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 [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)

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Ja_aveccheveux
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Localisation : Planète Youpelaïlaï
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MessageSujet: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Lun 18 Juil à 8:50

Titre : Souvenirs d’une époque difficile
Genre : drame
Résumé : Un souvenir refait surface
Disclamer : L’univers de Galaxie appartient à Claude Legault et Pierre-Yves Bernard…ben oui!
Spoilers du film : Pantoute!
Rating: R


Souvenirs d’une époque difficile


Chapitre 1

Le vaisseau était en route vers la galaxie du Tit chien qui pue. Cette galaxie comptait quelques centaines de planètes, dont un pourcentage d’entre elles possiblement habitables. Le Capitaine avait bon espoir de trouver, et le moral de l’équipage était au plus haut, du moins pour la plupart.

La chicane était encore pognée entre Bob et Brad. Le scientifique avait traité Bob de gros incompétent à la tête vide, et Bob avait répliqué en le traitant d’arête de poisson pourri, et cela avait escaladé. Depuis trois heures, il y avait un concours d’insultes à la table et tout le monde qui était passé par là s’était arrêté pour encourager Bob quelques minutes avant de reprendre leur chemin. Même le Capitaine avait interrompu sa route vers la salle de commandement quelques instants.

Les deux commençaient maintenant à être fatigués, mais chacun tenait le coup.

-Grosse patate pas de cerveau! Disait Brad mollement.

-Grande épingle à linge pas d’cœur! Répondit Bob, tout aussi las.

Flavien arriva à ce moment précis.

-Hey les gars, qui c’est qui a gagné?

-Gros ramasse-poussière insignifiant!

-Ah les gars! Fit Flavien en un soupire découragé, Vous avez pas encore fini?

-On vous a rien demandé vous! Répondit Brad méprisant.

-Faudrait que vous arrêtiez, le Capitaine sera pas content si vous êtes pas là au couvre feu!

-Pas grave, Rétorqua Bob, puis il se retourna vers le scientifique, Grand maigre feluette*!

Brad prit une grande inspiration. Lui, feluette??? Mais pour qui se prenait-il, ce gros pilote de seconde classe. Comme il allait répondre, Flavien prit la parole.

-Bob…Tu penses pas que-

-Vous, on vous a vraiment rien demandé, coupa Brad, fou de rage, On a pas besoin de votre avis, espèce de demi ET rejet! De toutes façons, y a jamais personne qui a voulu de vous!

« Y a jamais personne qui a voulu de toi »

Ce n’était pas Brad qui avait dit cette dernière phrase, mais elle résonna dans sa tête. C’était une phrase d’une autre époque, un autre temps. Une époque qu’il aurait voulu oublier, mais qui était toujours là, présente dans sa tête. Des événements qui le hantaient parfois tard le soir quand il était le seul encore éveillé. Il avait tant essayé de se convaincre que ça n’était jamais arrivé, mais au fond lui, il savait que ça avait été réel. Ce fut comme un flash et le monde autours de lui devint noir…

***

Bob vit son ami figer. Il avait les yeux grands ouverts mais il était complètement immobile.

Oh non, se dit Bob. La dernière fois qu’il l’avait vu comme ça, c’était il y avait16ans** et ça n’avait pas été un bon souvenir. Bob s’approcha de son ami et passa sa main devant ses yeux. Ils ne clignèrent même pas! Là, Bob était vraiment inquiet.

-Qu’est-ce qu’il a lui? Demanda Brad nonchalant.

-Je l’sais pas mais c’est pas bon signe…





*Feluette c’est la plus grande insulte à dire à Brad Razz
**Voir La Genèse, Bob dit que ça fait 15ans qu’ils se connaissent au début de la mission, donc si dans Œdipe Bouchard, Flavien a presque 23ans, y a 16ans, il avait environs 7ans et ils se connaissaient déjà!!! (wow, j’suis bonne!)



Chapitre 2

Il était dans la cave. Il avait encore été puni pour ce que son grand frère adoptif avait fait. Son frère n’avait qu’un an de plus que lui, mais comme il le méprisait du haut de ses huit ans! Flavien lui en avait sept. C’était sa huitième famille adoptive, et il n’était pas sûr qu’il aurait vraiment du quitter l’autre. Les services sociaux avaient découvert que sa septième famille adoptive cachait de la contrebande grâce à ce qu’il avait dit sans le faire exprès à l’assistante sociale qui venait le visiter tous les mois. Il n’avait pas voulut le dire, mais c’était sorti tout seul. On l’avait alors enlevé de cette famille pour la mettre dans celle-ci. Pourtant, il n’était pas bien heureux ici, mais sa mère adoptive lui avait bien fait comprendre de « fermer sa yeule » comme elle l’avait si bien dit.

Flavien serra son hippopotame mauve en pluche contre lui. Grégoire était son meilleur ami maintenant. C’était peut-être une vieille peluche, mais c’était Mamie Louise qui lui avait donné quand il avait trois ans. Mamie Louise avait été sa 2e famille adoptive, mais elle était morte peu après d’une crise cardiaque. Pourtant, c’était elle que Flavien avait aimé le plus. Elle avait tellement été gentille avec lui, tellement douce! Elle lui avait aussi donné un caillou vert transparent un jour ou ils étaient allés à la plage. Ce n’était en fait qu’un morceau de verre usé par la mer, mais Flavien le traînait partout ou il allait, caché dans le creux de sa poche. Quand il avait peur et qu’il n’avait pas Grégoire avec lui, il serrait son caillou très fort dans le coin de sa poche et c’était comme si Mamie Louise lui donnait un peu de courage.

Il n’aimait pas la cave. C’était un endroit très sombre, et il y avait toujours des insectes qui grimpaient un peu partout. C’était un endroit qui lui faisait peur et c’était probablement pour ça que Pauline l’avait mis là. Elle savait qu’il craignait la cave et elle l’avait donc puni en l’envoyant là.

Flavien serra Grégoire plus fort. Il n’avait même pas été là quand Justin était tombé de l’arbre. Pourtant, son frère était allé pleurer dans les jupes de sa mère en disant que c’était Flavien qui l’avait poussé. Évidemment, Pauline l’avait cru immédiatement, et avait envoyé le plus jeune en punition. Flavien pleurait doucement sur la peluche mauve de son toutou.

-Grégoire? Penses-tu qu’elle va me laisser ici encore longtemps?

Il renifla un peu, et regarda autours de lui.

-J’aime pas la cave Grégoire…Toi non plus hein?

Flavien avait peur de s’asseoir par terre, de peu qu’une créature décide d’aller le rejoindre. Il attendit encore quelques minutes, puis :

-Penses-tu que Bob va m’attendre longtemps près du chêne? D’habitude, si je suis pas là après 10 minutes, il sait que je suis en punition, mais des fois y oublie…

Bob et Flavien s’étaient rencontrés à l’école pendant l’année scolaire. Ils étaient devenus très vite copains. Après l’école, ils se rendaient toujours près du vieux chêne à l’entrée du boisé pour aller jouer. Même maintenant que l’école était finie, ils continuaient d’y aller à la même heure. Pauline ne voulait pas que Flavien sorte trop tôt, mais elle le laissait toujours libre tout l’après-midi. Mais aujourd’hui encore, il avait manqué le rendez-vous à cause de ce stupide Justin! Flavien ne détestait personne, mais son frère adoptif lui tapait royalement sur les nerfs! Il l’accusait toujours de tous les mauvais coups qu’il faisait. Sa mère adoptive croyait évidemment son fils avant le petit nouveau. Flavien avait eu beau se défendre, il avait fini par comprendre que ça ne servait à rien. Maintenant il se laissait juste faire sans rien dire.

Flavien frissonna. C’était l’été mais il faisait frais dans la cave pour un petit garçon en T-shirt et en culottes courtes. Flavien tourna Grégoire et le regarda. Les yeux en plastique de la peluche étaient aussi noirs en profonds que son possesseur.

-T’as froid Grégoire? Je vais te réchauffer…

Flavien frotta son hippopotame mauve quelques instants, puis la trappe de la cave s’ouvrit soudainement.

-Flavien? Fit la voix de Pauline, Viens-t-en ici, j’ai quelque chose pour toi.

Le petit garçon monta les marches grinçantes des escaliers en bois en se demandant si ce quelque chose était bon ou mauvais pour lui…



Chapitre 3

Aussitôt arrivé en haut, il reçut une énorme gifle qui lui fit perdre balance et il tomba presque totalement en bas de l’escalier. Il se frappa la tête durement sur une des marches et vit rouge pour une seconde. Il se remit debout tant bien que mal et passa une main dans ses cheveux à l’arrière de sa tête. Ils étaient humides et quand il regarda ses doits, il vit un peu de sang.

-Ça, c’était ta vraie punition pour avoir poussé Justin en bas de l’arbre, gronda Pauline du haut de l’escalier, Maintenant va faire la vaisselle!

Flavien monta les marches en courant. Il connaissait bien cette voix. Quand Pauline était dans cette humeur, il valait mieux faire ce qu’elle disait ou alors les conséquences pouvaient être très douloureuses. Il l’avait bien appris à ses dépends. Arrivé en haut, il se dirigea immédiatement vers la cuisine, déposa Grégoire sur une chaise et fit couler l’eau.

Pendant qu’il lavait les assiettes, il pensa à Bob qui l’attendait peut-être toujours près du chêne. Il avait hâte d’aller le rejoindre, mais il ne savait pas si Pauline allait le laisser sortir. Il finit de laver les fourchettes, puis essuya le tout et replaça chaque morceau à sa place dans les armoires. Bien sûr, aucun morceau ne s’agençait avec les autres, mais il mit les morceaux semblables ensemble.

Quand il eut fini, il s’approcha lentement de Pauline qui fumait sur sa chaise en écoutant un de ses savons à la télé.

-Qu’est-ce tu veux?? Demanda-t-elle impatiemment.

-Ben, fit Flavien d’une petite voix, J’peux tu aller dehors?

-Vas-y! Répondit Pauline en l’envoyant de la main, J’te veux pas dans les pattes de toutes façons!

Flavien chuchota un bref merci et sortit à la hâte. Dehors, il courut aussi vite que ses petites jambes le lui permirent et se rendit jusqu’au vieux chêne. Dès qu’il le vit, il aperçut Bob assis au pied de l’arbre. Flavien s’approcha.

-Scuse moi Bob, Justin m’a encore mis de quoi su l’dos!

Bob se retourna

-J’comprends Flavien, c’est pas grave. Hey, veux-tu jouer avec mon nouveau camion? C’est ma mômmy qui me l’a acheté hier.

Bob lui tendit son beau camion bleu tout neuf.

-Merci, fit Flavien d’une petite voix timide, C’est gentil.

Flavien n’en revenait pas de la générosité de son ami. Évidemment, il aurait fait pareil, mais lui, à part Grégoire, il n’avait pas beaucoup de jouets. À la place, il s’amusait avec ce qu’il trouvait, des branches, des cailloux, etc. Bob lui prêtait aussi ses jouets et Flavien lui était très reconnaissant.

Le camion était tellement beau! Flavien en avait vu des pareils dans la vitrine du magasin de jouets pas loin de l’école. Bob était vraiment chanceux! Sa mère lui achetait toujours plein de jouets. Flavien lui, n’aurait jamais cette chance.

Il eut une idée soudaine.

-Viens-tu Bob, j’ai une bonne idée de ce qu’on pourrait jouer!

-Ok!

Les deux amis se mirent à courir vers le boisé et on les entendit rire de très loin.

***

Sur le vaisseau, on avait transporté Flavien au centre de santé. Pétrolia lui avait fait quelques tests pendant que tout le monde était réuni autours du jeune homme toujours aussi immobile.

-J’ai rien trouvé à part une activité cérébrale anormalement élevé.

-Ça veut dire quoi ça? Demanda Bob un peu énervé.

-Ça veut dire qu’il se passe des choses dans sa tête, un peu comme des rêves.

-Il est somnambule? Demanda Charles.

-Non, c’est plus des ondes comme s’il se souvenait de quelque chose.

Valence s’approcha.

-Il se souviendrait de quoi?

-Je l’sais pas au juste, Répondit Pétrolia, Mais c’est des souvenirs intenses. Valence, si tu veux jeter un coup d’œil…

La psychologue prit les lectures du scanner et commença à les étudier soigneusement. En tant que spécialiste du cerveau, il lui revenait d’examiner les scans pour déterminer la cause du malaise de Flavien. Pourtant, elle n’avait jamais vu ce genre de données avant.

Elle leva les yeux et regarda le reste de l’équipage.

-Je vais aller chercher ce que ça pourrait être dans mes livres de psychologie.

