Tout en réfléchissant à cela, Brad arriva enfin près de la rivière. Génial! Maintenant, ne restait plus qu’à trouver l’est… Il vit quelqu’un d’assis près de l’eau. Il s’en approcha pour se renseigner. Le garçon fixait la rivière sans rien dire et, bonne nouvelle, ne semblait pas reconnaître le scientifique, ce qui rassura ce-dernier.
-Heu… Excuse-moi, fit Brad. Sais-tu c’est par ou, l’est?
Le garçon se releva du sol. Il était très grand et très maigre. Ses cheveux sombres étaient très en bataille et il semblait être lui aussi à la fin de son adolescence. Il fixa Brad qui eut l’impression étrange de se voir dans un miroir avec dix ans de moins.
-L’est? Je sais pas. Je suis pas très bon pour me diriger…
Le garçon semblait gêné de ne pas pouvoir répondre au scientifique.
-Pas grave, moi non plus, répondit Brad avec un sourire.
Le jeune homme lui rendit son sourire et se rassit.
-Je m’appel Cédric Leclerc, fit-il. Je suis ici avec mon beau-père qui est, en ce moment, je sais pas ou sur la planète. Il m’a dit de l’attendre ici, qu’il me voulait pas dans ses pattes, alors je l’ai écouté.
Le scientifique s’assit à ses côtés.
-Leclerc, hein? fit-il, soulagé de ne pas entendre « Spitfire ».
-Oui, c’est le nom de famille de ma mère. Son prénom c’est Valence. Mais elle est dans le coma.
-Désolé, je savais pas que… Valence Leclerc est ta mère?!?
-Oui, pourquoi? Vous la connaissez?
-Mets-en que je la connais! fit Brad. Mais… Pourquoi tu porte pas le nom de Patenaude?
-Parce que j’ai pas de sang de Patenaude, tout simplement, répondit Cédric. Mon père c’est Brad Spitfire, mais il est mort avant ma naissance. Je sais pas ce qu’il a fait pour être exécuté, mais ça devait être grave parce que sinon, ma mère aurait sûrement jamais laissé mon beau-père Charles lui faire quoi que ce soit.
Le scientifique regardait Cédric avec des yeux ronds. Cool. Selon l’adolescent, il était mort et n’était même pas au courrant!
Brad se releva et regarda le jeune Leclerc assis par terre, stupéfait de voir à quel point ils se ressemblaient physiquement. Il avait encore cette sensation bizarre de se regarder dans une glace.
-Je… je vais essayer de me diriger dans ce tas de bois là. M’a… m’a sûrement réussir à trouver l’est un moment donné. Merci pareil, han.
-Y’a pas de quoi, fit Cédric. Désolé de pas pouvoir être plus utile.
-C’est pas grave. À la prochaine, peut-être.
Cédric lui adressa un sourire en guise d’au revoir et Brad se dirigea vers la direction ou il croyait que se trouvait le téléphax. La disposition des arbres lui rappelaient un peu ceux qu’il avait croisés plus tôt. Espérant de tout cœur avoir prit la bonne direction, il arriva à la lisière du bois et s’y engouffra.
Malheureusement, l’homme s’était trompé de chemin. Il arriva bientôt dans une vaste pleine. « Merde! », se dit-il. Au moins, il n’était plus dans le bois. À environ une centaine de mètres de lui se trouvait une petite colline qui dominait l’endroit de hauteur. En la montant, il parviendrait peut-être à repérer le téléphax au travers les arbres. Il n’avait pas beaucoup de chances à réussir à voir quoi que ce soit au travers tout ce bois, mais bon, qui ne tente rien n’a rien.
Oubliant qu’il s’était foulé le petit orteil la veille, il montant la petite colline. Étant donné qu’il était absolument pourrit pour se déplacer en terrain accidenté, cela lui prit près de quinze minutes à atteindre le sommet. Une fois qu’il fut rendu, il s’étendit sur le dos pour souffler un peu. Quelques minutes plus tard, il entendit des voix féminines. Il y en avait quatre. Il se planqua derrière un gros rocher en se tournant pour être tout de même capable de voir sans qu’on ne l’aperçoive.
