros plan quelques mètres plus, une pente. L’emphase du dernier mot finit par se faire entendre, très clairement par absence de vent.

Puis ce mot qui attire un autre gros plan. On aurait dit que tous les déplacements du caméscope et ceux de Corine sont coordonnés.

La fille a eut l’air à s’arranger d’un détail, qu’une racine d’arbre soit dans sa trajectoire, qu’avant même qu’il se retrouve par terre, elle le pousse une autre fois. Tout ça sans qu’on ne la voie faire. Cette fois-ci, il est carrément projeté en bas de la pente. On suit sa chute, sans montrer la fille.

Alors, l’angle descend encore. On voit Brad se redresser un peu, plein de boue sur les pantalons et sur ses mains. Il est tombé dans une partie de sol détrempé à ce qu’on pouvait voir.

La caméra est en mouvement, tremblotante, on entendait des bruits de pas. Et à travers ce déplacement pour être plus près, on vit alors Williams, le plus bâtit de tous, arrivé le premier à côté du pauvre adolescent pour le maintenir couché.

Même si Brad donne des coups de pied et de poing un peu n’importe comment pour se défendre, tenir à l’écart du deuxième plus fort, Marc-André, qui vient le retenir en place, cela ne marche pas.

Les deux le plaque avec obstination. Après un instant, on voit le corps de Brad s’immobiliser complètement, incapable de bouger d’un poil.

Corine s’est approchée, derrière les deux. On voit alors que la caméra est penchée vers la scène qui se déroule mais en même temps, la jeune fille est visible. Celle-ci se met à parler aux téléspectateurs !

-Hey ! On va vous montrer ce qu’on fait aux tapettes dans sont style !

Corine claque des doigts et soudain apparaît Frédéric qui tient quelque chose dans sa main et Kevin, comme s’ils étaient auparavant encore cachés. Ils se mettent alors à administrer intensivement, coups de poings et coups de pieds un peu n’ importe où avec une grande violence. On la voit ressentit sur Brad qui essaye de se protéger comme il peut, essayer de se replier. Pendant ce temps, comme si le reste était une diversion, Corine lui applique un morceau de ruban collant électrique la bouche pour faire cesser les protestations sonores qu’il avait commencé à sortir.

Kevin s’exclame :

-Voilà, on va l’appliquer su Spitfire parce qu’il l’mérite bien en plus.

À la droite de l’écran apparaît Jonathan, derrière Brad. Le champ visuel mouve un peu pour qu’on puisse se rendre compte qu’il tient un récipient et un branche de bois avec un liquide étrange et transparent y dégoulinant. Qu’on puisse voir aussi que Brad attend le reste sans savoir.

Puis… qu’un torrent d’un liquide orangé, visiblement de la sauce tomate s’écrase d’une renversée sur lui. La tête n’en est pas épargnée mais beaucoup moins que le reste du corps. Brad en fait une face de surprise prononcée, les yeux apeurés.

Les autres rient et Frédéric passe ce qu’il tient à Corine durant que la caméra se dirige partout autour de l’adolescent pour constater le grand dégât qui coule sur l’herbe boueuse.

Brad n’a plus d’autres moyens que de se plaindre par le morceau gris qui étouffe carrément ce qu’il veut dire en muughh mughh. Il essaye de se débattre, ayant pratiquement aucune chance de sortir de l’emprise avant qu’ils en aillent finit avec lui, à première vue. Williams lui écrase la tête par terre, pour stopper sa tentative vaine de protestation. Il la maintient très fort en jugeant par l’expression de douleur sur la figure du jeune garçon.

Puis Corine s’approche des trois, Jonathan, pour sa part, vient se poser en face de Brad, ayant délaissé le récipient. Les deux s’incline en même temps.

Pendant un moment, on ignore ce qu’ils fabriquent.

Les deux se relèvent et se déplacent enfin pour que la caméra s’approche de Brad. Et on observe le phénomène de la substance, de la sève de sapin, qui est devenue brunâtre en de grandes lettres collantes sur le front. Les pires lettres assemblées ensembles, voilà ce que ça allait devenir pour le pauvre.

FELUETTE

Juste avant que Jonathan déclare aux auditeurs :

-Et c’est pas juste que des apparences, Spitfire l’est.

Brad ne sait rien mais il s’en doute comme il en tremble.

La caméra se remet à le filmer en panoramique. Dans le dos, on distingue du liquide correcteur qui a blanchit des endroits dans le orangé. Blanchit dans des insultes et des obscénités absolument abaissantes à son égard. Le reste a été déversé sur sa chute de reins.

Puis, on retourne en plan moyen, vers l’avant. Encore des rires méchants qui s’élèvent. Ils en sont tellement déconcentrés que Brad en profite pour se redresser, refiler un de ses fameux crochets droits à Williams.

La caméra s’arrête en voyant que ça dégénère. Noir.]

[ Ce qu’on avait pas vu, c’est le garçon ne s’y attends tellement pas qu’il se tient le visage. Brad en profite pour se relever aussi vite qu’il le peu et il se met à courir le plus vite possible, voulant les semer. Pathétiquement sale. Aurélia lâche sa caméra et c’est la seule qui se met à courir pour le rattraper. Mais sans chance puisqu’il s’était enfuit, enfuit jusqu’au lac beaucoup trop rapidement pour l’être. Une course d’urgence jusqu’à l’eau. Qu’il avait nagé jusqu’à la rive, plongeant plusieurs fois sa tête dans l’eau pour enlever un peu du collant de la sève. La nage qui donna à ses vêtements une allure encore plus pitoyable, donna à l’eau un peu de couleurs à son passage. Et après avoir franchi la ligne d’arrivée, il avait dénoncé, au moins il n’avait pas tant perdu de temps. Il était au milieu du classement. Ensuite, il s’était lavé, lavé, lavé de cette foutue humiliation que les professeurs attendaient bêtement de punir …]

[Rec.]


Et par-dessus tout, cette foutue réputation qui s’était bâtie par le coup qui défilait encore et encore…

Et elle paraissait. Depuis qu’il était sur le chemin de retour, il avait du encaisser du mieux qu’il pouvait les chuchotements, les moqueries. Ceux autour qui se plaignaient et voulaient qu’il dégage… du véhicule, carrément… En seulement quelques heures, il était devenu une risée. Et on continuait en remettre.

Ainsi, quand il débarqua du marchepied, on le poussa par terre. Des rires machiavéliques. Mais personne ne l’aida à se relever. Il se remit sur pied, tristement, rageusement.

En ayant assez, quand il entra dans l’école, dernier du rang, il s’en alla en sens inverse.


***


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Lun 30 Avr à 23:44

***

Pendant ce temps, assis dans la salle collective, Stéphane n’entendit qu’à la toute fin l’entrée des garçons. Lui, il s’était littéralement écrasé sur un fauteuil après avoir eut son congé pour la journée de d’époussetage, de remplacement, de lavement, ect ect. Certains paraissaient particulièrement fiers de leurs coups.

L’adolescent se leva et se dirigeai vers Kevin, un de ceux avec des tâches de saleté qui maculais ses vêtements, et demanda des nouvelles :

-Pis ? Ça avait l’air salissant c’t’année …

-Mets-en ! T’as manqué de quoi ! … Euh, quoique que c’est pas vraiment pour ça …

Il se rendit compte qu’il en avait trop dit mais ce fut trop tard comme ça piqua la curiosité de Stéphane.

-Qu’est que tu veux dire ?

-Rien, laisse faire, ça va pas t’intéresser ! Tenta t-il de se sauver.

-Bien oui, ça m’intéresse.

-Bon, comme tu veux, je te le montre mais je t’avertis que ça va pas t’plaire.

Il alla demander à William ce qu’il tenait entre ses mains graciles, soit une caméra puis il l’alluma, reculant le vidéo puis exposa le mini écran à Stéphane de manière à ce qu’il puisse voir.

La vidéo démarra et deux trois se rassemblèrent autour pour la regarder encore une fois.

Ce fut très difficile de cacher la rage bouillante qui montait, prête à jaillir. Tout lui donnait l’envie de gerber tellement il trouvait ça horrible, qu’il s’en fait pour lui.

Ce fut encore plus de paraître ravi de ça et de rire comme les autres.

Et de les féliciter, de le discriminer pour se justifier de sa nouvelle réaction à son égard, à la toute fin de l’acte sordide filmé, ce fut le pire de tout.

-Yark…, Commenta t-il. J’arrive pas à y croire… Trop bien pensé, bravo. Et bien fait pour lui.

-Eh ben, Steph, je croyais pas que t’allais réagir de même.

-Ah non ?

-Ouais, pour ça qu’on voulait pas t’en parler ou te prévenir du coup comme tu tiens avec lui. Expliqua le garçon au visage allongé, en fermant l’appareil.

Mais qu’est qu’il disait, ça n’avait aucun sens, il ne le pensait même pas, c’était tout le contraire…

Puisque le thermomètre sifflait. Hurlait. Ébouillait.