Sur ce, elle prit les feuilles et parti dans son bureau, résolue à déterminer la signification des scans.

Pétrolia se pencha près de l’opérateur radar et murmura :

-Qu’est-ce que tu as mon beau Flavien?


Dernière édition par le Lun 15 Aoû à 16:09, édité 3 fois
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Ja_aveccheveux
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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Jeu 21 Juil à 8:34

Chapitre 4

Quelques jours plus tard, ce fut la catastrophe. Pourtant, la journée avait commencé comme d’habitude, Flavien s’était levé tôt pour accomplir ses tâches ménagères. Pauline détestait se lever et le voir encore endormi. Elle disait qu’il était paresseux. Alors pour éviter la chaîne d’insultes et de mépris, il se levait toujours avant elle et faisait toutes les tâches qui ne faisaient pas de bruit jusqu’à son réveil. Justin lui, se levait souvent quelques minutes après lui, et allait regarder les dessins animés à la télévision. Flavien y jetait souvent un petit coup d’œil. Il savait qu’il n’avait pas le droit de regarder les émissions de télé, Pauline disait toujours qu’il ne le méritait pas, mais comme tout petit garçon de son âge, il aimait bien les dessins animés. Il faisait semblant de ne pas être intéressé, mais avec son oreille perçante, il arrivait toujours à écouter toutes les émissions.

En ce moment, il passait la vadrouille sur le plancher de la cuisine en regardant la télé de loin. Il avait presque fini ses tâches quand soudain il entendit un bruit de moteur, puis d’une portière. Il reconnut le pas de l’assistante sociale. Il figea. Devait-il ouvrir la porte?

La sonnette de la porte avant résonna dans toute la maison, et Pauline sorti de sa chambre encore toute endormie.

-C’est qui? Demanda-t-elle en s’approchant de la porte.

-L’assistante sociale, Répondit Flavien avec sa petite voix.

-Merde! Grogna Pauline.

Elle saisit brusquement la vadrouille et pointa la télé du doigt.

-Vas vite s’asseoir devant la télé. C’est moi qui mopait, compris?

Flavien fit signe que oui et couru s’asseoir par terre devant la télévision. Pauline ouvrit la porte avant.

-Madame Perreault! S’exclama-t-elle avec un grand sourire, Quelle bonne surprise, mais vous me prenez en plein dans mon ménage là!

-J’m’excuse Madame Godet, mais c’est ma job! Je viens juste vérifier si tout est correct pis je vais parler à Flavien 2 minutes.

-Entez, entrez!

Pauline s’écarta de la porte pour faire entrer l’assistante sociale. Jolène Perreault était une dame dans la trentaine, avec de longs cheveux blonds attachés en torsade. Elle portait de petites lunettes et était toujours habillée en tailleur. Elle passait chaque mois pour vérifier que l’enfant confié à la famille s’adaptait bien. Cela faisait déjà six mois que Flavien était dans la famille Godet, et à chaque visite, Jolène trouvait la famille acceptable, mais il y avait quelque chose chez Pauline qui l’agaçait. Elle n’avait pas encore trouvé quoi, mais elle finirait bien par le découvrir.

-Monsieur Godet est ou? Demanda la jeune femme.

-En voyage d’affaire comme d’habitude, Répondit Pauline avec un signe de la main.

-Avez-vous eu des problèmes avec Flavien dernièrement?

-Lundi il a poussé Justin en bas de l’arbre, mais vous savez, c’est des enfants…

Pauline savait très bien jouer le rôle d’une bonne mère adoptive. Elle ne voulait pas qu’on lui enlève le petit, après tout, le chèque de garde lui assurait un revenu supplémentaire pour elle. Son mari ne faisait pas beaucoup d’argent et il n’était jamais là. Puisque Flavien ne coûtait pas cher à nourrir, elle pouvait garder une bonne partie du chèque pour elle.

Jolène écrivit encore quelques notes dans son carnet puis se leva.

-Je vais parler à Flavien maintenant.

Elle interpella le petit garçon et se dirigea vers sa chambre. Flavien la suivit, mais ne manqua pas le regard noir que Pauline lui envoya. Elle ne voulait pas trop qu’il parle, c’était évident.

La chambre de Flavien était minuscule. Il y avait à peine de la place pour marcher à coté de son lit et il n’avait qu’un très petit placard dans le coin. C’était en fait un bureau qui avait été transformé en chambre à coucher. Jolène s’assit sur le lit et fit signe à Flavien de s’asseoir à côté d’elle. Flavien grimpa sur son lit et attendit.

-Alors, ça va bien Flavien?

Le petit fit signe que oui.

-Qu’est-ce que tu fais de tes journées depuis que l’école est finie?

-J’vais jouer avec Bob tous les jours que je peux.

-Et quand tu peux pas, c’est à cause de quoi?

-Des fois je suis puni.

-Ah oui? Et c’est quoi comme punition?

-Ben…j’ai pas le droit de sortir.

Flavien n’ajouta pas « de la cave », il savait que Pauline ne voulait pas qu’il en parle. Jolène fit un signe de tête et nota quelque chose dans son carnet.

-Dis-moi Flavien, tu aimes ça ici?

Flavien se retint de se mordre la lèvre. Pauline lui avait bien dit ce qu’il devait répondre à cette question, et il n’osa pas lui désobéir.

-Oui oui! J’adore ça.

L’assistante sociale hocha la tête et se leva.

-C’est tout pour aujourd’hui Flavien. À la prochaine.

Sur ce, elle quitta la pièce. Flavien l’entendit saluer Pauline, puis il entendit la porte se fermer, puis un moteur et finalement plus rien. Il soupira. Il détestait quand l’assistante sociale venait, à chaque fois, ça rendait Pauline d’humeur exécrable. Justement, il entendit le bruit de ses pas et sa porte s’ouvrit brusquement.

-Qu’est-ce que tu lui as dit hein? S’écria-t-elle furieuse en le sortant de la chambre par le bras, Elle avait l’air louche! Dis-moi ce que tu lui as dit!

-R…rien

-NE ME MENT PAS! Hurla-t-elle en lui envoyant un coup en plein visage qui l’envoya presque tomber. Le pauvre petit se frotta la joue et la regarda effrayé.

-DIS-MOI CE QUE TU LUI AS DIT!!! Hurla-t-elle encore une fois.

Flavien avait bien trop peur pour répondre. De toutes façons ça n’aurait rien donné. Pauline s’indigna du manque de réponse du garçon. Elle se rua sur lui et le frappa encore et encore jusqu’à ce qu’il tombe par terre.

-RÉPONDS-MOI! RÉPONDS-MOI!!!

Mais Flavien n’avait plus de souffle pour émettre le moindre son. Il se recroquevilla en position fœtale, sachant très bien qu’il ne pouvait pas se défendre contre une telle furie. Pauline lui envoya quelques coups de pied au ventre et Flavien commença à avoir la vision qui s’assombrissait. Il reçut encore un coup, puis tout s’arrêta.

Pauline, à bout de souffle, le regarda avec dégoût. Elle décida qu’elle ne voulait plus le voir. Elle le poussa avec ses pieds, ouvrit la trappe de la cave et l’y poussa sans aucune considération. Flavien déboula les marche et s’arrêta finalement sur le ciment froid. Il ne bougea pas.

-Tiens! Fit Pauline du haut de l’escalier, Emmène cette guenille avec toi!

Elle lança Grégoire à quelques centimètres de lui, et referma la trappe. Tout devint noir et silencieux. Et Flavien ne bougeait toujours pas…

À Suivre…


Chapitre 5

Après plusieurs minutes de silence, Flavien osa bouger un peu. Sa poitrine lui faisait atrocement mal et son ventre était tout endolori. Sa bouche goûtait le sang. Il se retourna sur lui-même et du réprimer un gémissement de douleur. Il ne voulait pas risquer que Pauline l’entende et répéter l’expérience qu’il venait de vivre. Pauline de frappait souvent, mais elle n’était pas souvent aussi furieuse.

Après quelques instants encore, il réussit finalement à s’asseoir. Il croisa les jambes et serra Grégoire très fort contre lui. Son visage enfoui dans la peluche, son petit corps était secoué de pleurs silencieux. Chaque sanglot lui déchirait la poitrine, mais il ne pouvait pas s’arrêter. Pourquoi Pauline était si méchante avec lui? Il n’en avait pas la moindre idée. Il essayait pourtant de faire tout ce qu’elle voulait, mais peut-être qu’il n’était pas assez bon, peut-être qu’il n’en faisait pas assez.

Il se souvenait très bien au début, il avait espéré pour une famille normale comme tout le monde, mais son vœu s’était vite écroulé. Dès la première journée, Pauline s’était fait très claire sur les règlements de la maison, et elle ne l’avait pas fait de la façon la plus aimable. Ensuite, il y avait eu son mari qui lui avait proposé une partie de chasse.

-Te souviens-tu Grégoire, Chuchota-t-il doucement à son hippopotame mauve, la fois où ils m’ont envoyé à la chasse à l’ours? J’avais été tellement content…

Malheureusement, ça n’avait pas été du tout ce qu’il avait pensé. Ils l’avait enduit de miel et l’avaient laissé dans le boisé* Il avait tellement eu peur tout seul dans le noir. Quand il était finalement rentré, couvert de brindilles, de feuilles et de mouches, Pauline n’avait pas voulu qu’il entre dans la maison avec cette saleté. Il avait du prendre le boyau d’arrosage et se laver avant que Pauline ne le laisse entrer. Comme c’était au mois d’avril, il avait bien sûr attrapé froid et Pauline avait été de très mauvaise humeur pour le reste de la semaine à cause de ça.

-Une chance qu’il y avait pas eu d’ours pour vrai, ajouta Flavien en jouant avec l’oreille de l’hippopotame.

Il pleurait moins maintenant. Il commençait à être habitué à ce genre de situation. Il aurait préféré ne pas s’y habituer, mais il n’avait pas vraiment le choix.

Il passa toute la journée dans cette cave sombre, se rappelant des anecdotes des six derniers mois avec son toutou, et à regretter ses anciennes familles adoptives qui n’avaient peut-être pas été le paradis, mais n’importe quoi était mieux que cet endroit. Il sortit plusieurs fois son morceau de verre de sa poche pour le rouler entre ses doigts. Il avait moins peur quand il le tenait dans sa main. Son ventre lui faisait beaucoup moins mal mes ses côtes étaient toujours douloureuses. S’il avait été plus vieux, il aurait su que deux d’entre elles étaient fêlées.

Finalement, à la fin de la journée, la trappe du sous-sol s’ouvrit et Flavien du fermer les yeux à cause de l’habitude à l’obscurité.

-Vas dans ta chambre! Fit la voix sèche de Pauline du haut de l’escalier.

Flavien monta les marches prudemment et se dirigea directement vers sa chambre. Il ne jeta même pas un regard à la femme qui le regardait avec un regard méprisant. Il ferma la porte et glissa contre celle-ci. Finalement il était sorti de cette affreuse cave!

Il sortit son vieux pyjama et enleva son chandail. Sous celui-ci, il y avait d’énormes ecchymoses qui recouvraient tout son torse. Les coups au ventre avaient été les plus forts. Il passa une main dessus, puis ferma son pyjama. Il n’avait rien mangé de la journée, mais ça lui était égal. Il préférait ne pas sortir de sa chambre avant demain, de peur de rencontrer Pauline. Il se glissa sous les couvertures et s’endormi aussitôt.

***

Flavien n’avait toujours pas bougé. Tous restèrent présents près de lui et Valence revint très vite avec un livre à la main.

-J’ai trouvé! S’exclama-t-elle en s’approchant de la table d’examen. Flavien est victime d’un souvenir refoulé qui vient de refaire surface. Ça doit être un souvenir très douloureux pour le mettre dans cet état. Il devait même pas s’en souvenir lui-même. Y a du avoir quelque chose qui a sorti ce souvenir du fond de sa mémoire.

-Comment on fait pour le ramener à son état normal? Demanda Pétrolia.

-Il existe pas de méthodes précises, mais on peut toujours en essayer quelques unes. Mais avant, j’aimerais savoir qu’est-ce qui a été dit ou fait avant qu’il soit dans cet état.

-Ben Bob pis moi on s’insultait comme d’habitude, Répondit Brad nonchalant.

-Pis juste avant qu’il devienne comme ça, Ajouta Bob, Brad l’a traité de demi ET rejet et il a dit qu’il y avait jamais personne qui avait voulu de lui.