Les voix s’approchaient et bientôt, leurs propriétaires apparurent dans son champ de vision. Elles étaient bel et bien quatre. Il y en avait deux qui semblaient avoir environ dix-sept ou dix-huit ans. La première avait les cheveux bruns dégradés, un peu plus bas que les épaules. Elle avait les yeux pers et un grain de beauté en dessous du gauche. Elle était plutôt petite, surtout à côté de l’autre fille dans son âge. Cette dernière avait les cheveux bruns et des yeux bruns foncés (parce que les bruns pâles manquaient d’originalité) cachés derrière non pas des lunettes, mais bien des lunetteux. Dans le fond, c’était pas mal la même chose que des lunettes… Elle devait mesurer environ cinq pieds et six pouces et avait dans les mains un sac de roches.*** La troisième avait les cheveux bruns et frisés, des yeux de couleur idem et elle était un petit peu grassouillette. Elle devait avoir environ quinze ou seize ans. La dernière avait exactement la même grandeur que la fille aux luneteux. Elle avait des cheveux bruns très foncés, presque noirs, mais qui semblaient roux sous le soleil. Ses yeux étaient de la même couleur et elle avait une bonne carrure pour une fille. Elle devait avoir environ treize ou quatorze ans et elle avait un petit foie qui semblait en phase de disparition.
Brad se mordit la lèvre inférieure. Elles étaient deux sur quatre qui n’avait pas l’âge des jeunes qu’il avait vu jusqu’à maintenant. Se pouvait-il qu’elles aient réponse à ses questions? Ou bien qu’au moins, elles puissent lui indiquer l’endroit ou était le téléphax? Autant attendre pour être certain de ne pas se tromper. D’ailleurs, elles étaient assez près de lui maintenant pour qu’il puisse entendre leur conversation.
-Es-tu certaine que y’é arrivé? demanda la fille qui avait les cheveux frisés.
-Hein oui! J’le sais ben, c’est moi qui l’écrit cette fic là, répondit la plus jeune.
-Moi, je dis que Rox s’est toute fourrée dans son histoire pis qu’elle se mélange avec une autre fic, fit la fille aux lunetteux.
-J’espère ben que tu te trompe Alex, fit la fille avec le grain de beauté, parce que j’ai pas envie de me retrouver devant les démons de la planète Latéral-360.
-J’espère aussi que tu te trompe. Moi avec je l’ai lu cette histoire là, pis je veux pas qu’il arrive rien à mon tit n’amour, fit la fille aux cheveux frisés.
-Inquiétez-vous pas, je me suis pas trompée. Moi non plus je veux pas qu’il lui arrive rien sans que je l’aie décidé, les rassura la plus jeune. Il est arrivé, mais où, là est la question.
La fille aux lunetteux semblait amusée par l’air inquiet de la frisée et de la fille au grain de beauté. Pour passer le temps, elle se mit à faire de la musique avec son sac de roches.
Brad était toujours terré derrière les rochers et regardait discrètement les jeunes filles. Qui pouvaient-elles chercher à se point? La fille avec le grain de beauté regardait celle qui jouait du sac de roches avec un air pensif. Puis, elle fixa les rochers ou Brad se cachait. Ce dernier dû renoncer à observer les adolescentes pour se dissimuler totalement derrière le roc.
-Alex, fit la fille qui le regardait, tes roches!
-Quoi mes roches? Elles te dérangent?
Le scientifique entendit la voix de la plus jeune des filles.
-Mais oui, les roches! Pourquoi on y a pas pensé plus tôt?
-Mais… Ah! J’ai comprit! Avoir su, j’aurais joué de la musique plus de bonne heure!
-De quoi vous parlez? demanda la frisée.
-Attend, fit la fille au grain de beauté.