-Tu peux être certain que je vais le lâcher comme ami, j’ai des limites, franchement. Wash, j’en reviens pas… y est dégueulasse ce gars-là…

Et dire que quelques uns étaient de ses amis. Enfin, des amis qui font du mal à deux personnes en croyait n’en faire qu’à une…

La tête de Stéphane était dans un étau, il avait de la difficulté à dire des choses du genre, mais il fallait continuer :

-Y est ou le petit chieur que j’aille y régler son compte à mon tour ? Rajoutais-je, impitoyable.

-J’sais pas, pas ici. Il doit être en train de pleurnicher comme une fillette à quelque part. Blagua William, en reprenant sa caméra.

Un éclat de rire s’envola. Dont le sien qui se mêla avec une cruauté dure.

-Ok, je vais aller voir. Faut que j’aille rire de lui.

-Laisse-nous en ! Ria Kevin.


***


Je me mis donc à sa recherche. Je me disais qu’il était à un endroit ou personne n’allait pouvoir le déranger. Pour cela que je me mis à le chercher dans toutes les classes et les pièces vides à cette heure sur mon chemin. À une quelconque classe de français, je vis dans la petite vitre une ombre sur le plancher reflétée par la lumière de la nuit. J’ouvris, pressé mais sans bruit, je me suis précipité vers la masse recroquevillée.

Il avait sursauté et avait tourné la tête, le regard vide, vers moi. Je crois bien que la dernière et la première fois que je l’avais vu comme ça, c’était encore un gamin à l’imagination tuée. Et maintenant devant moi, je revoyais parfaitement la similitude de cette image.

Il avait ainsi bougé les lèvres pour que le surnom prenne l’aspect d’un appel à l’aide. Brisé, comme s’il essayait de me rappeler des choses inaudibles à travers.

-‘Amour…

Ça faisait mal de le voir comme ça. En furie contre ce qui était arrivé, je m’approcha, toujours debout, pour sortir :

-Sont caves ! C’est fou ! J’en reviens pas ! C’est lequel qui a commencé pour toi ? Lequel ? Que j’lui casse la gueule !

-Non … Fais pas ça…

-Voyons là ! Tu te rends pas compte !... Je veux des noms, ok ?!?

-Non, ça va être… encore plus de troubles…

-Qui ?!!... Qui t’as fait ça en premier ??

-STÉPHANE !!

Le ton de Brad, cassé, monta plus haut qu’il le pu pour m’arrêter.

Je le regardais, fixement, restant tranquille pour l’instant, le regard bouillant.

Lui, il me regardait d’un air énervé, les mains sur ses genoux, accoté contre les pattes de la chaise. Beaucoup de colère aussi en lui mais pas nécessairement à mon égard, il ne faisait qu’évacuer et ça passait par cette vanne qu’étais moi.

-Arrête ! J’ai envie de crier…, Finit par rompre l’atmosphère la voix au timbre aigre de Brad. Mais je sais pas pourquoi. Et j’ai pas de voix pour le faire… Et toi, t’en remet !

-On a jamais assez de voix, Répliquais-je, un peu dur, en le comprenant bien. On est jamais capable de le faire de la bonne façon.

Il avait un diable en lui. Un diable qui voulait s’exprimer. Son corps tremblant de la rage qui l’habitait, il se débattait en lui pour tout défoncer, sortir de son emprisonnement étouffant.

-Je sais même pas comment faire, Se plaigna t-il.

-M’a te montrer comment on fait.

Je me pencha pour l’attraper par le bras pour le relever, lui, il essayait de reculer pendant un instant. Avec hystérie, j’enfonça mes mains dans son collet pour le retenir, détermine à faire sortir ce diable. Je me mis à le provoquer avec rage comme je l’avais rarement fait avec lui :

-QUI T’AS FAIS ÇA !?!

Brad se débattit comme une bête, jusqu’à prendre le contrôle et à pousser sauvagement contre le rebord du bureau en face, ses mains pressant encore ma poitrine et à se laisser aller :

-ELLE !! PIS ENSUITE ILS ONT COMMENCÉS !! TA YEULE LÀ ! TA YEULE !!

Il m’embrassa furieusement, lui mordant la langue, les deux mains qui s’étaient dirigé sur chaque cotés de mon visage. La pression de mon dos contre la terminaison du bureau était faisait presque mal mais je m’en fichais, j’essayais de bouger un peu pour ajouter à sa fureur. Je l’aidais, à la limite d’être étendu complètement étendu sur le bureau, lui au dessus. Et je trouvais ça irrésistible. Comment il était beau en colère.

Je marmonna, en brisant le baiser complètement fou, impressionné :

-Ok, j’m’calme… Bravo, tu fais bien ça crier…

Il s’arrêta de bouger, comme médusé d’avoir tout fait ça justement. Je pris gestuellement des respires avant de reprendre :

-J’excuses. Juste que ça a pas de maudit bon sens !

Il me laissa la voie libre, me laissant m’asseoir sur le bureau, plus à aise.

-J’sais…

Le regard qu’il me lança en dit long, me brisa le cœur. Piteux, implorant, insécure. Il avait libéré un des deux sentiments qui l’habitait, il en restait un résistant

-Tu m’aimes hein ? Me demanda t-il, faiblement.

L’insécurité. Ce qui eut pour effet de mettre encore plus en morceaux mon cœur, en lui prenant les mains. Une réponse à la voix serrée :

-Oui… Oui… Mon beau Brad. Toujours. Plus que tout. Je t’aime tellement. Jamais ils vont recommencer, on te fera plus de mal. Ils t’en feront plus. Pas à une personne aussi fantastique que toi. Chuutt, c’est fini, je t’aime.

Je ne sais pas comment j’ai fait pour finir de dire tout ce poids de paroles fortes en émotion. Lui et moi, on eut mutuellement les larmes aux yeux en se comprenant, en s’approchant. J’étais doux, je parlais doux comme je pouvais.

Mais je continuai, en omettant ma misère à articuler comme il se doit :

-Je les laissais pas faire. On est plus forts. On est solidaires. On s’aime. On va arrêter ça. On va se battre.

Il avança ce qui nous séparait, passa la tête par delà mon épaule en se tenant par mon cou, comme un semblant de câlin.

-Arrêtes, tu vas me faire pleurer.

-Quoi ? Qu’est que j’ai fait cette fois ?

-Rien. C’est pas toi, c’est à cause de c’est tellement beau ce que tu viens de me dire…

Je le ramenais vers moi. Il battait des cils pleins d’eau.

-Pleure pas, pleure pas, mon ange.

Brad renifla tout de même à ma parole.

-Quoi… qu’on va faire ?!

-Ça suffit pour moi. Je sais pas pour toi mais s’en ai trop.

Je passais mes doigts dans les mèches brunes de l’arrière de son crâne, délicatement, que je pouvais en oublier la colère. Je sentis un hoquet faire vibrer son corps, en imprévu, très fort.

-Ça veut dire quoi que ça suffit pour toi ?! Lança Brad, déconcerté.

Se séparer complètement alors. Lui qui s’accrochait au dossier de la chaise de tout à l’heure, alerté. Plonger dans ses yeux, s’y enfoncer pour être sur de mes paroles et elles étaient indéniables, authentiques :

-Que je veux partir de cette place pourrie.

C’était pas de la surprise, c’était de l’incompréhension qui fit animer Brad une deuxième fois :

-Quoi ? Quoi ?? Mais… moi ??... je veux pas que tu t’en ailles… Non pas ça…

Il prenait vraiment ça comme une révélation de rupture, après des mensonges dis, que c’était pas la meilleure journée pour. Surtout quand s’en étais pas du tout une.

-Chut, c’est pas ce que tu crois. Fis-je. Pour ça que je parlais au je. Je sais pas ce que tu en penses toi.

-J’veux pas … que ça recommence… J’étais bien, moi, enfin un peu… Constata Brad, reniflant une autre fois.

-Qu’est que tu veux faire alors, toi ?

-J’vais… J’vais te suivre, ok ? Je veux pas rester dans un enfer qui est né. Implora t-il, persuadé qu’il pourrait s’en sortir de cet enfer en s’enfuyant.

Idiot, complètement idiot, tout ça. C’était dangereux, imprudent, incertain. Et en plus le secret qui pouvait être suspect si on partait ensemble.

Mais on sentait qu’entre nous deux, on voulait s’en fuir, être tranquille pour être une escapade durable.

-D’accord, si c’est ça que tu veux…

Brad se rapprocha encore de moi, s’assoyant sur mes genoux.

-Oui, j’veux. Et j’veux pas te laisser partir sans moi.

Cette fois-ci, ce fut un véritable câlin, il semblait s’enfouir dans mes bras, tellement il s’y accrochait. Comme s’il voulait rester à tout prix à mes cotés. Il dit, tout bas aux creux de mes oreilles :

-On m’achalera plus, t’auras plus à le voir. Donne nous du temps pour préparer et…

C’était impensable jusqu’à maintenant ce qu’il rajouta par la suite.