Valence pensa quelques instants, puis :

-Son manque de confiance en soi a peut-être des racines plus profondes que je le pensais…

À Suivre…


*Voir Histoire de pêche : Sa huitième famille adoptive l’avait lâché lousse dans le bois avec du miel sur lui.
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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Jeu 21 Juil à 8:35

Arrow NOTE!!! Ce chapitre est très difficile à lire, et je l'ai écrit avec beaucoup de respect pour les enfants qui souffrent. J'ai hésité avant de le poster, mais c'est un sujet qui existe et qui mérite qu'on ne le cache pas. Si vous n'êtes pas à l'aise de lire quelque chose à propos d'enfants maltraités, quittez tout de suite, je n'en serai pas offensée. Si vous voyez des signes d'abus sur un enfant, s'il vous plait, ne restez pas les bras croisés, allez lui chercher de l'aide!




Chapitre 6

Le lendemain, tout se passa comme d’habitude, comme si jamais rien ne s’était produit. Flavien se leva très tôt, fit ses tâches ménagères, quoi qu’avec un peu plus de difficulté que d’habitude, il mangea et finalement sortit dehors pour aller rejoindre Bob près du chêne.

Bob était déjà là, assis comme à son habitude au pied de l’arbre. Lorsqu’il vit arriver son ami, Bob se mit debout.

-Allo Flavien! T’étais ou hier, je t’ai attendu toute la journée.

Flavien regarda par terre.

-C’est Pauline, elle n’a pas voulu que je sorte de la journée.

Bob observa son ami un instant. Il avait le visage rouge, avec quelques marques.

-Qu’est-ce qui t’est arrivé? Demanda-t-il à en regardant de plus près.

Flavien disait presque tout à Bob. Presque. Ce que Pauline lui faisait subir, il le gardait pour lui tout seul. D’abord, Bob n’aurait pas compris, et puis si Pauline apprenait ça, il aurait droit à la correction de sa vie.

-J…j’suis tombé dans l’escalier, inventa-t-il, Des fois je suis maladroit.

-Ben non! Répondit Bob avec un grand sourire, Moi aussi des fois je tombe dans l’escalier.

-Oui ben moi je me suis fait mal là, dit Flavien en montrant son torse, On peut-tu jouer à de quoi comme au vaisseau spatial aujourd’hui?

Le vaisseau spatial était l’un de leurs jeux favoris. Il faisaient semblant d’être membres de l’Agence Spatiale Canadienne et faisaient des missions très importantes dans la galaxie.

-Ok! Répondit Bob, Moi je suis le pilote!

-T’es toujours le pilote! Rii Flavien.

-J’aime ça!

-Ok, ben moi je prends le radar!

Les deux amis s’amusèrent ainsi pour le reste de l’après midi.

***

Flavien rentra à temps pour souper. Il mangea silencieusement comme d’habitude, fit la vaisselle et nettoya la cuisine. La plupart du temps, Pauline s’asseyait devant la télé pour le reste de la soirée, mais aujourd’hui, elle resta assise à table avec une bière à la main. Elle observait Flavien dans ses moindres faits et gestes, comme hypnotisée par ceux-ci.

Dès qu’il eut finit, Pauline se leva et s’abaissa au niveau du petit et mis ses mains sur ses épaules. Avec un petit sourire, elle dit :

-Viens Flavien, c’est le temps pour ton bain.

Flavien la regarda, stupéfait. Depuis quand Pauline était aussi gentille avec lui? Peut-être regrettait-elle les événements de la veille.

Lorsqu’elle leva la main près de son visage, il recula la tête, par réflexe, mais elle ne le frappa pas. Au lieu de cela, elle caressa ses cheveux.

-Viens, dit-elle avec une voix très douce, Allons-y avant que ce soit l’heure d’aller au lit.

Elle l’entraîna avec elle vers la salle de bain, fit couler l’eau et mit même de la mousse dans la baignoire. Flavien en fut très heureux. Il y avait si longtemps qu’il n’avait pas pris de bain avec de la mousse! Il fit des montagnes de mousse, puis une barbe avec celle-ci.

-Regarde Grégoire! Fit-il en montrant sa barbe de mousse à sa peluche installée sur le comptoir de la salle de bain, J’suis comme le Père Noël!

Pauline, qui était assise dans le cadre de porte, ria doucement à ce commentaire. Flavien la regarda un instant, puis regarda la mousse. Pauline avait l’air beaucoup plus gentille aujourd’hui. Elle était comme ça, Pauline. Parfois elle était grognonne, parfois, de très mauvaise humeur, mais il lui arrivait souvent aussi d’être très gentille. Le problème, c’était qu’elle changeait d’humeur trop rapidement, on ne savait jamais sur quel pied danser avec elle. En ce moment, elle semblait de bonne humeur, et Flavien savait que ça durerait tant qu’il n’y aurait rien pour la contrarier.

Après avoir lavé ses cheveux, Flavien sortit du bain et Pauline l’enveloppa dans une grande serviette bleue. Elle démêla ses cheveux avec soin et lui dit d’aller mettre son pyjama.

Flavien se dépêcha d’aller l’enfiler. Quand Pauline était de cette humeur là, parfois elle lui permettait même de regarder Cornemuse* à la télévision! Une fois son pyjama bien boutonné, il saisit Grégoire au passage et approcha timidement du salon. La télévision était déjà ouverte, Justin était assis par terre déjà en train de l’écouter et Pauline lui fit signe de s’asseoir.

Flavien sourit. Il dévora l’émission des yeux. Cette fois-ci, Cornemuse avait amené des petits chiens. Il n’en avait jamais eu**, mais comme il aurait voulu en avoir un! Évidemment, c’était impossible avec les allergies de Justin.

Il regarda l’émission jusqu’à la fin, puis Pauline dit aux deux gamins d’aller se coucher. Flavien grimpa sur son lit et entra sous les couvertures, bien heureux de sa journée. Pauline vint éteindre la lumière et lui souhaita bonne nuit.

Flavien s’endormit avec un sourire.

***
Flavien se réveilla en plein milieu de la nuit. Il avait entendu un bruit. Quelqu’un marchait dans la maison. Il reconnut les pas de Pauline. Elle approcha de sa porte et l’ouvrit doucement.

-Flavien?

Le petit se frotta les yeux et s’assit dans son lit.

-Pauline? Qu’est-ce qu’y a?

-Rien, chuchota Pauline en s’asseyant près de lui, J’avais juste le goût de te voir.

Flavien la trouva bizarre. Elle ne venait jamais en plein milieu de la nuit pour le voir.

-J’ai vu tantôt les bleus sur ta poitrine, Ajouta-t-elle, Est-ce que je peux les voir?

Flavien déboutonna le haut de son pyjama et Pauline observa les grandes ecchymoses. Elle passa sa main dessus comme pour mieux constater les dégâts. Flavien se dit qu’elle regrettait peut-être l’avoir frappé…

Pauline les caressa encore quelques secondes, puis sa main descendit plus bas, encore plus bas et elle la glissa sous son pantalon. Flavien la regarda, les yeux écarquillés. Que faisait-elle? Il avait peur…Il sentit sa main caresser, abuser…

Il recula tout à coup et se mit debout.

-Je…Je veux pas.

Il vit les yeux de Pauline s’assombrir. Il savait qu’il l’avait contrariée, mais il s’en fichait. Il ne voulait plus qu’elle le touche.

-Quoi? Demanda Pauline d’une voix lente.

-J…J’veux pas que tu me touche, Répéta Flavien.

Pauline le gifla en plein visage et se leva.

-Je te touche si je veux! Tu m’appartiens!

Flavien secoua seulement la tête. Il préférait les coups à ses avances.

Pauline fut insultée par son arrogance! Quel petit morveux! Se dit-elle furieuse.

Flavien recula d’un pas sur son lit, mais Pauline lui empoigna le bras. Ses yeux brûlaient d’une colère vive.

-Sale petit insolent! Je vais t’apprendre moi!

Elle le rua de coups. Le pauvre petit garçon perdit balance et tomba sur son matelas. Pauline en profita pour le jeter par terre et lui donna une série de coup avec ses pieds. Flavien se roula en petite boule pour essayer de se protéger le plus possible. Il reçut plusieurs coups au dos et un à la nuque qui lui fit voir des étoiles.

-TU NE VAUT RIEN, Criait-elle, folle de rage, PERSONNE N’A JAMAIS VOULU DE TOI!

Elle le frappa encore et encore jusqu’à ce qu’il ne bouge plus et qu’il soit presque inconscient. Elle lui cracha dessus et s’en alla en claquant la porte.

Dans la tête du pauvre petit garçon étendu par terre résonnaient les mots « personne n’a jamais voulu de toi » Elle avait raison, se dit-il avec regret. Elle avait raison, personne n’avait jamais voulu de lui…


À Suivre…




*Diffusé jusqu’en 2027! Razz
**Voir Rintintinos


Chapitre 7

Valence s’aperçut de la respiration rapide de Flavien. Il devait sûrement revivre un souvenir plus intense, se dit-elle. Elle observa le jeune homme avec inquiétude. Qu’est-ce qui avait bien pu arriver à Flavien pour qu’il subisse de tels refoulements? Les événements avaient du être très douloureux pour que son cerveau réagisse ainsi. Après un instant de réflexion, elle dit à haute voix :

-J’aimerais être seule avec lui. Ça sera sûrement plus facile pour moi.

Les autres hochèrent la tête et sans un mot quittèrent la pièce.

Valence sortit son pendule pour l’hypnose et regarda Flavien.

-Espérons que ça va marcher, murmura-t-elle.

***

Après une éternité à être resté couché le visage contre le plancher, Flavien risqua finalement de s’asseoir. Il avait mal tellement partout. Ses ecchymoses étaient sûrement devenues énormes et son visage était tout engourdi. Son torse lui faisait un mal atroce. Les mots résonnaient toujours dans sa tête : « personne n’a jamais voulu de toi… »

Eh bien, si personne ne voulait de lui, il partirait, se dit-il en essayant d’essuyer ses larmes qui coulaient abondamment sur ses petites joues.

Il tendit l’oreille. Il n’y avait aucun bruit dans la maison sauf la respiration de ses occupants. Sur la pointe des pieds, il se leva, prit son Grégoire qui était resté sur le lit, puis se dirigea sa penderie. Là, il fouilla la poche de son pantalon et trouva son morceau de verre. Il le glissa dans la poche de sa chemise de nuit, puis marcha à pas feutrés vers la fenêtre. Il l’ouvrit sans faire de bruit, y grimpa et se laissa glisser en bas. Il atterri sur la pelouse humide et regarda autours de lui. Où devait-il aller?

Il leva les yeux vers le ciel. Un jour, Mamie Louise lui avait dit que les étoiles étaient magiques. Peut-être que s’il les suivait, elles le mènerait au bon endroit.

Il se mit à marcher tranquillement. Son genou le faisait boiter, mais il continuait quand même de regarder vers le ciel sans y faire attention. Les étoiles l’hypnotisaient. Il était fatigué, mais il ne pouvait pas s’arrêter de les regarder. Leur scintillement donnait à cet univers l’allure d’un jardin féerique. Un jour, se dit-il, il irait les rejoindre et visiter chacune d’entre elle pour les admirer toutes.

Avec les yeux tournés vers le firmament, ses pas le guidèrent vers le vieux chêne. Le petit bonhomme s’assit au pied de celui-ci et serra Grégoire très fort contre lui.

-Les étoiles avaient raison, Murmura-t-il doucement à son hippopotame mauve, C’est le meilleur endroit.

Lentement, il s’étala près de l’arbre sur le côté, sa peluche toujours dans ses bras. Le sol sentait la terre et l’humidité. L’herbe folle se mêla à ses cheveux sombres. Une légère brise le caressa mais il ne frissonna même pas. Il devenait insensible au monde extérieur.

Il ne dormi pas cette nuit là. Il resta figé comme une statue de sel au pied du vieux chêne. Il sentit la caresse du soleil à l’aube et entendit le chant des oiseaux qui le survolaient au petit matin, mais rien de cela ne le fit réagir. Le temps passait mais il ne le ressentait pas. À l’abri près du grand arbre, rien ne l’atteignait.

Puis Bob apparut devant lui.

-Flavien? Qu’est ce tu fais là?

Mais le petit garçon ne répondit pas et continua de fixer devant lui.

-Flavien? …Flavien??...Tu m’fais peur là…

Toujours aucun mouvement. Flavien l’entendait, mais rien en lui ne réagit. Bob le secoua un peu, puis il décida d’aller chercher quelqu’un.

-MÔMMYYYYYYYY!!! FLAVIEN Y…

Flavien ne l’entendit plus, son ami était trop loin. Il continua de fixer le vide.