Puis, silence.
Brad se colla contre la roche. Mais cela ne lui fut pas très utile.
-Bou!
-Ah!
Il sursauta tellement fort que son derrière décolla du sol. Il se fit mal au coccyx en retombant et retint une plainte de douleur. Se tenant devant lui, la fille au grain de beauté était toute souriante.
-Heille, les filles! Cherchez pus, l’ai trouvé!
À peine eut-elle finit sa phrase que les trois autres filles entourèrent le scientifique. Il se releva de peine et de misère en se massant le derrière. Il regarda à tour de rôle les trois filles d’un air craintif.
-Heille, laissez-nous le temps de vous faire quelque chose avant d’avoir peur! fit la fille aux lunetteux.
Brad se mit à trembler.
-Heille! Personne fait de mal à Bradichou, protesta la fille frisée.
-Tsé gang, ça serait comme genre peut-être une bonne idée de se présenter à notre ami avant qui fasse une syncope, suggéra la benjamine du groupe.
Les autres filles approuvèrent.
La fille au grain de beauté s’avança et tendit la main au scientifique qui la serra avec méfiance.
-Moi, mon nom, c’est Christine, fit-elle. Je suis une jeune auteure qui a terminé son premier roman. Bon, y’é pas encore approuvé, mais y’é finit.
-Heu… Salut, fit Brad.
Ensuite, la fille au sac de roches s’approcha.
-Moi mon nom c’est Rosalma Beaudoin, mais c’est confidentiel, faque tout le monde m’appel Alex. Je suis l’enfant du soleil.****
-Okais… L’enfant du soleil, hein?
Alors qu’Alex hocha la tête pour approuver, le scientifique la dévisagea longuement.
La plus jeune de groupe s’approcha et se présenta à son tour en serrant la main de Brad.
-Moi, mon nom, c’est Roxanne. Je suis, en plus d’être contente de vous rencontrer, nageuse pour mon école pis peut-être future enquêteur.
-C’est rare que quelqu’un est content de me rencontrer, fit Brad avec un rire nerveux.
-Déménagez chez nous, conseilla Christine. Vous allez voir que vous êtes populaire pas mal. Pis si vous vous arrangez comme Stéphane Crête, vous allez même avoir un blonde sans faire le moindre effort! *****
-Ah… Merci du conseil, fit le scientifique, pas trop sûr des dires de la jeune femme.
Puis, il se tourna vers la fille frisée.
-Salut, fit-il.
-Wow! Vous êtes tellement plus beau en vrai! Voulez-vous m’épouser?
-Minute, toi! T’es vite en affaire pas mal!
-Ouen, présente toi avant de le déshabiller, fit Alex.
La frisée rougit en baissant les yeux.
-Je m’appel Carolyne, mais tout le monde m’appel Caro, fit-elle d’une voix aiguë. Je suis maniaque de tout ce qui est « Boys love » et j’adore v… c’est ça, là.
-T’adore quoi? demanda Brad, inquiet.
-Rien, assura Carolyne.
-Grande-moi, avoue donc que tu adore le transformer en prostitué qui mène une vie de misère et qui est homosexuel, fit Roxanne.
Caro rougit encore un peu plus, ce qui fit rire ses copines. Brad, lui, était resté figé suite aux déclarations de la benjamine du groupe. Lui, si pudique, prostitué? Et gai? Franchement! Bon, tant qu’on ne le matchait pas avec Flavien, ça pouvait peut-être aller…*/*
Le scientifique regarda les quatre jeunes filles.
-Je pourrais savoir pourquoi vous me cherchiez?
-On a perdu nos personnages, répondit Caro.
-Hein?!?
-Nos personnages, on les as perdus, fit Roxanne. Capoute, pus là, losted… Vous en voulez combien d’autres de-même?
Brad secoua la tête de gauche à droite. Il n’était pas un imbécile, il avait comprit. Pas besoin de le traiter comme un idiot parce qu’il ne voyait pas comment on pouvait perdre des personnages!