-… Et… On va pouvoir s’aimer librement, sans personne pour nous juger.

Je lui souris pour lui répondre. Juste avant de sceller cette entente par un baiser plus normal que le dernier, en tournant la tête vers lui.

Je lui proposa, par la suite :

-Viens. Ça été une grosse journée pour toi, mon pauvre.

Il opina de la tête pour accepter, avec réticence. Je lui proposai ma main pour qu’il saute par terre avant de le faire à mon tour. Puis on quitta la classe comme si on n’avait jamais personne qui se seraient réfugié.

Un couloir avant la salle collective des garçons, je l’arrêta brusquement d’un :

-Attends !

Il ne savait pas ce que je voulais faire.

-Qu’est qu’est qui y a ?

Il haussa un sourcil, médusé en voyant que j’avais desserré son col de chemise et ébouriffer quelques peu ses cheveux.

-J’ai mentis, j’ai fais euh… ce qu’ils sont. Mais ça sera pas pour longtemps, c’est déjà dur comme ça, Expliquais-je.

Brad semblait sceptique, ses lèvres bougeaient seulement de gauche à droite.

-Allez, je vais derrière toi, ils vont rien te faire.

Il soupira, un peu découragé.

-Ok, Ok…

Il continua son chemin sans moi jusqu’à la porte, faisant semblant de boiter minimalement. Je le suivis, deux mètres plus loin. Il se dépêcha de monter aux dortoirs et je restai un moment en bas, racontant mon faux exploit aux autres. Quand j’arrivai en haut, prestant me coucher tôt comme j’avais travaillé fort toute la journée, Brad était en train de se mettre en pyjama, fraîchement lavé. Je m’avança dans l’allée jusqu’à son lit :

-Je te l’avais dit qu’il se passerais rien.

-Mouais… Qu’es que tu as raconté ?

-Rien de spécial, seulement que je t’avais magané un peu.

Brad ria.

-Quoi ??

-Je t’imagine me ‘’magané un peu’’ !

À première vue, ce qu’il avait pensé, c’était plutôt drôle que violent ou plutôt par amour que par haine. Je devina et l’attrapa par la taille pour l’attirer à moi, lui boutonnant les deux boutons restants détachés.

-Tu sauras que t’as supplié que j’arrête. Quand en réalité, ça aurait plus été le contraire.

Brad éclata de rire, amusé, plus détendu.

-Certain…

Il bailla par la suite. Moi, je le guida jusqu’au matelas, ou il s’assit puis se coucha. Puis, je l’abriai des couvertures alors que la tête de l’autre toucha l’oreiller.

-Ooohh t’est tellement mignon quand tu me traites en enfant, toi ! Sourit—il, pour la première fois depuis ce qui étais arrivé.

Adorable, je déposai un baiser rapide et doux sur son front. Pour enfin lui murmurer, me faisant un quart de tour sur moi-même, tout bas comme pour être dans l’ambiance :

-Parce que t’en ai presque un. Bonne nuit, mon ange.

-Bonne nuit, mon amour, Ajouta Brad, semblant déjà rêveur même avant d’avoir fermé les paupières.



*''Associant natation (généralement en bassin) et course à pied’’ mais pas en bassin…


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Lun 30 Avr à 23:46

Intermède 2 – Stéphane : Pureté de l’enfance…


La femme passa sa main dans sa coupe carrée noire, semi-horrifiée, semi-perplexe. Derrière son bureau, choquée de surprise, elle arpentait aussi le devant de la classe. Celle-ci était vidée, les pancartes colorées du fond, les noms dessinés devant chaque bureau paraissaient soudain, à Martine Rioux, mornes et pleines de mystères qu’elle devait déceler. Son petit équilibre menacé, comme quoi elle n’était plus en parfait contrôle de la situation et du bien-être de chacun de petits ‘’amis’’ comme elle les appelait. Là, comme ça, quand elle a laissé passer sous silence des signes précurseurs, c’était arrivé.

Seul un minuscule bureau était occupé et son occupant ne semblait pas du tout comprendre le comportement pour le moins étrange de sa professeure. Il se contentait de rester bien assis, du haut de ses 7 ans, à se demander naïvement quand il pourrait bien retourner profiter de la partie du midi de ballon chasseur qui se déroulait sans lui.

Puis des mots paniqués, intenses, peut-être trop durs, alors que Martine se tourna vers l’enfant.

-Je sais pas pourquoi tu as dis ça exactement mais c’est très irrespectueux, très grossier de ta part ! Tu as fait beaucoup de peine à Élise, tu sais ?!

Les yeux ronds, le gamin ne voyait encore moins pourquoi la fillette avait fait tant une histoire avec ça, avait fait sa crise de larmes digne d’une princesse en manque d’attention.

La professeure, ayant peu l’habitude de monter autant le ton avec un élève, ne le laissa impitoyablement pas glisser un mot en enchainant tout de suite :

-Comment tu sais ce que ça veut dire ? C’est des mots pas gentils du tout, surtout envers tes camarades !

Pourquoi on lui criait dessus ? Pourquoi on était méchant avec lui ?

Il y avait pas de mal dans ce qu’il avait dis dans sa tête. C ’était des paroles communes, dites souvent en sa présence.

-Euh, je le sais, Couina t-il, naïf et répondant pas du tout à la question qu’il avait de la difficulté à saisir.

-Voyons, tu l’as appris quelque part pour savoir ça ! À la télé, chez toi, des adultes prés de toi, ect ? Qui ou quoi ?

Il chercha innocemment pendant un bref moment une réponse, sa paume soutenant son menton, ayant un air de chérubin. Avant de répondre, de son ton toujours très calme et mal assuré de se faire gronder par sa professeure si aimable avec lui, à l’ordinaire.

-Papa mais il m’a pas appris, il m’a dit qu’il fallait dire ça.

-Ton père ? Répéta t-elle, inquiète. Est-ce qu’il y a quelque chose qui se passe chez toi ? Tes parents te traitent bien ?

L’enfant plissa les lèvres, ne comprenant pas ou Martine voulait en venir.

Tout ce qu’il voulait, c’était retourner jouer avec ses amis. Ses parents étaient pas vilains avec lui, pourquoi elle lui demandait ça, Martine ? Pourquoi elle était si blanche et elle le regardait plus avec colère ?

-Oui, Finit t-il par dire, tentant une réponse incertaine.

-Humm, d’accord. Est-ce-que tu pourrais demander à ta maman de venir me rencontrer, demain soir à 4 heures, s’il te plait, Stéphane ?

Pourquoi parler avec maman ? Il allait être punit ? Maman va le punir ?

Mais il accepta quand même le service demandé sans savoir sa portée.

-Ok, Martine. Je peux retourner jouer au ballon chasseur, là ? Han, Martine ?

-D’accord. Mais avant, Stéphane, je veux que tu me promettes d’être gentil à l’avenir avec Élise et tout les autres amis de la classe., que tu dises plus ça, c’est clair ?

-Oui, c’est clair. Assura t-il, content de pouvoir s’en aller.

-Merci et en attendant, je veux que tu sois gentil envers Élise, et que tu ne dises plus ça, d’accord ? Demanda la professeure, en s’assoyant à son bureau.

Il hocha la tête, sans trop comprendre encore son avertissement, tandis que lui se leva pour accourir dehors de sa classe.

Après tout dans sa tête d’enfant, c’était correct de dire à une petite fille de son âge, une fille joufflue et aux tresses lousses, ‘’grosse conne, t’es qu’une pute !’’ à la récréation, quand elle avait refusé de lui céder son siège de balançoire.


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Dim 3 Juin à 22:17

Chapitre 14 : Clameurs d’une fuite


Il faisait semblant d’être plongé dans son cahier de notes de biologie, mais en fait, il relisait des barbeaux qu’il avait fait quelques minutes plutôt. Des mots d’impatience, des dessins sans but, un calcul ayant aucunement rapport à la matière. Brad semblait attendre en relisant tout cela. Même si c’était pour enregistrer des J-1 !!! ou des hâte, hâte, hâte car le premier cour semblait passé si lentement.

Depuis deux jours, il endurait des choses terriblement éprouvantes mais il attendait en souriant en coin, le nez dans son cahier. Mardi. Demain. Quelques petites heures encore. Des minutes qu’il prenait presque la peine de compter.

Des heures avant la liberté, des heures avant l’indépendance.
Des heures avant de soulager ce manque agressif. Ce manque de lui, d’une vraie présence, de sa chaleur. Manque de lui, il s’en ennuyait à force.


***


Il le verrait ce midi, tenir encore devant les conséquences, les petits affronts et son indifférence, son mépris inventé de toutes pièces.

La cloche, sonne, bon sang.

Pas fléchir. Le cour d’éducation physique, le basket, le ballon en pleine figure, l’absence de passe, les équipes, lui dans l’équipe adverse. C’était bientôt terminé. Bientôt. Plus que quelques heures.