Dernière édition par le Mer 19 Oct à 18:45, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Ven 22 Juil à 11:39

Finalement un peu d'inspiration! Very Happy

Chapitre 8

Il ne savait pas combien de temps avait passé, mais quand Bob revint, il était accompagné de sa maman. La maman de Bob avait pris la voiture pour se rendre plus vite au boisé. Bob descendit de la voiture en courant vers le chêne.

-Là mômmy! Regarde, y bouge pu!

La maman de Bob descendit aussi de la voiture et se précipita vers la petite forme immobile au pied de l’arbre. Elle se mit à genoux devant Flavien et prit son pouls. Elle vérifia ensuite sa respiration et fut visiblement soulagée de ne rien trouver d’anormal.

-Qu’est-ce qu’il a mômmy? Pleurnicha Bob.

-Je l’sais pas mon poussin.

La maman de Bob remarqua que le pyjama du petit garçon pendant seulement par dessus lui. Comme il semblait avoir froid, elle vint pour le boutonner, mais quelque chose attira son attention. Elle souleva la chemise de nuit et fut horrifiée par ce qu’elle vit. Sur la peau glacée du petit garçon s’étendaient d’énormes ecchymoses sur tout le torse. Les contusions semblaient avoir été infligées très récemment.

Voyant cela, la maman de Bob prit une décision rapidement. Elle ferma la chemise de nuit et prit le petit garçon dans ses bras. Le petit émit un petit gémissement quand il sentit la pression ses blessures. La maman de Bob se dirigea immédiatement vers la voiture.

Flavien sentit la chaleur soudainement. On l’avait pris. Ça sentait les fruits et quelque chose d’autre, quelque chose de familier. Il reconnut l’odeur de la maman de Bob. Un déclic se fit dans sa tête et il s’agrippa à elle en enfouissant sa tête contre sa poitrine. Il se sentait en sécurité avec la maman de Bob. Elle souriait tout le temps, ne criait jamais, elle faisait des bons biscuits et elle aimait les enfants plus que tout. Flavien aurait aimé avoir une maman comme elle.

La maman de Bob déposa Flavien sur le siège arrière de la voiture et l’attacha solidement du mieux qu’elle pu.

-Bob, dit-elle en ouvrant le coffre, Assis toi dans la voiture et fais attention pour que Flavien ne tombe pas en bas pendant que je conduis.

Bob alla s’asseoir près de son ami et attacha sa ceinture de sécurité. Sa maman revint vite avec une couverture et couvrit le petit garçon couché sur la banquette. Puis elle prit place devant et démarra la voiture.

-Où est-ce qu’on va? Demanda Bob en voyant bien qu’ils ne prenaient pas le chemin de la maison.

-À l’hôpital, Répondit sa maman.

-À l’hôpital? Pourquoi?

Il y eut une pause, puis sa maman répondit.

-Parce que Flavien est malade, on va l’emmener voir le docteur.

Satisfait avec cette réponse, Bob se tut et regarda son ami. Il espérait qu’il se remette vite pour qu’ils puissent aller jouer à nouveau très bientôt.

Flavien se laissait bercer par les vibrations de la voiture. Il n’était plus figé, mais il préférait ne pas bouger. Le sommeil lui échappait. Peut-être aurait-il du dormir, mais comment dormir quand tout son corps était douloureux et qu’il était transi par la peur?

La voiture s’arrêta quelques minutes plus tard et la portière s’ouvrit. La maman de Bob le prit à nouveau dans ses bras.

-Viens mon ange, Lui murmura-t-elle en le serrant contre elle.

Bob la suivait de très près et quand ils entrèrent au service d’urgence, une infirmière se précipita vers eux lorsqu’elle les vit.

-Qu’est-ce qu’il lui est arrivé? Demanda-elle en les guidant vers une civière.

-On l’a trouvé comme ça, il semble avoir des blessures à la poitrine.

La maman de Bob déposa doucement le petit sur la civière et l’infirmière le couvrit. Flavien vit que la civière se déplaçait et entendit l’infirmière parler.

-Venez, disait-elle, on va avoir besoin de vous pour quelques informations.

Aussitôt arrivés dans la salle d’observation, on le brancha à toutes sortes de tubes et de machines, et un médecin arriva. Il était grand, avait la barbe et les cheveux grisonnants et portait de petites lunettes. Il déshabilla le petit et examina ses ecchymoses.

-Ça semble être des signes d’abus, Fit-il en se frottant la barbe, Qui sont ses parents?

-C’est un enfant adopté, il vit chez une certaine Pauline Gaudet qui vit pas loin de chez nous.

-Faudra contacter les services sociaux, Marmonna le médecin pour lui-même. Bon! On va le garder sous observation quelques heures, et ensuite, savez-vous s’il a de la famille chez qui il pourrait aller?

-Non, malheureusement, il n’a pas de famille.

-Hmm…Fit le médecin, Alors…Accepteriez-vous de l’héberger pendant quelques temps? C’est que les hôpitaux sont surchargés depuis qu’on ne peut plus vivre en dehors des dômes. Ce n’est pas dans les règles, mais les services sociaux vont sûrement mettre du temps à trouver une autre famille et vous m’avez l’air d’une gentille dame.

-Bien sûr que je vais le prendre avec moi!

La maman de Bob aurait fait n’importe quoi pour Flavien, elle l’aimait beaucoup.

-Merci beaucoup.

Le médecin se leva pour aller voir d’autres patients et l’infirmière s’approcha du petit.

-On va lui donner un sédatif, dit-elle en faisant l’injection, Il faut qu’il dorme.

Elle déposa la seringue, puis prit une tablette de feuilles.

-On va remplir son dossier…


À suivre…
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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Jeu 28 Juil à 10:22

Chapitre 9

Lorsqu’il ouvrit les yeux, Flavien vit Bob assit sur une chaise près de son lit. Il dormait. Il semblait n’y avoir personne d’autre, sauf des patients qui dormaient sur les civières.

Flavien s’assit lentement dans son lit. Où était-il? Cet endroit sentait les produits chimiques et les médicaments. Il remarqua qu’il portait seulement une chemise de nuit bleue. Puis, il vit que Grégoire avait été déposé à côté de lui sur le lit. Il l’empoigna et le serra contre lui malgré sa poitrine qui lui faisait encore atrocement mal. Il enfouit sa tête contre la peluche quelques secondes, puis regarda la porte. Il ne savait pas ou il pourrait aller, mais il voulait être seul. Les événements de la veille était flous : il ne se souvenait plus de rien sauf des coups.

« Personne n’a jamais voulu de toi »

Cette phrase lui revenait sans cesse, mais il ne se souvenait plus qui l’avait prononcé. Il ne se souvenait plus de rien : ni sa journée, ni ce qui avait précédé les coups ou encore leur cause, ni même comment il avait atterri dans cet endroit bizarre.

Lentement, il descendit de son lit en s’agrippant aux couvertures. Il atterrit sans bruit près de Bob. Sur la pointe des pieds, il sortit de la pièce avec Grégoire dans une main. Il se retrouva alors dans un grand corridor qui donnait accès à des dizaines de portes. Ne sachant pas trop ou aller, Flavien se mis seulement à marcher.

Après avoir passé devant plusieurs portes fermées, il en trouva une ouverte. Il glissa la tête à travers le cadre de porte. Il y avait une chaise, un bureau et un grand rideau. Flavien entra. Il avait trouvé un coin pour rester seul. Il s’assit par terre à côté du rideau et regarda autours de lui.

-Grégoire, murmura-t-il, j’pense qu’on va être tranquilles ici.

Il donna un gros câlin à sa peluche. Soudain, il entendit un bruit et le rideau se tassa pour laisser la place à un jeune homme sur un lit d’examen. L’adolescent était grand, costaud et portait un genre d’uniforme. Il avait les cheveux blonds coupés très courts.

-Eh petit, L’interpella-t-il, Qu’est-ce que tu fais là?

Flavien recula seulement, trop apeuré pour répondre.

-N’ais pas peur, Fit l’adolescent en lui souriant, Comment tu t’appelles?

-F…Flavien

-Tu t’es fais mal Flavien?

Le petit secoua la tête.

-Non, c’est quelqu’un d’autre…

Le jeune homme hocha la tête et un voile de tristesse traversa ses yeux profonds. Il avait compris pourquoi le petit était à l’hôpital, et surtout pourquoi il semblait avoir si peur. Il observa les grandes marques rouges sur le visage du petit garçon un instant. À l’intérieur, il réprima la colère qui monta en lui. Comment quelqu’un avait-il pu faire mal à un petit garçon aussi mignon?

L’adolescent descendit de son lit en agrippant son bras et s’assit à côté du petit.

-Tu sais Flavien, moi aussi je suis à l’hôpital parce que quelqu’un m’a fait mal.

Il n’osa pas dire que c’était dans une pratique d’autodéfense de son cours de cadet qu’il s’était cassé le bras. À la place, il ajouta :

-Mais les docteurs vont tout arranger ça et ensuite tout ira mieux. Ils vont faire la même chose pour toi tu sais…

Flavien haussa les épaules.

-Tu penses? Tu penses qu’ils voudront de moi?

-J’en suis sûr! Les médecins aiment tout le monde!

Flavien sourit tristement et regarda sa peluche. Le jeune homme l’observa une seconde, puis :

-Il est à toi cet hippopotame?

-Oui, c’est Grégoire. Il me tient compagnie.

-Tu dois l’aimer beaucoup.

Flavien hocha la tête.

-Lui aussi dois t’aimer beaucoup, ajouta le jeune homme.

Flavien sourit de plus bel et serra sa peluche contre lui. À ce moment, la maman de Bob et un médecin entrèrent dans la pièce.

-Flavien! On te cherchait partout!

Flavien se leva maladroitement et couru vers les bras tendus de la dame et il se sentit transporté quand elle l’étreignit très fort. Il s’agrippa à elle avec ses bras et ses jambes et il colla sa tête contre son cou.

-On sera sorti d’ici bientôt, je t’emmène chez nous. On va retourner dans l’autre chambre en attendant, d’accord?

Flavien hocha la tête, heureux. Puis il se tourna vers l’adolescent qui les avait observé.

-On se reverra peut-être un jour Flavien, Dit-il avec un sourire.

Puis, la maman de Bob se retourna pour sortir de la pièce avec le petit toujours dans ses bras et juste avant de quitter, Flavien vit le médecin s’approcher de l’adolescent.

-Alors Cadet Charles Patenaude…

Puis, Flavien fut trop loin pour entendre le reste, mais il était heureux. La maman de Bob s’occuperait de lui.


À suivre…



Chapitre 10

-Flavien…Flavien…

Le jeune officier entendit son nom comme s’il était affaibli par la distance. Lentement, sa vue se réajusta et l’image de Valence penchée au-dessus de lui se précisa. Il cligna des yeux.

-Flavien! J’ai eu peur de pas pouvoir te sortir de cette transe!

Le jeune homme s’assit avec précaution. La vague de souvenirs qu’il venait de traverser l’avait profondément bouleversé.

-J’me souvenais pas, Murmura-t-il en posant un main sur sa tempe.

Valence le regarda, inquiète.

-Qu’est-ce que tu as vu Flavien?

Il y eu un petit silence, puis :

-Des souvenirs…des souvenirs que j’avais complètement oubliés.

La psychologue s’approcha lentement de lui et posa sa main sur son bras.

-Dis-moi.

Flavien regarda le plancher. Il ne savait pas pourquoi, mais il y avait une honte ardente qui le tenaillait. Il n’avait rien fait de mal… Pourtant, il ne pouvait pas se débarrasser de ce sentiment de tout vouloir garder pour lui-même.

-Flavien, Ajouta Valence, S’il te plait, confis-toi, ça va t’aider.

Le regard du jeune homme cessa de fixer le plancher et monta doucement pour trouver celui de Valence. Elle était son amie, il lui faisait confiance. Résigné, il commença d’une toute petite voix à raconter son récit. Comment il était arrivé chez Pauline, les mauvais traitements qu’elle lui faisait subir, la visite de l’assistante sociale, et enfin ce dernier jour où il s’était enfui. Valence fut horrifiée du récit du second officier. Comment quelqu’un pouvait faire autant de mal à un enfant, surtout un être aussi bon que Flavien. À l’intérieur, elle bouillait de rage contre cette Pauline, mais elle ravala sa colère : Flavien avait beaucoup plus besoin de sa compassion et de son aide en ce moment que de sa colère.