-C’est pas pratique cette situation là, fit Christine. On peut pus rien faire avec eux. Même si on a fini nos fics, c’est plate pareil.
-Ouen, imaginez que je veux faire la rétrospective des œuvres de Shakespeare avec mes personnages de Réputation, fit Alex. Je fais comment sans Viviane?
-La rétrospective des œuvres de Shakespeare, hein?
Brad la dévisagea de nouveau. Pas qu’il la croyait incapable de le faire, mais juste parce que c’était amusant de la dévisager. Un déclic se fit dans sa tête. Viviane?
-Heille, c’est qui le père à ta Viviane?
-Vous s’t’affaire! dit Alex comme si c’était évident.
Ah! Les quatre jeunes qu’il avait rencontrés étaient sûrement les personnages que les auteures cherchaient. C’était très plausible compte tenu que Viviane était le personnage d’Alex.
Brad se tourna vers les fanfickeuses pour leur dire ce qu’il pensait. Cependant, a peine eut-il le temps d’ouvrir la bouche qu’il entendit une voix derrière lui :
-Ah! Je pense que t’as des explications à nous donner, toi!
Le scientifique regarda derrière lui et vit, en ordre, une Élisha aux bras croisés, une Viviane plutôt surprise, un Cédric à l’air confus et un Junos plutôt mal à l’aise qui levait les yeux aux ciel, comme pour regarder les mèches de son toupet.
-Comment ça se fait que t’es notre père à toute la gang? fit Élisha. T’aurais pu le dire que j’avais des demi-frères pis une demie-sœur.
-Je même pas que…
-Pis en plus tu le savais pas! T’es donc ben irresponsable!
-Il savait que j’étais né, il m’a élevé avec ma mère, fit Viviane.
Élisha avait rouvert la bouche mais avant qu’elle ne puisse dire quoi que ce soit, Christine était intervenue.
-Minute, vous autres. Vous avez oublié que vous êtes tous les quatre des persos de fics pis que vous avez tous le même père, mais dans des fics différentes?
Élisha s’est calmé et Viviane se plaqua une main sur le front, comme pour se dire qu’elle aurait pu y penser plus tôt. L’expression de confusion sur le visage de Cédric fut remplacé par une lueur de compréhension et Junos, lui, semblait toujours aussi mal à l’aise.
Les auteures rejoignirent leur personnage respectif. Roxanne s’adressa à Junos.
-Qu’est-ce que tu regardes, toi?
-Mes cheveux! Sont blonds!
-Ouen.
-Chuis le seul blond d’la gang. Me sens pas à ma place, j’ai l’air d’un loser.
-Mais non, voyons! T’as l’air moins loser que… je sais pas, moi… George Bush?
Junos ne semblant pas rassuré, la jeune fille le serra contre elle.
Brad regardait les huit jeunes devant lui.
-Bon, fit-il à l’adresse des auteures, vous devez savoir ou est le téléphax.
Les filles hochèrent la tête.
-Maintenant que vous avez retrouvé vos personnages et que vous pouvez continuer à écrire avec eux, pouvez-vous me dire ou il est?
-À une condition, intervint Caro.
-Oui? fit Brad, inquiet.
-Je peux vous frencher?
Les quatre « cyber-enfants » du scientifique la dévisagèrent. Caro rougit. Alex, en la voyant changer de couleur de teint, était morte de rire.
-Non mais t’es tu vu la face! T’as l’air d’un stop qui a pas « arrêt » de marqué dessus!
Caro rougit d’avantage.
Brad était plutôt surprit de la requête demandé par l’adolescente mais il l’accepta tout de même. Caro se mit à sauter partout un bon bout avant que Cédric ne réussisse à la calmer. Elle s’approcha de Brad et lui donna un long baiser. (Le scientifique avait dû se baisser pour le recevoir parce qu’elle était trop petite pour lui.)
_________________
Dino
Fanfikeuse heu... qui fait des fanfics de dug!