***


Dans la bibliothèque déserte ou presque pour l’heure du midi, entre les deux derniers rayons parallèles, autour des encyclopédies poussiéreuses, c’est là où Brad fut enfin content de l’heure actuelle. C’est aussi qu’il se libéra un peu de ce manque entre ses lèvres. Au bout d’une minute, il se détacha de Stéphane, surexcité :

-J’arrête pas d’y penser, je tiens plus.

Stéphane lui sourit, approuvant :

-Aussi. En plus, tout le plan est élaboré dans ma tête.

-Cool. Ça va être… tellement parfait…

-Oh oui.

-J’sais même pas comment je vais faire pour tenir jusqu’à six heures, Lui avoua Brad.

-Ouain, Approuva t-il, exaspéré après sa série de corvées qui se continuait encore et tout ce qu’il devait encore faire pour montrer sa fausse haine envers lui. Mais tu vas y arriver, mon ange, t’es fort.

Il pris encore une fois possession de ses lèvres, pour une deuxième fois.

Mais Stéphane dut partir, pour redescendre à la cafétéria, pour faire semblant. Toujours et encore ces fichues apparences qui venaient gâcher les rares ocrassions d’être ensemble.


***


6 heures – ou OH MON DIEU, ENFIN ! pour Brad… - , encore des poussières… Il se rejoignirent durant le souper, dans la salle collective, seuls pour le moment. À une table de travail, ils s’installèrent, avec une distance minimale qu’ils s’imposèrent au cas où quelqu’un arriverait sans qu’ils s’en aperçoivent.

-J’étais pas capable de me concentrer en français. Alors j’ai fais ça….

Sur la table, Stéphane avait éparpillés plusieurs feuilles. Brad jeta un coup d’œil sur une d’entre elles, un budget.

-Tant que ça ?

Les calculs s’avéraient astronomiques.

-Mais j’ai pas assez avec le peu d’argent que je reçois de mes parents et j’imagine que toi non plus.

-Mais on va travailler, je sais bien qu’on a pas tout ça ensemble, pour ça que je me suis rappelé où quelqu’uns mettaient leurs argents.

Brad cligna des yeux, interdit. Il demanda, un peu dans l’exclamation quand ils les détestaient :

-Quoi ? Tu veux voler tes amis mais ils vont le savoir !

-Et puis ! Ils pourront rien faire, on sera pu là ! Y’a pas de problème, Brad, c’est peut-être des amis mais c’est pas très respectueux de se moquer de quelqu’un comme toi.

Il semblait bouder, le visage maussade, croisant les bras :

-Ok. T’es mieux placé que moi pour décider, après tout. C’est toi le spécialiste…

-Roh, allons, t’es et t’étais pas dans le bon contexte pour t’en faire. Tu vas voir que toi aussi, tu y a droit.

Brad ne répondit pas, haussant simplement les épaules, pas convaincu. Stéphane essaya de changer de sujet pour pas le blesser d’avantage, lui montrant une autre feuille.

-Sinon, j’ai fait ce qu’on avait besoin d’emporter, on devrait aller faire nos bagages, si tu veux.

Brad accepta, sortant de sa bouderie.

Et ils se retrouvèrent bien vite dans un champ de bataille de vêtements et d’objets éparpillés sur le sol à l’entour et sur les lits des deux. Brad était assis en tailleur au milieu du sien, enfouissant, dans son sac à dos bleu marin tout ce qu’il jugeait être essentiel, avec application de préserver le maximum d’espace possible. Quand à lui, Stéphane était agenouillé à fouiller dans son armoire pour être assuré de rien laisser des souvenirs compromettant dans ses affaires.

À un certain moment, il s’exclama, le visage caché par la porte de métal grise matte :

-Eh Brad ! Tu veux t’amuser avec moi à déchirer les albums de l’école ?!

Brad réagit immédiatement en protestant - presque à une porte … :

-Eh non ! Déchire les pas, faut que tu les emmène !

Stéphane se recula pour sortir la tête, quelques mètres plus loin, en fonçant les sourcils, dubitatif :

-Comment ça, emmener ?

Brad soupira, secouant la tête de gauche à droit, les paupières fermées :

-Rohh... les photos de groupes, franchement !

-Qu’est qu’elles ont les photos de groupes ? Redemanda t-il, incapable de raisonner avec efficacité en ce moment.

Il lui adressa une raillerie pleine de sarcasme :

-Imbécile… regarde les et tu vas comprendre… - Stéphane avait commencé à feuilleter les pages de l’album de l’an dernier et il finit par donner sa réponse, tout de même – … c’est la seule, euh preuve matérielle collective que toi et moi, sans que ça se voit, on est ensemble

-Ah ! Ouais, c’est vrai, j’avais pas pensé à ça. Ok, je vais suivre ton conseil, Marmonna t-il, confusément, en les mettant à part dans ses effets qu’il allait apportés.

En effet, ils avaient été photographiés dans des différents cours de leurs classes des trois années précédentes, des albums qu’ils possédaient tous les deux, et le tout changeant à vue d’œil. De la disposition, du décor, des élèves et bien sûr, eux-mêmes. Et sur chacune, si on observait bien, on pouvait voir qu’ils semblaient que très peu préoccupés par l’immortalisation. Sur la plus récente, ils avaient même eut l’audace de se tenir la main, se qui se voyait pas derrière le corps d’un autre garçon devant eux. Personne n’avait jamais vu le geste.

Ironie du sort, ils allaient se sauver de tous les autres élèves, de l’établissement, très prochainement.


***


À l’heure précise ou le couvre lieu eut comme à l’ordinaire, eux étaient au premier étage, sac à dos sur les épaules. Dans le hall d’entrée d’apparence luxueux, près des portes, Stéphane lui expliqua son plan, la tactique qu’il avait élaboré, imaginé maintes fois, toute la journée:

- … J’sors en premier et j’t’attends au coin de la rue. Tu sors après moi, compte environ trois minutes, et quand tu franchis l’entrée du collège, tu te mets à courir. Ensuite, on se rend jusqu’au dépanneur pour prendre l’autobus.

-Pour aller ou ? Dit Brad, assimilant le tout, demandant cette information essentielle.

-Je sais pas, on décidera avec les circuits et tout ça. Ça te va ?

Il approuva, ne sachant pas trop laquelle des destinations, ils pourraient emprunter. Puis il avait aussi une autre angoisse qui lui trottait dans la tête :

-Moui. Sauf que …. Si on se fait prendre ?

-Dehors c’est tellement vaste pour chercher que ça leur prendra des semaines et des semaines seulement savoir ou on peut être possiblement allé, alors y a pas à avoir peur.

-Ok, Sourit faiblement Brad, n’ayant pas vu ça comme ça

-J’y vais, dans ce cas. À dans un instant !

Le sourire de l’autre adolescent s’agrandit en laissant échapper les mêmes derniers mots. Cela pendant que Stéphane, audacieux, poussa les deux portes qui formaient une minuscule entrée, pour aller à l’extérieur.

Brad observa sa silhouette se fondre dans le noir, commençant à compter les secondes dans sa tête. En même temps, il tapait du pied sur le tapis, guettant les bruits avoisinants qui pourraient être incommodants pour lui.

Trois minutes interminables. Trois minutes interminables. Avant qu’il ne puisse franchir à son tour les portes, s’échappant, une bonne fois pour toute, de sa peur qu’on le trouve planter là.

Il fit semblant de prendre une marche sur le terrain avant du pensionnat, très calmement, d’un air innocent malgré la noirceur suspecte. Il traversa en diagonale la totalité du gazon de cette façon, évitant d’une façon efficace d’être dans le champ d’une fenêtre. Puis rendu au chemin d’asphalte, il franchit l’entrée clôturée. Brad se mit à marcher plus rapidement sur le trottoir, comme s’il serait pressé, en remplaçant d’un coup raide d’épaules une des bandoulières de son sac à dos.

Au coin de la rue, il le rejoignit, alors que celui-ci, était posté un pied devant l’autre, ayant surveillé son arrivée.

-On y va ? Chuchota t-il, même s’ils étaient les seuls qui bougeaient dans la rue.

-Oui, Certifia Brad, en hochant la tête, le souffle haché.

Ce dernier sentit la main de son amoureux s’accrocher à la sienne et ils se mirent – ou encore - à courir durant 5 coins de rue.

Le plus vite possible, sans regarder derrière soi.
De cette façon un peu obstruante mais pour pas prendre du retard sur l’un.
Leurs bras accrochés à l’autre qui se balancèrent au son des bruits de running shoes qui foulaient l’asphalte.
L’air frais qui sifflait, les traversaient.

Courir, courir, courir.

Leurs battements sanguins qui leurs sifflaient dans les oreilles
Les poumons qui surchauffaient d’efforts.
Leurs mains qui devenaient moites.
Se concentrer pour ne pas être séparé de la mince accroche.
Et courir….