-Je suis resté chez Bob quelques semaines, Expliqua Flavien, Puis je suis déménagé chez la meilleure amie de sa mère, Sylvia. On habitait vraiment proche. Je me souviens avoir entendu un soir alors que Sylvia pensait que je dormais que Pauline était déménagée parce qu’on parlait trop mal d’elle dans le quartier. J’ai jamais su ce qui lui était arrivé. Elle est déménagée à Toronto*

Flavien avait à nouveau le regard fixé sur le planché. Ses bras était croisés contre lui et ses doigts s’agitaient nerveusement.

-J…J’avais oublié quand…

-Oui? Demanda Valence doucement.

-Quand…quand elle a…Ben quand elle m’a touché là…

Il regarda rapidement Valence et il vit qu’elle avait compris. Elle lui caressa le bras.

-Tu le sais que c’était pas de ta faute hein? Un petit garçon de sept ans n’aurait rien pu faire.

-Je sais…C’est juste que ça fait bizarre de savoir après toutes ces années que ça m’est arrivé à moi…

Il s’arrêta soudainement à ces mots, comme s’il venait de réaliser.

-Ça m’est arrivé à moi, Répéta-t-il difficilement, puis son visage se déforma par un sanglot étouffé.

Valence l’attira aussitôt vers elle et l’enveloppa avec ses bras. Flavien essaya tant bien que mal de retenir ses pleurs, mais en vain.

-Pourquoi …je réagis…comme ça? Demanda-t-il entre les sanglots.

-Laisse-toi aller, Murmura Valence doucement, C’est le petit garçon en toi qui n’a jamais pu pleurer pour tout ce que tu as enduré et que tu ne te souvenais pas.

Ils restèrent enlacés encore quelques minutes jusqu’à ce que Flavien reprenne un peu son contrôle. Il recula un peu et leva la tête.

-Merci Valence… Dit-il finalement en reniflant, J’pense que j’vas aller me coucher moi.

Valence sourit tristement. Il restait encore du travail à faire avant que Flavien puisse passer par dessus les souvenirs qu’il venait de récupérer, mais pour l’instant, il était épuisé. Il valait mieux qu’il dorme.

-Dors bien Flavien, Dit-elle en donnant une légère pression de la main sur son bras.

Flavien se leva, remercia Valence encore une fois et sortit de la pièce. Il se dirigeait vers le dortoir machinalement, mais dans sa tête, tout se bousculait. Comment tout cela avait-il pu lui arriver? Ça semblait si irréel, mais pourtant, au fond de lui il savait que ça avait vraiment eu lieu. Il eut un frisson en repensant au toucher de Pauline. Il s’était souvenu des coups, mais ça, c’était insoutenable, même juste la pensé de ce toucher lui donnait presque la nausée. Et il n’osait même pas imaginer ce que ça lui aurait fait s’il s’en était souvenu lorsqu’il était gamin.

Il arriva enfin au dortoir et monta sur son lit aussitôt qu’il fut entré dans la pièce. Il se glissa sous les couvertures et ferma les yeux…mais le sommeil n’arriva pas. Il se retourna plusieurs fois, se couvrit la tête avec sa couverture, et attendit encore que le monde des songes vienne le chercher. En vain. Il se souvenait encore de cette main intrusive et malveillante comme si c’était arrivé la veille. Il ne pouvait pas se débarrasser de la marque qu’avait gravé cette action dans son esprit.

Après quelques minutes encore, il fouilla dans sa poche de pantalon. Il finit par trouver ce qu’il cherchait. Serrant fort dans sa main son morceau de verre poli, il finit par se calmer et les mauvais souvenirs s’effacèrent peu à peu. Son corps se détendit et se yeux devinrent lourds. Il pourrait enfin dormir et oublier pour un moment.


À Suivre…



*Dont le dôme s’est effondré en 2039!!! Mais auparavant, elle a fait des services correctionnels et reçu beaucoup d’aide de psychologues!
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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Jeu 28 Juil à 10:24

Chapitre 11

Flavien se réveilla et leva la tête. Pétrolia venait d’enter dans la pièce. Lorsqu’elle le vit à moitié réveillé sur son lit, son visage s’illumina.

-Flavien! Tu vas mieux!

Flavien hocha la tête en marmonnant un oui endormi. La jeune fille ne posa pas d’autre question. Elle ne savait pas ce qui s’était passé au juste avec sa transe, mais si Valence l’avait laissé aller se coucher, il devait en avoir besoin. De plus, lorsque la psychologue traitait quelqu’un à bord du vaisseau, le mot d’ordre était de ne pas poser de questions. La vie privée des membres d’équipage était une chose à laquelle le Capitaine ne voulait pas qu’on touche, avec raison.

Pétrolia enleva sa ceinture d’outils et la déposa sur le lit du bas. Puis elle monta à l’échelle.

-Est-ce que je peux venir dormir avec toi? Demanda-t-elle doucement.

En guise de réponse, Flavien se tourna sur le côté et se tassa sur le bord de son lit pour lui faire de la place. La jeune fille s’étendit près de lui et il sentit son corps se blottir contre lui. Elle passa son bras par dessus lui et le serra contre elle.

-Dors bien mon Flavinou, murmura-t-elle à son oreille.

Son souffle ralentit peu à peu contre le cou de l’officier, et il sut qu’elle dormait déjà. Le jeune officier enfouit sa tête un peu plus dans l’oreiller et s’endormit lui aussi, avec un sentiment de sécurité.

***

Valence sortit du Centre de Santé avec son carnet de notes. Elle se dirigea vers la cabine de Charles. Elle savait qu’il se trouvait là en ce moment, comme à son habitude. Elle savait qu’habituellement, elle ne devait pas partager les dossiers de ses patients, mais en tant que Capitaine, Charles devait savoir l’état de chacun de ses membres d’équipage.

Flavien n’allait pas très bien. Elle savait qu’il s’en remettrait relativement vite, mais pour le moment, il valait mieux garder un œil sur lui.

Quand elle arriva, Valence entra directement dans la cabine de Charles. Il y avait longtemps qu’elle avait cessé de frapper à la porte. Charles était en train de rédiger son journal de bord.

-Valence? Comment va Flavien?

-Charles, Répondit la psychologue en s’asseyant, J’ai réussi à le réveiller, mais les souvenirs qui lui sont revenus…ne sont pas très bons disons.

Elle raconta tout ce que Flavien lui avait raconté, y compris le bout ou il avait rencontré Charles à l’hôpital. Charles écouta attentivement tout le récit jusqu’à la fin, puis regarda Valence avec tristesse.

-Oui, je me souviens de lui, Dit-il doucement, Je m’étais cassé le bras dans un cours de ma formation de Cadet. Je n’avais jamais vu de petit garçon aussi craintif. Il avait l’air d’avoir passé un mauvais quart d’heure, je me souviens que son visage était couvert d’écorchures…Je ne m’étais jamais douté que c’était le Flavien que nous connaissons.

Valence acquiesça.

-Il faudra faire attention à son comportement dans les prochains jours, mais je pense qu’il va bien traverser cette épreuve. Il faut juste lui donner un peu de temps.

Charles hocha la tête. Il était triste de savoir que quelque chose d’aussi horrible ait pu arriver à son second officier. Il espérait juste qu’il n’ait pas de séquelles. Il se promit que si jamais il rencontrait cette Pauline Gaudet, c’est elle qui passerait un mauvais quart d’heure!



***

Flavien se réveilla à nouveau. Cette fois-ci, quelqu’un jouait dans ses cheveux. Il réalisa que c’était Pétrolia. Elle l’embrassait dans le cou et sa main caressait maintenant son torse. Il inspira doucement. Il aimait tellement se réveiller avec le toucher de la jeune fille. Il sentit ses lèvres descendre et aller embrasser son omoplate, puis revenir à son épaule. Le corps blotti contre lui bougea doucement et une jambe s’installa sur les siennes. Parcouru de frissons, Flavien tourna la tête et ses lèvres rencontrèrent celles de Pétrolia. Ils échangèrent un doux baiser et la main de la jeune fille explora son torse, son ventre, puis descendit sous son pantalon.

À ce geste, Flavien figea, comme transpercé d’une peur paralysante. Cette main sous son pantalon, c’était…

Une foule de souvenirs lui revint en tête au même moment et il brisa le baiser en tournant la tête brusquement.

-Pétrolia, murmura-t-il d’une voix à peine audible, Ta main…enlève-la…

-Mais Flavien, Commença-t-elle, déconcertée. Son amoureux n’avait pas l’habitude de refuser ses avances…

- S’il te plait…

Cette dernière phase avait été prononcée avec une voix brisée, presque craintive. Pétrolia enleva immédiatement sa main et se releva en s’appuyant sur son coude.

-Qu’est-ce qu’il y a Flavien? Demanda-t-elle en l’observant, inquiète.

L’opérateur radar s’assit sur le bord de son lit et enfouit son visage entre ses mains.

-Je l’sais pas, Répondit-il, la voix secouée par la peur.

Mais il le savait très bien. C’était les souvenirs qui refaisaient surface. Il sentait son contrôle lui échapper.

-Je pensais que j’avais été malade, souffla-t-il, Je me souviens d’avoir été dans un hôpital, et j’ai pensé que j’avais eu des rêves terribles, de rêves dont je ne pouvais pas me rappeler…Mais ce n’était pas des rêves!

Sentant les larmes mouiller son visage, il sauta en bas du lit. Il fallait qu’il sorte de la pièce. Il franchit la porte rapidement en tentant de ne pas échapper un sanglot, et laissa Pétrolia complètement abasourdie sur son lit.

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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Sam 30 Juil à 19:36

Sortez vos kleenex, je vous aurai averti!!! Razz

Chapitre 12

Dans les couloirs du Romano Fafard, Flavien avançait sans trop regarder où il allait. Les larmes brouillaient sa vue. Il les essuya rageusement. Pourquoi réagissait-il autant? Ce n’était pas comme si les événements venaient de se produire! Il y avait plus de seize ans de tout cela. Normalement, il devait pouvoir passer par dessus non? Alors pourquoi pleurait-il comme un gamin?

-Parce tu viens de les revivre, voilà pourquoi. Tu n’étais qu’un enfant…J’en ai profité.

C’était…C’était la voix de Pauline! Flavien se secoua la tête.

-Ca…Ca s’peut pas!

-Oh que oui! Répondit la voix de Pauline comme un écho venu de très loin.

C’était comme si elle lui parlait, comme si elle était venue torturer son esprit.

-Je ne suis plus à ta merci maintenant, Dit-il à voix haute, Je suis plus fort maintenant.

-L’es-tu vraiment? Reprit la voix incessante, Ne réalises-tu pas ce que je t’ai fait? Je t’ai battu, détruit!

À ces mots, Flavien trébucha et atterri brutalement sur le sol. Il se roula en petite boule.

-Non, Répondit Flavien d’une voix tremblante, Je ne suis pas détruit.

-Penses-tu? Alors pourquoi tu pleures ainsi? Tu n’es plus rien maintenant. Tu as été anéanti par mes abus répétés.

Le jeune officier ferma les yeux avec force.

-Non, Murmura-il, Ce n’est pas vrai…

-Personne n’a jamais voulu de toi, et tu sais trop bien pourquoi…

-Non…

-Je t’ai volé ton innocence.

La seule réponse fut un sanglot étouffé.

***

Pétrolia avait fait le plus vite possible pour trouver Valence. Avec le radar interne, elle eut vite fait de trouver sur position sur le vaisseau. Elle courut vers l’endroit indiqué.

Aussitôt qu’elle arriva à la cabine du Capitaine, elle cogna et ouvrit la porte sans même attendre la réponse.

-Valence! Flavien va pas bien du tout je pense.

Le Capitaine et Valence se levèrent immédiatement de leurs chaises. Valence prit le bras de Pétrolia.

-Où est-il? Demanda-t-elle d’une voix pressante.

-Je l’sais pas, il est parti en courrant. Selon le radar interne, il se déplaçait dans le couloir C tantôt.

Aussitôt ces mots prononcés, Valence sortit de la pièce et prit la direction indiquée par Pétrolia. Charles et Pétrolia emboîtèrent immédiatement le pas et la suivirent de proche.

Marchant à grands pas, Valence tourna finalement le coin qui donnait accès au couloir C. Elle s’arrêta brusquement, faisant ainsi stopper Charles et Pétrolia. Devant eux se présenta une scène désarmante : La forme recroquevillée de Flavien qui était sur le sol, secoué de sanglots déchirants, le visage déformé par les pleurs.

Valence fit signe aux deux autres de rester où ils étaient. Elle s’approcha doucement du second officier et s’agenouilla près de lui.

-Flavien? Murmura-t-elle doucement.

Mais le jeune homme ne sembla pas l’entendre. Valence posa prudemment sa main sur son bras.