Jusqu’à temps qu’ils durent de saisir la portée de ce qui arrivait, que c’était maintenant, tandis qu’ils foulèrent la partie asphaltée des pompes à essence.

Ne laissant que très peu de temps pour reprendre leurs souffles, Brad prit possession des lèvres de Stéphane, le mur du bâtiment derrière.

Ils étaient libres. Ne restait qu’à partir.
Du temps en masse avant qu’on s’aperçoit sérieusement de leurs disparitions.
La main de Brad qui passe sur l’autre joue, dans le cou, sans pudeur.
Personne pour les empêcher de ça.
Personne pour les empêcher de s’apprendre la passion.

Celui qui avait débuté ce baiser bizarrement essoufflé mais significatif, réalisant qu’à peine ce détail suivant, lui fit part de cet incrédulité :

-On peut s’aimer comme on veut …

-Oui, Acquiesça Stéphane, souriant, ses mains sur sa taille. Comme on veut…

Libre. Jusqu’à en profiter au maximum. Jusqu’à en abuser même. Jusqu’à s’y déposséder soi-même.


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Dim 3 Juin à 22:17

Ce moment magique entre les deux se manifesta encore plus lorsqu’ils entrent dans le dépanneur pour acheter deux billets aller seulement, évidemment. Ils se tenèrent encore une fois par la main mais le commis, d’une vingtaine d’années, ne dis rien. David, c’était son nom sur son uniforme bleu mauve de travail, leur était même très gentil en en discutant avec eux comme le commerce était vide.

-Vous allez sur quel circuit ?

-Hum, euh…

-Euh…

La carte des circuits étaient affichées sur un des murs tout près du comptoir, rempli de petites destinations et de plus grandes villes. St-Hyacinthe, Granby, Sherbrooke ou Montréal ou ils pourraient ensuite rester ou partir plus loin. Le choix s’imposait sur les deux dernières…

-Le 54. Décida finalement Stéphane sans consulter Brad pour pas montrer qu’ils étaient fugueurs.

-Vous allez faire quoi à Montréal ?

-Aller voir mon père, comme des sortes de vacances. Continua Brad, pour appuyer la stratégie de son amant, disant une partie de vérité. Ses bureaux sont là-bas, pour lui donner un coup de main, des nouvelles…

Ouais, bon… Brad se sentait comme s’il devenait professionnel agrégé des menteries à force d’en prononcer et qu’elles fonctionnaient à la perfection. Mais bon, c’était qu’un inconnu après tout…

-Ah bon, il fait quoi ton père ? Demanda le jeune homme.

-C’est un homme d’affaires important.

-Il…

À ce moment là, la clochette de la porte d’entrée tintintilla, Stéphane se raidit sur place tandis que Brad se mordilla la lèvre. Mais pas de danger à l’horizon, c’était une vielle dame. Par contre, elle fixa en entrant les mains inséparables d’un mauvais œil. Le commis vit cela même s’il resta implacible. Celle-ci continua de déambuler jusqu’à la rangée qui l’intéressait.

-Vous êtes, euh – Ce n’était pas du malaise, il voulait simplement pas dire gay comme la vielle dame était là -, vous savez, ou frères, ou amis ?

-On l’est, Révéla Stéphane, tranchant.

-Ah, ok. Moi aussi, enfin, je veux dire, j’ai un copain.

Stéphane finis par lui sourire. Mais il voulu changer de sujet à cause toujours de la vielle dame – c’était quand même une cliente et fallait pas la froisser ou la perdre ! – alors il ricocha à :

-Vous allez à St-Nom-De-Marie ? C’est proche d’ici…

-Oui, on a eut un congé spécial, justement, Mentit une deuxième fois, Brad.

-Ah c’est étonnant de leurs parts. J’y ai été et ouff… Ma sœur aussi y est en ce moment.

-Ah bon, c’est qui ? Demanda Stéphane.

-Aurélia Arbour. Vous connaissez peut-être ?

Brad blanchit quelque peu et Stéphane hocha la tête :

-Ouais, on la connaît, mais je savais pas qu’elle avait un frère.

-Bof, elle a toujours eut des réticences face à ce que je suis. Elle doit pas vouloir que ça se sache alors elle doit pas trop dire que j’existe à grand monde. Pourtant presque personne le sait dans mon entourage alors le sien…

-Hum ouais, c’est compréhensif de pas le crier sur les toits. On s’y connait. Approuva le plus jeune.

Le commis prit un papier et écrit quelque chose dessus avant de recommencer à parler :

-En tout cas, si vous avez besoin d’aide, d’écoute, peut-importe, je m’y connais aussi. Dit David, en leur donnant une carte avec un numéro dessus.

-Tu peux pas plus connaitre ça que nous, en tout cas. Mais merci, Dit Brad en acceptant le papier et en le fourrant dans sa poche de jean.

Puis l’autobus arriva depuis la fenêtre qui portait dehors. Ils dirent au revoir à David qui les salua drôlement :

-Ok bon voyage, euh…

De la porte, il s’écria :

-Stéphane ! Et lui – Il désigna l’autre qui rajustait son sac sur ses épaules – c’est Brad !

Ils se dépêchèrent à sortir alors que la vielle dame se dirigea vers la caisse, les regardant mauvaisement.

Ils présentèrent leurs billets au chauffeur barbu et s’installèrent dans la noirceur des bancs, entourés de quelques rares personnes. C’est comme ça que Brad se colla à son amoureux, posa sa tête sur son épaule.

-Je te réveillerai quand on arrivera, si tu y tiens. Proposa à voix basse, Stéphane.

-Mouais…

Il eut un petit silence avant que Brad lança, un air plus rêveur que ayant besoin de sommeil.

-Steph…

-Hum ?

-J’aime comment on a tout réussis si facilement.

-Incroyable, pas vrai ?

Stéphane sourit en mettant son bras autour de son cou. Pendant que Conwansville et sa végétation abondante tirait sa révérence.


***


La lumière brillait malgré la noirceur de la nuit, sur ce sol qu’ils posèrent les pieds après 1h30 de trajet. Il était maintenant presque minuit. Brad avait dormi une bonne partie du trajet et sortit de l’autobus en baillant. Affamés et pour passer le temps, ils décidèrent d’aller manger un morceau. Ils trouvèrent un petit café ouvert 24 sur 24 dans lesquels ils se commandèrent un café et une viennoiserie chacun et prient place à une des tables en fer forgé.

Brad posa alors la question qui lui brûlait les lèvres depuis leur arrivée à Montréal :

-On va faire quoi après, pour cette nuit ?

Le hochement vertical d’épaules de l’autre confirma que lui non plus n’avait pas d’idées très précises.

-Ça dépend de ce que tu veux faire, toi.

-J’ai pas d’idées pour l’instant, Marmonna Brad.

-On décidera en temps et lieux, dans ce cas, Finit Stéphane en prenant une gorgée rapide. Mais pour les prochains jours, j’ai une idée sauf que c’est à l’improviste et je suis pas sûr que ça te plaise énormément.

-Essaye donc, pour voir.

-Si ça te tente, on…

Il regarda autour pour voir l’absence de client et la serveuse, loin à lire un roman digne d’une brique et dans l’impossibilité de les entendre.

On dirait que ce petit geste l’avait adopté, imprégné, pour de bon, même en dehors de ce qui les retenait, loin des oreilles totalement indiscrètes. Comme un réflexe, un automatisme qui s’était installé.

-Si tu veux, on pourrait… Oh, attends, faut que je fasse de quoi avant, j’aurais pas la tête à t’expliquer avant de l’avoir fait.

Il se leva et se dirigea vers les téléphones publics. Juste assez pour intriguer Brad, qui se leva à son tour pour aller voir ce qu’il fabriquait. Il était en train de composer, le combiné porté à l’oreille. Il se passa quelques secondes avant qu’il devine que Stéphane attendait le signal d’une quelconque boite vocale, avant que…

-Salut, Olivier … J’sais que tu vas pas avoir ça avant au moins demain matin , toi et mam’ – Brad frissonna drôlement, d’un vouloir en entendre plus, en se rendant compte qu’il s’adressait brièvement à son beau père – mais vous pouvez rien contre moi et qu’est que j’ai fais… essayez rien… c’est ça, bye.

Stéphane déposa avec une certaine colère le combiné, soupirant et Brad, estomaqué, s’exclama :

-Han ! Moi aussi !

-Vas-y, à toi l’honneur, Dit Stéphane en lui donnant une pièce de 25 sous.

C’est à ce contact que Brad s’aperçut qu’il était nerveux ou en phase de l’être. La colère avait camouflée la nervosité.

Chassant la drôle remarque de sa tête, le brun inséra la monnaie requise, composa un numéro. Après un bip sonore, il ouvrit la bouche et dis, avec culot :

-Salut, c’est Brad. Je voulais vous dire que ce que je suis en train de faire, c’est pas pour rien. Je vais bien, pas besoin de vous en inquiéter pour ça. Mais je le fais aussi pour vous dire un grand FUCK OFF !! Allez vous faire foutre tous les deux !

Qu’est que ça faisait du B I E N. Un soulagement dans ce qu’il venait de dire et il n’avait pas l’intention d’en dire plus. Ils ne se mêleraient plus de ce qu’ils feraient de SA vie parce qu’ils seront incapable de le retracer.

Il raccrocha sans prévenir, après un silence enregistré. Stéphane, les yeux ronds, déstabilisé par son impulsivité, se mourra de rire alors qu’ils se réinstallèrent à leurs tables.

-J’imagine trop sa tête quand il va prendre ses messages, Rigola t-il.

-J’aime mieux pas moi... Ça doit être quelque chose de scandalisant pour lui, Plaisanta t-il, à son tour. Imagine s’il est avec des clients, il va me renier !

-Et ça serait un peu de ta faute, Continua Stéphane, se marrant toujours à en avoir les larmes aux yeux. Son pauvre Brad qui a pas écouté son éducation, quelle honte ! Ajouta t-il en appuyant avec sarcasme sur le ‘’honte’’.

-Uhh, oui. Tant pis pour lui !

Brad sourit en prenant une mordée dans son croissant et continua :

-Dis là… c’était quoi tu voulais m’expliquer au juste ?

À voir ses mains se crispées sur ses genoux, il sut qu’il n’aurait pas du le brusquer. Perte de sa joie au prix de cette moue, de cette hésitation qui se traduisait dans son visage et dans ces mots :

-Bon ok, mais ça va être long, je t’avertis… Et comme je t’aime, c’est la même chose pour toi, que t’es de confiance, m’as te dire ce que j’ai jamais dis à personne avant toi…

Brad tressaillit encore, ne pouvant croire qu’il allait faire ça. Enfin. Seulement pour lui. Il bredouilla, déstabilisé, ne s’y attendant pas un :

-Prends ton temps… C’est pas urgent… Je veux dire, t’es pas obligé… enfin, tu vois ce que je veux dire…

-Mouais mais faut que tu saches le reste … sans quoi, je suis pas épargné que tu me fasses pas trop d’histoires de jalousie. S’expliqua t-il, sans avoir l’air de tenir à tout raconter.

-Comme tu veux… Je… Je t’écoute…


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Dim 3 Juin à 22:23

Stéphane serra les mains de son amant qui les avaient prises, comme pour s’y accrocher. La table à peine capable de les recevoir en plus des couverts. Restriction dans l’espace comme l’était l’expression de leurs passions.

Stéphane se mouilla les lèvres comme s’il était en train de mettre en ordre les mots qu’il allait dire, à rayer l’insensé. À départager l’inutile de l’essentiel comme il ne l’avait jamais fait auparavant.

-Tu sais, je… Commença Stéphane, d’une voix coincée, atone.

Mais la bouche de Brad restait close, la place était toute de mise pour des paroles, des confidences.

Juste attendre. Juste avoir l’attention disponible.

Parce-que cette espèce de curiosité l’habitant, elle voulait se nourrir et ne s’en faisait pas avec les répercutions bonnes ou mauvaises. Quitte à ce que ça soit juste du mal, quitte à se que ça fasse du mal.

Le cauchemar amorcé de son amoureux s’exécuta en syllabes, en préambule, d’une manière humble…

-J’l’ai jamais dis à personne, même pas à toi jusqu’à maintenant, parce-que ça me fait honte, que ça m’enrage. Et que ça me fait quelque chose d’inexplicable, un peu comme si ça me rongerait à en plus en finir. Même avec toi. ça me fait le même effet. M’excuse d’avance si ça te froisse ou que je flanche ou que j’ai l’air superficiel ou…

Brad ferma les yeux et hocha la tête un instant, compréhensif, pour lui montrer que c’était correct.

Il commença véritablement alors, raconta une histoire.

Une histoire d’une vie à l’autre.

Son histoire.

-… Stéphane Dubois, 16 ans. Fils de Michel Dubois et de Sophie Fournier. Heum… Je suis tombé en centre jeunesse à l’âge de 7 ans quand une prof est venue se mêler de la vie de couple de ma mère et que ma vie a complètement été chamboulée.

Mon père s’était un espèce de… misogyne camouflé. Le genre de type qui trouve que les femmes sont toutes des sous-personne dès qu’elles font quelque chose qu’il juge de pas correct ou de féminin comme se mettre en robe ou qu’elles sont en présence d’un autre gars. De tous les souvenirs qui me restent de lui, avec le recul, c’était un gros salaud. Et ma mère, elle a des problèmes de dépendance affective. Alors tu comprendras qu’il usait de manipulation avec elle et était très influençable sur moi…

Tu peux pas savoir comment il a fait de moi… un monstre… oui, c’est ça, un monstre, un patin. J’y voyais rien comme j’étais plongé dedans, élevé, comme c’était mon éducation. Ma mère, elle, pouvait pas essayer de me faire comprendre le contraire parce-que sinon elle aurait pu y goûter. Elle avait peur au fond de me voir comme ça, j’imagine. Comment c’était devenu normal de répéter ce qu’on m’avait montré, comment c’était normal de mépriser les femmes, d’en être fier.

(Brad le regarda tristement, ne pouvant pas l’imaginer comme ça même s’il lui avait déjà dit qu’il avait de la difficulté à rentrer en contact avec une fille. Il comprenait maintenant pourquoi…)

Et cette prof de deuxième année-là, Martine qu’elle s’appelait, elle a lentement commencé à avoir des doutes après que j’aille exprimer ce mépris montré, plusieurs fois. Elle a même rencontré ma mère, qui a bien entendu tout nier ce qui allait pas pour pas se retrouver dans le trouble avec son mari.

Quelques jours plus tard, à une réunion de parents, quand elle a été face à face avec ce porc de première, évidemment désagréable avec elle quand elle lui a dis que j’avais des problèmes à l’école. Ses doutes se sont confirmés. Moi, j’ai été réveillé par lui, quand il est revenu, pour m’engueuler férocement. Comment tu veux qu’un enfant réagisse à autant d’insultes, de reproches… J’ai parti à brailler, ce qui lui a pas plu… Je me souviendrai toujours de ses paroles ‘’Tu veux qu’on soit la risée de tous, hein ? Arrête dont de chialer, espèce de femellette ! Criss, on t’as pas mis au monde pour que tu nous fasse honte !’’… Blablabla… ça finissait plus, je vais t’épargner tout ce qu’il m’a dis mais disons, que ça me consolais en rien. Tellement qu’il a perdu patience de me voir en crise, il m’a fais intentionnellement tombé avec force de mon lit et s’est en aller en claquant sauvagement la porte de ma chambre. Presque à en démolir le cadre de porte.

Le lendemain, quand Martine m’a vu avec plusieurs plasters sur le visage, elle a surement jugée que c’était assez. À mon issu, elle a prévenue la DPJ de ce qui pouvait possiblement se passer chez moi. Ils ont jugés que ma santé mentale… intellectuelle… était menacée. * Facque… Ils m’ont carrément arraché, un jour normal, deux personnes inconnues qui m’attendait dans l’entrée de ma maison avec ma mère en pleurs… ‘’On t’emmène ailleurs ou tu vas être mieux’’… Surtout que je savais pas pour combien de temps que j’allais rester pour être… ‘’protéger de ton papa’’… et combien de temps pour que… ‘’Maman t’aime, Stéphane, elle essayer de se remettre sur pied’’… Moi j’ai pas du tout aimé ça, j’étais en colère, contre eux, contre ma prof, contre mes parents. Une grosse colère contre tout le monde, l’univers même. Ensuite, je me rappelle juste d’avoir monté dans leurs auto et que j’ai eu peur de laisser ma mère seule quand mon père aillait bientôt revenir de travailler. Je sais juste par elle que ça été les premiers pas pour une rupture pas facile.

Là-bas, c’était… horrible. On voulait me faire sortir de la tête tous qu’on m’avait fait assimiler, on voulait complètement modifier mon éducation. On voulait régler toute la vie, incompris la mienne, des autres hypocritement en les surprotégeant, en les coupant du reste du monde. Du moins, c’est tout ce que je voyais. Que c’était un endroit pas plaisant, mal entretenu. J’avais beau avoir des amis, plus voir mon père, il en restait pas moins que j’aimais pas comment on me faisait sentir comme un moins que rien, un de plus dans le système. C’est là que j’ai commencé à détester les adultes, en disant le contraire, en me révoltant peu à peu.

(Les mains moites, que le plus jeune tenait, serraient, bloquaient de plus en plus ses doigts. Comme pour sentir son écoute et son soutien. Comme si les mots traversaient de lui à l’autre. Comme pour ressentir tous ces mots qui répercutaient sur la peau de Brad, qu’ils l’atteignaient d’une manière affligeante.)