-Flavien? Essaya-t-elle encore une fois.

-Ne…Ne me touche pas Pauline, Gémit Flavien, les yeux toujours fermés, S’il te plait…

-Flavien, je suis pas Pauline, je suis Valence.

-Pauline, Implora-t-il d’une voix déchirée, Ne me fais pas de mal…

Flavien dégagea son bras brusquement et le replia à nouveau contre lui. Valence soupira. Elle ne semblait pas pouvoir lui faire entendre raison. Elle fit signe à Charles de venir.

Charles s’approcha lentement, sans faire de bruit. La vue de Flavien ainsi brisé par la douleur des souvenirs de son enfance le bouleversait affreusement. Il s’accroupit près de Valence.

-Je crois qu’il faudrait que tu essaies Charles, Expliqua la psychologue, Il semble terrifié par ma voix parce que c’est une voix féminine. Je crois qu’une présence masculine pourrait le rassurer assez pour qu’on puisse l’aider.

Charles accepta avec un signe de tête, puis regarda le jeune homme.

-Flavien?

Charles posa sa main sur le bras de son officier et focalisa son regard sur lui.

-Flavien, c’est moi.

Le jeune homme sembla tendre l’oreille, puis répondit :

-Cap…Capitaine?

-Oui, c’est moi, L’encouragea Charles.

Flavien ouvrit les yeux timidement. Aussitôt que sa vue s’éclaircit, la forme du Capitaine accroupit près de lui se clarifia. Il se redressa difficilement, se mis à genoux, puis retomba sur Charles avec un sanglot qui le secoua péniblement. Charles sentit les larmes lui monter aux yeux. Il passa ses bras autour du jeune homme qui s’agrippait à lui de toutes ses forces et le berça doucement comme il l’aurait fait avec un enfant.


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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Lun 1 Aoû à 11:42

Pas le temps de me relire, mais voici quand même un nouveau chapitre Very Happy

Chapitre 13

Après ce qui sembla une éternité, Flavien sembla se calmer, et ses sanglots se transformèrent peu à peu en petites plaintes à peine audibles. Charles avait conscience que Valence et Pétrolia les observaient toujours, mais il ne leur prêta pas attention. Il continuait de bercer le jeune homme en lui murmurant des paroles réconfortantes. Cela lui brisait tellement le cœur de voir Flavien réagissant ainsi, comme s’il était redevenu un enfant. Il le voyait encore, assis par terre dans le coin de la salle d’examen alors qu’il n’était encore qu’un petit garçon. À ce moment là, il ne s’était pas souvenu des événements horribles qu’il avait du subir. Maintenant qu’il en avait le souvenir, il y réagissait comme il aurait du faire il y avait des années. Le petit garçon en lui n’avait jamais pu pleurer pour le mal qu’on lui avait fait.

Quelques minutes plus tard, après qu’il fut bien sûr que Flavien se soit endormi, Charles se leva prudemment, prenant bien soin de garder le jeune homme dans ses bras. Il n’était pas léger, mais suffisamment pour que Charles puisse le porter sans trop de difficulté. Il se dirigea vers le dortoir, Valence et Pétrolia suivant silencieusement sa démarche derrière lui.

Lorsque Charles entra dans la pièce, il se dirigea immédiatement vers le lit de Bob et y déposa sa charge. Valence arriva derrière lui avec une couverture et la déposa sur le jeune homme. Elle regarda Charles et avec son regard, elle lui indiqua de venir à l’écart.

-Charles, je crois que tu devrais rester avec lui. Si tu vois qu’il est plus calme quand il se réveillera, appelle-moi.

-Il va s’en remettre?

-C’est sûr, mais ça prendra un peu de temps.

Charles hocha la tête et alla s’asseoir sur le bord du lit è côté de son opérateur radar. Valence se tourna vers Pétrolia, qui était restée silencieuse depuis qu’elle avait vu Flavien dans le corridor C.


-Pétrolia, Commença Valence, Qu’est-ce qui s’est passé au juste? Me semble qu'il allait mieux quand il est sortit du Centre de Santé.

-Ben on était couchés, Répondit la jeune fille, Pis là, y s’est mis à agir bizarrement tout d’un coup, pis y est parti presque en courant.

Valence se gratta le menton, puis :

-As-tu posé un geste en particulier qui l’a perturbé?

-Ben…Répondit Pétrolia, On…Disons qu’on s’embrassait pis euh…

Elle rougit, puis regarda le Capitaine, mais celui-ci n’écoutait pas, trop occuper à veiller sur son second officier.

-Dit-le Pétrolia, Insista doucement Valence, Ça pourrait être important.

La jeune fille hocha la tête.

-Ok…Ben juste avant qu’il agisse bizarrement, j’ai…euh, mis ma main dans son pantalon…

Pétrolia regarda ailleurs, gênée de parler de ce genre de détail. Quand elle tourna à nouveau son regard vers Valence, elle vit que celle-ci se frottait le front avec sa main, comme en proie à un affreux mal de tête.

-J’aurais du t’en parler, murmura-t-elle.

La jeune fille fronça les sourcils.

-Quoi, qu’est-ce qu’il y a?

Valence soupira. Quelle gaffe elle avait fait! Si elle avait dit à Pétrolia ce que son amoureux avait subi, rien de tout cela ne serait arrivé.

-Pétrolia, lors de la transe, Flavien a récupéré des souvenirs refoulés de son enfance, Expliqua Valence, Lorsqu’il était jeune, il vécu dans une famille adoptive ou il a subi de l’abus, verbalement et physiquement…et des attouchements…

Pétrolia prit une grande inspiration et posa sa main sur sa bouche. Flavien…son Flavien avait vécu une chose aussi horrible?

-C’est pour ca que quand j’ai mis ma main…?

-Oui, Fit Valence en baissant les yeux, Ça lui a fait revivre des souvenirs encore trop pénibles… J’aurais du t’en parler avant. Ça serait pas arrivé.

Valence regarda le jeune homme couché sur le lit de Bob. Ses yeux étaient boursouflés et Charles essuyait doucement les traces encore humides avec son doigt. Elle se sentait coupable de ce qui était arrivé.

Pétrolia s’approcha de la psychologue.

-Ce n’est pas de ta faute Valence, Rassura la jeune fille, Tu pouvais pas savoir ce que je ferais.

Valence fit signe qu’elle comprenait, et continua de fixer les deux hommes un instant avant de se tourner vers la porte.

-Laissons-le se reposer un peu, il devrait aller mieux après, et je commencerai sa thérapie.

Les deux femmes sortirent silencieusement de la pièce, laissant Charles s’occuper de Flavien comme à son habitude… comme un père envers son fils.


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Dernière édition par le Mar 9 Aoû à 17:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Mer 3 Aoû à 11:07

Chapitre 14

Lorsque Flavien ouvrit les yeux, il remarqua qu’il était dans le dortoir, sur le lit de Bob. Le Capitaine était assis près de lui et lui souriait.

-Alors Flavien? Demanda Charles, Ça va mieux?

Flavien acquiesça, encore endormi. Il ne se souvenait pas très bien de ce qui s’était passé. Il se rappela de la voix de Pauline et cela lui fit monter des frissons dans le dos. Ça avait semblé si réel! Évidemment, maintenant avec la tête froide, il réalisait que s’était impossible : Pauline était sur Terre, il n’y avait aucun moyen qu’elle puisse être sur le vaisseau.

Il se frotta le visage d’une main comme pour chasser ce mauvais souvenir. Ses yeux sombres trouvèrent ceux du Capitaine. Son supérieur semblait heureux de le voir éveillé, mais derrière ce regard satisfait se cachait de l’inquiétude. Le Capitaine était encore soucieux de l’état de son second officier.

-Flavien? Vous souvenez-vous de ce qui s’est passé?

L’opérateur radar fit oui de la tête, et baissa la tête.

-Justement Capitaine, je voulais m’excuser de…la façon dont je me suis comporté, je-

-Non non, Coupa Charles, Ne vous excusez pas. Ça ne m’a pas dérangé vous savez.

-Je me suis comporté comme un gamin, marmonna le jeune homme pour lui-même.

Il se sentait tellement gêné d’avoir pleuré dans les bras du Capitaine comme un enfant. Quelle image il avait du donner! Le Capitaine ne le prendrait sûrement plus au sérieux maintenant.

Charles vit ce qui se trottait dans la tête de son second officier. Ce n’était pas difficile à voir : Le jeune homme avait la tête basse, ses yeux fuyaient sont regard et il jouait nerveusement avec le bord de sa couverture.

Charles soupira intérieurement. Flavien avait tellement une mauvaise estime de soi. Il se culpabilisait pour n’importe quoi, même ses propres sentiments. Pourtant, sa réaction était tout à fait normal compte tenu des souvenirs qu’il venait de récupérer.

-Flavien…

Charles lui remonta doucement le menton avec sa main et le força à le regarder dans les yeux.

- Ce qui vous arrive est parfaitement normal. Vous avez traversé une épreuve difficile et votre comportement est parfaitement compréhensible.

-Vous…vous ne me trouvez pas trop faible?

-Faible?? Voyons Flavien, vous êtes tout sauf faible! Je trouve que vous êtes très fort face à cette situation.

Flavien rougit, enchanté part ce compliment de la part du Capitaine.

-Si vous le dites Capitaine…

À ce moment même, la porte du dortoir s’ouvrit, laissant paraître Bob et Brad en arrière de lui.

-Gros patapouf avec un chou de Bruxelles à la place du cerveau!

-Grand tarla avec une pomme pourrie à la place du cœur!

Charles et Flavien soupirèrent à l’unisson. La bataille entre Brad et Bob avait repris de plus belle. Sous la pluie d’insultes, Charles s’adressa à Flavien.

-Valence voulait vous voir dans son bureau.

Flavien se leva du lit et le Capitaine fit de même. Le jeune homme fit face à son supérieur.

-Merci encore Capitaine, Dit-il avec beaucoup de sincérité.

Charles posa une main sur son épaule.

-C’est rien Flavien, Rassura-t-il en souriant.

Flavien s’éloigna vers la porte.

-Gros lourdaud sans cervelle! Fut la dernière chose que l’opérateur radar entendit avant que la porte se ferme. Il roula les yeux et se dirigea vers le bureau de Valence. Il ne savait pas exactement ce que Valence lui voulait, mais il se doutait que ce ne serait pas une partie de plaisir. Il n’avait pas du tout envie de parler de ce qui s’était passé. Il aurait voulu garder tout cela pour lui même. Ces souvenirs n’étaient pas quelque chose d’agréable à se rappeler. Il aurait bien voulu qu’ils ne refassent jamais surface. Peut-être n’était-il pas trop tard pour les enfouir à nouveau?

À contrecœur, il entra dans le bureau de Valence, bien décidé à ne dire que le minimum exigé par la psychologue.

À suivre…
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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Jeu 4 Aoû à 12:06

Chapitre 15

Valence était à son bureau en train de remplir un dossier lorsque Flavien entra.

-Flavien, Dit-elle amicalement, Prends une place, je suis à toi dans une minute.

Le jeune homme tira une chaise et s’installa sans dire un mot. Il s’adossa et regarda silencieusement autours de lui. Les diplômes de la psychologue étaient accrochés aux murs, ainsi que ces certificats. Il y avait une photo d’elle et du Capitaine sur son bureau, ainsi qu’une pile de dossier et quelques crayons.

Valence écrivait quelque chose sur une feuille photocopiée. Après quelques instants, elle posa son crayon et déposa la feuille dans une chemise qu’elle rangea avec soin. Puis, elle en pris une autre et la posa sur un classeur qu’elle utilisait comme tablette rigide.

-Ça va mieux maintenant? Demanda-t-elle avec douceur.

Flavien hocha seulement la tête. Il gardait le regard baissé, les bras croisés autours de lui comme pour essayer de se protéger. Il n’avait vraiment pas le goût d’être là, vraiment pas le goût de parler. Valence remarqua sa réticence et le nota. Elle avait eu le pressentiment que c’est ce qui arriverait. Les patients ayant vécu un traumatisme récent, ou dans le cas de Flavien, des souvenirs de traumatisme qui venaient de ressortir, se muraient souvent dans un mutisme déconcertant. Mais Valence en avait vu d’autres, et elle savait comment s’y prendre.

-Tu veux pas me parler Flavien?

Il y eu une pause, puis Flavien fit signe que non, toujours en fixant le plancher. Valence se leva et alla s’asseoir sur la chaise à côté de celle du jeune officier.

-On va faire quelque chose, ok? Dit-elle en le regardant dans les yeux même si son regard fuyait le sien, Je vais te poser des questions et tu auras juste à faire signe que oui, ou signe que non, d’accord?

Flavien haussa les épaules. Il n’avait pas très envie de faire ça, mais il savait que Valence ne le laisserait pas partir.

-Je vais prendre ça pour un oui, Fit Valence en notant quelque chose sur sa feuille.

Après un moment, elle reprit :

-Je vais te nommer des émotions, et tu vas me dire si tu les ressens ok?

Elle n’attendit même pas que Flavien réponde.

-Est-ce que tu ressens de la tristesse?

Flavien fit un signe positif et Valence nota la réponse sur sa feuille.

-De la peur?

Le jeune homme fit un signe positif réticent. Il n’aimait pas avouer ce genre de chose, mais c’était vrai qu’il était transi par la peur depuis que ses souvenirs avaient refait surface.

-De la colère?

Flavien fit signe que non. Il n’était pas fâché, il n’était que chagriné par les événements. C’était bizarre, il aurait du en vouloir à Pauline, mais étrangement, il en était incapable.

-De la culpabilité?

Sur celle là, Flavien mit du temps à répondre. Il savait que ce n’était pas sa faute, que tout ce qui était arrivé n’avait pas été causé par lui, et pourtant…Il se sentait comme s’il aurait pu faire quelque chose pour éviter tout cela.

Lentement, il fit signe que oui. Valence posa sa main sur son bras avec compassion, mais continua.

-De la honte?

Flavien sentit son visage devenir brûlant. Oui, il avait très honte. On lui avait fait des choses inconcevables, on l’avait touché à des endroits interdits… Il frémissait à chaque fois qu’il y pensait. Et en plus de savoir que non seulement lui, mais Valence et le Capitaine savaient aussi ce qui était arrivé, ça le rendait très mal à l’aise. Ils savaient ce qu’il avait vécu, ce qu’il avait enduré…Et Flavien en était très gêné.

Lentement, en tournant la tête le plus possible, il fit un signe positif à peine perceptible. Une chaude larme roula sur sa joue.

Valence observa sa réaction, puis l’attira vers elle en une étreinte réconfortante.

-Flavien, je sais que c’est difficile, mais tu vas voir, ça va aller mieux.

Elle entendit sa respiration saccadée et sentit son corps tenter de se contrôler contre elle. Elle massa son dos habilement pour l’aider à respirer. À sa grande surprise, Flavien prit la parole.

-Je l’sais Valence, c’est juste que…c’est tellement frais dans ma tête, comme si ça s’était passé hier.

Il étouffa un sanglot et s’accrocha à elle. Puis, quelques instants plus tard, Valence sentit les membres du jeune officier devenirs mous et sa respiration devint de simples reniflements.

-Va prendre un bon bain chaud Flavien, Conseilla Valence, Lis, va te faire un petit lunch, prends ça relaxe. Le Capitaine sait que tu n’es pas en état de travailler. Je veux que tu te reposes et que tu réfléchisses un peu aux émotions que tu ressens, d’accord?

Flavien recula un peu et fit signe que oui.

-Reviens me voir dans quelques heures.

Flavien hocha encore la tête, ses yeux sombres pleins de gratitude mêlée à la tristesse et à l’appréhension qui y résidait déjà, puis quitta la pièce sous le regard attristé de Valence.


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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Dim 7 Aoû à 18:50

Chapitre 16

Flavien erra dans le vaisseau pendant plusieurs minutes sans trop savoir où il allait avant de se retrouver la salle de commandement. Il n’y avait personne. Il s’approcha de son radar et glissa une main dessus. Il aimait le sentiment de familiarité que cela lui apportait. Il le fixa encore quelques secondes, puis se retourna vers les hublots. Le pilotage automatique était en marche, nota-t-il, et ils avançaient à Oméga 3. Il se campa devant un hublot et contempla les étoiles qui défilaient devant lui. Cette vision céleste le réconfortait. Au fond de lui, les pensées et les émotions qui s’étaient bousculées plus tôt se calmaient. Les bras croisés derrière le dos, il se laissait bercer par le doux vrombissement du Romano Fafard.

-Les étoiles sont magiques… Murmura-t-il pour lui même, perdu dans ses souvenirs rescapés de l’oubli

Combien de temps il resta ainsi, Flavien n’aurait pu le dire. Se trouver là devant les astres qui semblaient s’étirer avant de disparaître lui permettait de tout oublier un moment. Il restait là, impassible devant l’immensité mirifique de l’univers qui se présentait devant lui.

C’est dans cette contemplation insolite que Charles le découvrit. Il était entré dans la salle de commandement d’un pas déterminé avant de s’arrêter brusquement en apercevant le jeune officier posté devant un des grands hublots comme s’il était absorbé par ce spectacle grandiose. Il s’approcha lentement et posa sa main sur son épaule.

-Flavien.

Le jeune homme se retourna un instant et ses grands yeux sombres rencontrèrent ceux de son supérieur.

-Capitaine, Répondit-il simplement, acceptant la présence de l’homme plus âgé.

Puis il se retourna et continua à fixer les profondeurs du cosmos. Charles fit de même.

Après un moment, le Capitaine reprit la parole.

-Vous savez Flavien, si vous avez envie de parler à quelqu’un, je suis là…

L’opérateur eut un sourire las, mais reconnaissant.

-Je sais Capitaine.

Charles le regarda un moment, renforça son emprise sur son épaule comme pour lui transmettre un peu de courage, puis tourna les talons et quitta la pièce en silence. Il avait l’impression que le jeune homme avait besoin d’un peu de temps seul pour réfléchir.

Flavien ne le regarda pas partir. Il continua simplement sa contemplation silencieuse.

***

Charles s’en allait vers le bureau de Valence lorsqu’il croisa son pilote et son scientifique qui allaient dans l’autre direction. Tous deux avaient un dictionnaire à la main.

-Attendez, j’en ai une, Disait Brad en lisant dans l’énorme bouquin, …Gros ornithorynque hideux qui fait du psoriasis!

Bob ne le regarda même pas et continua de fouiller dans son dictionnaire.

-J’en ai une meilleure, Dit-il en suivant une ligne du doigt sur sa page, …Protozoaire… ignoble et… charognard dans un état végétatif! …Quessé ça veut dire ça??

Charles soupira et se mit devant eux pour leur bloquer le passage.

-J’aimerais bien que vous fassiez une pause, y a du travail à faire dans la salle des machines.

Bob obéit immédiatement en se mettant au garde à vous, puis en se dirigeant vers le prochain couloir. Le scientifique tomba à genoux.

-Pitiééééééé! Je me suis foulé… euh…l’appendice tantôt! Répliqua Brad d’un ton plaintif.

-Ça tombe bien, Railla Charles avec un sourire, vous en avez pas besoin pour faire les réparations!

Le Capitaine s’éloigna en entendant des insultes marmonnées à mi-voix.

***

Dans la salle de commandement, Flavien décida finalement de cesser de regarder les étoiles. Il sortit de la pièce et se dirigea d’abord vers la cuisine, pensant se faire un petit quelque chose à manger, mais après réflexion, il changea d’avis : Il n’avait pas faim. À la place, il prit la direction de la salle de bain. Un bon bain chaud comme l’avait recommandé Valence ne ferait sûrement pas de tort.

Ouvrant son casier*, il enleva sa veste, puis le reste de ses vêtements et s’enroula dans une serviette. Il s’approcha ensuite du grand bain tourbillon et fit couler l’eau. Il régla la température très chaude. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait hâte de se laver, comme s’il se sentait très sale, comme s’il y avait quelque chose sur lui qui le répugnait. Il versa une tonne de mousse sous le jet d’eau brûlante. Il laissa tomber sa serviette, et prenant sa débarbouillette, il se laissa glisser lentement dans le grand bain.

À peine avait-il eu le temps d’y entrer, il fut prit de panique.

De la mousse! Comme le jour où…

-Voyons Flavien, Se dit-il à haute voix, C’est juste de la mousse…

Il prit une grande inspiration, et se calma très vite. Il trempa sa débarbouillette, puis commença à se laver. Il frotta, ici et là, puis, plus il se lavait, plus il avait l’impression qu’il fallait frotter plus fort, plus énergiquement. Il se mit à frictionner sa peau plus vite, plus vigoureusement, comme si sa vie en dépendait. Ça lui faisait mal, mais il s’en fichait. Il fallait qu’il se débarrasse de cette impression de saleté!

Sa peau devenait rouge, presque au sang. Pourtant, il frottait toujours. Parmi les nuages de vapeur, il s’acharnait à se nettoyer, il voyait sa peau devenir rude et endolorie. Il frotta, encore et encore, jusqu’à ce qu’il n’ait plus d’énergie et laissa tomber sa débarbouillette dans l’eau encore très chaude. Sa tête reposait mollement contre le rebord du bain et il ferma les yeux. Épuisé, il n’arrivait même plus à penser, et il se laissa flotter dans le grand bain tourbillon dans l’épaisse couche de mousse qui le recouvrait presque complètement.

À suivre…


*On voit qu’ils ont des casiers dans le film
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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Lun 8 Aoû à 12:11

Chapitre 17

Après entre resté immobile dans la baignoire pendant un certain temps, Flavien entendit un bruit. C’était le déclic de la serrure de la salle de bain. Lentement, la porte s’ouvrit et Pétrolia entra, vêtue d’une simple serviette enroulée autour de sa taille et sa poitrine.

-Oh, Flavien, je savais pas que tu étais là…J’vais revenir plus tard…

Comme elle allait quitter la pièce, Flavien l’interpella :

-Non, reste Pétrolia…Ca m’dérange pas.

La jeune fille se retourna.

-Tu es sûr?

Flavien hocha la tête.

-Oui oui, viens me rejoindre.

Pétrolia s’approcha du grand bain avec hésitation. Quelque chose dans la voix de son amoureux lui disait que quelque chose ne tournait pas rond chez lui, mais elle n’arrivait pas à l’identifier. Il était probablement encore secoué par les événements, se dit-elle.

Laissant sa serviette glisser par terre, elle trempa son pied, puis l’autre et s’installa dans la baignoire sous le regard attentif du second officier. En temps normal, il aurait presque bavé de la voir ainsi*, mais à la place, il avait seulement un petit sourire accroché aux lèvres. Pétrolia s’en inquiéta. Depuis qu’elle savait réellement ce qui s’était passé, elle remarquait les moindres détails du comportement de son amoureux. Et présentement, il semblait las et sans enthousiasme.

-Flavien? Valence m’a dit pour…ben pour ce qui est arrivé quand tu étais petit.

Les yeux du jeune homme s’écarquillèrent.

-Elle t’a tout dit? Vraiment tout?

-Oui, murmura Pétrolia tristement, …Flavien, m’en veut pas pour tantôt hein? Je savais pas…

Le jeune opérateur radar prit une grande inspiration, puis la relâcha. Ainsi, Pétrolia savait aussi… Il avait espéré qu’au moins le nombre de personnes sachant sont secret sur le vaisseau s’arrête à deux. Mais bien sûr, il ne pouvait pas cacher pareils souvenirs à la femme qu’il aimait. Pourtant, il aurait tant voulu garder tout cela pour lui-même. La honte et la douleur le tenaillaient à l’intérieur.

-J’t’en veux pas, finit-il par dire à voix basse, C’est juste que…C’est difficile pour moi…

-J’comprends mon Flavinou, Répondit-elle doucement.

Elle tendit la main sous l’eau pour lui caresser le bras, mais aussitôt que sa main fit contact avec sa peau, elle figea brusquement. Elle lui sortit le bras de sous la mousse rapidement, et vit avec horreur la peau rouge et inégalement arrachée et usée.

-Mais qu’est-ce que tu t’es fait??? On dirait que tu t’es passé sous une sableuse!

Flavien remit son bras brusquement sous l’eau.

-Rien rien, murmura-t-il entre ses dents.

Mais Pétrolia n’était pas dupe. Elle lui lança un regard réprobateur et sortit du bain rapidement.

-On va aller soigner ça au centre de santé, Ordonna-t-elle en s’enroulant dans sa serviette,…Allez sors de l’eau!

Voyant qu’il n’avait pas trop le choix, Flavien se leva à contre cœur. À peine était-il sorti de l’eau qu’il entendit Pétrolia exprimer sa surprise. Partout sur son corps, elle pouvait voir les affreuses marques rouges où il s’était abîmé la peau. Les cuisses, les bras et la poitrine étaient les pires, usés presque au sang.

Remarquant son air plein d’effroi, Flavien haussa les épaules.

-J’étais sale, Dit-il simplement.

-J’pense pas que t’étais assez sale pour ça! Répondit la jeune fille en pointant sa poitrine, On va au centre de santé, maintenant!