La plus grosse fois, à mendonné, je me rappelle que j’avais pêté une crise, une grosse crise contre un intervenant qui m’avait provoqué. Je l’ai attaqué d’une façon déchainée. Un autre intervenant à réussi à m’arrêter physiquement et à m’emmener à l’écart. Dans une petite salle, ils m’ont attaché pour que j’arrête de me débattre. J’arrêtais pas de gueuler, de vouloir défaire les sangles. Et j’entendais parler. Des gens qui parlaient de euh… me changer de niveau, de mon dossier médical, d’évaluation de troubles de comportements. J’ai fini par me calmer et les voix s’étaient tues bien avant et m’ont laissé là. Je sais pas combien de temps, peut-être une ou deux heures. Avant de venir me chercher et de m’envoyer sur un autre étage passé des tests avec une dame.

Ce qui a fait que je suis resté là… Turbulence exagérée et instabilité potentielle de l’être, le diagnostique disait … C’est justement sur cet étage… que j’ai rencontré Jérôme, heum… C’est un beau bonhomme mais c’était un bonhomme triste.* Il a quelques années de plus que moi et c’est carrément horrifiant ce qu’il a vécu avant de se retrouver là. En gros, il s’était fait séquestré et agressé sexuellement et avait développé de troubles nerveux qu’il essayait de régler. Je t’épargne les détails mais il était là depuis des semaines et il attendait. Il attendait d’aller mieux, il attendait une autre famille d’accueil. En tout cas… on est devenus amis. Et moi, à force de le connaitre à travers de ses airs de médicamenté, je suis tombé amoureux… T’en fais pas… t’as toujours été le premier, le premier dans tout… j’ai simplement jamais été capable de lui dire comme j’avais peur qu’il me rejette ou qu’il me trouve idiot. J’avais peur d’être encore malmené par mon père à distance, s’il avait su. La révélation, les pensés, les envies offensantes pour lui que j’avais en tête. Et si Jérôme aurait su, ça aurait été quoi, le refus, la destruction d’une relation solide, peut-être même la haine, un retour à la réalité comme quoi il est hétéro.

Ensuite, le sentiment s’est détruit lui-même. Comme la combustion d’un feu de paille. Aussi instantané, aussi inattendu. Il est partit dans la famille d’accueil, pour qui, il était au centre. J’aurais du m’y attendre. Parce-que ça été véritablement une peine d’amour affreuse. Le voir partir si loin comme ça, ça m’a encore plus mis en colère car on voyait qu’il était pas heureux partout ou il se trouvait. Moi aussi d’ailleurs. Après ça, on se voyait que très rarement, on se tenait un peu au courant au téléphone. Lui se promenait de familles, moi je suis resté au centre. La dernière fois que j’ai pu le voir, il allait partir en appartement, sans trop de ressources mais au moins, il m’a dit qu’il allait vivre une autre vie, une meilleure vie. En tout cas, pour dire qu’il pourrait nous aider au début… sinon…

(Aucune jalousie, juste de la tristesse, juste de la compassion dans le visage de Brad qui ne faisait que de le fixer sans cesse depuis tantôt tandis que le regard de Stéphane était parfois absent, parfois vide, parfois fuyant.)

Pendant ce temps, j’avais 12 ans et des poussières, et ma mère a refait la sienne, s’est remarié – l’autre il n’avait plus le droit de l’approcher, selon une ordonnance de la cour – avec un type acharné au travail qui œuvre dans l’électronique. Un type contrôlant, qui veut tout le monde à ses pieds et dont ma mère croit en ses principes dépassés qu’il aime bien exposer encore et encore. Tellement qu’elle, qu’ils, ont voulu faire de moi, me fabriquer pour que je devienne un ’’vrai homme’’ qui réussit dans la vie. Ils ont fait des procédures pour réobtenir ma garde en ayant pleins de projets ambitieux, un avenir brillant, une carrière prometteuse de physicien ou de chimiste. Avoir pour moi la crédibilité, le prestige, une vie digne, juste, aisée. Ils se rappelaient même pas que je pouvais être quelqu’un d’autre. Que je suis pas fait pour ça. Que j’aurais préféré tout mais pas qu’ils touchent à ce qui m’appartient. Ils étaient tellement convaincu – et ils le sont encore – de me ’’changer’’ qu’ils ont enfin eut ma garde après de longues démarches juridiques, à la fin de l’année.

(Brad en frissonna comment il trouvait que ça les liaient autant, comment ils pouvaient être obligés à cet univers sans qu’ils aillent des affinités avec les sciences pures.)

Ensuite, ils m’ont annoncés qu’ils m’envoyaient loin de Drummondville, ou j’ai grandi… Au pensionnat… Dans une ville que j’avais jamais entendu parler jusqu’à ce moment-là… Tu peux croire que ça n’a fait qu’augmenter ma révolte que je voulais pas être ça, que je voulais non plus pas être là. Alors je me suis dis que je vais faire tellement conneries, des choses pour me venger qu’ils vont bien finir par me mettre dehors cette bande de crétins riches et prétentieux. Que mes parents vont bien se rendre compte que je suis pas comme ils veulent que je sois. Ce que j’ai commencé à faire, à me bâtir une réputation de bum et mes parents étaient pas encore au courant. De là, j’ai rencontré des personnes importantes pour moi, mais que certaines m’ont récemment déçu – dont Jonathan qui fait partit du lot. Je sais que tu l’aimes pas, lui non plus d’ailleurs, mais il m’a été d’une aide précieuse avec sa présence et son amitié. Au début, on s’aimait bien et peut-être un peu trop même… mais…

Mais toi… toi… t’as tout changé… t’as et t’es la personne qui m’aime comme je suis parce qu’on se ressemble, dans le fond…. Mon ange qui a tout changé. Mais j’aime pas ça comment je… je me sens nul, pas à la hauteur de toi.

(Les mots défilaient assez vite, comme une bande passante effrénée. Pourtant, toute la confidence faisait défiler de l’eau lentement. Brad en avait une boule énorme dans la gorge, une boule d’être touché par tout cela, par ce qu’il disait sur lui, d’entendre autant de choses prisées de malsain.)

Je me demande souvent ‘’Mais qu’est qu’il fait… qu’est qu’il fout avec moi, avec moi qui peut que lui apporter finalement que du malheur, avec moi dont la phobie il la garde au lieu de la repousser, avec moi qui a peur de… devenir…’’

(Il n’arriva pas à s’y attaquer, comme si c’était indescriptible pour lui. Brad avait remarqué qu’il n’avait pas été vraiment clair mais comme il passa directement à autre chose, il ne put manifester ce qu’il ne comprenait pas vraiment.)

J’sais qu’on a passé pleins d’épreuves ensemble et que je peux paraitre stupide mais c’est vrai, j’aime pas ça. Je me sens souvent mal que tu doives m’endurer ou que je suis en train de te pourrir la vie à force de pleins d’éléments extérieurs. Des éléments incontrôlables, intouchables. En plus, avec une réputation et une identité à sauvegarder sans pouvoir m’exprimer comme je voudrais bien, qu’il faut que je maintienne sinon…

(La crainte, les sentiments menacés, l’installation de l’eau ponctuait ce qu’il disait. Brad ne savait même pas comment il faisait pour tenir, continuer de parler tandis que lui ne faisait qu’écouter et n’en pouvait presque plus.)

Surtout que je suis pratiquement le seul qui puisse te défendre de tous ses choses désagréables qui te collent à la peau, qu’il finisse par m’arriver la même chose. Si on arrivait à savoir … Je pense que je pourrais pas supporter… Non, ça serait catastrophique… Comment tu fais pour rester dans tout cette pression sans craquer ni rien … Je sais pas mais moi j’ai tellement de mal à supporter maintenant, ça plus de sens… Tellement plus de sens…

J’aurais encore pleins de choses à te dire mais je sais pas plus quoi, je sais pas trop comment… j’m’excuse… j’ai l’impression de t’importuner…


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MessageSujet: Re: [FT] Pardonne-moi (R)   Dim 3 Juin à 22:23

Terminé d’un silence.

Fin brusque.

On entendit le bruit des pages du roman de la serveuse et les échos des conversations des autres clients plus loin.

Stéphane s’était tut visiblement embarrassé, reniflant. Complètement apathique, pratiquement piteux. Il semblait malmené par tout ce qu’il avait dis. Brad lui releva le menton qui voulait se réfugier vers le bas.

-Mais non. Merci, merci de ta confiance, mon amour. Ça me démangeait, je peux te dire… c’est … admirable … ce que tu viens de faire, Dit t-il, ébranlé.

Vers minuit et quarante cinq, l’endroit restait toujours aussi peu fréquents à mis part quelques clients qui s’était rajoutés.

Mais personne ne les dérangeait, personne ne prêtait attention à eux, tout le monde s’occupait de se qui les concernait. C’était si nouveau et en même temps si serein.

Personne n’avait vu le couple, lequel un avait commencé à caresser les cheveux de l’autre pour consoler un flot de larmes pour prouver une fierté, une reconnaissance. Le secret qui pouvait déranger mais cette idée qui était sans importance maintenant.