***

Pétrolia n’avait même pas laissé le temps à Flavien de se changer, elle l’avait forcé à la suivre immédiatement. Ce n’était pas qu’elle craignait pour sa vie à cause des blessures, mais parce qu’elle voulait qu’il voie Valence immédiatement. Son comportement n’était certainement pas normal.

Couché sous le scanner, Flavien soupira. Pourquoi on ne pouvait juste pas le laisser tranquille? Il voulait seulement être seul. Il voulait seulement oublier…

Pendant que le scanner passait au-dessus de lui, Flavien entendit Valence :

-Flavien?? Mais qu’est-ce qui s’est passé?

-J’étais sale ok?? Répondit Flavien impatiemment.

Valence le regarda incrédule, et Flavien réalisa qu’il avait presque crié.

-J’m’excuse Valence, c’est juste que…

La psychologue posa sa main sur son épaule.

-J’comprends Flavien…

Pétrolia l’aida à s’asseoir.

-J’te donne cette pommade, faut que t’en mettes souvent si tu veux pas avoir des cicatrices. Tu t’es pas mal magané tu sais?

-Me suis pas manqué, Murmura le jeune homme en regardant sa peau mutilée.

-C’est pas grave ça Flavien, Rassura Valence, Mais tu sais que c’était pas parce que t’étais sale pour vrai hein?

Flavien hocha la tête. Tout cela se passait dans sa tête. Pauline avait laissé des cicatrices bien plus profondes que les marques physiques.

-J’suis un imbécile, Dit-il à mi-voix.

-Oh Flavien, Répondit Pétrolia d’une voix triste, Tu sais bien que c’est pas vrai!

-Pétrolia? Intervint Valence, Veux-tu nous laisser seuls un moment? J’pense que Flavien a besoin d’un peu d’espace.

La jeune fille approuva d’un signe de tête. Elle embrassa doucement Flavien, puis partit en lui lançant un dernier regard en franchissant la porte.


À suivre…

* En maillot de bain, quessé vous allez vous imaginez vous autres là!!! C’est pas une fic 3X ça là! Razz
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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Ven 12 Aoû à 10:20

J'trouve ca nul, poche, et pas très bien écris! Mais bon, j'le poste pareil!


Chapitre 18

Après s’être habillé convenablement, Flavien s’assit sur l’une des chaises du bureau de Valence et ramena ses genoux sous son menton. Il voulait juste que ces thérapies arrêtent, il en avait assez d’être scruté à la loupe. Pourtant, il savait qu’il en avait bien besoin, il n’était pas dans son état normal.

Il fixa Valence qui s’assit dans son fauteuil devant lui.

-Tu as mis ta crème Flavien?

Un hochement de tête. La psychologue ouvrit son dossier et commença à y inscrire les événements depuis la dernière rencontre. Elle était à peine rendue à la moitié quand elle entendit une petite voix timide.

-Valence?

Relevant la tête de ses papiers, elle vit Flavien qui l’observait toujours avec ses grands yeux couleur d’ébène, les bras croisé autours de ses jambes.

-Tu crois que…que Pauline est toujours en vie?*

Valence ferma le dossier et vint s’asseoir à côté de lui.

-Je n’sais pas Flavien…Pourquoi tu me demandes ça?

En fait, elle le savait très bien, mais elle voulait pousser le jeune homme à parler. Ce n’était qu’après avoir extériorisé ses émotions que Flavien pourrait réellement commencer à guérir.

Le jeune officier cacha son menton derrière ses genoux repliés.

- Je veux pas la revoir…jamais.

Valence posa sa main sur son dos courbé.

-Est-ce que c’est parce que tu as peur d’elle?

Flavien cacha maintenant le reste de son visage et on entendit un faible « oui » à peine audible.

Après quelques instants, il reprit la parole.

-Je devrait être plus fort que ça, dit-il nerveusement, sa voix étouffée par le tissu, J’suis un adulte, j’devrais pas avoir peur d’elle…surtout à des milliards de kilomètres de la Terre…

Valence glissa sa main dans ses cheveux sombres pour l’inciter à la regarder. Cela fit son effet, car deux yeux larmoyants apparurent, presque implorants pour de l’aide.

-C’est normal tu sais…Tu avais quel âge quand c’est arrivé?

-7ans, répondit machinalement le jeune homme.

-Et un petit garçon de 7ans, est-ce que ça peut faire quelque chose contre un adulte qui le maltraite?

-Non…

-Maintenant que tu es adulte, c’est la peur du petit garçon de 7ans à l’intérieur de toi qui a peur. Il faut lui montrer qu’il n’a plus à avoir peur…Pourquoi il a peur? Qu’est-ce qu’on t’a fait Flavien pour que tu aies aussi peur?

-Ben…Tu l’sais là…

-Oui, acquiesça Valence, Je le sais, mais je veux que tu me le dise toi-même.

Flavien serra ses genoux plus fort contre lui, et regarda le plancher un moment. Puis :

-Pauline me…me…battait.

-Oui, et quoi d’autre?

Flavien joua avec son uniforme nerveusement.

-Elle…elle…

Il n’était pas capable de prononcer les mots. Il se mordit la joue. Il sentit une boule lui monter dans la gorge et ses traits se crisper. Il n’osait plus regarder la psychologue. Elle lui passait une main rassurante dans le dos pour l’encourager, mais c’était tellement difficile!

-Est-ce qu’elle a fait quelque chose que tu n’aimait pas? Demanda doucement Valence.

Flavien fit signe que oui.

-Qu’est-ce qu’elle a fait?

-Elle…a voulu me faire des choses…elle m’a touché…

Il prit une inspiration tremblante.

-Elle m’a fait des attouchements…sexuels.

Voilà, il l’avait dit. C’était sûrement la phrase la plus difficile qu’il avait eu à dire de sa vie. C’était plus difficile que de dire à Bob qu’il sortait avec Pétrolia, plus difficile que de dire au Capitaine qu’il lui désobéissait, plus difficile que tout ce qu’il avait eu à dire dans sa vie. Mais étrangement, ça ne lui faisait pas aussi mal qu’il l’aurait cru. On aurait dit que ça le libérait d’un poids énorme, comme si toute l’angoisse des derniers jours venaient subitement de le quitter. Il lança un regard surpris à la psychologue, qui lui sourit.

-Tu es un battant Flavien, tu ne t’es jamais laissé faire. Pauline ne t’a jamais brisé.

Le jeune homme sourit. C’était vrai, il ne s’était pas laissé faire. Il avait reculé et lui avait dit non. Il n’était qu’un gamin, mais il avait su refuser cet abus.

-Si elle revenait un jour Flavien, Reprit Valence, Qu’est-ce que tu ferais?

-Je…je sais pas trop.

-Tu la laisserais faire?

Flavien secoua la tête. Non, jamais il la laisserait s’approcher à nouveau.

-Tu sais Flavien, la vie est remplie d’obstacles, et chacun d’eux nous rendent plus forts. Tu n’as pas à avoir honte ou de la culpabilité pour ce qu’on t’a fait subir.

-Je sais, Répondit doucement le jeune homme.

Voyant une nette amélioration dans l’humeur de son patient, Valence sourit. Flavien avait enfin réalisé que peu importe ce qui lui était arrivé, il pourrait passer par-dessus. Encore plusieurs thérapies seraient nécessaires, mais il était sur la voie de la guérison.

-Vas manger un petit quelque chose, Lui proposa Valence, Ensuite, on continura.

Le jeune opérateur radar se leva de sa chaise et regarda Valence.

-Tu m’accompagnes?

La psychologue accepta volontiers l’invitation et tous deux allèrent rejoindre les autre pour dîner.


À Suivre…








*Si l’équipage doit sauver 6 milliards de tatas au début de la série, et que normalement en 2034 on devrait avoir atteint les 8,5 milliards, ca fait 2,5milliards de tata morts ca!!
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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Lun 15 Aoû à 16:09

Chapitre 19

Flavien suivit plusieurs autres thérapies dans les jours qui suivirent. À chacune d’entre elles, il faisait du progrès, il se libérait de cette peur qui avait posé cette emprise sur lui. Il ne se sentait plus sale, ni honteux de ce qui s’était passé. Il pouvait enfin dire ce qui lui était arrivé sans perdre le contrôle. Il acceptait les faits, et pouvait sans crainte affirmer qu’il était capable de passer par-dessus, qu’il pouvait enfin s’en libérer.

Valence avait fait des miracles en quelques jours. Elle avait réussi à le rendre presque exactement comme avant que ses souvenirs resurgissent. Il n’était peut-être pas redevenu parfaitement pareil, mais il comprenait que c’était impossible. Les événements changent les gens. Flavien l’avait appris avec des circonstances difficiles. Mais cela l’avait rendu plus fort. Il n’avait plus besoin d’imaginer ce que les gens dans ces situations ressentaient : Il le savait.

Le Capitaine avait été très compréhensif, comme toujours. Il lui avait accordé quelques jours de congé pour qu’il puisse remettre ses idées en place. Il avait aussi passé beaucoup de temps avec lui, sachant qu’il aurait peut-être besoin de support. Finalement, Flavien n’avait pas eu besoin de lui parler, sa présence seule suffisant à le soutenir. Il avait été très reconnaissant du pilastre du Capitaine.

Pétrolia aussi avait été très présente pour lui. Elle n’avait pas été envahissante, mais Flavien savait qu’elle était là s’il en avait besoin.

Assise sur son lit, la jeune fille réparait un morceau du circuit de Serge. Flavien lui, était assis sur le sien et patentait un morceau du moteur auxiliaire. Il n’aimait pas rester là à rien faire, il aimait mieux se trouver quelque chose pour l’occuper.

Après quelques instants, il jeta un regard à la jeune fille. Elle était tellement belle quand elle réparait quelque chose! Elle semblait rayonner.

Comme si la jeune fille avait sentie son regard sur elle, elle leva les yeux et lui sourit. Flavien lui rendit son sourire et lui fit un clin d’œil. Pétrolia posa le morceau de robot et tapota la couverture à côté d’elle pour l’inviter à venir la rejoindre. Flavien posa lui aussi son ouvrage et descendit l’échelle. Il s’assit à côté d’elle et caressa doucement une de ses mèches bouclées qui lui tombait proche du visage.

-T’es tellement belle quand tu travailles, Lui dit-il doucement.

Pétrolia posa sa main sur sa joue et l’embrassa amoureusement. Le jeune opérateur radar l’entoura de ses bras et inspira d’aise. Il l’attira vers lui et lentement se laissa tomber sur l’oreiller, la jeune technicienne sur lui. Il passa ses mains partout sur elle et …

-Grand cornichon pourri!

Bob et Brad entrèrent dans la pièce sans même remarquer les deux amoureux, qui soupirèrent à l’unisson.

-Vous l’avez déjà dit celle là, Reprocha Brad.

-Euh…Grand tarla égoïste?

-Aussi!

-Grand manche de pelle qui fait de l’egzéma?

-Aussi, Bailla Brad en regardant sa montre.

-Euh…euh…

-Vous avez pu d’idées! Dit Brad avec un grand sourire, C’est moi qui ai gagné! Lalalala! Lalalala!

Brad fit le tour de la pièce en dansant et en se dandinant sous le regard exaspéré des trois autres membres d’équipage. Le Capitaine entra juste au moment ou Brad passait près de la porte.

-Non Brad! Fit-il en lui frapant la nuque.

Le scientifique s’écroula en un gémissement désaticulé.

-Tout le monde au lit! Continua le Capitaine, Demain, on arrive à la planète Kovalev 27, faudra être en forme!

Tout le monde se mit au lit rapidement. Charles appuya sur sa montre et les lumières diminuèrent à leur minimum. Il sortit de la pièce.

Dans son lit, Flavien se cala dans ses couvertures en soupirant. Il aurait voulu que ce moment avec Pétrolia ne finisse jamais. Il ferma les yeux, déçu.

Soudain, il sentit quelque chose le frapper sur l’épaule. Ouvrant un œil, il vit un avion en papier devant lui. Il le déplia et lu :

Viens me rejoindre cette nuit à minuit dans la salle des machines.

Pétrolia

Flavien sourit et referma les yeux, attendant minuit impatiemment.*


FIN!


*Ben quoi! Y vont jouer aux dames voyons! Eh que vous pensez croche! Razz
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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   Dim 11 Sep à 23:09

Voici un dessin qui va avec la fin du chapitre 9, quand la maman de Bob retrouve le petit Flavien dans la salle d'examen ou se trouve Charles

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MessageSujet: Re: [FT] Souvenirs d’une époque difficile (R)   

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