***


Le lendemain, vers 7 heures, c’est là, qu’ils se réveillèrent. Corps contre corps dénudés, sans pudeur, avec une couverture ou deux pour les abrier. Les têtes près de l’autre contre deux oreilles, les corps blottis, entrecroisées.

C’est près un arbre, derrière un buisson, qu’un espace d’un mètre et demi les avaient accueillit. Le parc semblait être propre, avec un peu d’activité plus loin vers la rue mais rien tout près.

C’était tout simplement ahurissant.

Comment les rayons de soleil les éclairaient à l’est, comment la température ambiante était confortable.

Comment ils s’étaient bien réveillé l’un contre l’autre des dizaines
de fois mais que cette fois, tout semblait différemment se passer.

L’extase. La liberté, l’indépendance, quels délicieux sentiments les avaient atteints.

Comme démontrait un baiser donné dans le cou par celui qui semblait allé mieux. Stéphane lui dit à l’oreille :

-Je suis encore fatigué, t’es épuisant...

-T’as trouvé ? S’étonna faussement le deuxième garçon.

-Oui et j’ai pas été déçu…

-Hum… merci beaucoup. Dit Brad, le teint rosé par la gêne avant de l’embrasser lascivement comme si c’était le moment. J’ai encore envie de m’amuser, pas toi ?

-Aussi, Murmura t-il, bougeant un peu sous lui pour se remplacer confortement.

Sans presse, ils profitèrent amplement de ce réveil et restèrent enlacés, prenant plusieurs minutes pour dissiper les vapes de sommeil et d’engourdissements qui étaient cibles d’eux. Gestes lascifs, exaltants, un peu endormi.

Jusqu’à se relever vu l’heure et qu’on pouvait les apercevoir – on est fugueurs ou on l’est pas. Sauf que cette fois, ce n’était pas vraiment à cause leurs dignités personnelles de se faire voir comme ça dans un parc par un inconnu plutôt que à cause du secret de leur amour.

Ils rempaquetèrent leurs affaires et ils allèrent prendre leur petit déjeuner dans un resto tout proche. Après avoir fini en premier son assiette, Stéphane se leva pour téléphoner à ce fameux type. Il était 9 heures et des poussières - alors qu’il entama la conversation pour lui en parler, pour le prévenir de ce qui leur arrivait. Brad resta à table, à rêvasser pendant une bonne quinzaine de minutes avant du retour de l’autre adolescent.

À son retour, le brun le bombarda de sa question immédiatement.

-… Et puis ? Il veut nous hébergé ?

-Il veut bien pour les premiers jours mais pas plus comme son budget est pas faramineux et que ’’c’est pas un hôtel’’

-Est-ce qu’il a la stabilité pour ?

-Ça m’étonnerait qu’il soit au point d’être menacé d’être à la rue. En plus, il m’a déjà donné son adresse pour que je vienne le voir quand je pourrais et de toute façon, on abusera pas. Ça dura pas. Expliqua Stéphane, en se rassoyant.

-Oh cool dans ce cas ! S’exclama Brad, joyeusement.

-Moi aussi je suis super content mais ça me fait bizarre de après tout ce temps.

-C’est sûr mais tu vas pouvoir rattraper le temps perdu. Et si tu es capable de lui parler au téléphone, tu peux bien le voir en personne. Rassura t-il.

Il hocha la tête, disant qu’il trouvait qu’il avait raison. Puis Brad repris la parole :

-Dis… il ressemble à quoi, ton Jérôme ?...

-Heille !

-Bah quoi ?...


***


Brad suivait de près Stéphane qui lui servait de guide inexpérimenté, les deux étant en train de marcher dans une rue d’apparence bien tranquille. Avec quelques arbres pour faire un semblant de végétation, il y avait que de la normalité qui empestait les environs, l’architecture semblait conventionnelle du quartier, les poteaux d’hydroélectricité, les parcomètres précisément dispersés sur le trottoir.

Par la suite, ils s’engagèrent dans un terrain immobilier, y entrent après avoir vérifié le numéro au pas de la porte et montèrent dans l’escalier. Dans les marches jusqu’au 2ème étage, Stéphane pâlit. En tournant à droite, Brad lui lança un air compatissant.

Numéro 4, disait le bois polit. Destination, tout le monde descend…

Brad laissa Stéphane. Il lui susurra un ’’courage’’ avant qu’il ne frappe deux coups sonores.

La porte s’ouvrit après une cacophonie de pas et de bruits divers.

Brad, de retrait contre la rampe, observa attentivement, trouvant se qui allait suivre intéressant et à ne pas manquer. La réaction des deux, en particulier.

Un mur vert à la bordure verte forêt apparut.

Et un garçon de plus de deux ans de plus vieux que son ami.

C’était un grand gaillard aux cheveux bruns clair et au visage anguleux – Stéphane avait déjà du goût, pour ça qu’il voulait pas me le dire… se dit Brad, avec un grand sourire – qui lança, enthousiasme :

-Steph ! Je suis tellement con-tent de te voir ! Je me suis ennuyé comme c’est pas possible pendant que tu moisais dans ce trou !


***


À ce moment là, dans le magnifique et gigantesque bureau du prospère entrepreneur savant-entrepreneur et savant, Rich Spitfire, d’ailleurs, pas très content, cherchait quelque chose dans un bloc note.

Depuis 15 heures qu’il était furax. De un, il venait de perdre un contrat important pour son projet d’envergure qui allait rester en stand-by. De deux, toute sa colère était dirigée vers sa progéniture et ce qu’il avait eu ce matin sur sa boite vocale. De trois, un coup de fil de sa femme l’avait forcé à interrompre une réunion d’affaires. Une heure à essayer de la calmer. Une heure. En mère poule et en chieuse qu’elle l’était, Anne lui avait réclamé en catastrophe qu’il fasse quelque chose, le raisonner et le retourner sur le droit chemin. De quatre, il avait dû passer au moins vingt longues minutes au téléphone pour négocier avec des administrateurs de l’établissement que son fils avait déserté pour obtenir les renseignements qu’il voulait.

Il trouva finalement ce qu’il cherchait avant de se faire déranger par son intercom qui rugit un bip avant de transmettre la voix de l’autre côté de la porte, de sa jeune – et la dernière d’un nombre maintenant incalculable - secrétaire :

-Monsieur Spitfire… on m’a demandé de vous dire qu’il y a …

-Je suis très occupé, Sandra. Grogna t-il, la coupant en perdant ses manières distinguées comme à chaque fois qu’il était d’humeur irritable. J’avais pourtant bien pris la peine de vous aviser que je voulais être déranger sous AUCUN prétexte. Et vous vous faites tout le contraire !

-Oui, je sais, monsieur, sauf que Michel Allard, de la comptabilité, voudrait savoir s’il pourrait s’en aller plutôt aujourd’hui car sa femme ne peut pas aller …

Un autre grognement de la part du patron. Il ne prit même pas la peine de se montrer clément envers la demande :

-Vous direz à cet incompétent d’Allard qu’il pourrait aller chercher un autre emploi en plus de sa stupide gamine à la garderie !

L’employée, au travers de son ton abasourdi, semblait désarçonnée par sa réaction… excessive :

-Euh, d’accord. Mais, écoutez, monsieur, je sais que ce qui vient de se passer avec vôtre fils est perturbant mais ce n’est pas une raison pour prendre les nerfs après tout le mo…

-Je suis TRÈS en contrôle de mes nerfs ! Et j’essaye justement de trouver une solution, alors, comme j’ai dis, je veux avoir la PAIX, la plus TOTALE, jusqu’à temps que j’aille sorti de mon bureau, est-ce clair, Sandra ?! Menaçant l’homme, austère.

-Oui c’est clair. Bon travail, monsieur, Finit par dire docilement la pauvre Sandra.

La conversation se termina sèchement sous un autre bip pour le mentionner.

Alors, il jeta un coup d’œil au papier, dont il avait du user de ses qualités de fin manipulateur pour en avoir le contenu. Belle preuve que au fond de lui, il pensait que l’influence, la manipulation, la corruption, ils les adoraient et allaient les chérir pour toute sa vie.

Un sourire méphistophélique, se vautrant dans son confortable fauteuil de cuir noir, il approcha son téléphone au rebord de son imposant bureau de chêne. Ensuite, il composa la série de chiffres qui se trouvait sous un nom francophone.

Silence pendant que ça sonnait et que ça répondit. Puis il s’éclaircit la gorge en disant :

-Oui, bonjour. Je suis Rich Spitfire, le père de Brad, le garçon qui a fugué avec le vôtre. Auriez-vous du temps devant vous prochainement pour me recevoir ? Je pense qu’on aurait à se parler, vous et moi, monsieur Newton…



*Désolée les accents des ou ont pas marchés sur word
*Je sais qu’en temps normal ça doit prendre plus de temps mais pour les besoins de la cause…
*J’ai emprunté cette phrase d’une ancienne bonne amie


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